#417 Les Sauroctones, tome 1 – Erwann Surcouf

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Le résumé…

Bienvenue dans un monde post-apo ultra-violent, où les mutations physiques vont bon train et où la nature sauvage est peuplée de créatures démesurées. Des mercenaires sillonnent le territoire pour les tuer : ce sont les Sauroctones. Quand Zone, Jan et Ursti, trois adolescents vagabonds en pleine loose, apprennent l’existence d’une énigmatique fusée qui pourraient leur faire fuir définitivement ce monde hostile, ils se trouvent un but commun : la chercher ! Mais comme souvent, le voyage est semé d’embûches, et les trois héros vont cahin-caha s’improviser « Sauroctones »…

Mon avis…

Ces derniers temps, je me mets activement à la BD et j’en lis de plus en plus. Jusqu’ici, cela avait plus souvent été une réussite qu’une déception… Les Sauroctones est une bande dessinée qui, malheureusement, vient casser cette dynamique. Je préfère prévenir : cette chronique sera relativement courte, pour la simple et bonne raison que je n’ai même pas réussi à finir… Je n’ai pas pu aller jusqu’au bout. Pourtant, j’ai tenté, mais c’était impossible pour moi. Le dessin ne m’a pas du tout plu, je n’arrivais pas à avoir de visibilité sur l’univers dans lequel l’auteur souhaitait m’entraîner. C’est une BD que j’ai trouvée difficilement lisible sur le plan visuel, mais aussi au niveau scénaristique, malgré le résumé très intrigant et prometteur. Dès les premières pages, je ne savais ni où ni quand j’étais, je ne comprenais déjà rien… Je me suis dit que j’avais peut-être loupé quelque chose, donc j’ai recommencé la lecture… La deuxième tentative a été légèrement plus fructueuse, puis je me suis de nouveau égarée, embrouillée… Que dire ? Les Sauroctones n’est clairement pas une BD faite pour moi, et je ne peux pas vous dire quel public serait susceptible de l’aimer… Je crois que tout se fera au feeling, à l’appréciation personnelle de chacun.e, comme c’est finalement souvent le cas… En tout cas, de mon côté, le plaisir n’a pas été au rendez-vous !

Carte d’identité du livre

Titre : Les Sauroctones, tome 1
Auteur : Erwann Surcouf
Éditeur : Dargaud
Date de parution : 31 janvier 2020
Âge : à partir de 12 ans

1 étoile

#416 Un samedi soir entre amis – Anthony Bussonnais

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Le résumé…

Claire, inquiète, consulte à nouveau son portable. Il est vingt heures passées et son petit-ami, qui était censé venir la chercher, est introuvable. Cela fait bientôt six mois qu’ils sont ensemble, Claire le connaît bien. Medhi est toujours à l’heure. François est extrêmement organisé. Grâce à lui, la soirée du samedi est devenue un évènement incontournable que ses voisins, choisis avec le plus grand soin, ne rateraient pour rien au monde. C’est le moment idéal pour décompresser et se relâcher. En plein cœur de la forêt, Medhi est nu. Il tremble. Malgré l’obscurité, il parvient à repérer plusieurs personnes autour de lui, les rires vont bon train, tout le monde semble à la fête… Mais qu’attend-on vraiment de lui ?

Mon avis…

Le résumé de ce livre ne pouvait que m’intriguer… Pour une simple raison d’abord, il me rappelait énormément un texte que j’avais déjà lu, et que j’avais surtout adoré : Chiens de sang de Karine Giebel… Je voulais donc voir ce que ça allait donner… Autant vous dire que, nécessairement, je partais avec une bonne dose d’exigence. Karine Giebel avait réussi l’exploit de nous livrer un récit très très intense en peu de pages, et c’était un sans faute ! Ici, Anthony Bussonnais nous propose un roman d’une longueur beaucoup plus standard, et a donc plus de place pour développer l’intrigue et la psychologie des personnages… Vous l’avez deviné, c’est encore une véritable chasse à l’homme qui nous attend… L’intrigue, en elle-même, ne pose donc aucun problème : on s’attend à du suspense haletant, à de la violence, à de la haine inexpliquée ou inexplicable, à de nombreux rebondissements… Bref, le fond est prometteur.

