#382 La chambre des officiers – Marc Dugain

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Le résumé…

1914. Tout sourit à Adrien, ingénieur officier. La guerre éclate et lors d’une reconnaissance sur les bords de la Meuse, un éclat d’obus le défigure. Le voilà devenu une  » gueule cassée « . Adrien ne connaîtra pas les tranchées mais le Val-de-Grâce, dans une chambre réservée aux officiers. Une pièce sans miroir, où l’on ne se voit que dans le regard des autres.
Adrien y restera cinq ans. Cinq ans pour penser à l’après, pour penser à Clémence qui l’a connu avec sa gueule d’ange…

Mon avis…

J’ai enfin lu La chambre des officiers de Marc Dugain ! De ce roman, qui date de 1999, je n’ai entendu que du bien… Je l’ai dévoré, le temps d’un aller-retour en train. C’est en effet un livre assez court, qui se lit vraiment bien et qui, en cela, me semble vraiment pouvoir s’adresser à tous les publics, y compris les jeunes. Il raconte l’histoire d’Adrien, beau jeune homme qui, mobilisé dans le génie pendant la Première Guerre mondiale, est défiguré par un éclat d’obus dans les premiers jours du conflit, avant même que les combats ne commencent officiellement. Il est le tout premier blessé de la face en France, la toute première « gueule cassée ». Ce roman raconte donc son quotidien à l’hôpital du Val de Grâce, près de Paris, où il ne voit des combats et de la guerre que les nombreux blessés graves qui affluent à l’arrière. La « chambre des officiers », c’est celle dans laquelle on l’installe dès son arrivée. Les blessés sont « classés » selon leur rang. Dans cette salle, il rencontrera d’autres officiers blessés, et construira des amitiés durables. Ce roman montre bien l’esprit de camaraderie qui peut naître, même dans les pires épreuves, mais aussi tous les obstacles que devaient surmonter ces personnes.

Ce roman est passionnant car il nous fait entrer dans la vie d’Adrien, à travers une narration à la première personne qui nous permet d’imaginer, ne serait-ce qu’un peu, ce que devait ressentir une gueule cassée. En cela, le livre de Marc Dugain était assez singulier à l’époque de sa sortie car, en vérité, les blessés de la face, bien que très nombreux, avaient tendance à être invisibilisés en littérature. Depuis, nous avons aussi vu passer Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013, dans lequel l’un des personnages principaux, Édouard Péricourt, est aussi une gueule cassée. J’ai beaucoup aimé la présence étonnante d’une femme parmi tous ces blessés. Le roman met en effet en scène la variété des blessures mais aussi celle des victimes, et l’horreur que cela représente. Il permet également de montrer leur retour à la vie civile, parfois extrêmement compliqué, parfois impossible. C’est un roman très fort, écrit avec un style simple et accessible, qui permet de porter un regard profondément humain sur ce conflit dévastateur et précisément marqué par l’inhumanité.

Carte d’identité du livre

Titre : La Chambre des Officiers
Auteur : Marc Dugain
Éditeur : Pocket
Date de parution : 6 janvier 2000

5 étoiles

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#378 L’aimée – Renée Vivien

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Le résumé…

Lorély, intellectuelle et salonnière réputée, inspire à la narratrice un amour passionnel et destructeur. Celle-ci en oublie sa tendre amie, Ione, qui en meurt de chagrin. Lorély l’infidèle devient alors celle par qui le drame est arrivé. Viennent d’autres amantes, figures salvatrices ou démons séducteurs, brouillant les pistes dans le jeu amer de tromperie et de pardon qui oppose et réunit tour à tour la narratrice et Lorély.

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Mon avis…

Aujourd’hui, je vous parle non seulement d’un livre, mais aussi d’une maison d’éditions : Talents hauts. Vous en avez peut-être déjà entendu parler. Il s’agit d’une ME jeunesse, créée en 2005, qui choisit de publier des livres qui vont à l’encontre des clichés, des discriminations, des distinctions de genres, etc. L’un de leurs projets est ainsi de proposer la réédition de textes oubliés, car ils sont l’œuvre d’autrices qui, principalement en raison du fait qu’elles étaient des femmes, ont été condamnées à être effacées des histoires littéraires et des rayonnages des librairies. Cette collection très récente s’appelle « Les plumées », pour les raisons que l’on imagine. Vous pouvez y découvrir Isoline, un texte de Judith Gautier (je vous avais déjà parlé de cette autrice en proposant une brève chronique des Mémoires d’un éléphant blanc), ou encore Marie-Claire de Marguerite Audoux, ou bien Trois soeurs rivales de Marie-Louise Gagneur et, un peu plus connu, La Belle et la Bête de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve. Aujourd’hui, c’est d’un autre livre que je vous parle : L’aimée de Renée Vivien. C’est un texte qui avait déjà paru sous le titre Une femme m’apparut, mais qui était depuis tombé dans l’oubli…

« Dans une demi-clarté à la magie singulière, une Femme m’apparut… […] Instinctivement, je redoutai le commandement de son regard, la courbe impérieuse de ses lèvres. Ses cheveux la nimbaient d’un perpétuel clair de lune. »

Alors, avant de rentrer dans le détail de ce magnifique texte, j’aimerais vraiment remercier les éditions Talents hauts pour ce superbe projet, qui est d’une importance capitale dans la vie littéraire actuelle. Mettre en lumière les autrices est tout simplement une nécessité aujourd’hui, et cette maison d’éditions le fait avec beaucoup de goût, de subtilité, de fraîcheur. Merci.

