#218 The dog who dared to dream – Sun-Mi Hwang

dog1

Le résumé…

Le personnage principal de ce roman est une chienne nommée Scraggly. Mise à l’écart dès sa naissance à cause de son apparence différente, elle passe la plus grande partie de ses jours dans le jardin rempli de soleil de son propriétaire. Scraggly a des rêves et des aspirations juste comme le reste d’entre nous. Mais chaque hiver, les nuages noirs arrivent et Scraggly fait face à des épreuves qu’elle doit surpasser. Derrière ces nuages et même au-delà du portail du jardin se trouve la possibilité de l’amitié, de la maternité et du bonheur – Scraggly ne rêve que de s’en emparer, de les ramener avec elle dans son jardin pour construire la vie qu’elle désire désespérément. The dog who dared to dream est un conte intelligent sur la relation entre le chien et l’homme, ainsi qu’une célébration de la vie vécue avec courage. Cette œuvre est un classique de Sun-mi Hwang.

dog2

Mon avis…

J’ai trouvé ce petit conte dans un coin de Waterstones. Je ne connaissais pas du tout mais je me suis quand même laissé tenter. Les libraires m’ont dit que j’avais fait un choix excellent, puisqu’un premier livre avait visiblement paru quelques temps avant et avait beaucoup plu… Alors cela m’a conforté et je me suis rapidement lancée dans la lecture, lors d’une journée au calme en Ecosse. Bon, pour être assez claire, l’intrigue – comme vous l’aurez probablement remarqué – est assez simple : un chien rêvasse et ses rêves ne pourront être réalisés qu’en se sauvant de son jardin… mais en y revenant également ! Du coup, forcément, il ne faut pas s’attendre à trois tonnes de rebondissements. L’ensemble est assez sympathique, agréable à lire, mais je m’attendais honnêtement à quelque chose de plus original. J’ai honnêtement été un peu déçue car je pensais que la dimension du rêve serait plus présente. En fait, ce livre nous fait vivre une expérience, puisqu’elle nous met un peu dans la tête du meilleur ami de l’homme, avec toutes les découvertes mais également toute la banalité que cela impose…

dog3

Alors, vous l’aurez compris, Scraggly ne fait pas particulièrement de rêves farfelus, ce sont bien des rêves qu’on peut imaginer dans l’esprit d’un chien… Il est vrai que c’est assez original de centrer un roman sur un animal, en particulier en s’intéressant vraiment à ses pensées, en le faisant personnage principal… Nous suivons son histoire bien avant de suivre celle de son maître… D’ailleurs, j’ai l’impression que l’auteur voulait créer une certaine affection pour le monsieur en question, mais je n’ai pas réussi à m’y attacher… Ce que j’ai trouvé très bien, en revanche, c’est que le récit prenne un peu la forme d’un conte, qu’il nous pousse à réfléchir sur notre animal de compagnie. On ne verra plus jamais notre chien de la même manière ! Cela permet vraiment de rapprocher l’homme de son compagnon… Finalement, le chien est le meilleur ami de l’homme, mais l’inverse est-il vrai ? Ce conte, s’il est enrichissant, est aussi triste… Il y a beaucoup de délicatesse dans l’écriture, renforcée par les illustrations magnifiques, la morale est très sympathique, fait sourire, et nous permet ainsi de ravaler les petites larmes susceptibles de couler… Je vous conseille fortement ce livre si vous avez un chien, si vous voulez découvrir un conte qui est un classique méconnu en France, mais aussi si vous voulez travailler votre anglais comme je l’ai fait, car la traduction est très accessible !

dog4

Ma note…

.

lecture en anglais logo

Niveau de lecture : Facile

#213 1Q84, Livre 1 : Avril-Juin – Haruki Murakami

1Q84 2

Le résumé…

Entre l’an 1984 et le monde hypnotique de 1Q84, les ombres se reflètent et se confondent. Unies par un pacte secret, les existences de Tengo et d’Aomamé sont mystérieusement nouées au seuil de deux univers, de deux ères… Une odyssée initiatique qui embrasse fantastique, thriller et roman d’amour, composant l’oeuvre la plus ambitieuse de Murakami.

