#336 Love, Simon – Becky Albertalli

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Le résumé…

Moi, c’est Simon. Simon Spier. Je vis dans une petite ville en banlieue d’Atlanta (traduisez : un trou paumé). J’ai deux soeurs, un chien, Bieber (oui, oui, comme Justin), et les trois meilleurs amis du monde. Je suis fan d’Harry Potter, j’ai une passion profonde pour les Oréos, je fais du théâtre. Et je suis raide dingue de Blue. Blue, c’est un garçon que j’ai rencontré sur le Tumblr du lycée. On se dit tout, sauf notre nom. Je le croise peut-être tous les jours dans le couloir, mais je ne sais pas qui c’est. En fait, ça me plaît bien : je ne suis pas du tout pressé d’annoncer à tout le monde que je suis gay. Personne n’est au courant, à part lui, Blue… et aussi cette fouine de Martin Addison, qui a lu mes e-mails et menace de tout révéler.

Mon avis…

Voici un livre qui fait tout particulièrement parler de lui depuis la sortie du film qui en a été adapté. Avant, on trouvait ce roman sous le titre Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens. Aujourd’hui, c’est Love, Simon. Je l’avoue, je ne connaissais pas ce livre avant ! C’est donc une totale découverte. Il s’agit de l’histoire d’un jeune homme, adolescent, qui s’appelle… surprise… Simon ! Il est gay, mais ne l’a dit à personne : ni à sa famille, ni à ses amis…  Le seul à être au courant, c’est Blue, le garçon avec qui il échange des mails. Celui-ci est dans son lycée, mais il ne connaît pas son identité précise… Suspense total donc. Nous suivons Simon dans son quotidien, avec ses camarades, et au moindre garçon qui passe, nous faisons comme lui, nous nous demandons si ce ne serait pas celui-ci ou celui-là, par hasard, « Blue »… Il s’agit d’un roman young adult, qui se lit bien et est porté par une écriture fluide et simple. On accroche vite à l’intrigue, on se prend au jeu, c’est plaisant. Quant aux valeurs véhiculées par le roman, rien à dire. On y parle de tolérance, de différence, de confiance en soi, d’amitié, d’acceptation… tout en étant drôle et léger. Idéal pour les jeunes, donc. Sans être LE coup de cœur, il s’agit d’un bon roman, qui fait bien son job et provoque l’effet escompté.

Carte d’identité du livre

Titre : Love, Simon
Autrice : Becky Albertalli
Traductrice : Mathilde Tamae-Bougon
Éditeur : Hachette
Date de parution : 30 mai 2018

4 étoiles

Merci à Hachette et à NetGalley France pour cette lecture.

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#333 Popcorn Love – KL Hughes

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Le résumé…

À New York, Elena Vega est une femme d’affaires à succès propriétaire d’un magazine de mode. Mère célibataire, elle élève seule son adorable fils de trois ans, Lucas.

Sa vie amoureuse, par contre, est désertique et ses proches aiment bien le lui faire remarquer. Face à l’insistance de sa meilleure amie, Elena accepte à reculons de participer à des rendez-vous arrangés. Sa seule condition : trouver une baby-sitter respectable pour Lucas.

Allison Sawyer est une étudiante libre d’esprit en dernière année à l’université de New York. Sa capacité à sortir Elena de sa zone de confort et sa connexion immédiate et naturelle avec le timide Lucas lui font obtenir le travail.

Après chaque rendez-vous organisé, Elena rentre à la maison et se confie à Allison sur ses désastreux prétendants. De fous-rires en confidences, les deux jeunes femmes apprennent petit à petit à se découvrir.

Et si la personne possédant toutes les qualités qu’Elena recherche était, en réalité, juste sous ses yeux ?

Mon avis…

Popcorn Love, c’est l’histoire de deux femmes que tout oppose. La première, Elena, est la séduisante maman d’un petit garçon adorable et une grande patronne de l’industrie de la mode. Tout semble lui réussir, sauf sa vie sentimentale. Sa meilleure amie, Vivian, dont j’ai apprécié la gouaille, décide donc de prendre les choses en main et de lui choisir des date, dans l’espoir qu’elle trouve enfin la bonne personne.  Pour cela, elle lui trouve une baby-sitter, comme ça aucune excuse, impossible de se désister !

