#417 Les Sauroctones, tome 1 – Erwann Surcouf

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Le résumé…

Bienvenue dans un monde post-apo ultra-violent, où les mutations physiques vont bon train et où la nature sauvage est peuplée de créatures démesurées. Des mercenaires sillonnent le territoire pour les tuer : ce sont les Sauroctones. Quand Zone, Jan et Ursti, trois adolescents vagabonds en pleine loose, apprennent l’existence d’une énigmatique fusée qui pourraient leur faire fuir définitivement ce monde hostile, ils se trouvent un but commun : la chercher ! Mais comme souvent, le voyage est semé d’embûches, et les trois héros vont cahin-caha s’improviser « Sauroctones »…

Mon avis…

Ces derniers temps, je me mets activement à la BD et j’en lis de plus en plus. Jusqu’ici, cela avait plus souvent été une réussite qu’une déception… Les Sauroctones est une bande dessinée qui, malheureusement, vient casser cette dynamique. Je préfère prévenir : cette chronique sera relativement courte, pour la simple et bonne raison que je n’ai même pas réussi à finir… Je n’ai pas pu aller jusqu’au bout. Pourtant, j’ai tenté, mais c’était impossible pour moi. Le dessin ne m’a pas du tout plu, je n’arrivais pas à avoir de visibilité sur l’univers dans lequel l’auteur souhaitait m’entraîner. C’est une BD que j’ai trouvée difficilement lisible sur le plan visuel, mais aussi au niveau scénaristique, malgré le résumé très intrigant et prometteur. Dès les premières pages, je ne savais ni où ni quand j’étais, je ne comprenais déjà rien… Je me suis dit que j’avais peut-être loupé quelque chose, donc j’ai recommencé la lecture… La deuxième tentative a été légèrement plus fructueuse, puis je me suis de nouveau égarée, embrouillée… Que dire ? Les Sauroctones n’est clairement pas une BD faite pour moi, et je ne peux pas vous dire quel public serait susceptible de l’aimer… Je crois que tout se fera au feeling, à l’appréciation personnelle de chacun.e, comme c’est finalement souvent le cas… En tout cas, de mon côté, le plaisir n’a pas été au rendez-vous !

Carte d’identité du livre

Titre : Les Sauroctones, tome 1
Auteur : Erwann Surcouf
Éditeur : Dargaud
Date de parution : 31 janvier 2020
Âge : à partir de 12 ans

1 étoile

#414 Dans les yeux de Lya, t.1 et t.2 – Carbone et Cunha

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Le résumé…

À la veille de ses 17 ans, Lya se fait renverser par un chauffard qui prend la fuite, la laissant pour morte. Elle survivra mais devra rester en fauteuil roulant toute sa vie.
Quatre années plus tard, elle termine son DUT Carrières juridiques et décroche un stage dans le cabinet d’avocats le plus prestigieux de la ville, celui du célèbre et médiatique maître Martin de Villegan. Son stage n’a pas été choisi par hasard, bien au contraire. C’est ce même cabinet qui a réglé son cas des années auparavant. Ses parents ne lui en ont rien dit mais elle a découvert qu’ils avaient été achetés pour éviter des poursuites juridiques. Bien décidée à retrouver celui qui l’a renversée et à lui faire payer, elle va se mettre en quête du dossier. Un jeu dangereux commence alors et sa soif de vengeance ne sera pas sans conséquences…

Mon avis…

Les bandes-dessinées ne sont pas ma spécialité mais j’ai été très séduite par le résumé de celle-ci. Dans les yeux de Lya, c’est une enquête, menée par Lya elle-même, une jeune fille qui a subi un énorme bouleversement dans sa vie, puisqu’elle a été victime d’un accident de voiture. Le chauffard s’est rendu coupable de délit de fuite, la laissant pour morte, ce qui a retardé sa prise en charge hospitalière et a entraîné son handicap… Lya est donc bien déterminée à mettre la main sur le responsable. Elle suit la piste d’un cabinet d’avocats, et espère trouver dans leurs dossiers la trace de l’accord passé entre le chauffard et ses parents. Avec le soutien de son meilleur ami et d’une nouvelle collègue, elle va prendre tous les risques pour comprendre cet évènement de son passé. J’ai pu lire les deux premiers tomes de cette bande dessinée passionnante. J’ai vraiment beaucoup aimé, et j’avoue avoir été frustrée de ne pas avoir le fin mot de l’histoire pour l’instant. Le déroulement de l’investigation est en tout cas très intéressant. Les illustrations sont vraiment belles, à la fois sombres et lumineuses, pleines de contraste, montrant avec brio cette jeune fille hantée par le passé mais qui se découvre de nouvelles ressources au fil de son aventure.

