#250 La Maison des Epreuves – Jason Hrivnak

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Le résumé…

Après le suicide de son amie d’enfance, un homme entreprend de poursuivre le carnet dans lequel ils avaient ensemble construit un monde imaginaire et terrible. À la fois lettre d’amour, tentative de rédemption et manuel de survie à nos pulsions autodestructrices, La Maison des Épreuves est un rêve fiévreux à ranger aux côtés de La Foire aux atrocités de J. G. Ballard et de La Maison des feuilles de Mark Z. Danielewski.

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Jason Hrivnak

Mon avis…

Je trouve presque toujours quelque chose pour rattraper un livre que j’ai moyennement aimé… Souvent, je me dis simplement que l’écriture n’était pas faite pour moi. C’est peut-être le cas ici, je ne sais pas trop. La Maison des épreuves est un roman qui, a priori, aurait pu me plaire, si l’on se fie au résumé, aux premières pages… Mais, malgré l’acharnement qui m’a permis de finir ce livre, je dois dire que je n’ai pas aimé. Peut-être parce qu’il ne se passe pas vraiment grand chose, bien que cela ne me dérange pas toujours habituellement. Peut-être à cause de l’effet liste numérotée, jeu de rôle, qui fait partie (trop) intégrante du roman. En fait, je ne saurais même pas dire si c’est vraiment un roman ? Je dirais plus que c’est un exercice de style… Du coup, loin d’être passionnant pour moi.

La Maison des épreuves est typiquement le genre de livres pour lequel je ne sais pas trop quoi dire… J’aimerais trouver quelque chose pour le “sauver” dans mon esprit, mais rien n’y fait. Même quand je n’aime pas, je parviens souvent à voir à quels lecteurs tel ou tel livre pourrait plaire… ce qui n’est pas le cas non plus ici. Alors que faire ? A part vous dire que, si la curiosité est plus forte que tout, allez-y, laissez-vous tenter… qu’avez-vous à perdre à part quelques euros et quelques heures ? Bon, j’imagine que je ne dois pas vous donner envie… Mais les goûts et les couleurs ne se discutent pas, je n’ai pas du tout aimé et ne trouve rien à sauver dans ce livre… Ce sera peut-être différent pour vous ! Alors, si vous l’avez lu, n’hésitez pas à me dire pourquoi vous avez aimé (ou non).

#247 La Servante écarlate – Margaret Atwood

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Le résumé…

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps ou les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s’est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n’est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n’a jamais semblé aussi proche, nous rappelant combien fragiles sont nos libertés. La série adaptée de ce chef-d’œuvre de Margaret Atwood, diffusée sous le titre original The Handmaid’s Tale, avec Elisabeth Moss dans le rôle principal, a été unanimement saluée par la critique. « Les meilleurs récits dystopiques sont universels et intemporels. Écrit il y a plus de trente ans, La Servante écarlate éclaire d’une lumière terrifiante l’Amérique contemporaine. » (Télérama)

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Margaret Atwood

Mon avis…

Qui n’a pas entendu parler de La Servante écarlate ? Redevenue “à la mode” depuis l’élection de Trump et la sortie de la série télévisée adaptée de ce chef-d’œuvre, cette dystopie dangereusement réaliste revient en force sur les étals des libraires. Et c’est une excellente nouvelle, car voilà une occasion de (re)découvrir un livre incontournable, dans la droite lignée de 1984 ou Fahrenheit 451. C’est une histoire perturbante, pour la simple et bonne raison que l’auteure s’est appliquée à ne rien inventer… Je m’explique… Comment rendre réaliste une dystopie ? Une doctrine dictatoriale et religieuse qui contrôle la vie du moindre des habitants d’un pays ? Comment insinuer dans l’esprit du lecteur la pensée que, oui, cela pourrait bel et bien arriver ? Margaret Atwood a trouvé la réponse. De tout ce qu’elle décrit dans le livre, rien n’est “inédit”, tous les comportements humains et inhumains du roman se sont déjà produits, d’une façon ou d’une autre. Elle ne montre que des choses dont l’homme est, hélas, capable.

Prière à Dieu, p.325-326 : « Garde les autres en sécurité, s’ils sont sauf. Ne les laisse pas trop souffrir. S’ils doivent mourir, fais que ce soit rapide. Tu pourrais même leur fournir un Paradis. Nous avons besoin de Toi pour cela. L’Enfer, nous pouvons nous le fabriquer nous-mêmes. »

Cette histoire, c’est celle d’une dérive. Et le plus choquant, ce qui laisse d’ailleurs une véritable marque dans l’esprit du lecteur, c’est qu’on en semble pas si loin. On se dit que, oui, tout est possible et pourquoi pas ça ? Margaret Atwood construit tout un monde, souvent trop proche du nôtre, rarement assez éloigné, et nous y plonge sans aucune hésitation. Les femmes qui lisent ce livre auront peut-être plus de mal à effacer ce roman de leur esprit, tant la place des femmes y est centrale. Mais les hommes aussi y trouveront de quoi penser. C’est un livre qui, certes, offre un divertissement, comme toute oeuvre de fiction, mais qui fait aussi beaucoup réfléchir. C’est un de ces textes qui marquent profondément des générations, qui incitent à la prudence et à la réflexion, qui perturbent dans le bon sens du terme. A lire absolument, pour ne pas passer à côté d’un chef-d’œuvre, et pour mieux comprendre notre société à travers le portrait d’une autre.

