#359 Hunger – Roxane Gay

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Le résumé…

Si vous êtes une femme et que vous vivez aux États-Unis ou dans un pays occidental ; si vous êtes obsédée par l’idée de manger trop ou de ne pas manger assez (c’est plus rare) ; si vous utilisez des mots comme «craquer» et «péché mignon» – ces mots qui nous inspirent un sentiment de honte et destinés à mettre nos corps au pas, il est fort probable, et ce quelle que soit votre silhouette, que vous entretenez un rapport à la nourriture frisant le fétichisme.
À celles qui rentrent dans ce modèle de plus en plus étriqué, félicitations! Les vêtements sont coupés pour vous, les producteurs de chou kale vous adorent et l’opinion publique avec eux. Les autres risquent de rester dans l’ombre, à l’endroit précis où l’auteur de ce livre voulait se trouver.

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Roxane Gay

Mon avis…

Il y a maintenant plus d’un an, je vous ai parlé d’un roman, un véritable coup de coeur, ou plutôt un énorme choc : Treize jours. À cette occasion, j’ai découvert une autrice exceptionnelle, Roxane Gay. Aujourd’hui, je vous parle d’un autre de ses livres. Il ne s’agit pas d’un roman, attention, mais d’un essai biographique.

« J’aimerais tellement pouvoir écrire un livre sur une perte de poids triomphale, sur la façon dont j’aurais appris à mieux vivre avec mes démons. J’aimerais pouvoir écrire un livre qui raconte que je suis en paix, que je m’aime comme je suis, quelle que soit ma corpulence. À la place, j’ai écrit celui-ci, le plus difficile que j’aie jamais écrit, bien plus difficile que je n’aurais pu l’imaginer. Quand j’ai commencé Hunger, j’étais certaine que les mots me viendraient aussi facilement que d’habitude. Et que pouvait-il y avoir de plus facile que d’écrire sur le corps dans lequel j’avais vécu pendant plus de quarante ans ?« 

Roxane Gay, quand elle avait douze ans, a subi une agression sexuelle. Ce moment a été crucial dans sa vie, et le traumatisme a été profond. Par la suite, elle a ressenti le besoin de se protéger, de devenir invisible. La minceur était le contraire de ça, elle représentait la menace, elle attirait… Alors elle s’est réfugiée dans la nourriture, elle a grossi. Et ce qu’elle fait, dans Hunger, c’est nous raconter l’histoire de son corps, de ce qu’il est devenu après. Son corps, je n’ai pas l’impression qu’elle le déteste. C’est le sien, et elle l’apprécie et l’a accepté dans une certaine mesure, et elle nous explique tout cela.

« Il faut que vous sachiez que ma vie est coupée en deux, pas très proprement. Il y a l’avant et l’après. Avant que je prenne du poids. Après que j’ai pris du poids. Avant qu’on me viole. Après qu’on m’a violée.« 

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce livre, comme dans Treize jours, c’est le ton de l’autrice : franc, simple, efficace, sans la moindre fioriture. Elle dit les choses, cash, elle s’exprime, prend la parole. La voix qu’elle porte est forte. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé l’expression (et jeu de mot) de Roxane Gay, qui se définit elle-même comme « une femme forte ». Oui, l’humour a aussi sa place ici, mais c’est avant tout un récit très sincère et émouvant.

« J’ai si souvent voulu leur dire que quelque chose n’allait pas, que j’étais en train de mourir à l’intérieur, mais je ne trouvais pas les mots. »

C’est un récit touchant, et aucune phrase ne laisse indifférent. C’est pourquoi j’ai tenu à en mettre quelques-unes dans cet article, pour que vous compreniez la puissance de cet essai. Il est bouleversant, étonnant, et surtout détonnant. C’est une plongée dans l’intériorité de l’autrice, en toute simplicité et honnêteté, mais aussi avec cette brutalité inhérente à son vécu.

« Je suis loin d’être aussi courageuse que ce que les gens croient. En tant qu’auteure, armée de mots, je peux faire tout ce que je veux, mais quand je dois emmener mon corps dans le monde, le courage me manque. »

Ce que j’ai apprécié dans cet essai, c’est aussi les coups de gueule, complétement justifiés, de Roxane Gay. Elle épingle par exemple les magasins de fringues pour le fait qu’ils ignorent toute une part de la population. Elle montre l’exclusion, le rejet, l’indifférence, le mépris… Pour autant, il ne faut pas croire qu’elle s’en prend aux personnes minces ou quoi que ce soit, pas du tout ! Elle offre simplement une voix aux invisibles, à ceux (et surtout à celles) qui se sentent hors de la société, qui occupe beaucoup de place et pourtant n’en ont aucune. Elle ose exprimer sa colère, et ça j’aime beaucoup !