Carte d’identité du livre

Titre : Dans les yeux de Lya, tomes 1 et 2
Autrice : Carbone
Illustratrice : Cunha
Éditeur : Dupuis
Date de parution : 01 mars 2020

5 étoiles

#409 Les crocodiles – Thomas Mathieu

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Le résumé…

Thomas Mathieu raconte des histoires vraies (qui lui sont confiées par des filles) liées à des problématiques comme le harcèlement de rue, le machisme, le sexisme, avec une approche féministe et bienveillante vis-à-vis des femmes. Dans ses planches, les hommes sont tous représentés en crocodiles verts tandis que les décors et les personnages féminins sont traités en noir et blanc de manière plus réaliste. Son approche interpelle et fait réfléchir aux relations entre hommes et femmes dans notre société actuelle.

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Mon avis…

Cette bande dessinée aurait pu être l’œuvre d’une femme, tant les situations décrites y sont pertinentes… Et si elles le sont, c’est parce que Thomas Mathieu s’est justement mis au service des femmes qui lui ont confié les expériences de harcèlement sexuel, de sexisme ordinaire, voire de violences, qu’elles ont vécues. Ce sont donc des histoires vraies. Et autant dire que nous avons toutes, au moins une fois dans notre vie, traversé un des moments décrits dans ce livre. Autant prévenir tout de suite : nul traitement humoristique ici ! Les faits choquants dans leur réalité sont choquants sur les pages également. On ressort de cette lecture avec un sentiment de malaise, certes, mais en même temps, clairement, on se sent moins seule. On a l’impression d’avoir enfin été comprises, et c’est avec beaucoup de gratitude envers Thomas Mathieu que j’ai refermé cet ouvrage. Oui, c’était une lecture assez violente, malgré la subtilité du dessin, très pertinente, perturbante, déstabilisante, susceptible de révéler quelques traumatismes (attention donc), mais terriblement enrichissante et appréciable.

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Dans cette bande dessinée, les hommes sont des crocodiles, et les femmes sont représentées de façon normale. Alors, ce choix pourrait probablement susciter des critiques, on connaît le fameux « not all men« , sauf que le but est précisément de montrer que la quasi totalité des hommes peuvent, d’une façon ou d’une autre, volontairement ou non, avoir un comportement sexiste. Et je trouve ça d’autant plus juste que c’est un homme qui propose cette bande dessinée et qui fait ce choix. Il invite les lecteurs à faire un retour sur leur propre comportement, à s’auto-interroger, et il agit en allié féministe. Prendre conscience de l’anormalité de tous ces comportements, mettre en évidence le patriarcat grâce à un simple code de représentation, est vraiment juste et cohérent. Alors oui, c’est osé, certains n’ont probablement pas apprécié, mais cette bande dessinée est une œuvre militante qui mérite vraiment le détour !

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Carte d’identité du livre

Titre : Les Crocodiles
Auteur : Thomas Mathieu
Éditeur : Le Lombard
Date de parution : 30 octobre 2014

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Coup de coeur

#408 Putain de chat, tome 1 – Lapuss

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Le résumé…

La vérité sur les chats enfin révélée! Vous aimez les chats? Ils sont mignons, joueurs et espiègles, et leurs yeux sont remplis de malice quand ils vous réclament une caresse ou des croquettes. En apparence seulement, car un funeste dessein les ronge au plus profond de leur âme et seul votre malheur les intéresse. Au péril de sa vie, Lapuss’ vous dévoile enfin ce qu’il se passe dans la tête de l’animal le plus maléfique de la création : Le chat. Faite attention à vous!

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Mon avis…

Je n’ai pas de chat, mais les chats me font beaucoup rire… Alors quand je suis tombée sur cette excellente bande dessinée, autant dire que j’ai fait travailler mes zygomatiques ! Putain de chat, comme son nom l’indique, est le portrait sans filtre d’un chat sacrément malin et surtout très machiavélique ! Un vrai petit tyran poilu… Cette BD, très marquée par l’humour noir, est vraiment hilarante, et on ne peut que reconnaître les chats que l’on connaît et qui font partie de notre entourage… même s’ils sont des anges à nos yeux ! Ce chat, c’est un petit assassin en puissance qui, alors que son maître le prend pour un adorable petit matou, fait en réalité tout son possible pour attenter à la vie de son maître… Écrit par un amoureux des félins domestiques, ce petit livre fera nécessairement rire les propriétaires (ou plutôt les esclaves) des chats !

