#243 Pourquoi pars-tu, Alice ? – Nathalie Roy

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Le résumé…

Alice Dansereau, quarante-trois ans, en fait trop pour tout le monde : épouse attentionnée, mère exemplaire, bénévole impliquée, enseignante dévouée, gestionnaire de la maisonnée, coursière, chauffeuse de taxi, etc. Lorsque son conjoint annule à la dernière minute leur voyage d’amoureux, elle prend une décision qu’elle n’aurait jamais cru pouvoir assumer : tout laisser derrière pour s’offrir un moment à elle. Avec pour seul bagage sa carte de crédit, ses lunettes de soleil et son cellulaire, elle s’enfuit sur le scooter de sa fille.

Combien de temps sera-t-elle absente? Jusqu’où ira-t-elle? Elle l’ignore pour l’instant, mais en traversant le pont Pierre-Laporte en direction de la route 132 Est, elle sait qu’elle devra faire le point sur sa vie et sur son avenir. Des centaines de kilomètres plus loin, et au fil de rencontres inattendues, Alice réalise qu’elle s’est longtemps oubliée. Elle se découvre passionnée, un peu rebelle, et aura envie d’exploser. Cet été sur la route changera sa vie à jamais.

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Mon avis…

Nathalie Roy, que j’ai connue grâce à ses aventures de Charlotte Lavigne (chronique du tome 1 ici), nous propose ici un roman feel good, dans la lignée de ce à quoi elle nous a habitués. Alice, quadragénaire et mère de famille, décide subitement de partir en road trip, laissant derrière elle sa vie bien rangée. Ce qui est d’abord un coup de tête devient l’occasion de s’interroger sur sa relation avec son compagnon, sur le rapport qu’elle entretient avec ses enfants, mais surtout sur elle-même. Après avoir vécu pour les autres avant tout, elle prend la décision de vivre pour elle. Et ce n’est pas si simple… Sur sa route, de nombreuses rencontres lui permettront de prendre progressivement un nouveau départ. Nathalie Roy dresse le portrait d’une femme de caractère qui, comme beaucoup, s’est perdue elle-même dans sa vie de famille, s’est oubliée. Elle lui propose dans cette aventure de renouer avec ses désirs propres, ses envies, son identité, sa vie de femme…

Portée par le charme du Canada, cette histoire drôle et prenante nous entraîne sur les routes, nous amène à nous questionner avec légèreté sur les choix que l’on fait, ou qu’au contraire l’on ne fait pas. C’est un voyage rafraichissant, dépaysant, plein de couleurs et au bon goût de liberté. Au fond, Nathalie Roy nous offre l’occasion de réfléchir sur le bonheur : qu’est-ce que c’est, finalement ? quand est-on satisfait de la vie que l’on a eu ? est-ce si mauvais de faire des folies ? ce qui apparaît comme une mauvaise décision l’est-elle vraiment ? se connait-on soi-même, en vérité ? Mais, dans ce roman, pas de prise de tête pour autant. C’est de la chick-lit comme on les aime, un livre simple et efficace, que l’on bouquine en vacances, avec un bon verre de vin ou un cocktail à la main, en terrasse ou sur la plage… C’est un rendez-vous entre femmes, entre une auteure et ses lectrices, entre des esprits… Et, au final, on se demande si le bonheur, ce n’est pas tout simplement un bon livre ?

Et aussi…

Retrouvez les images et le récit de ma rencontre avec Nathalie Roy, son interview en 5 questions, ainsi que la chronique de son roman Ça peut pas être pire !

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Nathalie Roy en visite à Amiens, photo de Juliette S. pour jelisetjeraconte.wordpress.com

#209 Ça peut pas être pire – Nathalie Roy

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Le résumé…

Que faire quand on perd son emploi et que, le même jour, en pleine canicule, notre frigo et notre ventilateur nous lâchent ? On quitte notre 3 1/2, on se loue un chalet près du lac Memphrémagog et on vit un été pas comme les autres !

