#310 Avec des Si et des Peut-être – Carène Ponte

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Le résumé…

Aimeriez-vous savoir quelle serait votre vie si vous aviez fait d’autres choix ?

Prof de français au lycée de Savannah (-sur-Seine), Maxine vit en colocation avec Claudia (et ses crèmes au jus d’herbe fermenté), elle aime Flaubert (ses élèves, Stromae), courir avec ses deux meilleures amies (trois cents mètres) et aller chez le dentiste (sa sœur).

Maxine croit aux signes et aux messages de l’Univers. Pourtant elle ne peut s’empêcher de se demander : « Et si j’étais allée ici plutôt que là, si j’avais fait ceci au lieu de cela, ma vie serait-elle chamboulée ? »

En bonne prof de français, Maxine aime le conditionnel…

Mais à trop réfléchir avec des si et des peut-être, ne risque-t-on pas d’oublier de vivre au présent ?

Et si la vie décidait de lui réserver un drôle de tour ?

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Carène Ponte

Mon avis…

J’avais envie d’une lecture détente, sans prise de tête, qui me change les idées tout simplement. Alors je me suis dit que c’était l’occasion de découvrir Carène Ponte, dont je croisais les livres depuis un moment en librairie, sur les réseaux sociaux et sur la blogosphère… Le scénario est très simple puisqu’il s’agit pour le personnage d’imaginer ce qu’aurait été sa vie si elle avait eu un autre métier. J’explique ça grosso modo sans donner trop de précision sur le pourquoi du comment, histoire de ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture ! Ainsi, cette histoire n’est pas sans évoquer celle de certains téléfilms de l’après-midi… Simple et efficace, puisqu’on sait tous que, quand on est pris dedans, il est souvent difficile d’appuyer sur le bouton « off ». Avec des Si et des Peut-être fonctionne de la même façon. L’autrice nous accroche avec des personnages sympathiques, qui nous ressemblent un peu, et elle nous entraîne dans une aventure un peu folle. Dans l’ensemble, c’est divertissant, ça se lit bien, on accroche. Malheureusement, je regrette la présence – hautement prévisible d’ailleurs – de certains clichés : le besoin d’avoir un homme dans sa vie pour être heureuse et accomplie, tant qu’à faire avec des enfants, etc. On retrouve les valeurs assez standards mises en avant dans ce genre de romans, dans la chick-lit en général, à savoir l’amour, l’amitié, parfois le travail. Mais, puisqu’on s’y attend, cela ne rend pas la lecture particulièrement désagréable. C’est plutôt un bon bouquin à emmener dans sa valise en vacances, quand on veut décompresser de toutes les galères qu’on a enchaînées depuis des mois ! Avec des Si et des Peut-être est un livre qui s’apparente un peu à un cocktail anti-déprime, donc à recommander ! Par contre, je tiens à dire à l’autrice que, malgré ses efforts pour ne pas dire n’importe quoi sur The Walking Dead, on n’y est pas encore : les zombies ne se mangent pas entre eux… En tout cas, Carène Ponte m’a fait sourire, m’a permis de changer d’air tout en restant chez moi, et pour ça : merci.

Avec des « si » et des « peut-être », on pourrait mettre un cachalot dans une boîte d’allumettes !

Un long dimanche de fiançailles

En quelques mots…

un scénario sans grande surprise
divertissant et agréable
quelques clichés
une bonne lecture d’été
pas de prise de tête

Carte d’identité du livre

Titre : Avec des Si et des Peut-être 
Autrice : Carène Ponte
Éditeur : Michel Lafon
Date de parution : 24 mai 2018

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#303 Un mariage anglais – Claire Fuller

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Le résumé…

Ingrid a 20 ans et des projets plein la tête quand elle rencontre Gil Coleman, professeur de littérature à l’université. Faisant fi de son âge et de sa réputation de don Juan, elle l’épouse et s’installe dans sa maison en bord de mer.
Quinze ans et deux enfants plus tard, Ingrid doit faire face aux absences répétées de Gil, devenu écrivain à succès. Un soir, elle décide d’écrire ce qu’elle n’arrive plus à lui dire, puis cache sa lettre dans un livre. Ainsi commence une correspondance à sens unique où elle dévoile la vérité sur leur mariage, jusqu’à cette dernière lettre rédigée quelques heures à peine avant qu’elle ne disparaisse sans laisser de trace.