« Parfois, des personnes qui croient bien faire, je pense, me disent que je ne suis pas grosse. Ils lancent des choses comme : « Ne dis pas ça de toi », parce que pour eux « grosse », c’est quelque chose de honteux, d’insultant, alors que pour moi c’est la réalité de mon corps. Quand j’emploie ce mot, je ne suis pas en train de m’insulter. Je me décris.« 

Ce livre, cet essai, permet une prise de conscience, il invite à la réflexion, et ça fait beaucoup de bien. L’autrice aborde beaucoup de sujets : agressions sexuelles, féminisme, grossophobie, et tant d’autres. Non, ce n’est pas un livre déprimant, bien au contraire. C’est un livre qui déborde de vérité, mais qui n’est pas non plus feel-good, évidemment. Mais il nous invite à mieux nous connaître, à écouter notre corps et notre esprit… Ce que je retire de cette lecture, c’est vraiment du positif. J’ai le sentiment qu’un petit quelque chose à changer en moi, et c’est finalement ce qu’on attend d’un bon livre !

« Plus vous êtes gros, plus votre monde rétrécit. »

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Carte d’identité du livre

Titre : Hunger
Autrice : Roxane Gay
Traducteur : Santiago Artozqui
Éditeur : Denoël
Date de parution : 10 janvier 2019

5 étoiles

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

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L’instant curieux #1 : la bibliopégie anthropodermique

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J’aime bien vous parler de mes lectures, partager avec vous mes chroniques, c’est vrai… Mais je voudrais aussi profiter de cet espace que m’offre le blog pour vous parler de sujets plus variés, même s’ils restent toujours en lien avec mes passions : la littérature et la langue. J’ai donc créé une nouvelle rubrique : « L’instant curieux ». Le but ? Vous parler d’une pratique originale, vous expliquer l’origine méconnue d’un mot ou d’une expression, faire un petit point historique… Bref : vous apprendre (je l’espère) des choses, et toujours avec le sourire !

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Pour inaugurer cette rubrique, j’ai envie de vous parler d’une étrange pratique, justement… J’ai nommé : la bibliopégie anthropodermique ! Et là vous vous dites… Mais qu’est-ce que c’est que ce machin ?

Allez, petit point étymologique… Si vous avez quelques bases de grec, vous avez déjà trouvé certaines racines ! Dans « bibliopégie », il y a le grec ancien βιβλίον, biblion, qui veut dire… « livre », évidemment ! Nous avons en effet affaire à une pratique qui a un lien avec le domaine du livre, cela devrait donc vous intéresser… L’autre partie du mot, elle, vient d’une racine moins connue, qui est πήγνυμι, dans notre alphabet pēgnumi, ce qui veut dire « réparer, renforcer »… Hum… Je ne suis pas sûre que ça vous renseigne beaucoup, non ? Heureusement, le deuxième mot est là pour nous aider à comprendre… « Anthropodermique » contient à la fois la notion d’être humain que vous avez sûrement reconnue car on la retrouve dans « anthropologie », « philanthrope », ou encore « anthropomorphisme », (ἄνθρωπος, ánthrôpos) et l’évocation d’une partie plus précise du corps de ce dernier : la peau, tout aussi facilement décelable (δέρμα, derma).

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Allez, je casse le suspense… En réalité, la bibliopégie désigne l’art de la reliure. La pratique de la reliure naît au moment où l’être humain ressent le besoin de conserver sa mémoire et sa culture dans des livres. Ces ouvrages, fragiles, ont besoin d’être protégés (d’où le pēgnumi). La reliure n’a donc pas uniquement un intérêt esthétique ! Enfin, vous l’aurez deviné… la bibliopégie anthropodermique renvoie à la reliure des livres avec de la peau humaine !! Et non, ce n’est pas une légende… Cette pratique a bien existé.

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Livre relié avec la peau d’Henry Garnet (certains y voient son visage…)

Pour l’anecdote, vers 1605, un jésuite anglais, Henry Garnet, a vu sa peau utilisée pour relier un livre contenant tous les actes d’accusation envers les instigateurs de la fameuse conspiration des poudres (si vous voulez en apprendre plus au sujet de cet évènement historique, je vous conseille la série britannique Gunpowder, avec Kit Harington). Ce monsieur était au courant du complot visant le roi Jacques Ier et le Parlement anglais, et a décidé de ne rien faire pour l’empêcher… Et oui, il existe donc des livres en peau de traîtres et de criminels… Charmant… Et ce n’est pas le seul, je vous laisse en découvrir un peu plus avec cet article d’ActuaLitté. Vous vous doutez qu’il s’agit d’un sujet sur lequel il y a énormément de choses à dire… Mon but ici n’est évidemment pas de vous faire un panorama de toute cette pratique, mais simplement de vous la faire découvrir !

