#378 L’aimée – Renée Vivien

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Le résumé…

Lorély, intellectuelle et salonnière réputée, inspire à la narratrice un amour passionnel et destructeur. Celle-ci en oublie sa tendre amie, Ione, qui en meurt de chagrin. Lorély l’infidèle devient alors celle par qui le drame est arrivé. Viennent d’autres amantes, figures salvatrices ou démons séducteurs, brouillant les pistes dans le jeu amer de tromperie et de pardon qui oppose et réunit tour à tour la narratrice et Lorély.

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Mon avis…

Aujourd’hui, je vous parle non seulement d’un livre, mais aussi d’une maison d’éditions : Talents hauts. Vous en avez peut-être déjà entendu parler. Il s’agit d’une ME jeunesse, créée en 2005, qui choisit de publier des livres qui vont à l’encontre des clichés, des discriminations, des distinctions de genres, etc. L’un de leurs projets est ainsi de proposer la réédition de textes oubliés, car ils sont l’œuvre d’autrices qui, principalement en raison du fait qu’elles étaient des femmes, ont été condamnées à être effacées des histoires littéraires et des rayonnages des librairies. Cette collection très récente s’appelle « Les plumées », pour les raisons que l’on imagine. Vous pouvez y découvrir Isoline, un texte de Judith Gautier (je vous avais déjà parlé de cette autrice en proposant une brève chronique des Mémoires d’un éléphant blanc), ou encore Marie-Claire de Marguerite Audoux, ou bien Trois soeurs rivales de Marie-Louise Gagneur et, un peu plus connu, La Belle et la Bête de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve. Aujourd’hui, c’est d’un autre livre que je vous parle : L’aimée de Renée Vivien. C’est un texte qui avait déjà paru sous le titre Une femme m’apparut, mais qui était depuis tombé dans l’oubli…

« Dans une demi-clarté à la magie singulière, une Femme m’apparut… […] Instinctivement, je redoutai le commandement de son regard, la courbe impérieuse de ses lèvres. Ses cheveux la nimbaient d’un perpétuel clair de lune. »

Alors, avant de rentrer dans le détail de ce magnifique texte, j’aimerais vraiment remercier les éditions Talents hauts pour ce superbe projet, qui est d’une importance capitale dans la vie littéraire actuelle. Mettre en lumière les autrices est tout simplement une nécessité aujourd’hui, et cette maison d’éditions le fait avec beaucoup de goût, de subtilité, de fraîcheur. Merci.

« J’attendais Lorély dans un boudoir glauque où les bibelots semblaient jetés çà et là au gré d’une main impatiente. On y sentait le caprice et le désordre d’un esprit fantasque. Des fleurs éclataient partout en gerbes, en fusées, en masses touffues… C’étaient des lys tigrés ouvrant leurs vastes corolles d’où s’exhalait la violence du parfum, des grappes d’orchidées bleues retombant avec une grâce triste, des gardénias, si fragiles que le frôlement le plus doux les eût flétris, blêmissant à côté de roses blanches. »

Si Talents hauts est une maison d’édition jeunesse, il s’avère que les livres de la collection « Les plumées » sont, dans toutes les librairies dans lesquelles j’ai cherché, rangés dans les rayons de littérature générale. Cela peut s’expliquer par le fait qu’il s’agit de textes littéraires assez anciens, peut-être, mais aussi par le vocabulaire, parfois compliqué. Or, je tiens à souligner que l’ensemble est compréhensible y compris d’un lectorat jeune. Tout dépend, je pense, de la maturité des lecteurs et lectrices. Le mieux étant de mettre le livre entre leurs mains et de les laisser décider si cela les intéresse ou non. Ce sont donc aussi des textes qui sont accessibles aux adultes. Bref, il est possible de les lire presque à tout âge. Et je n’ai donc pas boudé mon plaisir.

« Aucune parole de sagesse ne vaut le rire de la folie »

Il n’y a pas vraiment d’intrigue dans ce « roman », que j’hésite même à appeler ainsi pour cette raison. Il s’agit d’un texte qui aborde les questions de l’amour, de la passion, de la peine qui peut en découler. Renée Vivien traite ici de la relation entre deux femmes, et ce n’est pas pour rien que cette autrice est surnommée Sapho 1900, d’après le nom de la célèbre poétesse de l’Antiquité, qu’elle a traduite et adaptée, contribuant ainsi à en faire le symbole des amours lesbiens. L’aimée, dans lequel on retrouve cette influence, est vraiment un livre absolument splendide, très poétique. L’écriture et le style de l’autrice sont exceptionnels. Il s’agit d’un texte en grande partie autobiographique, car il est inspiré de sa relation avec Nathalie Barney, une femme qu’elle a tendrement aimée et qui l’a beaucoup fait souffrir. Tout cela est fort bien expliqué dans la petite préface de Nicole G. Albert, docteure et spécialiste de la littérature décadente. L’ensemble du livre est assez métaphorique parfois, nimbé de mystère, auréolé de douceur également, comme s’il incarnait le sentiment même de l’amour. J’ai vraiment été séduite par cette lecture, qui mérite en effet d’être redécouverte pour sa grande qualité stylistique et sa profondeur qui n’ont rien à envier aux plus grands chefs d’œuvre reconnus de la littérature.