Allison est étudiante, c’est elle qui va s’occuper de Lucas pendant les rendez-vous d’Elena. Elle aussi est charmante, mais elle n’a clairement ni la classe ni la prestance de sa nouvelle employeuse. Elle est cependant plus pétillante, plus vive, elle a beaucoup moins de filtre, également. Très vite, leur relation devient un peu ambiguë… Ne nous cachons rien, il s’agit bien d’une romance lesbienne.

Mais celle-ci échappe aux clichés des livres romantiques : pas de coup de foudre, pas de scènes de sexe torride dès le premier soir, pas non plus de pseudo-répulsion – on connait tous le classique « je déteste cette personne mais en fait c’est l’amour de ma vie », en mode Orgueil et Préjugés -, rien de tout ça ici ! Non, ce roman est en fait assez réaliste, et nous raconte la relation de façon simple et efficace.

Pas de rebondissements ou de suspense à outrance, c’est une histoire d’amour dont on apprécie lire la naissance. L’érotisme y est distillé avec subtilité, jusque ce qu’il faut. L’ensemble est touchant et le roman se lit très bien, malgré quelques petites longueurs parfois. Dans l’ensemble, c’est un livre qui va me laisser une bonne impression et que je conseille !

Carte d’identité du livre

Titre : Popcorn Love
Autrice : KL Hughes
Traductrice : Lou Morin
Éditeur : Reines de cœur
Date de parution : 06 décembre 2016

4 étoiles

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Merci aux éditions Reines de cœur pour cette lecture.

 

 

#329 Brexit Romance – Clémentine Beauvais

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Le résumé…

Juillet 2017 : un an que « Brexit means Brexit » ! Ce qui n’empêche pas la rêveuse Marguerite Fiorel, 17 ans, jeune soprano française, de venir à Londres par l’Eurostar, pour chanter dans Les Noces de Figaro ! À ses côtés, son cher professeur, Pierre Kamenev. Leur chemin croise celui d’un flamboyant lord anglais, Cosmo Carraway, et de l’électrique Justine Dodgson, créatrice d’une start-up secrète, BREXIT ROMANCE. Son but ? Organiser des mariages blancs entre Français et Anglais… pour leur faire obtenir le passeport européen. Mais pas facile d’arranger ce genre d’alliances sans se faire des noeuds au cerveau et au coeur !

Clémentine Beauvais

Clémentine Beauvais

Mon avis…

C’est le retour de Clémentine Beauvais ! Je vous avais déjà parlé de deux romans de cette autrice, à savoir Comme des images et Songe à la douceur. Je les avais d’ailleurs tous les deux appréciés. C’est pourquoi je suis bien contente d’avoir eu l’occasion de lire Brexit Romance. Comme le titre l’indique, ce roman se déroule en Angleterre et prend pour point de départ le référendum qui a dit « oui » à la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. C’est sur un ton très léger et souvent humoristique que Clémentine Beauvais aborde ce thème sérieux. C’est une histoire très atypique que l’autrice nous propose, celle d’une start-up qui a pour rôle d’organiser des mariages blancs entre britanniques et français, afin que ceux-ci obtiennent un passeport et soient en mesure de continuer à circuler d’un pays à l’autre. Cela donne lieu à de drôles de rencontres et de mises en scène, dans lesquelles Justine Dodgson joue un rôle central. Ces mariages sont supposés n’impliquer aucun sentiment, mais dans la réalité, Justine va vite se rendre compte que les choses sont bien différentes !

J’ai apprécié, dans Brexit Romance, les jeux sur le langage auxquels se prêtait déjà Clémentine Beauvais dans Songe à la douceur. Ici, un peu de franglais, beaucoup de malentendus, de quoi faire rire les anglophones mais aussi ceux qui ne maîtrisent pas encore la langue à la perfection. Cet aspect est vraiment appréciable. J’ai aussi trouvé sympathique de mêler les discours, avec un roman très frais dans lequel se glissent des propos politiques et un engagement très prononcé. Sans être moralisateur, le récit nous guide vers une réflexion passionnante. A noter également la dérision qui donne un peu de piment à certaines scènes. Au milieu de tous ces points positifs, on relève tout de même quelques nuances : parfois une ou deux longueurs, des personnages au comportement un poil caricatural, mais rien qui puisse bouleverser l’impression finale. En effet, même si je n’ai pas été sensible à tous les charmes de Brexit Romance, probablement car il est plutôt destiné à un public adolescent, j’ai malgré tout passé un excellent moment. C’est une lecture que je conseille vivement à ceux et celles qui ont envie de se détendre avant tout, de passer à l’heure anglaise le temps d’un roman, et de plonger dans un univers drôle, coloré et pétillant.