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Il y a quelques années, c’est l’Université d’Harvard qui a fait le buzz ! En effet, trois livres reliés avec de la peau humaine ont été découverts dans la bibliothèque de l’établissement américain, la Houghton Library. Parmi eux, on trouve un livre français, dont l’auteur est Arsène Houssaye, et le titre étrangement ironique étant donnée la situation : Des destinées de l’âme. La peau servant de reliure a été prélevée, semblerait-il, sur une patiente d’un asile psychiatrique ! Mais j’avoue que je trouve encore plus ironique l’exemplaire des Métamorphoses d’Ovide… Quelle métamorphose, en effet, que de passer d’être humain à couverture de livre… Au sujet de cette découverte à Harvard, je vous suggère les articles suivants (Huffpost, Figaro, Parisien). Il y en a, des choses à raconter sur la bibliopégie anthropodermique ! Je trouve cela passionnant !

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Certes, c’est un peu dérangeant, tout ça, et en même temps on se dit… n’aimerait-on pas se réincarner en livre, parfois ? Est-ce vraiment si « dégueulasse », après tout ? La question est ouverte et n’attend pas de réponse définitive bien sûr… Mais si vous voulez donner votre avis, n’hésitez pas. De toute façon, à ma connaissance, cette pratique a disparu aujourd’hui ! Enfin je crois… Mystère mystère.

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Voilà, c’était le premier article de « L’instant curieux »… J’espère vraiment que ça vous a plu, et j’attends avec impatience vos réactions ! À très bientôt pour de nouvelles aventures et découvertes livresques…

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#358 Le chant de Kali – Dan Simmons

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Le résumé…

Rédacteur dans une revue de poésie, Robert Luczak est mandaté par sa maison d’édition pour une mission bien particulière. Il doit se rendre à Calcutta pour mettre la main sur la prétendue nouvelle œuvre de Das. Mais le plus célèbre des poètes indiens est mort. Dès son arrivée, Robert est tiraillé entre une irrésistible attraction un désir croissant de quitter ce lieu malfaisant. Il se perd chaque jour un peu plus loin dans les méandres méphitiques de la ville. Jusqu’à ce que son chemin croise celui des Kapalikas, adorateurs de la sanglante et destructrice Kali.
Robert devra aller jusqu’au bout de l’enfer, où la frontière entre la vie et la mort se fait floue et poreuse. Il y perdra bien plus que son âme…

Mon avis…

Pour commencer (tardivement) cette année 2019, je voudrais vous parler du Chant de Kali de Dan Simmons, un roman que j’ai découvert avec beaucoup de plaisir début janvier. Il s’agit du premier livre de cet écrivain très connu, auteur notamment de L’Échiquier du mal et d’Hypérion, entre autres. Avec ce roman, nous voyageons en Inde, plus précisément à Calcutta… Et le voyage n’a absolument rien de féérique, mais il a au moins le mérite d’être dépaysant et… déstabilisant. C’est dans une atmosphère extrêmement malsaine que nous plonge le roman, nous y découvrons un lieu un obscur, inquiétant, déroutant, qui ne ressemble à rien de ce que nous connaissons. Le personnage est tout aussi bouleversé et nous pouvons parfaitement nous identifier à lui. Au départ, c’est une sorte d’enquête qui mène Robert Luczak à Calcutta. Il doit vérifier que les poèmes qu’on attribue à un fameux auteur réputé mort sont vraiment de lui… Il ne s’attend pas à être emporté dans les méandres nauséabonds de la ville. Au programme : une déesse de la mort, des réincarnations, des meurtres, de mystérieuses sectes, une ville sale et repoussante… ça donne envie non ? Pour découvrir le genre du livre d’horreur, c’est un très bon début !  Je ne vous en dis pas beaucoup plus, le suspense doit être préservé, mais n’hésitez pas à tenter l’aventure si votre curiosité est éveillée.

Carte d’identité du livre

Titre : Le Chant de Kali
Auteur : Dan Simmons
Traductrice : Bernadette Emerich
Éditeur : Pocket
Date de parution : 11 octobre 2018 (nouvelle éd.)

4 étoiles

Absence…

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Chers lecteurs et chères lectrices… Vous le savez, je fais peu de billets personnels, ce n’est pas dans mon habitude… Mais voilà, cela fait quelques temps que je n’ai rien posté sur ce blog. J’espère que ça ne durera pas, d’ailleurs. Mais j’aimerais vous dire quelque chose, vous parler un peu de ce silence, de cette absence.