« J’attendais Lorély dans un boudoir glauque où les bibelots semblaient jetés çà et là au gré d’une main impatiente. On y sentait le caprice et le désordre d’un esprit fantasque. Des fleurs éclataient partout en gerbes, en fusées, en masses touffues… C’étaient des lys tigrés ouvrant leurs vastes corolles d’où s’exhalait la violence du parfum, des grappes d’orchidées bleues retombant avec une grâce triste, des gardénias, si fragiles que le frôlement le plus doux les eût flétris, blêmissant à côté de roses blanches. »

Si Talents hauts est une maison d’édition jeunesse, il s’avère que les livres de la collection « Les plumées » sont, dans toutes les librairies dans lesquelles j’ai cherché, rangés dans les rayons de littérature générale. Cela peut s’expliquer par le fait qu’il s’agit de textes littéraires assez anciens, peut-être, mais aussi par le vocabulaire, parfois compliqué. Or, je tiens à souligner que l’ensemble est compréhensible y compris d’un lectorat jeune. Tout dépend, je pense, de la maturité des lecteurs et lectrices. Le mieux étant de mettre le livre entre leurs mains et de les laisser décider si cela les intéresse ou non. Ce sont donc aussi des textes qui sont accessibles aux adultes. Bref, il est possible de les lire presque à tout âge. Et je n’ai donc pas boudé mon plaisir.

« Aucune parole de sagesse ne vaut le rire de la folie »

Il n’y a pas vraiment d’intrigue dans ce « roman », que j’hésite même à appeler ainsi pour cette raison. Il s’agit d’un texte qui aborde les questions de l’amour, de la passion, de la peine qui peut en découler. Renée Vivien traite ici de la relation entre deux femmes, et ce n’est pas pour rien que cette autrice est surnommée Sapho 1900, d’après le nom de la célèbre poétesse de l’Antiquité, qu’elle a traduite et adaptée, contribuant ainsi à en faire le symbole des amours lesbiens. L’aimée, dans lequel on retrouve cette influence, est vraiment un livre absolument splendide, très poétique. L’écriture et le style de l’autrice sont exceptionnels. Il s’agit d’un texte en grande partie autobiographique, car il est inspiré de sa relation avec Nathalie Barney, une femme qu’elle a tendrement aimée et qui l’a beaucoup fait souffrir. Tout cela est fort bien expliqué dans la petite préface de Nicole G. Albert, docteure et spécialiste de la littérature décadente. L’ensemble du livre est assez métaphorique parfois, nimbé de mystère, auréolé de douceur également, comme s’il incarnait le sentiment même de l’amour. J’ai vraiment été séduite par cette lecture, qui mérite en effet d’être redécouverte pour sa grande qualité stylistique et sa profondeur qui n’ont rien à envier aux plus grands chefs d’œuvre reconnus de la littérature.

Carte d’identité du livre

Titre : L’aimée
Autrice : Renée Vivien
Éditeur : Talents Hauts
Date de parution : 21 février 2019

5 étoiles

#376 Bleue – Maja Lunde

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Le résumé…

Norvège, 2017. Depuis son plus jeune âge, Signe a fait passer l’écologie avant tout. Ainsi a-t-elle préféré renoncer à Magnus, dont elle ne partageait pas les idées. Aujourd’hui, elle vit sur un bateau amarré dans un fjord, au plus près de l’eau.  Et c’est pour sauver l’eau qu’elle décide à soixante-sept ans d’entreprendre un dernier périple en mer, lorsqu’elle apprend qu’une opération commerciale, autorisée jadis par Magnus, menace son glacier natal. L’heure est venue pour Signe d’affronter son grand amour perdu. Pour cela, elle doit prendre la direction du sud de la France…

France, 2041. La guerre de l’eau bat son plein. Avec Lou, sa fille aînée, David a fui les Pyrénées ravagées par la sécheresse pour retrouver sa femme et leur bébé, dont il a été séparé. Mais les réfugiés climatiques sont bloqués à la frontière, et les ressources commencent à manquer. Un jour, à des kilomètres de la côte, David et Lou trouvent un voilier au beau milieu d’un champ desséché : le bateau de Signe…

Mon avis…

Après l’excellent Une histoire des abeilles, Maja Lunde revient avec une nouvelle fable dystopique : Bleue. Cette fois, ce ne sont pas trois mais deux trames narratives que nous suivons, l’une en 2017, l’autre en 2041. J’apprécie beaucoup cette construction, qui permet d’avoir plusieurs regards sur l’événement, ici la sécheresse. Si ce roman, comme le précédent, a clairement pour but de nous faire réfléchir aux enjeux écologiques et climatiques de notre époque, c’est aussi un livre passionnant, avec des personnages attachants et une intrigue prenante.