Haruki Murakami

1Q84 5

Mon avis…

Le titre de ce livre, je le connais depuis… des siècles ! Bon, j’exagère peut-être un peu, disons que je le connais depuis longtemps, un temps indéterminé… Je me suis toujours dit qu’un jour, je lirais ce pavé… Il fallait juste que je m’en sente capable ! Et puis j’ai découvert que ce n’était pas un mais trois pavés que je devrais lire car il y a trois tomes… Alors, j’avais intérêt à trouver ça passionnant (ce dont, je dois l’avouer, je doutais un peu). Je ne saurais pas expliquer cet enthousiasme étrangement lié à une certaine réticence ! Ce sentiment paradoxal a vite été oublié… J’avais un peu peur que l’intrigue mette beaucoup de temps à démarrer. A mon grand soulagement, on entre très vite dans l’action, ce qui est vraiment une bonne chose. Pourtant, je ne vais pas vous cacher que cette lecture a été l’une des plus… étranges depuis que mon amour des livres s’est déclaré (c’est-à-dire très très tôt dans ma jeunesse).

1Q84 4

J’étais littéralement plongée dans ce roman, au point de ne pas le lâcher. C’était vital, je devais le continuer, comprendre. Au fil des pages, même si tout est lisible et compréhensible, on se rend compte qu’en fait tout est complètement flou. Il y a quelque chose qui reste imperceptible au lecteur, qui le pousse à continuer la lecture. Je n’ai pas encore percé ce mystère. Si quelques indices sont disséminés au fil de ce premier tome, on se rend vite compte que cela ne fait que rendre l’histoire d’autant plus étrange ! Je ne saurais pas résumer l’intrigue clairement, ou le roman paraîtrait banal, il manquerait de nombreuses choses… Non, c’est un roman qu’il faut lire pour partager ce sentiment, pour comprendre ce que je ressens aujourd’hui en écrivant cette chronique. Ne pas le lire, c’est accepter de rester ignorant sur un grand mystère de la littérature, il me semble. Je n’ai pas encore les tomes 2 et 3, je voulais d’abord voir si j’aimais le premier. A mon retour d’Ecosse, la première chose que je ferais sera de les acheter ! Je veux savoir… De Big Brother aux Little People, il n’y a qu’un pas, qu’Haruki Murakami a franchi et que je veux désormais franchir avec lui.

La suite au tome 2 !

1Q84 3

Ma note…

.

.

#196 Le prince de la brume – Carlos Ruiz Zafon

BRUME1

Le résumé…

1943, Angleterre. Fuyant la guerre, la famille Carver – les parents et leurs trois enfants, Max, Alicia et Irene – se réfugie dans un village de bord de mer. Leur nouvelle maison appartenait précédemment à un riche couple qui a quitté le pays après la mort de leur petit garçon, Jacob. Peu après son emménagement, la famille Carver est confrontée à de troublants événements. La maison de la plage paraît hantée. Quelque chose ou quelqu’un rôde entre les murs. Max et Alicia commencent à enquêter sur les circonstances obscures de la mort de Jacob. Roland, un adolescent du village, les aide. Il les entraîne dans des plongées autour d’un cargo qui a coulé dans la baie après une tempête, des années auparavant. Autour de cette épave, tout respire la peur : les poissons ne s’y risquent jamais, des ombres paraissent à l’affût derrière les cloisons rouillées et dans les coursives délabrées… Et c’est Roland qu’elles épient, Roland dont elles veulent se saisir. Qui accumule les pièges mortels autour du jeune homme ? Pourquoi Roland est-il l’objet d’une si terrible haine ? En menant leur enquête, Max et Alicia exhument involontairement les secrets du passé. Un passé terrible dont émerge un être machiavélique, le Prince de la Brume… Doté de pouvoirs diaboliques, le Prince de la Brume peut emprunter toutes les formes et tous les visages. Il est le maître d’une troupe de grotesques statues à demi-vivantes qui ont élu domicile dans le jardin de la maison des Carver… Le Prince de la Brume réclame le paiement d’une dette contractée peu avant la naissance de Jacob. Une dette dont Roland est le prix… S’ils veulent sauver leur ami, Max et Alicia doivent affronter l’être maléfique sur son territoire : dans le jardin des statues vivantes mais aussi dans le terrifiant cargo enseveli sous les eaux.