Récemment, j’ai perdu un être cher. Et il est très difficile pour moi de passer à autre chose, de continuer malgré tout. Cet être, c’était mon chien. Et il a toute sa place ici, car il était mon compagnon de lecture. Lorsque je parcourais un livre, il était souvent à mes pieds, dormant, ronflant… Parfois, j’avoue que je m’endormais aussi, bercée par son souffle. Il se couchait, souvent, la tête posée sur l’étagère de ma bibliothèque. Il donnait des coups de museau dans mes livres, faisaient tomber les piles, parfois en pleine nuit. Je me suis toujours dit que, s’il pouvait lire, il le ferait avec plaisir… C’était un rêveur, un voyageur en esprit, comme moi.

Il me manque beaucoup, vous pouvez l’imaginer. Ce petit billet n’est pas grand chose, si ce n’est un hommage à celui qui a passé douze ans de sa vie à mes côtés. Un hommage à celui qui m’a accompagné dans mes rêveries, celui qui était le héros du roman de mon quotidien. Il s’appelait Ben, je l’appelais aussi Benou ou Benichou, et il avait beaucoup d’autres surnoms. Il était beau, doux, charmant, farfelu, tendre, aimant et aimé.

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Bonjour 2019 : mes meilleures lectures en 2018 [bilan]

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Tout d’abord, j’aimerais vous souhaiter une très belle année 2019, pleine de bonheur, de belles lectures, de joie, de découvertes, d’épanouissement…

Cette nouvelle année qui commence nous donne aussi l’occasion de jeter un petit regard sur celle qui vient de passer !

En 2018, j’ai beaucoup lu… et j’ai eu quelques coups de cœurs ! J’avais d’ailleurs très très bien commencé l’année avec la suite d’Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre, l’excellentissime Couleurs de l’incendie, un petit chef-d’œuvre qui a donné beaucoup de charme à mon 1er janvier. Ma chronique ici.

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J’ai aussi complètement craqué sur un roman exceptionnel et très original : Manger l’autre d’Ananda Devi… Encore aujourd’hui, cette lecture reste solidement ancrée dans mon esprit et a trouvé une belle place dans mon cœur ! Ma chronique ici.

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Et j’ai enchaîné direct avec un autre coup de cœur, presque aussi fort, avec un roman à la fois fou et pertinent : le spécial mais superbe Sciences de la vie de Joy Sorman ! Ma chronique ici.

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Côté originalité, j’ai aussi eu le bonheur de découvrir une autrice qui s’inscrit tout droit dans la lignée de Virginia Woolf, avec un roman un peu déjanté mais très juste, très simple, très émouvant et plein de douceur… J’ai nommé Comme une mule qui apporte une glace au soleil de Sarah Ladipo Manyika ! Ma chronique ici.

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En passant, j’ai aussi (re)découvert des classiques du féminisme, parmi lesquels les fameux Monologues du vagin d’Eve Ensler ! Un texte à lire absolument… Et évidemment… un livre qui a vraiment été une révélation pour moi : King Kong Théorie de Virginie Despentes. Mes chroniques ici et ici.

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Il y a aussi eu du thriller, du roman noir… notamment de l’excellente Karine Giébel, une valeur sûre qui sait toujours nous surprendre ! Cette année, c’était un livre choc qu’elle offrait à ses lecteurs : Toutes blessent, la dernière tue. ⇒ Ma chronique ici.

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Et vu que, parfois, j’aime bien vous faire découvrir des livres pour enfants, j’ai aussi eu le bonheur de parcourir deux albums des éditions Miette, que je vous conseille vraiment vraiment beaucoup : Le grand voyage d’un petit nuage et mon préféré Le monstre de la clairière, avec des illustrations magnifiques ! Ma chronique ici.

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Cette année 2018 a aussi été l’occasion d’aller pour la première fois au salon Saint-Maur en poche ! C’était cool, c’était dingue, c’était super, j’y retournerais avec beaucoup de plaisir !!! Et j’ai pu y faire la connaissance de plein d’auteurs et autrices exceptionnel.le., dont Claire Favan et son Tueur intime… Un gros gros WAOUH avec ce thriller ! Un de mes plus énormes coups de cœur de l’année. Ma chronique ici.

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La rentrée littéraire était aussi complètement dingue cette année, avec plein de lectures très sympas ! S’il ne fallait en retenir que quelques-unes, je pense que je commencerais par vous conseiller une petite perle qui malheureusement a passé inaperçu dans les médias traditionnels : Règles douloureuses de Kopano Matlwa. Ma chronique ici.