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#246 Le Maître du Jugement dernier – Leo Perutz

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Le résumé…

Tout commence dans la bonne société de Vienne, en 1909. Au cours d’un récital privé, on découvre le corps sans vie du célèbre acteur Eugen Bischoff. Les circonstances de sa mort sont pour le moins mystérieuses – suicide provoqué ou meurtre maquillé ? Les soupçons se portent bientôt sur le baron von Yosh, un homme froidement calculateur, étrangement rêveur et notoirement amoureux de Dina, l’épouse de Bischoff. Mais l’enquête menée en secret par Solgrub, membre lui aussi du petit cercle, bascule soudain dans l’irrationnel le plus complet.

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Leo Perutz

Mon avis…

J’ai découvert ce livre tout à fait par hasard, au détour d’une librairie lyonnaise, et le bandeau rouge revendiquant une citation de Jorge Luis Borges à propos de ce livre m’a interpelé : « Un Kafka aventureux ». En effet, Leo Perutz est un écrivain allemand contemporain de Kafka, et on reconnait une certaine proximité entre les styles. Pourtant, dans ce roman, l’absurdité kafkaïenne n’est pas complétement présente, elle s’efface un peu derrière une véritable enquête, relatée par un narrateur plus qu’impliqué puisqu’il est le principal suspect du meurtre qui a été perpétré. J’ai beaucoup apprécié ce livre, car il a tout d’un classique. Il s’agit d’une aventure étrange, mystérieuse, perturbante, et l’auteur nous mène à la baguette du début à la fin.

Le baron von Yosch, narrateur de l’histoire, entreprend de découvrir ce qu’il en est réellement, afin de prouver son innocence. Mais son enquête justificatrice est mise à mal par l’opinion des autres personnages à son sujet : il a tout du parfait coupable. Alors qu’en est-il vraiment ? Le baron von Yosch va-t-il réussir à nous démontrer qu’il n’a rien à voir avec le meurtre ? Va-t-il parvenir à surmonter l’obstacle d’une frontière ténue entre réalité et fantastique ? Leo Perutz utilise toute l’angoisse de son siècle, aussi exploitée par Kafka, pour livrer un récit palpitant et surprenant. La fin est tout simplement magistrale, surfant sur le doute installé dès les premières pages. Autrement dit, ce petit roman est un chef d’œuvre maîtrisé, bien ficelé, à découvrir à tout prix si l’on aime la bonne littérature.

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#242 La main de la nuit – Susan Hill

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Le résumé…

« C’est alors que je sentis une petite main se glisser dans ma main droite, comme si un enfant s’était matérialisé à côté de moi dans l’obscurité pour s’en saisir. Elle était fraîche et ses doigts se replièrent avec confiance dans ma paume. Nous restâmes ainsi pendant un moment, ma main d’homme serrant la toute petite main. Mais l’enfant était invisible… »

Adam Snow, un libraire de livres anciens se perd dans la campagne anglaise et se retrouve dans le jardin d’une propriété qui semble abandonnée. Là, il ressent cette présence, menaçante… Roman fantastique, histoire de fantômes… Un conte dans la veine de La Dame en noir, un classique de la littérature anglaise.

 

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Mon avis…

Susan Hill est assez connue pour La dame en noir (chronique ici), roman d’épouvante adapté au cinéma avec Daniel Radcliffe dans le rôle principal. Mais elle est l’auteure de nombreuses œuvres, toutes plus ou moins dans ce même genre, et La main de la nuit en fait partie. J’avais vraiment envie de lire un autre roman d’elle, car j’avais aimé La dame en noir. Susan Hill écrit des romans un peu vintage, des classiques du genre, avec ce qu’il faut de mystère et de frisson. On retrouve la touche inquiétante qui rendait La dame en noir passionnant. A la lecture, on regarde un peu autour de nous, on sent une présence inquiétante, tout comme le narrateur. Le lecteur est baigné dans le suspense et le surnaturel.

Pourtant, j’avoue avoir été un peu déçue, car j’avais peut-être de trop grandes attentes. Je n’ai pas autant frissonné que je l’aurais souhaité. On lit généralement ce genre de romans pour se faire une belle frousse, mais ce n’est pas ce que j’ai ressenti. Certes, le mystère était présent, l’atmosphère inquiétante aussi, mais rien d’aussi terrifiant que La dame en noir. Le livre souffre en effet de beaucoup de longueurs, provoquant parfois tout sauf l’effet escompté, et donc plutôt de l’ennui… Ce qui est dommage, vous en conviendrez ! Finalement, l’ensemble perd de son efficacité. Les moments vraiment forts, avec un bon potentiel d’horreur, se révèlent noyés dans des périodes de lecture inintéressante. Parfois, le personnage principal réfléchit trop, se questionne trop, laisse passer trop de temps avant de se décider à résoudre le mystère. Cela rend le roman incohérent. L’horreur de la situation devrait le pousser à chercher la solution, à vouloir s’en sortir, mais il passe finalement plus de temps à attendre que ça passe…

Pour conclure, je dois avouer que, malgré mes attentes – et sûrement à cause d’elles –, j’ai été assez déçue par cette lecture. Même si j’ai retrouvé le style de Susan Hill, j’ai trouvé qu’elle n’exploitait pas suffisamment le potentiel horrifique de cette histoire. L’effet terrifiant attendu est annulé par le nombre trop important de longueurs, de réflexions sans fin… L’ensemble devient un peu superficiel et le roman perd un peu du réalisme qui contribue à provoquer des frissons. On ne croit plus trop à ce que nous raconte Susan Hill, bien que l’on sente l’intention première de nous faire peur.

