#221 The Invisible Library – Genevieve Cogman

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Le résumé…

Irène est une espionne professionnelle pour la très mystérieuse Bibliothèque, qui récolte des fictions de différentes réalités. Avec son nouvel assistant Kai, particulièrement énigmatique, elle est envoyée dans un Londres alternatif. Leur mission : récupérer un livre dangereux. Mais, quand ils arrivent, il a déjà été volé. Les différentes factions qui divisent Londres semblent prêtes à combattre jusqu’à la mort pour trouver ce livre. En plus de ce péril, le monde dans lequel sont envoyés Irène et Kai est infesté par le chaos : les lois de la nature ont été renversées, des créatures surnaturelles et une magie imprévisible vont se dresser contre eux. Le nouvel assistant d’Irène a un secret bien à lui… Alors, très vite, elle va se retrouvée submergée par les dangers, les indices, les sociétés secrètes… Mais l’échec n’est pas une option : la réalité elle-même est en jeu.

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Mon avis…

J’ai trouvé ce livre, comme beaucoup d’autres, à Waterstones, où l’on m’a dit qu’il était excellent ! Alors, évidemment, je l’ai très vite commencé. Que rêver de mieux pour une lectrice qu’une bibliothèque immense remplie de livres venant de réalités multiples ? Ce livre prend place, vous l’aurez deviné, dans plusieurs mondes imaginaires, des mondes parallèles. J’ai toujours beaucoup aimé le genre fantastique, et ici on trouve également une dimension steampunk qui rend d’autant plus dépaysante la lecture. Les règles de la Bibliothèque et du voyage entre les mondes sont très bien élaborées, il n’y a pas d’incohérences, comme parfois dans certains livres fantastiques qui ne parviennent pas à être remarquables… En effet, Harry Potter, Ewilan, et bien d’autres, ont inspiré de nombreux auteurs, qui souvent ne sont pas à la hauteur… Ici, Genevieve Cogman invente une histoire vraiment originale, très créative, en s’inspirant des standards du genre tout en innovant. Honnêtement, The Invisible Library fait partie des livres qu’on ne peut pas lâcher une fois qu’on les a commencés. Il se lit très bien, les personnages ne sont pas très nombreux mais excellemment développés, attachants et intrigants en même temps. L’auteure a réussi un trouver un juste milieu dans la création de son monde : ni trop simple, ni trop compliqué.

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J’ai beaucoup aimé l’intervention d’un personnage dans le monde parallèle dans lequel sont envoyés Kai et Irène, il s’agit d’un détective me faisant vraiment penser à Sherlock Holmes. Cela ajoute une touche d’inspiration victorienne qui s’associe parfaitement avec la pointe de steampunk que l’on retrouve surtout dans les obstacles auxquels doivent faire face nos héros. Ce livre étant le premier tome d’un dyptique, j’ai été très heureuse à la fin de constater que l’auteure avait trouvé un excellent moyen d’introduire une suite sans faire de répétition, sans donner l’impression au lecteur de lire une deuxième fois la même chose. Je vous chroniquerais très vite le deuxième tome, ne vous inquiétez pas. Pour le moment, le livre n’est pas paru en français, et je ne sais pas s’il va être traduit ou non. En revanche, il est assez connu et réputé outre-Manche et outre-Atlantique. Alors, si vous savez lire en anglais, n’hésitez pas une seule seconde à vous lancer. En prenant votre temps, vous découvrirez une histoire très séduisante, divertissante, qui nous envoie dans un Londres alternatif particulièrement passionnant.

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Ma note…

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Niveau de lecture : Moyen

#215 The House on Cold Hill – Peter James

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Le résumé…

Partir du centre de la ville de Brighton pour emménager au fond de la campagne du Sussex est un grand changement pour les citadins nés que sont Ollie Harcourt, sa femme Caro, et leur fille de douze ans Jade. Mais quand ils ont vue Cold Hill House – un grand manoir géorgien en ruine – ils ont littéralement craqué. Malgré le défi financier représenté par un tel achat, Ollie rêvait de vivre à la campagne depuis son enfance, et il voit dans les étendues de terre sur lesquelles se dresse Cold Hill House un véritable paradis pour sa fille qui adore les animaux, tout comme une parfaite base pour son business de webdesign. Il n’est donc pas effrayé par cet investissement à long terme. Caro est moins convaincue, et Jade est récalcitrante à l’idée d’être séparée de tous ses amis. Mais, quelques jours après le déménagement, il devient vite évident que les Harcourt ne sont pas les seuls résidents du manoir. Au début, c’est juste une amie de Jade qui, en lui parlant en direct avec la caméra, voit une femme effrayante, à la silhouette spectrale, juste derrière elle. Puis elle réapparait de plus en plus souvent, tandis que la maison elle-même semble se monter contre ses nouveaux habitants… Deux semaines après leur arrivée, Caro, dans le jardin, aperçoit des visages les regardants depuis une des nombreuses fenêtres de la maison, à l’étage… La fenêtre d’une pièce qui mène à un secret profondément enfoui dans la sombre histoire du manoir… Une pièce qui semble ne pas exister…

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Mon avis…

Je voulais un livre d’horreur pour débuter mon séjour en Ecosse… oui, c’est une drôle d’envie, je sais. Je souhaitais également qu’il soit en anglais, pour pouvoir me remettre dans le bain, même si le mois et demi passé dans le pays devait largement suffire ! En fait, j’avoue que la langue a été un prétexte pour ne pas culpabiliser de l’achat (enfin je crois). Dans tous les cas, c’est lors d’une visite à WhSmith (enseigne que je conseille par ailleurs pour ses prix intéressants, tout comme Waterstones, à ceux qui envisagent un voyage au Royaume-Uni), que je me suis procurée cette petite merveille de Peter James. Cet auteur a écrit certains romans faisant partie d’une série, je ne voulais pas tomber sur n’importe quel livre de celle-ci car je préfère en général commencer par le premier tome (logique). Donc j’ai été agréablement surprise de voir que son dernier roman sorti en paperback (l’équivalent de nos formats « poche » dirons-nous…) était unique, indépendant… Bref, c’était l’occasion de me lancer dans la découverte de Peter James, dont seul le nom m’était familier, à mon grand désarroi. Le résumé, que j’ai essayé de vous traduire le plus fidèlement possible, m’a totalement convaincue : c’était exactement ce que je cherchais !