Sur la forme néanmoins, plus de bémols. Un samedi soir entre amis est un bon roman divertissant, mais il est clair que quelques incohérences apparaissent très vite… Ne serait-ce qu’entre le résumé et le contenu du livre lui-même : les « invités » de François seraient triés sur le volet, ce qui n’est en réalité pas véritablement le cas, comme le révèle la fin du roman (que je ne vous révèlerai pas, cela va de soi). Il y a également quelques maladresses sur le plan sémantique. On se perd aussi parfois en raison de la construction même du roman, qui fonctionne sur un système de prolepses et d’analepses, avec des allers et retours dans le temps entre la préparation de ce fameux samedi soir, son déroulement sur place, et le vécu de Claire et des proches de Medhi qui mènent leurs recherches… Pour ce qui est de la psychologie des personnages, là encore, elle manque parfois de subtilité, ce qui peut être contrariant… L’auteur se rattrape néanmoins en abordant le sujet du racisme, ce qui apporte un intérêt supplémentaire à un récit qui a très clairement un rythme haletant !

Un ensemble un peu maladroit et inégal, donc. Mais pourtant, le roman fonctionne, et l’effet page-turner est au rendez-vous. Alors, certes, ce n’est pas le livre de l’année, mais je trouve que cela reste un bon roman pour les lecteurs peu tatillons qui cherchent une lecture violemment divertissante ! Vous l’avez compris, je suis mitigée. Je n’ai pas pu m’empêcher, tout au long de ma lecture, de penser à Chiens de sang (que je ne peux que recommander). Et Un samedi soir entre amis n’a pas réussi à s’imposer dans mon esprit, car il n’a pas su faire la différence par son originalité, ce qui est dommage. Je pense qu’Anthony Bussonnais peut se faire sa place dans le milieu du roman noir et du thriller s’il parvient à se démarquer un peu plus, avec un style plus fort, avec plus de recherches et de justesse. Il y a encore des choses à améliorer. Un petit ajout par rapport au reste de ma chronique : vous l’avez compris, Chiens de sang est une forte référence dans mon esprit et il est clair que quelqu’un qui ne connaît pas cet autre texte serait plus susceptible d’aimer Un samedi soir entre amis !

Carte d’identité du livre

Titre : Un samedi soir entre amis
Auteur : Anthony Bussonnais
Éditeur : Préludes
Date de parution : 05 février 2020

4 étoiles

Merci aux éditions Préludes et à NetGalley pour cette lecture.

#415 Le service des manuscrits – Antoine Laurain

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Le résumé…

« À l’attention du service des manuscrits. »
C’est accompagnés de cette phrase que des centaines de romans écrits par des inconnus circulent chaque jour vers les éditeurs.
Violaine Lepage est, à 44 ans, l’une des plus célèbres éditrices de Paris. Elle sort à peine du coma après un accident d’avion, et la publication d’un roman arrivé au service des manuscrits, Les Fleurs de sucre, dont l’auteur demeure introuvable, donne un autre tour à son destin. Particulièrement lorsqu’il termine en sélection finale du prix Goncourt et que des meurtres similaires à ceux du livre se produisent dans la réalité.
Qui a écrit ce roman et pourquoi ? La solution se trouve dans le passé. Dans un secret que même la police ne parvient pas à identifier.

Mon avis…

Ce roman me tentait depuis un moment, et j’ai profité du confinement pour me lancer dans sa lecture. Je dois dire que le résumé me plaisait déjà beaucoup, car j’aime les romans dont l’intrigue se déroule dans le domaine livresque… Le métalittéraire, c’est ma passion ! Bref, Le service des manuscrits partait donc sur de bonnes bases avec moi. En plus, le récit prend la forme d’une enquête policière, et j’adore ça ! Mais, attention, ce n’est pas à proprement parler un thriller ou un polar, mais plutôt un livre de littérature générale qui exploite les thématiques du secret, de la frontière entre fiction et réalité, de l’acte créateur… On constate d’ailleurs de plus en plus que la forme de l’enquête pénètre tous les genres romanesques, c’est pourquoi il ne s’agit plus nécessairement d’un critère définitoire du roman noir (entre autres), mais c’est un autre passionnant sujet ! Pour revenir au Service des manuscrits, j’ai beaucoup aimé la direction prise par l’intrigue, et je suis satisfaite par son dénouement comme par les interrogations qui ont été soulevées au fil des pages…