 

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#240 Marina – Carlos Ruiz Zafon 

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Le résumé…

Oscar Drai, quinze ans, a disparu pendant une semaine du pensionnat où il est interne. Où est-il allé et que lui est-il arrivé ? Quand l’histoire commence, Oscar vagabonde à travers Barcelone. Attiré par une mystérieuse maison apparemment abandonnée, il pénètre à l’intérieur. Se croyant seul, il commence ses investigations. Alors qu’il est en train d’examiner une curieuse montre à gousset laissée sur une table, il se rend compte que quelqu’un l’observe. Terrorisé, il s’enfuit. En rentrant au pensionnat, il s’aperçoit qu’il a gardé la montre. Tenaillé par les remords, il retourne quelques jours plus tard dans la grande maison. Il y fait alors la connaissance de Marina, fille du propriétaire. Elle a son âge, de l’audace et une intelligence très vive. Elle entraîne son nouveau compagnon dans l’élucidation d’un secret qui la tourmente : au cœur du plus vieux cimetière de Barcelone, une vieille femme voilée visite une tombe anonyme sur laquelle figure le dessin d’un papillon noir. Qui est-elle, et qui dort sous la pierre tombale ? En menant leur enquête, les deux adolescents franchissent les limites d’une propriété privée délaissée. Dans la serre qui la jouxte, des pantins en partie amputés de leurs membres pendent dans les airs. Soudain, ils descendent lentement et semblent s’animer. Une odeur pestilentielle envahit la serre… Sur le fronton, un papillon noir identique à celui de la tombe paraît contempler l’épouvantable scène. Parcourant les plus effrayants endroits de Barcelone, s’égarant dans les entrailles de souterrains où vivent des créatures de cauchemar, s’enfonçant dans les coulisses d’un inquiétant théâtre désaffecté, Oscar et Marina réveillent les protagonistes d’une tragédie vieille de plusieurs décennies. La vengeance est en route, mue par une armée de fantômes, guidée par un savant de génie et une amoureuse désespérée. Entraînés dans la folie homicide de ces ombres tout droit sorties du passé, Oscar et Marina frôlent la mort. Pourtant, celle-ci les attaquera où ils ne l’attendaient pas…

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Mon avis…

Je suis une grande lectrice de Carlos Ruiz Zafón, et une admiratrice de son travail exceptionnel. Rentrer dans chacun de ses romans est un plaisir immense. Ses œuvres mélangent habilement fantastique, mystère et poésie, et Marina ne fait pas exception à cette règle. Il s’agit d’un classique parmi les nombreux romans de cet auteur. L’atmosphère sombre et enivrante de la Barcelone des années 70 est terriblement prenante. Comment vous expliquer ? Marina est typiquement le roman que l’on ne peut pas lâcher après l’avoir commencé. Tout y est possible, comme dans beaucoup de livres de Carlos Ruiz Zafón. L’angoisse est toujours présente en arrière-plan, les frissons sont constants, et à cette ambiance particulière s’ajoute le talent fou de l’auteur pour créer des personnages extrêmement attachants. J’avoue que la Barcelone que nous décrit Carlos Ruiz Zafón m’intrigue terriblement, j’ai l’impression au fil des romans qu’il en construit la légende. Marina est un des piliers de cette légende de la Barcelone moderne. Malgré la jeunesse des personnages, je ne dirais pas qu’il s’agit d’un roman pour enfants… Il s’agit plutôt de confronter le lecteur à des fantasmes adolescents, à ce goût pour l’aventure qui nous anime tous, tout en proposant une histoire à la fois horrifique et enchanteresse.

Marina est un conte. Il s’agit d’une histoire où le merveilleux et le fantastique côtoient la réalité. C’est un roman où les sentiments sont puissants, vifs, foudroyants. L’envie d’aller plus loin est omniprésente. Le désir de savoir, de comprendre, d’explorer au plus profond les mystères du passé, est le moteur de ce livre. Je crois qu’il s’agit probablement d’un des romans les plus passionnants qu’il m’a été donné de lire. J’aime toujours autant le mélange des genres qui caractérise l’écriture de Carlos Ruiz Zafón. Il réveille les rêves d’enfant que chaque lecteur a en lui, il ranime sa soif de danger, d’aventure. Le suspense est total, l’histoire est d’une richesse enivrante… Marina devient elle-même un personnage de légende, une sorte de fée tout aussi sombre que lumineuse. Oscar, lui, incarne cet esprit libre et intrigué du lecteur qui a soif de mystères à résoudre. Je suis particulièrement admiratrice des descriptions de Carlos Ruiz Zafón, qui crée des paysages d’un esthétisme fou, avec des scènes inquiétantes au réalisme perturbant. On voit sous nos yeux se développer des images dignes des plus grands cinéastes, avec une originalité à la Guillermo del Toro.

Chers lecteurs et chères lectrices, si vous n’avez encore jamais lu de romans de Carlos Ruiz Zafón, sachez qu’il n’est pas trop tard. Mais préparez-vous à devenir accro… C’est un auteur incontournable, à lire absolument, qui tient au bout de sa plume un talent fou, une capacité à susciter dans notre esprit les plus belles et les plus terribles images à la fois. Préparez-vous à connaître des sensations de lecture sans précédents…

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#221 The Invisible Library – Genevieve Cogman

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Le résumé…

Irène est une espionne professionnelle pour la très mystérieuse Bibliothèque, qui récolte des fictions de différentes réalités. Avec son nouvel assistant Kai, particulièrement énigmatique, elle est envoyée dans un Londres alternatif. Leur mission : récupérer un livre dangereux. Mais, quand ils arrivent, il a déjà été volé. Les différentes factions qui divisent Londres semblent prêtes à combattre jusqu’à la mort pour trouver ce livre. En plus de ce péril, le monde dans lequel sont envoyés Irène et Kai est infesté par le chaos : les lois de la nature ont été renversées, des créatures surnaturelles et une magie imprévisible vont se dresser contre eux. Le nouvel assistant d’Irène a un secret bien à lui… Alors, très vite, elle va se retrouvée submergée par les dangers, les indices, les sociétés secrètes… Mais l’échec n’est pas une option : la réalité elle-même est en jeu.

