#210 Harry Potter et l’Enfant Maudit (Harry Potter and the Cursed Child) – JK Rowling, Jack Thorne et John Tiffany

Cette chronique s’efforce de ne contenir aucun élément d’intrigue susceptible de gâcher votre découverte et votre lecture. En revanche, elle a pour but de décrire honnêtement une expérience personnelle (et donc subjective) de lecture, tout en vous donnant des informations fiables et d’importance. Un nouveau Harry Potter ne sort pas tous les jours, alors à événement exceptionnel, chronique exceptionnelle.

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Version française disponible le 14 octobre 2016 dans vos librairies. 

Le résumé…

Etre Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du Ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Mon avis…

Par où commencer pour aborder un des livres événements de cette année ? Il est difficile de savoir comment parler d’un livre, déjà best-seller des mois avant sa commercialisation, grâce aux précommandes, et qui a, depuis sa sortie il y a moins d’une semaine, déjà fait beaucoup parler de lui… en bien et en mal ! Pour un nouveau Harry Potter, le bien et le mal sont déjà deux thèmes qu’on est sûrs d’y retrouver… Je dirais donc qu’il s’agit d’une première non-surprise. Au niveau de l’intrigue, en effet, rien de nouveau sous le soleil, vous vous en rendrez vite compte à la lecture ! Les puristes diront qu’il faut rester fidèle à l’âme de la saga, d’autres regretteront peut-être un manque d’originalité, certains y verront même un livre-tirelire ! JK Rowling profite-t-elle de ce nouveau livre pour vider les poches de ses fans ? Avant de tenter de répondre à cette question éminemment intéressante, avec les moyens que j’ai à ma disposition, je vous propose de revenir en quelques lignes sur mon histoire personnelle avec Harry Potter.

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Comme beaucoup d’entre nous/vous, j’ai grandi avec ce petit héros à lunettes, je l’ai vu grandir en même temps que moi… J’étais du genre à me batailler avec mes sœurs pour être la première à lire le nouveau tome à sa sortie (que nous avions toujours le jour même), et à relire la saga chaque année (2016 comprise, bien sûr). Je suis aussi une de ces fans inconditionnels qui ont été un peu déçus par les films, toujours moins bons que les livres, mais je ne peux pas m’empêcher de les revoir quand même chaque année, là aussi. Petite, j’avais un parfum Harry Potter, des pochettes à élastiques Harry Potter, j’avais un chapeau de sorcière, des carnets de notes Harry Potter, des crayons Harry Potter, un cartable Harry Potter, et j’en passe. Encore aujourd’hui, certaines de mes citations préférées sortent tout droit d’Harry Potter. Encore aujourd’hui, alors que j’ai depuis longtemps passé mes onze ans, je rêve de recevoir la lettre d’admission de Poudlard… Bref, vous aurez compris, je fais partie de ces millions de fans qui ont été et sont accros à Harry Potter depuis toujours.

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Alors, quand j’ai appris qu’il allait y avoir une pièce de théâtre, j’avoue avoir été divisée… D’abord, je me suis dit que c’était une super idée. Après tout, on attendait le retour de JK Rowling depuis un moment, et le théâtre est un genre assez peu exploré par les auteurs contemporains connus, donc pourquoi pas ? Ensuite, je me suis demandée si cela n’allait pas faire trop… on sait que les sagas qui ne s’arrêtent jamais ne sont pas toujours les meilleures, et finissent parfois par perdre de leur « magie », ce qui serait bien dommage pour notre cher Harry. Donc je me suis retrouvée dans un mélange d’impatience et de crainte. Etant en vacances en Ecosse, non loin du fameux viaduc sur lequel nous pouvons voir passer le Poudlard Express dans les films, j’ai précommandé le script de la pièce et je l’ai donc reçu le jour même de sa sortie. Le gentil facteur écossais n’imaginait pas qu’il amenait un objet aussi important, je suppose… Il s’agissait de l’objet qui allait me faire réfléchir, cogiter, penser, marmonner, pendant des jours. Bref, ce livre promettait beaucoup d’émotions, et à ce niveau-là, je n’ai pas été déçue.