Bleue est un texte magnifique, qui nous montre des temps futurs, où de nombreux européens, français compris, seront obligés de fuir les villes dévastées par des incendies que l’on ne peut plus éteindre par manque d’eau, devenant ainsi des réfugiés climatiques dont, malheureusement, les autres pays ne veulent pas… Triste ironie du sort, me direz-vous… Mais c’est aussi et surtout profondément réaliste. L’eau a disparu, les fleuves se sont taris, l’eau courante est rationnée dans les camps où se réunissent les survivants… Quant à l’histoire qui se déroule vingt-quatre ans plus tôt, elle nous montre un échantillon de la destruction de la planète, de son exploitation à l’excès, tout en proposant un récit individuel, montrant le destin de personnages et leur lien avec ce processus. Ici, ni grand méchant ni grand gentil, juste des êtres humains parfois inconscients, toujours fragiles…

Malgré le caractère dystopique, Maja Lunde injecte de l’espoir tout au long de son roman, au travers de ses êtres de papier, et en particulier de la petite Lou. Comme dans Une histoire des abeilles, le salut du monde se trouve entre les mains des enfants… Loin d’être simpliste et moralisatrice, cette histoire est bien au contraire d’une richesse folle, et remplie de tendresse. Ce roman est encore une fois un véritable coup de cœur, car il mêle avec subtilité réflexions actuelles sur l’avenir du monde et divertissement. Oui, c’est à la fois une lecture plaisir et réflexive, et c’est pour cette raison que je vous conseille vivement ce livre. Il est scientifiquement documenté, certes, mais il amène une touche d’humanité et d’individualité dans ce récit parfois catastrophique de l’avenir qui nous attend si le monde continue à tourner ainsi.

Carte d’identité du livre

Titre : Bleue
Autrice : Maja Lunde
Traductrice : Marina Heide
Éditeur : Presses de la Cité
Date de parution : 09 mai 2019

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Coup de coeur

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Merci aux éditions Presses de la Cité et à NetGalley pour cette lecture.

Alerte parution : « La fabrique des coïncidences » de Yoav Blum

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L’original roman de Yoav Blum vous attend en librairie, enfin au format poche ! Je vous conseille de vous emparer de cette pépite pour les mois d’été, pour bouquiner à la plage, dans votre jardin ou en terrasse, ou encore dans votre vol long courrier. Enjoy !

Retour sur la chronique que j’avais faite de ce super livre !

Le résumé…

Guy, Emily et Eric sont des agents secrets d’un genre nouveau. Leur mission : créer des coïncidences pour influer sur la vie des gens. Le destin ne relève pas du hasard ou d’une autorité divine mais bel et bien d’une organisation invisible, où l’on débute souvent comme tisseur de rêves ou ami imaginaire jusqu’à accéder à la fonction ultime de faiseur de coïncidences. Aussi, quand Guy se voit assigner une mission spéciale impliquant un mystérieux tueur à gages, ses certitudes volent en éclats, menaçant l’équilibre du trio. Tout en subtilité, ce roman intelligent et captivant interroge autant la notion de libre arbitre que la nature véritable de l’amour.

Mon avis…

« La fabrique des coïncidences » est un livre original, coloré, malicieux. J’ai été un peu déstabilisée au début, car l’histoire est particulièrement décalée, on est dans un tout autre monde tout en étant ancré dans une réalité proche de la nôtre. Dans ce monde-là, il y a des personnages dont le boulot est d’être ami imaginaire ou faiseur de coïncidences. Ce sont ces derniers qui vont faire en sorte que la vie des gens prenne une orientation particulière, de mission en mission. Nous suivons, dans ce roman, trois personnages, et un en particulier : Guy. Il est du genre « gratte-papier », très sérieux, il fait bien son boulot. Alors, quand une mission étrange lui est confiée, il voit sa vie bien droite et bien réglée brutalement secouée en tous sens. Et c’est donc son histoire que l’on suit, son passé que l’on explore, et son futur que l’on fabrique ! Le roman se bonifie au fil des pages. Au début, il faut un peu de temps pour s’habituer à l’univers, aux règles de ce nouveau monde, puis on se laisse emporter, guider. Pas de coïncidences dans ce livre, tout est travaillé, bien construit. J’ai beaucoup aimé le contraste constant entre les propos parfois terre-à-terre et les réflexions philosophiques qui peuvent s’immiscer dans notre esprit. L’auteur nous propose d’adopter un nouveau regard sur notre vie, sur les contraintes de la société, sur notre libre-arbitre également… C’est un texte à la fois divertissant et profond, comme on n’en lit qu’une fois. A découvrir si vous cherchez une lecture qui vous change, dans tous les sens du terme !