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Mon avis…

J’ai trouvé ce livre, comme beaucoup d’autres, à Waterstones, où l’on m’a dit qu’il était excellent ! Alors, évidemment, je l’ai très vite commencé. Que rêver de mieux pour une lectrice qu’une bibliothèque immense remplie de livres venant de réalités multiples ? Ce livre prend place, vous l’aurez deviné, dans plusieurs mondes imaginaires, des mondes parallèles. J’ai toujours beaucoup aimé le genre fantastique, et ici on trouve également une dimension steampunk qui rend d’autant plus dépaysante la lecture. Les règles de la Bibliothèque et du voyage entre les mondes sont très bien élaborées, il n’y a pas d’incohérences, comme parfois dans certains livres fantastiques qui ne parviennent pas à être remarquables… En effet, Harry Potter, Ewilan, et bien d’autres, ont inspiré de nombreux auteurs, qui souvent ne sont pas à la hauteur… Ici, Genevieve Cogman invente une histoire vraiment originale, très créative, en s’inspirant des standards du genre tout en innovant. Honnêtement, The Invisible Library fait partie des livres qu’on ne peut pas lâcher une fois qu’on les a commencés. Il se lit très bien, les personnages ne sont pas très nombreux mais excellemment développés, attachants et intrigants en même temps. L’auteure a réussi un trouver un juste milieu dans la création de son monde : ni trop simple, ni trop compliqué.

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J’ai beaucoup aimé l’intervention d’un personnage dans le monde parallèle dans lequel sont envoyés Kai et Irène, il s’agit d’un détective me faisant vraiment penser à Sherlock Holmes. Cela ajoute une touche d’inspiration victorienne qui s’associe parfaitement avec la pointe de steampunk que l’on retrouve surtout dans les obstacles auxquels doivent faire face nos héros. Ce livre étant le premier tome d’un dyptique, j’ai été très heureuse à la fin de constater que l’auteure avait trouvé un excellent moyen d’introduire une suite sans faire de répétition, sans donner l’impression au lecteur de lire une deuxième fois la même chose. Je vous chroniquerais très vite le deuxième tome, ne vous inquiétez pas. Pour le moment, le livre n’est pas paru en français, et je ne sais pas s’il va être traduit ou non. En revanche, il est assez connu et réputé outre-Manche et outre-Atlantique. Alors, si vous savez lire en anglais, n’hésitez pas une seule seconde à vous lancer. En prenant votre temps, vous découvrirez une histoire très séduisante, divertissante, qui nous envoie dans un Londres alternatif particulièrement passionnant.

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Ma note…

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Niveau de lecture : Moyen

#215 The House on Cold Hill – Peter James

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Le résumé…

Partir du centre de la ville de Brighton pour emménager au fond de la campagne du Sussex est un grand changement pour les citadins nés que sont Ollie Harcourt, sa femme Caro, et leur fille de douze ans Jade. Mais quand ils ont vue Cold Hill House – un grand manoir géorgien en ruine – ils ont littéralement craqué. Malgré le défi financier représenté par un tel achat, Ollie rêvait de vivre à la campagne depuis son enfance, et il voit dans les étendues de terre sur lesquelles se dresse Cold Hill House un véritable paradis pour sa fille qui adore les animaux, tout comme une parfaite base pour son business de webdesign. Il n’est donc pas effrayé par cet investissement à long terme. Caro est moins convaincue, et Jade est récalcitrante à l’idée d’être séparée de tous ses amis. Mais, quelques jours après le déménagement, il devient vite évident que les Harcourt ne sont pas les seuls résidents du manoir. Au début, c’est juste une amie de Jade qui, en lui parlant en direct avec la caméra, voit une femme effrayante, à la silhouette spectrale, juste derrière elle. Puis elle réapparait de plus en plus souvent, tandis que la maison elle-même semble se monter contre ses nouveaux habitants… Deux semaines après leur arrivée, Caro, dans le jardin, aperçoit des visages les regardants depuis une des nombreuses fenêtres de la maison, à l’étage… La fenêtre d’une pièce qui mène à un secret profondément enfoui dans la sombre histoire du manoir… Une pièce qui semble ne pas exister…

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Mon avis…

Je voulais un livre d’horreur pour débuter mon séjour en Ecosse… oui, c’est une drôle d’envie, je sais. Je souhaitais également qu’il soit en anglais, pour pouvoir me remettre dans le bain, même si le mois et demi passé dans le pays devait largement suffire ! En fait, j’avoue que la langue a été un prétexte pour ne pas culpabiliser de l’achat (enfin je crois). Dans tous les cas, c’est lors d’une visite à WhSmith (enseigne que je conseille par ailleurs pour ses prix intéressants, tout comme Waterstones, à ceux qui envisagent un voyage au Royaume-Uni), que je me suis procurée cette petite merveille de Peter James. Cet auteur a écrit certains romans faisant partie d’une série, je ne voulais pas tomber sur n’importe quel livre de celle-ci car je préfère en général commencer par le premier tome (logique). Donc j’ai été agréablement surprise de voir que son dernier roman sorti en paperback (l’équivalent de nos formats « poche » dirons-nous…) était unique, indépendant… Bref, c’était l’occasion de me lancer dans la découverte de Peter James, dont seul le nom m’était familier, à mon grand désarroi. Le résumé, que j’ai essayé de vous traduire le plus fidèlement possible, m’a totalement convaincue : c’était exactement ce que je cherchais !

