#176 L’importance d’être constant – Oscar Wilde

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Le résumé…

A Londres, sous l’identité de son «frère» (imaginaire) Ernest, Jack demande la main de la belle Gwendolen. Elle l’aime à la folie, ou plutôt elle aime son prénom. Doit-il lui dire la vérité? Etre «earnest» (sérieux, consciencieux, sincère, «constant») ou rester Ernest (dans la version française : Constant), et donc mentir? Son ami Algernon subit le même dilemme lorsque lui vient l’idée farfelue de se faire passer pour le frère imaginaire de Jack, Ernest, auprès de la pupille de ce dernier… Son but ? Epouser une jeune fille telle que Cecily. Le but de Cecily ? Epouser un homme qui s’appelle Ernest… Jack à la campagne et Ernest en ville, Algernon en ville et Ernest à la campagne : de quoi créer un excellent quiproquo.

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Mon avis…

Oscar Wilde n’a écrit qu’un roman, Le Portrait de Dorian Gray, quelques contes comme Le Prince Heureux ou Le fantôme de Canterville, des poésies, mais aussi des pièces de théâtre. Une de ses plus importantes est L’importance d’être constant, que j’ai récemment lu en anglais, ce qui donne donc : The Importance Of Being Earnest. On retrouve dans cette oeuvre tout ce qui fait le talent, et bien sûr le charme, d’Oscar Wilde : l’humour, le cynisme, la critique subtile, une écriture des plus intéressantes… En effet, l’auteur est connu pour ses aphorismes, c’est-à-dire ses maximes, de petites phrases aux allures de vérité générale, qui vont vous faire réfléchir (ou juste vous faire rire), par exemple : « La vérité est rarement pure et jamais simple ». A méditer. Oscar Wilde avait de l’esprit, ça le définit, et quand on le lit, on se donne la possibilité d’en avoir nous aussi.

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L’importance d’être constant, c’est une pièce sur un prénom : Constant, sur la qualité éponyme, mais aussi sur une époque : l’ère victorienne. Wilde faisait partie des quelques auteurs qui osaient aller à l’encontre de toutes les règles strictes de bienséance pour montrer l’absurde de la société, tout en cherchant avant tout à divertir. Car c’est ça aussi Oscar Wilde, un auteur qui voulait faire de sa vie une oeuvre d’art – et qui y est parvenu. Ses personnages sont des petits morceaux de lui, on retrouve sa patte dans leurs personnalités, dans ce qu’ils montrent, ce qu’ils démontrent aussi. Ils sont à son image, ou tout le contraire, mais rien n’est gratuit. Son but ? Pousser ses contemporains à rire de leurs propres travers, mais avec subtilité et délicatesse. Oscar Wilde, c’est l’art d’amener dans la douceur les gens à se moquer d’eux-mêmes. Avec en bonus dans cette pièce un excellent dénouement en coup de théâtre (c’est bien le mot), et beaucoup de rire au programme ! Ça se lit vite, ça se lit bien (y compris en anglais, c’est très accessible), et c’est tout simplement jouissif.

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Ma note…

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#95 Le Prince Heureux – Oscar Wilde

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Le résumé…

Une petite hirondelle en route pour l’Égypte décide de passer la nuit à l’abri d’une statue dominant la ville. Couverte de minces feuilles d’or fin, des yeux faits de saphirs, un gros rubis ornant le pommeau de son épée, c’était la statue du Prince heureux. Soudain, une goutte d’eau glissa sur son aile : la statue pleurait! Le Prince heureux pleurait sur les misères de sa ville…

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Mon avis…

Après 14 jours sans chronique (oups), me revoilà avec un coup de cœur de mon auteur préféré parmi tous : Oscar Wilde… J’ai découvert cette nouvelle dans une anthologie fantastique, Oscar Wilde côtoie Jules Verne, Lovecraft, Gérard de Nerval, Edgar Allan Poe, et j’en passe… J’ai beaucoup aimé ce petit « conte » qui regroupe plusieurs qualités que j’admire chez notre dandy préféré. Tout d’abord,  la légèreté de l’écriture, avec de jolies phrases très poétiques et très bien construites, une forme narrative en « boucle » qui crée chez le lecteur une certaine attente : on se doute de chaque « action » grâce à la technique de l’auteur mais il parvient quand même à nous surprendre dans le fond. L’hirondelle et le Prince Heureux, même si c’est une histoire très courte, sont malgré tout attachants et j’ai aimé la beauté du récit. En effet, l’écriture est extrêmement esthétique et de jolies images se projettent dans notre esprit. On ne peut qu’apprécier un pareil chef d’oeuvre qui se lit très très bien et même à voix haute (j’ai testé). Je me suis donc projetée dans une lecture à un enfant (sauf que je n’avais pas de petit à côté de moi pour guetter les réactions mais mon âme d’enfant appréciait ^^).