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Il y a eu aussi de la nature avec L’habitude des bêtes de Lise Tremblay, et un roman d’un de mes auteurs préférés, Alain Mabanckou avec Les cigognes sont immortelles ! Mes chroniques ici et ici.

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L’homosexualité féminine a aussi été à l’honneur sur le blog cette année, symbolisée par deux très belles lectures : Tous les hommes désirent naturellement savoir de Nina Bouraoui et le magnifique Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard, qui a remporté le prix France Culture / Télérama, dont j’étais jurée cette année ! Mes chroniques ici et ici.

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Autre roman qui, comme Règles douloureuses, traite de sujets difficiles, en particulier des violences faites aux femmes : Le malheur du bas d’Inès Bayard ! Voir ma chronique ici.

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Et puis il y a eu Halloween, et avec cette fête vient l’envie de se faire peur… Et là, comme par hasard, paraît Le Signal de Maxime Chattam… « Comme par hasard » ? Vraiment ? Hum… En tout cas, il a bien fait son job. Ma chronique ici.

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Voilà, il a fallu faire des choix pour ce bilan, et ne vous montrer que le meilleur de ce que j’ai lu, les livres que j’ai adoré… Mais, en tout, j’ai lu cette année 110 livres ! J’espère en lire autant en 2019 (et d’aussi bons).

Allez, je vous embrasse les petits curieux et les petites curieuses ! Bonne année de lecture à vous tous et toutes ! À bientôt pour de nouvelles découvertes…

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#357 Le Bois des Ombres – Barbara Dribbusch

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Le résumé…

Lorsque sa grand-mère, Charlotte, décède, Anne Südhausen se rend à Innsbruck pour organiser son enterrement. La vieille dame, avec qui elle a perdu contact depuis près de vingt ans, lui a laissé un bien lourd secret : des journaux intimes, qu’elle a rédigés en 1943, lors de son séjour aux « Bois des Ombres », un étrange établissement, à mi-chemin entre le sanatorium et l’hôpital psychiatrique, théâtre de terribles événements qui changèrent à jamais la vie de Charlotte.
La lecture de ces cahiers va être pour Anne source de révélations sur le passé de sa grand-mère, mais rapidement, celles-ci vont dépasser les simples secrets de famille. Pourquoi deux carnets ont-ils disparu ? Que contenaient-ils de si inquiétant ? Surtout, qui pourrait se sentir menacé par eux ?

Mon avis…

Aujourd’hui, je vous parle d’un roman que j’ai beaucoup apprécié, et qui est sorti en poche tout récemment ! Il s’agit du Bois des Ombres de Barbara Dribbusch. C’est l’histoire d’une jeune femme qui apprend la mort de sa grand-mère, qu’elle connaissait assez peu. Elle se rend à Innsbruck afin de procéder aux différents préparatifs de son enterrement et elle découvre de mystérieux carnets, dans lesquels sa grand-mère a raconté son histoire… et en particulier une période de sa vie, pendant la Seconde Guerre mondiale… Le Bois des Ombres, c’est le nom d’un sanatorium où a vécu Charlotte, en 1943. C’est un lieu dont les secrets ne se révèlent qu’au fil de la lecture de ses carnets… Or, quelqu’un ne veut visiblement pas qu’Anne découvre tout le passé de sa grand-mère… Très vite, en effet, les deux derniers carnets, qui révèlent tous les ressorts du secret, qui contiennent l’aboutissement de cette recherche, sont volés.

Cette lecture, Anne la partage avec nous. Nous avons en effet accès à son histoire personnelle à elle, sa quête d’explications quant au passé de sa grand-mère, ses propres aventures, et à l’histoire racontée dans ces carnets. C’est donc un roman à deux trames qui se déploient à plusieurs années d’écart, s’entrecroisent parfois, puis se réunissent… C’est un très beau livre sur la question de la famille, de la résistance personnelle et collective, sur la thématique du secret, et un roman fort d’une intrigue très efficace. En découvrant sa grand-mère, Anne se découvre elle-même, et elle embarque le lecteur dans une aventure marquante et émouvante. En bref, c’est un roman fort et étonnant, particulièrement efficace et enrichissant.

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Titre : Le Bois des Ombres
Autrice : Barbara Dribbusch
Traducteur : Jean Benard
Éditeur : Les Escales
Date de parution : 05 octobre 2017

5 étoiles

 

#356 Ça raconte Sarah – Pauline Delabroy-Allard

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Le résumé…

Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine.

Prix du roman des étudiants 2018.