Comme toujours avec les histoires de fantômes, on craint les clichés… Je ne vous cacherais pas qu’on en trouve quelques-uns : des bruits étranges et inexpliqués, des apparitions… En même temps, je ne vois pas trop comment la présence d’un fantôme se manifesterait autrement ? Ce que j’ai apprécié, c’est que ces clichés n’étaient pas trop nombreux, distillés de façon raisonnable et maîtrisée, juste ce qu’il fallait pour donner quelques frissons et nous faire regarder autour de nous avec un regard inquiet. J’ai littéralement avalé ce livre car je voulais savoir comment la famille Harcourt allait s’en sortir, en particulier Ollie, auquel on s’attache beaucoup. En même temps, il arrive aussi qu’on ait envie de secouer les personnages, de leur dire : « Mais allez, quoi, cassez-vous de cette baraque ! ». Mais il faut admettre que leurs raisons pour y rester sont plutôt logiques… En fait, tout s’accélère à un moment dans le roman, si bien que rien ne paraît trop absurde dans leur comportement. A partir de cet instant où le rythme change, on perd la sensation d’énervement propre aux films d’horreur quand on voit la potiche blonde courir en plein dans le danger… Il est évident qu’un bon roman d’horreur doit contenir certains éléments qu’on ne peut éviter, celui-ci les a tout en étant original. Le dénouement, que je ne vous révélerais évidemment pas car le but de cette chronique est de vous donner envie de lire le livre, est sûrement ce que j’ai préféré dans ce roman !

Tout ça pour vous dire que Peter James, et en particulier The House on Cold Hill, est à découvrir à tout prix. Si vous ne savez pas par où commencer pour découvrir les livres d’horreur, celui-ci est un bon choix, mais ça l’est aussi si vous en avez l’habitude. Cependant, je comprends que la version anglaise ne soit pas accessible à tous. C’est pourquoi je tiens à vous faire remarquer que Peter James a vu beaucoup de ses romans publiés en France (comme Des enfants trop parfaits ou Comme une tombe), il y en a pour tous les goûts, et je pense que celui-ci ne devrait pas tarder à suivre. Si vous avez des craintes quant à votre compréhension de l’anglais, je peux vous assurer que le niveau de langue est très accessible (comme souvent pour les livres du genre thriller et horreur qui sont assez populaires et récents). Je n’ai eu personnellement aucun problème de lecture alors que je n’avais pas lu en anglais depuis un certain moment. La lecture est assez fluide pour quelqu’un n’étant pas du tout bilingue mais ayant tout de même une certaine aisance avec l’écrit anglais. Il y a assez peu de mots compliqués, les descriptions étant plutôt simples et visant des effets immédiats sur l’émotion du lecteur. L’intrigue, étant passionnante et très compréhensible, facilite également le travail de « décryptage ». Bon, j’espère que vous aurez compris que ce livre, en plus d’être accessible à un public français assez familier de l’anglais, est un excellent roman pour se donner quelques frissons avant la rentrée, tout en revoyant quelques notions de la langue de nos voisins d’Outre-Manche !

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Ma note…

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Niveau de lecture : Facile

#213 1Q84, Livre 1 : Avril-Juin – Haruki Murakami

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Le résumé…

Entre l’an 1984 et le monde hypnotique de 1Q84, les ombres se reflètent et se confondent. Unies par un pacte secret, les existences de Tengo et d’Aomamé sont mystérieusement nouées au seuil de deux univers, de deux ères… Une odyssée initiatique qui embrasse fantastique, thriller et roman d’amour, composant l’oeuvre la plus ambitieuse de Murakami.

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Mon avis…

Le titre de ce livre, je le connais depuis… des siècles ! Bon, j’exagère peut-être un peu, disons que je le connais depuis longtemps, un temps indéterminé… Je me suis toujours dit qu’un jour, je lirais ce pavé… Il fallait juste que je m’en sente capable ! Et puis j’ai découvert que ce n’était pas un mais trois pavés que je devrais lire car il y a trois tomes… Alors, j’avais intérêt à trouver ça passionnant (ce dont, je dois l’avouer, je doutais un peu). Je ne saurais pas expliquer cet enthousiasme étrangement lié à une certaine réticence ! Ce sentiment paradoxal a vite été oublié… J’avais un peu peur que l’intrigue mette beaucoup de temps à démarrer. A mon grand soulagement, on entre très vite dans l’action, ce qui est vraiment une bonne chose. Pourtant, je ne vais pas vous cacher que cette lecture a été l’une des plus… étranges depuis que mon amour des livres s’est déclaré (c’est-à-dire très très tôt dans ma jeunesse).

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J’étais littéralement plongée dans ce roman, au point de ne pas le lâcher. C’était vital, je devais le continuer, comprendre. Au fil des pages, même si tout est lisible et compréhensible, on se rend compte qu’en fait tout est complètement flou. Il y a quelque chose qui reste imperceptible au lecteur, qui le pousse à continuer la lecture. Je n’ai pas encore percé ce mystère. Si quelques indices sont disséminés au fil de ce premier tome, on se rend vite compte que cela ne fait que rendre l’histoire d’autant plus étrange ! Je ne saurais pas résumer l’intrigue clairement, ou le roman paraîtrait banal, il manquerait de nombreuses choses… Non, c’est un roman qu’il faut lire pour partager ce sentiment, pour comprendre ce que je ressens aujourd’hui en écrivant cette chronique. Ne pas le lire, c’est accepter de rester ignorant sur un grand mystère de la littérature, il me semble. Je n’ai pas encore les tomes 2 et 3, je voulais d’abord voir si j’aimais le premier. A mon retour d’Ecosse, la première chose que je ferais sera de les acheter ! Je veux savoir… De Big Brother aux Little People, il n’y a qu’un pas, qu’Haruki Murakami a franchi et que je veux désormais franchir avec lui.