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Mon avis…

Les mariages anglais sont de saison, en littérature aussi. Pourtant, rien à voir entre l’union d’Harry et Meghan et celle qui est relatée dans ce livre. Claire Fuller nous raconte ici la longue histoire d’un drame. Nan et Flora, les deux filles de Gil et Ingrid, sont bouleversées après l’accident de leur père. Il dit avoir vu leur mère, depuis la fenêtre de la librairie du village, sauf que celle-ci a été portée disparue depuis des années. On dit qu’elle s’est noyée en mer, elle qui était pourtant excellente nageuse. Flora refuse d’y croire. Le livre est partagé en deux trames romanesques. D’une part, il y a l’histoire de ces deux filles, qui doivent prendre soin de leur père atteint par des lubies de plus en plus étrange, bouleversé par sa rencontre avec le fantôme de son épouse. D’autre part, il y a celle d’Ingrid, la mère, qui raconte, dans des lettres qu’elle destine à Gil et cache dans les livres qu’il entasse dans leur maison, son coup de foudre puis son mariage avec lui, son professeur de littérature.

Claire Fuller nous raconte ici une histoire d’amour à la fois exceptionnelle et banale, comme toutes les romances, finalement. Elle en dessine les balbutiements, le paroxysme, la perfection, la passion, puis le déclin, les déceptions… Elle fait le portrait d’une femme déterminée, qui avait décidé de ne pas se laisser enfermer dans une vie dont elle ne voulait pas. Elle voulait faire des études, voyager, ne pas se marier ou avoir d’enfants (du moins, pas trop vite), avoir la liberté des hommes, être libérée du destin que l’on réservait à la plupart des femmes. Et pourtant, son histoire d’amour, sensuelle et romantique, avec son professeur de littérature, va la mener dans un mariage comme on en fait des centaines, un mariage anglais, tout ce qu’il y a de plus banal. Pourtant, malgré la « normalité » de ce qui est raconté, Claire Fuller nous fait ressentir la singularité des personnages, leur profondeur. Le récit est traversé de long en large par les multiples références littéraires. Le suspense n’est pas absent, malgré quelques longueurs. Le rythme du livre représente exactement la vie de ses personnages, une vie comme on pourrait en vivre, nous aussi.

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En quelques mots…

de la naissance au déclin de l’amour
traversé par la littérature
passionnant et bien écrit
l’histoire d’une femme
quelques petites longueurs
réalisme psychologique

Carte d’identité du livre

Titre : Un mariage anglais
Autrice : Claire Fuller
Traductrice : Mathilde Bach
Éditeur : Stock
Date de parution : 02 mai 2018

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#270 Le courage qu’il faut aux rivières – Emmanuelle Favier

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Le résumé…

Elles ont fait le serment de renoncer à leur condition de femme. En contrepartie, elles ont acquis les droits que la tradition réserve depuis toujours aux hommes : travailler, posséder, décider. Manushe est l’une de ces « vierges jurées » : dans le village des Balkans où elle vit, elle est respectée par toute la communauté. Mais l’arrivée d’Adrian, un être au passé énigmatique et au regard fascinant, va brutalement la rappeler à sa féminité et au péril du désir.
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Mon avis…

