#356 Ça raconte Sarah – Pauline Delabroy-Allard

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Le résumé…

Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine.

Prix du roman des étudiants 2018.

Mon avis…

Cette année, j’ai eu le bonheur d’être jurée du prix du Roman des Étudiants France Culture / Télérama 2018. A cette occasion, j’ai pu lire Arcadie d’Emmanuelle Bayamack-Tam, Trois enfants du tumulte d’Yves Bichet, Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard, La robe blanche de Nathalie Léger et Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu.

« Ça raconte le printemps où elle est entrée dans ma vie comme on entre en scène, pleine d’allant, conquérante. Victorieuse. »

Ce roman, c’est l’histoire d’une femme, Sarah, ou plutôt de deux femmes, Sarah et la narratrice. Deux femmes qui, a priori, n’ont pas grand chose en commun… Une mère célibataire d’un côté, calme et tranquille, la narratrice, et de l’autre côté la fougueuse Sarah, la vibrante Sarah, fugace et frivole. C’est l’histoire de leur rencontre, de leur amour, mais c’est surtout l’histoire d’une découverte. La narratrice découvre la sexualité, son corps, se découvre elle-même. Finalement, est-ce que ça raconte vraiment Sarah ? Je ne suis pas sûre qu’elle soit le personnage principal de ce roman… Si elle est au cœur de l’initiation de la narratrice, d’abord la fin en soi, puis le germe d’autre chose, c’est en fait cette femme, ce « je », qui se révèle petit à petit… En deux parties, ce roman nous montre d’abord un amour fulgurant, bouleversant, déstabilisant, passionné. Puis la rupture, le choc, la fin. Et une renaissance, une redécouverte, rien n’est fini.

J’ai beaucoup aimé le style de l’autrice, particulièrement élaboré même s’il s’agit d’un premier roman. Chaque phrase épouse à la perfection l’émotion qu’elle est supposée retranscrire. C’est émouvant, c’est pertinent. La plume est à la fois douce et acérée, comme les battements d’un cœur qui s’emballe. C’est un livre original, surprenant, très touchant et exceptionnellement bien écrit, à découvrir. Un éveil des sens, tout en délicatesse et en subtilité.

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Carte d’identité du livre

Titre : Ça raconte Sarah
Autrice : Pauline Delabroy-Allard
Éditeur : Éditions de Minuit
Date de parution : 06 septembre 2018

Voilà le livre qui a eu mon vote et qui a, cette année, remporté le prix du Roman des Étudiants France Culture / Télérama 2018. Félicitations, Pauline Delabroy-Allard !

5 étoiles

 

 

Les sorties poche à ne pas rater en août 2018 !

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Parler des nouveautés, c’est souvent parler de livres en grand format ! Par chance, elles finissent presque toujours par sortir en poche ! Alors voici une petite sélection d’ouvrages à paraître bientôt dans un format et un prix plus intéressant.

Alors…

À VOS AGENDAS !

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Parution le 16 août 2018 aux éditions 10/18.

Pour qui ? Pour celles et ceux qui ont envie d’une dystopie très originale par la talentueuse autrice de La Servante écarlate. C’est le coeur qui lâche en dernier est dans la même lignée que ce texte plus connu, mais se distingue par un humour beaucoup plus prononcé, tendant parfois vers un cynisme grinçant et plaisant. Une lecture atypique qu’on n’oublie pas de sitôt !

Le résumé et la chronique coup de coeur ici.

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Parution le 16 août 2018 aux éditions Pocket.

Pour qui ? Pour tout le monde, vraiment ! C’est un roman terriblement actuel qu’a écrit Maja Lunde. A travers trois histoires passionnantes, elle nous parle d’un des plus gros enjeux de notre monde moderne : la disparition des abeilles. Sans tomber dans le pessimisme ou la culpabilisation, l’autrice nous offre un texte inspirant, à la fois poétique et réaliste. A découvrir !

Le résumé et la chronique coup de coeur ici.

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Parution le 22 août 2018 chez Le Livre de Poche.

Pour qui ? Pour les curieux.ses et les amateurs.trices d’art et du XXe siècle en général. Plongez dans la vie de Gabriële Buffet-Picabia, une femme trop longtemps oubliée et redécouverte par ses petites-filles. Essentielle dans le milieu artistique de l’époque, elle côtoie les plus grands génies : Picabia, bien sûr, mais aussi Apollinaire, Marcel Duchamp… Il s’agit d’un roman biographique absolument passionnant et instructif !

