#382 La chambre des officiers – Marc Dugain

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Le résumé…

1914. Tout sourit à Adrien, ingénieur officier. La guerre éclate et lors d’une reconnaissance sur les bords de la Meuse, un éclat d’obus le défigure. Le voilà devenu une  » gueule cassée « . Adrien ne connaîtra pas les tranchées mais le Val-de-Grâce, dans une chambre réservée aux officiers. Une pièce sans miroir, où l’on ne se voit que dans le regard des autres.
Adrien y restera cinq ans. Cinq ans pour penser à l’après, pour penser à Clémence qui l’a connu avec sa gueule d’ange…

Mon avis…

J’ai enfin lu La chambre des officiers de Marc Dugain ! De ce roman, qui date de 1999, je n’ai entendu que du bien… Je l’ai dévoré, le temps d’un aller-retour en train. C’est en effet un livre assez court, qui se lit vraiment bien et qui, en cela, me semble vraiment pouvoir s’adresser à tous les publics, y compris les jeunes. Il raconte l’histoire d’Adrien, beau jeune homme qui, mobilisé dans le génie pendant la Première Guerre mondiale, est défiguré par un éclat d’obus dans les premiers jours du conflit, avant même que les combats ne commencent officiellement. Il est le tout premier blessé de la face en France, la toute première « gueule cassée ». Ce roman raconte donc son quotidien à l’hôpital du Val de Grâce, près de Paris, où il ne voit des combats et de la guerre que les nombreux blessés graves qui affluent à l’arrière. La « chambre des officiers », c’est celle dans laquelle on l’installe dès son arrivée. Les blessés sont « classés » selon leur rang. Dans cette salle, il rencontrera d’autres officiers blessés, et construira des amitiés durables. Ce roman montre bien l’esprit de camaraderie qui peut naître, même dans les pires épreuves, mais aussi tous les obstacles que devaient surmonter ces personnes.

Ce roman est passionnant car il nous fait entrer dans la vie d’Adrien, à travers une narration à la première personne qui nous permet d’imaginer, ne serait-ce qu’un peu, ce que devait ressentir une gueule cassée. En cela, le livre de Marc Dugain était assez singulier à l’époque de sa sortie car, en vérité, les blessés de la face, bien que très nombreux, avaient tendance à être invisibilisés en littérature. Depuis, nous avons aussi vu passer Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013, dans lequel l’un des personnages principaux, Édouard Péricourt, est aussi une gueule cassée. J’ai beaucoup aimé la présence étonnante d’une femme parmi tous ces blessés. Le roman met en effet en scène la variété des blessures mais aussi celle des victimes, et l’horreur que cela représente. Il permet également de montrer leur retour à la vie civile, parfois extrêmement compliqué, parfois impossible. C’est un roman très fort, écrit avec un style simple et accessible, qui permet de porter un regard profondément humain sur ce conflit dévastateur et précisément marqué par l’inhumanité.

Carte d’identité du livre

Titre : La Chambre des Officiers
Auteur : Marc Dugain
Éditeur : Pocket
Date de parution : 6 janvier 2000

5 étoiles

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#381 Moderne Olympia – Catherine Meurisse

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Le résumé…

Olympia s’ennuie au musée d’Orsay. Bien sûr, elle n’est pas une parfaite inconnue, elle a déjà posé pour Manet, connaît Toulouse Lautrec, et a de nombreux amis sortis de tableaux impressionnistes. Elle a même fait cascadeur pour un tableau de Courbet, L’Origine du monde. Mais ce qui l’intéresse par dessus tout, c’est la comédie, le cinéma. Elle rêve d’un grand rôle, mais on ne lui propose que des rôles de figurantes. Il faut dire que pour réussir au cinéma, il faut coucher. Et Olympia n’est pas prête à cela. C’est une fille romantique, qui rêve du grand amour.

Mon avis…

Aujourd’hui, je ne vous parle pas d’un roman, et non : je vous parle d’une bande dessinée ! Comme quoi, tout est possible… Bon, n’exagérons pas, je l’avais déjà fait, heureusement, mais cela remonte à un certain temps. J’ai déniché cette BD à la bibliothèque, elle s’appelle Moderne Olympia et j’ai été séduite par l’idée originale de donner vie aux œuvres du musée d’Orsay. Le postulat de départ, donc, était plutôt bon, vous le reconnaitrez… Je me suis même tout de suite dit que ce serait vraiment sympa de lire cette BD avant ou après une visite au musée, histoire de prolonger l’expérience ! Cela s’est confirmé à la lecture. Néanmoins, j’avoue que j’ai été un peu déçue par l’intrigue de la bande dessinée qui, en fait, n’est pas très bien menée. On s’y perd un peu… Je pensais que les œuvres seraient plus facilement reconnaissables, ce qui n’est pas le cas. Pourtant, il y en a une cinquantaine. Je suis un peu mitigée, vous l’aurez compris.