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Je me suis donc vite lancée dans l’aventure du huitième Harry Potter… Ron, Hermione et Harry sont désormais parents, et ils sont même devenus des parents chiants ! Donc, à priori, on perd tout de suite l’image attendrissante des jeunes sorciers qui ont bercé notre enfance et notre adolescence. Question nostalgie, on repassera. C’est sans compter qu’un des fils d’Harry, le prénommé Albus Severus (il n’a pas eu de chance, le pauvre), n’aime pas Poudlard. J’ai d’abord supposé que ce petit bonhomme était peut-être l’enfant maudit. Après tout, être le fils d’Harry Potter, de l’élu, celui qui a sauvé le monde des sorciers, celui auquel tous doivent la vie, etc., ça ne doit pas être facile tous les jours (et ça ne l’est pas, ce livre le confirme). Donc, nous avons déjà un enfant maudit. Mais Albus, vous le découvrirez vite, a pour ami un personnage étonnant, Scorpius Malfoy. Evidemment, celui-ci aussi peut être considéré comme l’enfant maudit car il est le fils de Drago (pas de bol) et tout le monde pense qu’il est même le fils de Voldemort (encore moins de bol)… Voilà, pour l’instant, vous avez le schéma qui nous est déroulé dans les premières pages. Je ne vous en dirais pas plus sur l’intrigue pour ne pas vous spoiler, ce qui est loin d’être mon but.

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Pour être rapide, j’ai particulièrement été déçue par la quasi absence de ce cher Ronald Weasley, à l’humour si pétillant dans la saga originelle. Hermione est restée fidèle à elle-même, on peut d’ailleurs dire qu’elle est la plus grande intellectuelle du pays (suspense, vous comprendrez…). Harry, par contre, est devenu drôlement agaçant… J’avoue que je ne me souvenais pas de ce côté de sa personnalité. N’aimant pas trop Daniel Radcliffe, il pouvait m’énerver un peu dans les films, mais rarement dans les livres… Ici, il joue vraiment le père pas doué, qu’on a tous envie d’abandonner à la station-service du coin (oups)… Heureusement, pour contrebalancer ce mauvais papa qu’est Harry Potter, il y a Ginny Weasley. Cette dernière, à mon grand bonheur, a enfin une vraie place dans l’histoire. Elle est là, son personnage est assez important, central, elle permet vraiment de faire oublier le côté désagréable d’Harry. Le caractère de ce papa à lunettes est très  important dans l’histoire qui en fait n’est rien d’autre qu’une histoire d’enfants et de pères. Comment rendre fier papa ? Comment prouver à papa que j’ai autant de valeur que lui ? Comment montrer à papa que je veux être moi-même, bien que cela veuille dire ne pas être comme lui ? etc. L’auteure nous emporte donc dans les tréfonds des relations pères-fil(le)s, ce qui, pour le coup, n’est pas très original et manque un peu de piment ! Rien ne s’arrange au fil du livre.

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Le genre théâtral me laisse sceptique. Vu sur scène, c’est sûrement génial, à n’en pas douter. Probablement révolutionnaire même, avec des changements de lieux à toutes les scènes, un très grand nombre de personnages, des décors sûrement immenses, des effets spéciaux impressionnants pour rendre visuels tous les effets suggérés par les didascalies, etc. Mais sur le papier… comment dire ? C’est assez décevant. Les didascalies sont courtes, peu explicites, elles ne permettent pas au lecteur d’imaginer vraiment les scènes. Les dialogues sont souvent assez plats, n’ont pas l’originalité de l’oral que devait conférer le texte théâtral, et n’ont pas la qualité à laquelle nous étions habitués en tant que lecteurs des romans. En fait, j’ai trouvé l’intrigue assez plate, manquant fortement d’originalité, car reprenant encore et encore les mêmes ressorts que dans la saga (mais en moins bien), sans compter qu’elle tourne un peu en rond. Les personnages n’étaient pas très surprenants, sauf Scorpius que j’ai personnellement beaucoup aimé, et qui avait vraiment le bénéfice de l’originalité, pour le coup !

