#397 Hex – Thomas Olde Heuvelt

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Le résumé…

Bienvenue à Black Spring, charmante petite ville américaine. Mais ce ne sont que les apparences : Black Spring est hantée par une sorcière dont les yeux et la bouche sont cousus. Elle rôde dans les rues et entre chez les gens à sa guise, restant parfois des nuits entières au chevet des enfants. Les habitants s’y sont tant habitués qu’il leur arrive d’oublier sa présence. Ou la menace qu’elle représente. Car chacun sait ce qui leur arrivera s’ils la touchent ou écoutent ses chuchotements. Et si la vérité sort de son enceinte, la ville entière disparaîtra. Pour empêcher la malédiction de se propager, les habitants de Black Spring ont développé des stratagèmes et des techniques de pointe. Mais un groupe d’adolescents locaux décide de braver les règles et les interdits, et plonge la ville dans un atroce cauchemar…

Mon avis…

Hello tout le monde ! Aujourd’hui je vous parle d’un livre d’horreur qui traîne depuis trèèès longtemps dans ma bibliothèque (j’avais la version anglaise). J’ai nommé : Hex. L’objectif était vraiment très clair : me faire peur ! Le résumé crée déjà un petit malaise très prometteur, donc forcément je me suis laissée tenter. Je suis entrée assez facilement dans cette étrange histoire. Thomas Olde Heuvelt nous emmène aux États-Unis, au XXIème siècle. Black Spring a tout d’un village normal… si ce n’est la sorcière qu’il abrite, qui apparaît et disparaît au gré de ses envies chez les habitants, dans la rue et dans la forêt alentour. Ce qui est très original dans ce livre, au contraire des autres romans d’horreur, c’est que la source de l’horreur, justement, est toujours visible. Grâce à une appli de géolocalisation, les habitants de Black Spring savent en permanence où se trouvent la sorcière. Et, clairement, ils s’adaptent assez bien à sa présence. Pour la plupart, elle ne les inquiète plus vraiment, sauf quand ils se souviennent du grand nombre de morts dont elle a été responsable par le passé… Ses yeux et ses lèvres, cousus, doivent le rester coûte que coûte. Mais, un jour, tout va être bouleversé, quand des jeunes décident de se rebeller contre les strictes règles établies pour protéger le village. Et, petit à petit, la crainte s’insinue, y compris chez le lecteur… Je dois être honnête, c’est davantage une sourde angoisse, un malaise, qu’une véritable peur. Ce sentiment vient précisément du bouleversement de l’équilibre que les villageois avaient réussi à instituer avec la sorcière.

Le récit est absolument prenant. On veut comprendre comment et pourquoi tout cela se passe… Et, concrètement, on veut tout simplement savoir ce qu’il se passe exactement. Je ne vous dirai pas si nous avons les réponses à ces questions, mais simplement que la fin m’a un peu déplu. Comme beaucoup de lecteurs je crois. En fait, j’étais prête à l’accepter et à la trouver plutôt bonne (mais pas à la hauteur de mes attentes pour autant), jusqu’à ce que je découvre la postface de l’auteur, qui nous annonce que la version que nous avons entre les mains est une réécriture pour le public international ! A savoir que le livre a d’abord paru en néerlandais, et qu’ensuite on a proposé à Thomas Olde Heuvelt de modifier la fin et le cadre de l’histoire pour la situer aux États-Unis. La version originale, qui est apparemment très très différente, n’est donc disponible qu’en néerlandais… Et j’avoue que j’aurais bien aimé en savoir plus et y avoir accès, mais je ne lis pas un mot de néerlandais… J’espère qu’elle sera traduite un jour, car j’ai étrangement le sentiment que j’aurais peut-être plus accroché à cette fin initiale qu’à celle qui nous est proposée ici. Cette dernière n’enlève rien à la qualité du livre, mais il y a juste un petit truc qui cloche, et je ne sais pas ce que c’est… Malgré tout, j’ai clairement aimé cette lecture, et je n’ai pas pu lâcher le livre jusqu’au bout. Et oui, j’ai regardé autour de moi pendant la lecture, et je n’osais plus trop me lever de mon lit pour aller dans la salle de bain ! La tension était au rendez-vous.

Carte d’identité du livre

Titre : Hex
Auteur : Thomas Olde Heuvelt
Traducteur : Benoît Domis
Éditeur : Le Livre de Poche
Date de parution : 13 février 2019

5 étoiles

#361 Nos vies d’après – Thomas Pierce

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Le résumé…

Jim Byrd a une vie normale, jusqu’au jour où il fait un arrêt cardiaque. Revenu à lui, il apprend qu’il est resté mort cinq minutes entières. Pourtant, il n’a vu ni lumière blanche accueillante ni chœur de séraphins, juste le vide, l’absence. Grâce à un réseau électrique installé autour de son cœur, il ne risque plus rien et peut même suivre les battements et les crises de son cœur sur une appli smartphone. Cette impression de tenir son propre cœur dans sa main le fait réfléchir, d’autant plus que, alors qu’il se trouve dans un restaurant, il découvre les preuves d’une existence surnaturelle, une voix qui appelle dans un escalier et plonge les vivants dans une tristesse profonde. Jim décide alors d’enquêter sur l’origine de cette voix : peut-être existe-t-il d’autres formes de vie après la mort que la lumière blanche au bout du tunnel ? Peut-être sa propre expérience lui donne-t-elle accès à quelque chose au-delà du monde des vivants ?

