#249 Les Mémoires d’un chat – Hiro Arikawa

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Coup de coeur

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Le résumé…

Un chat de gouttière au franc-parler et rompu au langage des humains a pris ses quartiers dans le parking d’un immeuble de Tokyo. Pour rien au monde il ne troquerait sa liberté contre le confort d’un foyer. Mais le jour où une voiture le percute, il est contraint d’accepter l’aide de Satoru, un locataire de l’immeuble, qui le soigne, lui attribue un nom – Nana – et lui offre la perspective d’une cohabitation durable. Cinq ans plus tard, des circonstances imprévues obligent Satoru à se séparer de Nana. Anxieux de lui trouver un bon maître, il se tourne vers d’anciens camarades d’études, disséminés aux quatre coins du Japon. Commence alors pour les deux compères une série de voyages et de retrouvailles qui sont pour Nana autant d’occasions de découvrir le passé de Satoru et de nous révéler – à sa manière féline – maints aspects de la société japonaise. Prenant et surprenant, profond et plein d’humour, Les Mémoires d’un chat est un beau roman sur l’adoption, l’amitié, et la force des liens qui unissent l’homme et l’animal.

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Hiro Arikawa

Mon avis…

Les Mémoires d’un chat est un livre sorti au mois de juin 2017. Très vite, une de mes professeurs m’a envoyé un mail en me le conseillant. Sans trop d’hésitation, je me suis donc lancée bien que les chats ne soient pas du tout mon animal préféré. Mais j’y ai pourtant retrouvé exactement ce qui m’a toujours amusée chez les chats : leur côté hautain… Souvenez-vous, un chat n’a pas de maitre… on habite chez son chat ! J’ai donc beaucoup ri avec la façon de parler très ironique de ce chat, qui est plein de distance et de malice. En elle-même, l’histoire se dévoile progressivement et est de plus en plus touchante. Plus on avance dans le livre, plus on apprécie. Au début, j’avais un peu de mal à entrer dans le récit mais, très vite, après deux ou trois chapitres, je ne pouvais plus le lâcher. J’ai vraiment été émue par cette histoire très riche en émotions sans être pour autant trop pleine de bons sentiments. Le chat, avec son regard critique et tendre à la fois, donne de l’originalité au récit en assurant une bonne partie de la narration.

C’est un très beau récit, qui dit beaucoup sur le lien étroit et particulier qui unit l’homme et l’animal. Il ne s’agit pas d’un rapport de possession, de propriété. L’un n’est pas au dessus de l’autre. Hiro Arikawa raconte une véritable amitié, presque une histoire d’amour, entre deux êtres que tout oppose mais que, finalement, tout rapproche. Les amoureux des chats comme ceux qui ne le sont pas spécialement trouveront dans ce livre de quoi se divertir tout en se procurant une bonne dose de saines émotions. C’est une histoire émouvante et drôle, passionnante et passionnée, qui ne devrait surtout pas passer inaperçu dans les rayonnages de nos librairies !

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Photo par Juliette S. Ne pas utiliser sans autorisation.

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#240 Marina – Carlos Ruiz Zafon 