Ce roman de la rentrée littéraire est un livre étonnant. Passé malheureusement assez inaperçu dans la masse des sorties de fin d’année, Le courage qu’il faut aux rivières est une histoire passionnante, narrant le destin de femmes qui rompent avec ce qu’elles sont pour prendre en main leur destin. Emmanuelle Favier nous fait découvrir une coutume très particulière et méconnue, celle des « vierges jurées », mais en excluant toute volonté documentaire, pour nous plonger dans une fiction prenante. Les personnages, attachants, doivent combattre pour se faire leur place dans la société, tout en restant en accord avec leur être intérieur. Un vrai combat. Il s’agit d’un livre très poétique mais réaliste, nous emmenant dans des paysages froids et rudes. Manushe et Adrian, à la fois forts et fragiles, sont des êtres de papier qui prennent vie sous nos yeux et dans nos esprits. Ils se transforment page après page, évoluent, cherchent leur voie et nous surprennent sans cesse. De l’amour, de l’amitié, beaucoup d’émotions… Un livre à découvrir absolument, pour sa beauté et son inventivité. Le courage qu’il faut aux rivières est une histoire qu’on ne peut pas vraiment raconter, sous peine de gâcher le plaisir de la lecture. La surprise est, en effet, au rendez-vous.

rentrée littéraire

 

#268 Gioconda – Nìkos Kokàntzis

Le résumé… 

La libraire Marie-Jo Sotto-Battesti (librairie Goulard, Aix-en-Provence), en quatrième de couverture de ce livre, le résume ainsi : « Gioconda est un de ces “petits” livres que l’on n’oublie pas de sitôt. Dans la Grèce de la Seconde Guerre mondiale, deux adolescents vont découvrir la magie du désir et de l’amour. La tourmente de la guerre emportera cet amour mais ce livre nous le restitue avec une force, une vérité extraordinaires et nous gardons longtemps au cœur sa lumière. »

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Mon avis…

Ce livre, bien que court, petit par son format, est un très grand livre, et surtout un témoignage émouvant. Avant d’en tourner la première page, on ne s’attend pas un tel choc. J’ai été très touchée par cette lecture, d’une sensibilité folle. L’auteur y raconte une période de sa vie, celle qu’il a partagée avec Gioconda, une jeune femme pleine de vie, aimée et amoureuse. Il narre leurs premiers sentiments, leurs premiers ébats, leurs joies et leurs peurs. Dans ce livre, les mots révèlent une sensualité acharnée. La tendresse, la soif de vivre, la chaleur du soleil et des corps, les battements des cœurs, tout transparaît. Ce témoignage n’est pas tant un récit sur la guerre qu’un véritable hymne à la vie et à l’amour. C’est un texte magnifique que l’auteur nous offre, en rendant hommage à la première femme qu’il a aimée avec une intensité vibrante. Gioconda est probablement un des livres les plus beaux que j’ai eu l’occasion de lire. Il nous happe, nous éprouve et nous émeut. Nìkos Kokàntzis voulait offrir un monument de mots à une jeune fille qu’il n’a jamais pu oublier, partie trop tôt à cause de la folie des hommes, et c’est magnifiquement réussi. Un livre plein de pudeur, entre rêve et réalité, à la fois nécessaire, lumineux, marquant, bouleversant, apaisant et vivant.

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Coup de cœur 

 

#243 Pourquoi pars-tu, Alice ? – Nathalie Roy

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Le résumé…

Alice Dansereau, quarante-trois ans, en fait trop pour tout le monde : épouse attentionnée, mère exemplaire, bénévole impliquée, enseignante dévouée, gestionnaire de la maisonnée, coursière, chauffeuse de taxi, etc. Lorsque son conjoint annule à la dernière minute leur voyage d’amoureux, elle prend une décision qu’elle n’aurait jamais cru pouvoir assumer : tout laisser derrière pour s’offrir un moment à elle. Avec pour seul bagage sa carte de crédit, ses lunettes de soleil et son cellulaire, elle s’enfuit sur le scooter de sa fille.

Combien de temps sera-t-elle absente? Jusqu’où ira-t-elle? Elle l’ignore pour l’instant, mais en traversant le pont Pierre-Laporte en direction de la route 132 Est, elle sait qu’elle devra faire le point sur sa vie et sur son avenir. Des centaines de kilomètres plus loin, et au fil de rencontres inattendues, Alice réalise qu’elle s’est longtemps oubliée. Elle se découvre passionnée, un peu rebelle, et aura envie d’exploser. Cet été sur la route changera sa vie à jamais.