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Carte d’identité du livre

Titre : Brexit Romance
Autrice : Clémentine Beauvais
Éditeur : Sarbacane (Exprim’)
Date de parution : 22 août 2018

5 étoiles

Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture.

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#310 Avec des Si et des Peut-être – Carène Ponte

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Le résumé…

Aimeriez-vous savoir quelle serait votre vie si vous aviez fait d’autres choix ?

Prof de français au lycée de Savannah (-sur-Seine), Maxine vit en colocation avec Claudia (et ses crèmes au jus d’herbe fermenté), elle aime Flaubert (ses élèves, Stromae), courir avec ses deux meilleures amies (trois cents mètres) et aller chez le dentiste (sa sœur).

Maxine croit aux signes et aux messages de l’Univers. Pourtant elle ne peut s’empêcher de se demander : « Et si j’étais allée ici plutôt que là, si j’avais fait ceci au lieu de cela, ma vie serait-elle chamboulée ? »

En bonne prof de français, Maxine aime le conditionnel…

Mais à trop réfléchir avec des si et des peut-être, ne risque-t-on pas d’oublier de vivre au présent ?

Et si la vie décidait de lui réserver un drôle de tour ?

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Carène Ponte

Mon avis…

J’avais envie d’une lecture détente, sans prise de tête, qui me change les idées tout simplement. Alors je me suis dit que c’était l’occasion de découvrir Carène Ponte, dont je croisais les livres depuis un moment en librairie, sur les réseaux sociaux et sur la blogosphère… Le scénario est très simple puisqu’il s’agit pour le personnage d’imaginer ce qu’aurait été sa vie si elle avait eu un autre métier. J’explique ça grosso modo sans donner trop de précision sur le pourquoi du comment, histoire de ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture ! Ainsi, cette histoire n’est pas sans évoquer celle de certains téléfilms de l’après-midi… Simple et efficace, puisqu’on sait tous que, quand on est pris dedans, il est souvent difficile d’appuyer sur le bouton « off ». Avec des Si et des Peut-être fonctionne de la même façon. L’autrice nous accroche avec des personnages sympathiques, qui nous ressemblent un peu, et elle nous entraîne dans une aventure un peu folle. Dans l’ensemble, c’est divertissant, ça se lit bien, on accroche. Malheureusement, je regrette la présence – hautement prévisible d’ailleurs – de certains clichés : le besoin d’avoir un homme dans sa vie pour être heureuse et accomplie, tant qu’à faire avec des enfants, etc. On retrouve les valeurs assez standards mises en avant dans ce genre de romans, dans la chick-lit en général, à savoir l’amour, l’amitié, parfois le travail. Mais, puisqu’on s’y attend, cela ne rend pas la lecture particulièrement désagréable. C’est plutôt un bon bouquin à emmener dans sa valise en vacances, quand on veut décompresser de toutes les galères qu’on a enchaînées depuis des mois ! Avec des Si et des Peut-être est un livre qui s’apparente un peu à un cocktail anti-déprime, donc à recommander ! Par contre, je tiens à dire à l’autrice que, malgré ses efforts pour ne pas dire n’importe quoi sur The Walking Dead, on n’y est pas encore : les zombies ne se mangent pas entre eux… En tout cas, Carène Ponte m’a fait sourire, m’a permis de changer d’air tout en restant chez moi, et pour ça : merci.

Avec des « si » et des « peut-être », on pourrait mettre un cachalot dans une boîte d’allumettes !

Un long dimanche de fiançailles

En quelques mots…

un scénario sans grande surprise
divertissant et agréable
quelques clichés
une bonne lecture d’été
pas de prise de tête

Carte d’identité du livre

Titre : Avec des Si et des Peut-être 
Autrice : Carène Ponte
Éditeur : Michel Lafon
Date de parution : 24 mai 2018

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#303 Un mariage anglais – Claire Fuller

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Le résumé…

Ingrid a 20 ans et des projets plein la tête quand elle rencontre Gil Coleman, professeur de littérature à l’université. Faisant fi de son âge et de sa réputation de don Juan, elle l’épouse et s’installe dans sa maison en bord de mer.
Quinze ans et deux enfants plus tard, Ingrid doit faire face aux absences répétées de Gil, devenu écrivain à succès. Un soir, elle décide d’écrire ce qu’elle n’arrive plus à lui dire, puis cache sa lettre dans un livre. Ainsi commence une correspondance à sens unique où elle dévoile la vérité sur leur mariage, jusqu’à cette dernière lettre rédigée quelques heures à peine avant qu’elle ne disparaisse sans laisser de trace.