L’histoire, en gros, c’est celle d’une guerre des clans entre les officiels et les refusés, qui permet de se plonger dans l’un des grands moments de l’histoire de l’art au XIXe siècle, avec d’un côté la peinture académique et de l’autre des peintres qui ne respectent pas les codes établis… Ce contexte n’est pas forcément très bien amené dans la BD, mais on peut le comprendre s’il nous évoque déjà quelque chose ! Ici, Olympia est un personnage qui renvoie au célèbre tableau d’Édouard Manet qui faisait partie des peintres exposés au Salon des refusés. Comme sur la peinture, elle se balade donc toute nue avec son petit ruban autour de cou, et recherche désespérément des rôles dans d’autres toiles. Un jour, elle tombe amoureuse d’un officiel, et là, plus rien ne va… C’est un long combat que doit mener Olympia pour faire triompher son amour…

Moderne Olympia est donc une bande dessinée un brin déjantée, qui nous emmène dans un musée d’Orsay métamorphosé pour l’occasion en grand studio de cinéma où chaque personnage de toiles célèbres devient figurant des autres œuvres. C’est un joyeux bazar, parfois beaucoup trop confus à mon goût. Au niveau du public, je dirais que cette bande dessinée s’adresse plutôt à des adolescents, jeunes adultes ou adultes. J’ai apprécié le côté non-conventionnel de cette BD, car Catherine Meurisse bouscule les codes comme l’ont fait les refusés avant elle. Cette BD désacralise l’art, ce qui n’est pas plus mal, car cela permet au lecteur et spectateur des œuvres de se les réapproprier avec plus de légèreté. Je conseille donc cette BD aux personnes qui ont envie de découvrir le Musée d’Orsay et ses plus célèbres peintures autrement.

Carte d’identité du livre

Titre : Moderne Olympia
Autrice : Catherine Meurisse
Éditeur : Futuropolis et Musée d’Orsay
Date de parution : 6 février 2014

3 étoiles

#379 Violette Hurlevent et le Jardin Sauvage – Paul Martin et J.-B. Bourgois

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Le résumé…

Nul ne sait quand le Jardin Sauvage est né. Violette Hurlevent y pénètre le jour où elle doit fuir de la maison de sa mère. Loin des soucis de son existence, elle découvre alors un univers immense, caché aux autres humains et peuplé d’êtres aux coutumes étranges. Ici, les loups parlent, les pierres s’animent ; même le temps s’écoule selon de nouvelles lois. Mais la beauté du Jardin Sauvage cache de nombreux périls. Avec son chien Pavel, aussi courageux que gourmand, Violette va affronter une menace encore plus terrible que les problèmes qu’elle voulait fuir. Pour faire face à ce défi, elle devra choisir ses alliés et retrouver les reliques, des objets aux pouvoirs mystérieux qui détiennent la clé de son destin.

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Mon avis…

Violette Hurlevent et le Jardin Sauvage, c’est un livre que j’aurais beaucoup aimé avoir entre les mains plus tôt, lorsque j’étais plus petite. Il s’agit d’un roman qui, à mon sens, pourrait représenter autant pour des jeunes lecteurs que ce qu’a été pour moi La Quête d’Ewilan de Pierre Bottero. Inutile de préciser que c’est un sacré compliment ! J’avais lu, bien entendu, que Violette Hurlevent n’était pas un livre comme les autres, qu’il avait quelque chose de nouveau, d’inédit, et j’ai vu l’enthousiasme de l’équipe des éditions Sarbacane, puis des lecteurs et des lectrices… Et, en effet, ce roman est d’une intelligence rare. Il fourmille de références littéraires et artistiques (Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, Pierre Soulages, Virginia Woolf, Simone de Beauvoir, et j’en passe : une véritable chasse aux trésors) qui sauront séduire aussi bien les adultes que les enfants car elles n’altèreront aucunement la compréhension de l’intrigue pour ces derniers. Oui, ce livre est un peu comme un jardin dans lequel se côtoieraient mille espèces de fleurs et de plantes, dans lequel germeraient de nouvelles graines, dans lequel chaque petit bourgeon est précieux. Dans ce roman, il y a toute une culture de l’enfance, de la vie, celle de l’auteur, et toute une culture à venir : celle du jeune lecteur ou de la jeune lectrice.