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Mais s’il y a quelque chose qui m’a plus choquée encore que cette intrigue tristounette et cette lecture presque ennuyeuse (tant on se sent exclus de l’action par le format théâtral), c’est la qualité de l’écriture. Cela m’a poussé à faire de petites recherches, et notamment à prêter attention aux écrits en petits caractères sur le livre, etc. Il se trouve, mes chers lecteurs (ne pleurez surtout pas !), que JK Rowling n’est pas vraiment l’auteure de ce livre… Ne soyez pas choqué, il y a une explication logique. L’histoire en elle-même, le déroulé, le synopsis, si vous voulez, est bien de JK Rowling. Mais le texte que vous pouvez lire n’est pas d’elle mais de Jack Thorne, dramaturge britannique. Si bien qu’il ne faut pas s’étonner de ne rien retrouver des qualités littéraires de JK Rowling puisqu’elle est seulement l’auteure d’une dédicace de quelques lignes adressées à… Jack Thorne. Je suis extrêmement désolée de vous décevoir, mais je pense qu’une clarification s’imposait. Si vous êtes, comme moi, un(e) fan inconditionnel(le) d’Harry Potter, vous saurez reconnaître qu’il ne s’agit pas de son style, de son écriture, etc. Et, on a beau dire, quand un autre auteur reprend les rênes (sans que ce soit dit clairement, et même quand c’est totalement assumé), c’est tout de suite moins enthousiasmant !

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Ainsi, vous comprendrez que cette pièce de théâtre m’a laissée tout à fait pantoise. Après l’avoir fini, je ne savais pas quoi en penser. Déjà, je n’étais pas particulièrement enthousiaste, donc on ne peut pas dire que j’ai adoré. Mais je n’étais pas non plus complètement déprimée, en train de me dire que j’avais perdu plusieurs heures de ma vie à lire une horreur. Donc je n’ai pas détesté non plus. J’étais en fait très partagée entre une grande part de déception et une grande part d’attentes non satisfaites. Finalement, le livre en lui-même n’est pas mauvais, ça se lit, c’est même divertissant, agréable, mais ce n’est pas un « vrai » Harry Potter. Si la couverture porte le nom de JK Rowling, c’est pour sa collaboration plus ou moins limitée à l’œuvre (allez savoir), mais le contenu littéraire s’apparente plus à une fan-fiction qu’à un vrai tome de la saga. Pour moi, malgré cette huitième partie de l’histoire d’Harry Potter, la saga s’arrête belle et bien au septième livre, et ne pourra pas continuer après un tel livre. Harry Potter et l’enfant maudit semble plutôt être une tentative de coup publicitaire, qui meurtrit profondément mon cœur de fan, la marque d’une volonté de revenir sur le devant de la scène, de recycler la bonne vieille histoire qui marche depuis tant de temps, profiter encore un peu pour sucer la moelle de ce bon gros os qu’est Harry Potter. Oui, la comparaison n’a rien d’original, mais le livre non plus, rassurez-vous…

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 Pour finir ma chronique, je vous dirais donc qu’Harry Potter et l’Enfant Maudit est un livre qui se lit, mais qui ne se savoure pas. Il peut raviver chez vous une nostalgie, mais ce ne sera sûrement pas dans le sens que vous espérez. Vous ressortirez de cette lecture avec le goût de trop peu, et pourquoi pas l’envie d’aller puiser du vrai JK Rowling dans un ancien tome de la saga, voire dans toute la saga. Mais, malheureusement, cette huitième histoire, sur le papier, ne vaut pas un huitième tome, et ne porte de JK Rowling que le nom (si vous ne me croyez pas, même Wikipédia le dit ahah ! ou d’autres sources plus fiables !)… En revanche, si vous avez l’occasion de voir la pièce (je suis prête à parier qu’une version DVD sortira un jour ou que la pièce se jouera dans d’autres langues), n’hésitez pas. Je serais moi-même curieuse de voir le résultat. Mais ne vous attendez pas à une exceptionnelle expérience Harry Potter, il semble que ce temps soit révolu…

Ma note…

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Niveau de lecture : Facile

#196 Le prince de la brume – Carlos Ruiz Zafon

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Le résumé…

1943, Angleterre. Fuyant la guerre, la famille Carver – les parents et leurs trois enfants, Max, Alicia et Irene – se réfugie dans un village de bord de mer. Leur nouvelle maison appartenait précédemment à un riche couple qui a quitté le pays après la mort de leur petit garçon, Jacob. Peu après son emménagement, la famille Carver est confrontée à de troublants événements. La maison de la plage paraît hantée. Quelque chose ou quelqu’un rôde entre les murs. Max et Alicia commencent à enquêter sur les circonstances obscures de la mort de Jacob. Roland, un adolescent du village, les aide. Il les entraîne dans des plongées autour d’un cargo qui a coulé dans la baie après une tempête, des années auparavant. Autour de cette épave, tout respire la peur : les poissons ne s’y risquent jamais, des ombres paraissent à l’affût derrière les cloisons rouillées et dans les coursives délabrées… Et c’est Roland qu’elles épient, Roland dont elles veulent se saisir. Qui accumule les pièges mortels autour du jeune homme ? Pourquoi Roland est-il l’objet d’une si terrible haine ? En menant leur enquête, Max et Alicia exhument involontairement les secrets du passé. Un passé terrible dont émerge un être machiavélique, le Prince de la Brume… Doté de pouvoirs diaboliques, le Prince de la Brume peut emprunter toutes les formes et tous les visages. Il est le maître d’une troupe de grotesques statues à demi-vivantes qui ont élu domicile dans le jardin de la maison des Carver… Le Prince de la Brume réclame le paiement d’une dette contractée peu avant la naissance de Jacob. Une dette dont Roland est le prix… S’ils veulent sauver leur ami, Max et Alicia doivent affronter l’être maléfique sur son territoire : dans le jardin des statues vivantes mais aussi dans le terrifiant cargo enseveli sous les eaux.