En quelques mots…

très original
unique en son genre
se lit et se médite
crescendo
décalé et vif

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Alerte parution : « Comme une mule qui apporte une glace au soleil » de Sarah Ladipo Manyika

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Une fois n’est pas coutume, j’avais vraiment envie de vous signaler une sortie poche, celle de l’excellent roman « Comme une mule qui apporte une glace au soleil » de Sarah Ladipo Manyika. Derrière ce drôle de titre se cache un livre d’une fraîcheur et d’une profondeur remarquable !

Petit retour sur ma chronique de cet excellent bouquin, d’abord paru aux éditions Delcourt et désormais en poche chez 10/18 !

Le résumé…

Le professeur Morayo Da Silva s’apprête à fêter son anniversaire, alors elle sort acheter des fleurs. Cette Mrs Dalloway nigériane porte fièrement ses soixante-quinze printemps et ses turbans aux mille couleurs, et aime par-dessus tout retrouver son petit monde dans les rues de Haight-Hashbury, San Francisco, sa ville de cœur depuis deux décennies. On croise ainsi Dawud, commerçant palestinien ; Mike, un policier apprenti-romancier ; Mme Wong, toujours un balai à la main ; Sunshine, la jeune voisine indienne qu’elle a prise sous son aile ; ou encore Rachel une jeune SDF fan de Grateful Dead… La vie des autres, elle l’expérimente aussi au gré des romans qui tapissent les murs de son appartement et dont les personnages dialoguent entre eux.

Mon avis…

La couverture originale et celle du livre de poche sont à l’image du livre : colorées, enthousiasmantes, solaires… J’ai toujours eu un peu de mal avec ce qu’on appelle couramment les romans feel good. Et, pour la première fois, il y a un livre qui m’a vraiment semblé mériter ce nom, le voici. Dans ce récit, l’autrice nous raconte l’histoire de Morayo Da Silva, une femme de 75 ans qui vient du Nigéria et vit à San Francisco. Dans la vie, c’est une femme vive, pleine de couleurs, qui a le don de provoquer des sourires partout où elle passe. Comme nous, elle est amoureuse des livres et ceux-ci lui rendent bien.

Son anniversaire arrive, elle en profite pour revenir avec calme et philosophie sur son passé et son présent, tout en envisageant son avenir. Elle repense à tous ceux qu’elle a croisés, aux rencontres qu’elle a faites. Mais la vie n’est pas finie pour elle, loin de là. Et des rencontres, elle en fait encore. Son corps fatigue un peu, lui réclame du repos. Ce roman, c’est donc aussi l’histoire d’un duel entre une énergie intérieure et le temps qui passe. Morayo est un personnage inspirant, remplie d’une soif de vie et de découverte qui ne peuvent que nous donner envie de respirer un bon coup et de se laisser entraîner au fil des rues.

Ce roman, c’est le portrait d’une femme, mais aussi le portrait de la société qui fourmille autour d’elle. Une société cosmopolite, variée, qui bouge sans cesse. Dans ce livre, tout est beau. Et une lecture aussi rafraîchissante, gaie, enthousiasmante, ne peut que faire du bien. Comme une mule qui apporte une glace au soleil est un petit roman merveilleux, le premier de l’autrice à être traduit en français. Je conseille vivement la lecture de ce roman pour les vacances, quand on a juste envie d’une lecture douce et apaisante, à la fois légère et profonde. Sarah Ladipo Manyika fait entrer le soleil dans l’esprit de ses lecteurs et leur présente un personnage fort, à raison comparé à la célèbre Mrs Dalloway de Woolf.

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Alerte parution : « Treize jours » de Roxane Gay

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Parfois, il me semble indispensable de vous signaler la sortie en poche de livres absolument exceptionnels.

Alors j’aimerais attirer votre attention sur Treize jours de Roxane Gay. Je vous l’avais chroniqué à sa sortie en 2017. Et c’était un véritable coup de cœur ! Retour sur la chronique :

Le résumé…

Fille de l’un des hommes les plus riches d’Haïti, Mireille Duval Jameson mène une vie confortable aux États-Unis. Mais alors qu’elle est en vacances à Port-au-Prince avec son mari Michael et leur bébé Christophe, Mireille est kidnappée. Ses ravisseurs réclament un million de dollars à son père. Pourtant, ce dernier refuse de payer la rançon, convaincu que toutes les femmes de sa famille seraient alors enlevées les unes après les autres. Pendant treize jours, Mireille vit un cauchemar. Son ravisseur, dit le commandant, est d’une cruauté sans nom. Comment survivre dans de telles conditions et, une fois libérée, comment surmonter le traumatisme, pardonner à son père et recréer une intimité avec son mari ?