Comme toujours avec les histoires de fantômes, on craint les clichés… Je ne vous cacherais pas qu’on en trouve quelques-uns : des bruits étranges et inexpliqués, des apparitions… En même temps, je ne vois pas trop comment la présence d’un fantôme se manifesterait autrement ? Ce que j’ai apprécié, c’est que ces clichés n’étaient pas trop nombreux, distillés de façon raisonnable et maîtrisée, juste ce qu’il fallait pour donner quelques frissons et nous faire regarder autour de nous avec un regard inquiet. J’ai littéralement avalé ce livre car je voulais savoir comment la famille Harcourt allait s’en sortir, en particulier Ollie, auquel on s’attache beaucoup. En même temps, il arrive aussi qu’on ait envie de secouer les personnages, de leur dire : « Mais allez, quoi, cassez-vous de cette baraque ! ». Mais il faut admettre que leurs raisons pour y rester sont plutôt logiques… En fait, tout s’accélère à un moment dans le roman, si bien que rien ne paraît trop absurde dans leur comportement. A partir de cet instant où le rythme change, on perd la sensation d’énervement propre aux films d’horreur quand on voit la potiche blonde courir en plein dans le danger… Il est évident qu’un bon roman d’horreur doit contenir certains éléments qu’on ne peut éviter, celui-ci les a tout en étant original. Le dénouement, que je ne vous révélerais évidemment pas car le but de cette chronique est de vous donner envie de lire le livre, est sûrement ce que j’ai préféré dans ce roman !

Tout ça pour vous dire que Peter James, et en particulier The House on Cold Hill, est à découvrir à tout prix. Si vous ne savez pas par où commencer pour découvrir les livres d’horreur, celui-ci est un bon choix, mais ça l’est aussi si vous en avez l’habitude. Cependant, je comprends que la version anglaise ne soit pas accessible à tous. C’est pourquoi je tiens à vous faire remarquer que Peter James a vu beaucoup de ses romans publiés en France (comme Des enfants trop parfaits ou Comme une tombe), il y en a pour tous les goûts, et je pense que celui-ci ne devrait pas tarder à suivre. Si vous avez des craintes quant à votre compréhension de l’anglais, je peux vous assurer que le niveau de langue est très accessible (comme souvent pour les livres du genre thriller et horreur qui sont assez populaires et récents). Je n’ai eu personnellement aucun problème de lecture alors que je n’avais pas lu en anglais depuis un certain moment. La lecture est assez fluide pour quelqu’un n’étant pas du tout bilingue mais ayant tout de même une certaine aisance avec l’écrit anglais. Il y a assez peu de mots compliqués, les descriptions étant plutôt simples et visant des effets immédiats sur l’émotion du lecteur. L’intrigue, étant passionnante et très compréhensible, facilite également le travail de « décryptage ». Bon, j’espère que vous aurez compris que ce livre, en plus d’être accessible à un public français assez familier de l’anglais, est un excellent roman pour se donner quelques frissons avant la rentrée, tout en revoyant quelques notions de la langue de nos voisins d’Outre-Manche !

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Ma note…

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Niveau de lecture : Facile

#213 1Q84, Livre 1 : Avril-Juin – Haruki Murakami

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Le résumé…

Entre l’an 1984 et le monde hypnotique de 1Q84, les ombres se reflètent et se confondent. Unies par un pacte secret, les existences de Tengo et d’Aomamé sont mystérieusement nouées au seuil de deux univers, de deux ères… Une odyssée initiatique qui embrasse fantastique, thriller et roman d’amour, composant l’oeuvre la plus ambitieuse de Murakami.

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Mon avis…

Le titre de ce livre, je le connais depuis… des siècles ! Bon, j’exagère peut-être un peu, disons que je le connais depuis longtemps, un temps indéterminé… Je me suis toujours dit qu’un jour, je lirais ce pavé… Il fallait juste que je m’en sente capable ! Et puis j’ai découvert que ce n’était pas un mais trois pavés que je devrais lire car il y a trois tomes… Alors, j’avais intérêt à trouver ça passionnant (ce dont, je dois l’avouer, je doutais un peu). Je ne saurais pas expliquer cet enthousiasme étrangement lié à une certaine réticence ! Ce sentiment paradoxal a vite été oublié… J’avais un peu peur que l’intrigue mette beaucoup de temps à démarrer. A mon grand soulagement, on entre très vite dans l’action, ce qui est vraiment une bonne chose. Pourtant, je ne vais pas vous cacher que cette lecture a été l’une des plus… étranges depuis que mon amour des livres s’est déclaré (c’est-à-dire très très tôt dans ma jeunesse).