Je dois pourtant avouer une petite déception, qui était néanmoins prévisible en raison de la longueur du roman. En effet, Le service des manuscrits est un récit assez court, et malheureusement certains points et certains moments de l’intrigue auraient mérité d’être plus développés. J’aurais aimé en savoir un peu plus sur le passé des personnages, ou que le suspense soit un peu plus durable… Peut-être est-ce parce que je suis habituée à lire des polars et des thrillers qui font lentement monter la tension, alors que ce n’est pas nécessairement l’objet ici… J’aurais peut-être plus aimé ce livre s’il avait été clairement un roman policier et que l’auteur avait exploité plus pleinement ses possibilités. Vous l’aurez compris, j’ai quand même apprécié cette lecture, malgré ce petit bémol, qui n’enlève rien à la qualité de ce roman qui nous fait découvrir de façon très originale les coulisses des maisons d’édition et des prix littéraires. C’est vraiment un roman à découvrir pour les personnes qui, comme moi, adorent les livres qui parlent de livres… Et je suis sûre que vous en faites partie ! Il m’a d’ailleurs fait penser au roman Le mystère Henri Pick de Foenkinos, qui exploite un peu le même filon de l’auteur inconnu…

Carte d’identité du livre

Titre : Le service des manuscrits
Auteur : Antoine Laurain
Éditeur : Flammarion
Date de parution : 08 janvier 2020

3 étoiles

#414 Dans les yeux de Lya, t.1 et t.2 – Carbone et Cunha

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Le résumé…

À la veille de ses 17 ans, Lya se fait renverser par un chauffard qui prend la fuite, la laissant pour morte. Elle survivra mais devra rester en fauteuil roulant toute sa vie.
Quatre années plus tard, elle termine son DUT Carrières juridiques et décroche un stage dans le cabinet d’avocats le plus prestigieux de la ville, celui du célèbre et médiatique maître Martin de Villegan. Son stage n’a pas été choisi par hasard, bien au contraire. C’est ce même cabinet qui a réglé son cas des années auparavant. Ses parents ne lui en ont rien dit mais elle a découvert qu’ils avaient été achetés pour éviter des poursuites juridiques. Bien décidée à retrouver celui qui l’a renversée et à lui faire payer, elle va se mettre en quête du dossier. Un jeu dangereux commence alors et sa soif de vengeance ne sera pas sans conséquences…

Mon avis…

Les bandes-dessinées ne sont pas ma spécialité mais j’ai été très séduite par le résumé de celle-ci. Dans les yeux de Lya, c’est une enquête, menée par Lya elle-même, une jeune fille qui a subi un énorme bouleversement dans sa vie, puisqu’elle a été victime d’un accident de voiture. Le chauffard s’est rendu coupable de délit de fuite, la laissant pour morte, ce qui a retardé sa prise en charge hospitalière et a entraîné son handicap… Lya est donc bien déterminée à mettre la main sur le responsable. Elle suit la piste d’un cabinet d’avocats, et espère trouver dans leurs dossiers la trace de l’accord passé entre le chauffard et ses parents. Avec le soutien de son meilleur ami et d’une nouvelle collègue, elle va prendre tous les risques pour comprendre cet évènement de son passé. J’ai pu lire les deux premiers tomes de cette bande dessinée passionnante. J’ai vraiment beaucoup aimé, et j’avoue avoir été frustrée de ne pas avoir le fin mot de l’histoire pour l’instant. Le déroulement de l’investigation est en tout cas très intéressant. Les illustrations sont vraiment belles, à la fois sombres et lumineuses, pleines de contraste, montrant avec brio cette jeune fille hantée par le passé mais qui se découvre de nouvelles ressources au fil de son aventure.