Mon avis…

Préparez-vous à découvrir un livre choquant, violent et bouleversant… pour la bonne cause ! L’histoire de Mireille ne peut laisser personne indemne. Ce roman est un véritable chef d’œuvre d’émotions. Roxane Gay dépeint parfaitement la détresse humaine, l’égarement et la colère qu’une femme peut ressentir après avoir vécu les pires épreuves. Et, surtout, ce qui m’a le plus touchée, le vide qui habite un être brisé. C’est une sensation des plus difficiles à rendre, des plus complexes à décrire, et l’autrice a réussi cet exploit… Ce roman, bien qu’il s’agisse d’une fiction, est profondément réaliste dans la souffrance qu’il décrit, comme dans la richesse – et la bassesse – de l’être humain qu’il explore.

C’est un texte passionnant, que l’on dévore, que l’on ne lâche pas. Il prend aux tripes et absorbe totalement l’esprit jusqu’à l’ultime page. Chaque mot est un pas en avant dans la compréhension d’une violence sans nom. Clairement, ce livre secoue, ébranle, perturbe. Il laisse une profonde trace, peut réveiller quelques troubles – selon le vécu de chacun. Mais c’est un roman qui dit des choses essentielles, des choses brutales mais dont chacun devrait prendre conscience un jour. Malgré ce qu’il a bousculé en moi, ce livre m’a plu, pour la force qu’il dégage, l’émotion qu’il communique, l’espoir qu’il redonne, parfois. Roxane Gay donne une voix à des victimes, tout en explorant un territoire, Haïti, en mettant en évidence les problèmes qui secouent le monde, chaque jour. Elle montre jusqu’où la sensation d’être né au mauvais endroit, du mauvais côté de la route, peut mener. Jusqu’à quelles extrémités, quelle violence. En bref, Treize jours est un beau roman, dans tous les sens du terme, et une expérience vibrante, qui laisse une sensation étrange…

Découvrez aussi Hunger, le dernier livre de Roxane Gay.

féminismeblog

#367 Le Mangeur de livres – Stéphane Malandrin

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Le résumé…

Adar Cardoso et Faustino da Silva, deux petits garnements de Lisbonne, rois de la bêtise, spécialistes ès rapines de pâtés, tripailles et saucisses, sont attrapés par un curé qui les enferme dans la crypte de son église et se promet de les éduquer à coups de claques. Nous sommes en 1488, juste avant la diffusion de l’imprimerie dans la péninsule Ibérique. Adar trouve un vieux codex écrit sur le plus fin vélin et, se voyant mourir de faim, le mange en entier. Le livre était empoisonné : voilà l’enfant condamné à hanter les bibliothèques de la ville à la recherche d’autres précieux codex. Il n’aura de cesse de les mettre en charpie et de les dévorer, devenant ainsi le Mangeur de livres, celui dont tout le monde veut la mort.

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Mon avis…

Aujourd’hui, direction le Portugal, et plus précisément la ville de Lisbonne, au XVe siècle, peu après la naissance de l’imprimerie. Lecteur, lectrice, sois en ce jour guidé.e par l’auteur français Stéphane Malandrin, dont c’est le premier roman. Bien que novice en écriture, il se lance un défi colossal : celui d’écrire un conte à la façon de Rabelais. Et c’est bien un récit pantagruélique dans lequel il t’entraine ! Laisse-toi porter par une étrange folie philosophique, mais néanmoins bien ancrée dans le bas-corporel si souvent associé à notre auteur du XVIe s. Le langage est fleuri, faisant ainsi de Stéphane Malandrin un digne représentant de la langue verte ! L’amour de la littérature dégouline de ce roman particulièrement original. Il est gigantesque, à l’image de ce mangeur de livres qui grossit sans fin, à mesure qu’il assouvit sa faim en dévorant les plus précieux codex du monde.

« je suis mangeur de livres ; je les consomme comme du bon pain, j’en fais des tartines et des mouillettes, j’en fais des rondelles de saucisse, des tripailles, des pâtés, je suis passé maître dans l’art d’accommoder les livres, je suis le ventre couronné, le ventre fait roi, le digestif sacré, j’en ai des recettes à gogo, dans mes poches, dans mes valises, dans mes tiroirs, je les mets dans ma bouche, je les mastique, je les avale, je les digère, je les déguste, je les rote, je les défèque, j’en fais des phrases et d’autres livres qui sortent de moi comme des geysers, je suis un mangeur de livres et même « le » mangeur de livres, puisqu’à cette date, je suis le seul vrai Mangeur de livres par vice et réputation – et voici mon histoire. »