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J’étais littéralement plongée dans ce roman, au point de ne pas le lâcher. C’était vital, je devais le continuer, comprendre. Au fil des pages, même si tout est lisible et compréhensible, on se rend compte qu’en fait tout est complètement flou. Il y a quelque chose qui reste imperceptible au lecteur, qui le pousse à continuer la lecture. Je n’ai pas encore percé ce mystère. Si quelques indices sont disséminés au fil de ce premier tome, on se rend vite compte que cela ne fait que rendre l’histoire d’autant plus étrange ! Je ne saurais pas résumer l’intrigue clairement, ou le roman paraîtrait banal, il manquerait de nombreuses choses… Non, c’est un roman qu’il faut lire pour partager ce sentiment, pour comprendre ce que je ressens aujourd’hui en écrivant cette chronique. Ne pas le lire, c’est accepter de rester ignorant sur un grand mystère de la littérature, il me semble. Je n’ai pas encore les tomes 2 et 3, je voulais d’abord voir si j’aimais le premier. A mon retour d’Ecosse, la première chose que je ferais sera de les acheter ! Je veux savoir… De Big Brother aux Little People, il n’y a qu’un pas, qu’Haruki Murakami a franchi et que je veux désormais franchir avec lui.

La suite au tome 2 !

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Ma note…

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#210 Harry Potter et l’Enfant Maudit (Harry Potter and the Cursed Child) – JK Rowling, Jack Thorne et John Tiffany

Cette chronique s’efforce de ne contenir aucun élément d’intrigue susceptible de gâcher votre découverte et votre lecture. En revanche, elle a pour but de décrire honnêtement une expérience personnelle (et donc subjective) de lecture, tout en vous donnant des informations fiables et d’importance. Un nouveau Harry Potter ne sort pas tous les jours, alors à événement exceptionnel, chronique exceptionnelle.

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Version française disponible le 14 octobre 2016 dans vos librairies. 

Le résumé…

Etre Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du Ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Mon avis…

Par où commencer pour aborder un des livres événements de cette année ? Il est difficile de savoir comment parler d’un livre, déjà best-seller des mois avant sa commercialisation, grâce aux précommandes, et qui a, depuis sa sortie il y a moins d’une semaine, déjà fait beaucoup parler de lui… en bien et en mal ! Pour un nouveau Harry Potter, le bien et le mal sont déjà deux thèmes qu’on est sûrs d’y retrouver… Je dirais donc qu’il s’agit d’une première non-surprise. Au niveau de l’intrigue, en effet, rien de nouveau sous le soleil, vous vous en rendrez vite compte à la lecture ! Les puristes diront qu’il faut rester fidèle à l’âme de la saga, d’autres regretteront peut-être un manque d’originalité, certains y verront même un livre-tirelire ! JK Rowling profite-t-elle de ce nouveau livre pour vider les poches de ses fans ? Avant de tenter de répondre à cette question éminemment intéressante, avec les moyens que j’ai à ma disposition, je vous propose de revenir en quelques lignes sur mon histoire personnelle avec Harry Potter.

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Comme beaucoup d’entre nous/vous, j’ai grandi avec ce petit héros à lunettes, je l’ai vu grandir en même temps que moi… J’étais du genre à me batailler avec mes sœurs pour être la première à lire le nouveau tome à sa sortie (que nous avions toujours le jour même), et à relire la saga chaque année (2016 comprise, bien sûr). Je suis aussi une de ces fans inconditionnels qui ont été un peu déçus par les films, toujours moins bons que les livres, mais je ne peux pas m’empêcher de les revoir quand même chaque année, là aussi. Petite, j’avais un parfum Harry Potter, des pochettes à élastiques Harry Potter, j’avais un chapeau de sorcière, des carnets de notes Harry Potter, des crayons Harry Potter, un cartable Harry Potter, et j’en passe. Encore aujourd’hui, certaines de mes citations préférées sortent tout droit d’Harry Potter. Encore aujourd’hui, alors que j’ai depuis longtemps passé mes onze ans, je rêve de recevoir la lettre d’admission de Poudlard… Bref, vous aurez compris, je fais partie de ces millions de fans qui ont été et sont accros à Harry Potter depuis toujours.

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Alors, quand j’ai appris qu’il allait y avoir une pièce de théâtre, j’avoue avoir été divisée… D’abord, je me suis dit que c’était une super idée. Après tout, on attendait le retour de JK Rowling depuis un moment, et le théâtre est un genre assez peu exploré par les auteurs contemporains connus, donc pourquoi pas ? Ensuite, je me suis demandée si cela n’allait pas faire trop… on sait que les sagas qui ne s’arrêtent jamais ne sont pas toujours les meilleures, et finissent parfois par perdre de leur « magie », ce qui serait bien dommage pour notre cher Harry. Donc je me suis retrouvée dans un mélange d’impatience et de crainte. Etant en vacances en Ecosse, non loin du fameux viaduc sur lequel nous pouvons voir passer le Poudlard Express dans les films, j’ai précommandé le script de la pièce et je l’ai donc reçu le jour même de sa sortie. Le gentil facteur écossais n’imaginait pas qu’il amenait un objet aussi important, je suppose… Il s’agissait de l’objet qui allait me faire réfléchir, cogiter, penser, marmonner, pendant des jours. Bref, ce livre promettait beaucoup d’émotions, et à ce niveau-là, je n’ai pas été déçue.

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Je me suis donc vite lancée dans l’aventure du huitième Harry Potter… Ron, Hermione et Harry sont désormais parents, et ils sont même devenus des parents chiants ! Donc, à priori, on perd tout de suite l’image attendrissante des jeunes sorciers qui ont bercé notre enfance et notre adolescence. Question nostalgie, on repassera. C’est sans compter qu’un des fils d’Harry, le prénommé Albus Severus (il n’a pas eu de chance, le pauvre), n’aime pas Poudlard. J’ai d’abord supposé que ce petit bonhomme était peut-être l’enfant maudit. Après tout, être le fils d’Harry Potter, de l’élu, celui qui a sauvé le monde des sorciers, celui auquel tous doivent la vie, etc., ça ne doit pas être facile tous les jours (et ça ne l’est pas, ce livre le confirme). Donc, nous avons déjà un enfant maudit. Mais Albus, vous le découvrirez vite, a pour ami un personnage étonnant, Scorpius Malfoy. Evidemment, celui-ci aussi peut être considéré comme l’enfant maudit car il est le fils de Drago (pas de bol) et tout le monde pense qu’il est même le fils de Voldemort (encore moins de bol)… Voilà, pour l’instant, vous avez le schéma qui nous est déroulé dans les premières pages. Je ne vous en dirais pas plus sur l’intrigue pour ne pas vous spoiler, ce qui est loin d’être mon but.