Carte d’identité du livre

Titre : Dans les yeux de Lya, tomes 1 et 2
Autrice : Carbone
Illustratrice : Cunha
Éditeur : Dupuis
Date de parution : 01 mars 2020

5 étoiles

#413 V comme Virago – Aude Gogny-Goubert et Adrien Rebaudo

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Le résumé…

« Virago : Femme guerrière, forte et courageuse. Héroïne. »
Ovide (Ier siècle av. J. -C.)
« Virago : n. f. Péjoratif. Femme d’allure masculine, autoritaire et criarde. »
Le Larousse (XIXe siècle)

Vous en conviendrez, la définition du terme « virago » a légèrement glissé en quelques siècles… Bon, ok, soyons francs : elle n’a plus rien à voir avec sa signification originelle. Il est désormais temps de redorer le blason de ce mot et, surtout, de celui de toutes les viragos de l’Histoire !
Dans cet ouvrage inspiré de la série vidéo à succès « Virago », Aude Gogny-Goubert et Adrien Rebaudo dressent le portrait de plus de 70 femmes qui ont fait des choses extraordinaires, et dont on a peu – voire jamais – entendu parler.
Qu’elles soient politiciennes, astronautes, peintres, scientifiques, danseuses… toutes ont transcendé leur condition, leur religion, leur époque ou leur milieu social pour faire bouger les lignes et changer le cours de l’Histoire.

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Louise Michel, militante révolutionnaire et libertaire

 

Mon avis…

Je connaissais déjà la chaîne YouTube d’Aude GG, Virago, sur laquelle la comédienne nous faisait des portraits drôles et audacieux de femmes, le tout en quelques minutes top chrono. J’étais donc ravie de découvrir l’existence d’un livre, V comme Virago, qui marche sur le même principe : des femmes, des biographies, et un petit côté décalé. Cela n’est pas sans évoquer Culottées de Pénélope Bagieu, et certaines figures présentées sont évidemment communes. Ce projet part d’un constat, celui de l’existence de « l’effet Matilda ». Il y a 40 ans environ, Margaret Rossiter, historienne des sciences, remarque que les femmes sont moins reconnues que les hommes quant il s’agit de leurs découvertes et de leurs inventions. Et, en général, cela se fait largement au profit des hommes… Désormais, un mouvement important dans le féminisme actuel contribue à rétablir la notoriété de ces femmes oubliées voire effacées des livres et des manuels d’histoire, de science ou encore de philosophie ou de littérature !

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Jane Goodall, primatologue, éthologue et anthropologiste

Aucun domaine de la vie culturelle et scientifique n’est épargné : les femmes sont promptes à être reléguées aux oubliettes, quelles que soient leurs actions, leurs inventions, leurs innovations, leurs découvertes… V comme Virago est une porte d’entrée vers la vie de ces femmes exceptionnelles : une biographie, une citation, le tout joliment illustré par Léna Bousquet. J’ai personnellement découvert de nombreuses personnalités que je ne connaissais pas, et pourtant je pense être assez renseignée sur le sujet ! La sélection des femmes présentées ici n’est évidemment pas exhaustive, mais elle est représentative, puisqu’elles viennent de tous les horizons. Pas d’européanisme ici, ou d’occidentalisme en général. J’ai pris un plaisir fou à parcourir ces pages, et à (re)découvrir Jane Goodall, Vandana Shiva, Erin Brokovich, Valentina Terechkova, Junko Tabei, ou encore Frida Kahlo. Des noms plus ou moins connus, donc, vous l’aurez compris, mais surtout une lecture extrêmement enrichissante, parsemée des splendides illustrations de Léna Bousquet !

Carte d’identité du livre

Titre : V comme Virago
Auteur.rice.s : Aude Gogny-Goubert et Adrien Rebaudo
Illustratrice : Léna Bousquet
Éditeur : First Éditions
Date de parution : 23 janvier 2020

5 étoiles

Je remercie First Éditions et NetGalley pour cette lecture.

#412 Le journal de Claire Cassidy – Elly Griffiths

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Le résumé…

Dans le collège anglais où elle enseigne, Claire Cassidy donne chaque année un cours sur un classique de la littérature gothique, « L’Inconnu », de R.M. Holland. Cet écrivain a vécu et enseigné dans le même collège que Claire, qui, fascinée par ce personnage qui hante encore les murs de l’établissement, travaille à l’écriture de sa biographie. Mais un jour, Ella, sa collègue et amie est retrouvée morte. À côté de son corps, une citation de « L’Inconnu » …

La littérature et la vraie vie entrent alors en collision, et Claire devient suspecte aux yeux de la police. Et le mystère s’épaissit lorsqu’elle ouvre son journal intime, ce journal dans lequel elle écrit chaque jour, et découvre une écriture qui n’est pas la sienne : « Bonjour, Claire. Tu ne me connais pas. » L’Inconnu, lui, connaît Claire, jusqu’à ses moindres secrets, et il n’est visiblement pas étranger aux meurtres qui vont se succéder au sein même du collège, toujours inspirés du livre de R.M. Holland. Claire arrivera-t-elle à changer la fin de l’histoire ?