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Mon avis…

Comme les autres romans de Carlos Ruiz Zafon, Le Prince de la Brume est excellent. Et non, je ne tourne pas autour du pot. L’auteur avait pour projet de faire un livre qui s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes, une sorte de conte fantastique pour tous les âges. Je peux d’ores et déjà vous dire que ce pari est amplement réussi. Honnêtement, c’est probablement un des livres fantastiques les plus passionnants que j’ai lu. Il n’est pas extrêmement long mais il est d’une efficacité redoutable. Il fait parfois frissonner, il est toujours très intrigant, constamment prenant. En fait, on ne peut pas s’empêcher de tourner les pages jusqu’à avoir enfin la solution du mystère. Carlos Ruiz Zafon a le talent de créer des personnages attachants, qui pourraient être ses lecteurs, et de les placer dans des situations des plus banales aux plus étranges, jusqu’à les transporter aux confins de la réalité. Le Prince de la Brume est parfaitement réussi, l’ensemble est un concentré du talent de son auteur. Si vous n’avez jamais lu de romans de Carlos Ruiz Zafon, vous pouvez commencer par celui-ci, le prêter à vos frères et soeurs, à vos parents ou à vos enfants… Et vous aurez forcément envie de lire les autres, à commencer par L’ombre du vent. L’avantage de ce roman, c’est qu’il est très efficace, et qu’on ne peut pas être déçu. Je pense vraiment qu’il peut convaincre tout le monde : adultes comme enfants, amateurs de fantastiques comme non-initiés… Je pose un léger bémol si vous avez une terrible phobie des clowns. Nous somme loin de Stephen King et son Ça, je vous rassure, mais il y a un clown qui erre dans le roman et n’est pas toujours très rassurant… Et oui, on est dans le fantastique horrifique mais très subtil et très accessible. Une belle initiation au genre et un plaisir pour les passionnés !

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Ma note…

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#172 Alice de l’autre côté du miroir – Lewis Carroll

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Le résumé… 

Alice, qui s’ennuie, s’endort dans un fauteuil et rêve qu’elle passe de l’autre côté du miroir du salon. Le monde du miroir est à la fois la campagne anglaise, un échiquier, et le monde à l’envers, où il faut courir très vite pour rester sur place. Alice y croise des pièces d’échecs (reine, cavalier) et des personnages de la culture enfantine de l’époque victorienne. On retrouve dans ce roman le mélange de poésie, d’humour et de non-sens qui fait le charme de Lewis Carroll. Il vaut mieux connaître les règles de base du jeu d’échecs pour apprécier toutes les subtilités du roman.

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Mon avis… 

Ce livre fait suite à Alice au pays des merveilles, la partie la plus connue de l’oeuvre de Lewis Caroll. Celle-ci est un peu moins fameuse mais tout aussi originale ! Elle a également le mérite d’avoir suscité de nombreuses interprétations et adaptations dont une à venir au cinéma avec Mia Wasikowska, conçue comme une suite du film dans lequel Johnny Depp incarnait le rôle du Chapelier Fou. J’ai donc avec beaucoup de curiosité continué mon exploration de l’univers originel d’Alice, celui conçu par Lewis Carroll ! Cette deuxième partie est assez enfantine, comme la première, mais c’est exacerbé ! On est dans un monde totalement conçu pour la jeunesse. Et même si c’est parfois agréable de se replonger dans cet âge d’innocence et de douceur, on ne retrouve pas la complexité cachée d’Alice au pays des Merveilles qui permettait aux adultes d’en faire une double lecture significative.