Si tu décides de t’emparer de ce livre, tu seras emporté.e dans un récit au rythme haletant, qui ne te laissera aucun repos. Si tu es accro aux livres, tu reconnaîtras sûrement une part de toi dans ce personnage, Adar, qui se laisse aller à la dévoration de tous les ouvrages qui croisent son chemin. N’as-tu jamais, toi-même, dévoré un livre ? Certainement pas comme lui, bien sûr, mais je suis certaine que cela t’es déjà arrivé ! Stéphane Malandrin a pris l’expression au pied de la lettre et s’en amuse. Cette fable rocambolesque est plaisante, bien que parfois un peu confuse, peut-être un peu trop rapide aussi, et saturée de bons mots. Nulle légèreté ici, mais une orgie littéraire. Si tu aimes les récits farfelus et rabelaisiens, tu ne pourras néanmoins qu’apprécier ce roman.

« Est-ce ma faute si le livre était empoisonné ? Est-ce ma faute s’il était livre-ver-solitaire, livre-bactérie qui se développe comme la levure dans son pain, livre-lombric qui contamine et qui croît comme le virus dans sa narine, livre-crabe qui se déverse dans le sang comme un cancer ? »

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Gargantua

Le style de Stéphane Malandrin n’est pas sans rappeler, outre celui de Rabelais, le style de Jean Teulé. Sans filtre aucun, marqué par l’excès et la gouaille, Le Mangeur de livres est un livre très certainement atypique. Rares sont les auteurs qui se permettent une telle verve et, après tout, cela est bien rafraîchissant ! Que l’on aime ou que l’on n’aime pas, ce roman ne peut pas laisser indifférent. Stéphane Malandrin fait son entrée avec brio et fracas sur les tables des librairies, et je lui souhaite la bienvenue ! Dédié par ailleurs aux professionnels du livre, ce récit est une véritable déclaration d’amour (truculente) à la lecture et à la littérature. Bref, tu l’auras compris, c’est un petit phénomène que ce Mangeur de livres, qui entend parler de notre passion d’une façon bien joyeuse et non-conformiste. Et si tu le dévorais, toi aussi ?

Carte d’identité du livre

Titre : Le Mangeur de livres
Auteur : Stéphane Malandrin
Éditeur : Seuil
Date de parution : 03 janvier 2019

4 étoiles

#366 Kukolka – Lana Lux

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Le résumé…

Dans un orphelinat d’Ukraine des années quatre-vingt-dix, Samira, sept ans, rencontre Marina. Samira, depuis longtemps victime de brimades à cause de sa peau mate de Tzigane, trouve en la blonde Marina une alliée inattendue. Aussi, lorsque sa seule amie est adoptée par un couple allemand, la petite Samira décide de la rejoindre à Berlin et prend la fuite. Elle est alors recueillie par un groupe de vagabonds, qui vivent dans une maison sans électricité, eau courante ni toilettes. Elle croit avoir enfin trouvé un refuge, malgré tout : elle dort sur son propre canapé, des amis plus âgés qu’elle lui apprennent la vie et on commence enfin à la remarquer, notamment Rocky, le seul vrai adulte de la bande. D’autant plus que ses yeux verts et sa voix enjôleuse font d’elle une mendiante très efficace. La fillette est loin d’imaginer que commence pour elle un long calvaire dans les milieux interlopes d’Europe de l’Est avant de pouvoir retrouver sa seule vraie famille : Marina.

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Lana Lux, autrice de Kukolka

Mon avis…

Aujourd’hui, je vous propose une chronique compliquée… Vous vous demandez probablement pourquoi. Je vous dirais tout simplement que ce livre a été un véritable choc pour moi. Il faut donc trouver les bons mots pour vous en parler. Kukolka, qui veut dire « petite poupée » en russe, est un roman qui nous raconte, à la première personne, l’histoire de Samira. Cette petite fille, que l’on découvre au début du roman à l’âge de sept ans, a une amie, Marina. Elle est la seule personne qui ne se moque pas d’elle et la traite avec respect. Alors, quand Marina s’en va en Allemagne avec ses parents adoptifs, Samira, très vite, ne tient plus : elle prend la fuite et part à la gare pour rejoindre sa copine. Sauf qu’elle n’imagine pas un seul instant qu’elle ne peut pas aussi simplement partir dans un autre pays… C’est alors qu’elle est abordée par Rocky. Cet homme au nom étrange lui propose de l’héberger, le temps qu’elle trouve l’argent pour voyager en Allemagne…

Cette rencontre avec Rocky marque le début d’un récit initiatique particulièrement douloureux et éprouvant pour Samira. Kukolka est un Oliver Twist des temps modernes, beaucoup plus trash et violent que l’original de Dickens. Lana Lux nous livre le portrait de personnages féminins soumis, exploités, fragiles, car toutes sont des jeunes filles qu’un homme à la morale douteuse a pris sous son aile. Dascha, Lydia et Samira sont les victimes d’un système qui les dépasse. « Kukolka », c’est le surnom un brin dérangeant dont hérite la petite fille à son arrivée dans la maison de Rocky, qui abrite des jeunes mendiants, pickpockets ou cambrioleurs… Samira a embarqué dans une terrible odyssée, toujours surprenante, toujours terrible. Nous voilà entraînés dans une quête, avec elle : quête de Marina, du bonheur, d’une famille, d’une existence, d’une identité, avec pour horizon les pays d’Europe de l’ouest, cet occident qui fait rêver.