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Pour être rapide, j’ai particulièrement été déçue par la quasi absence de ce cher Ronald Weasley, à l’humour si pétillant dans la saga originelle. Hermione est restée fidèle à elle-même, on peut d’ailleurs dire qu’elle est la plus grande intellectuelle du pays (suspense, vous comprendrez…). Harry, par contre, est devenu drôlement agaçant… J’avoue que je ne me souvenais pas de ce côté de sa personnalité. N’aimant pas trop Daniel Radcliffe, il pouvait m’énerver un peu dans les films, mais rarement dans les livres… Ici, il joue vraiment le père pas doué, qu’on a tous envie d’abandonner à la station-service du coin (oups)… Heureusement, pour contrebalancer ce mauvais papa qu’est Harry Potter, il y a Ginny Weasley. Cette dernière, à mon grand bonheur, a enfin une vraie place dans l’histoire. Elle est là, son personnage est assez important, central, elle permet vraiment de faire oublier le côté désagréable d’Harry. Le caractère de ce papa à lunettes est très  important dans l’histoire qui en fait n’est rien d’autre qu’une histoire d’enfants et de pères. Comment rendre fier papa ? Comment prouver à papa que j’ai autant de valeur que lui ? Comment montrer à papa que je veux être moi-même, bien que cela veuille dire ne pas être comme lui ? etc. L’auteure nous emporte donc dans les tréfonds des relations pères-fil(le)s, ce qui, pour le coup, n’est pas très original et manque un peu de piment ! Rien ne s’arrange au fil du livre.

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Le genre théâtral me laisse sceptique. Vu sur scène, c’est sûrement génial, à n’en pas douter. Probablement révolutionnaire même, avec des changements de lieux à toutes les scènes, un très grand nombre de personnages, des décors sûrement immenses, des effets spéciaux impressionnants pour rendre visuels tous les effets suggérés par les didascalies, etc. Mais sur le papier… comment dire ? C’est assez décevant. Les didascalies sont courtes, peu explicites, elles ne permettent pas au lecteur d’imaginer vraiment les scènes. Les dialogues sont souvent assez plats, n’ont pas l’originalité de l’oral que devait conférer le texte théâtral, et n’ont pas la qualité à laquelle nous étions habitués en tant que lecteurs des romans. En fait, j’ai trouvé l’intrigue assez plate, manquant fortement d’originalité, car reprenant encore et encore les mêmes ressorts que dans la saga (mais en moins bien), sans compter qu’elle tourne un peu en rond. Les personnages n’étaient pas très surprenants, sauf Scorpius que j’ai personnellement beaucoup aimé, et qui avait vraiment le bénéfice de l’originalité, pour le coup !

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Mais s’il y a quelque chose qui m’a plus choquée encore que cette intrigue tristounette et cette lecture presque ennuyeuse (tant on se sent exclus de l’action par le format théâtral), c’est la qualité de l’écriture. Cela m’a poussé à faire de petites recherches, et notamment à prêter attention aux écrits en petits caractères sur le livre, etc. Il se trouve, mes chers lecteurs (ne pleurez surtout pas !), que JK Rowling n’est pas vraiment l’auteure de ce livre… Ne soyez pas choqué, il y a une explication logique. L’histoire en elle-même, le déroulé, le synopsis, si vous voulez, est bien de JK Rowling. Mais le texte que vous pouvez lire n’est pas d’elle mais de Jack Thorne, dramaturge britannique. Si bien qu’il ne faut pas s’étonner de ne rien retrouver des qualités littéraires de JK Rowling puisqu’elle est seulement l’auteure d’une dédicace de quelques lignes adressées à… Jack Thorne. Je suis extrêmement désolée de vous décevoir, mais je pense qu’une clarification s’imposait. Si vous êtes, comme moi, un(e) fan inconditionnel(le) d’Harry Potter, vous saurez reconnaître qu’il ne s’agit pas de son style, de son écriture, etc. Et, on a beau dire, quand un autre auteur reprend les rênes (sans que ce soit dit clairement, et même quand c’est totalement assumé), c’est tout de suite moins enthousiasmant !

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Ainsi, vous comprendrez que cette pièce de théâtre m’a laissée tout à fait pantoise. Après l’avoir fini, je ne savais pas quoi en penser. Déjà, je n’étais pas particulièrement enthousiaste, donc on ne peut pas dire que j’ai adoré. Mais je n’étais pas non plus complètement déprimée, en train de me dire que j’avais perdu plusieurs heures de ma vie à lire une horreur. Donc je n’ai pas détesté non plus. J’étais en fait très partagée entre une grande part de déception et une grande part d’attentes non satisfaites. Finalement, le livre en lui-même n’est pas mauvais, ça se lit, c’est même divertissant, agréable, mais ce n’est pas un « vrai » Harry Potter. Si la couverture porte le nom de JK Rowling, c’est pour sa collaboration plus ou moins limitée à l’œuvre (allez savoir), mais le contenu littéraire s’apparente plus à une fan-fiction qu’à un vrai tome de la saga. Pour moi, malgré cette huitième partie de l’histoire d’Harry Potter, la saga s’arrête belle et bien au septième livre, et ne pourra pas continuer après un tel livre. Harry Potter et l’enfant maudit semble plutôt être une tentative de coup publicitaire, qui meurtrit profondément mon cœur de fan, la marque d’une volonté de revenir sur le devant de la scène, de recycler la bonne vieille histoire qui marche depuis tant de temps, profiter encore un peu pour sucer la moelle de ce bon gros os qu’est Harry Potter. Oui, la comparaison n’a rien d’original, mais le livre non plus, rassurez-vous…

