#395 Le triomphe des ténèbres (la saga du Soleil noir, t.1) – Giacometti et Ravenne

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Le résumé…

1938. Dans une Europe au bord de l’abîme, une organisation nazie, l’Ahnenerbe, pille des lieux sacrés à travers le monde. Elle cherche des trésors aux pouvoirs obscurs destinés à établir le règne millénaire du Troisième Reich. Son maître, Himmler, envoie des SS fouiller un sanctuaire tibétain dans une vallée oubliée de l’Himalaya. Il se rend lui-même en Espagne, dans un monastère, pour trouver un tableau énigmatique. De quelle puissance ancienne les nazis croient-ils détenir la clé ? À Londres, Churchill découvre que la guerre contre l’Allemagne sera aussi celle, spirituelle, de la lumière contre les ténèbres.

Tristan, le trafiquant d’art au passé trouble ; Erika, une archéologue allemande ; Laure, l’héritière des Cathares… : dans le premier tome de cette saga, l’histoire occulte fait se rencontrer des personnages aux destins d’exception avec les acteurs majeurs de la Seconde Guerre mondiale.

Mon avis…

Cela faisait très longtemps que je voulais lire un roman de Giacometti et Ravenne. J’ai donc sauté le pas avec leur tout dernier en poche, le premier tome de la saga du Soleil noir, j’ai nommé : Le triomphe des ténèbres. J’ai vraiment été séduite par le résumé qui mêlait à la perfection Histoire, occultisme et aventure. Et je n’ai clairement pas été déçue. Le livre tient ses promesses, en nous faisant plonger dans les plus profonds mystères du nazisme et la fascination de certains leaders du parti pour l’ésotérisme. Les personnages ont des parcours originaux et singuliers, et ils se trouvent pourtant tous réunis dans une étrange quête : celle d’une relique, que les nazis considèrent comme une arme capable de leur faire gagner la guerre. Je me suis beaucoup attachée à tous ces personnages, et j’ai apprécié la place de choix laissée aux femmes. Remarquons aussi la présence de personnages historiques, tels Churchill, Hitler, Himmler, etc. qui prennent vie aux côté de personnages imaginaires pleins de reliefs.

Ce que j’ai aussi adoré dans ce roman, c’est que l’on se divertit avec une histoire absolument passionnante et pleine de suspense, et que l’on apprend également des choses. Docere et placere, dirait Horace. A la fin du livre, on trouve d’ailleurs quelques explications permettant de faire la part de vérité dans la fiction. Giacometti et Ravenne se documentent beaucoup, et cela se ressent sans jamais alourdir le récit. On découvre la Seconde Guerre mondiale et l’Occupation sous un autre angle. C’est extrêmement stimulant pour le lecteur, sur le plan intellectuel. Le triomphe des ténèbres m’a rendue accro et c’est aussi un livre captivant dont j’ai parlé à mes proches avec beaucoup de plaisir. Honnêtement, j’avais vraiment envie de bondir sur le tome 2, mais je vais devoir attendre sa sortie en poche… Patience, patience… mais j’ai hâte ! En attendant, peut-être vais-je reporter mon attention sur leurs autres livres, qui ont l’air tout aussi passionnants. Clairement, Giacometti et Ravenne ont le don pour la narration simple et efficace. Si vous ne connaissez pas et que vous aimez les thrillers ésotériques ou les romans historiques, sautez vite sur leurs livres !

Carte d’identité du livre

Titre : Le triomphe des ténèbres (la saga du Soleil noir, t.1)
Auteurs : Éric Giacometti et Jacques Ravenne
Éditeur : Le Livre de Poche
Date de parution : 15 mai 2019

5 étoiles

 

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#394 Engloutie – Arno Strobel

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Le résumé…

Vous êtes enfouie dans le sable. Impuissante. Et la marée monte… monte…
Deux couples passent leurs vacances sur une île de la mer du Nord, réputée pour son calme et la beauté de ses paysages. Peu après leur arrivée, des crimes d’un sadisme inouï sont commis.
Après avoir été enlevés, une femme et un homme sont amenés sur une plage à la nuit tombée. Et là, ce dernier assiste impuissant au supplice de sa compagne. Car la marée monte, qui va engloutir celle qu’on a enterrée dans le sable – et dont seule la tête dépasse…
Le tueur prend d’autant plus de plaisir à ces spectacles qu’il se sait supérieurement intelligent… donc infaillible. Personne, jamais, ne le soupçonnera.
Raconté de plusieurs points de vue, dont celui de l’assassin, un suspense qui glace le sang jusqu’à l’ultime page.