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Mon avis…

Les mariages anglais sont de saison, en littérature aussi. Pourtant, rien à voir entre l’union d’Harry et Meghan et celle qui est relatée dans ce livre. Claire Fuller nous raconte ici la longue histoire d’un drame. Nan et Flora, les deux filles de Gil et Ingrid, sont bouleversées après l’accident de leur père. Il dit avoir vu leur mère, depuis la fenêtre de la librairie du village, sauf que celle-ci a été portée disparue depuis des années. On dit qu’elle s’est noyée en mer, elle qui était pourtant excellente nageuse. Flora refuse d’y croire. Le livre est partagé en deux trames romanesques. D’une part, il y a l’histoire de ces deux filles, qui doivent prendre soin de leur père atteint par des lubies de plus en plus étrange, bouleversé par sa rencontre avec le fantôme de son épouse. D’autre part, il y a celle d’Ingrid, la mère, qui raconte, dans des lettres qu’elle destine à Gil et cache dans les livres qu’il entasse dans leur maison, son coup de foudre puis son mariage avec lui, son professeur de littérature.

Claire Fuller nous raconte ici une histoire d’amour à la fois exceptionnelle et banale, comme toutes les romances, finalement. Elle en dessine les balbutiements, le paroxysme, la perfection, la passion, puis le déclin, les déceptions… Elle fait le portrait d’une femme déterminée, qui avait décidé de ne pas se laisser enfermer dans une vie dont elle ne voulait pas. Elle voulait faire des études, voyager, ne pas se marier ou avoir d’enfants (du moins, pas trop vite), avoir la liberté des hommes, être libérée du destin que l’on réservait à la plupart des femmes. Et pourtant, son histoire d’amour, sensuelle et romantique, avec son professeur de littérature, va la mener dans un mariage comme on en fait des centaines, un mariage anglais, tout ce qu’il y a de plus banal. Pourtant, malgré la « normalité » de ce qui est raconté, Claire Fuller nous fait ressentir la singularité des personnages, leur profondeur. Le récit est traversé de long en large par les multiples références littéraires. Le suspense n’est pas absent, malgré quelques longueurs. Le rythme du livre représente exactement la vie de ses personnages, une vie comme on pourrait en vivre, nous aussi.

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En quelques mots…

de la naissance au déclin de l’amour
traversé par la littérature
passionnant et bien écrit
l’histoire d’une femme
quelques petites longueurs
réalisme psychologique

Carte d’identité du livre

Titre : Un mariage anglais
Autrice : Claire Fuller
Traductrice : Mathilde Bach
Éditeur : Stock
Date de parution : 02 mai 2018

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#270 Le courage qu’il faut aux rivières – Emmanuelle Favier

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Le résumé…

Elles ont fait le serment de renoncer à leur condition de femme. En contrepartie, elles ont acquis les droits que la tradition réserve depuis toujours aux hommes : travailler, posséder, décider. Manushe est l’une de ces « vierges jurées » : dans le village des Balkans où elle vit, elle est respectée par toute la communauté. Mais l’arrivée d’Adrian, un être au passé énigmatique et au regard fascinant, va brutalement la rappeler à sa féminité et au péril du désir.
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Mon avis…

Ce roman de la rentrée littéraire est un livre étonnant. Passé malheureusement assez inaperçu dans la masse des sorties de fin d’année, Le courage qu’il faut aux rivières est une histoire passionnante, narrant le destin de femmes qui rompent avec ce qu’elles sont pour prendre en main leur destin. Emmanuelle Favier nous fait découvrir une coutume très particulière et méconnue, celle des « vierges jurées », mais en excluant toute volonté documentaire, pour nous plonger dans une fiction prenante. Les personnages, attachants, doivent combattre pour se faire leur place dans la société, tout en restant en accord avec leur être intérieur. Un vrai combat. Il s’agit d’un livre très poétique mais réaliste, nous emmenant dans des paysages froids et rudes. Manushe et Adrian, à la fois forts et fragiles, sont des êtres de papier qui prennent vie sous nos yeux et dans nos esprits. Ils se transforment page après page, évoluent, cherchent leur voie et nous surprennent sans cesse. De l’amour, de l’amitié, beaucoup d’émotions… Un livre à découvrir absolument, pour sa beauté et son inventivité. Le courage qu’il faut aux rivières est une histoire qu’on ne peut pas vraiment raconter, sous peine de gâcher le plaisir de la lecture. La surprise est, en effet, au rendez-vous.