BRUME2

Mon avis…

Comme les autres romans de Carlos Ruiz Zafon, Le Prince de la Brume est excellent. Et non, je ne tourne pas autour du pot. L’auteur avait pour projet de faire un livre qui s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes, une sorte de conte fantastique pour tous les âges. Je peux d’ores et déjà vous dire que ce pari est amplement réussi. Honnêtement, c’est probablement un des livres fantastiques les plus passionnants que j’ai lu. Il n’est pas extrêmement long mais il est d’une efficacité redoutable. Il fait parfois frissonner, il est toujours très intrigant, constamment prenant. En fait, on ne peut pas s’empêcher de tourner les pages jusqu’à avoir enfin la solution du mystère. Carlos Ruiz Zafon a le talent de créer des personnages attachants, qui pourraient être ses lecteurs, et de les placer dans des situations des plus banales aux plus étranges, jusqu’à les transporter aux confins de la réalité. Le Prince de la Brume est parfaitement réussi, l’ensemble est un concentré du talent de son auteur. Si vous n’avez jamais lu de romans de Carlos Ruiz Zafon, vous pouvez commencer par celui-ci, le prêter à vos frères et soeurs, à vos parents ou à vos enfants… Et vous aurez forcément envie de lire les autres, à commencer par L’ombre du vent. L’avantage de ce roman, c’est qu’il est très efficace, et qu’on ne peut pas être déçu. Je pense vraiment qu’il peut convaincre tout le monde : adultes comme enfants, amateurs de fantastiques comme non-initiés… Je pose un léger bémol si vous avez une terrible phobie des clowns. Nous somme loin de Stephen King et son Ça, je vous rassure, mais il y a un clown qui erre dans le roman et n’est pas toujours très rassurant… Et oui, on est dans le fantastique horrifique mais très subtil et très accessible. Une belle initiation au genre et un plaisir pour les passionnés !

BRUME3

Ma note…

.

#191 Le diable amoureux – Cazotte

â>ion3’à?€±º¾ª¿«°¯ÀÌÒÖÕÕÖ

Le résumé…

Lorsque don Alvare évoque Béelzébuth dans les ruines du palais Portici, le démon apparaît sous les traits d’une hideuse créature. Mais l’audacieux Alvare, vite maître de sa terreur, réduit le spectre à l’état d’esclave et en use comme Aladin de son génie. Sous les traits d’une sylphide, la créature n’a désormais plus rien de diabolique. Biondetta ! Comment rêver femme plus désirable, à la fois innocente et perverse, tourmentée et abandonnée ? Imposture ou magie, cette aventure qui se déroule en plein carnaval de Venise présente toutes les facettes d’un divertissement amoureux.

CAZOTTE1

Mon avis…

Conseillée par un professeur de littérature spécialisé dans le fantastique, Le diable amoureux est une nouvelle de Cazotte, oeuvre fondatrice du mouvement fantastique. Autant dire qu’il s’agit d’une lecture qui est enrichissante, bien que courte. Il faut rappeler que le fantastique, par définition, joue sur la perception des personnages et des lecteurs : qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Là est la question… Cette nouvelle va donc apporter les bases d’une littérature qui séduit encore beaucoup aujourd’hui, et qui me séduit personnellement depuis longtemps et pour encore un bon moment ! Dans Le diable amoureux, nous suivons l’étrange aventure de don Alvare, qui appelle Béelzébuth pour prouver à ses amis qu’il n’a peur de rien, pas même du diable… Cette soirée initiatique devient en réalité un succès car il maîtrise le démon comme personne avant lui… Au point que celui-ci va faire partie de sa vie, abandonner l’Enfer pour lui !

CAZOTTE2

Le diable peut-il aimer un homme ? La plus terrible image de l’horreur peut-elle devenir la plus délicate image de la vertu et de la beauté ? Cazotte nous entraîne dans une histoire charmante sur fond de mystère, nous manipule comme les petites marionnettes que sont les lecteurs pour de talentueux écrivains… Comme don Alvare, nous laissons sa chance au diable. Après tout, le mal n’a-t-il pas souvent plus d’attrait que le bien ? L’espèce humaine toute entière pourrait être contenue dans le corps et l’esprit d’Alvare. Que de réflexion, tout en prenant plaisir à une bonne lecture. Etant donné la longueur de la nouvelle, je ne peux pas vous dire grand chose sur l’histoire, son déroulement, sans gâcher votre future lecture. Mais, si vous êtes intéressé par le fantastique, si vous êtes intrigué par ce mouvement, ou si vous aimez les classiques originaux et parfois méconnus, n’hésitez pas un seul instant.