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Mon avis…

Nathalie Roy, que j’ai connue grâce à ses aventures de Charlotte Lavigne (chronique du tome 1 ici), nous propose ici un roman feel good, dans la lignée de ce à quoi elle nous a habitués. Alice, quadragénaire et mère de famille, décide subitement de partir en road trip, laissant derrière elle sa vie bien rangée. Ce qui est d’abord un coup de tête devient l’occasion de s’interroger sur sa relation avec son compagnon, sur le rapport qu’elle entretient avec ses enfants, mais surtout sur elle-même. Après avoir vécu pour les autres avant tout, elle prend la décision de vivre pour elle. Et ce n’est pas si simple… Sur sa route, de nombreuses rencontres lui permettront de prendre progressivement un nouveau départ. Nathalie Roy dresse le portrait d’une femme de caractère qui, comme beaucoup, s’est perdue elle-même dans sa vie de famille, s’est oubliée. Elle lui propose dans cette aventure de renouer avec ses désirs propres, ses envies, son identité, sa vie de femme…

Portée par le charme du Canada, cette histoire drôle et prenante nous entraîne sur les routes, nous amène à nous questionner avec légèreté sur les choix que l’on fait, ou qu’au contraire l’on ne fait pas. C’est un voyage rafraichissant, dépaysant, plein de couleurs et au bon goût de liberté. Au fond, Nathalie Roy nous offre l’occasion de réfléchir sur le bonheur : qu’est-ce que c’est, finalement ? quand est-on satisfait de la vie que l’on a eu ? est-ce si mauvais de faire des folies ? ce qui apparaît comme une mauvaise décision l’est-elle vraiment ? se connait-on soi-même, en vérité ? Mais, dans ce roman, pas de prise de tête pour autant. C’est de la chick-lit comme on les aime, un livre simple et efficace, que l’on bouquine en vacances, avec un bon verre de vin ou un cocktail à la main, en terrasse ou sur la plage… C’est un rendez-vous entre femmes, entre une auteure et ses lectrices, entre des esprits… Et, au final, on se demande si le bonheur, ce n’est pas tout simplement un bon livre ?

Et aussi…

Retrouvez les images et le récit de ma rencontre avec Nathalie Roy, son interview en 5 questions, ainsi que la chronique de son roman Ça peut pas être pire !

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Nathalie Roy en visite à Amiens, photo de Juliette S. pour jelisetjeraconte.wordpress.com

#238 The Choice – Valerie Mendes

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Le résumé…

« Find Moira for me. Tell her I’m sorry ». These are Walter Drummond’s dying words to his daughter, Eleanor, on his deathbed in Woodstock in January 1936. Eleanor has never heard the name Moira before, and she dare not even say it to her mother. Yet she becomes haunted by the mysterious woman who consumed her darling Daddy’s thoughts in his final hours. Who on earth was Moira? How strong a hold did she have over Walter Drummond? And why? So begins Eleanor’s quest to uncover the truth about her father and his past. What starts as a promise becomes an obsession, and in Eleanor s determination to find Moira, she discovers things about her father she would much rather never have known. It is a journey that takes her to Cornwall, to a tiny artist’s cottage by the sea, to a passionate first love affair and the discovery of a devastating secret. « The Choice », set in 1936 when Edward VIII abandoned throne and empire to marry Wallis Simpson, is a gripping family saga from the author of the best-selling « Larkswood ». Once you have opened it, you will not be able to put it down.

Mon avis…

Attention chers lecteurs et chères lectrices, ce roman n’est pas (encore) traduit en français, mais j’espère qu’il le sera un jour. Ma sœur me l’a offert à l’occasion d’un séjour chez elle près d’Oxford. Ce roman se déroule en effet dans cette région de l’Oxfordshire, dans laquelle vit également l’auteure. Je tiens à dire que le résumé, bien qu’intrigant, n’arrive pas à la hauteur du livre. Honnêtement, il s’agit d’un des meilleurs romans que j’ai lu dernièrement. Cela faisait un moment que je n’avais pas lu un livre qui m’avait rendue complètement accro. Vous savez, ce livre qui donne le sentiment qu’il est vital pour nous de le finir, qu’on ne trouvera pas le sommeil avant de l’avoir lu… Et bien, celui-ci en est un. L’histoire est extrêmement surprenante, jusqu’à la dernière page. L’auteure nous accroche, nous fait pénétrer dans une histoire de famille mystérieuse, peuplée de secrets. Les personnages, attachants, se révèlent tous progressivement, tant au lecteur qu’à eux-mêmes. Cette lecture est un véritable voyage dans la psychologie humaine.

