#195 Ubu roi – Alfred Jarry

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Le résumé…

Dans une Pologne imaginaire, aux confins de « nulle part » et « nul ne sait » où le Père Ubu a, dit-on, tué le roi et usurpé le pouvoir. Il inflige à ses ennemis toutes sortes de tortures à l’aide de ses armes fétiches, comme sa redoutable machine à décerveler ! Effrayante et ridicule à la fois, cette créature étrange, jamais avare de grossièretés, nous entraîne dans une rocambolesque farce où l’on rit mais où l’on frémit aussi quand sont dénoncés les vices de notre humanité.

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Mon avis…

Pour commencer, un mot : « Merdre » ! Ceux qui ont lu ou liront Ubu Roi pourront vite comprendre cette référence… C’est après tout une des raisons pour lesquelles Alfred Jarry est connu : son théâtre déborde d’injures, de mots inventés, parfois des deux en même temps… Tout cela crée un humour bas, dans le sens de scatologique parfois, un humour du bas-corporel rabelaisien… Il ne faut pas vraiment chercher de subtilité dans Ubu Roi, l’auteur arrive plutôt avec ses grands cheveux, avec un style parfois lourd mais qui finalement ne peut que faire rire ! Pourtant, les vices de l’humanité sont on ne peut mieux démontré. Non, la comédie « de mœurs » ne se limite pas à Molière… Alfred Jarry, c’est une comédie moderne, caricaturale, grotesque… Il suffit de regarder les deux illustrations de la pièce que je vous ai mis… Imaginez que, sur scène, Ubu (censé chevaucher son cheval de guerre) chevauche un balai avec une tête de cheval dessinée collée au bout. Alors, le grotesque, on est en plein dedans. Vous allez me dire : pourquoi irais-je lire quelque chose d’aussi ridicule ? Je vais vous répondre…

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Ubu Roi est tout sauf ridicule… C’est drôle. En même temps, il y a une certaine profondeur (si, si, je vous assure) quand on cherche bien. Après tout, ne pourrait-on pas voir dans cette conception grotesque du théâtre toute une critique de la société ? C’est un tournant tellement révolutionnaire dans l’Histoire littéraire qu’on ne peut pas passer à côté. Le personnage d’Ubu, s’il est drôle, est aussi extrêmement cruel. Il représente à lui seule une terrible satire que nous livre Jarry. Que dire d’un roi si infâme, qui tue la moindre personne qui le dérange, le contrarie, ou simplement qui ne lui revient pas ? Et que dire de Mère Ubu, encore plus diabolique que son mari, qui cherche à tout prix le gain, quitte à tuer, corrompre, trahir… ? Bref, c’est un concentré de cruauté dont on ne peut que rire. Le traitement visuel et sémantique de la pièce désamorce toutes les interprétations du spectateur (qui, s’il devient attentif, peut tout de même les déceler). Ubu Roi est une pièce qui apparaît finalement comme un jeu littéraire. Les séries d’Ubu ont eu un succès très important, ce qui prouve que, finalement, les spectateurs de l’époque ont adoré le comique communicatif de Jarry. Ubu Roi se lit très facilement, en une heure à peine, et on s’amuse à tous les jeux de mots, les expressions, les images inventées par l’auteur. C’est excellemment drôle.

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Ma note…

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