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Je pense que c’est le genre de petite histoire qui berce dans un jeune âge et qui attire un enfant vers la littérature, et cela tout en douceur. De plus, la nouvelle est particulièrement appréciable pour les adultes également puisqu’elle revêt un habit de couleur, de tendresse et de poésie pour en réalité faire le portrait d’une situation bien plus sombre. Sûrement moins perceptible par les enfants, l’idée de la misère humaine et des injustices (que le Prince Heureux contribue à combattre) est très présente. On retrouve bien le goût d’Oscar Wilde pour la critique déguisée en histoire innocente. La morale est très belle, bien que la fin soit un peu triste, et je trouve que le message passe parfaitement bien et est compréhensible de tous. C’est vraiment un texte formateur sur de nombreux points et une lecture très agréable quand on a un peu de temps et qu’on souhaite se détendre en quelques pages : rien de plus efficace. Il ne faut pas se fier à la taille de ce petit texte qui est d’une qualité aussi grande que le reste de l’oeuvre d’Oscar Wilde (vous pouvez croire l’admiratrice que je suis !).

En bref : sautez sur cette jolie petite histoire, que ce soit pour vous (qui apprécierez forcément si vous aimez les Belles Lettres) ou pour votre enfant (à partir d’une dizaine d’années environ).

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Ma note…

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CONCOURS exceptionnel : spécial Oscar Wilde

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(formulaire de participation en bas de l’article)

16 octobre 2014

Oscar Wilde est né le 16 octobre 1854, il aurait eu 160 ans. Il n’a pas eu le loisir de vivre très longtemps malheureusement mais il continue de vivre dans nos cœurs et nos bibliothèques…

Pour fêter cet anniversaire, j’ai décidé de vous offrir

7 livres

5 romans de Gyles Brandreth, collection Grands Détectives chez 10/18, qui prend pour personnage principal notre dandy préféré.

2 œuvres d’Oscar Wilde, pour vous faire découvrir cet auteur hors du commun.

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En 1883, Sarah Bernhardt et Edmond La Grange dominent le théâtre mondial. Déterminé à faire fructifier sa renommée naissante après sa triomphale tournée américaine, le jeune Oscar Wilde se rapproche de ces deux monstres sacrés. Installé à Paris, il travaille avec La Grange à une nouvelle traduction d’Hamlet qui promet de faire des étincelles. Mais pour l’heure, elle fait surtout des victimes… La compagnie La Grange est frappée par une série de disparitions mystérieuses, et Oscar Wilde est bien décidé à en trouver le responsable. Entre jalousies artistiques, vices cachés et secrets de famille, le poète dandy découvre l’envers peu reluisant du décor flamboyant du Paris fin-de-siècle.

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Facétieux Oscar Wilde ! Après avoir choqué le monde par ses boutades lors de la première triomphale de L’Eventail de Lady Windermere, le voici qui propose à ses amis une curieuse activité pour les distraire : le jeu de la mort. Chacun inscrit sur une feuille le nom de la victime de son choix et aux participants de deviner qui veut tuer qui. Mais quand la Mort commence à frapper les victimes potentielles dans l’ordre exact où elles ont été tirées, le drame succède à la comédie. Flanqué de son fidèle ami Robert Sherard, et assisté par Arthur Conan Doyle et par le peintre Wat Sickert, Wilde mène l’enquête avec plus de zèle que jamais. Car son nom et surtout celui de sa femme figurent sur la liste funèbre…

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Une fois dans sa chambre, il se jeta sur un canapé et ses yeux s’emplirent de larmes. Il avait fait de son mieux pour commettre le meurtre, mais il avait échoué à deux reprises sans que ce fût sa faute. Il avait essayé de faire son devoir, mais le Destin lui-même semblait s’acharner à le trahir.

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En cette fin de siècle trépidante, Oscar Wilde, dandy éclairé, virevolte de mondanités en rendez-vous discrets, lorsqu’un drame vient bouleverser sa vie. Tandis qu’il s’apprête à écrire Le Portrait de Dorian Gray, il découvre dans un meublé le corps d’un jeune garçon de sa connaissance. Tout semble indiquer un meurtre rituel. Et en ami fidèle, Oscar Wilde s’est juré de ne pas trouver le repos tant que justice n’aura pas été faite pour Billy Wood

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En 1892, Arthur Conan Doyle, épuisé d’avoir crée son personnage Sherlock Homes, se retire au spa de Bad Homburg, en Allemagne. Mais sa cure de repos ne se déroule pas comme prévue. La première personne qu?il voit est Oscar Wilde et quand les deux amis font une série de découvertes macabres parmi le courrier des lecteurs auquel Conan Doyle avait prévu de répondre, (un doigt sectionné, une mèche de cheveux et même une main), ils sentent que le jeu ne fait que commencer. La piste les mène à Rome, au coeur de la citééternelle, au Vatican. Le Pape Pie IX vient de mourir. Les temps sont incertains. Pour résoudre le mystère et comprendre pourquoi l’inventeur de Sherlock Homes a été convoqué de la sorte, Oscar et Conan Doyle s’introduisent dans le cercle le plus privé de l’Eglise Catholique, où les sept hommes religieux les plus influents du monde, ont beaucoup à perdre.

