#211 Consumés – David Cronenberg

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Le résumé…

Naomi Seberg et Nathan Math œuvrent avec succès dans le photojournalisme à sensation de l’ère des nouveaux médias. À la fois amants et concurrents professionnels, ils arpentent le globe séparément, ne se croisent que dans des hôtels d’aéroports ou n’ont de rapports que par Internet, et sont toujours à la recherche d’histoires spectaculaires – si possible sordides. Celle de Célestine et Aristide Arosteguy, anciens professeurs de philosophie à la Sorbonne et couple libertin, a tout pour attirer Naomi. Célestine a en effet été retrouvée morte, mutilée, dans son appartement parisien. La police suspecte son mari, qui a disparu, de l’avoir assassinée et d’avoir mangé des parties de son corps. Avec l’aide d’Hervé Blomqvist, un étudiant singulier, elle se lance sur les traces d’Aristide, qui la mènent jusqu’à Tokyo. De son côté, Nathan se trouve à Budapest pour photographier le travail d’un chirurgien controversé, Zoltán Molnár, qui a été recherché par Interpol pour trafic d’organes et pratique désormais des interventions illégales. En couchant avec l’une des patientes de Molnár, Nathan contracte l’étrange «maladie de Roiphe», que l’on croyait disparue. Il s’envole alors pour Toronto, bien décidé à rencontrer le médecin qui a identifié ce mystérieux syndrome… Ces histoires parallèles finissent par se croiser dans une intrigue hallucinée mêlant la technologie et le corps, l’impression 3D et la philosophie, le festival de Cannes et le cannibalisme, la mort et le sexe sous toutes ses formes (fétichisme, voyeurisme, échangisme…).

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Mon avis…

Qui ne connait pas David Cronenberg ? Un excellent réalisateur aux dires de tous, mêmes ceux qui n’ont jamais vu un seul de ses films… Mais il n’est pas qu’un grand cinéaste. J’ai découvert, il y a quelques mois, à l’occasion de sa visite dans Le Petit Journal de Canal +, animé par Yann Barthès (je regretterais grandement cette émission, et j’ai hâte de découvrir ce que Yann nous proposera sur TF1…), que David Cronenberg venait de sortir un livre. Consumés est un roman qui n’a pas, selon son auteur, vocation à devenir un film (en tout cas, il assure qu’il ne le réalisera pas). C’est donc une toute nouvelle expérience qui nous est proposée. J’étais très attirée par ce livre, je ne vais pas vous le cacher. C’est avec impatience que j’ai attendu de pouvoir l’obtenir. Et j’ai donc profité de mes vacances en Ecosse pour me lancer dans sa lecture. L’histoire en elle-même, dans sa globalité, semble passionnante dès le premier coup d’œil, digne d’un excellent thriller. J’attendais quelque chose de fantastique, de magistral, je ne vous le cache pas… D’où ma déception, sûrement.

Au fil des pages, mon enthousiasme est retombé… Pourtant, je continuais à lire, donc j’éprouvais de l’intérêt pour l’intrigue. En fait, cette lecture est un véritable paradoxe pour moi. Je me suis parfois ennuyée, il m’arrivait aussi de lire avidement, mais j’étais souvent déçue… Je pense que le style Cronenberg est très particulier, loin de ce que l’on connait, au cinéma comme en littérature. Je ne suis pas parvenue à m’attacher aux personnages (peut-être était-ce volontaire de la part de l’auteur ?), l’intrigue a eu tendance à perdre son intérêt à plusieurs endroits du roman, à tourner un peu en rond… La sexualité et la perversion prenaient souvent le pas sur le déroulement de l’histoire. J’ai eu la sensation que les scènes de sexe parfois violentes n’étaient là que pour elles-mêmes, sans réellement influer sur l’intrigue (à quelques exceptions près). Ces scènes ne m’ont pas dérangé en elles-mêmes, bien qu’elles aient pu avoir un caractère choquant, j’ai simplement regretté leur gratuité… Du coup, cette lecture s’apparente plutôt à une grosse déception. J’avoue que je suis même allée jusqu’à la délaisser un peu, avant de me reprendre car je voulais être sûre que je ne ratais pas quelque chose d’extraordinaire.

Si l’on ne connait pas David Cronenberg, il est possible qu’on aime ce livre… Certains adeptes peuvent aussi l’adorer, bien sûr. Mais je ne pense pas que je le conseillerais réellement autour de moi. En oubliant qui en est l’auteur, il ne me reste qu’un roman un brin trop pervers, pas si bien ficelé, parfois un peu élitiste, avec une intrigue prometteuse qui se révèle finalement décevante. Si une adaptation cinématographique sort un jour, j’irais peut-être la voir, histoire de me rendre compte du potentiel de l’intrigue, avec un autre point de vue… mais si cette œuvre n’est pas adaptée, je n’aurais pas spécialement de regrets non plus. Je doute qu’elle reste vraiment dans ma mémoire comme une bonne lecture. Il suffit de voir que j’écris cette chronique quelques jours après et que, sans regretter d’avoir lu ce roman, je pourrais aussi bien m’en être passée… En tout cas, si vous souhaitez vous lancer dans cette lecture, j’aimerais beaucoup avoir vos avis. N’oublions pas que les chroniques restent purement subjectives, il ne s’agit que de mon opinion à propos de ma lecture (qui est, comme vous le savez, une pratique personnelle). Je serais donc heureuse que, si ce roman vous intrigue, vous décidiez de le lire, même si, selon moi, il ne fait pas partie des livres à lire à tout prix…

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Ma note…

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