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J’aime beaucoup les livres jeunesse qui, malgré leur classification, sont adressés à tous les publics, et savent plaire à des lecteurs et lectrices de tous âge et de tous horizons. Il s’agit d’un roman initiatique qui saura créer des échos dans tous les esprits. J’ai beaucoup aimé le postulat de départ : un monde imaginaire qui vient sauver une jeune fille aux prises avec une réalité dure et violente. Je me suis beaucoup retrouvée dans ce personnage, pour avoir vécu une situation très similaire, et je me suis échappée, pour ma part, à travers la littérature. Je pense par ailleurs que ce vécu de Violette, très proche du mien, et bien que profondément singulier, a tout de même une valeur universalisante. Le roman fait passer beaucoup de très beaux messages, mais en sachant éviter toute naïveté et tout abus de bon sens ou de morale. Ce livre est aussi un très bel objet, puisque c’est un roman illustré avec beaucoup de talent par Jean-Baptiste Bourgois. Et quand je dis « illustré », je n’entends pas deux trois images par-ci par-là. Non, les illustrations sont vraiment indissociables du roman, elles en font complètement partie intégrante. Vous l’aurez compris, c’est avec énormément d’enthousiasme moi aussi que je vous conseille ce roman, que vous soyez jeune ou moins jeune. Cette héroïne saura vous emporter dans des aventures exceptionnelles remplies de rebondissements inattendus.

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Carte d’identité du livre

Titre : Violette Hurlevent et le Jardin Sauvage
Auteur : Paul Martin
Illustrateur : Jean-Baptiste Bourgois
Éditeur : Sarbacane
Date de parution : 15 mai 2019

5 étoiles

Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture.

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#378 L’aimée – Renée Vivien

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Le résumé…

Lorély, intellectuelle et salonnière réputée, inspire à la narratrice un amour passionnel et destructeur. Celle-ci en oublie sa tendre amie, Ione, qui en meurt de chagrin. Lorély l’infidèle devient alors celle par qui le drame est arrivé. Viennent d’autres amantes, figures salvatrices ou démons séducteurs, brouillant les pistes dans le jeu amer de tromperie et de pardon qui oppose et réunit tour à tour la narratrice et Lorély.

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Mon avis…

Aujourd’hui, je vous parle non seulement d’un livre, mais aussi d’une maison d’éditions : Talents hauts. Vous en avez peut-être déjà entendu parler. Il s’agit d’une ME jeunesse, créée en 2005, qui choisit de publier des livres qui vont à l’encontre des clichés, des discriminations, des distinctions de genres, etc. L’un de leurs projets est ainsi de proposer la réédition de textes oubliés, car ils sont l’œuvre d’autrices qui, principalement en raison du fait qu’elles étaient des femmes, ont été condamnées à être effacées des histoires littéraires et des rayonnages des librairies. Cette collection très récente s’appelle « Les plumées », pour les raisons que l’on imagine. Vous pouvez y découvrir Isoline, un texte de Judith Gautier (je vous avais déjà parlé de cette autrice en proposant une brève chronique des Mémoires d’un éléphant blanc), ou encore Marie-Claire de Marguerite Audoux, ou bien Trois soeurs rivales de Marie-Louise Gagneur et, un peu plus connu, La Belle et la Bête de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve. Aujourd’hui, c’est d’un autre livre que je vous parle : L’aimée de Renée Vivien. C’est un texte qui avait déjà paru sous le titre Une femme m’apparut, mais qui était depuis tombé dans l’oubli…

« Dans une demi-clarté à la magie singulière, une Femme m’apparut… […] Instinctivement, je redoutai le commandement de son regard, la courbe impérieuse de ses lèvres. Ses cheveux la nimbaient d’un perpétuel clair de lune. »

Alors, avant de rentrer dans le détail de ce magnifique texte, j’aimerais vraiment remercier les éditions Talents hauts pour ce superbe projet, qui est d’une importance capitale dans la vie littéraire actuelle. Mettre en lumière les autrices est tout simplement une nécessité aujourd’hui, et cette maison d’éditions le fait avec beaucoup de goût, de subtilité, de fraîcheur. Merci.

« J’attendais Lorély dans un boudoir glauque où les bibelots semblaient jetés çà et là au gré d’une main impatiente. On y sentait le caprice et le désordre d’un esprit fantasque. Des fleurs éclataient partout en gerbes, en fusées, en masses touffues… C’étaient des lys tigrés ouvrant leurs vastes corolles d’où s’exhalait la violence du parfum, des grappes d’orchidées bleues retombant avec une grâce triste, des gardénias, si fragiles que le frôlement le plus doux les eût flétris, blêmissant à côté de roses blanches. »

Si Talents hauts est une maison d’édition jeunesse, il s’avère que les livres de la collection « Les plumées » sont, dans toutes les librairies dans lesquelles j’ai cherché, rangés dans les rayons de littérature générale. Cela peut s’expliquer par le fait qu’il s’agit de textes littéraires assez anciens, peut-être, mais aussi par le vocabulaire, parfois compliqué. Or, je tiens à souligner que l’ensemble est compréhensible y compris d’un lectorat jeune. Tout dépend, je pense, de la maturité des lecteurs et lectrices. Le mieux étant de mettre le livre entre leurs mains et de les laisser décider si cela les intéresse ou non. Ce sont donc aussi des textes qui sont accessibles aux adultes. Bref, il est possible de les lire presque à tout âge. Et je n’ai donc pas boudé mon plaisir.

