#258 « Je me promets d’éclatantes revanches » – Valentine Goby

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A paraître le 30 août 2017

Le résumé…

Un manifeste pour la littérature à la lumière de Charlotte Delbo.
« J’ai ouvert Aucun de nous ne reviendra, et cette voix m’a saisie comme nulle autre. Je suis entrée à Auschwitz par la langue. »
L’une, Valentine Goby, est romancière. L’autre, c’est Charlotte Delbo, amoureuse, déportée, résistante, poète ; elle a laissé une œuvre foudroyante. Voici deux femmes engagées, la littérature chevillée au corps. Au sortir d’Auschwitz, Charlotte Delbo invente une écriture radicale, puissante, suggestive pour continuer de vivre, envers et contre tout.
Lorsqu’elle la découvre, Valentine Goby, éblouie, plonge dans son œuvre et déroule lentement le fil qui la relie à cette femme hors du commun. Pour que d’autres risquent l’aventure magnifique de sa lecture, mais aussi pour lancer un grand cri d’amour à la littérature. Celle qui change la vie, qui console, qui sauve.

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Valentine Goby

Mon avis…

“Je me promets d’éclatantes revanches” est une citation de Charlotte Delbo. Cette femme, que l’on connaît parfois seulement de nom, devient ici le sujet d’un livre. Valentine Goby nous raconte sa rencontre avec Charlotte Delbo, à travers ses textes, les souvenirs qu’elle livre des années de guerre, du temps passé à Auschwitz. Il y a deux facettes à ce livre. D’une part, l’auteure nous raconte, à sa façon, la vie de Charlotte Delbo. D’autre part, elle nous parle de la littérature, et des histoires qui peuvent naître de la lecture d’un livre. C’est un message d’amour à la littérature, à une auteure et une femme exceptionnelle. Valentine Goby nous donne envie de (re)découvrir Charlotte Delbo, d’apprendre à mieux la connaître, à reconsidérer son oeuvre et son rôle dans la transmission mémorielle de la seconde guerre mondiale. “Je me promets d’éclatantes revanches” est un très beau texte et un plaidoyer pour que cette femme soit mise en avant, qu’on lui restitue une place de choix dans le discours historique comme dans la littérature. Valentine Goby a en tout cas réussi son pari me concernant, car j’ai la ferme intention de m’emparer des oeuvres de Charlotte Delbo, que je connaissais déjà un peu, mais pas suffisamment à mon avis !

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Charlotte Delbo

rentrée littéraire

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#257 La disparition de Josef Mengele – Olivier Guez

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Le résumé…

1949  : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz  croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Perón est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant  ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

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Mon avis… 

Ce roman est avant tout le fruit d’un très intéressant travail journalistique. Olivier Guez fait le tri entre les multiples on-dits et légendes sur la disparition du tristement célèbre médecin nazi Josef Mengele et tente de nous révéler la vérité sur ce qu’il est devenu durant toutes ces années. Le résultat est une sorte de biographie romancée, sur une partie de sa vie, celle qui commence par son exil en Argentine. L’auteur nous fait pénétrer dans les pensées, les cauchemars et les angoisses de cet homme, sans oublier de nous montrer son caractère monstrueux. Il illustre la force des convictions morbides du médecin d’Auschwitz, convictions l’ayant mené aux pires extrémités, sans jamais ressentir la moindre culpabilité.

Ce texte fait partie de ceux qui semblent attirer le plus de lecteurs en ce début de rentrée littéraire. Il explore un pan caché de la grande Histoire, en se focalisant sur l’histoire personnelle d’un homme que beaucoup se refusent à voir comme tel, y voyant surtout un monstre, une machine animée par la seule cruauté. Sans minimiser cet aspect de Josef Mengele, l’auteur nous fait découvrir une vie d’exil, de fuite constante, celle d’un homme sans regrets sauf celui d’avoir quitté son pays et de ne pouvoir poursuivre ses terribles projets. Il n’est pas le seul à s’être réfugié en Amérique du Sud, et Olivier Guez nous décrit toute une société germanique d’après-guerre, se complaisant sous la protection d’apprentis dictateurs dans des pays ensoleillés. Ils gardent un œil lointain sur le vieux continent, réfléchissant parfois à leur retour, à une vengeance digne de ce nom… Ce récit, en partie romancé, a le don de mettre un peu mal à l’aise. La principale raison ? On aurait aimé que la fin soit différente de la réalité, que le monstre ne s’éteigne pas en paix, de l’autre côté de l’océan…

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