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Je conseille évidemment cette oeuvre car on ne peut pas dire qu’on connaît Alice si l’on n’a pas lu au moins ces deux livres, mais j’avoue avoir été surprise de ne pas être complètement prise dans l’aventure cette fois… J’ai survolé les pages, sans réussir à accrocher totalement. L’univers est onirique comme j’aime, certes, mais pas aussi accrocheur qu’Alice au pays des merveilles… On dirait plutôt que c’est raconté sur le ton de l’anecdote, comme un petit conte narré au coin d’un feu, rien de bien transcendant, et je comprends que cette partie soit un peu moins connue que l’autre… Pour autant, ça reste agréable à lire, car c’est rapide et ça change vraiment les idées sur un petit laps de temps… On découvre des personnages atypiques, encore plus surprenants que ce à quoi on pourrait s’attendre… C’est quand même assez bluffant de découvrir un monde si foisonnant d’imagination…

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Ma note…

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#148 La pâtisserie Bliss – Kathryn Littlewood

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Le résumé…

La pâtisserie de la famille Bliss cache un très vieux secret : un ancien livre de recettes magiques. Alors que leurs parents s’absentent quelques jours, Rose et ses frères et soeurs se retrouvent seuls à tenir la boutique. Qu’à cela ne tienne, c’est le moment rêvé pour tenter quelques recettes très spéciales ! Mais les muffins d’amour et les cookies de la vérité vont transformer la petite ville de Calamity Falls en véritable maison de fous… C’est le moment que choisit un étrange personnage pour faire son entrée : “Tante” Lily, aussi excentrique soit-elle, est là pour aider les enfants Bliss à tenir la boutique. À moins qu’elle ne cherche à s’emparer du Livre ?

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Mon avis…

Ce livre me faisait de l’œil depuis sa sortie, je l’avoue… Et j’ai enfin pu le lire, il était temps ! Certes, il s’agit d’un livre jeunesse et je n’ai plus vraiment l’âge, mais pourquoi se priver ? La pâtisserie Bliss, en deux mots, c’est gourmand et magique ! Ça se lit tout seul, ça se dévore en une après-midi ou une soirée, c’est plein de rebondissements simples et efficaces, rempli d’humour. On se trouve vraiment dans un monde édulcoré, rempli de personnages sympathiques et de quelques méchants qui sont loin d’être vraiment terribles ! Mais c’est cette simplicité enfantine qui fait le charme du roman !

J’ai donc bien ri avec cette lecture qui ne manquait pas d’enthousiasme et de fantaisie, c’est vraiment sans prise de tête ! Du coup, si on a du mal avec les livres jeunesse… Il vaut mieux passer son chemin… Mais un peu de légèreté dans ce monde plein de cruauté dans lequel nous vivons, ce n’est pas de refus ! Bref, une petite pause de plaisir simple et gourmand… Plaisant !

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Ma note…

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#144 Alice au pays des merveilles – Lewis Carroll

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Le résumé…

Assise dans l’herbe un jour d’été, Alice voit passer un lapin blanc qu’elle suit dans son terrier. Elle bascule alors dans un monde extraordinaire et magique. Au cours de cet étrange voyage, elle rencontre des personnages incongrus : des homards qui dansent, un chat qui apparaît pour s’évanouir, une chenille qui fume, ou encore une Reine de Cœur qui veut couper la tête de tout le monde.

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Mon avis…

Comme n’importe quelle personne dans ce monde, je connais d’une manière ou d’une autre Alice au pays des merveilles. Mais j’avoue que, honte à moi, je n’avais jamais lu le livre. Evidemment, j’ai vu le dessin animé étant petite, j’ai pu voir l’adaptation cinématographique de Tim Burton, et j’ai tant de fois pu admirer les divers objets dérivés ou créations artistiques inspirées du célèbre conte de Lewis Carroll… J’ai cependant décidé de vite remédier à cette terrible lacune en découvrant enfin l’œuvre originelle. Et en quelques heures, c’était aussitôt dit aussitôt fait ! J’ai vraiment savouré ce conte, je l’ai redécouvert à la lumière de tout ce que j’en savais… Et là je me suis rendue compte de l’immense potentiel qui avait été exploité. Car finalement, je pensais connaître Alice au pays des merveilles à partir de ce que l’on en voit au quotidien mais j’en étais loin !