« Aucune parole de sagesse ne vaut le rire de la folie »

Il n’y a pas vraiment d’intrigue dans ce « roman », que j’hésite même à appeler ainsi pour cette raison. Il s’agit d’un texte qui aborde les questions de l’amour, de la passion, de la peine qui peut en découler. Renée Vivien traite ici de la relation entre deux femmes, et ce n’est pas pour rien que cette autrice est surnommée Sapho 1900, d’après le nom de la célèbre poétesse de l’Antiquité, qu’elle a traduite et adaptée, contribuant ainsi à en faire le symbole des amours lesbiens. L’aimée, dans lequel on retrouve cette influence, est vraiment un livre absolument splendide, très poétique. L’écriture et le style de l’autrice sont exceptionnels. Il s’agit d’un texte en grande partie autobiographique, car il est inspiré de sa relation avec Nathalie Barney, une femme qu’elle a tendrement aimée et qui l’a beaucoup fait souffrir. Tout cela est fort bien expliqué dans la petite préface de Nicole G. Albert, docteure et spécialiste de la littérature décadente. L’ensemble du livre est assez métaphorique parfois, nimbé de mystère, auréolé de douceur également, comme s’il incarnait le sentiment même de l’amour. J’ai vraiment été séduite par cette lecture, qui mérite en effet d’être redécouverte pour sa grande qualité stylistique et sa profondeur qui n’ont rien à envier aux plus grands chefs d’œuvre reconnus de la littérature.

Carte d’identité du livre

Titre : L’aimée
Autrice : Renée Vivien
Éditeur : Talents Hauts
Date de parution : 21 février 2019

5 étoiles

#377 Écouter le noir – Collectif

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Le résumé…

Les grands noms du thriller français mettent nos sens en éveil.

Treize auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d’ordre est le même pour tous : nous faire tendre l’oreille en nous proposant des récits qui jouent avec les différentes définitions de l’audition.

Dans ces nouvelles, ils ont donné libre cours à leur noire imagination pour créer une atmosphère, des personnages inoubliables et une tension qui vous happeront dès les premiers mots… et jusqu’à la chute. Éclectique et surprenant, ce recueil renferme onze expériences exceptionnelles de lecture.

Laissez-vous chuchoter à l’oreille, venez Écouter le noir.

Mon avis…

C’est sur l’initiative d’Yvan Fauth, du blog EmOtionS, qu’est né le recueil de nouvelles Écouter le noir. Il a proposé à quelques auteurs et autrices de thrillers, romans policiers et romans noirs, d’écrire autour du mot « audition ». Cela donne des récits très différents les uns des autres, dans lesquels nous pouvons retrouver la patte de chacun.e, tout en laissant une grande place à la surprise ! Vous trouverez dans ce livre treize écrivain.e.s et onze histoires écrites par :

Barbara Abel et Karine Giebel ♦ Jérôme Camut et Nathalie Hug ♦ Sonja Delzongle ♦ François-Xavier Dillard ♦ R.J. Ellory ♦ Nicolas Lebel ♦ Sophie Loubière ♦ Maud Mayeras ♦ Romain Puértolas ♦ Laurent Scalese ♦ Cédric Sire

Un casting 5 étoiles donc. Vous vous en doutez, il est difficile de donner un avis très détaillé sans gâcher le plaisir de la lecture et sans en révéler trop. Je me contenterais donc de vous dire que ce livre est un recueil de textes éclectiques, qu’il y en a pour tous les goûts et que vous ferez, je le pense, de très belles (re)découvertes.

J’ai trouvé qu’ouvrir l’ouvrage sur la nouvelle de Barbara Abel et Karine Giebel était vraiment une idée formidable car ce texte, « Deaf », met tout de suite dans l’ambiance. On part pour une escapade mortelle, ça secoue, c’est sec, net, précis : en un mot, efficace.

J’ai personnellement beaucoup aimé la deuxième nouvelle, celle de Sonja Delzongle, « Tous les chemins mènent au hum », qui fait expérimenter au personnage le bruit, le silence… Lequel est l’enfer ?

J’ai aussi particulièrement apprécié la nouvelle de Nicolas Lebel, « Sacré chantier », qui s’attaque à sujet profondément d’actualité, et de façon très originale et moderne, avec son humour et son côté décalé caractéristique.