Mon avis…

Cette année, j’ai eu le bonheur d’être jurée du prix du Roman des Étudiants France Culture / Télérama 2018. A cette occasion, j’ai pu lire Arcadie d’Emmanuelle Bayamack-Tam, Trois enfants du tumulte d’Yves Bichet, Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard, La robe blanche de Nathalie Léger et Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu.

« Ça raconte le printemps où elle est entrée dans ma vie comme on entre en scène, pleine d’allant, conquérante. Victorieuse. »

Ce roman, c’est l’histoire d’une femme, Sarah, ou plutôt de deux femmes, Sarah et la narratrice. Deux femmes qui, a priori, n’ont pas grand chose en commun… Une mère célibataire d’un côté, calme et tranquille, la narratrice, et de l’autre côté la fougueuse Sarah, la vibrante Sarah, fugace et frivole. C’est l’histoire de leur rencontre, de leur amour, mais c’est surtout l’histoire d’une découverte. La narratrice découvre la sexualité, son corps, se découvre elle-même. Finalement, est-ce que ça raconte vraiment Sarah ? Je ne suis pas sûre qu’elle soit le personnage principal de ce roman… Si elle est au cœur de l’initiation de la narratrice, d’abord la fin en soi, puis le germe d’autre chose, c’est en fait cette femme, ce « je », qui se révèle petit à petit… En deux parties, ce roman nous montre d’abord un amour fulgurant, bouleversant, déstabilisant, passionné. Puis la rupture, le choc, la fin. Et une renaissance, une redécouverte, rien n’est fini.

J’ai beaucoup aimé le style de l’autrice, particulièrement élaboré même s’il s’agit d’un premier roman. Chaque phrase épouse à la perfection l’émotion qu’elle est supposée retranscrire. C’est émouvant, c’est pertinent. La plume est à la fois douce et acérée, comme les battements d’un cœur qui s’emballe. C’est un livre original, surprenant, très touchant et exceptionnellement bien écrit, à découvrir. Un éveil des sens, tout en délicatesse et en subtilité.

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Carte d’identité du livre

Titre : Ça raconte Sarah
Autrice : Pauline Delabroy-Allard
Éditeur : Éditions de Minuit
Date de parution : 06 septembre 2018

Voilà le livre qui a eu mon vote et qui a, cette année, remporté le prix du Roman des Étudiants France Culture / Télérama 2018. Félicitations, Pauline Delabroy-Allard !

5 étoiles

 

 

#355 La sexualité féminine de A à Z – Ovidie

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Le résumé…

Toutes les femmes sont différentes, chacune vit un rapport individuel à son corps et nourrit des fantasmes qui lui sont propres. On ne peut pas affirmer que « les femmes préfèrent ceci… ou cela », « elles sont plus fleurs bleues que les hommes », « elles raffolent toutes du cunnilingus », etc. Ovidie nous convie à une exploration multiple, poussée, ouverte des mille manières de vivre sa sexualité en tant que femme.

À travers une centaine de termes, de A – comme Accouchement – à Z – comme Zones érogènes –, et de concepts traitant de sexualité, de féminité et de féminisme (asexualité, consentement, fidélité, hormones, éjaculation féminine, machisme, coup de foudre, pilosité, ménopause…), Ovidie offre des pistes de réflexions autour des questions que peuvent se poser les femmes, de façon simple et précise.

Mon avis…

Aujourd’hui je ne vous propose pas la chronique d’un roman, mais d’un livre un peu indéfinissable… Le terme « dictionnaire » ne serait pas adapté car il n’a rien de normatif et ne prétend pas livrer des définitions closes et fermées. Il s’agit en effet d’un texte personnel et subjectif dans lequel Ovidie nous livre ses propres opinions et conceptions. Alors, parfois, on est d’accord, parfois non, mais le but est aussi d’ouvrir le débat et d’entamer la réflexion, ce que l’autrice fait très bien ! Les termes (et thèmes) explorés sont extrêmement variés, de l’amour au triolisme, en passant par l’éjaculation masculine… Tantôt avec sérieux, tantôt avec humour, tantôt avec sensualité, Ovidie nous livre le fruit de sa réflexion avec beaucoup de sincérité. Ce livre est la réédition d’un texte d’abord paru en 2010, si bien que la pensée qui en sous-tend la rédaction a évolué, en particulier récemment avec les évènements liés à #MeToo ou l’affaire Weinstein.