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 Pour finir ma chronique, je vous dirais donc qu’Harry Potter et l’Enfant Maudit est un livre qui se lit, mais qui ne se savoure pas. Il peut raviver chez vous une nostalgie, mais ce ne sera sûrement pas dans le sens que vous espérez. Vous ressortirez de cette lecture avec le goût de trop peu, et pourquoi pas l’envie d’aller puiser du vrai JK Rowling dans un ancien tome de la saga, voire dans toute la saga. Mais, malheureusement, cette huitième histoire, sur le papier, ne vaut pas un huitième tome, et ne porte de JK Rowling que le nom (si vous ne me croyez pas, même Wikipédia le dit ahah ! ou d’autres sources plus fiables !)… En revanche, si vous avez l’occasion de voir la pièce (je suis prête à parier qu’une version DVD sortira un jour ou que la pièce se jouera dans d’autres langues), n’hésitez pas. Je serais moi-même curieuse de voir le résultat. Mais ne vous attendez pas à une exceptionnelle expérience Harry Potter, il semble que ce temps soit révolu…

Ma note…

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Niveau de lecture : Facile

#206 Jungle Park – Philippe Arnaud

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Le résumé…

2050. Tout commence par un homme parachuté d’un avion. C’est un condamné à mort, dans un futur où on ne brûle plus les prisonniers sur les chaises électriques : on les « condamne à l’Afrique ». L’Afrique, en effet, est devenue un véritable continent prison gardé par des drones, et le dépotoir des déchets industriels occidentaux – un endroit où les condamnés ont toutes les chances de mourir dans l’heure… à moins qu’ils n’évoluent vers une de ces espèces mutantes qui pullulent là-bas. Tony est ce condamné à mort : ancien directeur d’un parc d’attractions célèbre, riche et considéré, il a été injustement accusé de terrorisme. Par miracle, il survit à la chute… pour entamer un long périple dans la jungle, entre enfer et rédemption. Pendant ce temps, à l’autre bout du monde, la fille de Tony trouve la trace des auteurs du complot dirigé contre lui : elle compte bien sauver son père !

Mon avis…

J’étais très contente de recevoir ce nouveau roman de la collection Exprim’, qui me fait sans cesse passer de merveilleux moments de lecture. A la fin de mes partiels, je me suis dit que c’était le bon moment pour me lancer dans Jungle Park, dont la couverture me faisait (évidemment) penser à Jurassic Park… Mais, rassurez-vous, les deux histoires n’ont aucun rapport, Philippe Arnaud ne plagie personne (ouf) ! Ce roman est très prenant : une fois commencé, on le finit forcément à toute vitesse… Jungle Park est une dystopie, l’auteur imagine le monde en 2050 : l’Afrique est devenu un continent-prison. Les condamnés à mort y sont parachutés, au milieu de zones très radioactives que comptent l’Afrique depuis qu’elle est aussi devenue le dépotoir du monde. Dans ce roman, comme souvent dans la collection Exprim’, on remarque donc un fond de critique sociale, un message. Cela nous pousse à réfléchir sur la relation que nous entretenons aujourd’hui avec l’Afrique, en tant que pays occidentaux, à penser à l’avenir… Finalement, rien n’est impossible, malheureusement. Pourtant, Philippe Arnaud ne fait pas étalage de cette critique, au contraire. Elle est sous-entendue dans toute l’aventure qui anime Tony, Joannie et ses amis. Jungle Park, c’est l’histoire d’une erreur tragique, celle de Tony… Une erreur qui va faire basculer le monde entier dans un désastre sans précédent. J’ai beaucoup aimé les petites références discrètement glissées par l’auteur à des événements ou des personnages très actuels (pour ne donner qu’un exemple, nous retrouvons notre « cher » Donald Trump, à quelques occasions, comme pour rendre encore plus réelle et plausible cette dystopie).

Les histoires de Tony et Joannie se déroulent en parallèle. L’un se trouve parachuté en Afrique, sauvé par un résistant et emmené dans un périple mystérieux et périlleux, tandis que l’autre est restée en Amérique, confrontée au mépris et à la méfiance des autres qui la croient fille de terroriste. Joannie ne peut pas croire à la mort de son père, et celui-ci sait que sa fille n’est pas du genre à laisser tomber. Un dialogue silencieux s’instaure entre les deux personnages qui sont liés par le sang mais surtout par un tempérament de feu. J’ai beaucoup accroché aux personnalités des personnages, qui sont très bien construits, touchants… On les suit du début à la fin, comme si nous faisions nous aussi partie de cette aventure : prouver l’innocence du père et combattre la post-humanité (vous comprendrez en lisant, je ne peux pas vous expliquer ce « petit » détail). L’Afrique telle qu’elle est décrite est évidemment loin de celle qu’elle est aujourd’hui… Pourtant, on peut facilement imaginer les transformations que Philippe Arnaud y apporte. Dans notre monde, tant de gens sont assez fous pour faire d’un territoire qu’ils n’ont jamais approché leur seul moyen de survivre à leur propre folie. Le sacrifice des uns sert le succès des autres, leur puissance, mais pas leur gloire. C’est ça qui est intéressant dans ce livre : ceux qui ont le pouvoir ne sont pas ceux que l’on croit, ils sont discrets, se réunissent en secret, ont tout abandonné pour obtenir le plus grand des privilèges (là encore, mystère !). Tout le roman repose donc sur ces questions : qui sont-ils ? qu’y a-t-il, là-bas, en Afrique ? comment vaincre ces obstacles ? Et, réellement, c’est passionnant.