Mon avis…

Bonjour tout le monde ! On se retrouve aujourd’hui pour parler d’un thriller, j’ai nommé Engloutie d’Arno Strobel. Je vous avais déjà fait la chronique de Souvenirs effacés, que j’avais bien apprécié. Là encore, on peut dire que l’impression finale est plutôt bonne. Contrairement à quelques avis que j’ai pu lire après ma lecture, je n’ai pas été choquée outre mesure par le modus operandi du tueur… Non qu’il ne soit pas horrible, loin s’en faut, mais simplement parce que je commence à être rodée… Lecture régulière de thrillers oblige ! Néanmoins, cela ne m’a pas empêchée d’être complètement absorbée par l’histoire. L’intrigue est vraiment bien menée, et autant dire que le suspense est total. On croit savoir qui est le coupable, puis finalement on se persuade que c’en est un autre, à moins que ce ne soit plutôt celui-là, ou celui-ci, etc. Comme dans son précédent roman, Arno Strobel nous balade. Quelques petits détails m’ont parfois un tout petit peu chiffonnée, sans parler d’incohérences pour autant, mais c’est vraiment secondaire. Globalement, j’ai trouvé ce récit bien construit, et il était intéressant d’avoir des moments dans la tête du tueur, même si c’est là que se trouvent certaines zones d’ombre qui, malheureusement, n’ont pas été suffisamment éclairées à mon goût. La fin est à la fois surprenante et un peu attendue, c’est l’originalité de ce roman d’ailleurs. Mais je n’en dis pas plus… Cela reste vraiment un très bon thriller, malgré les petites nuances que j’apporte, qui ne s’attachent vraiment qu’à quelques détails.

Carte d’identité du livre

Titre : Engloutie
Auteur : Arno Strobel
Traductrice : Céline Maurice
Éditeur : l’Archipel
Date de parution : 03 juillet 2019

4 étoiles

Merci aux éditions l’Archipel pour cette lecture.

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#393 L’amour de ma vie – Clare Empson

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Le résumé…

Catherine ne parle plus. Ni à son mari, ni à ses enfants, ni aux médecins, pas même à sa meilleure amie. Elle a été témoin d’une scène terrible et depuis plus un mot. Pourtant, du fond de sa bulle, Catherine se souvient…

Elle se souvient de Lui, Lucian, l’amour de sa vie rencontré à la fac. À cette époque, elle s’était laissé entraîner dans son cercle d’amis, privilégiés et hédonistes. Difficile d’oublier leur rupture, aussi : en une nuit, tout a volé en éclats. Elle l’avait quitté, détruisant leur vie à tous les deux. Sans qu’il n’y comprenne rien.

Elle se souvient surtout de leurs retrouvailles, quatre mois plus tôt : le hasard les a réunis, comme pour leur offrir une seconde chance. La passion a ressurgi immédiatement. Toutefois, impossible d’éviter la question essentielle : pourquoi? Pourquoi Catherine s’était-elle enfuie, cette nuit-là?

Une plongée sombre au cœur du silence, des secrets et des non-dits d’une histoire d’amour.

Mon avis…

Aujourd’hui, je quitte mes bouquins, mon traitement de texte et mes blocs-notes (écriture d’articles pour ma thèse oblige…) pour vous parler d’un bouquin original, à mi-chemin entre romance et thriller ! J’ai nommé : L’amour de ma vie de Clare Empson. Dans ce roman, on découvre l’histoire de Catherine qui, traumatisée par un événement que l’on ignore, ne peut plus parler. Elle est enfermée dans la prison de son esprit, mutique, laissant sa famille et sa meilleure amie dans le désespoir… Mais nous, lecteurs et lectrices, avons accès à la vérité, à travers le récit de Catherine, qui devient narratrice. Elle s’adresse à un « tu », une personne qui est la clé de tout ce mystère. Elle revient aux temps de l’université, au moment où elle a rencontré Lucian, l’homme qui a changé sa vie et lui a fait découvrir la véritable passion… Mais cet homme, elle l’a quitté, sans donner la moindre explication… Suspense multiple donc : que s’est-il passé pour que Catherine devienne muette ? et que s’est-il passé à l’époque de la fac ? Nous avons donc le récit rétrospectif de cette belle histoire d’amour, hanté par l’abandon final dont nous ignorons la cause (jusqu’à la fin du roman), et le récit de ces dernières semaines, qui ont vu se réunir Catherine et Lucian. En alternance avec le récit de Catherine, nous avons également la narration de Lucian, qui raconte sa version, sa vision des événements. C’est donc un roman très riche et rempli de suspense que nous propose ici Clare Empson. J’ai été absolument absorbée par ce récit, et je l’ai dévoré en une nuit, pour vous dire ! J’ai deviné assez vite le nœud de l’histoire mais, finalement, ça n’enlève pas du tout le plaisir de la lecture, au contraire.