Mon avis…

Je vous reparle aujourd’hui d’Elly Griffiths, une autrice dont j’avais déjà chroniqué quelques livres, et en particulier l’excellent Les disparues du marais, que j’avais vraiment beaucoup adoré. Ce roman, je l’ai recommandé à de multiples reprises à l’époque où je travaillais en librairie, et j’ai toujours eu énormément de bons retours. Autant dire que j’ai sauté sur l’occasion de lire son nouveau roman paru en France, Le journal de Claire Cassidy. Ce roman est un one shot, dans le genre policier. Nous découvrons l’intrigue à travers les confidences de Claire à son journal intime, mais nous avons également le point de vue d’autres personnages féminins : Harbinder, l’enquêtrice, et Georgie, la fille de Claire. Elles se livrent sur la mort d’Ella, professeure d’anglais, collègue de Claire à Talgarth, une école dont le bâtiment a aussi été la demeure de l’auteur R.M. Holland, sur lequel travaille le personnage principal. Claire écrit un livre sur cet auteur gothique mystérieux, et tout le roman est rythmé par les références à son univers, en particulier par le biais des citations que sème le tueur…

« Rien dans ce monde n’est caché pour toujours. » (Wilkie Collins)

Le journal de Claire Cassidy, c’est donc un roman policier qui tourne autour de la littérature, et en particulier de la littérature victorienne. J’ai aimé plonger dans l’ambiance anglaise que décrit si bien Elly Griffiths, dans une enquête un peu vintage, qui rend si bien hommage aux romans gothiques que j’ai moi-même pris tant de plaisir à lire. Wilkie Collins, notamment, est mis à l’honneur. La Dame en blanc, l’un de mes romans préférés, est aussi l’un des livres de chevet de Claire Cassidy. L’enquête est absolument prenante, et sollicite donc un univers déjà habité par le suspense et la dissimulation… Évidemment, je ne peux pas vous révéler beaucoup de détails sur l’intrigue, sous peine de gâcher la lecture, mais je peux vous dire que c’est un vrai page-turner ! Idéal en ces temps où l’ennui peut vite s’inviter chez nous !

« L’Enfer est vide, tous les démons sont ici. » (William Shakespeare)

Paradoxalement, j’avais un petit blocage de lecture à cause de ce confinement – que je voyais pourtant comme une bonne occasion de m’y remettre sérieusement. Et bien, ce roman a tout débloqué. J’ai adoré découvrir l’univers de cet auteur fictif qu’est R.M. Holland, et replonger dans celui d’Elly Griffiths, que je connais maintenant depuis de nombreuses années et que j’ai appris à adorer ! Son écriture est vraiment très fluide, elle a le don pour construire une intrigue prenante, passionnante et cohérente, sans moments de flottements. Bref, un plaisir ! Je vous recommande vivement ce thriller très qualitatif, qui change des livres que l’on trouve trop souvent aujourd’hui en librairie depuis le succès de La Fille du train : des « thrillers » qui se ressemblent tous, qui veulent surfer sur la vague et qui n’ont plus la moindre originalité. Si vous ne connaissez pas la plume d’Elly Griffiths, c’est l’occasion de découvrir et d’apprécier son talent !

Carte d’identité du livre

Titre : Le journal de Claire Cassidy
Autrice : Elly Griffiths
Traducteur : Elie Robert-Nicoud
Éditeur : Hugo Thriller
Date de parution : 02 janvier 2020

5 étoiles

Merci à NetGalley et à Hugo Thriller pour cette lecture.

Le podcast « Oli » par France Inter

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En cette période de confinement à cause du Covid-19, je voudrais vous publier ce petit article que (honte à moi) je gardais sous le coude depuis… 2018 ! Mais, finalement, il n’aurait jamais été aussi utile que maintenant.