J’ai aussi aimé ce roman pour sa dimension féministe. En effet, en plus d’une histoire tout simplement passionnante et addictive, l’auteure nous montre la force des femmes, leur complexité, nous dessine leur place dans la société anglaise au XXe siècle. Aujourd’hui, il nous paraît de plus en plus difficile d’imaginer un monde où une femme ne se définirait que par son rapport à l’homme, par son statut d’épouse… Pourtant, il ne faut pas remonter très loin dans le temps pour approcher cette facette de la société patriarcale dans laquelle nous évoluons toujours. Valerie Mendes nous offre un petit rappel de ce que nous avons gagné depuis quelques décennies, tout en dessinant la violence quotidienne d’un monde qui n’est pas si éloigné. J’ai aimé la profondeur surprenante de ce roman, son potentiel. Il s’agit à la fois du déroulement d’une enquête pour trouver la fameuse Moira et décrypter le passé d’une famille, d’histoires d’amour loin d’être banales, et d’une fresque sociale riche en réflexions. Je conseille vivement ce roman à tous ceux et toutes celles qui s’intéressent à ces aspects, qui veulent découvrir une auteure anglaise prometteuse, et peut-être réclamer, avec moi, sa traduction en France !

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#227 Illettré – Cécile Ladjali

Coup de coeur

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Le résumé…

Illettré raconte l’histoire de Léo, vingt ans, discret jeune homme de la cité Gagarine, porte de Saint-Ouen, qui chaque matin pointe à l’usine et s’installe devant sa presse ou son massicot. Dans le vacarme de l’atelier d’imprimerie, toute la journée défilent des lettres que Léo identifie vaguement à leur forme. Elevé par une grand-mère analphabète, qui a inconsciemment maintenu au-dessus de lui la chape de plomb de l’ignorance, il a quitté le collège à treize ans, régressé et vite oublié les rudiments appris à l’école. Puis les choses écrites lui sont devenues peu à peu de menaçantes énigmes. Désormais, sa vie d’adulte est entravée par cette tare invisible qui grippe tant ses sentiments que ses actes et l’oblige à tromper les apparences, notamment face à sa jolie voisine, Sibylle, l’infirmière venue le soigner après un accident. Réapprendre à lire ? Renouer avec les mots ? En lui et autour de lui la bonne volonté est sensible, mais la tâche est ardue et l’incapacité de Léo renvoie vite chacun à la réalité de ses manques : le ciel semble se refermer lentement devant celui que les signes fuient et que l’humanité des autres ignore.

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Mon avis…

Voici mon gros coup de cœur du moment, enfin un d’entre eux en tout cas… J’ai entendu parler de ce livre pour la première fois il y a un moment dans La Grande Librairie. Cécile Ladjali m’avait totalement séduite en parlant de son livre, on sentait une profonde envie et une belle honnêteté, un projet magnifique. J’ai mis un peu de temps à pouvoir lire ce roman et, malgré ma très bonne impression lors de la diffusion de l’émission, je ne m’attendais pas à aimer autant ! Comment dire ? J’ai été surprise… L’écriture est magistrale, les mots choisis apportent une dimension poétique vraiment fabuleuse, tandis que la perception du monde qu’a Léo est d’une beauté indicible. Ce livre est le fruit d’un pari immense : faire comprendre à des lecteurs, et donc des personnes « lettrées », ce que c’est d’être illettré, et tout ça avec une narration riche en vocabulaire et en poésie. Un pari fou ? Oui, sûrement, mais un pari réussi ! Rarement un livre ne m’a arraché autant de larmes et de sourires à la fois…