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Par la magie d’un voeu, Dorian Gray conserve la grâce et la beauté de la jeunesse. Seul son portrait vieillira. Le jeune dandy s’adonne alors à toutes les expériences, s’enivre de sensations et recherche les plaisirs secrets et raffinés. « Les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais », « il faut guérir l’âme par les sens, guérir les sens par l’âme ».

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Impeccable dandy à l’élégance excentrique, Oscar Wilde ne manquerait jamais une soirée mondaine en compagnie d’Arthur Conan Doyle. Surtout si elle est donnée par l’une des femmes les plus en vue de Londres, la duchesse d’Albemarle. Mais la mort brutale de leur hôtesse entraîne les deux brillants compères dans une enquête au plus près des secrets de la Couronne.

⊂ FORMULAIRE DE PARTICIPATION ⊃

Lien direct vers le formulaire si vous ne le voyez pas ci-dessous.

P-to-P #2 – Films : Dorian Gray

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Vous connaissez tous et toutes mon amour pour Oscar Wilde. J’aime cet auteur comme n’importe quel autre, je l’admire. Il se trouve que, du coup, je suis très critique envers les adaptations ou interprétations qui sont faites de ses œuvres et de sa vie en général. Je vais vous parler ici, dans le cadre de ma rubrique P-to-P : des pages aux pixels, du film « Dorian Gray » que vous avez peut-être déjà vu.

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Oscar Wilde

L’acteur qui interprète le personnage principal, le beau Dorian, est Ben Barnes. Honnêtement, ce n’est pas exactement comme cela que je l’imaginais en lisant le livre mais disons que je trouve malgré tout le choix de l’acteur plutôt convenable. En effet, il a un visage d’ange, des traits fins et une peau parfaite, il est beau, on ne peut pas en douter, et c’est finalement l’essentiel, non ?

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Dorian Gray (Ben Barnes) et son portrait

On trouve aussi dans ce film Colin Firth, qui interprète Lord Henry Wotton. Pour le coup, je n’aurais pas pu espérer mieux. Cet acteur, que ce soit par son physique ou par sa prestance, colle tout à fait au personnage.

Ce que j’ai aimé dans ce film, c’est que l’esprit du livre était assez bien respecté et les grandes lignes étaient suivies. Le choix des acteurs, bien que parfois surprenant, colle quand même à ce qu’on peut imaginer en lisant le roman. Ils ont un bon jeu, rendent assez bien compte des âmes torturées que Wilde a pris un malin plaisir à représenter. Chacun a deux facettes, voire plus, et on se rend bien compte de ces combats intérieurs dans le film.

Lord Henry Wotton et Dorian

Lord Henry Wotton (Colin Firth) et Dorian (Ben Barnes)

Sybil Vane, dont Dorian tombe amoureux, est parfaitement bien campée par Rachel Hurd-Wood, actrice méconnue mais tout à fait ressemblante à l’image que l’on se fait de cette jeune fille fragile et sensible. On ne peut donc pas reprocher au casting d’être mauvais, c’est déjà ça.

Mais ce qu’il faut souligner surtout, c’est que ce film est une ADAPTATION et non une retranscription de l’œuvre d’Oscar Wilde. Par conséquent, elle en diffère sur de nombreux points. Cela peut s’expliquer facilement lorsque l’on considère la longueur de l’unique roman de l’auteur victorien. Il est impossible de rendre la totalité des évènements, des personnages, etc. dans un film de moins de deux heures.

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Sybil Vane (Rachel Hurd-Wood)

Certains passages sont négligés dans le film, au profit de l’aspect fantastique et sulfureux de l’œuvre, mais au détriment de la profondeur de la réflexion de Wilde. Même si l’on comprend que chaque personnage (que ce soit Dorian, Lord Henry ou Basil Hallward le peintre) a ses secrets, ses défauts cachés ou non, que chacun est torturé par un aspect de lui-même, on ne va pas vraiment plus loin. Rien n’est approfondi, ou en tout cas pas avec la même délicatesse et la même patience que Wilde.

Dorian Gray (Ben Barnes)

Dorian Gray (Ben Barnes)

Oliver Parker, le réalisateur, se contente d’accentuer des éléments de certaines scènes afin de mettre en valeur ce point. Mais du coup, on perd la sensibilité exacerbée de la plume de Wilde. Cet auteur admirait le Beau. Pour lui, c’était la seule chose qui comptait. Les sentiments avaient une place infime dans l’histoire, mais cette place restait suffisante pour faire vaciller la puissance de ce qui était Beau et agréable.

J’ai regretté le côté débauche sexuelle très soulignée dans le film. En effet, il y a ce genre de scènes dans le livre bien sûr, mais pas de manière aussi intense. Le réalisateur a extrapolé ces passages afin de leur donner un aspect central dans son film, pour caractériser la perdition de Dorian. Mais en réalité, ce jeune homme se perd aussi au fond de lui-même, sous des aspects des plus variés, pas uniquement sur le plan sexuel, et c’est dommage de le réduire à cela.