Je n’ai pas d’enfants moi-même, mais je sais que de nombreuses personnes, de nombreux parents, se retrouvent désormais confinés avec leurs enfants qui, sans école, doivent bien s’occuper autrement… Alors, comment divertir les petits quand les devoirs et les révisions sont finis ? Je vous présente « Une histoire et… Oli », un super podcast de France Inter qui devrait satisfaire nombre de parents désespérés (ou non).

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Donner le goût de la lecture, divertir, lutter contre l’ennui, développer le sens de l’écoute, rendre l’apprentissage plus ludique

Le tout avec des auteurs et des autrices reconnu.e.s et qui mettent tout leur talent au service des plus petits !

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« Une histoire et… Oli », qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’un podcast, qui vous permettra de découvrir des contes inédits, créés tout spécialement pour France Inter par des écrivain.e.s tels que Chloé Delaume, Séverine Vidal, Karine Tuil, Eric-Emmanuel Schmitt, Véronique Ovaldé, etc.

Les genres sont très variés ! Il y a des petites histoires policières, des récits d’aventure, des contes de fée, des fables… Il y en a pour absolument tous les goûts. Et en plus, ces histoires sont lues par ceux et celles qui les ont écrites, donc vous pourrez découvrir les voix de vos écrivain.e.s préféré.e.s !

D’autres personnalités se prêtent aussi au jeu, telles qu’Omar Sy, Antoine de Caunes ou encore Nicole Ferroni ! Pas mal, non ?

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Chaque histoire dure entre 8 et 15 minutes. Vous avez de quoi faire rêver les petits le soir dans leur lit, ou leur offrir une petite pause agréable pendant la journée…

A l’origine, les contes sont destinés aux enfants de 5 à 7 ans, mais même les plus âgés peuvent y prendre plaisir… J’ai envie de dire : de 5 à 100 ans ! Et j’avoue que j’ai moi-même pris beaucoup de plaisir à découvrir « Oli » !

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Si vous ne savez pas par où commencer, voici une petite sélection de mes contes préférés, parmi ceux que j’ai pu écouter pour l’instant :

« Le coq solitaire » – Alain Mabanckou

« Le marchand d’amis » – Eric-Emmanuel Schmitt

« Le Lapin Shérif » – Olivier Norek

« La petite patate qui voulait être un chien féroce » – Nicole Ferroni

« Nadine et Robert les poissons rouges » – Delphine de Vigan

« Le renard et le poulailler » – Guillaume Meurice

« Zelda et les abeilles » – Tatiana de Rosnay

« La petite souris de nuit » – Susie Morgenstern

« Le poisson d’argent » – Nina Bouraoui

Vous pouvez aussi retrouver ce podcast sur YouTube !

#411 Simon apprend à être à l’heure – Lisa Lucas et Laurie Stein

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Le résumé…

Simon adore les horloges mais il ne sait pas lire l’heure. Il est donc toujours en retard, tout le temps, pour tout. Mais quand maman lui annonce que toute la famille partira dans lui a sa fête foraine s’il est encore en retard, Simon décide de tout faire pour être à l’heure.

Simon est un adorable ours blanc. Entouré de ses parents, de sa grande sœur Ruth et de sa grand-mère, il vit de nombreuses aventures cocasses et touchantes.

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Mon avis…

Dans ce petit album, nous suivons un ours nommé Simon. Sa particularité, c’est d’être toujours en retard ! Alors, un jour, sa famille lui lance le défi d’être à l’heure le lendemain matin pour aller à la fête foraine… Pour être sûr d’être au rendez-vous, il s’empare de toutes les horloges, tous les réveils et toutes les montres de la maison… Avec ça, il ne pourra rien rater ! Alors, autant vous dire que l’histoire est simple, mais j’ai beaucoup apprécié les très jolies illustrations. Attention néanmoins à ne pas vous méprendre à cause du titre : malgré son côté pédagogique, cet album n’a pas vocation à apprendre à vos enfants à lire l’heure ! Néanmoins, il leur fera comprendre la nécessité de, parfois, savoir prendre son temps.

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Carte d’identité du livre

Titre : Simon apprend à être à l’heure
Autrice : Lisa Lucas
Illustratrice : Laurie Stein
Éditeur : CrackBoom! Livres
Date de parution : 16 janvier 2020

4 étoiles

#410 Alya et les trois chats – Amina Hachimi Alaoui et Maya Fidawi

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Le résumé…

Maryam et Sami ont trois chats : Pacha le chat angora noir – fier comme un pacha vraiment ! —, Minouche le tigré gris trouvé dans la rue et Amir le siamois déluré. Mais voilà qu’un jour le ventre de Maryam se met à grossir, et quelque chose commence à remuer dedans. Maryam disparaît quelques jours et revient avec quelque chose qui hurle et demande beaucoup d’attention. Nos trois minous sont bien désemparés. Que se passe-t-il ?