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Mon avis…

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un roman coup de cœur. C’est un livre très riche, foisonnant, qui évoque des thématiques inépuisables avec justesse et délicatesse : la mort, l’amour, l’après, la peur, l’avenir, le passé… Quelles traces laissons-nous de notre passage sur terre ? En laissons-nous seulement ? Y a-t-il quelque chose après la mort, ou plutôt après la vie ? Ces questions angoissantes, nous nous les sommes tous et toutes posées un jour… Et personne n’aura probablement jamais les réponses. Thomas Pierce ne se propose pas d’en donner, mais il nous plonge dans l’histoire de personnages qui partent en quête de ces réponses.

Jim Byrd, le personnage principal, est presque mort, un jour. Ou plutôt, il est mort quelques minutes, puis il est revenu. Mais ce qu’évoquent certaines personnes – la lumière blanche, le tunnel, les êtres aimés qui nous attendent -, il ne l’a pas vu. Rien. Il doit continuer sa vie avec l’idée qu’après, c’est peut-être le vide. Il tombe amoureux, il construit son existence malgré le doute. Et pourtant, un jour, avec sa nouvelle compagne Annie, il entend une voix dans un escalier. Une voix qui vient d’ailleurs, et d’ici en même temps. La voix d’une personne qui est là sans être là… Tous deux décident d’enquêter pour comprendre d’où vient ce phénomène. En partant à la recherche d’un fantôme, ils se lancent à la poursuite de leur passé et de leur avenir.

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J’ai trouvé ce roman passionnant. L’intrigue est absolument prenante, le mystère est entier et maintenu jusqu’à la fin.  Les personnages sont attachants, en raison de leurs faiblesses mais aussi de leurs forces respectives. L’ensemble se déroule dans un monde en plein progrès, un peu futuriste, à la fois distant et très proche de celui que nous connaissons aujourd’hui : des hologrammes marchent dans les rues, aux côtés des vivants, rien ne permet de les différencier des êtres humains ; une scientifique travaille à une machine permettant de réunir vivants et morts ; des hackers essaient de prendre le contrôle des cœurs artificiels de malheureux patients… Le monde semble un peu déconner, et c’est dans une quête de stabilité et de certitude que se lancent les personnages. En trouveront-ils ? Rien n’est moins sûr.

Suspense, héros et héroïne attachant.e.s, philosophie, action, questions existentielles… Tout y est pour passer un bon moment de lecture. Je n’ai pas déploré une seule longueur, un seul moment de flottement. Chaque instant m’a semblé utile à l’intrigue et au déroulement du roman. Je n’ai pas pu le lâcher jusqu’à la fin, que j’avais envie de connaître tout en regrettant qu’elle arrive… Un peu comme la mort, peut-être : on ne voudrait pour rien au monde qu’elle vienne nous trouver, et pourtant on se demande tous et toutes à quoi elle peut bien ressembler… Mais ne vous inquiétez pas, rien de déprimant dans ce roman, au contraire ! Comme la couverture le laisse deviner, c’est un livre qui parle plus des couleurs de la vie que de l’obscurité de la mort. Vivant, voilà ce qu’est ce roman. Laissez-vous porter.

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Carte d’identité du livre

Titre : Nos vies d’après
Auteur : Thomas Pierce
Traductrice : Héloïse Esquié
Éditeur : Denoël
Date de parution : 14 février 2019

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Coup de cœur

5 étoiles

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

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#357 Le Bois des Ombres – Barbara Dribbusch

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Le résumé…

Lorsque sa grand-mère, Charlotte, décède, Anne Südhausen se rend à Innsbruck pour organiser son enterrement. La vieille dame, avec qui elle a perdu contact depuis près de vingt ans, lui a laissé un bien lourd secret : des journaux intimes, qu’elle a rédigés en 1943, lors de son séjour aux « Bois des Ombres », un étrange établissement, à mi-chemin entre le sanatorium et l’hôpital psychiatrique, théâtre de terribles événements qui changèrent à jamais la vie de Charlotte.
La lecture de ces cahiers va être pour Anne source de révélations sur le passé de sa grand-mère, mais rapidement, celles-ci vont dépasser les simples secrets de famille. Pourquoi deux carnets ont-ils disparu ? Que contenaient-ils de si inquiétant ? Surtout, qui pourrait se sentir menacé par eux ?