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Carte d’identité du livre

Titre : Putain de chat, tome 1
Auteur / Illustrateur : Lapuss
Éditeur : Kennes
Date de parution : 25 août 2016

5 étoiles

Merci aux éditions Kennes et à NetGalley pour cette lecture.

#406 Pucelle – Florence Dupré La Tour

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Le résumé…

Depuis sa plus tendre enfance, Florence ignore tout ce qui se passe… en-dessous de la ceinture. Elle imagine que le papa met la petite graine dans le nombril de la maman, et puis de toute façon, il est tacitement interdit, dans la famille, de parler de « la chose qui ne doit pas être dite ». Alors… Florence imagine des scénarii terribles, parfois idiots ; Florence s’angoisse devant le poids de la tradition qui place inéluctablement la femme dans une position inférieure ; Florence, à sa façon, résiste pour ne pas sombrer.

Mon avis…

Aujourd’hui, je vous parle d’une bande dessinée qui n’est pas encore sortie, mais encore un peu de patience : c’est pour bientôt ! Le 20 mars, donc, vous pourrez découvrir Pucelle de Florence Dupré La Tour, qui s’attaque à la sacro-sainte virginité. Florence, le personnage, vit dans un monde que nous connaissons tous : héritage judéo-chrétien, société patriarcale… Mais sa famille est un peu plus « radicale » que les autres, car profondément conservatrice et rétrograde. Florence reste longtemps une enfant, ignorant tout de ce qui l’attendra quand viendra le moment fatidique du premier rapport charnel. En partant de sa petite enfance, elle raconte sa « non-éducation » sexuelle, et l’impact qu’elle a eu sur sa construction, en tant que femme.

Cette bande dessinée, au style que j’ai trouvé assez enfantin, montre les clichés dans lesquels grandit cette petite fille, et les conséquences catastrophiques qu’ils ont sur sa perception du monde. Sujet passionnant s’il en est. Et, même si j’avoue m’être personnellement très peu reconnue dans ce personnage, j’ai apprécié découvrir cette vision singulière. Sans avoir été très sensible au style de l’autrice et aux illustrations, je dois néanmoins avouer que cette lecture m’a un peu déstabilisée, dans le bon sens du terme. Je ne saurais que trop la conseiller aux personnes que ces problématiques intéressent ! C’est un point de vue original, assez drôle et décalé, tout en étant profondément proche de la réalité.

Carte d’identité du livre

Titre : Pucelle
Autrice : Florence Dupré La Tour
Éditeur : Dargaud
Date de parution : 20  mars 2020

3 étoiles

Merci à NetGalley et à Dargaud pour cette lecture.

#387 Maus : un survivant raconte, l’intégrale – Art Spiegelman

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Le résumé…

Récompensé par le prix Pulitzer, Maus nous conte l’histoire de Vladek Spiegelman, rescapé de l’Europe d’Hitler, et de son fils, un dessinateur de bandes dessinées confronté au récit de son père. Au témoignage bouleversant de Vladek se mêle un portrait de la relation tendue que l’auteur entretient avec son père vieillissant.

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Mon avis…

Aujourd’hui, j’ai eu envie de vous parler d’un livre que vous connaissez peut-être déjà. Mais, après tout, il y a probablement aussi une multitude de lecteurs et lectrices qui ne l’ont pas encore découvert… Maus, c’est une bande dessinée, ou plus précisément un roman graphique. C’est donc une œuvre longue, qui s’adresse plutôt aux adultes et à un public averti, habitué à la lecture de BD ou non. Art Spiegelman y raconte l’histoire de son père, Vladek, juif déporté à Auschwitz. Il raconte sa vie, depuis la montée du nazisme jusqu’à la Libération, en passant par la traque des juifs, les rafles, le travail forcé, la vie dans les camps… Pour faire ce récit, Art Spiegelman choisit de représenter les personnages comme des animaux. Les juifs, ici, sont des souris (maus en allemand), et les Allemands des chats. C’est un récit absolument passionnant et complet, réalisé avec beaucoup d’amour et de curiosité de la part d’un fils qui veut mieux comprendre son père.