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Léo est probablement un des personnages dont j’ai lu l’histoire qui me marquera le plus dans ma vie, j’en suis presque sûre. Illettré est un roman bouleversant, qui fait voir le monde de façon totalement différente… Les personnages, peu nombreux, sont vraiment très très attachants, et l’auteure sait nous mener là où elle veut, là où une telle histoire mène forcément… Cette lecture est un véritable électrochoc dont on sort changé, elle ne peut pas laisser indifférent. J’avoue que c’est très difficile de parler de ce livre, Cécile Ladjali a tellement bien choisi ses mots, les a parfaitement dosés, alors je ne pourrais pas vous dire les choses aussi bien qu’elle. Vraiment, si vous cherchez un livre à lire à tout prix, c’est celui-là. Il a tout pour lui : une écriture fabuleuse, une poésie merveilleuse, des personnages envoûtants, une histoire émouvante… Il n’y a pas vraiment de morale dans ce roman, c’est à vous de la découvrir, à vous d’en tirer quelque chose, à vous de transformer cette splendide expérience de lecture en autre chose… N’hésitez pas, vous avez la chance de pouvoir lire et comprendre ce livre, ce chef d’œuvre.

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Ma note…

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#225 Beaucoup de bruit pour rien – William Shakespeare

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Le résumé…

Entre une cérémonie de noces brutalement interrompue et un mariage unissant deux êtres connus pour se haïr, Beaucoup de bruit pour rien nous rappelle que l’amour ne suit jamais un cours régulier. Étincelante et jubilatoire, cette comédie romantique n’en repose pas moins sur un constat amer : tout n’est que vanité et aimer, c’est d’abord s’éprendre de soi-même, pour le meilleur et pour le pire.

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Mon avis…

J’ai totalement découvert cette pièce de Shakespeare cet été, je ne la connaissais pas et, à la lecture de la préface, j’ai vite compris qu’elle était considérée par beaucoup de critiques comme une sorte de désastre… le raté de Shakespeare dirons-nous, et tous les grands auteurs en ont un… A priori, donc, je partais dans ma lecture avec quelques doutes, mais je me suis très vite sentie happée par l’histoire, bien qu’elle soit peu réaliste, il est vrai… Dans l’ensemble, j’ai aimé les touches d’humour disséminées par l’auteur, et j’ai beaucoup aimé la mise en abyme théâtrale. En effet, les personnages eux-mêmes jouent des rôles, mettent en scène des situations pour piéger les autres, etc. Et même si cela est assez répétitif, l’effet escompté est concluant et j’ai beaucoup souri. Je pense que cette pièce a l’avantage d’être assez proche des sentiments communs, ce qui pouvait semblait un peu trivial pour les critiques, mais qui me semble plutôt séduisant. Les différentes morales qu’on peut tirer de l’histoire sont d’ailleurs plutôt remarquables et très sensées.

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Il est vrai que l’on ne se trouve pas face à un chef-d’œuvre, mais il faut aussi relativiser et se dire que, parfois, une lecture agréable est déjà une très bonne chose ! Et c’est ce que j’ai trouvé dans Beaucoup de bruit pour rien. Si certains personnages sont plus attachants que d’autres, j’ai cependant remarqué que certains étaient assez schématiques, ce qui est dommage mais qui est en même temps compréhensible à la vue de la forme du texte. Au théâtre, on a peu de temps pour explorer l’intériorité des personnages, d’autant que nous n’avons que leurs paroles et non leurs pensées, ce qui peut expliquer ce choix. Je n’ai pas toujours retrouvé la virtuosité de Shakespeare, comme dans Hamlet ou Macbeth, mais j’ai passé un bon moment, et cela m’a changé des tragédies. Pour une fois, j’ai pu lire une comédie romantique du grand dramaturge anglais, et je ne le regrette pas car j’ai désormais l’impression d’avoir une vue plus panoramique de son œuvre. Je vous conseille donc Beaucoup de bruit pour rien si vous voulez voir l’autre côté de l’œuvre shakespearienne, le côté un peu oublié, mis de côté…

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Ma note…

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#222 Le blé en herbe – Colette

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Le résumé…

« Toute leur enfance les a unis, l’adolescence les sépare. » Phil, 16 ans, et Vinca, 15 ans, amis de toujours, passent tous leurs étés en Bretagne. Tout naturellement, l’amour s’installe entre ces deux complices inséparables, un amour qui grandit plus vite qu’eux. Et cet été-là, Vinca et Phil découvrent leurs différences et leurs incompréhensions. L’insouciance et la confiance font alors place à la souffrance et à la trahison. Ces amours adolescentes révèlent à Vinca et à Phil ce qu’ils sont désormais et ne seront jamais plus. Et ces vacances s’achèvent sur un adieu à l’enfance, amer et nostalgique.