Mon avis…

Aujourd’hui, je vous parle d’un roman que j’ai beaucoup apprécié, et qui est sorti en poche tout récemment ! Il s’agit du Bois des Ombres de Barbara Dribbusch. C’est l’histoire d’une jeune femme qui apprend la mort de sa grand-mère, qu’elle connaissait assez peu. Elle se rend à Innsbruck afin de procéder aux différents préparatifs de son enterrement et elle découvre de mystérieux carnets, dans lesquels sa grand-mère a raconté son histoire… et en particulier une période de sa vie, pendant la Seconde Guerre mondiale… Le Bois des Ombres, c’est le nom d’un sanatorium où a vécu Charlotte, en 1943. C’est un lieu dont les secrets ne se révèlent qu’au fil de la lecture de ses carnets… Or, quelqu’un ne veut visiblement pas qu’Anne découvre tout le passé de sa grand-mère… Très vite, en effet, les deux derniers carnets, qui révèlent tous les ressorts du secret, qui contiennent l’aboutissement de cette recherche, sont volés.

Cette lecture, Anne la partage avec nous. Nous avons en effet accès à son histoire personnelle à elle, sa quête d’explications quant au passé de sa grand-mère, ses propres aventures, et à l’histoire racontée dans ces carnets. C’est donc un roman à deux trames qui se déploient à plusieurs années d’écart, s’entrecroisent parfois, puis se réunissent… C’est un très beau livre sur la question de la famille, de la résistance personnelle et collective, sur la thématique du secret, et un roman fort d’une intrigue très efficace. En découvrant sa grand-mère, Anne se découvre elle-même, et elle embarque le lecteur dans une aventure marquante et émouvante. En bref, c’est un roman fort et étonnant, particulièrement efficace et enrichissant.

Carte d’identité du livre

Titre : Le Bois des Ombres
Autrice : Barbara Dribbusch
Traducteur : Jean Benard
Éditeur : Les Escales
Date de parution : 05 octobre 2017

5 étoiles

 

Halloween en livres

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Voilà, Halloween est arrivée, et avec elle l’envie de se faire peur… Voici donc quelques conseils de livres qui vous donneront la chair de poule en toutes circonstances !

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Un livre qui réunit tous les ingrédients d’un bon roman d’horreur ?

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Aujourd’hui, je vous parle d’un livre qui a toute sa place à côté de votre citrouille sculptée et de vos toiles d’araignées factices… Halloween oblige, on a envie de se faire peur ! Et il n’est pas si facile de trouver LE livre qui nous fera frissonner… Et quand je dis « frissonner », je veux même dire plus : le roman qui nous fait avoir peur du noir, qui nous fait regarder tout autour de nous, vérifier que les portes sont bien fermées… rien que ça… Bref, de l’horreur ! Malgré mon exigence, j’ai trouvé mon compte avec Le Signal, qui distille l’angoisse avec beaucoup de subtilité… [lire la chronique complète]

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Un livre plein de monstres… mais drôle ?

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Aujourd’hui, je vous parle d’un livre original, il s’agit de Chers monstres de Stefano Benni. C’est un recueil de nouvelles complètement déjanté, dans lequel on rencontre aussi bien des vampires, des sorcières, des momies, qu’Hänsel et Gretel, Michael Jackson, un groupe de K-Pop et un arbre tueur ! Bref, un drôle de melting-pot dans ce bouquin ! Chaque nouvelle a son charme propre, son atmosphère bien à elle. [lire la chronique complète]

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Un classique de la littérature, un incontournable du genre ?

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Évidemment, il ne faut pas avoir une tonne de lectures en cours pour se lancer dans La dame en blanc. En effet, le nombre de pages peut effrayer. J’ai donc profité d’un moment de tranquillité, après mes partiels, pour me lancer dans ce roman. A vrai dire, je n’ai pas du tout senti ces 850 pages passer… Elles ont été avalées en douceur, car Wilkie Collins a sûrement écrit un des plus efficaces page-turner de l’époque ! C’est réellement un roman à suspense tout simplement excellent car ce suspense ne s’apaise jamais. La tension est omniprésente, le roman est imprégné de fantômes, d’indices, de suggestions, de complots, de rebondissements… [lire la chronique complète]

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Une histoire de fantômes pour enfants ?

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J’ai lu ce conte comme on découvre un trésor ou comme on déguste avec gourmandise une sucrerie colorée et pétillante. Je suis retombée en enfance, à l’origine de tout mon amour pour la littérature et pour Oscar Wilde. Je me suis rappelée avec émotions tout le plaisir que j’ai pris, étant petite, à lire ce joli livre. Avant d’être l’auteur du Portrait de Dorian Gray et le prisonnier de la geôle de Reading, Oscar Wilde est aussi un père qui a souhaité écrire des contes pour ses enfants. « Le fantôme de Canterville » en fait partie. [lire la chronique complète]

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Un roman d’horreur pour parfaire mon anglais ?