Carte d’identité du livre

Titre : L’aimée
Autrice : Renée Vivien
Éditeur : Talents Hauts
Date de parution : 21 février 2019

5 étoiles

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Alerte parution : « Treize jours » de Roxane Gay

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Parfois, il me semble indispensable de vous signaler la sortie en poche de livres absolument exceptionnels.

Alors j’aimerais attirer votre attention sur Treize jours de Roxane Gay. Je vous l’avais chroniqué à sa sortie en 2017. Et c’était un véritable coup de cœur ! Retour sur la chronique :

Le résumé…

Fille de l’un des hommes les plus riches d’Haïti, Mireille Duval Jameson mène une vie confortable aux États-Unis. Mais alors qu’elle est en vacances à Port-au-Prince avec son mari Michael et leur bébé Christophe, Mireille est kidnappée. Ses ravisseurs réclament un million de dollars à son père. Pourtant, ce dernier refuse de payer la rançon, convaincu que toutes les femmes de sa famille seraient alors enlevées les unes après les autres. Pendant treize jours, Mireille vit un cauchemar. Son ravisseur, dit le commandant, est d’une cruauté sans nom. Comment survivre dans de telles conditions et, une fois libérée, comment surmonter le traumatisme, pardonner à son père et recréer une intimité avec son mari ?

Mon avis…

Préparez-vous à découvrir un livre choquant, violent et bouleversant… pour la bonne cause ! L’histoire de Mireille ne peut laisser personne indemne. Ce roman est un véritable chef d’œuvre d’émotions. Roxane Gay dépeint parfaitement la détresse humaine, l’égarement et la colère qu’une femme peut ressentir après avoir vécu les pires épreuves. Et, surtout, ce qui m’a le plus touchée, le vide qui habite un être brisé. C’est une sensation des plus difficiles à rendre, des plus complexes à décrire, et l’autrice a réussi cet exploit… Ce roman, bien qu’il s’agisse d’une fiction, est profondément réaliste dans la souffrance qu’il décrit, comme dans la richesse – et la bassesse – de l’être humain qu’il explore.

C’est un texte passionnant, que l’on dévore, que l’on ne lâche pas. Il prend aux tripes et absorbe totalement l’esprit jusqu’à l’ultime page. Chaque mot est un pas en avant dans la compréhension d’une violence sans nom. Clairement, ce livre secoue, ébranle, perturbe. Il laisse une profonde trace, peut réveiller quelques troubles – selon le vécu de chacun. Mais c’est un roman qui dit des choses essentielles, des choses brutales mais dont chacun devrait prendre conscience un jour. Malgré ce qu’il a bousculé en moi, ce livre m’a plu, pour la force qu’il dégage, l’émotion qu’il communique, l’espoir qu’il redonne, parfois. Roxane Gay donne une voix à des victimes, tout en explorant un territoire, Haïti, en mettant en évidence les problèmes qui secouent le monde, chaque jour. Elle montre jusqu’où la sensation d’être né au mauvais endroit, du mauvais côté de la route, peut mener. Jusqu’à quelles extrémités, quelle violence. En bref, Treize jours est un beau roman, dans tous les sens du terme, et une expérience vibrante, qui laisse une sensation étrange…

Découvrez aussi Hunger, le dernier livre de Roxane Gay.

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#359 Hunger – Roxane Gay

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Le résumé…

Si vous êtes une femme et que vous vivez aux États-Unis ou dans un pays occidental ; si vous êtes obsédée par l’idée de manger trop ou de ne pas manger assez (c’est plus rare) ; si vous utilisez des mots comme «craquer» et «péché mignon» – ces mots qui nous inspirent un sentiment de honte et destinés à mettre nos corps au pas, il est fort probable, et ce quelle que soit votre silhouette, que vous entretenez un rapport à la nourriture frisant le fétichisme.
À celles qui rentrent dans ce modèle de plus en plus étriqué, félicitations! Les vêtements sont coupés pour vous, les producteurs de chou kale vous adorent et l’opinion publique avec eux. Les autres risquent de rester dans l’ombre, à l’endroit précis où l’auteur de ce livre voulait se trouver.