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Le résumé…

Oscar Drai, quinze ans, a disparu pendant une semaine du pensionnat où il est interne. Où est-il allé et que lui est-il arrivé ? Quand l’histoire commence, Oscar vagabonde à travers Barcelone. Attiré par une mystérieuse maison apparemment abandonnée, il pénètre à l’intérieur. Se croyant seul, il commence ses investigations. Alors qu’il est en train d’examiner une curieuse montre à gousset laissée sur une table, il se rend compte que quelqu’un l’observe. Terrorisé, il s’enfuit. En rentrant au pensionnat, il s’aperçoit qu’il a gardé la montre. Tenaillé par les remords, il retourne quelques jours plus tard dans la grande maison. Il y fait alors la connaissance de Marina, fille du propriétaire. Elle a son âge, de l’audace et une intelligence très vive. Elle entraîne son nouveau compagnon dans l’élucidation d’un secret qui la tourmente : au cœur du plus vieux cimetière de Barcelone, une vieille femme voilée visite une tombe anonyme sur laquelle figure le dessin d’un papillon noir. Qui est-elle, et qui dort sous la pierre tombale ? En menant leur enquête, les deux adolescents franchissent les limites d’une propriété privée délaissée. Dans la serre qui la jouxte, des pantins en partie amputés de leurs membres pendent dans les airs. Soudain, ils descendent lentement et semblent s’animer. Une odeur pestilentielle envahit la serre… Sur le fronton, un papillon noir identique à celui de la tombe paraît contempler l’épouvantable scène. Parcourant les plus effrayants endroits de Barcelone, s’égarant dans les entrailles de souterrains où vivent des créatures de cauchemar, s’enfonçant dans les coulisses d’un inquiétant théâtre désaffecté, Oscar et Marina réveillent les protagonistes d’une tragédie vieille de plusieurs décennies. La vengeance est en route, mue par une armée de fantômes, guidée par un savant de génie et une amoureuse désespérée. Entraînés dans la folie homicide de ces ombres tout droit sorties du passé, Oscar et Marina frôlent la mort. Pourtant, celle-ci les attaquera où ils ne l’attendaient pas…

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Mon avis…

Je suis une grande lectrice de Carlos Ruiz Zafón, et une admiratrice de son travail exceptionnel. Rentrer dans chacun de ses romans est un plaisir immense. Ses œuvres mélangent habilement fantastique, mystère et poésie, et Marina ne fait pas exception à cette règle. Il s’agit d’un classique parmi les nombreux romans de cet auteur. L’atmosphère sombre et enivrante de la Barcelone des années 70 est terriblement prenante. Comment vous expliquer ? Marina est typiquement le roman que l’on ne peut pas lâcher après l’avoir commencé. Tout y est possible, comme dans beaucoup de livres de Carlos Ruiz Zafón. L’angoisse est toujours présente en arrière-plan, les frissons sont constants, et à cette ambiance particulière s’ajoute le talent fou de l’auteur pour créer des personnages extrêmement attachants. J’avoue que la Barcelone que nous décrit Carlos Ruiz Zafón m’intrigue terriblement, j’ai l’impression au fil des romans qu’il en construit la légende. Marina est un des piliers de cette légende de la Barcelone moderne. Malgré la jeunesse des personnages, je ne dirais pas qu’il s’agit d’un roman pour enfants… Il s’agit plutôt de confronter le lecteur à des fantasmes adolescents, à ce goût pour l’aventure qui nous anime tous, tout en proposant une histoire à la fois horrifique et enchanteresse.

Marina est un conte. Il s’agit d’une histoire où le merveilleux et le fantastique côtoient la réalité. C’est un roman où les sentiments sont puissants, vifs, foudroyants. L’envie d’aller plus loin est omniprésente. Le désir de savoir, de comprendre, d’explorer au plus profond les mystères du passé, est le moteur de ce livre. Je crois qu’il s’agit probablement d’un des romans les plus passionnants qu’il m’a été donné de lire. J’aime toujours autant le mélange des genres qui caractérise l’écriture de Carlos Ruiz Zafón. Il réveille les rêves d’enfant que chaque lecteur a en lui, il ranime sa soif de danger, d’aventure. Le suspense est total, l’histoire est d’une richesse enivrante… Marina devient elle-même un personnage de légende, une sorte de fée tout aussi sombre que lumineuse. Oscar, lui, incarne cet esprit libre et intrigué du lecteur qui a soif de mystères à résoudre. Je suis particulièrement admiratrice des descriptions de Carlos Ruiz Zafón, qui crée des paysages d’un esthétisme fou, avec des scènes inquiétantes au réalisme perturbant. On voit sous nos yeux se développer des images dignes des plus grands cinéastes, avec une originalité à la Guillermo del Toro.