Kukolka est un roman qui nous propose la description d’une Ukraine sordide et malsaine. Lana Lux nous entraîne, à travers ce récit, dans les méandres de la pauvreté extrême, de l’exploitation des mineurs, allant jusqu’à évoquer le thème de la prostitution infantile. L’usage de la première personne dans ce récit amène un ressenti très particulier au lecteur… Le « je », celui de Samira, est teinté de naïveté… C’est un regard enfantin, tandis que l’histoire racontée est d’une violence certaine. C’est ce qui fait la particularité de ce roman. La plongée dans l’esprit de Samira est particulièrement éprouvante. C’est un récit à la fois tendre, plein d’espoir, et terriblement perturbant. Ce roman est passionnant, se lit très bien, car nous suivons avec intérêt la quête de Samira. Nous nous attachons à elle et nous voulons connaître son destin, pour le meilleur et pour le pire. Âmes sensibles s’abstenir, sauf si elles veulent être éprouvées, tout comme je l’ai été.

Carte d’identité du livre

Titre : Kukolka
Autrice : Lana Lux
Traducteur : Brice Germain
Éditeur : Denoël
Date de parution : 07 mars 2019

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Coup de coeur

5 étoiles

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

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#363 Une sirène à Paris – Mathias Malzieu

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Le résumé…

« Surprisiers : ceux dont l’imagination est si puissante qu’elle peut changer le monde – du moins le leur, ce qui constitue un excellent début. »

Nous sommes en juin 2016, la Seine est en crue. De nombreuses disparitions sont signalées sur les quais. Attiré par un chant aussi étrange que beau, Gaspard Snow découvre le corps d’une sirène blessée, inanimée sous un pont de Paris.
Il décide de la ramener chez lui pour la soigner, mais tout ne passe se pas comme prévu. La sirène explique à Gaspard que les hommes qui entendent sa voix tombent si intensément amoureux d’elle qu’ils en meurent tous en moins de trois jours. Quant à elle, il lui sera impossible de survivre longtemps loin de son élément naturel…

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Mon avis…

Quel bonheur de retrouver la magie des romans de Mathias Malzieu. Depuis son Journal d’un vampire en pyjama, j’attendais avec impatience le jour où je pourrais me replonger dans son imagination débridée et infiniment poétique. Cet auteur est à mes yeux l’un des plus grands poètes de notre temps, un homme qui a une conception particulièrement aiguë de l’art. Ce roman, en effet, sera bientôt suivi d’un film, et un album de Dionysos viendra couronner le tout. Art total ? Peut-être, oui. Mathias Malzieu est, comme son personnage Gaspard Snow, un « surprisier » car, oui, son « imagination est si puissante qu’elle peut changer le monde« , le sien, le nôtre. Ou, si elle ne change pas le monde, elle en transforme au moins la vision que l’on en a. Il apparaît plus beau, plus brillant, plus touchant, plus vivant. C’est toujours une vague de vie et de bonheur qui me submerge quand je lis les pages écrites par cet auteur.

« Il pleuvait en plein soleil sur Paris, ce 3 juin 2016. La tour Eiffel se laissait pousser les arcs-en-ciel, le vent coiffait leurs crinières de licorne. Les grelots de pluie rythmaient la métamorphose du fleuve. Les embarcadères se transformaient en plages de bitume.  L’eau montait, montait et montait encore. Comme si quelqu’un avait oublié de fermer le robinet de la Seine. »

Dès ces premières lignes, le plaisir était déjà total. Dans ce roman, hymne à la Seine et à la scène, le lecteur est entraîné dans un tourbillon de musique et d’amour, mais aussi parfois de peine. Ce livre est comme un conte dans lequel on peut se plonger avec un esprit enfantin, se laissant aller aux surprises et aux étonnements. Mais il est aussi profondément métaphorique et témoigne avec justesse de notre époque. En ces temps bouleversés que nous connaissons, où la magie semble disparaître du monde, Mathias Malzieu nous propose de retrouver le sourire à travers l’art, la littérature, la poésie. Ses ingrédients sont simples : de la tendresse, de l’espoir, de la folie, de la joie. Que des choses que l’on peut puiser en soi-même.