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Roxane Gay

Mon avis…

Il y a maintenant plus d’un an, je vous ai parlé d’un roman, un véritable coup de coeur, ou plutôt un énorme choc : Treize jours. À cette occasion, j’ai découvert une autrice exceptionnelle, Roxane Gay. Aujourd’hui, je vous parle d’un autre de ses livres. Il ne s’agit pas d’un roman, attention, mais d’un essai biographique.

« J’aimerais tellement pouvoir écrire un livre sur une perte de poids triomphale, sur la façon dont j’aurais appris à mieux vivre avec mes démons. J’aimerais pouvoir écrire un livre qui raconte que je suis en paix, que je m’aime comme je suis, quelle que soit ma corpulence. À la place, j’ai écrit celui-ci, le plus difficile que j’aie jamais écrit, bien plus difficile que je n’aurais pu l’imaginer. Quand j’ai commencé Hunger, j’étais certaine que les mots me viendraient aussi facilement que d’habitude. Et que pouvait-il y avoir de plus facile que d’écrire sur le corps dans lequel j’avais vécu pendant plus de quarante ans ?« 

Roxane Gay, quand elle avait douze ans, a subi une agression sexuelle. Ce moment a été crucial dans sa vie, et le traumatisme a été profond. Par la suite, elle a ressenti le besoin de se protéger, de devenir invisible. La minceur était le contraire de ça, elle représentait la menace, elle attirait… Alors elle s’est réfugiée dans la nourriture, elle a grossi. Et ce qu’elle fait, dans Hunger, c’est nous raconter l’histoire de son corps, de ce qu’il est devenu après. Son corps, je n’ai pas l’impression qu’elle le déteste. C’est le sien, et elle l’apprécie et l’a accepté dans une certaine mesure, et elle nous explique tout cela.

« Il faut que vous sachiez que ma vie est coupée en deux, pas très proprement. Il y a l’avant et l’après. Avant que je prenne du poids. Après que j’ai pris du poids. Avant qu’on me viole. Après qu’on m’a violée.« 

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce livre, comme dans Treize jours, c’est le ton de l’autrice : franc, simple, efficace, sans la moindre fioriture. Elle dit les choses, cash, elle s’exprime, prend la parole. La voix qu’elle porte est forte. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé l’expression (et jeu de mot) de Roxane Gay, qui se définit elle-même comme « une femme forte ». Oui, l’humour a aussi sa place ici, mais c’est avant tout un récit très sincère et émouvant.

« J’ai si souvent voulu leur dire que quelque chose n’allait pas, que j’étais en train de mourir à l’intérieur, mais je ne trouvais pas les mots. »

C’est un récit touchant, et aucune phrase ne laisse indifférent. C’est pourquoi j’ai tenu à en mettre quelques-unes dans cet article, pour que vous compreniez la puissance de cet essai. Il est bouleversant, étonnant, et surtout détonnant. C’est une plongée dans l’intériorité de l’autrice, en toute simplicité et honnêteté, mais aussi avec cette brutalité inhérente à son vécu.

« Je suis loin d’être aussi courageuse que ce que les gens croient. En tant qu’auteure, armée de mots, je peux faire tout ce que je veux, mais quand je dois emmener mon corps dans le monde, le courage me manque. »

Ce que j’ai apprécié dans cet essai, c’est aussi les coups de gueule, complétement justifiés, de Roxane Gay. Elle épingle par exemple les magasins de fringues pour le fait qu’ils ignorent toute une part de la population. Elle montre l’exclusion, le rejet, l’indifférence, le mépris… Pour autant, il ne faut pas croire qu’elle s’en prend aux personnes minces ou quoi que ce soit, pas du tout ! Elle offre simplement une voix aux invisibles, à ceux (et surtout à celles) qui se sentent hors de la société, qui occupe beaucoup de place et pourtant n’en ont aucune. Elle ose exprimer sa colère, et ça j’aime beaucoup !

« Parfois, des personnes qui croient bien faire, je pense, me disent que je ne suis pas grosse. Ils lancent des choses comme : « Ne dis pas ça de toi », parce que pour eux « grosse », c’est quelque chose de honteux, d’insultant, alors que pour moi c’est la réalité de mon corps. Quand j’emploie ce mot, je ne suis pas en train de m’insulter. Je me décris.« 

Ce livre, cet essai, permet une prise de conscience, il invite à la réflexion, et ça fait beaucoup de bien. L’autrice aborde beaucoup de sujets : agressions sexuelles, féminisme, grossophobie, et tant d’autres. Non, ce n’est pas un livre déprimant, bien au contraire. C’est un livre qui déborde de vérité, mais qui n’est pas non plus feel-good, évidemment. Mais il nous invite à mieux nous connaître, à écouter notre corps et notre esprit… Ce que je retire de cette lecture, c’est vraiment du positif. J’ai le sentiment qu’un petit quelque chose à changer en moi, et c’est finalement ce qu’on attend d’un bon livre !