Avertissement : je vous déconseille d’aller sur le site de Babelio pour faire une recherche sur ce livre, car le résumé spoile carrément l’histoire, ce qui est vraiment vraiment dommage !

P.S. : La couverture est canon !

Carte d’identité du livre

Titre : L’amour de ma vie
Autrice : Clare Empson
Traductrice : Jessica Shapiro
Éditeur : Denoël
Date de parution : 13 juin 2019

5 étoiles

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

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#391 Comme une tombe – Peter James

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Le résumé…

Mauvaise blague : Michael se retrouve dans un cercueil six pieds sous terre avec du whisky et une revue érotique pour son enterrement de vie de garçon. Les heures passent, personne ne vient le chercher, la fiancée s’inquiète et fait appel à Roy Grace. Pour le localiser, l’inspecteur n’a qu’une seule piste : les témoins du mariage, tous morts dans un accident de voiture…

Mon avis…

Je connais Peter James depuis des années maintenant, et j’avais notamment adoré son excellent roman The House on Cold Hill, traduit récemment en français sous le titre La Maison des Oubliés. Cela faisait donc un moment que je lorgnais sur sa série policière autour de l’inspecteur Roy Grace… J’ai donc tout logiquement décidé de me lancer, en commençant par *surprise* le premier tome ! Le résumé m’a tout de suite emballée. Je n’ai pas pu m’empêcher, en voyant cette histoire de tombe, de penser au roman de Mary Higgins Clark, La maison du clair de lune. Mais la comparaison s’arrête là. Michael est donc un jeune homme s’apprêtant à épouser une femme qu’il aime passionnément, la splendide Ashley. Sauf que son enterrement de vie de garçon se passe littéralement trop bien, puisqu’il finit enterré vivant… Toutes les personnes qui savent où il se trouve sont mortes lors d’un terrible accident, mais tout le monde s’accorde à dire que Michael ne peut pas simplement avoir disparu… Même Roy Grace l’admet : qui voudrait fuir un mariage avec une aussi belle femme ? Très vite, la recherche de Michael devient donc une priorité pour l’inspecteur, qui souhaite à tout prix réunir le couple parfait…

Comme une tombe est un roman au suspense haletant, dont les quelques 500 pages se dévorent sans même y penser. Une fois commencé, impossible de le lâcher… On se sent tellement concerné par le devenir de Michael qu’on ne peut pas cesser d’y penser ! L’intrigue est parfaitement construite, tout comme l’alternance des chapitres, entre l’attente angoissée et terrifiante de Michael, les interrogations et l’enquête de Roy Grace, ainsi que le point de vue des autres protagonistes parmi lesquels Ashley. Le tout est un formidable puzzle qui, au fil du roman, prend de plus en plus son sens… Le personnage principal, Roy Grace, est un homme attachant et surprenant, qui pratique son métier avec beaucoup d’originalité. Il n’hésite pas à faire appel à des forces surnaturelles pour mener l’enquête, notamment en demandant l’aide de médiums. Cela ouvre beaucoup de possibilités de rebondissements et de retournements de situation. Le tout avec une touche d’humour british, juste ce qu’il faut. Si la fin ne m’a pas particulièrement surprise dans ce premier tome, je dois quand même reconnaître qu’il a su créer l’envie de revenir. Je lirais la suite de la série Roy Grace avec beaucoup d’enthousiasme, et persuadée que cela ne pourra être que de mieux en mieux. Après tout, je connais le potentiel de Peter James à travers des œuvres plus récentes, donc je ne m’inquiète pas.

Carte d’identité du livre

Titre : Comme une tombe
Auteur : Peter James
Traductrice : Raphaëlle Dedourge
Éditeur : Pocket
Date de parution : 12 avril 2010

4 étoiles

 

#389 Il était une fois mon meurtre – Emily Koch

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Le résumé…

Alex est dans le coma depuis deux ans, à la suite d’un accident d’escalade. Sa petite amie Bea, ses parents et sa soeur envisagent l’arrêt des soins comme il ne réagit à rien autour de lui. Mais en réalité, Alex est parfaitement conscient : son corps est certes inerte, mais son esprit est vif, et il entend tout ce qui se passe autour de lui.

Quand un jour, Alex surprend deux policiers dans sa chambre, puis Bea se plaindre de se sentir suivie dans la rue, il comprend que le danger les menace tous deux. En se replongeant dans ses souvenirs fragmentés, et au fil de phrases perçues ici et là, Alex commence à douter que sa chute n’ait été qu’un accident. Mais comment faire pour sauver sa peau, et celle de sa petite amie, en étant cloué à son lit d’hôpital ?