Dorian Gray (Ben Barnes)

Dorian Gray (Ben Barnes)

En fait, j’aurais aimé retrouver la morale et le portrait de la société victorienne d’Oscar Wilde, j’aurais aimé comprendre le dessous de la chose. Comment en est-il arrivé là ? Pourquoi ? Quel est le message derrière ça ?

Pour ma part, j’avais déjà lu le livre depuis bien longtemps avant de regarder le film, mais je l’ai montré à plusieurs personnes qui en fait n’ont retenu que les aspects fantastiques et sulfureux, mais ne sont pas sortis changés de cette expérience comme j’ai pu l’être après avoir lu le roman.

Dorian Gray (Ben Barnes)

Dorian Gray (Ben Barnes)

J’ai apprécié le film que j’ai trouvé plutôt divertissant, plaisant, et pas totalement éloigné non plus de l’histoire originelle. Mais je pense qu’il aurait pu être meilleur, qu’il y a d’ailleurs un potentiel énorme et j’attends qu’un réalisateur se montre enfin à la hauteur de la tâche. Ce roman est difficile à retranscrire de par sa complexité et ses sens cachés, ses sous-entendus, de par l’interprétation que chacun peut en faire.

Bref, je conseille ce film à ceux qui ont déjà lu le livre et sauront faire la part des choses de cette adaptation, ils sauront apprécier la qualité du film tout en connaissant l’œuvre, la vraie. Et pour ceux qui ont vu le film et qui l’ont aimé : le livre est des milliers de fois mieux, alors n’hésitez pas à sauter dessus à la première occasion. Pour ceux qui n’ont vu ni l’un ni l’autre : commencez par le livre dans l’idéal, mais si vous souhaitez faire l’inverse, allez-y, tant que vous finissez par le lire (car c’est une des meilleures œuvres jamais écrites, tout simplement).

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Cliquez sur l’image ou ici pour découvrir ma chronique.

A LIRE D’ABORD, A VOIR ENSUITE !

#38 Le fantôme de Canterville – Oscar Wilde

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Le résumé…

Un ministre américain et sa famille achètent à Lord Canterville son château et tout ce qu’il contient… fantôme compris. Mais la famille Otis n’a vraiment pas peur des fantômes. Alors, lorsqu’un spectre qui a l’habitude de terroriser tout le monde se trouve confronté à deux jumeaux qui ne pensent qu’à lui jouer de mauvais tours, il est plus que déconcerté. Humour anglais au programme ! Oscar Wilde s’en donne à cœur joie en décrivant les malheurs d’un spectre qui ne sait que faire pour effrayer une famille qui lui offre de l’huile pour lubrifier ses chaînes : le bruit empêche tout le monde de dormir !

Fantôme de Canterville - Charles Laughton

Fantôme de Canterville – Charles Laughton

Mon avis…

En ce joli mois de juin riche en émotions pour une toute nouvelle blogueuse comme moi, j’ai décidé de ressortir le livre de mon enfance, celui qui a fait vibrer mon cœur je ne saurais dire combien de fois, celui qui m’a fait aimer la littérature et l’écriture, celui qui a fait celle que je suis aujourd’hui, et celui qui m’a donné cette passion et par le même coup l’envie d’être ici avec vous : « Le fantôme de Canterville », conte pour enfants écrit par l’auteur que j’admire le plus en ce monde : le regretté Oscar Wilde. J’ai lu ce conte comme on découvre un trésor ou comme on déguste avec gourmandise une sucrerie colorée et pétillante. Je suis retombée en enfance, à l’origine de tout mon amour pour la littérature et pour Oscar Wilde. Je me suis rappelée avec émotions tout le plaisir que j’ai pris, étant petite, à lire ce joli livre. Avant d’être l’auteur du Portrait de Dorian Gray et le prisonnier de la geôle de Reading, Oscar Wilde est aussi un père qui a souhaité écrire des contes pour ses enfants. « Le fantôme de Canterville » en fait partie.

Un château hanté

Un château hanté

On retrouve beaucoup d’humour dans ce livre. Une famille américaine débarque dans un château anglais et se retrouvent confrontés au fantôme de Canterville, qui hante les lieux depuis des siècles. Mais rien à faire, ils n’en ont pas peur, et le pauvre fantôme commence à désespérer, d’autant plus que c’est lui-même qui se fait tyranniser par la famille Otis ! Les jumeaux lui lancent des oreillers, placent des pièges dans le couloir, leur frère aîné s’acharne à vouloir effacer la trace de sang dans le salon… Ils lui font la vie dure ! Et voilà comment on fait tomber un fantôme en dépression ! Dans ce conte très court, on découvre une histoire très rigolote où la situation est inversée : c’est le fantôme qui a peur des habitants du château et non l’inverse. C’est donc un livre vraiment adapté pour les enfants, d’autant que l’écriture est magnifique (c’est Oscar Wilde en même temps) ! Mais c’est aussi un ouvrage pour les adultes, car il nous offre au travers de quelques scènes et de quelques expressions, une jolie critique de la société moderne et en particulier des américains, à l’époque totalement opposés aux anglais.