« Plus vous êtes gros, plus votre monde rétrécit. »

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Carte d’identité du livre

Titre : Hunger
Autrice : Roxane Gay
Traducteur : Santiago Artozqui
Éditeur : Denoël
Date de parution : 10 janvier 2019

5 étoiles

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

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#355 La sexualité féminine de A à Z – Ovidie

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Le résumé…

Toutes les femmes sont différentes, chacune vit un rapport individuel à son corps et nourrit des fantasmes qui lui sont propres. On ne peut pas affirmer que « les femmes préfèrent ceci… ou cela », « elles sont plus fleurs bleues que les hommes », « elles raffolent toutes du cunnilingus », etc. Ovidie nous convie à une exploration multiple, poussée, ouverte des mille manières de vivre sa sexualité en tant que femme.

À travers une centaine de termes, de A – comme Accouchement – à Z – comme Zones érogènes –, et de concepts traitant de sexualité, de féminité et de féminisme (asexualité, consentement, fidélité, hormones, éjaculation féminine, machisme, coup de foudre, pilosité, ménopause…), Ovidie offre des pistes de réflexions autour des questions que peuvent se poser les femmes, de façon simple et précise.

Mon avis…

Aujourd’hui je ne vous propose pas la chronique d’un roman, mais d’un livre un peu indéfinissable… Le terme « dictionnaire » ne serait pas adapté car il n’a rien de normatif et ne prétend pas livrer des définitions closes et fermées. Il s’agit en effet d’un texte personnel et subjectif dans lequel Ovidie nous livre ses propres opinions et conceptions. Alors, parfois, on est d’accord, parfois non, mais le but est aussi d’ouvrir le débat et d’entamer la réflexion, ce que l’autrice fait très bien ! Les termes (et thèmes) explorés sont extrêmement variés, de l’amour au triolisme, en passant par l’éjaculation masculine… Tantôt avec sérieux, tantôt avec humour, tantôt avec sensualité, Ovidie nous livre le fruit de sa réflexion avec beaucoup de sincérité. Ce livre est la réédition d’un texte d’abord paru en 2010, si bien que la pensée qui en sous-tend la rédaction a évolué, en particulier récemment avec les évènements liés à #MeToo ou l’affaire Weinstein.

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« Non, il n’existe pas UNE sexualité féminine, ni même une seule orientation sexuelle, d’où la nécessité pour traiter de LA sexualité féminine d’aborder une multitude de sujets différents. »

J’ai beaucoup aimé la pertinence de certaines remarques, parfois très instructives. Je dois avouer que l’on découvre des choses susceptibles de changer sur certains points nos propres pratiques – voire de les améliorer… Ovidie nous fait aussi sourire, par exemple lorsqu’elle établit la classification des différents types de baisers dans la notice dédiée. Ainsi, elle distingue « le poutou », « le smack », « le roulage de pelle », « l’échange de chewing-gum », « le French Kiss », « le mordillement des lèvres », « l’aspiration de l’âme » et « le léchage de trogne, version canine »… Et de détailler tout ça, un plaisir à lire ! Mention spéciale pour les citations, parfois complètement décalées, et drôles !

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Et pour finir, cette citation que j’ai personnellement trouvée très juste : « Un amant exceptionnel, c’est celui qui va faire l’amour toute une journée sans arriver au paroxysme. » (Claude Sarraute)

Oui, c’est un livre qui nous fait découvrir beaucoup de choses…

Carte d’identité du livre

Titre : La sexualité féminine de A à Z
Autrice : Ovidie
Éditeur : La Musardine
Date de parution : 25 octobre 2018

4 étoiles

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Merci aux éditions La Musardine pour cette lecture.

#350 Le malheur du bas – Inès Bayard

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Le résumé…

« Au cœur de la nuit, face au mur qu’elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples. »

Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d’une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant.