Mon avis…

Aujourd’hui, je vous parle d’un livre que je ne pensais pas prendre autant de plaisir à lire. Je ne vais pas vous faire un suspense à rallonge : j’ai adoré. Ce roman est un véritable page-turner. Le narrateur, on ne peut plus original, est un homme dans le coma. Alex est conscient d’absolument tout ce qui se passe autour de lui, ressent de la douleur et des émotions, et pourtant l’avis des médecins est sans appel : il est en état végétatif, on ne peut plus rien faire pour lui. Les seules choses qui lui échappent, ce sont les souvenirs du jour de son accident. Son unique espoir : que sa famille accepte de le laisser mourir, afin que son cauchemar cesse. Pourtant, un jour, en écoutant les conversations dans sa chambre, il réalise que tout cela n’était peut-être pas un simple accident, mais bien une tentative de meurtre. Il décide alors de mener l’enquête, malgré le coma…

Comment décrire ce roman ? Tout d’abord, il est très surprenant. L’autrice maîtrise à la perfection le déroulé de sa narration, et on ne s’ennuie jamais, bien que l’on soit constamment dans l’esprit d’un homme qui ne peut ni bouger ni communiquer avec autrui d’une quelconque façon. Entre flash-backs, discussions des visiteurs, hypothèses et cheminement de la pensée d’Alex, la lecture est vive et le rythme est soutenu. Il n’y a jamais de longueurs, alors que le récit suit de près le quotidien de cet homme dans le coma. Plusieurs questions guident le roman : Alex va-t-il se réveiller ou mourir ? Qui a voulu l’assassiner ? Pourquoi ? Comment ses proches vont-ils continuer leur vie ? C’est absolument passionnant et très riche. Depuis une chambre d’hôpital, c’est tout un univers qui se crée, avec une multitude de personnages dont on parvient à percevoir la complexité psychologique. Un huis-clos, donc, à la fois dans la tête d’un homme et dans son corps paralysé, et dans une chambre froide et aseptisée… Cadre original pour résoudre un mystère.

Allez, je ne vous en dis pas plus, pour préserver au maximum le suspense qui, dans ce livre, est à son paroxysme. Énorme défi, mais pari réussi. Je vous encourage simplement à découvrir ce très bon thriller, qui saura vous offrir un moment de lecture divertissant et bouleversant pour votre été !

Carte d’identité du livre

Titre : Il était une fois mon meurtre
Autrice : Emily Koch
Traducteur : Éric Moreau
Éditeur : Calmann-Lévy
Date de parution : 29 mai 2019

5 étoiles

Merci aux éditions Calmann-Lévy et NetGalley pour cette lecture.

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#377 Écouter le noir – Collectif

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Le résumé…

Les grands noms du thriller français mettent nos sens en éveil.

Treize auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d’ordre est le même pour tous : nous faire tendre l’oreille en nous proposant des récits qui jouent avec les différentes définitions de l’audition.

Dans ces nouvelles, ils ont donné libre cours à leur noire imagination pour créer une atmosphère, des personnages inoubliables et une tension qui vous happeront dès les premiers mots… et jusqu’à la chute. Éclectique et surprenant, ce recueil renferme onze expériences exceptionnelles de lecture.

Laissez-vous chuchoter à l’oreille, venez Écouter le noir.

Mon avis…

C’est sur l’initiative d’Yvan Fauth, du blog EmOtionS, qu’est né le recueil de nouvelles Écouter le noir. Il a proposé à quelques auteurs et autrices de thrillers, romans policiers et romans noirs, d’écrire autour du mot « audition ». Cela donne des récits très différents les uns des autres, dans lesquels nous pouvons retrouver la patte de chacun.e, tout en laissant une grande place à la surprise ! Vous trouverez dans ce livre treize écrivain.e.s et onze histoires écrites par :

Barbara Abel et Karine Giebel ♦ Jérôme Camut et Nathalie Hug ♦ Sonja Delzongle ♦ François-Xavier Dillard ♦ R.J. Ellory ♦ Nicolas Lebel ♦ Sophie Loubière ♦ Maud Mayeras ♦ Romain Puértolas ♦ Laurent Scalese ♦ Cédric Sire

Un casting 5 étoiles donc. Vous vous en doutez, il est difficile de donner un avis très détaillé sans gâcher le plaisir de la lecture et sans en révéler trop. Je me contenterais donc de vous dire que ce livre est un recueil de textes éclectiques, qu’il y en a pour tous les goûts et que vous ferez, je le pense, de très belles (re)découvertes.