Le fantôme de l'opéra (film)

Le fantôme de l’opéra (film)

Vous ne pouvez pas imaginer comme cette lecture m’a mise de bonne humeur. Non seulement je suis retombée en enfance et je me suis rappelée ces moments où je courais vers la bibliothèque de l’école, je me vautrais dans un des petits fauteuils et je dévorais ce livre, encore et encore, mais j’ai aussi découvert d’autres facettes de cette œuvre, plus complexe et perceptible seulement des adultes. C’est un conte à deux facettes, adressé à deux publics à la fois, qui permet de la découvrir la belle et la grande littérature de manière légère et rigolote. Si vous n’avez jamais lu de livre d’Oscar Wilde, celui-ci est un bon moyen de découvrir sa patte et de se familiariser avec son style hors du commun. En plus, il coute des clopinettes ! En tout cas, vous l’aurez compris, c’est un conte qui amène l’amour de la littérature et le plaisir de la lecture aux petits comme aux plus grands. Je recommande à 10 000 % cet ouvrage, qui est le fondement même de ma propre histoire d’amour avec le monde merveilleux des livres. Je vous souhaite une merveilleuse lecture, et j’espère que ce livre fera partie de vos incontournables et que vous le ferez découvrir à vos enfants !

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Ma note…

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Zoom sur… Oscar Wilde

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Mon histoire d’amour avec Oscar Wilde…

Pour ceux qui ont l’habitude de se balader sur mon blog ou qui me connaissent un peu, mon admiration pour Oscar Wilde ne leur a surement pas échappé. Et je voulais absolument faire un petit article sur lui, en plus de lui avoir consacré une catégorie entière, que je compte bien étoffer avec le temps, afin de vous faire découvrir toutes ses œuvres mais aussi toutes celles qui parlent de lui (dans la limite du possible bien sûr car cet auteur a beaucoup fait parler… ou écrire !).

Oscar Wilde et moi, c’est une aventure qui dure depuis des années, depuis que je suis toute petite et depuis que j’ai commencé à fréquenter les bibliothèques, c’est-à-dire très tôt ! Je n’arrêtais pas d’emprunter « Le fantôme de Canterville », sa célèbre nouvelle, que je trouve merveilleuse ! J’ai grandis avec cette histoire qui m’a donnée l’amour de la littérature. Dès que j’ai eu le niveau de lire les grands classiques, je me suis attaquée au « Portrait de Dorian Gray », qui a fini de me convaincre que cet auteur était le plus grand de tous (oui, je l’idolâtre !).

Ce petit article que je vous prépare depuis un moment et que vous êtes à présent en train de lire, je l’ai écrit afin de vous faire découvrir cet auteur dont on connait parfois les œuvres mais moins bien la vie, aussi complexes que celles de ses personnages.

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Mais qui est-il, ce monument de la littérature ?

Oscar Fingal O’Flahertie Wills Wilde (quel nom, et il en était fier !) est né le 16 octobre 1854 (on fêtera les 160 ans de sa naissance cette année !). Sa famille était très en vue, puisque son père était le chirurgien officiel de la reine Victoria et sa mère est une représentante du féminisme irlandais. Oscar Wilde a grandi dans un univers littéraire puisque sa mère était elle-même poétesse (connue sous le nom de Speranza) et nièce de l’écrivain Charles Maturin. Elle souhaitait notamment l’émancipation de l’Irlande vis-à-vis de la tutelle britannique et le droit de vote des femmes. Son père, lui, écrivait dans une revue scientifique et publiait des récits de voyage.

Oscar Wilde rejoindra en 1871 le Trinity College de Dublin. Il est particulièrement remarqué par sa conversation et par son allure de dandy. Oscar Wilde en impose, avec son extravagance ! En 1874, Oscar Wilde, qui ne fait pourtant pas partie de l’aristocratie et qui n’est pas particulièrement fortuné, va être admis au Magdalen College, un établissement rarement ouvert aux roturiers. Il y suit l’enseignement de John Ruskin, qui va particulièrement influencer sa manière de penser : il était en effet porte-parole du mouvement « esthète » qui voudrait que l’art ne soit que recherche du Beau, en dehors de toute préoccupation morale et sociale.

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Tombe d’Oscar Wilde

Après une déception amoureuse, Oscar Wilde a publié ses premiers poèmes dans des revues anglaises et irlandaises. Il a même obtenu un prix avec l’un d’eux, nommé « Ravenna ». Il s’installa à Londres où il commença à fréquenter les milieux littéraires et aristocratiques, se rendant célèbre par sa personnalité et son apparence originales. Il obtint le soutien du « grand monde » pour certaines de ses œuvres, mais pas toujours puisque certaines ont été « censurées ». Par exemple, Véra ou Les Nihilistes, une pièce de 1880, a été retirée de l’affiche la veille de la première, puisqu’elle a été vue comme une incitation à la révolte dans une Irlande soumise aux tensions avec l’Angleterre.