Mon avis…

Voici un autre roman de la rentrée littéraire 2018, encore un, et pas des moindres. Le malheur du bas, on en a tous et toutes entendu parler… Et, parfois, ce n’est pas forcément une bonne chose. A en entendre trop, on en attend beaucoup… Mais, heureusement, j’ai vite oublié tous ces échos car le roman m’a absorbée. Oubliée la comparaison purement structurelle avec Chanson douce de Leïla Slimani (que j’avais par ailleurs apprécié). Oubliée l’idée que « ça parle d’un viol ». Car c’est bien plus que ça. C’est un texte profond, bouleversant, qui raconte la vie d’une femme qu’une agression sexuelle égare. Elle n’est pas seulement perdue dans cette société qui ne l’empêche pas de se détruire, elle est perdue en elle-même. On n’est pas forcément dans un texte qui a pour vocation de nous montrer la réaction habituelle d’une femme victime de viol, on est ici face à un destin exceptionnel, car il sort du commun, un destin fait de violence et de destruction. Inès Bayard nous propose un récit dont on connaît déjà la fin, il n’y a aucune surprise sur ce plan. Tout l’intérêt est dans le processus : comment Marie va-t-elle en arriver à de tels extrêmes ? L’écriture, incisive et directe, ne permet au lecteur aucun détour ou recours. Emporté dans un tourbillon torturé, il n’a plus d’échappatoires. Et, pour être honnête, je crois que l’on n’a jamais envie de refermer ce livre. Malgré son intensité, sa brutalité, il nous accroche complètement. Je ne peux pas en dire beaucoup plus, il faut lire ce livre pour comprendre. Sans être un coup de cœur comme Règles douloureuses, il s’agit d’un texte fort, à la fois exceptionnel et utile, qui nous révèle un talent très prometteur, celui d’Inès Bayard. Sujet d’actualité s’il en est, sujet millénaire même, les violences faites aux femmes – qui dépassent le viol, y compris dans ce roman – sont enfin abordées, et c’est une très bonne chose. C’est justement ce que j’ai particulièrement apprécié dans Le malheur du bas : la représentation du caractère divers de ces violences, qui peuvent aussi bien être sexuelles que morales, sociales, professionnelles ou gynécologiques… Vous l’aurez compris, c’est un roman éprouvant mais incontournable en cette rentrée littéraire !

Carte d’identité du livre

Titre : Le malheur du bas
Autrice : Inès Bayard
Éditeur : Albin Michel
Date de parution : 22 août 2018

5 étoiles

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#343 Règles douloureuses – Kopano Matlwa

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Le résumé…

Nous sommes en 2015, en Afrique du Sud. Des années durant, Masechaba a souffert de douleurs chroniques liées à une endométriose. Le sang a forgé son caractère, non seulement il a fait d’elle une personne solitaire, presque craintive, mais il l’a aussi poussé à devenir médecin. Quand débute le roman, elle est interne dans un hôpital. Dans le flux ininterrompu des patients, elle s’interroge sur sa capacité à les aimer tous, à leur donner toutes ses forces, tout son dévouement. Elle doute souvent, à l’opposé de sa meilleure amie, son modèle qui bien souvent pourtant l’ignore, voire la rudoie, Nyasha. Nyasha est zimbabwéenne, or l’Afrique du Sud vit alors une époque de racisme brutal.
Un jour, après avoir été accusée par son amie de ne pas avoir pris assez soin d’un patient étranger blessé lors d’émeutes xénophobes, elle décide de publier une pétition demandant le retour à la tolérance et à des valeurs humanistes.
En retour, elle sera violée par trois hommes, pour lui apprendre à rester à sa place.

Mon avis…

Dans une rentrée littéraire, il y a toujours un trésor, caché au milieu de la masse… Je sentais avant même de lire ce roman qu’il pouvait être cette petite perle. Et je ne m’y suis pas trompée, je crois. Il est de ces lectures qui laissent un goût à la fois doux et amer… Après avoir refermé ce livre, comme il est difficile de passer à un autre… Afrique du Sud, 2015, Masechaba souffre d’endométriose. Sa vie est une constante course d’obstacles. Malgré toutes les difficultés, les épreuves, elle a réussi à devenir médecin. Loin de laisser ses propres douleurs masquer celles du monde qui l’entoure, elle constate la prégnance du racisme, la persistance d’une forme d’apartheid qui se manifeste par une méfiance envers les étrangers… puis des violences qui vont profondément la choquer… Elle décide alors de mener un combat qui va la briser.

Règles douloureuses de Kopano Matlwa est un roman fort, puissant, révoltant, qui nous retourne l’âme aussi sûrement qu’une tempête. Endométriose, racisme, xénophobie, viol, mort, survie… Les sujets les plus durs sont présents. Tout cela amené avec la tendresse mêlée d’espoir d’une autrice talentueuse. Un choc, une véritable et belle révélation, un roman à la profondeur et à la perfection insondable ! C’est un livre actuel, moderne, dans lequel fleurit une douce révolte là où plus rien de bon ne semblait pouvoir éclore… Exceptionnel.