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J’ai particulièrement aimé ce roman graphique. Tout, absolument tout est merveilleusement bien dessiné et écrit. C’est un chef d’œuvre. Rien n’est inutile. Même les moments où l’on voit le père et le fils échanger ensemble, mettant en scène l’écriture du roman graphique, sont indispensables à la compréhension. Ces moments permettent de mettre en évidence à la fois les séquelles laissées par l’expérience concentrationnaire et l’individualité de Vladek, dont on découvre aussi la personnalité avec plus de relief, à travers le regard de son fils, à la fois tendre et sans indulgence.

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Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce roman graphique, mais aucune ne saurait dire à quel point cette œuvre est fantastique. Lire Maus est une véritable expérience. Et celle-ci est tout bonnement inoubliable. Il s’agit, et ce n’est pas que mon humble avis, mais bien celui de millions de personnes, d‘une des œuvres qu’il faut à tout prix avoir lues au moins une fois dans sa vie. C’est une œuvre terriblement émouvante, qui interroge sur de nombreux sujets, et en particulier sur le travail de mémoire et l’héritage à conserver de ce terrible épisode de l’Histoire. Maus est un roman graphique chargé en émotions, de la joie à la tristesse, en passant par l’angoisse. Art Spiegelman nous montre l’humanité, dans tout ce qu’elle a de plus horrible et de plus beau, dans un simple livre. Chapeau bas, et merci.

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Carte d’identité du livre

Titre : Maus : un survivant raconte, l’intégrale
Auteur et illustrateur : Art Spiegelman
Traductrice : Judith Ertel
Éditeur : Flammarion
Date de parution : 14 janvier 2012 [1992]

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Coup de coeur

#381 Moderne Olympia – Catherine Meurisse

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Le résumé…

Olympia s’ennuie au musée d’Orsay. Bien sûr, elle n’est pas une parfaite inconnue, elle a déjà posé pour Manet, connaît Toulouse Lautrec, et a de nombreux amis sortis de tableaux impressionnistes. Elle a même fait cascadeur pour un tableau de Courbet, L’Origine du monde. Mais ce qui l’intéresse par dessus tout, c’est la comédie, le cinéma. Elle rêve d’un grand rôle, mais on ne lui propose que des rôles de figurantes. Il faut dire que pour réussir au cinéma, il faut coucher. Et Olympia n’est pas prête à cela. C’est une fille romantique, qui rêve du grand amour.

Mon avis…

Aujourd’hui, je ne vous parle pas d’un roman, et non : je vous parle d’une bande dessinée ! Comme quoi, tout est possible… Bon, n’exagérons pas, je l’avais déjà fait, heureusement, mais cela remonte à un certain temps. J’ai déniché cette BD à la bibliothèque, elle s’appelle Moderne Olympia et j’ai été séduite par l’idée originale de donner vie aux œuvres du musée d’Orsay. Le postulat de départ, donc, était plutôt bon, vous le reconnaitrez… Je me suis même tout de suite dit que ce serait vraiment sympa de lire cette BD avant ou après une visite au musée, histoire de prolonger l’expérience ! Cela s’est confirmé à la lecture. Néanmoins, j’avoue que j’ai été un peu déçue par l’intrigue de la bande dessinée qui, en fait, n’est pas très bien menée. On s’y perd un peu… Je pensais que les œuvres seraient plus facilement reconnaissables, ce qui n’est pas le cas. Pourtant, il y en a une cinquantaine. Je suis un peu mitigée, vous l’aurez compris.

L’histoire, en gros, c’est celle d’une guerre des clans entre les officiels et les refusés, qui permet de se plonger dans l’un des grands moments de l’histoire de l’art au XIXe siècle, avec d’un côté la peinture académique et de l’autre des peintres qui ne respectent pas les codes établis… Ce contexte n’est pas forcément très bien amené dans la BD, mais on peut le comprendre s’il nous évoque déjà quelque chose ! Ici, Olympia est un personnage qui renvoie au célèbre tableau d’Édouard Manet qui faisait partie des peintres exposés au Salon des refusés. Comme sur la peinture, elle se balade donc toute nue avec son petit ruban autour de cou, et recherche désespérément des rôles dans d’autres toiles. Un jour, elle tombe amoureuse d’un officiel, et là, plus rien ne va… C’est un long combat que doit mener Olympia pour faire triompher son amour…