CAZOTTE4

Ma note…

.

#173 Les Mille et Une Nuits – trad. par Antoine Galland

1001 2

Le résumé…

Bon Dieu ! ma sœur, dit alors Dinarzade, que votre conte est merveilleux ! – La suite est encore plus surprenante, répondit Scheherazade, et vous en tomberiez d’accord, si le sultan voulait me laisser vivre encore aujourd’hui et me donner la permission de vous la raconter la nuit prochaine.  » Schahriar, qui avait écouté Scheherazade avec plaisir, dit en lui-même :  » J’attendrai jusqu’à demain ; je la ferai toujours bien mourir quand j’aurai entendu la fin de son conte. »

1001 3

Mon avis…

La traduction d’Antoine Galland est la première en français des Mille et Une Nuits, destinée au public de la cour de Louis XIV. Elle a souvent été accusée, à tort, d’avoir livré une version superficielle du manuscrit arabe, notamment parce qu’il a cherché à atténuer les différences qui existaient entre le peuple oriental et les français… Cependant, on se rend compte qu’il a en réalité privilégié une certaine vraisemblance. Il a souhaité rendre le plus fidèlement possible les mœurs orientales pour les faire comprendre et appréhender au public de son époque. Aujourd’hui, on fait d’autres traductions des Mille et Une Nuits, comme on en a toujours fait depuis Antoine Galland, mais celle-ci est historiquement celle qui permet le mieux d’approcher la manière dont l’oeuvre a été découverte par le monde. On est tout de même très loin de contes occidentalisés comme on a pu avoir plus tard avec des hommes comme Mardrus qui ont cherché à exacerber les différences au point de rendre illisible le recueil.

Il ne faut pas imaginer les Mille et Une Nuits comme la représentation d’un orient féminisé, peuplé de danseuses du ventre et de charmeurs de serpents, loin de là. C’est cette image qu’a créé l’occident au fil des siècles. La version d’Antoine Galland permet de comprendre les ressorts de ce chef d’oeuvre et de sa composition, la complexité de cette littérature arabe qui semble échapper à tout système. Les contes s’enchaînent, se ressemblent, tout en faisant petit à petit découvrir un monde à la fois si proche et si éloigné du nôtre… L’image qu’on s’en fait aujourd’hui est parfois si fausse que c’est une véritable redécouverte que je recommande à tout amateur de littérature qui souhaite ne jamais se limiter à ses croyances et ses à-prioris. Evidemment, cette traduction n’est pas la seule qu’on peut considérer comme bonne, loin de là, mais c’est elle qui a lancé le mouvement de l’orientalisation, qui a permis aux peuples occidentaux comme arabes de redécouvrir ce réservoir d’histoires… La démarche profondément humaine et « humaniste » de Galland permet de pénétrer dans un univers loin de l’idéal que l’on en a, et d’enfin comprendre (ou tenter de comprendre) cet univers onirique des Mille et Une Nuits.

1001 1

Ma note…

.

#172 Alice de l’autre côté du miroir – Lewis Carroll

alice2

Le résumé… 

Alice, qui s’ennuie, s’endort dans un fauteuil et rêve qu’elle passe de l’autre côté du miroir du salon. Le monde du miroir est à la fois la campagne anglaise, un échiquier, et le monde à l’envers, où il faut courir très vite pour rester sur place. Alice y croise des pièces d’échecs (reine, cavalier) et des personnages de la culture enfantine de l’époque victorienne. On retrouve dans ce roman le mélange de poésie, d’humour et de non-sens qui fait le charme de Lewis Carroll. Il vaut mieux connaître les règles de base du jeu d’échecs pour apprécier toutes les subtilités du roman.

alice1

Mon avis… 

Ce livre fait suite à Alice au pays des merveilles, la partie la plus connue de l’oeuvre de Lewis Caroll. Celle-ci est un peu moins fameuse mais tout aussi originale ! Elle a également le mérite d’avoir suscité de nombreuses interprétations et adaptations dont une à venir au cinéma avec Mia Wasikowska, conçue comme une suite du film dans lequel Johnny Depp incarnait le rôle du Chapelier Fou. J’ai donc avec beaucoup de curiosité continué mon exploration de l’univers originel d’Alice, celui conçu par Lewis Carroll ! Cette deuxième partie est assez enfantine, comme la première, mais c’est exacerbé ! On est dans un monde totalement conçu pour la jeunesse. Et même si c’est parfois agréable de se replonger dans cet âge d’innocence et de douceur, on ne retrouve pas la complexité cachée d’Alice au pays des Merveilles qui permettait aux adultes d’en faire une double lecture significative.