Carte d’identité du livre

Titre : Règles douloureuses
Autrice : Kopano Matlwa
Traductrice : Camille Paul
Éditeur : Le Serpent à Plumes
Date de parution : 30 août 2018

5 étoiles

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Coup de cœur

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#332 Les heures rouges – Leni Zumas

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Le résumé…

États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l’être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l’aube de cette nouvelle ère. Ro, professeure célibataire de quarante-deux ans, tente de concevoir un enfant et d’écrire la biographie d’Eivør, exploratrice islandaise du XIXe. Des enfants, Susan en a, mais elle est lasse de sa vie de mère au foyer – de son renoncement à une carrière d’avocate, des jours qui passent et se ressemblent. Mattie, la meilleure élève de Ro, n’a pas peur de l’avenir : elle sera scientifique. Par curiosité, elle se laisse déshabiller à l’arrière d’une voiture… Et Gin. Gin la guérisseuse, Gin au passé meurtri, Gin la marginale à laquelle les hommes font un procès en sorcellerie parce qu’elle a voulu aider les femmes.

Mon avis…

Ce livre s’inscrit dans la lignée des romans de Margaret Atwood et de Maggie Nelson, entre autres, et le revendique. En effet, la proximité est palpable. Leni Zumas explore ici un futur bien sombre, en particulier pour les femmes, et surtout pour elles en réalité. Les personnages sont tous très différents et singuliers, pourtant ils se rejoignent tous à travers une chose : le genre féminin. Susan, Ro, Mattie, Gin… Elles subissent toutes les mêmes conditions, les mêmes règles et les mêmes contraintes. Mais elles se distinguent par leurs réactions variées. Si, au début, je n’ai pas complétement accroché à l’intrigue, car j’avais du mal à percevoir les personnalités de chacune. Mais, petit à petit, on comprend qu’aucune n’est prévisible. Ce sont des êtres de papier doués de leur propre volonté, qui sont en lutte contre un système qui cherche à les figer et les brider.

Après un certain nombre de pages, donc, j’ai enfin pu éprouver du plaisir à la lecture, me laisser aller aux lois de la complexité humaine que reproduit à la perfection l’autrice. C’est en fait quand chacune commence à prendre son destin en main, à sa façon, et à questionner le monde dans lequel elles vivent, que le récit devient plus intéressant. Là, on ressent l’envie de voir où les mènera leur lutte, ou au contraire l’absence de celle-ci. Car Leni Zumas décrit des combats féminins dans leur multiplicité, dans leur singularité. Aucun combat ne ressemble à un autre. Et c’est ce qui fait toute la beauté de ce roman. Tout en jouant avec des références au passé, comme les fameux procès de sorcellerie de Salem, l’autrice aborde notre futur avec clairvoyance et pertinence. Entre la femme au foyer que les pages désignent comme « l’épouse », la professeure et biographe qui désespère d’avoir un enfant, la jeune fille intelligente et promise à un grand avenir qui se retrouve malgré elle enceinte, et la guérisseuse qui ne cherche qu’à aider les femmes qui le lui demandent mais finit accusée d’être une sorcière, quel espace reste-t-il pour la liberté ? pour l’autodétermination ? pour l’individualité ? Et, in fine, les questions que soulève le roman, et auxquelles nous sommes invités à trouver une réponse, ce sont aussi : Quelle place pour LES femmeS dans le futur que nous construisons pour notre monde ? Enfin, pour quels droits voulons-nous, aujourd’hui, nous battre ? A méditer.

Carte d’identité du livre

Titre : Les heures rouges
Autrice : Leni Zumas
Traductrice : Anne Rabinovitch
Éditeur : Presses de la Cité
Date de parution : 16 août 2018

4 étoiles

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Merci aux éditions Presses de la Cité et à NetGalley France pour cette lecture.

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#330 Irrégulières – Chloé Guillot Élouard

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Le résumé…

De la campagne d’après-guerre à la ville contemporaine, trois destins s’entremêlent.

D’abord, il y a Adélaïde, qui s’applique à effacer ses origines sociales. Puis Madeleine, jeune femme raisonnable étouffée par l’autorité parentale, et enfin Sophie, prête à tout pour faire carrière.

Trois héroïnes ordinaires qui aspirent à devenir maîtresses de leurs vies, face aux pressions collectives.

Mon avis…

Je dois l’avouer, je n’avais encore jamais lu de livre auto-édité. Mais il y a un début à tout, et Irrégulières me semble un parfait point de départ. A première vue, le résumé semblait en effet très prometteur tout en ne révélant que peu d’indices sur l’intrigue. Il est question, dans ce livre, de trois destins de femmes. Ces dernières sont, disons-le, banales, un peu comme nous toutes en réalité. Il s’agit de personnages que l’on pourrait tout à fait croiser, connaître, rencontrer, avoir dans sa famille. Le roman est très réaliste sur le plan de la psychologie. On n’a absolument aucun mal à se projeter dans les vies de ces femmes, à imaginer leur quotidien et les situations souvent difficiles auxquelles elles font face. Chloé Guillot Elouard nous décrit, à travers ces échantillons, les multiples obstacles auxquels sont confrontées les femmes dans tous les milieux sociaux, à toutes les époques. On se rend compte que, malgré leurs différences, elles doivent d’une certaine manière surmonter les mêmes épreuves, chacune à sa façon.