J’ai trouvé qu’ouvrir l’ouvrage sur la nouvelle de Barbara Abel et Karine Giebel était vraiment une idée formidable car ce texte, « Deaf », met tout de suite dans l’ambiance. On part pour une escapade mortelle, ça secoue, c’est sec, net, précis : en un mot, efficace.

J’ai personnellement beaucoup aimé la deuxième nouvelle, celle de Sonja Delzongle, « Tous les chemins mènent au hum », qui fait expérimenter au personnage le bruit, le silence… Lequel est l’enfer ?

J’ai aussi particulièrement apprécié la nouvelle de Nicolas Lebel, « Sacré chantier », qui s’attaque à sujet profondément d’actualité, et de façon très originale et moderne, avec son humour et son côté décalé caractéristique.

Celle de François-Xavier Dillard, « Ils écouteront jusqu’à la fin », m’a aussi beaucoup marquée, avec une plongée dans les méandres les plus obscurs de la musique classique

La nouvelle de Romain Puértolas, « Fête foraine », m’a bien fait rire. C’est peut-être la moins « noire » de toutes, mais elle est vraiment dans le thème et très originale.

Celle de Cédric Sire, sans surprise, était tout aussi waouh, parfaite. « Le diable m’a dit » était vraiment la nouvelle idéale pour clore le recueil.

Bon, je ne vous ai pas parlé de tous les récits, je vous laisse le soin de les découvrir par vous-même. Une chose est sûre, vous allez passer un bon moment. Je recommande vraiment ce livre pour les fans de thrillers et romans noirs, pour ceux qui veulent découvrir également, et pourquoi pas pour faire un beau cadeau ? Après tout, ce bouquin a été conçu par un amoureux des livres, avec des amoureux des livres, pour des amoureux des livres ! À découvrir.

Carte d’identité du livre

Titre : Écouter le noir
Auteurs et autrices : Collectif
Dirigé par : Yvan Fauth
Éditeur : Belfond
Date de parution : 16 mai 2019

5 étoiles

Merci aux éditions Belfond et à NetGalley pour cette lecture.

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#375 La femme sans ombre – Christine Féret-Fleury

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Le résumé…

Sa passion? L’opéra. Son métier? Tueuse à gages. Elle n’a pas de nom. Se tient à distance, de tout et d’abord d’elle-même. Restauratrice le jour, elle se transforme, la nuit, en machine à tuer. Quand elle n’obéit pas aux ordres de ses commanditaires, elle court le monde, d’opéra en salle de concerts, pour écouter les œuvres de son compositeur fétiche, Richard Strauss. Son prochain contrat? Une cheffe d’orchestre à la célébrité naissante…

Elle s’appelle Hope Andriessen. D’origine rwandaise, elle a assisté au massacre d’une grande partie de sa famille. Depuis, la musique est son foyer et sa seule raison de vivre. Après des années d’efforts acharnés, elle vient enfin d’être nommée à la tête d’un grand orchestre ; juste avant Noël, elle dirigera un opéra de Strauss, La Femme sans ombre.

Deux femmes que tout sépare, sauf leur passion pour la musique.
Et le fait que la première va devoir tuer la seconde…

Mon avis…

Aujourd’hui, je vous parle d’un thriller original, dont l’intrigue se passe dans le milieu de l’opéra. La victime, c’est Hope Andriessen, cheffe d’orchestre. La meurtrière, c’est une femme sans nom, une tueuse professionnelle et méthodique, et accessoirement propriétaire d’un restaurant à succès. Petit problème : cette dernière va devoir assassiner une femme qu’elle admire… Vous l’aurez compris, mais je pense qu’il faut le souligner : nous avons affaire ici à un thriller 100% féminin. Et c’est une des raisons pour lesquelles j’ai adoré ce livre. Pourtant, j’avais quelques craintes. En effet, je n’y connais personnellement rien en musique classique. Mon domaine, c’est le rock, le métal, éventuellement le rap, un peu de musiques du monde, mais certainement pas Strauss ! Et pourtant, cela ne m’a pas empêchée d’être captivée par ce roman. Bien au contraire. L’autrice sait rendre ce milieu accessible à ses lecteurs et lectrices. Donc, aucune inquiétude à avoir sur ce point. Autre petite crainte : le style d’écriture, étonnant, puisqu’une grande partie du livre est écrit à la deuxième personne du singulier ! Un personnage, ou le narrateur, s’adresse à la tueuse, en lui disant « tu ». C’est déstabilisant dans les premières pages, puis c’est séduisant, car maîtrisé à la perfection.