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Mon avis…

La liste de lectures pour ma nouvelle année de licence a été publiée à la fin du mois de juillet, et sur ce document se trouvait notamment Le blé en herbe de Colette que j’avais, comme par hasard, emmené dans ma valise en Ecosse. Je comptais le lire depuis un moment après l’avoir trouvé dans le grenier chez mes parents… Une édition plutôt ancienne, en somme ! Je n’avais jamais lu d’œuvre de Colette jusqu’ici, mais j’en avais entendu parler lors d’une conférence à Amiens, avec des intervenants de plusieurs pays. La personne ayant abordé l’œuvre de Colette le faisait dans le cadre d’une présentation sur les romans de jeunesse. Le blé en herbe, c’est exactement ça, une œuvre qui raconte l’enfance d’une jeune fille et d’un jeune homme, grandissant tous deux au fil des étés, avec l’évidence qu’ils sont faits pour être ensemble. Pourtant, l’adolescence est le temps des doutes, de la construction de soi-même, des découvertes, des premières fois… Phil n’est plus l’enfant qu’il était, il devient un homme, et veut explorer le monde qui s’ouvre à lui, sans attendre Vinca qui, elle, s’accroche à la Bretagne, au monde de son enfance, à son insouciance…

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Le blé en herbe va nous montrer la destruction de cette insouciance. L’adolescence prend le pas sur l’enfance, remplaçant l’innocence par le désir, la culpabilité, et tellement d’autres sentiments nouveaux. L’amour qui alors leur semblait évident semble tout à coup basculer et se transformer… Car il y a une autre femme, une vraie femme. Pour Phil, elle est si différente de Vinca, celle qui restera toujours l’enfant qu’il a connu. Alors je me suis retrouvée plongée, comme tellement de lecteurs avant moi, dans une seconde adolescence. J’ai redécouvert ces sentiments que j’ai moi aussi ressenti, avec beaucoup de plaisir et d’émotions. Si le roman est plutôt court, cependant, il est pourtant assez ennuyant, parfois. Il y a certaines longueurs, et parfois on peut se sentir un peu agacée de l’obstination de Vinca à rester dans l’enfance, tout comme celle de Phil à rentrer dans l’âge adulte. Dans l’ensemble, malgré cela, j’ai passé une bonne lecture, qui m’a assez marquée, avec une écriture toute en simplicité, ce qui est très appréciable. On retrouve dans Le blé en herbe le talent indéniable de Colette pour exprimer simplement les sentiments les plus complexes… Je vous le conseille vraiment car c’est un roman qui peut se lire à n’importe quel âge, se savourer, nous rappeler de belles choses, nous émouvoir… Allez, lancez-vous dans ce classique qui, contrairement à d’autres, ne vous prendra pas la tête !

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Ma note…

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#209 Ça peut pas être pire – Nathalie Roy

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Le résumé…

Que faire quand on perd son emploi et que, le même jour, en pleine canicule, notre frigo et notre ventilateur nous lâchent ? On quitte notre 3 1/2, on se loue un chalet près du lac Memphrémagog et on vit un été pas comme les autres !