J’ai vraiment accroché aux trois intrigues, j’avais envie de savoir ce qu’il allait advenir de ces trois personnages. J’ai beaucoup aimé le mélange de banalité et de singularité de ces femmes, qui sont à la fois uniques dans leurs personnalités et réunies par les conditions qu’impose leur genre. En fait, ce roman est excellent à tous les niveaux, sur le plan des micro-histoires, celles d’Adélaïde, Madeleine et Sophie, et sur le plan de la macro-histoire, celle des femmes. Dans ce dernier aspect, le texte est féministe dans la mesure où il permet une réflexion sur le genre, sur la vie des femmes en France du XXe siècle à aujourd’hui. J’ai particulièrement aimé le personnage de Sophie, dans lequel j’avoue m’être reconnue sur certains points. Il s’agit d’une étudiante préparant sa thèse, confrontée à ses angoisses, aux attentes de la société, s’interrogeant sur ses propres désirs et volontés… Passionnant ! Je n’étais pas pour autant en reste avec Adélaïde et Madeleine qui ont elle aussi touché ma sensibilité.

J’ai donc eu une très agréable surprise avec Irrégulières. D’ailleurs, je tiens à souligner que le titre est très bien choisi, car il résume parfaitement le propos de ce roman. C’est un livre qui, véritablement, mérite d’être connu. Il est possible que certains points puissent déplaire à quelques lecteurs, comme la grande liberté que nous laisse l’autrice (ceux et celles qui ont déjà lu le roman me comprendront). C’est quelque chose que j’ai au contraire plutôt apprécié, car j’ai eu la sensation de continuer ma lecture encore bien après l’avoir fini ! Toutefois, un petit bémol pour moi : le thème de la maternité, assez présent à certains moments du roman, n’est pas celui qui me touche le plus, si bien que j’ai l’impression d’avoir « manqué » certains aspects. C’est tout de même une bonne expérience livresque que j’ai connue ici, car j’ai dévoré ce livre sans le lâcher, et il m’a laissé une excellente impression globale.

Carte d’identité du livre

Titre : Irrégulières
Autrice : Chloé Guillot Elouard
Éditeur : autoédité
Date de parution : 26 mai 2018

5 étoiles

Merci à Chloé Guillot Elouard pour cette lecture.

Son site internet • Sa page Facebook

#306 La petite poule rouge vide son cœur – Margaret Atwood

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Le résumé…

« Le corps féminin type se présente muni des accessoires suivants : un porte-jarretelles, un panty, une crinoline, une camisole, une tournure de jupe, un soutien-gorge, un corsage, une chemise, une ceinture de chasteté, des talons aiguilles, un anneau dans le nez, un voile, des gants de Chevreau, des bas résilles, un fichu, un bandeau, une guêpière, une voilette, un tour de cou, des barrettes, des bracelets, des perles, un face-à-main, un boa, une petite robe noire, une gaine de soutien, un body en Lycra, un peignoir de marque, une chemise de nuit en flanelle, un teddy en dentelle, un lit, une tête. » Sur un ton drôlatique, vingt-sept façons de tordre la réalité, les croyances de chacun, les habitudes de chacune, ou l’art de se dévisser le cou pour se regarder droit dans les yeux. Un régal de mise en pièces de nos mythes, des plus anciens aux actuels, sans compter quelques utiles conseils ou recettes tels que Rendons grâce aux sottes et Fabriquer un homme.

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Mon avis…

Vous allez finir par être habitué(e)s à voir passer régulièrement Margaret Atwood sur ce blog. Depuis La Servante écarlate, j’ai lu d’autres de ses textes, parmi lesquels C’est le cœur qui lâche en dernier, bien plus cynique et décalé que le roman qui a inspiré la série télé à succès, ou encore le recueil de nouvelles Neuf contes, tout simplement excellent ! Et c’est justement charmée par cette dernière parution que j’ai décidé de m’aventurer dans un autre recueil de nouvelles d’Atwood, dont le titre est très intrigant : La petite poule rouge vide son coeur. Impossible de ne pas déceler dans ce livre le cynisme que j’avais adoré dans C’est le cœur qui lâche en dernier, et le féminisme particulièrement révolté qui se dessine dans La Servante écarlate.