Celle de François-Xavier Dillard, « Ils écouteront jusqu’à la fin », m’a aussi beaucoup marquée, avec une plongée dans les méandres les plus obscurs de la musique classique

La nouvelle de Romain Puértolas, « Fête foraine », m’a bien fait rire. C’est peut-être la moins « noire » de toutes, mais elle est vraiment dans le thème et très originale.

Celle de Cédric Sire, sans surprise, était tout aussi waouh, parfaite. « Le diable m’a dit » était vraiment la nouvelle idéale pour clore le recueil.

Bon, je ne vous ai pas parlé de tous les récits, je vous laisse le soin de les découvrir par vous-même. Une chose est sûre, vous allez passer un bon moment. Je recommande vraiment ce livre pour les fans de thrillers et romans noirs, pour ceux qui veulent découvrir également, et pourquoi pas pour faire un beau cadeau ? Après tout, ce bouquin a été conçu par un amoureux des livres, avec des amoureux des livres, pour des amoureux des livres ! À découvrir.

Carte d’identité du livre

Titre : Écouter le noir
Auteurs et autrices : Collectif
Dirigé par : Yvan Fauth
Éditeur : Belfond
Date de parution : 16 mai 2019

5 étoiles

Merci aux éditions Belfond et à NetGalley pour cette lecture.

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#376 Bleue – Maja Lunde

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Le résumé…

Norvège, 2017. Depuis son plus jeune âge, Signe a fait passer l’écologie avant tout. Ainsi a-t-elle préféré renoncer à Magnus, dont elle ne partageait pas les idées. Aujourd’hui, elle vit sur un bateau amarré dans un fjord, au plus près de l’eau.  Et c’est pour sauver l’eau qu’elle décide à soixante-sept ans d’entreprendre un dernier périple en mer, lorsqu’elle apprend qu’une opération commerciale, autorisée jadis par Magnus, menace son glacier natal. L’heure est venue pour Signe d’affronter son grand amour perdu. Pour cela, elle doit prendre la direction du sud de la France…

France, 2041. La guerre de l’eau bat son plein. Avec Lou, sa fille aînée, David a fui les Pyrénées ravagées par la sécheresse pour retrouver sa femme et leur bébé, dont il a été séparé. Mais les réfugiés climatiques sont bloqués à la frontière, et les ressources commencent à manquer. Un jour, à des kilomètres de la côte, David et Lou trouvent un voilier au beau milieu d’un champ desséché : le bateau de Signe…

Mon avis…

Après l’excellent Une histoire des abeilles, Maja Lunde revient avec une nouvelle fable dystopique : Bleue. Cette fois, ce ne sont pas trois mais deux trames narratives que nous suivons, l’une en 2017, l’autre en 2041. J’apprécie beaucoup cette construction, qui permet d’avoir plusieurs regards sur l’événement, ici la sécheresse. Si ce roman, comme le précédent, a clairement pour but de nous faire réfléchir aux enjeux écologiques et climatiques de notre époque, c’est aussi un livre passionnant, avec des personnages attachants et une intrigue prenante.

Bleue est un texte magnifique, qui nous montre des temps futurs, où de nombreux européens, français compris, seront obligés de fuir les villes dévastées par des incendies que l’on ne peut plus éteindre par manque d’eau, devenant ainsi des réfugiés climatiques dont, malheureusement, les autres pays ne veulent pas… Triste ironie du sort, me direz-vous… Mais c’est aussi et surtout profondément réaliste. L’eau a disparu, les fleuves se sont taris, l’eau courante est rationnée dans les camps où se réunissent les survivants… Quant à l’histoire qui se déroule vingt-quatre ans plus tôt, elle nous montre un échantillon de la destruction de la planète, de son exploitation à l’excès, tout en proposant un récit individuel, montrant le destin de personnages et leur lien avec ce processus. Ici, ni grand méchant ni grand gentil, juste des êtres humains parfois inconscients, toujours fragiles…

Malgré le caractère dystopique, Maja Lunde injecte de l’espoir tout au long de son roman, au travers de ses êtres de papier, et en particulier de la petite Lou. Comme dans Une histoire des abeilles, le salut du monde se trouve entre les mains des enfants… Loin d’être simpliste et moralisatrice, cette histoire est bien au contraire d’une richesse folle, et remplie de tendresse. Ce roman est encore une fois un véritable coup de cœur, car il mêle avec subtilité réflexions actuelles sur l’avenir du monde et divertissement. Oui, c’est à la fois une lecture plaisir et réflexive, et c’est pour cette raison que je vous conseille vivement ce livre. Il est scientifiquement documenté, certes, mais il amène une touche d’humanité et d’individualité dans ce récit parfois catastrophique de l’avenir qui nous attend si le monde continue à tourner ainsi.

Carte d’identité du livre

Titre : Bleue
Autrice : Maja Lunde
Traductrice : Marina Heide
Éditeur : Presses de la Cité
Date de parution : 09 mai 2019

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Coup de coeur

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Merci aux éditions Presses de la Cité et à NetGalley pour cette lecture.