La suite au tome 2 !

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Ma note…

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#210 Harry Potter et l’Enfant Maudit (Harry Potter and the Cursed Child) – JK Rowling, Jack Thorne et John Tiffany

Cette chronique s’efforce de ne contenir aucun élément d’intrigue susceptible de gâcher votre découverte et votre lecture. En revanche, elle a pour but de décrire honnêtement une expérience personnelle (et donc subjective) de lecture, tout en vous donnant des informations fiables et d’importance. Un nouveau Harry Potter ne sort pas tous les jours, alors à événement exceptionnel, chronique exceptionnelle.

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Version française disponible le 14 octobre 2016 dans vos librairies. 

Le résumé…

Etre Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du Ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Mon avis…

Par où commencer pour aborder un des livres événements de cette année ? Il est difficile de savoir comment parler d’un livre, déjà best-seller des mois avant sa commercialisation, grâce aux précommandes, et qui a, depuis sa sortie il y a moins d’une semaine, déjà fait beaucoup parler de lui… en bien et en mal ! Pour un nouveau Harry Potter, le bien et le mal sont déjà deux thèmes qu’on est sûrs d’y retrouver… Je dirais donc qu’il s’agit d’une première non-surprise. Au niveau de l’intrigue, en effet, rien de nouveau sous le soleil, vous vous en rendrez vite compte à la lecture ! Les puristes diront qu’il faut rester fidèle à l’âme de la saga, d’autres regretteront peut-être un manque d’originalité, certains y verront même un livre-tirelire ! JK Rowling profite-t-elle de ce nouveau livre pour vider les poches de ses fans ? Avant de tenter de répondre à cette question éminemment intéressante, avec les moyens que j’ai à ma disposition, je vous propose de revenir en quelques lignes sur mon histoire personnelle avec Harry Potter.

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Comme beaucoup d’entre nous/vous, j’ai grandi avec ce petit héros à lunettes, je l’ai vu grandir en même temps que moi… J’étais du genre à me batailler avec mes sœurs pour être la première à lire le nouveau tome à sa sortie (que nous avions toujours le jour même), et à relire la saga chaque année (2016 comprise, bien sûr). Je suis aussi une de ces fans inconditionnels qui ont été un peu déçus par les films, toujours moins bons que les livres, mais je ne peux pas m’empêcher de les revoir quand même chaque année, là aussi. Petite, j’avais un parfum Harry Potter, des pochettes à élastiques Harry Potter, j’avais un chapeau de sorcière, des carnets de notes Harry Potter, des crayons Harry Potter, un cartable Harry Potter, et j’en passe. Encore aujourd’hui, certaines de mes citations préférées sortent tout droit d’Harry Potter. Encore aujourd’hui, alors que j’ai depuis longtemps passé mes onze ans, je rêve de recevoir la lettre d’admission de Poudlard… Bref, vous aurez compris, je fais partie de ces millions de fans qui ont été et sont accros à Harry Potter depuis toujours.

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Alors, quand j’ai appris qu’il allait y avoir une pièce de théâtre, j’avoue avoir été divisée… D’abord, je me suis dit que c’était une super idée. Après tout, on attendait le retour de JK Rowling depuis un moment, et le théâtre est un genre assez peu exploré par les auteurs contemporains connus, donc pourquoi pas ? Ensuite, je me suis demandée si cela n’allait pas faire trop… on sait que les sagas qui ne s’arrêtent jamais ne sont pas toujours les meilleures, et finissent parfois par perdre de leur « magie », ce qui serait bien dommage pour notre cher Harry. Donc je me suis retrouvée dans un mélange d’impatience et de crainte. Etant en vacances en Ecosse, non loin du fameux viaduc sur lequel nous pouvons voir passer le Poudlard Express dans les films, j’ai précommandé le script de la pièce et je l’ai donc reçu le jour même de sa sortie. Le gentil facteur écossais n’imaginait pas qu’il amenait un objet aussi important, je suppose… Il s’agissait de l’objet qui allait me faire réfléchir, cogiter, penser, marmonner, pendant des jours. Bref, ce livre promettait beaucoup d’émotions, et à ce niveau-là, je n’ai pas été déçue.

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Je me suis donc vite lancée dans l’aventure du huitième Harry Potter… Ron, Hermione et Harry sont désormais parents, et ils sont même devenus des parents chiants ! Donc, à priori, on perd tout de suite l’image attendrissante des jeunes sorciers qui ont bercé notre enfance et notre adolescence. Question nostalgie, on repassera. C’est sans compter qu’un des fils d’Harry, le prénommé Albus Severus (il n’a pas eu de chance, le pauvre), n’aime pas Poudlard. J’ai d’abord supposé que ce petit bonhomme était peut-être l’enfant maudit. Après tout, être le fils d’Harry Potter, de l’élu, celui qui a sauvé le monde des sorciers, celui auquel tous doivent la vie, etc., ça ne doit pas être facile tous les jours (et ça ne l’est pas, ce livre le confirme). Donc, nous avons déjà un enfant maudit. Mais Albus, vous le découvrirez vite, a pour ami un personnage étonnant, Scorpius Malfoy. Evidemment, celui-ci aussi peut être considéré comme l’enfant maudit car il est le fils de Drago (pas de bol) et tout le monde pense qu’il est même le fils de Voldemort (encore moins de bol)… Voilà, pour l’instant, vous avez le schéma qui nous est déroulé dans les premières pages. Je ne vous en dirais pas plus sur l’intrigue pour ne pas vous spoiler, ce qui est loin d’être mon but.