Avec beaucoup d’humour, et souvent d’ironie, Atwood nous emporte dans de très très brèves histoires, parfois longues d’à peine deux ou trois pages, où elle nous fait le portrait d’un monde étrange qui ressemble drôlement au nôtre, sous certains aspects. Sous couverts d’allégories, de réécritures de contes ou de fables fameuses, elle critique avec subtilité la société patriarcale. Mon histoire préférée ? Une recette plutôt, intitulée « Fabriquer un homme ». Un épisode plein d’humour et complètement décalé, qui en dit beaucoup sur notre monde lorsque l’on sait lire entre les lignes. Margaret Atwood évoque les corps féminins, les poules (vous saurez deviner de qui il s’agit), mais aussi les coqs, et d’autres animaux. On y croisera aussi Blanche-Neige, le Petit Chaperon Rouge, ou carrément Ève, qui côtoie les mannequins des magazines féminins… Atwood opère une véritable déconstruction des mythes et des images qui ont forgé « la » femme, des plus anciens aux plus récents, et le tout avec le charme de la fiction enfantine.

Margaret Atwood se montre particulièrement malicieuse dans ce recueil étonnant et détonnant. Subtiles, ses histoires se lisent et se relisent. Ce sont de véritables textes à clés que nous livre l’autrice canadienne. Je trouve que ces nouvelles, contes ou fables, ces histoires courtes en somme, permettent d’approcher avec beaucoup de justesse la délicatesse mêlée de brutalité propre à la plume d’Atwood. Elle ne nous épargne rien, mais le fait avec une forme de douceur amère parfois désarmante. Surtout, ne vous arrêtez pas à La Servante écarlate, explorez bien plus de cette autrice unique, et pourquoi pas par le biais de ses recueils ?

Ô mon hypocrite lectrice ! Ma semblable ! Ma sœur ! Rendons grâce aux sottes qui nous donnèrent la littérature.

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Margaret Atwood

En quelques mots…

cynique voire désabusé
complètement décalé et perché
subtil et délicat
réécritures
à interpréter et à déguster

Carte d’identité du livre

Titre : La petite poule rouge vide son cœur
Autrice : Margaret Atwood
Traductrice : Hélène Filion
Éditeur : Le Serpent à Plumes
Date de parution : 12 octobre 1999

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Coup de cœur

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#293 Les joies d’en bas – Nina Brochmann et Ellen Støkken Dahl

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Le résumé…

On s’imagine tout savoir sur l’organe sexuel féminin, car il en est souvent question dans les magazines et sur Internet. Mais voilà que Les Joies d’en bas, écrit par deux futures praticiennes norvégiennes et traduit dans une trentaine de langues, dissipe enfin un ensemble de mythes ou de fausses vérités entourant le sexe. Non, on ne peut pas constater médicalement si une fille est en­core vierge. Non, l’orgasme purement “vaginal” n’existe pas. Et le clitoris n’est pas un bouton magique sur le­quel il suffit d’appuyer…
En faisant état des tout derniers résultats de la re­cherche, ce livre révèle la face cachée du clitoris, retrace la ronde des hormones qui orchestrent les menstrua­tions, fait le tour des différents types de contraception… et met enfin le doigt sur le fameux point G.
Voici un guide réjouissant et utile du “continent noir” qui rappelle une chose essentielle : pour être fière de son sexe, il faut le connaître.

Mon avis…

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un livre qui, à mon sens, fait une petite révolution à lui tout seul : Les joies d’en bas. Cet ouvrage, écrit par deux étudiantes en médecine norvégiennes, aborde un sujet passionnant : le sexe féminin. Préparez-vous pour un voyage dans des contrées souvent méconnues… Même si l’on croit être bien informées sur nos organes génitaux, sachez mesdames que nous ignorons encore beaucoup de choses. Et ce livre vient remédier au problème. Il s’agit ici de tordre le coup aux clichés, de déconstruire les croyances au sujet de celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom… Fini les tabous ! Nina Brochmann et Ellen Støkken Dahl nous parlent comme des copines. Elles nous expliquent ce que nous devons savoir au sujet de notre corps, pour mieux le comprendre et ainsi avoir un rapport différent avec lui. Avec des mots simples et des petits dessins, elles nous montrent à quoi ressemble vraiment notre sexe, et tout ce qui en découle : comment avoir à tous les coups un orgasme, par exemple. Votre clitoris, entre autres, n’aura plus de secret pour vous ! Mais ce n’est pas uniquement de sexualité qu’il s’agit, loin de là. Vous comprendrez aussi l’utilité des poils, l’inutilité des règles, et inversement, entre autres choses… Le tout de façon nuancée, bien évidemment. On apprend aussi tout ce qu’il y a à savoir sur des sujets moins gais : le cancer du col de l’utérus, les infections sexuellement transmissibles, etc. Bref, c’est un livre salvateur que nous donnent à lire ces deux autrices. Connais-toi toi-même, apprends donc à connaître ton corps, avec cette bible du sexe féminin !

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Pourquoi « féministe » ? Car il faut connaître son corps pour en avoir la pleine maîtrise.