#207 Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee

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Le résumé…

Dans une petite ville d’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 – au cœur de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis –, connut un tel succès. Mais comment ce roman est-il devenu un livre culte dans le monde entier ? C’est que, tout en situant son sujet en Alabama dans les années 1930, Harper Lee a écrit un roman universel sur l’enfance. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique. Couronné par le prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde entier.

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Mon avis…

Comme tout le monde, je connaissais ce livre de nom et de réputation. L’année dernière, lorsque j’étais en Ecosse, tous les libraires s’étaient mis aux couleurs du Mockingbird pour rendre hommage à Harper Lee. Alors, forcément, je ne pouvais pas m’empêcher de vouloir le lire. Ayant déjà explosé mon budget bouquins pour ces vacances, je ne l’ai pas pris en anglais, mais je l’ai trouvé par hasard quelques semaines plus tard chez ma mère, dans une étagère depuis longtemps oubliée ! Je l’ai donc emmené chez moi, toute contente, et j’ai fini par me lancer à l’occasion de la fin de l’année universitaire… C’est toujours mon moment préféré pour me lancer dans les « grands romans » de la littérature française ou internationale. J’ai donc commencé à parcourir ces pages avec beaucoup de curiosité et d’enthousiasme. J’ai bien aimé la narration portée par une jeune fille que l’on découvre enfant, qui gagne quelques années entre le début et la fin du livre : Scout. Ses aventures d’enfant m’ont vraiment attendrie, j’ai trouvé que l’écriture avait quelque chose de drôle, tout en annonçant une suite un peu moins gaie aux événements. Parfois, j’avais un peu l’impression d’être dans un thriller, car c’est exactement le but visé par l’histoire très mystérieuse de Boo Radley…

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L’histoire centrale du roman, celle du procès, n’arrive véritablement qu’en deuxième partie. L’originalité de ce récit est vraiment de montrer les événements du point de vue d’une enfant, ce qui rend donc les choses très touchantes. Elle porte dans son regard l’ignorance indissociable de l’innocence de l’enfance. En fait, elle représente tout le contraire de la société dans laquelle elle évolue, de celle qui met en cause cet homme noir, injustement accusé de viol sur une femme blanche, condamné avant même d’être jugé. L’histoire m’a un peu rappelé celle de La ligne verte de Stephen King, mais sans la dureté du récit. Scout, la jeune narratrice, raconte avec tant de curiosité ce qu’elle observe. Elle ne comprend pas ce qu’elle a sous les yeux, croit à la bonté des adultes, à leur honnêteté… Et toutes les questions qu’elle se pose sont si innocentes, et en même temps si sensées, qu’elle nous touche en plein cœur. Harper Lee a, selon moi, choisi le meilleur mode de narration pour raconter cet événement tragique et pourtant si commun en Amérique : tout est plus touchant à travers les yeux d’un enfant. C’est ainsi que l’auteure, à travers Scout, a poussé et pousse encore ses lecteurs à la réflexion.

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Le roman est assez long, si bien que les personnages deviennent comme d’intimes connaissances pour le lecteur. On finit par connaître Maycomb aussi bien que si l’on y habitait… Finalement, il apparaît vite comme évident que tout le monde a des choses à cacher. J’ai aimé la réflexion qu’amène l’auteure avec délicatesse : ne jamais se fier aux apparences… Ceux qui sont exclus de la société ne le sont pas toujours à raison, tandis que d’autres le sont… Le seul moyen de savoir, en réalité, est d’apprendre à connaître. J’ai énormément apprécié cette lecture, bien qu’elle soit un peu triste (je ne vais pas m’en cacher), j’ai beaucoup aimé le fait qu’elle soit portée par l’être le plus innocent possible. Malgré quelques petites longueurs (qui s’éclaircissent au fil du récit), le roman est passionnant et évolue crescendo jusqu’à une fin terriblement émouvante ! Pour achever de vous convaincre, je vous laisse avec cette jolie citation :

« Jusqu’au jour où je craignis que cela me fût enlevé, je ne m’étais jamais rendu compte que j’aimais lire. Pense-t-on que l’on aime respirer ? » (Harper Lee)

Ma note…

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2 réflexions sur “#207 Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee

  1. Cette lecture date un peu pour moi mais parcourir ta chronique a réveillé mes souvenirs. Ton avis sonne vraiment juste et dépeint à merveille le contenu de ce titre. Merci pour ce doux moment de remémoration livresque.

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