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Pour être rapide, j’ai particulièrement été déçue par la quasi absence de ce cher Ronald Weasley, à l’humour si pétillant dans la saga originelle. Hermione est restée fidèle à elle-même, on peut d’ailleurs dire qu’elle est la plus grande intellectuelle du pays (suspense, vous comprendrez…). Harry, par contre, est devenu drôlement agaçant… J’avoue que je ne me souvenais pas de ce côté de sa personnalité. N’aimant pas trop Daniel Radcliffe, il pouvait m’énerver un peu dans les films, mais rarement dans les livres… Ici, il joue vraiment le père pas doué, qu’on a tous envie d’abandonner à la station-service du coin (oups)… Heureusement, pour contrebalancer ce mauvais papa qu’est Harry Potter, il y a Ginny Weasley. Cette dernière, à mon grand bonheur, a enfin une vraie place dans l’histoire. Elle est là, son personnage est assez important, central, elle permet vraiment de faire oublier le côté désagréable d’Harry. Le caractère de ce papa à lunettes est très  important dans l’histoire qui en fait n’est rien d’autre qu’une histoire d’enfants et de pères. Comment rendre fier papa ? Comment prouver à papa que j’ai autant de valeur que lui ? Comment montrer à papa que je veux être moi-même, bien que cela veuille dire ne pas être comme lui ? etc. L’auteure nous emporte donc dans les tréfonds des relations pères-fil(le)s, ce qui, pour le coup, n’est pas très original et manque un peu de piment ! Rien ne s’arrange au fil du livre.

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Le genre théâtral me laisse sceptique. Vu sur scène, c’est sûrement génial, à n’en pas douter. Probablement révolutionnaire même, avec des changements de lieux à toutes les scènes, un très grand nombre de personnages, des décors sûrement immenses, des effets spéciaux impressionnants pour rendre visuels tous les effets suggérés par les didascalies, etc. Mais sur le papier… comment dire ? C’est assez décevant. Les didascalies sont courtes, peu explicites, elles ne permettent pas au lecteur d’imaginer vraiment les scènes. Les dialogues sont souvent assez plats, n’ont pas l’originalité de l’oral que devait conférer le texte théâtral, et n’ont pas la qualité à laquelle nous étions habitués en tant que lecteurs des romans. En fait, j’ai trouvé l’intrigue assez plate, manquant fortement d’originalité, car reprenant encore et encore les mêmes ressorts que dans la saga (mais en moins bien), sans compter qu’elle tourne un peu en rond. Les personnages n’étaient pas très surprenants, sauf Scorpius que j’ai personnellement beaucoup aimé, et qui avait vraiment le bénéfice de l’originalité, pour le coup !

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Mais s’il y a quelque chose qui m’a plus choquée encore que cette intrigue tristounette et cette lecture presque ennuyeuse (tant on se sent exclus de l’action par le format théâtral), c’est la qualité de l’écriture. Cela m’a poussé à faire de petites recherches, et notamment à prêter attention aux écrits en petits caractères sur le livre, etc. Il se trouve, mes chers lecteurs (ne pleurez surtout pas !), que JK Rowling n’est pas vraiment l’auteure de ce livre… Ne soyez pas choqué, il y a une explication logique. L’histoire en elle-même, le déroulé, le synopsis, si vous voulez, est bien de JK Rowling. Mais le texte que vous pouvez lire n’est pas d’elle mais de Jack Thorne, dramaturge britannique. Si bien qu’il ne faut pas s’étonner de ne rien retrouver des qualités littéraires de JK Rowling puisqu’elle est seulement l’auteure d’une dédicace de quelques lignes adressées à… Jack Thorne. Je suis extrêmement désolée de vous décevoir, mais je pense qu’une clarification s’imposait. Si vous êtes, comme moi, un(e) fan inconditionnel(le) d’Harry Potter, vous saurez reconnaître qu’il ne s’agit pas de son style, de son écriture, etc. Et, on a beau dire, quand un autre auteur reprend les rênes (sans que ce soit dit clairement, et même quand c’est totalement assumé), c’est tout de suite moins enthousiasmant !

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Ainsi, vous comprendrez que cette pièce de théâtre m’a laissée tout à fait pantoise. Après l’avoir fini, je ne savais pas quoi en penser. Déjà, je n’étais pas particulièrement enthousiaste, donc on ne peut pas dire que j’ai adoré. Mais je n’étais pas non plus complètement déprimée, en train de me dire que j’avais perdu plusieurs heures de ma vie à lire une horreur. Donc je n’ai pas détesté non plus. J’étais en fait très partagée entre une grande part de déception et une grande part d’attentes non satisfaites. Finalement, le livre en lui-même n’est pas mauvais, ça se lit, c’est même divertissant, agréable, mais ce n’est pas un « vrai » Harry Potter. Si la couverture porte le nom de JK Rowling, c’est pour sa collaboration plus ou moins limitée à l’œuvre (allez savoir), mais le contenu littéraire s’apparente plus à une fan-fiction qu’à un vrai tome de la saga. Pour moi, malgré cette huitième partie de l’histoire d’Harry Potter, la saga s’arrête belle et bien au septième livre, et ne pourra pas continuer après un tel livre. Harry Potter et l’enfant maudit semble plutôt être une tentative de coup publicitaire, qui meurtrit profondément mon cœur de fan, la marque d’une volonté de revenir sur le devant de la scène, de recycler la bonne vieille histoire qui marche depuis tant de temps, profiter encore un peu pour sucer la moelle de ce bon gros os qu’est Harry Potter. Oui, la comparaison n’a rien d’original, mais le livre non plus, rassurez-vous…