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Comme toujours avec les histoires de fantômes, on craint les clichés… Je ne vous cacherais pas qu’on en trouve quelques-uns : des bruits étranges et inexpliqués, des apparitions… En même temps, je ne vois pas trop comment la présence d’un fantôme se manifesterait autrement ? Ce que j’ai apprécié, c’est que ces clichés n’étaient pas trop nombreux, distillés de façon raisonnable et maîtrisée, juste ce qu’il fallait pour donner quelques frissons et nous faire regarder autour de nous avec un regard inquiet. J’ai littéralement avalé ce livre car je voulais savoir comment la famille Harcourt allait s’en sortir, en particulier Ollie, auquel on s’attache beaucoup. [lire la chronique complète]

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Un livre où l’horreur est distillée par petites touches ?

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Je suis une grande lectrice de Carlos Ruiz Zafón, et une admiratrice de son travail exceptionnel. Rentrer dans chacun de ses romans est un plaisir immense. Ses œuvres mélangent habilement fantastique, mystère et poésie, et Marina ne fait pas exception à cette règle. Il s’agit d’un classique parmi les nombreux romans de cet auteur. L’atmosphère sombre et enivrante de la Barcelone des années 70 est terriblement prenante. Comment vous expliquer ? Marina est typiquement le roman que l’on ne peut pas lâcher après l’avoir commencé. Tout y est possible, comme dans beaucoup de livres de Carlos Ruiz Zafón. L’angoisse est toujours présente en arrière-plan, les frissons sont constants [lire la chronique complète]

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Un roman quelque peu malsain et empli de satanisme ?

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Du feu de l’enfer est un thriller palpitant et cruel, rempli de désirs refoulés – ou non – et d’horreur. Il explore les tréfonds de l’âme humaine, les bas-fonds de la société et ses sphères les plus hautes, il tisse une toile aux ramifications complexes et surprenantes. Les victimes deviennent les bourreaux, et les bourreaux se mêlent à la foule. Et, jusqu’à la dernière page, rien n’est fini. Même la fin n’en est pas vraiment une… Que dire de plus ? Lire ce livre a été un des meilleurs moments que j’ai passé depuis des mois, une émouvante retrouvaille avec un de mes auteurs préférés, qui a compris que le côté sadique de ses lecteurs leur donne envie de sensations très, très, très fortes. [lire la chronique complète]

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Un livre post-apocalyptique bien stressant ?

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C’est exactement le genre de livres que j’aime : du post-apocalyptique un peu flippant. Je crois que ce qui fait le charme du livre, c’est le scénario lui-même. On ne sait absolument pas à quoi ressemblent les créatures que les Hommes (qui sont très peu nombreux désormais) doivent éviter, car ils doivent constamment garder les yeux fermés ou bandés lorsqu’ils sortent. Un simple regard, même d’un dixième de seconde, les rend fous, les poussent à tuer puis à se suicider. Ils perdent toute humanité, se transforment en animaux. La seule solution est de ne jamais ouvrir les yeux. Cela implique donc une tension intense, basée sur le fait que le lecteur se sent lui aussi comme étant dans le noir, il est aussi aveugle que les personnages. [lire la chronique complète]

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Voilà une sélection, quelques livres parmi d’autres pour vous faire profiter d’Halloween cette année : des romans qui se dévorent, mais surtout qui vous dévorent !  Vous avez de quoi faire pour quelques années d’horreur…

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#351 Le Signal – Maxime Chattam

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Le résumé…

La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls.
Un havre de paix.
Du moins c’est ce qu’ils pensaient….
Meurtres sordides, conversations téléphoniques brouillées par des hurlements inhumains et puis ces vieilles rumeurs de sorcellerie et ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse leurs adolescents…
Comment le shérif dépassé va-t-il gérer cette situation inédite?
Ils ne le savent pas encore mais ça n’est que le début…

Avez-vous déjà eu vraiment peur en lisant un livre ?

 

Mon avis…

Aujourd’hui, je vous parle d’un livre qui a toute sa place à côté de votre citrouille sculptée et de vos toiles d’araignées factices… Halloween oblige, on a envie de se faire peur ! Et il n’est pas si facile de trouver LE livre qui nous fera frissonner… Et quand je dis « frissonner », je veux même dire plus : le roman qui nous fait avoir peur du noir, qui nous fait regarder tout autour de nous, vérifier que les portes sont bien fermées… rien que ça… Bref, de l’horreur ! Malgré mon exigence, j’ai trouvé mon compte avec Le Signal, qui distille l’angoisse avec beaucoup de subtilité, toujours au bon moment. Si l’on ne relève pas beaucoup d’originalité dans les éléments constitutifs du roman d’horreur, on est face à une valeur sûre. Maxime Chattam reprend clairement les incontournables du genre, et les maîtrise parfaitement. Même si l’on croit connaître les ressorts de ce genre de récits, on se fait quand même avoir, car l’auteur sait nous surprendre avec ces ingrédients pourtant simples.