Moderne Olympia est donc une bande dessinée un brin déjantée, qui nous emmène dans un musée d’Orsay métamorphosé pour l’occasion en grand studio de cinéma où chaque personnage de toiles célèbres devient figurant des autres œuvres. C’est un joyeux bazar, parfois beaucoup trop confus à mon goût. Au niveau du public, je dirais que cette bande dessinée s’adresse plutôt à des adolescents, jeunes adultes ou adultes. J’ai apprécié le côté non-conventionnel de cette BD, car Catherine Meurisse bouscule les codes comme l’ont fait les refusés avant elle. Cette BD désacralise l’art, ce qui n’est pas plus mal, car cela permet au lecteur et spectateur des œuvres de se les réapproprier avec plus de légèreté. Je conseille donc cette BD aux personnes qui ont envie de découvrir le Musée d’Orsay et ses plus célèbres peintures autrement.

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Titre : Moderne Olympia
Autrice : Catherine Meurisse
Éditeur : Futuropolis et Musée d’Orsay
Date de parution : 6 février 2014

3 étoiles

#297 Pas de deux – Delphine Cuveele et Dawid

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Le résumé…

C’est l’histoire d’une fille
(qui ne s’en laisse pas conter)
et d’un garçon
(qui ne s’en laisse pas conter non plus).
Luce et Taali ne se connaissent pas encore,
mais lancés de concert à la poursuite d’un drôle de rongeur…
ils en verront de toutes les couleurs !

Pour le pire comme pour le meilleur !

Taali, un nouvel élève, arrive dans la classe de Luce. En fin d’après-midi, lorsque retentit la sonnerie, tous deux partent dans la même direction, mais pas sur le même trottoir. En chemin, ils tombent sur une drôle de petite souris. Ni une, ni deux, Luce et Taali la suivent et vont vivre, ensemble, plein de joyeuses péripéties. La petite souris va leur en faire voir de toutes les couleurs !

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Mon avis…

J’avais beaucoup aimé l’excellent et très émouvant Passe-Passe de Delphine Cuveele et Dawid, aux éditions de la Gouttière. Je vous invite vivement à découvrir ces dernières, car elles ont un catalogue riche, avec des ouvrages tout simplement magnifiques ! Le nouveau livre du duo, Pas de deux, est tout en subtilité. Passe-Passe parlait d’un sujet délicat, la mort, et surtout le deuil, avec beaucoup de douceur et de tendresse. Pas de deux est tout aussi coloré, et très délicat. C’est une jolie bande-dessinée sans paroles, qui suggère de belles idées de tolérance, mais surtout qui nous montre une jolie amitié naissante. Les deux enfants, personnages principaux de ce petit conte, sont accompagnés d’une souris verte qui se fait tremper dans l’eau et dans l’huile – la pauvre – et permet aux petits de se retrouver et de partir à l’aventure.

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C’est une bande dessinée que l’enfant peut parcourir lui-même, ou accompagné d’un proche, et même les adultes y trouveront du plaisir. Dawid, l’illustrateur, a un talent fou. Les dessins sont simplement splendides. Le scénario est tout aussi travaillé, et à la fin nous avons une BD pour laquelle les deux artistes sont complémentaires. L’humour et la sensibilité vont de pair dans ce très joli livre. Pas de deux, comme Passe-Passe, est un ouvrage qui donne de la force aux enfants, qui influencera leur manière de voir le monde, et dans le bon sens ! Nous le savons, les livres ont un rôle à jouer sur le rapport qu’auront les enfants – et les futurs adultes – aux autres. Pas de deux fait partie des livres qui doivent avoir un tel rôle. C’est une oeuvre qui fait chaud au cœur. Allez, courez chez votre libraire avec votre enfant – ou pour le plaisir, comme adulte qui veut revenir quelques années en arrière – et découvrez cette merveille !

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Coup de cœur

#281 Culottées, t.1 – Pénélope Bagieu

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Le résumé…

Guerrière apache ou sirène hollywoodienne, gardienne de phare ou créatrice de trolls, gynécologue ou impératrice, les Culottées ont fait voler en éclats les préjugés.
Quinze portraits de femmes qui ont inventé leur destin.