« Je n’ai rien à déclarer en dehors de mon génie. »

Après un voyage aux Etats-Unis, il revint en Europe et plus précisément à Paris, où il rencontra Verlaine, Zola, Hugo, Mallarmé, Marcel Proust, André Gide, se liant d’amitié avec certains. A Dublin, il fit la connaissance d’une admiratrice du nom de Constance Lloyd, qu’il épousa en 1884. Leur maison de Chelsea devint très vite le lieu de réunion des artistes londoniens. Il eut avec elle plusieurs garçons : Cyril et Vyvyan. Il commença alors à écrire des contes pour enfants : Le fantôme de Canterville, Le crime de Lord Arthur Savile, etc. Mais Oscar Wilde découvrit aussi ses préférences homosexuelles ! Il deviendra également rédacteur en chef du magazine féministe « The Woman’s World » en 1887.

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Constance Wilde et un de leurs fils

En 1890, Oscar Wilde publia dans une revue son chef d’œuvre, son unique roman, « Le Portrait de Dorian Gray ». Il a été immédiatement accusé de corrompre la jeunesse, ce à quoi il répondra : « Un livre n’est point moral ou immoral. Il est bien ou mal écrit. C’est tout. » Le livre a remporté un succès énorme. Oscar Wilde a dit : « La meilleure façon de résister à la tentation, c’est d’y céder » : voilà le paradoxe autour duquel tourne son roman, mais aussi sa propre vie. Ce livre permet de comprendre la personnalité de Dorian Gray car il est en partie autobiographique !

Analyse !

* Basil Hallward, le peintre, est comme Oscar Wilde, un artiste souffrant de ses passions, de ses attirances (notamment homosexuelles), de ses désirs, les exprimant dans son art. Il est ce qu’Oscar Wilde croit être.
* Lord Henry Wotton est un dandy qui vit ses désirs sans s’en cacher, tel un épicurien. Il est ce que le monde voit d’Oscar Wilde.
* Dorian Gray, lui, est un idéal esthétique. Tout le monde le désire, il peut être beau, en profiter, sans considérations morales. Il est ce qu’Oscar Wilde aimerait être.

L’œuvre a été largement « censurée » et édulcorée. Le manuscrit original a été rendu public en 2011 seulement ! On découvre alors à quel point Oscar Wilde ignorait la morale et les lois.

Oscar Wilde et Lord Alfred Douglas

Oscar Wilde et Lord Alfred Douglas

Oscar Wilde rencontra Lord Alfred Douglas. Ils devinrent vite inséparables et leur amitié se transforma vite en relation amoureuse. Le père de son compagnon, en désaccord avec leurs relations, commença à attaquer Oscar Wilde sur son homosexualité. L’auteur porta plainte en diffamation en mars 1895. Ce fut une grosse erreur car son comportement désinvolte ira en sa défaveur. Les jurés ne l’appréciaient pas, et même le public le laissa tomber. Il n’était plus victime mais accusé. Il fut alors condamné à 2 ans de travaux forcés et fut emprisonné à Reading.

Il rédigea en prison « La Ballade de la geôle de Reading », un magnifique poème qui révèle beaucoup de son expérience en tant que prisonnier. Je vous encourage à le lire, car c’est merveilleux !

Prison de Reading

Prison de Reading

En quoi sa vie a-t-elle influencée son œuvre ?

Comme je vous l’ai expliqué précédemment, Le Portrait de Dorian Gray est son seul roman, et est probablement en partie autobiographique. Il y exprime ses désirs, ses propres valeurs, à travers trois personnages qui, réunis, lui ressemblent particulièrement. Mais ce que je voudrais voir maintenant, c’est : pourquoi Oscar Wilde a-t-il cessé d’écrire après son emprisonnement ?

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Oscar Wilde, à sa sortie de prison, est un homme brisé, ruiné. Il a perdu sa famille, qui a quitté le pays après le scandale. Il a perdu sa fortune, sa renommée. Il part s’installer à Dieppe et prend un nouveau nom : Sébastien Melmoth. Mais très vite, il s’ennuie et veut retrouver son amant. Il retourne à Paris et continue à fréquenter des artistes : Gide, Alfred Jarry, Toulouse-Lautrec, Rodin, Sara Bernhardt. Mais il ne reprend pas l’écriture et tout finit par tomber en ruines autour et à l’intérieur de lui. Il ne veut plus écrire. En prison, il s’est rendu compte de ce qu’était vraiment la vie, la souffrance, et que toutes les belles paroles qu’il a prononcé avant ne valaient peut-être pas grand-chose comparées à ce qu’il vivait en prison.

Oscar Wilde, qui avait connu le faste du grand monde quand il vivait dans le succès, devient presque un vagabond et erre dans les rues de Paris, ruiné, ignoré par tous. Une infection qu’il avait développée en prison, suite à une blessure à l’oreille, finira par le faire mourir le 30 novembre 1900. L’otite s’était transformée en méningo-encéphalite suite à une récidive de syphilis. Ses vices l’avaient rattrapé. Oscar Wilde, l’écrivain déchu, est mort à quarante-six ans, seul, ruiné, oublié.