alice3

Je conseille évidemment cette oeuvre car on ne peut pas dire qu’on connaît Alice si l’on n’a pas lu au moins ces deux livres, mais j’avoue avoir été surprise de ne pas être complètement prise dans l’aventure cette fois… J’ai survolé les pages, sans réussir à accrocher totalement. L’univers est onirique comme j’aime, certes, mais pas aussi accrocheur qu’Alice au pays des merveilles… On dirait plutôt que c’est raconté sur le ton de l’anecdote, comme un petit conte narré au coin d’un feu, rien de bien transcendant, et je comprends que cette partie soit un peu moins connue que l’autre… Pour autant, ça reste agréable à lire, car c’est rapide et ça change vraiment les idées sur un petit laps de temps… On découvre des personnages atypiques, encore plus surprenants que ce à quoi on pourrait s’attendre… C’est quand même assez bluffant de découvrir un monde si foisonnant d’imagination…

alice4

Ma note…

.

#171 Belle – Robin McKinley

belle1

Le résumé…

Belle était loin d’être aussi jolie que ses sœurs. A quoi bon ? Aux soirées mondaines, aux robes somptueuses, elle préférait les chevaux et les auteurs anciens. Quand son père se trouva ruiné, elle en fût réduite à aller avec sa famille habiter une pauvre maison, dans un village perdu au fond des bois. Les hommes se firent forgeron et menuisier, retrouvant le goût et le talent des choses simples. Belle et ses deux sœurs s’occupèrent des tâches domestiques. Ils auraient pu tous vivre ainsi, heureux d’une existence différente, loin du luxe et des lumières de la ville. Mais le destin s’acharna encore et, lorsqu’elle dut se sacrifier, elle le fit avec grâce et courage. Dans un château magique, entourée de serviteurs impalpables, elle affronta le monstre et sa question sans cesse répétée : « Belle, voulez-vous… ? ». Ceci est son histoire… une histoire d’amour et de rêve.

Robin McKinley

Robin McKinley

Mon avis…

Ce petit roman n’a pas arrêté de se balader sur les pages Facebook il y a quelques semaines, je ne cessais de voir sa couverture Pocket et de me dire : « Tiens, ça m’a l’air pas mal… ». Et puis je me suis laissée tenter ! Soyons fou, après tout, je n’avais encore lu aucune adaptation de la Belle et la Bête… J’avais un peu peur de ne pas aimer en fait, je craignais de me retrouver dans une histoire assez superficielle, trop proche ou au contraire trop éloignée du conte originel… Et finalement, j’ai été plutôt agréablement surprise puisque ce n’était ni l’un ni l’autre : l’auteure a réussi à trouver un juste milieu bien que le début ne laissait pas présager que du bon… J’ai eu du mal à me plonger dedans mais une fois qu’on y est, on adore !

Je vais être honnête, ce n’est pas un chef d’oeuvre… Mais on s’y prend ! L’histoire est plutôt passionnante, on se laisse prendre au jeu et on découvre cette nouvelle interprétation du célèbre conte, un peu plus adulte que les versions qu’on en connaît, tout en restant assez basique. Belle m’a parfois un peu agacée et j’ai trouvé l’histoire d’amour trop brutale et manquant de subtilité… Pour autant, le récit en lui-même est assez bien construit, on se laisse surprendre malgré les ressorts connus du conte et la lecture en est finalement très agréable ! Cette lecture se résume pour moi en un bon moment de détente, sans laisser un souvenir impérissable pour autant…

belle3

Ma note…

.