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Culottées, Pénélope Bagieu

Mon avis…

Sous-titré à raison « Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent« , ce livre est un incontournable ! Je l’ai lu et relu, et un jour j’ai réalisé que je n’avais pas fait d’article sur lui, vous imaginez ? Bon, réparons cette faute tout de suite. Pourquoi faut-il à tout prix parler de Culottées ? Et bien, tout simplement parce que cette bande dessinée nous fait (re)découvrir des femmes exceptionnelles, prodigieuses, aux destins uniques et sans commune mesure ! Enfin, Pénélope Bagieu permet aux enfants d’avoir des modèles féminins, et reconstitue ainsi un matrimoine, nous offre un héritage. Bien que j’ai été élevée dans une éducation plutôt ouverte, faite de lectures et de liberté dans la découverte, la quasi-totalité de ces femmes m’étaient inconnues. Et même celles que je pensais connaître ne m’avaient pas encore révélé leur véritable personnalité. J’ai pris tant de plaisir à lire ces histoires, à contempler les magnifiques dessins de Pénélope Bagieu (qui font honneur à ces femmes)… Et j’avoue que ces pages m’ont donné envie d’en tourner de nouvelles. C’est avec enthousiasme que j’ai fait mes petites recherches, à mon tour, pour apprendre à connaître ces personnages. Pénélope Bagieu m’a ouvert un nouvel horizon. J’aurais tant aimé avoir eu ce livre entre les mains bien plus tôt… Vous l’aurez compris, ce livre est qualitatif tant sur le plan artistique et esthétique que sur le plan du contenu, qui est à la fois riche et enrichissant ! A découvrir si ce n’est pas encore fait, et à offrir si vous le connaissez !

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#124 Nora – Léa Mazé

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Le résumé…

Les parents de Nora déménagent. Pour ne pas leur mener la vie dure pendant cette période, la petite fille est confiée à son oncle Lucien, agriculteur. Nora n’est pas contente, elle boude. Mais finalement, la vie à la ferme commence à lui plaire. Elle crée son univers à l’intérieur d’un grand chêne qu’elle partage avec une chatte enceinte et observe une petite mamie assise seule, sur un banc. De là, Nora se pose des tas de questions. Qu’attend la vieille dame ? Pourquoi est-elle seule ? À travers ces interrogations, on assiste à l’évolution d’une enfant qui avance dans l’apprentissage de la vie.

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Mon avis…

Voici une BD dans la lignée de Passe-passe, que j’avais énormément apprécié, également chez les Editions de la Gouttière. Là aussi, la bande dessinée traite tout en douceur de sujets difficiles, qu’il s’agisse de la guerre, de la solitude, de l’amour ou de la mort… On suit une enfant au départ capricieuse, qui va petit à petit se retrouver confrontée à des aspects de la vie dont elle n’avait jamais vraiment eu confiance. Elle observe la vieille dame seule sur le banc dans son jardin, cela commence comme un jeu, et sans jamais lui parler elle finit par s’attacher à elle. La petite se demande pourquoi la vieille dame n’a pas trouvé l’amour, elle veut l’aider et lui offrir cette possibilité malgré son âge. On voyage à la fois dans une réalité très dure et dans un imaginaire riche en douceur. La petite fille a la chance de réussir à s’échapper grâce à son esprit fertile, à changer ces aspects tristes de la vie en quelque chose de beau. Cette capacité semble propre aux enfants et permet de redonner de la tendresse malgré les épreuves qui nous attendent finalement tous plus ou moins.

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Evidemment, ce livre s’adresse aux enfants. Certes, les sujets abordés sont parfois délicats mais la manière de les traiter est très enrichissante et permet d’aborder avec délicatesse certains sujets. Il peut être largement contestable de laisser l’enfant enfermé dans un univers aseptisé pour ensuite un jour le confronter aux épreuves de la vie, sans la moindre préparation. Il ne faut pas non plus lui enlever toute possibilité de rêver, loin de là. C’est là que les livres comme Nora ont un intérêt, car ils permettent à l’enfant d’approcher en douceur ces éléments indissociables de la vie, tout en gardant un imaginaire très présent. Et même après le choc de la mort, la petite Nora garde sa créativité et ses idées farfelues, échappatoire à l’horreur de la vie. On se rend compte finalement du réalisme de la bande dessinée, et on se rend compte que l’enfant arrive peut-être mieux à supporter le deuil et la tristesse que, nous, adultes. Nora serait peut-être alors une œuvre destinée aux plus grands, nous encourageant à retrouver notre innocence et cherchant à nous convaincre de rouvrir cette porte sur l’imaginaire que nous avons un jour fermé sans nous en rendre compte ?

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Ma note…

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Merci aux Editions de la Gouttière pour cette lecture.

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