Des apparitions de ce qui semble être des fantômes, des histoires de sorcières, des épouvantails qui prennent vie et veulent tuer les enfants, des créatures qui se dissimulent dans l’ombre, des êtres désarticulés… Tout y est, et pourtant ça ne fait pas trop ! C’était un pari risqué, et Chattam l’a fait. Cette histoire m’a personnellement fait penser à l’excellent roman de Peter James, The House on Cold Hill, que les lecteurs de VO devraient s’empresser de dévorer. Les amateurs de Stephen King apprécieront aussi ce roman qui rend hommage au maître du suspense… Quelques scènes, en effet, ne sont pas sans évoquer les livres du romancier américain. Méfiez-vous des voix qui sortent des canalisations… Bref, Maxime Chattam nous propose un texte foisonnant, qu’on pourrait lire d’une traite si la tentation de faire quelques pauses pour calmer l’imagination qui s’emballe n’était pas plus forte ! Donc, si vous voulez vous faire peur, plongez dans ce roman habile et bluffant, car Chattam ne nous épargne pas. Notre cœur n’est jamais à l’abri, voilà ce qui rend ce livre délicieux…

Carte d’identité du livre

Titre : Le Signal
Auteur : Maxime Chattam
Éditeur : Albin Michel
Date de parution : 24 octobre 2018

5 étoiles

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#348 Le rôle de la guêpe – Colin Winnette

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Le résumé…

Un nouvel élève vient d’arriver à l’orphelinat, un établissement isolé aux mœurs aussi inquiétantes qu’inhabituelles. Il entend des murmures effrayants la nuit, et ses camarades se révèlent violents et hostiles. Quant au directeur, il lui souffle des messages cryptiques et accusateurs. Seul et rejeté par ses pairs, le nouveau tente de survivre à l’intérieur de cette société inhospitalière.
Une rumeur court parmi les pensionnaires, selon laquelle un fantôme hanterait les lieux et tuerait une personne par an. Tous les ans, les garçons se réunissent, sous l’impulsion de quelques anciens, pour démasquer celui d’entre eux qu’ils pensent être le fantôme… et l’éliminer !
Simple mascarade potache ou mise en scène sordide pour justifier les meurtres rituels? Cette année, le prétendu fantôme a été clairement désigné : c’est le petit nouveau. Pour une simple et bonne raison, on ne l’a jamais vu saigner, et les guêpes, très nombreuses dans cette bâtisse, ne le piquent pas. La chasse aux sorcières peut commencer.

Mon avis…

La nuit est tombée… L’obscurité a enveloppé le monde… Villes et campagnes plongent dans le silence, le froid se glisse dans les rues, il n’y a plus un chat pour y errer, qui oserait s’aventurer dehors, désormais ?

Nous sommes en octobre, Halloween approche, et avec elle l’envie de se faire peur. Les éditions Denoël publient, dans leur collection « Sueurs froides », un roman qui pourrait bien en ravir plus d’un.e : Le rôle de la guêpe. J’avoue avoir eu un petit coup de cœur tant pour la couverture que pour le résumé ! J’attendais du frisson, du suspense, de l’étrange… En ai-je eu ? Oui, on peut le dire, surtout l’étrange d’ailleurs… Ce livre est en effet très particulier ! On peut se sentir un peu déstabilisé.e. par ce récit un peu décousu, très mystérieux, et surtout par le narrateur très clivant : difficile à apprécier, et pourtant assez intrigant. Évidemment, cela un but et vient se mettre au service de l’intrigue, vous vous en doutez. Difficile de deviner le fin mot de l’histoire.

Le rôle de la guêpe est un roman qui pose tout de suite une atmosphère très sombre : l’obscurité y est prenante, le malaise est omniprésent, l’isolement est total. Du début à la fin, quelque chose ne va pas, quelque chose cloche, mais quoi ? Ce sentiment pénètre chaque mot, chaque phrase, et ne s’estompe même pas lorsque l’on referme le livre. Certes, je n’ai pas eu peur, je n’ai pas particulièrement tremblé, mais j’ai retrouvé ce petit feeling qu’on aime avoir quand on part à la chasse à l’horreur ! Sans arriver à la hauteur d’autres livres qui m’ont vraiment secouée, ce Rôle de la guêpe reste un très bon roman – bien que déstabilisant et parfois un peu bizarre – pour passer une soirée seul.e chez soi, en automne, pour Halloween. Un huis-clos oppressant, qui ne tient pas forcément toutes ses promesses, mais propose néanmoins une bonne expérience de lecture !