Ma note…

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Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture.

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#200 L’Encre et le Sang – Franck Thilliez et Laurent Scalese

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Le résumé…

Au fond d’un vieux garage hongkongais, elle est là. Elle l’attend. La machine. Il suffit de taper. Et tout s’écrira, dans la réalité. Très vite, l’écrivain William Sagnier comprend qu’il tient là l’instrument de sa vengeance. La femme qui l’a trompé. L’homme qui lui a volé son livre. Tous ceux qui l’ont humilié, utilisé, détruit, le seront à leur tour. La vie, la mort, la toute-puissance au bout des doigts, là où se mélangent l’encre et le sang…

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Mon avis…

Comment appeler ce livre ? Un petit roman ou une nouvelle ? Peu importe, c’est un récit court mais terriblement efficace. Ou je devrais dire « horriblement »… En effet, la collaboration de Franck Thilliez et Laurent Scalese est un véritable succès horrifique. Je ne reprocherais en aucun cas la longueur du livre car la lecture est d’une intensité bluffante. C’est un thriller particulièrement riche et puissant, le tout en crescendo, jusqu’à une véritable apogée machiavélique. L’encre et le sang, en effet, est un livre qui ne peut que plaire aux amateurs de thrillers. Si vous n’avez jamais lu Franck Thilliez ou Laurent Scalese, c’est une occasion de découvrir. Et si vous voulez vous lancer dans le genre du thriller, sans trop savoir par quoi commencer, pourquoi ne pas essayer celui-ci ? J’avais déjà eu un énorme coup de coeur pour Pandemia de Franck Thilliez donc imaginez pas joie en voyant que ma soeur m’avait envoyé un autre de ses récits. J’ai été on ne peut plus heureuse. Ce que j’ai apprécié dans celui-ci, c’est le côté un peu « fantastique » avec la machine à écrire qui réalise tout ce que l’on imagine. Ainsi, on ne peut jamais prévoir ce qui va suivre, on est surpris tout au fil du récit. Les auteurs distillent de discrets indices dans le texte pour nous laisser deviner le dénouement, et pourtant il est tellement surprenant. C’est un des meilleurs « thrillers » que j’ai jamais lu, bien qu’il soit court. C’était un moment d’une intensité magique.

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Imaginez que tout ce que vous écrivez devienne réalité, grâce à une machine à écrire « magique »… ou plutôt « maudite ». Tout dépend de ce que l’on en fait. Feriez-vous le bien ? le mal ? William, personnage principale de ce livre, a vite fait son choix : ce sera le mal, le mal le plus terrible. Auteur de thrillers lui aussi, il a l’imagination fertile et les victimes parfaites : son ex et celui qui lui a volé son manuscrit pour en tirer le succès à sa place. Les catastrophes, les tortures, les massacres et les manipulations s’enchaînent à une vitesse monstrueuse. On dépasse, en quelques pages, les limites que n’osent même pas dépasser d’autres auteurs sur tout un roman. Je vous conseille donc vivement cette nouvelle, fruit d’une collaboration particulièrement intelligente et machiavélique. Vous ne le regretterez pas 😉

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Ma note…

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Ma dédicace…

Merci à ma sœur pour cette excellente lecture et pour la dédicace qui l’accompagne.

#196 Le prince de la brume – Carlos Ruiz Zafon

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Le résumé…

1943, Angleterre. Fuyant la guerre, la famille Carver – les parents et leurs trois enfants, Max, Alicia et Irene – se réfugie dans un village de bord de mer. Leur nouvelle maison appartenait précédemment à un riche couple qui a quitté le pays après la mort de leur petit garçon, Jacob. Peu après son emménagement, la famille Carver est confrontée à de troublants événements. La maison de la plage paraît hantée. Quelque chose ou quelqu’un rôde entre les murs. Max et Alicia commencent à enquêter sur les circonstances obscures de la mort de Jacob. Roland, un adolescent du village, les aide. Il les entraîne dans des plongées autour d’un cargo qui a coulé dans la baie après une tempête, des années auparavant. Autour de cette épave, tout respire la peur : les poissons ne s’y risquent jamais, des ombres paraissent à l’affût derrière les cloisons rouillées et dans les coursives délabrées… Et c’est Roland qu’elles épient, Roland dont elles veulent se saisir. Qui accumule les pièges mortels autour du jeune homme ? Pourquoi Roland est-il l’objet d’une si terrible haine ? En menant leur enquête, Max et Alicia exhument involontairement les secrets du passé. Un passé terrible dont émerge un être machiavélique, le Prince de la Brume… Doté de pouvoirs diaboliques, le Prince de la Brume peut emprunter toutes les formes et tous les visages. Il est le maître d’une troupe de grotesques statues à demi-vivantes qui ont élu domicile dans le jardin de la maison des Carver… Le Prince de la Brume réclame le paiement d’une dette contractée peu avant la naissance de Jacob. Une dette dont Roland est le prix… S’ils veulent sauver leur ami, Max et Alicia doivent affronter l’être maléfique sur son territoire : dans le jardin des statues vivantes mais aussi dans le terrifiant cargo enseveli sous les eaux.