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Mon avis…

Les vacances en Ecosse, on a beau dire, ce n’est pas l’idéal pour avoir du beau temps… Alors j’avais besoin d’un peu de soleil dans mon quotidien ! Je me suis donc tournée vers mon grand amour de la chick-lit… Nathalie Roy évidemment. Vous vous souvenez peut-être qu’elle avait évoqué, lors de notre rencontre à Amiens, un roman unique, ce qui changerait des séries à plusieurs tomes auxquelles elle était habituée. Et bien, en voici un, justement. Le personnage principal est une jeune femme un peu ronde, mais elle est bien loin de rester discrètement dans son coin, honteuse, timide… Non, c’est une femme qui s’affirme, qui en fait même parfois un peu trop. Elle a sa propre boutique, un petit appartement à Montréal, des amies… Mais il lui manque quelque chose. Vous l’avez toutes deviné, il s’agit du grand amour. Pourtant, ce n’est pas pour le chercher qu’elle décide de partir en vacances au bord du lac de son enfance. Elle a besoin d’un break : elle a perdu son job, son appartement est devenu un enfer… Elle espère donc y prendre un bon bol d’air pour repartir d’un bon pied, mais tout ne se passera pas comme prévu !

Lac Memphrémagog

Comme toujours, avec Nathalie Roy, il y a de l’humour, beaucoup d’humour. J’ai retrouvé tout le charme du premier tome des aventures de Charlotte Lavigne, que j’avais adoré ! Il y a d’ailleurs quelques références à ses précédents romans, des petits clins d’œil pour les fans de cette auteure. Ce livre, je l’ai trouvé très généreux. J’ai éprouvé beaucoup de plaisir à sa lecture, car je me suis très très vite attachée à Valéry, un personnage tout en subtilité (alors qu’il y avait la possibilité de tomber dans le cliché, comme souvent avec des personnages « gros »). Je me suis même identifiée à elle sur certains points, elle est devenue au fil de la lecture comme une bonne copine. Souvent, je regrette que la chick-lit nous présente des personnages un peu irréalistes… Je ne l’ai pas du tout ressenti dans ce roman. On pourrait tout à fait croiser une Valéry dans la rue, ou même en connaître une dans notre entourage, sans problème. J’ai donc été emportée par la plume vive et généreuse de Nathalie Roy, qui m’a emmenée avec elle dans une aventure à laquelle je ne m’attendais pas. Tout en gardant des petits éléments qui ont fait le charme de Charlotte Lavigne et Juliette Gagnon, l’auteure nous propose de suivre un personnage nouveau, de lui faire vivre un été hors du commun, tout en nous chuchotant : « regardez, elle fait les mêmes gaffes que nous toutes », « elle est comme nous, après tout »… C’est vraiment ça que j’ai aimé : le naturel et l’authenticité de Valéry et de son histoire.

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Ça peut pas être pire, c’est un peu l’histoire de toutes les filles un peu paumées… On se dit qu’on va aller prendre l’air quelque part, se ressourcer, que ça va nous donner des idées. En général, on a un peu trop espéré, mais finalement le voyage apporte toujours de bonnes choses. Ce roman m’a fait penser au film The Holiday, qui raconte également l’histoire de deux femmes qui décident de quitter leur vie pendant deux semaines, pour prendre un nouveau départ. La révélation de Valéry sera française. Je ne vous en dis pas plus… J’ai beaucoup apprécié, en tant que lectrice française, de percevoir l’hommage que nous rend Nathalie Roy dans ce roman. Ecrit après les attentats du 13 novembre, le livre est marqué par le désir de raconter une belle histoire, de nous offrir une échappatoire, de montrer sans quitter le Québec que la France est toujours là dans le cœur de l’auteure. J’ai eu la sensation, par quelques petits détails disséminés dans le livre, que Nathalie cherchait à me dire qu’elle était là, présente pour nous même dans les pires moments… On se dit que « ça peut pas être pire », et finalement quelqu’un arrive à nous faire sourire, à nous faire rire, et la vie reprend. Je souhaite donc vraiment remercier cette femme fantastique qui offre aujourd’hui à ses lecteurs un roman des plus divertissants. J’étais en train de le lire au moment où j’ai appris l’attaque du 14 juillet à Nice et les mots de ce roman sont parvenus à m’emmener ailleurs, à me faire rêver. Alors, je conseille à toutes ce nouveau roman plein de gourmandise, de générosité, d’humour, de songe, de facéties…  Encore une fois, Nathalie me ravit.

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Ma note…

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