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 Pour finir ma chronique, je vous dirais donc qu’Harry Potter et l’Enfant Maudit est un livre qui se lit, mais qui ne se savoure pas. Il peut raviver chez vous une nostalgie, mais ce ne sera sûrement pas dans le sens que vous espérez. Vous ressortirez de cette lecture avec le goût de trop peu, et pourquoi pas l’envie d’aller puiser du vrai JK Rowling dans un ancien tome de la saga, voire dans toute la saga. Mais, malheureusement, cette huitième histoire, sur le papier, ne vaut pas un huitième tome, et ne porte de JK Rowling que le nom (si vous ne me croyez pas, même Wikipédia le dit ahah ! ou d’autres sources plus fiables !)… En revanche, si vous avez l’occasion de voir la pièce (je suis prête à parier qu’une version DVD sortira un jour ou que la pièce se jouera dans d’autres langues), n’hésitez pas. Je serais moi-même curieuse de voir le résultat. Mais ne vous attendez pas à une exceptionnelle expérience Harry Potter, il semble que ce temps soit révolu…

Ma note…

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Niveau de lecture : Facile

#206 Jungle Park – Philippe Arnaud

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Le résumé…

2050. Tout commence par un homme parachuté d’un avion. C’est un condamné à mort, dans un futur où on ne brûle plus les prisonniers sur les chaises électriques : on les « condamne à l’Afrique ». L’Afrique, en effet, est devenue un véritable continent prison gardé par des drones, et le dépotoir des déchets industriels occidentaux – un endroit où les condamnés ont toutes les chances de mourir dans l’heure… à moins qu’ils n’évoluent vers une de ces espèces mutantes qui pullulent là-bas. Tony est ce condamné à mort : ancien directeur d’un parc d’attractions célèbre, riche et considéré, il a été injustement accusé de terrorisme. Par miracle, il survit à la chute… pour entamer un long périple dans la jungle, entre enfer et rédemption. Pendant ce temps, à l’autre bout du monde, la fille de Tony trouve la trace des auteurs du complot dirigé contre lui : elle compte bien sauver son père !

Mon avis…

J’étais très contente de recevoir ce nouveau roman de la collection Exprim’, qui me fait sans cesse passer de merveilleux moments de lecture. A la fin de mes partiels, je me suis dit que c’était le bon moment pour me lancer dans Jungle Park, dont la couverture me faisait (évidemment) penser à Jurassic Park… Mais, rassurez-vous, les deux histoires n’ont aucun rapport, Philippe Arnaud ne plagie personne (ouf) ! Ce roman est très prenant : une fois commencé, on le finit forcément à toute vitesse… Jungle Park est une dystopie, l’auteur imagine le monde en 2050 : l’Afrique est devenu un continent-prison. Les condamnés à mort y sont parachutés, au milieu de zones très radioactives que comptent l’Afrique depuis qu’elle est aussi devenue le dépotoir du monde. Dans ce roman, comme souvent dans la collection Exprim’, on remarque donc un fond de critique sociale, un message. Cela nous pousse à réfléchir sur la relation que nous entretenons aujourd’hui avec l’Afrique, en tant que pays occidentaux, à penser à l’avenir… Finalement, rien n’est impossible, malheureusement. Pourtant, Philippe Arnaud ne fait pas étalage de cette critique, au contraire. Elle est sous-entendue dans toute l’aventure qui anime Tony, Joannie et ses amis. Jungle Park, c’est l’histoire d’une erreur tragique, celle de Tony… Une erreur qui va faire basculer le monde entier dans un désastre sans précédent. J’ai beaucoup aimé les petites références discrètement glissées par l’auteur à des événements ou des personnages très actuels (pour ne donner qu’un exemple, nous retrouvons notre « cher » Donald Trump, à quelques occasions, comme pour rendre encore plus réelle et plausible cette dystopie).

Les histoires de Tony et Joannie se déroulent en parallèle. L’un se trouve parachuté en Afrique, sauvé par un résistant et emmené dans un périple mystérieux et périlleux, tandis que l’autre est restée en Amérique, confrontée au mépris et à la méfiance des autres qui la croient fille de terroriste. Joannie ne peut pas croire à la mort de son père, et celui-ci sait que sa fille n’est pas du genre à laisser tomber. Un dialogue silencieux s’instaure entre les deux personnages qui sont liés par le sang mais surtout par un tempérament de feu. J’ai beaucoup accroché aux personnalités des personnages, qui sont très bien construits, touchants… On les suit du début à la fin, comme si nous faisions nous aussi partie de cette aventure : prouver l’innocence du père et combattre la post-humanité (vous comprendrez en lisant, je ne peux pas vous expliquer ce « petit » détail). L’Afrique telle qu’elle est décrite est évidemment loin de celle qu’elle est aujourd’hui… Pourtant, on peut facilement imaginer les transformations que Philippe Arnaud y apporte. Dans notre monde, tant de gens sont assez fous pour faire d’un territoire qu’ils n’ont jamais approché leur seul moyen de survivre à leur propre folie. Le sacrifice des uns sert le succès des autres, leur puissance, mais pas leur gloire. C’est ça qui est intéressant dans ce livre : ceux qui ont le pouvoir ne sont pas ceux que l’on croit, ils sont discrets, se réunissent en secret, ont tout abandonné pour obtenir le plus grand des privilèges (là encore, mystère !). Tout le roman repose donc sur ces questions : qui sont-ils ? qu’y a-t-il, là-bas, en Afrique ? comment vaincre ces obstacles ? Et, réellement, c’est passionnant.

Ma note…

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Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture.

sarbacane

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