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Mon avis…

Comme les autres romans de Carlos Ruiz Zafon, Le Prince de la Brume est excellent. Et non, je ne tourne pas autour du pot. L’auteur avait pour projet de faire un livre qui s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes, une sorte de conte fantastique pour tous les âges. Je peux d’ores et déjà vous dire que ce pari est amplement réussi. Honnêtement, c’est probablement un des livres fantastiques les plus passionnants que j’ai lu. Il n’est pas extrêmement long mais il est d’une efficacité redoutable. Il fait parfois frissonner, il est toujours très intrigant, constamment prenant. En fait, on ne peut pas s’empêcher de tourner les pages jusqu’à avoir enfin la solution du mystère. Carlos Ruiz Zafon a le talent de créer des personnages attachants, qui pourraient être ses lecteurs, et de les placer dans des situations des plus banales aux plus étranges, jusqu’à les transporter aux confins de la réalité. Le Prince de la Brume est parfaitement réussi, l’ensemble est un concentré du talent de son auteur. Si vous n’avez jamais lu de romans de Carlos Ruiz Zafon, vous pouvez commencer par celui-ci, le prêter à vos frères et soeurs, à vos parents ou à vos enfants… Et vous aurez forcément envie de lire les autres, à commencer par L’ombre du vent. L’avantage de ce roman, c’est qu’il est très efficace, et qu’on ne peut pas être déçu. Je pense vraiment qu’il peut convaincre tout le monde : adultes comme enfants, amateurs de fantastiques comme non-initiés… Je pose un léger bémol si vous avez une terrible phobie des clowns. Nous somme loin de Stephen King et son Ça, je vous rassure, mais il y a un clown qui erre dans le roman et n’est pas toujours très rassurant… Et oui, on est dans le fantastique horrifique mais très subtil et très accessible. Une belle initiation au genre et un plaisir pour les passionnés !

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Ma note…

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#194 Le Moine – Lewis

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Le résumé…

« De moment en moment la passion du moine devenait plus ardente, et la terreur d’Antonia plus intense. Elle lutta pour se dégager ; ses efforts furent sans succès et, voyant Ambrosio s’enhardir de plus en plus, elle appela au secours à grands cris. L’aspect du caveau, la pâle lueur de la lampe, et les objets funèbres que ses yeux rencontraient de toute part, étaient peu faits pour lui inspirer les sentiments qui agitaient le prieur ; ses caresses même l’éprouvaient par leur fureur : cet effroi, au contraire, cette répugnance manifeste, cette résistance incessante, ne faisaient qu’enflammer les désirs du moine, et prêter de nouvelles forces à sa brutalité. » Pour mettre en scène le combat d’une sainteté qui se défend contre les puissances des ténèbres, Matthew-G Lewis déploie, avec un art consommé de la gradation dans l’horrible, une multitude de récits d’une audace et d’une cruauté rares. Sade et Breton, entre autres, plaçaient très haut ce chef-d’œuvre du roman gothique, dont Antonin Artaud – qui en a réalisé une « copie » – disait : « Je continuerai à tenir pour une œuvre essentielle Le Moine, qui bouscule cette réalité à pleins bras, qui traîne devant moi des sorciers, des apparitions et des larves avec le naturel le plus parfait, et qui fait enfin du surnaturel une réalité comme les autres ».

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Mon avis…

Le Moine est une oeuvre gothique de référence, sûrement la meilleure du genre. Il s’agit d’un indispensable pour tout amateur de littérature. Il suffit de voir l’influence énorme qu’a eu ce roman sur les auteurs qui ont suivi la trace de M.G. Lewis… J’ai donc pensé que ce serait une énorme erreur de ma part de ne pas lire Le Moine, en partie pour mes études en Lettres, mais surtout pour ma culture personnelle. J’avais entendu de beaucoup de professeurs, parfois un peu « méprisants » envers le gothique, que ce genre de romans était en général très simples, avec des personnages-types sans profondeur de personnalité, des clichés sans cesse, etc. J’ai été agréablement surprise en me rendant compte, à la lecture du Moine, que ce roman faisait exception à cette « règle ». Bien entendu, on retrouve certaines scènes typiques du roman gothique et des éléments resurgissant comme les apparitions de défunts, la magie noire dans les souterrains… Mais, évidemment, un roman gothique reste un roman gothique : sans certains traits caractéristiques, il n’en serait plus un. L’originalité de ce livre réside dans la profondeur psychologique des personnages, car l’ensemble est assez développé. J’ai été très impressionné que l’auteur, âgé seulement d’une vingtaine d’années lorsqu’il a écrit Le Moine, ait pu faire preuve d’autant de maîtrise et de talent… Je comprends mieux, désormais, l’attrait qu’on pu y trouver les romantiques par exemple, et même des auteurs plus modernes et torturés comme Antonin Artaud, que j’apprécie énormément.

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Ce roman a passé un certain temps dans ma bibliothèque avant que je me lance dans sa lecture, c’est vrai. Avec tout ce qu’on trouve à lire, il est parfois difficile d’avoir du temps pour tout et, d’ailleurs, il faut admettre que ce livre est tout de même d’une longueur qui pourrait paraître effrayante. Mais je me suis laissée séduire, un soir, et j’ai commencé à le lire. Cela a été une révélation, je n’aurais jamais pensé prendre autant de plaisir à lire ce roman. Dans les dernières pages, on aurait même envie qu’il soit plus long et ne s’arrête pas tout de suite. J’ai aimé la façon dont l’auteur prenait son temps pour amener les événements les plus malsains et diaboliques imaginables… Il n’y a aucun manque de subtilité, comme les professeurs dont je parlais plus haut pouvaient le reprocher à d’autres œuvres gothiques comme la première du genre : Le château d’Otrante (qui reste cependant d’un intérêt indéniable). J’ai été surprise, dans Le Moine, de la façon dont s’entremêlaient intelligemment diverses histoires, des plus mystérieuses aux plus concrètes, autour d’un même fil directeur : le personnage du moine, évidemment. Placer dans la religion ce qu’il y a de plus diabolique chez l’espèce humaine est tout simplement un véritable défi pour l’époque et un défi réussi. Le Moine est en fait un roman qui se lit à la fois comme un véritable page-turner du XXIe siècle, mais aussi comme une oeuvre riche en critique sociale parfois acerbe, sur lequel on peut s’arrêter pendant des mois voire des années pour saisir les sens cachés sous chaque mot. Je conseille vivement l’édition GF que j’ai trouvé excellente car elle précise de façon régulière les paragraphes qui ont dû être ôtés pour des raisons de censure à une certaine époque, avant d’être remis ou modifiés… Cela révèle beaucoup de chose sur les mœurs de la société de Lewis.