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« Non, il n’existe pas UNE sexualité féminine, ni même une seule orientation sexuelle, d’où la nécessité pour traiter de LA sexualité féminine d’aborder une multitude de sujets différents. »

J’ai beaucoup aimé la pertinence de certaines remarques, parfois très instructives. Je dois avouer que l’on découvre des choses susceptibles de changer sur certains points nos propres pratiques – voire de les améliorer… Ovidie nous fait aussi sourire, par exemple lorsqu’elle établit la classification des différents types de baisers dans la notice dédiée. Ainsi, elle distingue « le poutou », « le smack », « le roulage de pelle », « l’échange de chewing-gum », « le French Kiss », « le mordillement des lèvres », « l’aspiration de l’âme » et « le léchage de trogne, version canine »… Et de détailler tout ça, un plaisir à lire ! Mention spéciale pour les citations, parfois complètement décalées, et drôles !

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Et pour finir, cette citation que j’ai personnellement trouvée très juste : « Un amant exceptionnel, c’est celui qui va faire l’amour toute une journée sans arriver au paroxysme. » (Claude Sarraute)

Oui, c’est un livre qui nous fait découvrir beaucoup de choses…

Carte d’identité du livre

Titre : La sexualité féminine de A à Z
Autrice : Ovidie
Éditeur : La Musardine
Date de parution : 25 octobre 2018

4 étoiles

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Merci aux éditions La Musardine pour cette lecture.

#354 Le Diable dans la peau – Paul Howarth

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Le résumé…

Australie, Queensland, 1885. Une vague de sécheresse conduit la famille McBride au bord de la ruine. Leur terre est stérile, leur bétail affamé. Lorsque la pluie revient enfin, la famille pense être tirée d’affaire. Mais le destin en a décidé autrement. Un soir en rentrant chez eux, Billy et Tommy, les jeunes fils McBride, découvrent leur famille massacrée. Billy soupçonne immédiatement leur ancien vacher aborigène. Les deux garçons se tournent vers John Sullivan, leur riche et cruel voisin, pour qu’il les aide à retrouver le coupable. Malgré les réticences du jeune Tommy, Sullivan fait appel à la Police aborigène, menée par l’inquiétant inspecteur Edmund Noone. Les frères McBride vont alors être entraînés dans une chasse à l’homme sanguinaire à travers l’outback désertique. Témoin impuissant des ravages que laisse la petite troupe dans son sillage, Tommy ouvrira les yeux sur le vrai visage de la colonisation australienne.

Mon avis…

Grâce aux éditions Denoël, je me suis aventurée dans une lecture un peu atypique pour moi… Depuis que je suis petite, j’ai une certaine aversion pour les histoires du genre « western« , avec seulement de rares exceptions… Pourtant, je me suis laissée tenter par ce roman qui m’a séduite grâce à sa très belle couverture mais aussi en raison de son résumé et des thèmes qu’il aborde. Son côté « thriller » et le propos sur la colonisation m’a beaucoup intéressée. Voici donc ma chronique de ce roman.

Nous plongeons dans l’Australie de la fin du XIXe siècle, on est à peine quelques décennies après la colonisation et la création du Queensland. Nous découvrons une famille qui subit de plein fouet la sécheresse alors que les terres voisines, qui appartiennent à John Sullivan, prospèrent… Tout de suite, une atmosphère de malaise est introduite. On perçoit la tension entre le père McBride et Sullivan, qui semblent se détester, même si le premier cherche à tout prix à éviter le contact avec le second. On est aussi en pleine ségrégation raciale, et assez régulièrement le roman suggère même l’ethnocide en cours en Australie, avec une volonté plus ou moins assumée d’éliminer les Aborigènes du territoire…

« Ces indigènes, de ce que j’en ai vu, on leur a donné toutes les opportunités, mais ils refusent toujours de changer. Le travail, l’éducation : on a tout fait pour les civiliser, mais ils ont la sauvagerie dans le sang. J’ai même entendu dire qu’ils mangent leurs propres enfants, pour l’amour du ciel. Et pourtant ils sont tout autour de nous, on les fait entrer dans notre maison ! »

On a donc d’un côté un contexte « individuel », une situation très délicate pour une famille blanche qui va être brutalement détruite, et d’un autre côté un contexte global, historique, qui nous montre la violence de la colonisation. Ce dernier point est développe à travers plusieurs points de vue, dans le cadre d’un roman très polyphonique: certains haïssent purement et simplement les Aborigènes, les considèrent comme des animaux, d’autres veulent les éliminer sous couvert de théories scientifiques telles que l’évolutionnisme, etc. Le romancier parvient donc à nous montrer toute la complexité de ce contexte historique, ce qui est tout à fait bienvenu.

D’ailleurs, le personnage de Tommy est parfaitement exploité. Il est jeune, est encore influençable et il a pourtant déjà certaines convictions… Il est obligé de regarder et de participer à cette violence. On n’a pas affaire à un simple « gentil » qui s’opposeraient à plein de personnages racistes très méchants ! Il n’y a aucune simplification. Ce roman, malgré sa violence crue et sanguinolente, se caractérise par une certaine subtilité. Il ne faut pas oublier, enfin, le suspense toujours présent dans ce livre, car on est dans une sorte de thriller. C’est aussi le roman d’une vengeance, après tout !