Carte d’identité du livre

Titre : Le rôle de la guêpe
Auteur : Colin Winnette
Traducteur : Robinson Lebeaupin
Éditeur : Denoël
Date de parution : 13 septembre 2018

4 étoiles

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

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#341 Le suivant sur la liste, tome 1 – Manon Fargetton

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Le résumé…

Adolescent surdoué, Nathan est percuté mortellement par un automobiliste devant son collège. Témoin de la scène grâce à sa vision exceptionnelle, Izia sait que le chauffeur a agi intentionnellement. Non loin de là, Morgane, une irrésistible jeune fille, rend visite à sa mère internée et y rencontre Timothée, que le moindre contact physique avec autrui fait souffrir. Bientôt, tous trois reçoivent des messages posthumes de Nathan. Réunis puis traqués, ils découvrent qu’ils sont nés dans la même clinique par procréation médicalement assistée. De quelles manipulations ont-ils été cobayes ?

Mon avis…

Voici un livre pour les 12 ans et plus… ça tombe bien, j’en ai 24 ! Pour être honnête, ça fait du bien de se plonger dans des histoires pour ados même si on n’en est plus une… C’est reposant tout en nous permettant d’entrer dans des textes pleins de rebondissements ! Ici, on est dans une intrigue au croisement du thriller, de la SF et de l’histoire d’espionnage. C’est simple et efficace. Quatre adolescents se retrouvent liés, pour le meilleur… enfin, surtout pour le pire, en réalité ! Les personnages sont assez attachants, en ayant chacun leur propre caractère, avec une psychologie assez bien construite. Le lecteur ado n’aura aucun mal à s’identifier à l’un d’eux et à s’intégrer à leur groupe… Le roman est assez court, mais fait bien le job, il accroche suffisamment pour qu’on ait envie de passer au second tome et suivre plus longuement les aventures de ces jeunes gens ! Je conseille aux ados qui cherchent une petite série à commencer, avec du suspense et de l’action ! A découvrir…

Carte d’identité du livre

Titre : Le suivant sur la liste (tome 1)
Autrice : Manon Fargetton
Éditeur : Rageot
Date de parution : 16 août 2018

4 étoiles

Merci à Rageot et NetGalley pour cette lecture.

#313 Souvenirs effacés – Arno Strobel

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Le résumé…

Et si vous aviez été rayée de la mémoire de vos proches ?

L’enlèvement de son fils… Sa fuite nocturne a travers le parc… Le coup sur la tête… A son réveil d’un coma de deux mois, Sibylle a l’impression de se souvenir de tout. Elle a 34 ans, vit avec son mari dans une ville voisine.
Étrangement, le médecin a son chevet lui assure qu’elle n’a jamais eu d’enfant. Sibylle décide alors de fuir l’hôpital en pleine nuit pour rentrer chez elle.
Une automobiliste stoppe et la raccompagne jusqu’a son domicile. Mais, lorsque son mari ouvre la porte, il ne la reconnaît pas, malgré les détails intimes qu’elle lui livre.
A qui Sibylle peut-elle faire encore confiance ? Et qui est-elle vraiment ?

Mon avis…

Un soir, comme tous les soirs, j’ai eu besoin de lire quelques pages d’un livre. Sans ça, impossible de m’endormir paisiblement. Oui mais voilà, ce soir-là, je n’ai pas choisi le bon livre. J’ai choisi un de ces romans qui, une fois commencé, est en fait impossible à lâcher. Moi qui ne suis pas très fan des histoires d’amnésie, j’ai pourtant bien accroché à ce roman où l’effet est inversé : ce n’est pas le personnage principal qui a tout oublié mais tous ceux qui partagent sa vie. Le suspense est total jusqu’aux dernières pages quant à la résolution de l’intrigue. C’est un roman très prenant, qui nous accroche tout de suite grâce aux questionnements qu’il implique : comment est-ce possible qu’une personne soit oubliée de tous du jour au lendemain ? est-ce une vaste machination dirigée contre elle ? ou devient-elle folle ? est-ce elle qui a un problème ? peut-on imaginer totalement sa vie ? peut-on oublier jusqu’à l’existence d’un de ses proches ? Bref, le lecteur est dans l’indécision et l’ignorance la plus totale. Arno Strobel joue avec les ambiguïtés de ses personnages : fiables ou non ? On ne sait plus, comme Sibylle, à qui se fier. On entre alors dans un jeu d’échecs machiavélique dans lequel, malheureusement, nous sommes les pions ! Je dis « malheureusement », mais c’est en fait pour notre plus grand plaisir, car l’auteur nous balade, et il n’y a rien de plus agréable pour un lecteur. Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce roman dont on peut en fait dire assez peu de choses quant à l’intrigue. En tout cas, tout est parfaitement construit et bien ficelé pour nous faire passer un excellent moment. L’ensemble est suffisamment imprévisible pour que la surprise soit au rendez-vous. Je vous conseille vivement ce thriller qui saura, à mon avis, satisfaire le plus grand nombre !