#375 La femme sans ombre – Christine Féret-Fleury

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Le résumé…

Sa passion? L’opéra. Son métier? Tueuse à gages. Elle n’a pas de nom. Se tient à distance, de tout et d’abord d’elle-même. Restauratrice le jour, elle se transforme, la nuit, en machine à tuer. Quand elle n’obéit pas aux ordres de ses commanditaires, elle court le monde, d’opéra en salle de concerts, pour écouter les œuvres de son compositeur fétiche, Richard Strauss. Son prochain contrat? Une cheffe d’orchestre à la célébrité naissante…

Elle s’appelle Hope Andriessen. D’origine rwandaise, elle a assisté au massacre d’une grande partie de sa famille. Depuis, la musique est son foyer et sa seule raison de vivre. Après des années d’efforts acharnés, elle vient enfin d’être nommée à la tête d’un grand orchestre ; juste avant Noël, elle dirigera un opéra de Strauss, La Femme sans ombre.

Deux femmes que tout sépare, sauf leur passion pour la musique.
Et le fait que la première va devoir tuer la seconde…

Mon avis…

Aujourd’hui, je vous parle d’un thriller original, dont l’intrigue se passe dans le milieu de l’opéra. La victime, c’est Hope Andriessen, cheffe d’orchestre. La meurtrière, c’est une femme sans nom, une tueuse professionnelle et méthodique, et accessoirement propriétaire d’un restaurant à succès. Petit problème : cette dernière va devoir assassiner une femme qu’elle admire… Vous l’aurez compris, mais je pense qu’il faut le souligner : nous avons affaire ici à un thriller 100% féminin. Et c’est une des raisons pour lesquelles j’ai adoré ce livre. Pourtant, j’avais quelques craintes. En effet, je n’y connais personnellement rien en musique classique. Mon domaine, c’est le rock, le métal, éventuellement le rap, un peu de musiques du monde, mais certainement pas Strauss ! Et pourtant, cela ne m’a pas empêchée d’être captivée par ce roman. Bien au contraire. L’autrice sait rendre ce milieu accessible à ses lecteurs et lectrices. Donc, aucune inquiétude à avoir sur ce point. Autre petite crainte : le style d’écriture, étonnant, puisqu’une grande partie du livre est écrit à la deuxième personne du singulier ! Un personnage, ou le narrateur, s’adresse à la tueuse, en lui disant « tu ». C’est déstabilisant dans les premières pages, puis c’est séduisant, car maîtrisé à la perfection.

« Ist dies etwa der Tod ? Serait-ce déjà la mort… ou quelque chose qui y ressemble ? »

Concernant l’intrigue, comme pour tout bon thriller qui se respecte, difficile de la résumer sans risquer de gâcher le plaisir. Je peux juste vous dire qu’elle est tout à fait surprenante et suffisamment complexe pour faire de ce livre un roman vraiment subtil. L’autrice joue sur les détails, si bien que le dénouement est inattendu tout en étant dans le prolongement de tout le récit, et donc satisfaisant. Même si j’ai mis un peu de temps à accrocher au début, l’écriture et l’action se bonifient au fil des pages, et j’ai pris de plus en plus de plaisir. J’aurais quand même aimé en savoir un peu plus sur le personnage principal, la tueuse, sur ce qui l’a menée où elle en est aujourd’hui, car certains détails restent flous. Je vois néanmoins dans La femme sans ombre un thriller très moderne et actuel, qui mérite vraiment de ne pas passer inaperçu sur les étals des libraires ! Je vous encourage à le découvrir, que vous aimiez ou non la musique, si vous êtes sensible à la place des femmes en littérature et dans les milieux artistiques, si vous voulez simplement lire un bon thriller efficace et maîtrisé, et si vous avez envie d’être surpris.e ! Christine Féret-Fleury, que je découvre avec ce titre, est une autrice que je vais continuer à suivre avec attention, car elle a tout à fait sa place dans le beau monde des polars et thrillers français, qui n’a jamais été aussi bien représenté que ces dernières années.

Carte d’identité du livre

Titre : La femme sans ombre
Autrice : Christine Féret-Fleury
Éditeur : Denoël
Date de parution : 16 mai 2019

5 étoiles

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

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#374 M. O. Modus operandi, tome 1 : La secte du Serpent – Nathalie Cohen

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Le résumé…

Rome, en l’an 54, sous le règne de Néron. De riches pères de famille, atteints d’un mal étrange, trouvent la mort le soir chez eux dans divers quartiers de la ville. L’homme qui se charge de l’enquête découvre petit à petit que ces disparitions sont l’œuvre concertée d’un mystérieux groupe de jeunes gens qui suivent toujours le même mode opératoire.
L’enquêteur, Marcus Tiberius Alexander, est un vigile gradé des patrouilles dites « les yeux de Rome», chargées de circonscrire les incendies et la délinquance nocturne. Il est aux prises avec Lucius Cornelius Lupus, un jeune et ambitieux fils de sénateur, dévoré par la passion du jeu. Le premier, d’origine étrangère, met tout en œuvre pour resserrer l’étau sur le second, favorisé par son rang. Mais la vérité qu’il met au jour est terrifiante.