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Tout est vraiment différent lorsque l’on parcourt les mots qu’a écrit Lewis Carroll pour une petite fille qu’il aimait beaucoup (parfois trop selon certaines rumeurs) : Alice Liddell. Il y a de nombreuses références à la culture de l’Angleterre victorienne, notamment à travers les parodies de poèmes enseignés à l’école par exemple. J’ai découvert que l’épisode des soldats de la Reine de Cœur repeignant le rosier blanc en rouge était une référence à la Guerre des Deux Roses opposant les York aux Lancaster. Pour cela, ça vaut vraiment le coup de choisir une édition avec des notes afin de découvrir les dessous de l’écriture de Lewis Carroll ! Je conseille vivement à ceux qui se sont, comme moi, trop longtemps limités à leurs souvenirs du conte ou à ce que l’on pense savoir aujourd’hui d’Alice au pays des merveilles, de le redécouvrir et vite ! Vraiment, retourner à la base de ce motif littéraire et cinématographique tant de fois repris est un vrai plaisir…

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Ma note…

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#141 Autobiographie d’une courgette – Gilles Paris

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Le résumé…

«Depuis tout petit, je veux tuer le ciel.» Ainsi commence l’histoire d’Icare, garçon naïf surnommé Courgette, qui, à neuf ans, vit seul avec sa mère. Depuis un accident qui a paralysé l’une de ses jambes, cette dernière passe ses journées devant la télévision, une bière à la main.  Un jour, Courgette découvre un revolver et tue accidentellement sa mère. Un saut au commissariat et l’enfant est placé dans le foyer d’accueil des Fontaines, près de Fontainebleau. Le grand bâtiment n’a pas vocation à enfermer des sales gosses mais plutôt à protéger des enfants traumatisés qui se serrent les coudes pour oublier que leurs parents leur manquent ou qui, au contraire, redoutent leur famille plus que tout. Infirmière, psychologue et «zéducs» sont chargés de soigner les bleus à l’âme de ces petits pensionnaires, parmi lesquels Simon, qui sait tout sur tout, Ahmed qui pleurniche tout le temps, Béatrice qui n’arrive pas à enlever les doigts de son nez, Alice qui cache toujours son visage sous ses longs cheveux, Jujube qui compense l’absence de sa mère par des gâteaux et enfin Camille, dont Courgette tombe amoureux.

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Gilles Paris

Mon avis…

J’avais déjà beaucoup entendu parler de ce livre sur la blogosphère, alors tomber dessus au détour d’un rayon Emmaüs m’a fait très plaisir ! Je l’ai très vite commencé, afin de soulager ma curiosité. J’avais lu qu’il était émouvant, drôle… Je ne contredirais rien de cela, bien au contraire. J’ai vraiment apprécié l’écriture de Gilles Paris qui prend le point de vue d’un enfant sur des évènements terribles. En effet, le personnage tue sa maman, mais ne se rend bien entendu pas réellement compte de la situation dans laquelle il se trouve. Le ton est marqué par une innocence fragile, parfois fantasque, toujours débordante de sensibilité. Souvent émouvant ou drôle, le roman explore avec brio les sentiments de l’enfant, d’abord privé d’amour parental, puis ragaillardi par l’amitié, et s’ouvrant enfin sur la possibilité d’un nouveau bonheur.

Les anecdotes du livre sont très enfantines, bien sûr, et très amusantes car, en tant que jeune adulte, je m’amusais à me rappeler la manière dont moi-même j’ai pu voir les relations des grands entre eux par exemple. On se retrouve propulsé dans une rétrospective sur notre propre enfance, bien qu’elle soit sûrement différente de celle d’Icare, alias Courgette, et de ses copains et copines. On réfléchit aussi sur notre âge d’adulte, sur le monde qui nous entoure, sa cruauté, mais on parvient aussi beaucoup mieux à envisager la possible existence du bonheur et la persistance intemporelle de l’innocence. J’aimerais encore voir le monde comme Courgette, avec cet esprit enfantin et amusé que l’on perd vite en entrant dans le monde des grands…

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 Ma note…

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#115 Etoile des forêts – Corbeau & Christian Offroy

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Le résumé…

Wincikala habite un village de tipis près de la rivière. Elle a souvent la tête dans les nuages. Un matin, elle rencontre Etoile un petit écureuil tombé du ciel….

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Cliquez pour accéder au site des éditions Couleur Corbeau !