Tombe d'Oscar Wilde

Tombe d’Oscar Wilde

Je veux lire de l’Oscar Wilde, je lis quoi ?

Pour une première approche, les contes me semblent l’idéal ! Certes, ils visaient à l’origine des enfants, mais restent quand même d’un certain niveau littéraire (c’est Oscar Wilde tout de même !). Le fantôme de Canterville, mon préféré, est celui que je vous conseille mais les autres sont particulièrement beaux également.

Et bien sûr, il faut absolument avoir lu « Le Portrait de Dorian Gray », parce que c’est un véritable chef d’œuvre, celui d’une vie, celui d’un homme. Vous découvrirez une des plus grandes histoires de la littérature mais vous comprendrez également mieux la personnalité du dandy Oscar Wilde avant son emprisonnement.

« La ballade de la geôle de Reading », bien qu’elle soit un poème, reste très facile à lire même si elle est très longue. On en trouve facilement des extraits, et l’intégrale existe dans plusieurs éditions. C’est une œuvre merveilleuse, particulièrement touchante et perturbante. Que vous vous intéressiez à l’auteur ou à l’Angleterre victorienne, ou aux deux, vous serez très probablement touché par ce poème exceptionnel, auquel Oscar Wilde a réfléchi durant deux ans, dans un environnement hostile où il ne pouvait ni regarder dehors ni écrire.

Si vous voulez découvrir Oscar Wilde d’une autre manière, la série des Grands Détectives des éditions 10/18. Gyles Brandreth propose des enquêtes menées par Oscar Wilde, dont l’amitié avec Arthur Conan Doyle est bien connue (il aurait inspiré Sherlock Holmes). C’est une autre vision de l’auteur, elle aussi très enrichissante et peut-être plus actuelle.

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Les chroniques

Le Portrait de Dorian Gray – Oscar Wilde

Oscar Wilde et le mystère de Reading – Gyles Brandreth

 

#15 Oscar Wilde et le mystère de Reading – Gyles Brandreth

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Le résumé…

Tout juste libéré de la prison de Reading, où il a été enfermé deux ans, Oscar Wilde, se réfugie à Dieppe. Il croise la route d’un mystérieux étranger manifestement très intéressé par son histoire. Jour après jour, Wilde entame le récit de son calvaire, des corvées endurées, de la censure… sans oublier le double meurtre qu’il lui a fallu résoudre. Car dans une affaire si délicate, à quel saint se vouer, si ce n’est au détenu le plus célèbre de Reading Goal ?

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Mon avis…

Ce livre, lorsque je l’ai aperçu en librairie, m’a tout de suite interpelé. Oscar Wilde, mon auteur classique préféré, personnage principal d’un livre policier ? Je n’ai pas pu résister ! Malgré tout, j’étais très sceptique. Autant vous dire que pour moi, Oscar Wilde est un pur génie ! Et j’ai vraiment eu peur que le roman ne respecte ni son univers ni sa manière de manier les mots (en effet, en plus d’être le héros de ce livre, il en est aussi le narrateur !). Et finalement, j’ai été très agréablement surprise.

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Oscar Wilde

Oscar Wilde

L’auteur a récolté un lot important d’informations et s’est beaucoup documenté sur la « conversation » d’Oscar Wilde. Et très vite, on sent cette richesse dans les dialogues comme dans la narration. On imagine parfaitement chaque mot sortir de la plume ou de la bouche d’Oscar Wilde. La plupart de l’oeuvre est base sur les notes de Robert Sherard, ami et confident d’Oscar Wilde, auquel il aurait confié l’histoire de ses deux années en prison – confessions ensuite retranscrites dans la biographie de Wilde par Sherard un moment après sa mort. Et Gyles Brandreth, l’auteur du livre, dans tout ça ? Il a romancé l’ensemble sous forme d’aventure dans un style policier très bien construit.

Robert Sherard, ami et confident d'Oscar Wilde

Robert Sherard, ami et confident d’Oscar Wilde

« Oscar Wilde était une fête – c’était une fête d’être avec lui, une fête de le connaître. Il aimait la vie : il la savourait. »

– Robert Sherard

Pour ceux qui connaissent bien la vie d’Oscar Wilde, son amitié avec Arthur Conan Doyle n’est pas un secret. Et pour mon plus grand bonheur, la grande fan que je suis a retrouvé dans ce livre une aventure digne des meilleurs Sherlock Holmes (d’ailleurs, on nous rappelle bien dans ce livre qu’Oscar Wilde aurait servi de modèle pour le plus célèbre détective de la littérature.)