rentrée littéraire

 

#268 Gioconda – Nìkos Kokàntzis

Le résumé… 

La libraire Marie-Jo Sotto-Battesti (librairie Goulard, Aix-en-Provence), en quatrième de couverture de ce livre, le résume ainsi : « Gioconda est un de ces “petits” livres que l’on n’oublie pas de sitôt. Dans la Grèce de la Seconde Guerre mondiale, deux adolescents vont découvrir la magie du désir et de l’amour. La tourmente de la guerre emportera cet amour mais ce livre nous le restitue avec une force, une vérité extraordinaires et nous gardons longtemps au cœur sa lumière. »

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Mon avis…

Ce livre, bien que court, petit par son format, est un très grand livre, et surtout un témoignage émouvant. Avant d’en tourner la première page, on ne s’attend pas un tel choc. J’ai été très touchée par cette lecture, d’une sensibilité folle. L’auteur y raconte une période de sa vie, celle qu’il a partagée avec Gioconda, une jeune femme pleine de vie, aimée et amoureuse. Il narre leurs premiers sentiments, leurs premiers ébats, leurs joies et leurs peurs. Dans ce livre, les mots révèlent une sensualité acharnée. La tendresse, la soif de vivre, la chaleur du soleil et des corps, les battements des cœurs, tout transparaît. Ce témoignage n’est pas tant un récit sur la guerre qu’un véritable hymne à la vie et à l’amour. C’est un texte magnifique que l’auteur nous offre, en rendant hommage à la première femme qu’il a aimée avec une intensité vibrante. Gioconda est probablement un des livres les plus beaux que j’ai eu l’occasion de lire. Il nous happe, nous éprouve et nous émeut. Nìkos Kokàntzis voulait offrir un monument de mots à une jeune fille qu’il n’a jamais pu oublier, partie trop tôt à cause de la folie des hommes, et c’est magnifiquement réussi. Un livre plein de pudeur, entre rêve et réalité, à la fois nécessaire, lumineux, marquant, bouleversant, apaisant et vivant.

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Coup de cœur 

 

#243 Pourquoi pars-tu, Alice ? – Nathalie Roy

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Le résumé…

Alice Dansereau, quarante-trois ans, en fait trop pour tout le monde : épouse attentionnée, mère exemplaire, bénévole impliquée, enseignante dévouée, gestionnaire de la maisonnée, coursière, chauffeuse de taxi, etc. Lorsque son conjoint annule à la dernière minute leur voyage d’amoureux, elle prend une décision qu’elle n’aurait jamais cru pouvoir assumer : tout laisser derrière pour s’offrir un moment à elle. Avec pour seul bagage sa carte de crédit, ses lunettes de soleil et son cellulaire, elle s’enfuit sur le scooter de sa fille.

Combien de temps sera-t-elle absente? Jusqu’où ira-t-elle? Elle l’ignore pour l’instant, mais en traversant le pont Pierre-Laporte en direction de la route 132 Est, elle sait qu’elle devra faire le point sur sa vie et sur son avenir. Des centaines de kilomètres plus loin, et au fil de rencontres inattendues, Alice réalise qu’elle s’est longtemps oubliée. Elle se découvre passionnée, un peu rebelle, et aura envie d’exploser. Cet été sur la route changera sa vie à jamais.