Mon avis…

Cet album est une magnifique découverte ! Imaginez des illustrations toutes en sensibilité, délicates, sincères, unies mais malgré tout rayonnantes… Christian Offroy a un véritable talent, indéniable, et je ne peux que rester bouche bée face à ces dessins d’une qualité remarquable ! L’histoire en elle-même est parfaite pour les enfants de tous âges et même un adulte peut prendre du plaisir à la partager avec son petit chou… A quoi bon offrir des livres avec des dessins faits par ordinateur, ou d’une simplicité… insipide… quand on a un tel chef d’œuvre à côté ? Les traits des illustrations sont aussi doux que l’histoire elle-même, l’aventure est simple et efficace, pleine de tendresse… Il passe un joli message sur le rapport entre l’enfant et l’animal, et l’amitié qui peut naître entre les deux (moi aussi je voulais câliner l’écureuil !). J’ai également eu un gros coup de cœur pour le dessin de l’attrape-rêve que je trouve magnifique… En bref, sautez immédiatement sur ce très beau conte ! Je pense que les images parleront mieux que moi :

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Ma note…

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#104 Les lutins urbains, T.1 : l’attaque du Pizz’Raptor – Renaud Marhic

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Le résumé…

On les croyait disparus à jamais, chassés de nos contrées par la modernité. Erreur ! On peut bien avoir construit des villes à la campagne, les lutins se sont faits urbains ! Et ils n’ont rien perdu de leurs pouvoirs d’agaceries, tracasseries, et espiègleries…

Quel est donc cet inconnu qui s’en prend aux livreurs de pizzas, leur dérobant leur chargement sans jamais faire main-basse sur l’argent ? Gustave Flicman, jeune policier de la Grosse Cité, croise un soir le voleur. Si ce n’est pas un lutin, ça y ressemble bien… Mais voilà le coupable arrêté : c’était un simple SDF. Affaire réglée. Pas pour Gustave ! Qui ne se doute pas que sa quête du Pizz’ Raptor va le mener jusqu’à l’Université d’Onirie. Là où les Lutins Urbains ont trouvé refuge. Sous la protection du mystérieux Professeur B., Docteur en Lutinologie…

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Renaud Marhic

Mon avis…

Cette lecture m’a été proposée par l’auteur lui-même, que je remercie infiniment pour cet agréable moment. J’étais très enthousiaste à l’idée de commencer ce livre car j’aime beaucoup les histoires jeunesse au contenu humoristique et parfois farfelu. Avec les lutins urbains, on est en plein dedans ! L’histoire est plutôt rigolote : un policier est à la recherche du responsable de plusieurs vols de pizza, il découvre très vite qu’il s’agit d’un lutin et tente de le retrouver pour le mener devant la justice. On passe à travers une foule de rebondissements rocambolesques avec des personnages particulièrement dingues ! En fait, on sent parfois que l’auteur a du se laisser aller à sa plume, se laisser emporter par ce côté absurde qui caractérise ce roman. Ce n’est pas spécialement désagréable même s’il arrive que l’on s’y perde…

Il y a dans ce livre de nombreuses notes de bas de page de l’auteur, non pas car il y a une multitude de mots inconnus, loin de là (même si cela arrive), mais surtout pour rajouter un trait d’humour supplémentaire. Il n’y a pas que les personnages qui se perdent en divagations, en jeux de mots ou en blagues douteuses. A travers ses notes, l’auteur continue le récit avec des digressions incontrôlées, pleine d’humour et qui ne peuvent que faire sourire ! On a la sensation qu’un conteur nous rapporte l’histoire et fait de temps en temps de petites pauses pour discuter avec son auditoire.

Dans ce monde où apparaissent les lutins urbains, chaque établissement (commissariat, palais de justice, etc.) est sponsorisé par une marque. Cela peut paraître étonnant dans un livre pour enfants car on s’attend à voir un univers simplifié, pour faciliter la compréhension du lecteur, mais c’est sans compter qu’il s’agit également d’un roman pour adultes, malgré ses apparences trompeuses. Par-ci, par-là, on distingue de petites critiques, de petites piques, ce qui est plutôt assez plaisant car l’auteur met en exergue avec légèreté des points contestables de notre société actuelle et de celle qu’elle risque de devenir. Une justice corrompue, une brigade de répression du rêve… Tant d’éléments dans le récit pourraient paraître étranges aux enfants mais sans pour autant leur ôter le plaisir de la lecture. Ce livre est vraiment accessible à tous, car il est écrit avec beaucoup de sincérité, on sent que l’auteur s’amuse avec sa plume et puisque l’on s’amuse nous aussi, que demander de plus ?