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Mon avis…

Aujourd’hui, je vous parle d’un petit album intitulé Alya et les trois chats. Ce livre raconte tout simplement l’arrivée d’un bébé dans une maison déjà bien remplie par trois chats coquins et inséparables. Ils ne comprennent pas ce qu’il se passe et découvrent avec stupeur cet être étrange qui fait bien plus de bruit qu’eux… J’ai trouvé que les illustrations avaient beaucoup de charme. L’histoire, vraiment très simple, voire simpliste, est plaisante, mais n’apporte finalement pas grand chose. C’est un joli album pour qui aime les chats, mais malheureusement rien d’exceptionnel… Peut-être qu’il s’agirait d’un bon choix de livre à offrir à des jeunes enfants qui voient un petit frère ou une petite sœur arriver, et pourront ainsi se retrouver dans la curiosité de ces petits chats.

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Carte d’identité du livre

Titre : Alya et les trois chats
Autrice : Amina Hachimi Alaoui
Illustratrice : Maya Fidawi
Éditeur : CrackBoom! Livres
Date de parution : 27 mars 2019

3 étoiles

#409 Les crocodiles – Thomas Mathieu

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Le résumé…

Thomas Mathieu raconte des histoires vraies (qui lui sont confiées par des filles) liées à des problématiques comme le harcèlement de rue, le machisme, le sexisme, avec une approche féministe et bienveillante vis-à-vis des femmes. Dans ses planches, les hommes sont tous représentés en crocodiles verts tandis que les décors et les personnages féminins sont traités en noir et blanc de manière plus réaliste. Son approche interpelle et fait réfléchir aux relations entre hommes et femmes dans notre société actuelle.

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Mon avis…

Cette bande dessinée aurait pu être l’œuvre d’une femme, tant les situations décrites y sont pertinentes… Et si elles le sont, c’est parce que Thomas Mathieu s’est justement mis au service des femmes qui lui ont confié les expériences de harcèlement sexuel, de sexisme ordinaire, voire de violences, qu’elles ont vécues. Ce sont donc des histoires vraies. Et autant dire que nous avons toutes, au moins une fois dans notre vie, traversé un des moments décrits dans ce livre. Autant prévenir tout de suite : nul traitement humoristique ici ! Les faits choquants dans leur réalité sont choquants sur les pages également. On ressort de cette lecture avec un sentiment de malaise, certes, mais en même temps, clairement, on se sent moins seule. On a l’impression d’avoir enfin été comprises, et c’est avec beaucoup de gratitude envers Thomas Mathieu que j’ai refermé cet ouvrage. Oui, c’était une lecture assez violente, malgré la subtilité du dessin, très pertinente, perturbante, déstabilisante, susceptible de révéler quelques traumatismes (attention donc), mais terriblement enrichissante et appréciable.

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Dans cette bande dessinée, les hommes sont des crocodiles, et les femmes sont représentées de façon normale. Alors, ce choix pourrait probablement susciter des critiques, on connaît le fameux « not all men« , sauf que le but est précisément de montrer que la quasi totalité des hommes peuvent, d’une façon ou d’une autre, volontairement ou non, avoir un comportement sexiste. Et je trouve ça d’autant plus juste que c’est un homme qui propose cette bande dessinée et qui fait ce choix. Il invite les lecteurs à faire un retour sur leur propre comportement, à s’auto-interroger, et il agit en allié féministe. Prendre conscience de l’anormalité de tous ces comportements, mettre en évidence le patriarcat grâce à un simple code de représentation, est vraiment juste et cohérent. Alors oui, c’est osé, certains n’ont probablement pas apprécié, mais cette bande dessinée est une œuvre militante qui mérite vraiment le détour !

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Carte d’identité du livre

Titre : Les Crocodiles
Auteur : Thomas Mathieu
Éditeur : Le Lombard
Date de parution : 30 octobre 2014

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Coup de coeur