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Mon avis…

Les vacances en Ecosse, on a beau dire, ce n’est pas l’idéal pour avoir du beau temps… Alors j’avais besoin d’un peu de soleil dans mon quotidien ! Je me suis donc tournée vers mon grand amour de la chick-lit… Nathalie Roy évidemment. Vous vous souvenez peut-être qu’elle avait évoqué, lors de notre rencontre à Amiens, un roman unique, ce qui changerait des séries à plusieurs tomes auxquelles elle était habituée. Et bien, en voici un, justement. Le personnage principal est une jeune femme un peu ronde, mais elle est bien loin de rester discrètement dans son coin, honteuse, timide… Non, c’est une femme qui s’affirme, qui en fait même parfois un peu trop. Elle a sa propre boutique, un petit appartement à Montréal, des amies… Mais il lui manque quelque chose. Vous l’avez toutes deviné, il s’agit du grand amour. Pourtant, ce n’est pas pour le chercher qu’elle décide de partir en vacances au bord du lac de son enfance. Elle a besoin d’un break : elle a perdu son job, son appartement est devenu un enfer… Elle espère donc y prendre un bon bol d’air pour repartir d’un bon pied, mais tout ne se passera pas comme prévu !

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Comme toujours, avec Nathalie Roy, il y a de l’humour, beaucoup d’humour. J’ai retrouvé tout le charme du premier tome des aventures de Charlotte Lavigne, que j’avais adoré ! Il y a d’ailleurs quelques références à ses précédents romans, des petits clins d’œil pour les fans de cette auteure. Ce livre, je l’ai trouvé très généreux. J’ai éprouvé beaucoup de plaisir à sa lecture, car je me suis très très vite attachée à Valéry, un personnage tout en subtilité (alors qu’il y avait la possibilité de tomber dans le cliché, comme souvent avec des personnages « gros »). Je me suis même identifiée à elle sur certains points, elle est devenue au fil de la lecture comme une bonne copine. Souvent, je regrette que la chick-lit nous présente des personnages un peu irréalistes… Je ne l’ai pas du tout ressenti dans ce roman. On pourrait tout à fait croiser une Valéry dans la rue, ou même en connaître une dans notre entourage, sans problème. J’ai donc été emportée par la plume vive et généreuse de Nathalie Roy, qui m’a emmenée avec elle dans une aventure à laquelle je ne m’attendais pas. Tout en gardant des petits éléments qui ont fait le charme de Charlotte Lavigne et Juliette Gagnon, l’auteure nous propose de suivre un personnage nouveau, de lui faire vivre un été hors du commun, tout en nous chuchotant : « regardez, elle fait les mêmes gaffes que nous toutes », « elle est comme nous, après tout »… C’est vraiment ça que j’ai aimé : le naturel et l’authenticité de Valéry et de son histoire.

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Ça peut pas être pire, c’est un peu l’histoire de toutes les filles un peu paumées… On se dit qu’on va aller prendre l’air quelque part, se ressourcer, que ça va nous donner des idées. En général, on a un peu trop espéré, mais finalement le voyage apporte toujours de bonnes choses. Ce roman m’a fait penser au film The Holiday, qui raconte également l’histoire de deux femmes qui décident de quitter leur vie pendant deux semaines, pour prendre un nouveau départ. La révélation de Valéry sera française. Je ne vous en dis pas plus… J’ai beaucoup apprécié, en tant que lectrice française, de percevoir l’hommage que nous rend Nathalie Roy dans ce roman. Ecrit après les attentats du 13 novembre, le livre est marqué par le désir de raconter une belle histoire, de nous offrir une échappatoire, de montrer sans quitter le Québec que la France est toujours là dans le cœur de l’auteure. J’ai eu la sensation, par quelques petits détails disséminés dans le livre, que Nathalie cherchait à me dire qu’elle était là, présente pour nous même dans les pires moments… On se dit que « ça peut pas être pire », et finalement quelqu’un arrive à nous faire sourire, à nous faire rire, et la vie reprend. Je souhaite donc vraiment remercier cette femme fantastique qui offre aujourd’hui à ses lecteurs un roman des plus divertissants. J’étais en train de le lire au moment où j’ai appris l’attaque du 14 juillet à Nice et les mots de ce roman sont parvenus à m’emmener ailleurs, à me faire rêver. Alors, je conseille à toutes ce nouveau roman plein de gourmandise, de générosité, d’humour, de songe, de facéties…  Encore une fois, Nathalie me ravit.

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Ma note…

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