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Ma note…

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Merci à Renaud Marhic pour cette lecture.

#96 Celui qui voulait voir le monde – Stéphane Millerou et Izou

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Le résumé…

Qu’est-ce donc que cet étrange couvre-chef de laine feutrée qui devient tour à tour panier pour ramasser des champignons, portemonnaie ou encore symbole de révolution. Même au cinéma on l’arbore fièrement alors que certains sportifs y sautent dedans ! Petit livre d’art sur le béret, un chapeau qui a une histoire très étonnante…

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Mon avis…

J’ai rencontré l’illustratrice Izou lors du Salon du livre du Val de Nièvre. Cette artiste très talentueuse m’a littéralement séduite par ses dessins tout simplement fantastiques. Voici une petite chronique d’une de ses dernières publications, sur un livre de Stéphane Millerou aux éditions Les P’tits Bérets. On peut en dire des choses autour d’un seul objet, c’est un motif récurrent dans bon nombre d’œuvres de tous temps, comme « Le parti pris des choses » de Francis Ponge par exemple, dans un genre totalement différent. Ici, c’est autour d’un béret que se construit ce magnifique album.

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On découvre l’objet en question, sans connaître son nom tout d’abord, et tout le déroulement de l’album se place autour d’une seule et même interrogation : à quoi cela peut-il bien servir ? Et on découvre des propositions de réponses, aussi variées les unes que les autres, qui peuvent souvent nous surprendre, et qui revêtent toujours des caractéristiques de sociétés différentes, des utilisations aussi variées que peuvent être leur impact. Toujours d’un ton léger, avec un dessin extrêmement coloré et vif, une illustration riche et foisonnante de joie malgré les thèmes parfois plus difficiles que d’autres, on découvre le béret sous un autre jour.

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Cet album a beaucoup de charme car il traite d’un sujet qui est absolument différent de ce que l’on rencontre habituellement, il est adressé aux enfants bien sûr et leur fait donc découvrir des environnements très différents et les familiarise avec des questions de société mais toujours avec douceur, comme il est nécessaire de le faire avec les petits. Mais en tant qu’adulte, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce petit livre qui a ravi mes yeux de son charme, apporté par les paroles de Stéphane Millerou comme par le talent d’Izou, merveilleuse illustratrice. Cet album est une véritable œuvre d’art, le genre de petit livre qui marque un enfant par sa dimension exotique et sa familiarité pourtant si présente…

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Ma note…

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Merci aux éditions Les P’tits Bérets et à Izou pour cette lecture.

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#91 Les sœurs moustaches, T.1 – MissPATY

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Le résumé…

Les sœurs Moustaches, Maya, Mia et Maï, habitent dans une charmante maisonnette au cœur de la forêt. Un matin, la chouette leur apporte un courrier urgent… Un mystérieux visiteur s’annonce ! Ravies, les sœurs se lancent alors dans la préparation d’une grande fête, pour le recevoir. Elles sont tellement affairées que les deux aînées en oublient leur petite sœur ! Laissée sans surveillance, Maï tombe dans la sacoche de la chouette qui reprend sa tournée… Trop lourdes, Maï et la sacoche de courrier tombent dans la forêt.

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Mon avis…

Voici une petite BD fraîche et colorée comme je les aime ! Les sœurs moustaches, c’est trois petites filles plutôt rigolotes et très originales, qui vivent des aventures enfantines mais palpitantes. Dans ce premier tome, nous suivons Maï, qui se retrouve coincée dans le sac de la chouette factrice et se retrouve alors propulsée dans la forêt, à chercher des dizaines et des dizaines de lettres avec ses amis les animaux…

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Les dessins ont beaucoup de charme, les couleurs sont vives et agréables. On ne peut que voyager à travers cette petite bande-dessinée ! J’ai beaucoup aimé le ton très enfantin, très humoristique et presque féérique, les dessins font penser à un conte de fées, et tous les personnages sont terriblement attachants ! J’ai bien aimé monsieur Boulotte par exemple.

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Les mots utilisés sont simples, les animaux portent des noms s’associant bien avec leur nature afin que l’enfant qui lit la BD les identifie facilement… En bref, tout est adorable et poétique, parfait pour offrir à une petite fille aux tendances rêveuses (quel enfant ne rêve pas de vivre des aventures avec plein de gentils animaux, après tout ?)… A noter pour les cadeaux de Noël 😉

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Ma note…

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Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture.

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