#337 Les prénoms épicènes – Amélie Nothomb

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Le résumé…

« La personne qui aime est toujours la plus forte. »

Mon avis…

Je n’étais pas sûre à 100% de lire le dernier Amélie Nothomb… et, finalement, je me suis quand même laissée tenter. Je ne sais pas pourquoi, il s’agit de l’autrice dont, même si elle ne me convainc pas toujours, je ne peux m’empêcher de lire les romans… J’avais apprécié, sans plus, celui de la précédente rentrée littéraire, Frappe-toi le cœur. Là encore, l’éditeur ne s’étend pas sur la quatrième couverture : rien ne sera dit de l’intrigue… Mais bon, on en apprend vite beaucoup plus si l’on ne vit pas dans une grotte ! Cette histoire fait en quelque sorte pendant à l’intrigue de Frappe-toi le cœur. On passe d’une relation mère-fille à une relation père-fille… Évidemment, les rapports humains sont toujours… particuliers… chez Nothomb, vous vous en doutez, ce n’est pas tout rose !

« Pourquoi avoir des remords de ne pas aimer qui ne l’aimait pas ? La question ne méritait aucun état d’âme. »

Au début, j’ai eu un peu peur car j’avais la drôle de sensation d’une histoire à la va-vite, un peu « bâclée », car la situation est exposée très rapidement, sans trop approfondir la psychologie des personnages… Ce choix s’explique plus loin dans le roman, heureusement. Passé cette mauvaise première impression, finalement on se prend à l’intrigue. En effet, j’ai plutôt trouvé l’ensemble assez « réaliste« . Je n’ai pas pu m’empêcher de m’identifier en partie au personnage principal, et de voir mon père dans le sien… En tout cas, on retrouve le talent de Nothomb pour construire des personnalités fortes. C’est donc, comme toujours, un roman bref et efficace que nous livre l’autrice. Les amateurs y trouveront évidemment leur compte, comme les curieux qui n’ont pas encore tenté l’expérience. Ceux qui attendent de l’originalité folle, cependant, seront déçus. Rien de sensationnellement nouveau dans ce roman, c’est du pur Nothomb, comme on l’aime (ou comme on le déteste).

Carte d’identité du livre

Titre : Les Prénoms épicènes
Autrice : Amélie Nothomb
Éditeur : Albin Michel
Date de parution : 22 août 2018

4 étoiles

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#263 Frappe-toi le cœur – Amélie Nothomb

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Le résumé…

« Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. » – Alfred de Musset

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Mon avis…

Les romans d’Amélie Nothomb sont toujours parmi les plus attendus de la rentrée littéraire : il suffit d’observer les énormes piles de livres reçus par les libraires, des dizaines et des dizaines portant son visage. L’auteure fait partie des incontournables. Cette fois, elle laisse le mystère planer sur son roman. Ce n’est certainement pas la quatrième de couverture qui donnera la moindre indication, puisqu’elle ne consiste qu’en une simple citation. Sans gâcher le plaisir de la lecture, je dirais qu’après avoir « tué le père », il s’agit cette fois de tuer la mère. Amélie Nothomb nous plonge dans les relations ambiguës qui unissent des femmes, toutes mères et filles. Elle explore la cruauté qui habite parfois ce lien intime, et surtout la jalousie qui peut opposer les unes et les autres. Dans un roman court et efficace, elle raconte une vie, traversée par celles de plusieurs autres femmes, et nous montre de quelle façon grandit une jeune fille jalousée par sa mère.

L’histoire en elle-même est prenante, le livre se lit très bien et constitue un moment agréable. On retrouve moins quelques obsessions d’Amélie Nothomb, comme le champagne et le goût du luxe… Pourtant, peu d’originalité tout de même pour ce nouveau roman. Le problème, avec Amélie Nothomb, j’imagine, c’est que la surprise de la première fois passe vite… Quand on a lu un roman, on a la sensation de les avoir tous lus. Et celui-ci ne fait pas exception. Malgré tout, il serait faux de dire que ce n’est pas un bon livre. Il ne s’agit certainement pas d’un coup de cœur, ni de la grande découverte de la rentrée littéraire. Amélie Nothomb entretient l’habitude de ses lecteurs, leur offre une nouvelle histoire comme elle sait en faire, un livre à ajouter à leur collection. C’est un moment attendu chaque année, qui répond justement aux attentes, mais sans plus. A lire, si vous aimez Nothomb, à éviter si vous n’accrochez pas à son style !

rentrée littéraire

#199 Les combustibles – Amélie Nothomb

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Le résumé…

C’est la guerre et c’est l’hiver. Deux hommes et une femme sont terrés dans un appartement. Combien de jours leur reste-t-il à vivre ? En attendant, il n’est plus interdit de révéler ses vraies passions. L’amour, le désir, l’intelligence résistent-ils au froid ? A-t-on le droit de consumer ses dernières forces à lire de la mauvaise littérature ? Enfin, à l’heure du choix ultime, quel livre est assez important pour ne pas être mis à l’épreuve du feu ?