Mon avis…

Aujourd’hui, je vous parle du premier tome d’une série intitulée Modus Operandi. Cette expression latine, une fois traduite en français, veut dire : mode opératoire… Vous l’aurez compris, il s’agir d’un « polar », sauf qu’il est assez original ! En effet, il s’agit d’un polar antique, dont l’intrigue se déroule à Rome, au 1er siècle après JC. L’empereur Néron prend le pouvoir à la suite de Claude, à partir de l’an 54 et, dans ce tome, nous découvrons les premiers mois tumultueux de son règne. Le contexte historique est donc assez étonnant pour un roman policier et change de ce que l’on a l’habitude de voir. Nous sommes dix ans avant le grand incendie de Rome, et c’est justement un pompier que nous suivons dans son enquête. Le jeune homme, Marcus Tiberius Alexander, est un étranger à Rome et subit les brimades et les moqueries de beaucoup de personnes, y compris de son « frère adoptif ». Il représente un peu l’outsider à qui l’on donne enfin l’occasion de briller et de montrer sa valeur.

Je dois avouer que la lecture des premières pages m’a un peu perturbée. En effet, j’ai été très surprise par le style de l’autrice, et en particulier le niveau de langue adopté. Il est vrai qu’on ne s’attend pas nécessairement à trouver un vocabulaire parfois familier dans la bouche de personnages de l’Antiquité. Néanmoins, une fois que l’on est habitué, je trouve que cela sert l’intrigue dans sa globalité. En effet, nous nous sentons ainsi plus proche des personnages, et cela tranche avec l’idée parfois stéréotypée que l’on se fait de la société romaine. J’imagine que les hommes de l’Antiquité avaient, eux aussi, une manière plus « populaire » de s’exprimer que le latin classique tel qu’on le connaît. Ce serait une question à poser à Nathalie Cohen, puisqu’elle enseigne justement le latin ! Elle est passionnée par l’Antiquité et, en effet, cela se ressent. Elle nous emporte dans un univers singulier et assez méconnu, et je trouve qu’elle nous permet de mieux connaitre la société romaine, que l’on a parfois du mal à appréhender, en tant que lecteurs du XXIe siècle. J’ai appris des choses sur le fonctionnement de la cité, à travers un roman qui se lit vraiment très bien ! Il n’y a pas de descriptions inutiles, au contraire, il y a un certain nombre de dialogues, et l’enquête est prenante. Je dirais enfin que c’est un premier tome qui intrigue, qui installe des bases solides pour une série prometteuse ! Affaire à suivre, donc.

Carte d’identité du livre

Titre : M.O. : Modus Operandi, tome 1 : La secte du serpent
Autrice : Nathalie Cohen
Éditeur : Denoël
Date de parution : 11 avril 2019

4 étoiles

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

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Alerte parution : « La fabrique des coïncidences » de Yoav Blum

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L’original roman de Yoav Blum vous attend en librairie, enfin au format poche ! Je vous conseille de vous emparer de cette pépite pour les mois d’été, pour bouquiner à la plage, dans votre jardin ou en terrasse, ou encore dans votre vol long courrier. Enjoy !

Retour sur la chronique que j’avais faite de ce super livre !

Le résumé…

Guy, Emily et Eric sont des agents secrets d’un genre nouveau. Leur mission : créer des coïncidences pour influer sur la vie des gens. Le destin ne relève pas du hasard ou d’une autorité divine mais bel et bien d’une organisation invisible, où l’on débute souvent comme tisseur de rêves ou ami imaginaire jusqu’à accéder à la fonction ultime de faiseur de coïncidences. Aussi, quand Guy se voit assigner une mission spéciale impliquant un mystérieux tueur à gages, ses certitudes volent en éclats, menaçant l’équilibre du trio. Tout en subtilité, ce roman intelligent et captivant interroge autant la notion de libre arbitre que la nature véritable de l’amour.