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Gyles Brandreth

Gyles Brandreth

Pour moi, ce livre est un vrai trésor. Il m’a permis de découvrir d’une autre manière cet auteur si cher à mon coeur. L’intrigue est très bien ficelée, on ne s’ennuie pas une seconde et on se cultive ! On découvre le système carcéral de l’Angleterre victorienne de l’intérieur (avec en bonus un petit document très détaillé à la fin du livre montrant bien le dur réglement imposé dans cet enfer.) Surtout, on se sent plus proche d’Oscar Wilde, qui comprend mieux la vie après son séjour en prison, qui remet en question tout ce qu’il savait jusque là. On partage la souffrance du poète enfermé là où aucun mot n’est autorisé.

« Nous tuons, tous, ceux que nous aimons… »

– Oscar Wilde

Prison de Reading

Prison de Reading

Je partais clairement dubitative dans la lecture de ce livre, en tant qu’admiratrice résolument exigeante du dandy so british, auteur entre autre du magnifique « Portrait de Dorian Gray »… Et pourtant, ce livre va se frayer une place dans le rang d’honneur de mes romans préférés. A lire une fois (au moins) dans sa vie !

« Il n’est qu’une seule horrible en ce monde, l’ennui. C’est le seul péché irrémissible. »

– Oscar Wilde

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Ma note…

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#5 Le Portrait de Dorian Gray – Oscar Wilde

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Le résumé…

«Au centre de la pièce, fixé à un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d’un jeune homme d’une extraordinaire beauté physique, devant lequel, à peu de distance, se tenait assis le peintre lui-même, Basil Hallward, celui dont, il y a quelques années, la disparition soudaine a, sur le moment, tant ému le public et donné lieu à d’étranges conjectures.»
Or Dorian Gray, jeune dandy séducteur et mondain, a fait ce voeu insensé : garder toujours l’éclat de sa beauté, tandis que le visage peint sur la toile assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés. Et de fait, seul vieillit le portrait où se peint l’âme noire de Dorian qui, bien plus tard, dira au peintre : «Chacun de nous porte en soi le ciel et l’enfer.»
Et ce livre lui-même est double : il nous conduit dans un Londres lugubre et louche, noyé dans le brouillard et les vapeurs d’opium, mais nous ouvre également la comédie de salon des beaux quartiers. Lorsqu’il parut, en 1890, il fut considéré comme immoral. Mais sa singularité, bien plutôt, est d’être un roman réaliste, tout ensemble, et un roman d’esthète – fascinants, l’un et l’autre, d’une étrangeté qui touche au fantastique.

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Mon avis… 

Je ne pouvais pas faire un blog parlant de littérature sans faire un article sur Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde qui est sans conteste un de mes livres préférés. Il s’agit du seul et unique roman d’Oscar Wilde, qui autrement a également, entre autre, écrit des nouvelles comme le Fantôme des Canterville ou quelques œuvres de théâtre et de nombreux poèmes. Cette œuvre est une véritable mine d’or. Un complexe brassage de réflexions sur l’art, la vie, la morale, le Bien, le Mal, l’impact de la société sur l’homme, la séduction ou encore le plaisir et la culpabilité.

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Les voluptueux – Victor Prouvé

Dorian Gray a peur de vieillir, mais pas vraiment peur de mourir, plutôt peur de vivre et de voir l’impact de ses actes et de son mode de vie sur son visage et son corps. Il reste jeune, n’est pas atteint par le temps. Qui ne rêverait pas de cela ? On sent qu’Oscar Wilde, l’écrivain ignoré de ses contemporains, porte un dur jugement sur la société victorienne. Il nous offre des dialogues magnifiques et réfléchis. On sent la patte de l’homme qui aime la beauté des mots, on sent l’âme de poète de l’auteur. Il parvient à imprimer dans notre esprit les scènes comme une œuvre de théâtre, précise et efficace, peut le faire.

La tension monte dans cette œuvre de la découverte de ce cadeau empoisonné qu’est la jeunesse éternelle jusqu’au drame final. Crimes, débauche, phénomènes fantastiques, aventures, le roman d’Oscar Wilde regroupe tellement de genres qu’il ne cesse de nous surprendre. On pourrait avoir peur de tomber dans la difficulté de lecture qu’impose parfois les romans victoriens. On pense à Charlotte Brontë et son Wuthering Heights (Les Hauts de Hurlevent) ou à Jane Austen et son Emma pour n’en citer que deux. Pourtant, Oscar Wilde signe ici le seul roman de sa vie, un concentré de son talent, une œuvre qui éblouit par sa complexité sentimentale et par ce qu’il provoque comme questionnements dans l’esprit du lecteur. Mais c’est aussi une œuvre qui va marquer le monde entier car le talent de l’auteur est grand et la morale de cette histoire l’est tout autant.

Je pense que c’est un livre qu’il faut à tout prix avoir lu une fois dans sa vie, non seulement pour découvrir un des plus grands auteurs anglais à nos jours mais aussi pour explorer son for intérieur à travers la lecture des aventures de Dorian Gray, héros qu’on aime et que l’on déteste tout à la fois, car il représente à la fois les peurs et les désirs secrets de l’Humanité toute entière.

Oscar Wilde

Oscar Wilde

Ma note…

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