Le résumé et la chronique coup de coeur ici.

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Parution le 22 août 2018 chez Le Livre de Poche.

Pour qui ? Pour les passionnés d’Histoire, qui ont envie d’explorer la vie sombre et destructrice de Josef Mengele, le « médecin d’Auschwitz« , qui a réussi à échapper à la justice en se réfugiant en Amérique du Sud. C’est un roman déstabilisant qui nous apprend beaucoup sur l’après-guerre et ses secrets les plus inquiétants.

Le résumé et la chronique ici.

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Parution le 23 août 2018 aux éditions Points.

Pour qui ? Pour les amateurs de bonne littérature, de phrases bien construites, de recherche sur le langage… Voici un énorme coup de coeur de la rentrée littéraire de l’année dernière, enfin en poche ! Ce texte est tout simplement un chef d’oeuvre. A la fois drôle, original, addictif, ce roman nous montre l’étendue du talent de Joy Sorman qui manie les mots à merveille.

Le résumé et la chronique coup de coeur ici.

BONNE LECTURE !

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Saint-Maur en Poche 2018

Impression

Le week-end dernier, plus précisément le dimanche, j’étais en vadrouille à Saint-Maur en Poche ! C’est un salon du livre près de Paris, très convivial, chaleureux, de quoi passer un moment magique. C’est organisé par les libraires de La Griffe Noire, à savoir Gérard Collard et Jean-Edgar Casel. Leur librairie fêtait cette année ses 30 ans et le salon ses 10 ans ! Même si je lorgnais depuis des années sur ce salon, c’était mon premier SMEP, et j’espère que ce ne sera pas le dernier. Malheureusement, j’ai été malade et je n’ai pas pu rester toute la journée, donc je n’ai pas pu profiter à fond comme je l’aurais voulu… mais j’ai quand même des petites choses à partager avec vous !

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Ce salon est exceptionnel, car on peut discuter avec les auteurs, passer du temps à échanger avec eux ! On peut se laisser aller aux découvertes. C’est aussi une librairie à ciel ouvert, avec des livres partout, des conseils de libraires, mais aussi des tables rondes, des petites conférences, des ateliers, etc. En plus, ce qui ne gâche rien, c’est hyper bien organisé. On rencontre des gens sympathiques au détour des allées – auteurs comme lecteurs – et on passe des moments inoubliables.

Voici mes trouvailles :

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J’ai ainsi commencé par aller faire un petit coucou à Olivier Norek (évidemment) qui était en rupture de stock de son roman Entre deux mondes, succès mérité !

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Je me suis immédiatement après dirigée vers Niko Tackian qui a été très très sympathique et m’a conseillée dans mon choix. Je ne savais pas par quel livre commencer et il m’a très bien guidée. J’ai ainsi opté pour La nuit n’est jamais complète.

Juste à côté de lui, qui y avait-il ? Nicolas Lebel ! Le fameux, qu’Olivier Norek est toujours en train de taquiner… Alors, évidemment, je ne pouvais pas manquer de prendre son premier livre pour le découvrir : L’heure des fous !

Je suis ensuite passée voir Bénédicte Voile pour parler avec elle de Comment maigrir sans rien manger ? Elle m’a fait une magnifique dédicace, qui me ressemble, et ça j’ai juste adoré ! Elle est très sympa, et c’était une jolie rencontre. J’ai malheureusement manqué sa comparse Coco mais ce n’est que partie remise… du moins j’espère !

J’ai également rencontré Négar Djavadi et j’ai pris son livre Désorientale, récemment sorti en poche, et dont je n’ai toujours entendu que du bien.

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Une des rencontres que j’ai beaucoup aimée est celle avec François-Xavier Dillard, qui est tout simplement adorable et très bavard ! On a parlé de son dernier roman, l’excellent Réveille-toi ! et, puisque je voulais lire un autre de ses livres, il m’a conseillé de commencer par Fais-le pour maman, tout en m’expliquant la genèse de son livre et quelques anecdotes le concernant. Bref, une rencontre comme on les apprécie et comme on en a peu dans d’autres salons !

Il fallait aussi que je choisisse un roman pour découvrir Claire Favan ! C’est l’autrice elle-même qui m’a conseillée en fonction de mes goûts, et j’ai donc pris Le tueur intime, parce que c’était exactement ce que je cherchais : plonger dans la tête d’un psychopathe.