« Ist dies etwa der Tod ? Serait-ce déjà la mort… ou quelque chose qui y ressemble ? »

Concernant l’intrigue, comme pour tout bon thriller qui se respecte, difficile de la résumer sans risquer de gâcher le plaisir. Je peux juste vous dire qu’elle est tout à fait surprenante et suffisamment complexe pour faire de ce livre un roman vraiment subtil. L’autrice joue sur les détails, si bien que le dénouement est inattendu tout en étant dans le prolongement de tout le récit, et donc satisfaisant. Même si j’ai mis un peu de temps à accrocher au début, l’écriture et l’action se bonifient au fil des pages, et j’ai pris de plus en plus de plaisir. J’aurais quand même aimé en savoir un peu plus sur le personnage principal, la tueuse, sur ce qui l’a menée où elle en est aujourd’hui, car certains détails restent flous. Je vois néanmoins dans La femme sans ombre un thriller très moderne et actuel, qui mérite vraiment de ne pas passer inaperçu sur les étals des libraires ! Je vous encourage à le découvrir, que vous aimiez ou non la musique, si vous êtes sensible à la place des femmes en littérature et dans les milieux artistiques, si vous voulez simplement lire un bon thriller efficace et maîtrisé, et si vous avez envie d’être surpris.e ! Christine Féret-Fleury, que je découvre avec ce titre, est une autrice que je vais continuer à suivre avec attention, car elle a tout à fait sa place dans le beau monde des polars et thrillers français, qui n’a jamais été aussi bien représenté que ces dernières années.

Carte d’identité du livre

Titre : La femme sans ombre
Autrice : Christine Féret-Fleury
Éditeur : Denoël
Date de parution : 16 mai 2019

5 étoiles

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

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#374 M. O. Modus operandi, tome 1 : La secte du Serpent – Nathalie Cohen

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Le résumé…

Rome, en l’an 54, sous le règne de Néron. De riches pères de famille, atteints d’un mal étrange, trouvent la mort le soir chez eux dans divers quartiers de la ville. L’homme qui se charge de l’enquête découvre petit à petit que ces disparitions sont l’œuvre concertée d’un mystérieux groupe de jeunes gens qui suivent toujours le même mode opératoire.
L’enquêteur, Marcus Tiberius Alexander, est un vigile gradé des patrouilles dites « les yeux de Rome», chargées de circonscrire les incendies et la délinquance nocturne. Il est aux prises avec Lucius Cornelius Lupus, un jeune et ambitieux fils de sénateur, dévoré par la passion du jeu. Le premier, d’origine étrangère, met tout en œuvre pour resserrer l’étau sur le second, favorisé par son rang. Mais la vérité qu’il met au jour est terrifiante.

Mon avis…

Aujourd’hui, je vous parle du premier tome d’une série intitulée Modus Operandi. Cette expression latine, une fois traduite en français, veut dire : mode opératoire… Vous l’aurez compris, il s’agir d’un « polar », sauf qu’il est assez original ! En effet, il s’agit d’un polar antique, dont l’intrigue se déroule à Rome, au 1er siècle après JC. L’empereur Néron prend le pouvoir à la suite de Claude, à partir de l’an 54 et, dans ce tome, nous découvrons les premiers mois tumultueux de son règne. Le contexte historique est donc assez étonnant pour un roman policier et change de ce que l’on a l’habitude de voir. Nous sommes dix ans avant le grand incendie de Rome, et c’est justement un pompier que nous suivons dans son enquête. Le jeune homme, Marcus Tiberius Alexander, est un étranger à Rome et subit les brimades et les moqueries de beaucoup de personnes, y compris de son « frère adoptif ». Il représente un peu l’outsider à qui l’on donne enfin l’occasion de briller et de montrer sa valeur.

Je dois avouer que la lecture des premières pages m’a un peu perturbée. En effet, j’ai été très surprise par le style de l’autrice, et en particulier le niveau de langue adopté. Il est vrai qu’on ne s’attend pas nécessairement à trouver un vocabulaire parfois familier dans la bouche de personnages de l’Antiquité. Néanmoins, une fois que l’on est habitué, je trouve que cela sert l’intrigue dans sa globalité. En effet, nous nous sentons ainsi plus proche des personnages, et cela tranche avec l’idée parfois stéréotypée que l’on se fait de la société romaine. J’imagine que les hommes de l’Antiquité avaient, eux aussi, une manière plus « populaire » de s’exprimer que le latin classique tel qu’on le connaît. Ce serait une question à poser à Nathalie Cohen, puisqu’elle enseigne justement le latin ! Elle est passionnée par l’Antiquité et, en effet, cela se ressent. Elle nous emporte dans un univers singulier et assez méconnu, et je trouve qu’elle nous permet de mieux connaitre la société romaine, que l’on a parfois du mal à appréhender, en tant que lecteurs du XXIe siècle. J’ai appris des choses sur le fonctionnement de la cité, à travers un roman qui se lit vraiment très bien ! Il n’y a pas de descriptions inutiles, au contraire, il y a un certain nombre de dialogues, et l’enquête est prenante. Je dirais enfin que c’est un premier tome qui intrigue, qui installe des bases solides pour une série prometteuse ! Affaire à suivre, donc.