#167 Contes du jour et de la nuit – Maupassant

†ionþð/r space informationâ

Le résumé…

Parricides, ivrognes, enfants pervers, maris aveugles, ravissantes idiotes, bourgeois lâches et mesquins, paysans cruels et cupides, vous ne trouverez dans ces contes, de jour comme de nuit, que bourreaux ou victimes. Mais s’ils sont tous à tuer, ils tuent aussi beaucoup, ou se pendent, ou se tirent à la rigueur un coup de revolver dans la bouche par peur de la mort… Maupassant serait-il le grand ancêtre méconnu du néo-polar ?
Maupassant

Maupassant

 

Mon avis…

Je ne connaissais pas Maupassant pour ses contes, mais plutôt pour ses romans et pour une nouvelle comme Le Horla… J’ai donc découvert avec beaucoup de plaisir cette autre facette de l’auteur, à travers des contes cruels tout à fait remarquables et originaux ! Mais ce qui est très surprenant, c’est cette originalité à travers la « banalité ». En effet, les contes cruels de Maupassant montrent l’horreur dans le quotidien. Et c’est à cela qu’on voit le talent de Maupassant, dans sa capacité à extirper la tension de situations en apparence banale… Ce qui est merveilleux, c’est qu’on ne sait jamais comment ces petits contes vont finir, la chute est toujours tellement surprenante !

Globalement, j’ai plutôt apprécié cette lecture car j’adore Maupassant, et j’aime toujours découvrir de nouveaux écrits d’auteurs que j’apprécie… Mais la diversité des contes fait que certains m’ont plu plus que d’autres, tandis que certains m’ont tout simplement déplus ! Parfois aussi, il faut avoir une certaine connaissance de la société de l’époque, ce qui implique de prendre le temps de faire quelques petites recherches pour mieux comprendre les contes ! Avec Maupassant, j’ai plus de sensibilité pour les histoires frôlant avec le fantastique qu’avec celles explorant la banalité effrayante du monde… Donc évidemment, les contes sont plaisants, très bien écrits, originaux, mais l’appréciation dépend des goûts, cela va de soi ! Personnellement, j’ai préféré Le Horla, par exemple…

contes3

Ma note…

.

#158 The Miniaturist (VF : Miniaturiste) – Jessie Burton

miniaturist1

Le résumé…

Nella Oortman n’’a que dix-huit ans ce jour d’’automne 1686 où elle quitte son petit village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’’âge mûr, il est l’’un des marchands les plus en vue de la ville. Il vit dans une opulente demeure au bord du canal, entouré de ses serviteurs et de sa sœoeur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. En guise de cadeau de mariage, Johannes offre à son épouse une maison de poupée, représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’’animer grâce aux talents d’’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’’artisan permettent à Nella de lever peu à peu le voile sur les mystères de la maison des Brandt, faisant tomber les masques de ceux qui l’’habitent et mettant au jour de dangereux secrets.

S’’inspirant d’une maison de poupée d’’époque exposée au Rijksmuseum d’’Amsterdam, Jessie Burton livre ici un premier roman qui restitue avec précision l’’ambiance de la ville à la fin du XVIIe siècle. Au sein de ce monde hostile, où le pouvoir des guildes le dispute à l’intransigeance religieuse et à la rigueur morale, la jeune Nella apparaît comme une figure féminine résolument moderne. Œuvre richement documentée et conte fantastique, Miniaturiste est un récit haletant et puissant sur la force du destin et la capacité de chacun à déterminer sa propre existence.

Couverture française

Couverture française

Mon avis…

« Quelle magnifique couverture ! ». Oui, telle a été ma première pensée à la vue de ce livre ! Du coup, aucune hésitation, il a fini dans mes mains, m’a suivi dans ma loooongue tournée de la librairie puis jusqu’à la caisse… L’histoire semblait très intéressante, plutôt originale, alors je n’ai pas tardé à me lancer dans sa lecture, en version originale ! En même temps, la couverture était bien plus jolie sur le livre britannique… Je n’ai absolument pas été déçue par ce roman, vraiment passionnant. Au départ, on suit une jeune fille perdue dans un monde qui semble trop compliqué pour elle qui ne semble chercher que le bonheur… Puis arrive cette maison miniature, elle cherche à la meubler et prend contact avec un mystérieux miniaturiste qu’elle ne parviendra jamais à rencontrer malgré ses nombreuses questions…

miniaturist2

Au départ, on ne comprend pas trop l’importance de cette maison dans l’histoire, ni celle du miniaturiste. Sa clairvoyance est certes étonnante, mais il reste toujours en périphérie du récit, tout en étant en réalité d’une importance subtile ! J’ai beaucoup aimé la magie distillée petit à petit dans le roman, tous les secrets et les rebondissements qui surgissent sans cesse de tout côté. Ce livre est vraiment exceptionnel par sa délicatesse, sa sensibilité, il est à la fois complexe et léger, pétillant et profond… J’ai cependant, je l’avoue, eu un peu de mal avec l’anglais, bien que je sois en ce moment en Ecosse, ce qui m’a aidé pour beaucoup d’autres lectures… La langue est assez complexe en VO, mais en s’acharnant on y arrive quand même !