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Ma note…

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#191 Le diable amoureux – Cazotte

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Le résumé…

Lorsque don Alvare évoque Béelzébuth dans les ruines du palais Portici, le démon apparaît sous les traits d’une hideuse créature. Mais l’audacieux Alvare, vite maître de sa terreur, réduit le spectre à l’état d’esclave et en use comme Aladin de son génie. Sous les traits d’une sylphide, la créature n’a désormais plus rien de diabolique. Biondetta ! Comment rêver femme plus désirable, à la fois innocente et perverse, tourmentée et abandonnée ? Imposture ou magie, cette aventure qui se déroule en plein carnaval de Venise présente toutes les facettes d’un divertissement amoureux.

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Mon avis…

Conseillée par un professeur de littérature spécialisé dans le fantastique, Le diable amoureux est une nouvelle de Cazotte, oeuvre fondatrice du mouvement fantastique. Autant dire qu’il s’agit d’une lecture qui est enrichissante, bien que courte. Il faut rappeler que le fantastique, par définition, joue sur la perception des personnages et des lecteurs : qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Là est la question… Cette nouvelle va donc apporter les bases d’une littérature qui séduit encore beaucoup aujourd’hui, et qui me séduit personnellement depuis longtemps et pour encore un bon moment ! Dans Le diable amoureux, nous suivons l’étrange aventure de don Alvare, qui appelle Béelzébuth pour prouver à ses amis qu’il n’a peur de rien, pas même du diable… Cette soirée initiatique devient en réalité un succès car il maîtrise le démon comme personne avant lui… Au point que celui-ci va faire partie de sa vie, abandonner l’Enfer pour lui !

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Le diable peut-il aimer un homme ? La plus terrible image de l’horreur peut-elle devenir la plus délicate image de la vertu et de la beauté ? Cazotte nous entraîne dans une histoire charmante sur fond de mystère, nous manipule comme les petites marionnettes que sont les lecteurs pour de talentueux écrivains… Comme don Alvare, nous laissons sa chance au diable. Après tout, le mal n’a-t-il pas souvent plus d’attrait que le bien ? L’espèce humaine toute entière pourrait être contenue dans le corps et l’esprit d’Alvare. Que de réflexion, tout en prenant plaisir à une bonne lecture. Etant donné la longueur de la nouvelle, je ne peux pas vous dire grand chose sur l’histoire, son déroulement, sans gâcher votre future lecture. Mais, si vous êtes intéressé par le fantastique, si vous êtes intrigué par ce mouvement, ou si vous aimez les classiques originaux et parfois méconnus, n’hésitez pas un seul instant.

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Ma note…

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#175 L’écho de ton souvenir – Pamela Hartshorne

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Le résumé…

Globe-trotter, Grace est de retour à York où elle a hérité de la demeure de son excentrique marraine. Entre ces murs, elle est très vite victime d’un étrange phénomène : elle se voit dans la peau d’une jeune domestique du XVIe siècle, Hawise. Parfois, dans la maison, un murmure se fait entendre… À travers les siècles, les destins des deux jeunes filles semblent irrémédiablement liés.

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Mon avis…

Ce roman s’est imposé à moi comme une évidence : son résumé, toutes les couvertures que j’ai pu en voir, tout me tentait ! Et autant vous dire que je n’ai pas été déçue car c’est un véritable coup de cœur ! Je me suis totalement laissée emporter dans cette merveilleuse histoire à la fois historique et fantastique, c’est tout ce que j’aime. On se retrouve plongée dans les vies de ces deux femmes, attachantes et passionnantes, on refuse de les lâcher jusqu’à l’ultime page, celle du dénouement, du choc, auquel on s’attend sans vouloir l’atteindre… L’intrigue est tout simplement exceptionnelle, Pamela Hartshorne maîtrise son sujet, c’est une évidence ! On a réellement l’impression d’arpenter avec Grace les rues d’York, comme on remonte le temps à ses cotés pour découvrir le quotidien d’Hawise. Deux vies de femmes que tout semble opposer et qui pourtant finissent par ne faire qu’une lors de ces mystérieuses visions…

Il y a une troisième femme dans cette oeuvre : la lectrice, celle qui se plonge sans hésitation dans les méandres du temps, dans les mystères de la mémoire… C’est tout simplement fantastique d’être dans une telle histoire, de s’y trouver comme un personnage à part entière, animée par la même volonté que Grace… J’ai tout simplement lu d’un traite ce roman que je ne pouvais pas lâcher sous peine de frôler la crise… Vous la connaissez tous cette sensation de frustration à l’idée d’abandonner l’objet qui nous procure un bonheur indicible… Et bien c’est celle-là que L’écho de ton souvenir m’a procurée… J’ai aimé, adoré, et je n’oublierai pas de sitôt cette lecture qui m’a fait battre le coeur comme rarement ! Je suis assez satisfaite de mes lectures ces derniers temps, et celle-ci fait partie de mes petits chouchous du moment 😉 Je conseille vivement, n’hésitez pas !

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Ma note…

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