Carte d’identité du livre

Titre : M.O. : Modus Operandi, tome 1 : La secte du serpent
Autrice : Nathalie Cohen
Éditeur : Denoël
Date de parution : 11 avril 2019

4 étoiles

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

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#373 L’heure des fous – Nicolas Lebel

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Le résumé…

Paris: un SDF est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. « Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël », ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe : le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard…
Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique quand le cadavre révèle son identité.
L’affaire va entraîner le groupe d’enquêteurs dans les méandres de la Jungle, nouvelle Cour des miracles au cœur du bois de Vincennes, dans le dédale de l’illustre Sorbonne, jusqu’aux arrière-cours des troquets parisiens, pour s’achever en une course contre la montre dans les rues de la capitale.
Il leur faut à tout prix empêcher que ne sonne l’heure des fous…

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Mon avis…

Enfin ! Oui, j’ai enfin lu L’heure des fous de Nicolas Lebel. Il était temps ! J’avoue avoir découvert cet auteur à travers le regard taquin d’Olivier Norek, et j’ai acheté son livre l’année dernière à Saint-Maur en Poche. Je ne pensais pas que je serais autant surchargée de travail… Mais voilà, au milieu de l’écriture de mon mémoire, j’ai cherché un roman avec lequel je pourrais décompresser, et mon regard s’est posé sur L’heure des fous. J’avoue que j’ai trouvé ce roman très atypique, dans la mesure où mon attention s’est beaucoup moins concentrée sur l’enquête que sur les personnages eux-mêmes. Je les ai trouvé absolument fascinants et très intéressants. Leur personnalité est abordée avec beaucoup d’humour, ce qui semble assez caractéristique du style de Nicolas Lebel, même si je confirmerais cette intuition avec d’autres lectures. Il y a un côté très décalé que j’ai vraiment aimé, et qui est notamment symbolisé par la sonnerie de téléphone du capitaine Mehrlicht, qui consiste en répliques de films d’Audiard. Très drôle ! Toute l’équipe est attachante, avec le stagiaire traumatisé par Mehrlicht, ce dernier étant vraiment une grande gueule, le lieutenant Dossantos obsédé du Code Pénal et assoiffé de justice (pour le meilleur et pour le pire) et le lieutenant Latour, plus posée mais un peu rebelle. C’est un cocktail détonnant, que je prendrais vraiment plaisir à retrouver. J’ai aussi apprécié le côté linguiste de Nicolas Lebel, qui nous offre un magnifique exercice de style, avec le personnage de Mehrlicht et sa gouaille, son argot remarquable.

L’heure des fous, c’est un livre avec lequel on ne s’ennuie jamais ! Et on peut dire que Nicolas Lebel a vraiment une écriture bien à lui, car ce roman ne ressemble à aucun autre que j’ai pu lire jusqu’ici. J’ai adoré les clins d’œils et les hommages à la littérature (big up Victor Hugo !) et au cinéma. Sur la forme donc, parfait ! Sur le fond, je ne pourrais pas dire que j’ai moins aimé.  Il est vrai que l’intrigue policière passe un peu au second plan en raison de ces personnages très forts. Mais elle est rondement menée, parfaitement élaborée, et le dénouement ne déçoit pas. Cela aurait peut-être mérité de s’y attarder un peu plus, quitte à rajouter quelques pages, mais je ne suis même pas certaine. À vrai dire, cette focalisation sur les personnages est vraiment ce qui fait la richesse du livre, et je me dis que ce serait dommage de l’atténuer. Car, à la fin, le résultat est là : on a envie de retrouver cet insupportable mais adorable Mehrlicht ! L’heure des fous a un charme qui lui est propre, un peu suranné, un peu vintage. Un polar à l’ancienne, donc, qui se lit comme un bon page-turner. J’adore, et j’en redemande !