En quelques mots…

amnésie généralisée
quête de soi
suspense total
à qui peut-on se fier ?
un excellent thriller

5 étoiles

Carte d’identité du livre

Titre : Souvenirs effacés
Auteur : Arno Strobel
Traductrice : Céline Maurice
Éditeur : l’Archipel
Date de parution : 06 juin 2018

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Merci aux éditions de l’Archipel pour cette lecture !

#302 Le Labyrinthe des Esprits – Carlos Ruiz Zafón

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Le résumé…

Dans la Barcelone franquiste des années de plomb, la disparition d’un ministre déchaîne une cascade d’assassinats, de représailles et de mystères. Mais pour contre la censure, la propagande et la terreur, la jeune Alicia Gris, tout droit sortie des entrailles de ce régime nauséabond, est habile à se jouer des miroirs et des masques.
Son enquête l’amène à croiser la route du libraire Daniel Sempere. Il n’est plus ce petit garçon qui trouva un jour dans les travées du Cimetière des Livres oubliés l’ouvrage qui allait changer sa vie, mais un adulte au cœur empli de tristesse et de colère. Le silence qui entoure la mort de sa mère a ouvert dans son âme un abîme dont ni son épouse Bea, ni son jeune fils Julián, ne son fidèle compagnon Fermín ne parviennent à le tirer.
En compagnie d’Alicia, tous les membres du clan Sempere affrontent la vérité sur l’histoire secrète de leur famille et, quel qu’en soit le prix à payer, voguent vers l’accomplissement de leur destin.
Érudition, maîtrise et profondeur sont la marque de ce roman qui gronde de passions, d’intrigues et d’aventures. Un formidable hommage à la littérature.

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Mon avis…

Il y a de ces livres que l’on aime avant même de les avoir ouverts. Le Labyrinthe des Esprits en fait partie pour moi. Pour quelle raison ? Car il s’agit du quatrième volume de la série du Cimetière des Livres Oubliés de Carlos Ruiz Zafón. Première chose à rappeler : ces livres, même s’ils appartiennent à une même saga et explorent globalement les vies des mêmes personnages, peuvent se lire dans le désordre. Donc rien ne vous oblige à commencer par L’Ombre du Vent, le premier tome, même si – évidemment – c’est préférable. L’auteur a conçu sa série pour qu’elle soit un labyrinthe à plusieurs entrées. Donc à vous de faire votre propre expérience ! Ce dernier roman en date, très attendu, nous replonge dans l’atmosphère envoûtante et inquiétante qui nous a séduit dans les précédents tomes. On retrouve avec plaisir et impatience la Barcelone sombre et mystérieuse que Carlos Ruiz Zafón sait si bien peindre. Cette fois, on découvre de nouveaux personnages, et en particulier Alicia Gris, une femme d’une beauté froide, brisée par de multiples aspects et pourtant si vivante. Le talent de l’auteur pour construire des psychologies complexes est toujours là, évidemment. C’est encore un personnage attachant et puissant qu’il nous fait découvrir, aux côtés d’autres tout aussi investis d’âmes : Mauricio Valls, Fernandito, Vargas…

Le roman est un véritable trésor de mises en abymes et d’intrigues entrelacées… Le lecteur est plongé dans véritable jeu de pistes sans fin. Le livre refermé, il ne nous reste plus qu’à (re)lire les autres tomes du Cimetière des Livres Oubliés pour les (re)découvrir. J’ai éprouvé tellement de plaisir à retrouver les personnages des précédents romans, en particulier Fermin, qui se caractérise par sa verve et ses bons mots. Car, oui, les livres de Carlos Ruiz Zafón sont aussi des textes qu’il faut lire quand on aime les livres et la littérature ! Ils sont tout simplement jouissifs sur un plan littéraire. De belles phrases, de belles tournures… Son traducteur français habituel, François Maspero, est mort avant d’avoir pu se charger de ce roman. L’auteur lui rend un magnifique hommage, montrant l’importance souvent oubliée des traducteurs, qui retranscrivent pour nous, pour notre plaisir, des œuvres magnifiques. Maria Vila Casas, qui a traduit Le Labyrinthe des Esprits, a rélevé le défi très compliqué de rendre compte de la prose magique de Carlos Ruiz Zafón. Et je l’en remercie. Car, grâce à son talent, j’ai pu passer un de mes meilleurs moments de lecture de l’année.. et de ma vie !