Mon avis…

« La fabrique des coïncidences » est un livre original, coloré, malicieux. J’ai été un peu déstabilisée au début, car l’histoire est particulièrement décalée, on est dans un tout autre monde tout en étant ancré dans une réalité proche de la nôtre. Dans ce monde-là, il y a des personnages dont le boulot est d’être ami imaginaire ou faiseur de coïncidences. Ce sont ces derniers qui vont faire en sorte que la vie des gens prenne une orientation particulière, de mission en mission. Nous suivons, dans ce roman, trois personnages, et un en particulier : Guy. Il est du genre « gratte-papier », très sérieux, il fait bien son boulot. Alors, quand une mission étrange lui est confiée, il voit sa vie bien droite et bien réglée brutalement secouée en tous sens. Et c’est donc son histoire que l’on suit, son passé que l’on explore, et son futur que l’on fabrique ! Le roman se bonifie au fil des pages. Au début, il faut un peu de temps pour s’habituer à l’univers, aux règles de ce nouveau monde, puis on se laisse emporter, guider. Pas de coïncidences dans ce livre, tout est travaillé, bien construit. J’ai beaucoup aimé le contraste constant entre les propos parfois terre-à-terre et les réflexions philosophiques qui peuvent s’immiscer dans notre esprit. L’auteur nous propose d’adopter un nouveau regard sur notre vie, sur les contraintes de la société, sur notre libre-arbitre également… C’est un texte à la fois divertissant et profond, comme on n’en lit qu’une fois. A découvrir si vous cherchez une lecture qui vous change, dans tous les sens du terme !

En quelques mots…

très original
unique en son genre
se lit et se médite
crescendo
décalé et vif

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Alerte parution : « Comme une mule qui apporte une glace au soleil » de Sarah Ladipo Manyika

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Une fois n’est pas coutume, j’avais vraiment envie de vous signaler une sortie poche, celle de l’excellent roman « Comme une mule qui apporte une glace au soleil » de Sarah Ladipo Manyika. Derrière ce drôle de titre se cache un livre d’une fraîcheur et d’une profondeur remarquable !

Petit retour sur ma chronique de cet excellent bouquin, d’abord paru aux éditions Delcourt et désormais en poche chez 10/18 !

Le résumé…

Le professeur Morayo Da Silva s’apprête à fêter son anniversaire, alors elle sort acheter des fleurs. Cette Mrs Dalloway nigériane porte fièrement ses soixante-quinze printemps et ses turbans aux mille couleurs, et aime par-dessus tout retrouver son petit monde dans les rues de Haight-Hashbury, San Francisco, sa ville de cœur depuis deux décennies. On croise ainsi Dawud, commerçant palestinien ; Mike, un policier apprenti-romancier ; Mme Wong, toujours un balai à la main ; Sunshine, la jeune voisine indienne qu’elle a prise sous son aile ; ou encore Rachel une jeune SDF fan de Grateful Dead… La vie des autres, elle l’expérimente aussi au gré des romans qui tapissent les murs de son appartement et dont les personnages dialoguent entre eux.

Mon avis…

La couverture originale et celle du livre de poche sont à l’image du livre : colorées, enthousiasmantes, solaires… J’ai toujours eu un peu de mal avec ce qu’on appelle couramment les romans feel good. Et, pour la première fois, il y a un livre qui m’a vraiment semblé mériter ce nom, le voici. Dans ce récit, l’autrice nous raconte l’histoire de Morayo Da Silva, une femme de 75 ans qui vient du Nigéria et vit à San Francisco. Dans la vie, c’est une femme vive, pleine de couleurs, qui a le don de provoquer des sourires partout où elle passe. Comme nous, elle est amoureuse des livres et ceux-ci lui rendent bien.

Son anniversaire arrive, elle en profite pour revenir avec calme et philosophie sur son passé et son présent, tout en envisageant son avenir. Elle repense à tous ceux qu’elle a croisés, aux rencontres qu’elle a faites. Mais la vie n’est pas finie pour elle, loin de là. Et des rencontres, elle en fait encore. Son corps fatigue un peu, lui réclame du repos. Ce roman, c’est donc aussi l’histoire d’un duel entre une énergie intérieure et le temps qui passe. Morayo est un personnage inspirant, remplie d’une soif de vie et de découverte qui ne peuvent que nous donner envie de respirer un bon coup et de se laisser entraîner au fil des rues.

Ce roman, c’est le portrait d’une femme, mais aussi le portrait de la société qui fourmille autour d’elle. Une société cosmopolite, variée, qui bouge sans cesse. Dans ce livre, tout est beau. Et une lecture aussi rafraîchissante, gaie, enthousiasmante, ne peut que faire du bien. Comme une mule qui apporte une glace au soleil est un petit roman merveilleux, le premier de l’autrice à être traduit en français. Je conseille vivement la lecture de ce roman pour les vacances, quand on a juste envie d’une lecture douce et apaisante, à la fois légère et profonde. Sarah Ladipo Manyika fait entrer le soleil dans l’esprit de ses lecteurs et leur présente un personnage fort, à raison comparé à la célèbre Mrs Dalloway de Woolf.

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