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Mon avis…

Nathalie Roy, que j’ai connue grâce à ses aventures de Charlotte Lavigne (chronique du tome 1 ici), nous propose ici un roman feel good, dans la lignée de ce à quoi elle nous a habitués. Alice, quadragénaire et mère de famille, décide subitement de partir en road trip, laissant derrière elle sa vie bien rangée. Ce qui est d’abord un coup de tête devient l’occasion de s’interroger sur sa relation avec son compagnon, sur le rapport qu’elle entretient avec ses enfants, mais surtout sur elle-même. Après avoir vécu pour les autres avant tout, elle prend la décision de vivre pour elle. Et ce n’est pas si simple… Sur sa route, de nombreuses rencontres lui permettront de prendre progressivement un nouveau départ. Nathalie Roy dresse le portrait d’une femme de caractère qui, comme beaucoup, s’est perdue elle-même dans sa vie de famille, s’est oubliée. Elle lui propose dans cette aventure de renouer avec ses désirs propres, ses envies, son identité, sa vie de femme…

Portée par le charme du Canada, cette histoire drôle et prenante nous entraîne sur les routes, nous amène à nous questionner avec légèreté sur les choix que l’on fait, ou qu’au contraire l’on ne fait pas. C’est un voyage rafraichissant, dépaysant, plein de couleurs et au bon goût de liberté. Au fond, Nathalie Roy nous offre l’occasion de réfléchir sur le bonheur : qu’est-ce que c’est, finalement ? quand est-on satisfait de la vie que l’on a eu ? est-ce si mauvais de faire des folies ? ce qui apparaît comme une mauvaise décision l’est-elle vraiment ? se connait-on soi-même, en vérité ? Mais, dans ce roman, pas de prise de tête pour autant. C’est de la chick-lit comme on les aime, un livre simple et efficace, que l’on bouquine en vacances, avec un bon verre de vin ou un cocktail à la main, en terrasse ou sur la plage… C’est un rendez-vous entre femmes, entre une auteure et ses lectrices, entre des esprits… Et, au final, on se demande si le bonheur, ce n’est pas tout simplement un bon livre ?

Et aussi…

Retrouvez les images et le récit de ma rencontre avec Nathalie Roy, son interview en 5 questions, ainsi que la chronique de son roman Ça peut pas être pire !

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Nathalie Roy en visite à Amiens, photo de Juliette S. pour jelisetjeraconte.wordpress.com

#238 The Choice – Valerie Mendes

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Le résumé…

« Find Moira for me. Tell her I’m sorry ». These are Walter Drummond’s dying words to his daughter, Eleanor, on his deathbed in Woodstock in January 1936. Eleanor has never heard the name Moira before, and she dare not even say it to her mother. Yet she becomes haunted by the mysterious woman who consumed her darling Daddy’s thoughts in his final hours. Who on earth was Moira? How strong a hold did she have over Walter Drummond? And why? So begins Eleanor’s quest to uncover the truth about her father and his past. What starts as a promise becomes an obsession, and in Eleanor s determination to find Moira, she discovers things about her father she would much rather never have known. It is a journey that takes her to Cornwall, to a tiny artist’s cottage by the sea, to a passionate first love affair and the discovery of a devastating secret. « The Choice », set in 1936 when Edward VIII abandoned throne and empire to marry Wallis Simpson, is a gripping family saga from the author of the best-selling « Larkswood ». Once you have opened it, you will not be able to put it down.

Mon avis…

Attention chers lecteurs et chères lectrices, ce roman n’est pas (encore) traduit en français, mais j’espère qu’il le sera un jour. Ma sœur me l’a offert à l’occasion d’un séjour chez elle près d’Oxford. Ce roman se déroule en effet dans cette région de l’Oxfordshire, dans laquelle vit également l’auteure. Je tiens à dire que le résumé, bien qu’intrigant, n’arrive pas à la hauteur du livre. Honnêtement, il s’agit d’un des meilleurs romans que j’ai lu dernièrement. Cela faisait un moment que je n’avais pas lu un livre qui m’avait rendue complètement accro. Vous savez, ce livre qui donne le sentiment qu’il est vital pour nous de le finir, qu’on ne trouvera pas le sommeil avant de l’avoir lu… Et bien, celui-ci en est un. L’histoire est extrêmement surprenante, jusqu’à la dernière page. L’auteure nous accroche, nous fait pénétrer dans une histoire de famille mystérieuse, peuplée de secrets. Les personnages, attachants, se révèlent tous progressivement, tant au lecteur qu’à eux-mêmes. Cette lecture est un véritable voyage dans la psychologie humaine.