« Comme Paris, son cœur avait sombré ! Mais comme Paris, lui non plus ne céderait rien à la nuit. Fluctuat nec mergitur ! »

L’intrigue de ce roman est une véritable plongée dans le merveilleux, tout en restant dans le Paris du XXIe siècle. C’est un conte des temps modernes. C’est un récit enjoué, farfelu, époustouflant, tout en étant d’une simplicité folle. Gaspard Snow ressemble beaucoup à son auteur : il est chanteur, joue du ukulélé, rêve beaucoup, garde toujours espoir… Le cœur du roman, c’est cette histoire d’amour impossible entre un homme et une sirène, celle-ci risquant de tuer le premier à tout moment en lui faisant exploser le cœur. Mais Gaspard, qui a eu si souvent le cœur brisé, se croit immunisé… Autour de cette histoire se greffe la beauté des mots, les évocations, les images, les perceptions… C’est tout un univers coloré et pétillant qui s’offre à nous dans Une sirène à Paris.

« Progressivement, Gaspard réalisait ce qui était en train de se passer dans sa salle de bain. Une sirène. Plus belle que la lune en personne. Qui foutait de l’eau partout. Et ne le quittait pas des yeux. »

Ce roman est une déclaration d’amour à Paris, c’est vrai, mais aussi et surtout à la vie. C’est un texte qui veut nous montrer que l’on peut encore rêver, que l’on peut encore s’évader à travers les mots. Voilà ce que j’aime dans les livres de Mathias Malzieu : le triomphe de la poésie et de la vie. L’art. L’évasion. Oui, oui, et encore oui au plaisir, tout simplement. J’aime ces lectures qui éblouissent et qui réchauffent. On aimerait en avoir plus souvent entre les mains…

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Mathias Malzieu en concert à l’aquarium de Paris.

Carte d’identité du livre

Titre : Une sirène à Paris
Auteur : Mathias Malzieu
Éditeur : Albin Michel
Date de parution : 06 février 2019

5 étoiles

#362 Mémoires d’éléphant – Chloé Guillot Élouard

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Le résumé…

Jimmy et Christopher n’auraient jamais dû se rencontrer. L’un est un ado raisonnable et anxieux, l’autre est un adulte rêveur, différent… et étroitement surveillé. Entre eux, un éléphant en peluche qui pourrait bien bouleverser le cours de leurs vies. Un roman tendre et cruel sur la différence, qui interroge notre rapport aux autres, à leur amour et à leurs exigences, par l’auteure d’Irrégulières.

Mon avis…

Vous souvenez-vous de Chloé Guillot Élouard ? Je vous avais parlé de son roman Irrégulières et… j’avais beaucoup aimé ! Cette année, elle revient avec un nouveau livre, un joli bébé : Mémoires d’éléphant. Déjà, première remarque : j’adore la couverture ! Je trouve qu’elle nous introduit parfaitement dans l’univers du roman : coloré, décalé et surprenant. Ici, nous suivons le jeune Jimmy, qui fait connaissance de façon complètement impromptue, sur le campus où travaille sa mère, avec un homme en pyjama, qui se balade avec une peluche d’éléphant. Il semble étrange, dans les nuages, mais gentil. Au début, ils ont peur tous les deux, puis ils s’apprivoisent. Mais la rencontre est de courte durée… Pourtant, ça ne s’arrête pas là. Jimmy est intrigué, et surtout : l’homme a perdu sa peluche, il faut la lui rendre !

À partir de là commence une aventure étonnante et pleine de rebondissements que l’on ne voit jamais venir. Je dois avouer que je me suis laissée complètement embarquer dans ce récit à la fois profond et farfelu. Beaucoup de thèmes importants sont évoqués, tels que la famille, le handicap, la tolérance, le harcèlement, la mort… Tout en douceur et en tendresse, Chloé Guillot Élouard nous prend par la main et nous raconte une belle histoire, dont on sort un peu grandi… ou rajeuni ? J’ai vraiment trouvé cette lecture rafraîchissante. J’ai apprécié le travail abouti sur la psychologie des personnages, l’intrigue très bien construite elle aussi… C’est touchant, c’est émouvant, et c’est aussi drôle parfois, malgré les sujets sérieux abordés. Je ne dirais pas, comme sur la quatrième de couverture, que c’est un récit « cruel », mais plutôt qu’il révèle, à travers la cruauté de certains personnages, ou à travers celle de la vie tout simplement, la beauté qui réside là où on ne l’attend pas

C’est un roman que je vous conseille vivement, et une autrice que je vous invite à découvrir, car elle le mérite ! Que vous soyez petit.e ou grand.e, ce livre peut vous plaire ! Voici son site internet et sa page Facebook. Vous pouvez trouver son livre ici. Foncez, vous ne le regretterez pas, parole de serial lectrice curieuse.

Carte d’identité du livre

Titre : Mémoires d’éléphant
Autrice : Chloé Guillot Elouard
Éditeur : autoédition
Date de parution : 16 février 2019

5 étoiles

Merci à Chloé Guillot Élouard pour cette lecture.

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