Chers lecteurs et chères lectrices, si vous n’avez encore jamais lu de romans de Carlos Ruiz Zafón, sachez qu’il n’est pas trop tard. Mais préparez-vous à devenir accro… C’est un auteur incontournable, à lire absolument, qui tient au bout de sa plume un talent fou, une capacité à susciter dans notre esprit les plus belles et les plus terribles images à la fois. Préparez-vous à connaître des sensations de lecture sans précédents…

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#234 Le périple de Baldassare – Amin Maalouf

Le résumé…

« Ce que la présence de cette femme a apaisé en moi, ce n’est pas la soif charnelle d’un voyageur, c’est ma détresse originelle. Je suis né étranger, j’ai vécu étranger et je mourrai plus étranger encore. je suis trop orgueilleux pour parler d’hostilité, d’humiliations, de rancœur, de souffrances, mais je sais reconnaître les regards et les gestes. Il y a des bras de femmes qui sont des lieux d’exil, et d’autres qui sont la terre natale. »

Parti sur les routes en 1665, le narrateur de cette histoire, Baldassare Embriaco, Génois d’Orient et négociant en curiosités, est à la poursuite d’un livre qui est censé apporter le Salut à un monde désemparé. Sans doute est-il aussi à la recherche de ce qui pourrait encore donner un sens à sa propre existence. Au cours de son périple, en Méditerranée et au-delà, Baldassare traverse des pays en perdition, des villes en feu, des communautés en attente. Il rencontre la peur, la tromperie et la désillusion ; mais également l’amour, à l’heure où il ne l’attendait plus.

Mon avis…

Ma mère m’a offert ce roman à l’occasion de mon anniversaire, connaissant mon intéressant grandissant pour les romans portant sur d’autres lieux et d’autres temps. Ce petit pavé, à la lecture du résumé, m’a tout de suite intriguée. Un livre qui parle d’un livre, que rêver de mieux ? En tant que passionnée de littérature, de livres anciens comme récents, je n’avais qu’une hâte : commencer. Et finalement, en deux jours à peine, je l’avais lu ! Il s’agit d’un récit passionnant, mêlant Histoire et ésotérisme, avec une pointe de romantisme, et ce qu’il faut de suspense. Amin Maalouf a fait de très longues recherches pour arriver à rédiger cette œuvre, qui regorge de précisions sur l’époque et les lieux traversés. Il s’agit d’un véritable livre d’aventures, avec des personnages attachants, une histoire dont on veut à tout prix connaître la suite et la fin… Qu’en est-il de ce mystérieux livre et de son pouvoir ? Que va-t-il arriver durant l’année 1666, réputée maudite, annonciatrice de la fin du monde ?

Œuvre de fiction traversée de faits réels, de traditions profondes, portée par des personnages tantôt attendrissants, tantôt fanatiques, bons ou mauvais, souvent traversés tant par le mal que par la bonté, ce livre est un réservoir de toutes les bonnes surprises que peut réserver la littérature. L’auteur crée des personnages complexes, dont il déroule les caractères au fil des presque 500 pages que compte le récit, les met face à de terribles épreuves, face à leurs peurs et leurs désirs parfois coupables. Joël Dicker a écrit : « Un bon livre est un livre que l’on regrette d’avoir terminé ». Celui-ci en est un. D’une complexité plaisante, ce roman est un véritable trésor. Tant d’histoires, de parcours, de personnages, que l’on aimerait ne jamais quitter. Amin Maalouf a réussi son pari, livrer un voyage initiatique puissant, questionnant toutes les facettes du fanatisme, de l’ésotérisme, du mystère, de la peur et de la superstition. Mais cette complexité ne rend pas la lecture si abrupte que l’on pourrait le craindre. Les 500 pages se dévorent, se dégustent, enrichies de dialogues et de péripéties dynamiques. Les rebondissements ne manquent pas pour passionner le lecteur.

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Joël Alessandra, Le périple de Baldassare, en bande dessinée.