Je pense que ce roman mérite bien toutes les bonnes critiques qu’on peut lire dessus… Il est vraiment plaisant à lire, il s’agit d’une très belle histoire, un très beau livre. Jessie Burton a vraiment beaucoup de talent, cela semble indéniable, et j’ai hâte de voir ses prochains romans, en espérant qu’ils soient aussi réussis que celui-ci. C’est ma première immersion dans la Hollande de cette époque et c’est tout simplement fabuleux ! On se retrouve confronté à la violence et à la cruauté d’une société combattant les différences, le lecteur étant immergé dans une famille où les différences sont monnaie courante. Chacun a un secret dangereux à protéger contre l’ennemi qui est légion… Et pourtant, même la douceur trouve sa place dans ce monde cruel…

miniaturist4

Ma note…

.

lecture en anglais logo

#156 Dracula – Bram Stoker

dracula1

Le résumé…

En arrivant dans les Carpates, le clerc de notaire londonien Jonathan Harker est épuisé par son périple. Mais son client et hôte, le comte Dracula, a tout prévu : une chambre lui a été retenue à l’auberge pour la nuit, an attendant de rejoindre le château en calèche. Mais pourquoi les habitants du village se signent-ils avec des mines épouvantées quand Jonathan leur dit où il compte se rendre ? Pourquoi lui fait-on cadeau d’un crucifix et de guirlandes d’ail ? Malgré ces mises en garde, Harker poursuit sa route. Certes, ces montagnes escarpées, ces loups qui hurlent dans le lointain ont de quoi faire frissonner. Mais enfin, tant de superstitions au cœur du XIXe siècle ! Jonathan est un homme raisonnable…

dracula2

Mon avis…

Au moment de faire ma valise pour mon voyage en Ecosse, j’ai longuement hésité… Et j’ai fini par sortir de ma bibliothèque ce classique qui y trainait depuis un bon moment et auquel je n’avais pas encore trouvé le courage de m’atteler. Et m’y voilà ! Finalement, ça n’a rien eu de compliqué ! Ce roman est extrêmement fluide et plein de rebondissements. J’avais peur qu’une œuvre ayant donné lieu à tant de réécritures, de variations, ayant inspiré tant d’auteurs et ayant tant alimenté l’imaginaire commun, soit finalement un peu ennuyante… Ne riez pas, mais c’est souvent le cas quand on s’intéresse aux origines des mythes, en lisant l’œuvre « originelle »… Parfois, il y a eu tellement d’aventures qui en ont été tirées que l’original peut paraître long et ennuyant. Mais ici, aucun problème : c’est loin d’être le cas ! Bram Stoker est étonnant de modernité !

dracula's castle - bran castle, transylvania

Je ne me suis donc pas ennuyée un seul instant en parcourant Dracula, je n’arrivais même plus à le lâcher, c’est une véritable merveille ! J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir d’où venaient le mythe, à côtoyer le vrai Dracula… Angoissant, sombre, parfaitement gothique, ce roman est excellent ! Il s’agit d’un pilier de la littérature, je ne pouvais pas passer à côté. Je veux absolument vous dire, à vous tous chers lecteurs : n’hésitez plus ! Abandonnez vos Twilight et autres Vampire Diaries, replongez dans les origines, laissez-vous entraînez dans la folie sanglante du plus célèbre suceur de sang… Vous verrez que les romances y sont aussi présentes, autant que les scènes angoissantes, les morts tragiques et lentes, les giclées de sang et les fameuses chauves-souris. Rien de ridicule ou de vieillot dans ce roman, seulement une modernité surprenante pour l’époque, qui explique largement l’intérêt qu’a suscité cette œuvre. Merci Bram Stoker pour cette merveille littéraire.

dracula3

Ma note…

.