Le coup de cœur pour les romans de Carlos Ruiz Zafón est dangereux pour le lecteur, car il marque le début d’une addiction. Et, surtout, vous chercherez à trouver des équivalents, à revivre des lectures semblables, tout aussi riches… Je n’ai pas encore réussi à retrouver les émotions que m’a fait ressentir cet auteur dans d’autres livres… si ce n’est les siens ! Et je me prends, parfois, à relire L’Ombre du Vent, Marina, Le Prince de la Brume, Le Jeu de l’Ange, et les autres… A chaque fois, je découvre de nouvelles choses. Le Labyrinthe des Esprits n’y fera pas exception, d’autant qu’il éclaire d’un nouveau jour ces mêmes textes que je viens d’évoquer. J’ai vécu une aventure exceptionnelle dans cette lecture. Les romans de Carlos Ruiz Zafón, ce dernier compris, regroupent différents genres littéraires, ils sont inclassables. Ils évoquent la société espagnole, mais ce sont de véritables livres d’aventure, avec une pointe de fantastique, d’horreur parfois, avec toujours une enquête qui nous plonge dans un suspense insoutenable, des histoires d’amour, d’amitié, de haine aussi, avec des personnages complexes, qui ne sont pas juste blancs ou noirs. L’auteur comprend et peint à la perfection les différentes facettes de l’être humain, des plus obscures aux plus lumineuses. L’ensemble est poétique, émouvant, frappant, haletant. Et, cela, toujours avec des livres, une multitude de livres.

Franco quittant la cathédrale de Barcelone

En quelques mots…

aventure(s) livresque(s)
on aimerait ne jamais le finir
labyrinthique
riche et foisonnant
à lire, relire et faire lire

Carte d’identité du livre

Titre : Le Labyrinthe des Esprits
Auteur : Carlos Ruiz Zafón
Traductrice : Marie Vila Casas
Éditeur : Actes Sud
Date de parution : 02 mai 2018

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Coup de cœur, évidemment

#298 Neuf contes – Margaret Atwood

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Le résumé…

Une écrivaine de fantasy récemment veuve se laisse guider à travers un hiver glacial par la voix de feu son époux. Une dame âgée, victime d’hallucinations, apprend peu à peu à accepter la présence des petits hommes qui ne cessent de surgir à ses côtés, tandis que des militants populistes se rassemblent pour mettre le feu à sa maison de retraite. Une femme née avec une malformation génétique passe pour un vampire. Un crime commis il y a longtemps se voit vengé dans l’Arctique par un stromatolithe vieux de 1,9 milliard d’années…

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Margaret Atwood

Mon avis…

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un livre bien mystérieux : Neuf contes de Margaret Atwood, une autrice qui est surtout connue pour sa Servante écarlate, et dont j’avais également parlé du dernier roman paru, C’est le cœur qui lâche en dernier. Ces deux textes ont en commun leur dimension dystopique qui, sans être totalement absente de Neuf contes, n’en est pas l’aspect central. Il s’inscrit un peu dans la lignée d’un autre recueil d’Atwood, La petite poule rouge vide son cœur. Comme son titre l’indique, ce livre regroupe neuf histoires différentes. Pourtant, elles sont toutes liées, d’une manière ou d’une autre, par des thèmes, des personnages, des lieux… Je pense que ces textes, pour Margaret Atwood, ont été l’occasion de laisser libre cours à son imagination. Souvent, ses dystopies sont tellement inspirées du réel – et c’est pour ça qu’elles nous effraient – que l’on imagine la complexité et le sérieux millimétrique du travail d’écrivain qui doit être fait en amont. Ici, les histoires sont plus courtes – ce sont des nouvelles – et parfois plus farfelues, mais, à la manière des contes, leur simplicité cache des possibilités d’interprétation et de lectures infinies. Mais, en tout cas, ce que l’on ressent à la lecture de ce livre, ce n’est pas le malaise provoqué par ses dystopies, mais plutôt un plaisir pur, celui du lecteur satisfait.

Cet ouvrage regroupe des récits de genres variés, tout en étant chacun inclassable : horreur, polar, dystopie, conte folklorique, thriller, fantastique… Atwood nous montre qu’elle peut frayer avec les atmosphères et les récits à la Stephen King, ou encore avec ceux d’Edgar Allan Poe, de Mary Shelley ou Ann Radcliffe, et de tant d’autres. C’est un univers riche que celui dont Margaret Atwood nous ouvre les portes dans Neuf contes. C’est également un jeu de pistes qu’elle propose à ses lecteurs, en les invitant à reconnaître ses sources d’inspiration, à démêler le vrai du faux, ou parfois le faux du très faux, la fiction dans la fiction. Histoires d’auteurs, de lecteurs, de personnages agissants, ces contes sont animés, vivants, comme notre propre monde. Pour découvrir une autre facette de Margaret Atwood, ou tout simplement pour entrer dans son œuvre par un autre chemin que la porte principale, tentez cette lecture, vous n’en ressortirez pas déçu.e.s : c’est beau, c’est sombre, c’est à la fois pur et souillé par les âmes les plus obscures, c’est efficace, et simplement jubilatoire.

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Coup de cœur

5 étoiles