Carte d’identité du livre

Titre : L’heure des fous
Auteur : Nicolas Lebel
Éditeur : Marabout
Date de parution : 28 mai 2014

5 étoiles

#372 Passager 23 – Sebastian Fitzek

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Le résumé…

Des dizaines de personnes disparaissent en mer chaque année. Sans laisser de trace. Le lieu rêvé pour des crimes parfaits…

Le Sultan des mers est un de ces paquebots où, à plusieurs reprises, des passagers se sont jetés par-dessus bord. C’est le cas notamment de la femme et du fils de Martin Schwartz. Depuis leur mort, Martin a perdu goût à la vie et assume des missions dangereuses au sein de la police. Cinq années ont passé quand il reçoit une mystérieuse invitation à retourner sur Le Sultan des mers. Une fois sur place, il reconnaît avec stupeur l’ours en peluche de son fils dans les bras d’Anouk, une enfant disparue qui vient de refaire surface. Il comprend alors qu’il a été sollicité pour découvrir ce qu’a vécu la fillette, cachée dans la cabine 23. Au fil de son enquête, il va mettre au jour le mobile de ces étranges disparitions.

Et découvrira que les disparus ne sont peut-être pas tous morts…

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Mon avis…

Je n’avais pas lu de Fitzek depuis des années. Je vous avais parlé, ici sur le blog, de son livre Le briseur d’âmes, que j’avais vraiment beaucoup aimé. Aujourd’hui, il est question de Passager 23, son dernier roman sorti en poche cette année. Si vous ne connaissez pas Sebastian Fitzek, je pense que l’on peut aisément dire qu’il est un peu le Maxime Chattam allemand. Tout aussi connu, tout aussi attendu, et tout aussi talentueux. C’est donc avec grand plaisir que j’ai retrouvé sa plume ! Dans ce livre, il nous emmène en croisière sur un paquebot élégamment nommé Le Sultan des Mers. Mais il est hors de question que la croisière s’amuse ! Au contraire, vous embarquerez sur un voyage horrifique et angoissant… De mystérieux suicides, dont certains ont de curieux points communs… S’agit-il de meurtres maquillés ? Les suicidés sont-ils vraiment morts ? Toutes les réponses que nous pouvons imaginer ne correspondent pas exactement à la réalité ! Sebastian Fitzek aime nous faire partir sur certaines pistes, puis retourner la situation ou nous faire entrer dans des scenarii bien plus complexes. J’ai aimé ce roman car il était rempli de surprises.

« – Je… veux… pas… mour…

– Allons allons, nous étions pourtant d’accord, dit le docteur avec un sourire réconfortant. Tout est arrangé. Vous n’allez pas me laisser tomber maintenant, à deux doigts de la mort parfaite. »

Il s’agit d’un roman policier écrit avec habileté et subtilité. Le suspense est total, l’intrigue est parfaitement bien ficelée, la résolution de l’enquête et le dénouement sont étonnants. Aucun détail n’est sous-exploité, tout est parfaitement maîtrisé et apporte quelque chose au roman. Il est vrai que vous n’aurez peut-être plus envie de partir en croisière après cette lecture. Personnellement, je n’en ai jamais eu envie, la simple idée d’être coincée au milieu de l’océan avec des milliers d’autres personnes et sans la moindre issue me terrifie ! Vous imaginez donc bien l’ambiance qui règne dans ce livre ! Un paquebot, c’est l’endroit parfait pour se suicider : les familles n’ont pas à gérer le corps, vous disparaissez, tout simplement, un saut et c’est fini. C’est aussi l’endroit parfait pour assassiner quelqu’un… pour les mêmes raisons ! Un peu flippant comme réflexion ? Oui, carrément. Mais c’est l’idée qui guide tout le roman. Comment résoudre une enquête quand toutes les preuves sont effacées par l’océan ? Diabolique. Bref, vous l’aurez compris, les amateurs et amatrices de thrillers ou romans policiers trouveront leur bonheur avec ce Passager 23. Embarquement immédiat ! Petit bonus, sur lequel je donnerais très peu de détails pour éviter de vous spoiler le dénouement : la résolution de l’intrigue permet d’aborder un fait sociétal très intéressant et tabou, d’une façon originale.

« Elle se demandait parfois qui était le plus fêlé : les auteurs qui inventaient toutes ces horreurs, ou elle-même, qui payait pour lire les méfaits de tueurs à la hache et autres psychopathes, confortablement installée au bord de la piscine, jamais loin des charmants serveurs qui, selon l’heure de la journée, lui apportaient, entre deux cafés, jus de fruits ou cocktails. »

Carte d’identité du livre

Titre : Passager 23
Auteur : Sebastian Fitzek
Traductrice : Céline Maurice
Éditeur : Le Livre de Poche
Date de parution : 27 février 2019

5 étoiles

Un grand merci à mon ami Stathis pour ce cadeau d’anniversaire !