Même si je n’ai pas eu un coup de cœur pour ce livre, c’est clairement un texte que je n’hésiterais pas à conseiller à ceux que ces problématiques intéressent, et aux amateurs de « western » (bien que le terme soit peu adapté étant donné la situation géographique). Bref, vous l’aurez compris grâce à cette chronique, c’est encore une belle découverte avec les éditions Denoël.

Carte d’identité du livre

Titre : Le Diable dans la peau
Auteur : Paul Howarth
Traductrice : Héloïse Esquié
Éditeur : Denoël
Date de parution : 18 octobre 2018

4 étoiles

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Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

#353 Sujet inconnu – Loulou Robert

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Le résumé…

J’avais huit ans quand j’ai su que je ne finirais pas mes jours ici. Qu’ici je ne deviendrais personne. Qu’ici je n’aimerais personne. Qu’ici, rien. Je ne ressentirais rien.
J’avais huit ans et j’ai décidé de partir un jour. J’ai choisi de ressentir. J’ai choisi de souffrir. À partir de là, je suis condamnée à cette histoire.

Sujet inconnu, c’est, dans un style brut et très contemporain, l’histoire d’un amour qui tourne mal. Entre jeux de jambes et jeux de mains, l’héroïne de ce roman boxe, court, tombe, se relève, danse, au rythme syncopé de phrases lapidaires et d’onomatopées. Plus la violence gagne le récit, plus on est pris par cette pulsation qui s’accélère au fil des pages. Un roman écrit d’une seule traite, d’un seul souffle, dans l’urgence de gagner le combat, dans l’urgence de vivre, tout simplement.

Mon avis…

L’exploration de la rentrée littéraire continue avec un roman très singulier : Sujet inconnu de Loulou Robert. Il s’agit d’un texte qui est loin d’être classique, qui est au contraire on ne peut plus contemporain, actuel, et aussi torturé que l’est notre société. Loulou Robert y mêle douceur et brutalité, sensualité et violence, avec un style tout à la fois sec et voluptueux, tranchant et caressant. Accrochez-vous bien, ce texte ne pourra pas vous laisser indifférent. On aime, ou on n’aime pas. Mais ce qui est certain, c’est que l’autrice a un talent fou. Je vous préviens d’ores et déjà, il faut aimer l’écriture saccadée, rythmée et battante, comme le cœur.

Je dis je. Cette histoire existe. Réelle ou pas. Elle existe. La réalité, on s’en fout. La réalité n’écrit pas d’histoires. Je. Tu. Il. Elle ne vit pas. Elle ne mange pas. Ne ressent pas. Ne baise pas. N’aime pas. Ne meurt pas.

Je ne veux pas être réelle.

Rythme de la vie, panique, excitation, désir, peur, hâte… Loulou Robert livre un texte mimétique de l’âme humaine. La pensée y arrive par vagues, déferlante, envoutante, elle nous engloutit, veut nous noyer, nous pousse à lutter pour respirer. C’est un combat pour la vie, pour cette vie qui nous pénètre et nous anime jusqu’aux cellules les plus enfouies et passives. Tout est mouvement, agitation. Et c’est tout simplement beau, exaltant.

Vivante comme jamais. Même dans les pleurs. Je n’ai jamais autant pleuré que cette année. Autant ri. Bu. Mangé. Joui. Dansé. Je me suis envolée. Je me suis crashée. J’ai eu peur. J’ai toujours peur. La peur stimule. Je cours toujours. Crie plus fort. Va chercher. Le sujet inconnu. Je suis le sujet inconnu.

Loulou Robert nous narre la découverte des autres, mais surtout la découverte de soi. Qui est je ? tu ? il ? elle ? Si l’on n’était pas pleinement dans la vie, on aurait le sentiment que l’autrice fait l’autopsie de notre société, de toutes ces individualités effacées dans un collectif, avec un « je », au milieu de tout ça – elle, peut-être ? – qui lutte pour continuer à exister. Elle nous raconte la rencontre d’un personnage avec elle-même, une autre, une inconnue, qui naît lorsqu’elle arrive dans la capitale, un monde bien différent de sa campagne natale. Le choc. Et le charme qui opère.

Carte d’identité du livre

Titre : Sujet inconnu
Autrice : Loulou Robert
Éditeur : Julliard
Date de parution : 16 août 2018

5 étoiles

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Coup de cœur

rentrée littéraire