#173 Les Mille et Une Nuits – trad. par Antoine Galland

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Le résumé…

Bon Dieu ! ma sœur, dit alors Dinarzade, que votre conte est merveilleux ! – La suite est encore plus surprenante, répondit Scheherazade, et vous en tomberiez d’accord, si le sultan voulait me laisser vivre encore aujourd’hui et me donner la permission de vous la raconter la nuit prochaine.  » Schahriar, qui avait écouté Scheherazade avec plaisir, dit en lui-même :  » J’attendrai jusqu’à demain ; je la ferai toujours bien mourir quand j’aurai entendu la fin de son conte. »

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Mon avis…

La traduction d’Antoine Galland est la première en français des Mille et Une Nuits, destinée au public de la cour de Louis XIV. Elle a souvent été accusée, à tort, d’avoir livré une version superficielle du manuscrit arabe, notamment parce qu’il a cherché à atténuer les différences qui existaient entre le peuple oriental et les français… Cependant, on se rend compte qu’il a en réalité privilégié une certaine vraisemblance. Il a souhaité rendre le plus fidèlement possible les mœurs orientales pour les faire comprendre et appréhender au public de son époque. Aujourd’hui, on fait d’autres traductions des Mille et Une Nuits, comme on en a toujours fait depuis Antoine Galland, mais celle-ci est historiquement celle qui permet le mieux d’approcher la manière dont l’oeuvre a été découverte par le monde. On est tout de même très loin de contes occidentalisés comme on a pu avoir plus tard avec des hommes comme Mardrus qui ont cherché à exacerber les différences au point de rendre illisible le recueil.

Il ne faut pas imaginer les Mille et Une Nuits comme la représentation d’un orient féminisé, peuplé de danseuses du ventre et de charmeurs de serpents, loin de là. C’est cette image qu’a créé l’occident au fil des siècles. La version d’Antoine Galland permet de comprendre les ressorts de ce chef d’oeuvre et de sa composition, la complexité de cette littérature arabe qui semble échapper à tout système. Les contes s’enchaînent, se ressemblent, tout en faisant petit à petit découvrir un monde à la fois si proche et si éloigné du nôtre… L’image qu’on s’en fait aujourd’hui est parfois si fausse que c’est une véritable redécouverte que je recommande à tout amateur de littérature qui souhaite ne jamais se limiter à ses croyances et ses à-prioris. Evidemment, cette traduction n’est pas la seule qu’on peut considérer comme bonne, loin de là, mais c’est elle qui a lancé le mouvement de l’orientalisation, qui a permis aux peuples occidentaux comme arabes de redécouvrir ce réservoir d’histoires… La démarche profondément humaine et « humaniste » de Galland permet de pénétrer dans un univers loin de l’idéal que l’on en a, et d’enfin comprendre (ou tenter de comprendre) cet univers onirique des Mille et Une Nuits.

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Ma note…

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