J’ai aussi aimé ce roman pour sa dimension féministe. En effet, en plus d’une histoire tout simplement passionnante et addictive, l’auteure nous montre la force des femmes, leur complexité, nous dessine leur place dans la société anglaise au XXe siècle. Aujourd’hui, il nous paraît de plus en plus difficile d’imaginer un monde où une femme ne se définirait que par son rapport à l’homme, par son statut d’épouse… Pourtant, il ne faut pas remonter très loin dans le temps pour approcher cette facette de la société patriarcale dans laquelle nous évoluons toujours. Valerie Mendes nous offre un petit rappel de ce que nous avons gagné depuis quelques décennies, tout en dessinant la violence quotidienne d’un monde qui n’est pas si éloigné. J’ai aimé la profondeur surprenante de ce roman, son potentiel. Il s’agit à la fois du déroulement d’une enquête pour trouver la fameuse Moira et décrypter le passé d’une famille, d’histoires d’amour loin d’être banales, et d’une fresque sociale riche en réflexions. Je conseille vivement ce roman à tous ceux et toutes celles qui s’intéressent à ces aspects, qui veulent découvrir une auteure anglaise prometteuse, et peut-être réclamer, avec moi, sa traduction en France !

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#227 Illettré – Cécile Ladjali

Coup de coeur

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Le résumé…

Illettré raconte l’histoire de Léo, vingt ans, discret jeune homme de la cité Gagarine, porte de Saint-Ouen, qui chaque matin pointe à l’usine et s’installe devant sa presse ou son massicot. Dans le vacarme de l’atelier d’imprimerie, toute la journée défilent des lettres que Léo identifie vaguement à leur forme. Elevé par une grand-mère analphabète, qui a inconsciemment maintenu au-dessus de lui la chape de plomb de l’ignorance, il a quitté le collège à treize ans, régressé et vite oublié les rudiments appris à l’école. Puis les choses écrites lui sont devenues peu à peu de menaçantes énigmes. Désormais, sa vie d’adulte est entravée par cette tare invisible qui grippe tant ses sentiments que ses actes et l’oblige à tromper les apparences, notamment face à sa jolie voisine, Sibylle, l’infirmière venue le soigner après un accident. Réapprendre à lire ? Renouer avec les mots ? En lui et autour de lui la bonne volonté est sensible, mais la tâche est ardue et l’incapacité de Léo renvoie vite chacun à la réalité de ses manques : le ciel semble se refermer lentement devant celui que les signes fuient et que l’humanité des autres ignore.

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Mon avis…

Voici mon gros coup de cœur du moment, enfin un d’entre eux en tout cas… J’ai entendu parler de ce livre pour la première fois il y a un moment dans La Grande Librairie. Cécile Ladjali m’avait totalement séduite en parlant de son livre, on sentait une profonde envie et une belle honnêteté, un projet magnifique. J’ai mis un peu de temps à pouvoir lire ce roman et, malgré ma très bonne impression lors de la diffusion de l’émission, je ne m’attendais pas à aimer autant ! Comment dire ? J’ai été surprise… L’écriture est magistrale, les mots choisis apportent une dimension poétique vraiment fabuleuse, tandis que la perception du monde qu’a Léo est d’une beauté indicible. Ce livre est le fruit d’un pari immense : faire comprendre à des lecteurs, et donc des personnes « lettrées », ce que c’est d’être illettré, et tout ça avec une narration riche en vocabulaire et en poésie. Un pari fou ? Oui, sûrement, mais un pari réussi ! Rarement un livre ne m’a arraché autant de larmes et de sourires à la fois…

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Léo est probablement un des personnages dont j’ai lu l’histoire qui me marquera le plus dans ma vie, j’en suis presque sûre. Illettré est un roman bouleversant, qui fait voir le monde de façon totalement différente… Les personnages, peu nombreux, sont vraiment très très attachants, et l’auteure sait nous mener là où elle veut, là où une telle histoire mène forcément… Cette lecture est un véritable électrochoc dont on sort changé, elle ne peut pas laisser indifférent. J’avoue que c’est très difficile de parler de ce livre, Cécile Ladjali a tellement bien choisi ses mots, les a parfaitement dosés, alors je ne pourrais pas vous dire les choses aussi bien qu’elle. Vraiment, si vous cherchez un livre à lire à tout prix, c’est celui-là. Il a tout pour lui : une écriture fabuleuse, une poésie merveilleuse, des personnages envoûtants, une histoire émouvante… Il n’y a pas vraiment de morale dans ce roman, c’est à vous de la découvrir, à vous d’en tirer quelque chose, à vous de transformer cette splendide expérience de lecture en autre chose… N’hésitez pas, vous avez la chance de pouvoir lire et comprendre ce livre, ce chef d’œuvre.

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Ma note…

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