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Mon avis…

J’ai été très surprise en recevant ce livre en cadeau d’anniversaire de me rendre compte qu’il s’agissait d’une pièce de théâtre. Je ne connaissais pas du tout Amélie Nothomb dans ce registre. J’accrochais plus ou moins avec cette auteure, tout dépendait de ses œuvres, finalement. Je n’avais pas aimé Barbe Bleue, mais je compte bien me rattraper avec les quelques livres que m’a envoyé ma sœur, qui l’a rencontrée aux Quais du polar à Lyon. J’avais donc intérêt à aimer, comme elle me l’a dit, mais puisque je suis honnête sur mon blog, je ne dis que la vérité ! Et, ma chère sœur va être très contente, je n’ai absolument pas… détesté ! Pour être plus claire, j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre. Il se parcourt très vite, comme la plupart des pièces de théâtre en général, mais il est très efficace. En effet, la question centrale de cette pièce m’a beaucoup plu : quel livre brûlerait-on si notre survie en dépendait ? Honnêtement, je ne pense pas que je saurais y répondre… Tout dépend ce qu’il y a dans la bibliothèque. Je garderais quelques Musso de côté au cas où, au lieu de m’en débarrasser, désormais.  En tout cas, cette question, c’est celle que ce se posent les protagonistes des Combustibles. Alors que le monde est en guerre, ils n’ont plus de quoi se chauffer, ils risquent de mourir de froid. Autour d’eux, des livres. Et l’on sait tous que le papier est un excellent combustible. Le problème, c’est que dès que l’on en brûle un, il faut en brûler d’autres, tant la chaleur dure peu de temps… Avouons que c’est une terrible torture pour des lecteurs comme nous, n’est-ce pas ?

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Comme toujours, il y a des petits bémols. Le premier, c’est que les livres évoqués sont malheureusement assez méconnus, si bien qu’on perd une certaine dimension d’investissement que l’on pouvait pourtant attendre pour le lecteur. Le second, évidemment, c’est le manque de profondeur des personnages. Je dis « évidemment » car c’est un peu consubstantiel du genre théâtral. En effet, Amélie Nothomb n’utilise que peu les didascalies si bien qu’on apprend peu de choses sur les personnages. J’aurais bien aimé voir l’adaptation théâtrale pour étudier ce que cela donne sur scène. Mais ce ne sont que de petits bémols, sûrement dus à ma situation d’étudiante en Lettres. J’ai en effet tendance à un peu trop « étudier », justement, ce que je lis. Donc, revenons au pur plaisir de la lecture. Sincèrement, c’est probablement un des textes les plus agréables que j’ai lu d’Amélie Nothomb. C’est court, certes, mais passionnant, et la fin est excellemment nothombienne. Pour ceux qui ne connaissent pas, elle a une écriture fantaisistes, c’est vrai, mais parfois aussi très tranchante. La fin de la pièce symbolise parfaitement ces deux aspects. Je pense que c’est un très bon livre pour approcher l’oeuvre d’Amélie Nothomb si on la connait peu, et une lecture à faire à tout prix si on l’a connait, que l’on ait été déçu ou non. En tout cas, je reprends personnellement confiance en son écriture, et j’ai désormais envie de lire d’autres de ses livres. Cela tombe bien puisque ma sœur n’a pas lésiné sur les titres.

les Combustibles © D.R.

Ma note…

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Ma dédicace…

Merci à ma soeur Caroline pour cette lecture, cette dédicace et la patience dont elle a fait preuve pour rencontrer Amélie Nothomb.

#9 Barbe Bleue – Amélie Nothomb

« La colocataire est la femme idéale. »

                                     Amélie Nothomb


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Le résumé…

Saturnine cherche un nouvel appartement à Paris. Un jour, elle tombe sur une annonce alléchante : pour un loyer modique, elle pourrait vivre dans une résidence luxueuse, hôtel de maître du VIIe arrondissement. Trop beau pour être vrai ? Possible ! Toutes les candidates à la colocation ont l’air d’être là seulement par curiosité, afin de rencontrer celui dont on dit que toutes ses précédentes colocataires, au nombre de huit, ont disparues. Saturnine, elle, ignorait tout de ces rumeurs. Très vite, elle finit par y croire mais accepte malgré tout de vivre avec le mystérieux don Elemirio.

Barbebleue

Mon avis…

J’ai toujours apprécié le style d’Amélie Nothomb. Souvent irréalistes et perchées, ses œuvres charment par leur originalité et leur fluidité de lecture. Ce roman ne dénote pas trop des autres : il se lit vite, il contient une très grande majorité de dialogue, très peu de descriptions, on ne s’ennuie pas dans la lecture.

Cependant, ce livre m’a un peu perdue. L’histoire est très bonne, cette interprétation nouvelle du conte de Perrault a son charme. Mais j’avoue que je suis restée perplexe. Saturnine sait que son colocataire est un meurtrier, elle est même consciente pendant la plus grande partie de l’histoire d’être sa prochaine victime. Au début, il veut lui dire la vérité, mais elle ne veut pas l’entendre. Puis elle finit par tomber amoureuse et s’intéresse alors à ce qu’il s’est passé. Elle dit le considérer comme un malade, mais en réalité elle entre dans son jeu, sans jamais penser à le dénoncer à la police, alors qu’il a tué 8 femmes.

Bref, j’ai trouvé le personnage principal trop étrange, trop éloigné du comportement normal d’une femme découvrant qu’elle vit avec un meurtrier ! Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages ni à l’histoire, même si le concept en lui-même me plaisait. Je n’ai pas réussi à tirer une morale de cette œuvre, à conclure quoi que ce soit…

Amélie Nothomb aurait pu vouloir nous faire comprendre que Barbe Bleue (ici don Elemirio) n’est pas qu’un monstre, qu’il a ses secrets et ses sensibilités, et nous pousser à le considérer comme un être humain malgré ses crimes… Mais on ne ressent pas cela… On peut donc dire que ce livre m’a diverti, car j’ai aimé le lire et le fond de l’histoire est bon, mais il ne fera pas partie des meilleurs livres que j’ai lu… Je ne pense pas que le conseillerais car je ne considère pas qu’il s’agit d’un bon Amélie Nothomb.

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Ma note…

8