Je ne pouvais pas passer à côté de Dust de Sonja Delzongle, un roman qui me fait de l’œil depuis très longtemps.

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J’ai aussi totalement découvert Elena Piacentini, qui m’a gentiment dédicacé un de ses livres : Des forêts et des âmes. J’avoue que je ne connaissais absolument pas et c’est le côté sympathique de SMEP, qui permet de se laisser tenter et de se laisser aller à la découverte au détour des allées.

Et, encore par hasard, je suis tombée sur Natacha Calestrémé et son livre Le Testament des Abeilles, qui a l’air très très prometteur !

Là, je me suis fait aborder par Monique Le Dantec qui m’a vendu son livre Les Jardins d’Allah. Le sujet m’intéressait, donc je me suis laissée tenter, même si a priori je ne me serais pas forcément arrêtée.

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Je vais également pouvoir découvrir le thriller polonais grâce au très sympathique Zygmunt Miloszewski, qui m’a résumé les intrigues en français, avec un accent trop mignon, et son roman Les impliqués. Ce sera sûrement un des premiers livres que je lirais de cette récolte SMEP !

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Quelques petits regrets tout de même, qui ne sont pas dus à l’organisation et au salon, mais plutôt à mes imprévus personnels, c’est notamment de ne pas avoir rencontré Franck Thilliez et Karine Giébel. J’aurais aimé pouvoir y passer la journée entière et pouvoir profiter plus et remplir encore un peu mon panier de livres ! Il manquait aussi mon chouchou, Sire Cédric, qui n’était pas présent cette année, que j’aimerais énormément revoir. J’aurais bien voulu voir un tas d’autres auteurs, mais ce sera pour l’année prochaine !!! 

Pour un compte-rendu bien plus détaillé, qui vous donnera forcément envie de venir à Saint-Maur l’année prochaine, c’est (notamment) ici.

En tout cas, j’aimerais remercier tous les fantastiques auteurs et autrices qui ont fait de cette vadrouille un moment magique qui se prolongera, je l’espère, dans la lecture de leurs livres ! Et, surtout, merci aux organisateurs de SMEP, aux bénévoles et aux libraires de La Griffe Noire, et à tous ces gens de l’ombre qui ont œuvré pour que cet événement ait lieu !

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#295 Sang famille – Michel Bussi

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Le résumé…

« Tel un soleil brutal, la lumière du phare des Enchaînés inonde la pièce. Une seconde à peine. Puis l’obscurité reprend le dessus, simplement percée du halo des lampes torches.
Je vais mourir ici.
C’est une certitude.
Une seule question me hante, la dernière : jusqu’où sont-ils prêts à aller pour me faire avouer ?  A fouiller ma mémoire, comme s’ils pouvaient en arracher les souvenirs qu’ils convoitent ?
Tout est allé si vite, à peine quatre jours.
Je n’étais alors qu’un adolescent parmi d’autres.
Un orphelin.
C’est du moins ce qu’on avait toujours voulu me faire croire…
 »

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Mon avis…

Commençons par une remarque importante : Sang famille n’est pas un nouveau roman de Michel Bussi. Il a déjà paru il y a un certain nombre d’années, en 2009 précisément, mais c’est ici le Sang famille 2.0 que nous avons sous les yeux : retravaillé par l’auteur, mais aussi accompagné d’une petite préface resituant ce livre, son intrigue, etc. Comme toujours (un exemple : Le temps est assassin), l’auteur nous propose une plongée dans une atmosphère estivale : ici un camp de vacances sur une île imaginaire au large de la Normandie. Au menu : chasse au trésor, criminels en liberté, tromperies et complots, méchants gangsters… La méfiance est de mise. Ce roman m’a un peu fait retomber en enfance, en raison de son ambiance un peu « club des cinq ». C’est simple, sans prétention, mais ça fait son effet. On se divertit, on passe un bon moment de lecture, on essaie nous aussi de déchiffrer les énigmes… Sang famille est un bon polar d’été comme sait les faire Michel Bussi. C’est léger, animé, plutôt bien écrit, dépaysant et reposant. On se laisse entraîner sans problème dans ce récit, guidé par des personnages simples et efficaces, le tout est bien construit… Un bon Bussi comme on les aime.
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ancienne couverture de Sang famille