#304 Le Royaume des Deux-Mers – Gilbert Sinoué

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Le résumé…

– Voilà un moment que je t’observe. Tu es insensé. L’éternité à laquelle tu aspires, tu ne la trouveras jamais. Abandonne! Ta quête est vouée à l’échec.
– Non! Je refuse que mon corps redevienne poussière. Non! Je veux continuer à contempler la lumière, je veux encore m’enivrer des splendeurs de la vie! Je veux vivre!
Alors le vieux sage murmura :
– Très bien, je vais te révéler un secret. Il existe une plante. Une plante qui vit ici, au fond des eaux. Elle a des reflets argentés. Si l’on ne prend pas garde, elle écorche les mains comme fait la rose. Si tu parviens à la trouver, alors mange-la et tu obtiendras la vie éternelle.

Entre légende et vérité, Le Royaume des Deux-Mers est un fabuleux voyage initiatique qui nous transporte aux confins de l’une des plus anciennes civilisations du monde : Dilmoun. Dilmoun, le «pays où le soleil se lève», Dilmoun où, d’après la tradition sumérienne, résidait le seul survivant du Déluge. Dilmoun, le jardin d’Éden.

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Mon avis…

Avant de lire ce livre, je ne connaissais absolument pas Dilmoun, même de nom ! C’est pourtant celui d’une grande civilisation depuis longtemps disparue. Gilbert Sinoué nous emmène donc dans ces contrées lointaines – dans l’espace comme dans temps – dans ce qui est aujourd’hui Bahreïn. Tout en nous donnant des informations historiques sur cette civilisation, il nous fait le récit passionnant des épreuves que traverse Yakine, vers le XVIIIe siècle avant JC. Ce personnage est un médecin particulièrement sceptique. Il refuse d’adhérer aux croyances et aux superstitions de ses compatriotes. Pour lui, la médecine est au-dessus de cela. Mais, un jour, il est forcé de constater que ses talents scientifiques ne peuvent rien face à la maladie de sa femme. Son ami, Shakrumash, lui suggère progressivement, au fil des jours, de suivre les traces de Gilgamesh et de partir en quête de la vie éternelle pour sa bien-aimée. Mais Yakine est détesté des exorcistes de Dilmoun, car il remet en cause leur fond de commerce : les superstitions. Ils décident de s’en prendre à lui, mais aussi de renverser le royaume tout entier. Yakine se retrouve pris au milieu d’intrigues qui le dépassent avec, à l’esprit, une seule idée : celle de protéger sa famille.

Gilbert Sinoué mêle avec beaucoup de talent des éléments nous permettant de découvrir une époque lointaine, particulièrement méconnue, et une histoire absolument passionnante. On découvre en effet les pêcheurs de perles de Dilmoun, qui apportent la prospérité à la contrée. Le Royaume des Deux-Mers est un roman d’apprentissage, autant pour le lecteur que pour les personnages. J’ai eu, tout au long de cette lecture, le sentiment de parcourir un roman qui se trouvait à mi-chemin entre La Perle de Steinbeck et Le Périple de Baldassare d’Amin Maalouf. Certes, ces récits n’ont pas grand chose à voir, mais ils ont en commun de faire voyager leurs lecteurs et de les faire grandir intérieurement, tout en les divertissant. J’ai beaucoup aimé la variété de ce roman, qui oscille sans cesse entre réalité et légendes, comme c’est le propre de la fiction. A la fois roman historique, roman d’aventures, oeuvre spirituelle, Le Royaume des Deux-Mers est un texte très agréable à lire, prenant, dont on a envie de connaître la fin tout en savourant chaque phrase.

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En quelques mots…

une civilisation perdue
quête de l’éternité
entre légendes et réalité
à la croisée des genres
une belle découverte

Carte d’identité du livre

Titre : Le Royaume des Deux-Mers
Auteur : Gilbert Sinoué
Éditeur : Denoël
Date de parution : 03 mai 2018

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Un grand merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

#296 La Cité perdue du Dieu Singe – Douglas Preston

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Le résumé…

Un voyage au cœur d’une des régions les plus sauvages de la planète sur les traces d’une cité mythique et d’une civilisation disparue.

Bienvenue dans l’impénétrable jungle de la Mosquitia, dans le nord-est du Honduras. C’est là que s’est aventuré le romancier et journaliste Douglas Preston aux côtés d’une équipe de scientifiques pour lever le voile sur l’un des derniers mystères de notre temps : la fameuse Cité blanche, ou Cité du dieu singe, qu’évoquait Hernán Cortès au XVIè siècle et que personne à ce jour n’avait réussi à localiser.

Ancienne malédiction, jaguars et serpents mortels, parasites mangeurs de chair et maladie incurable, controverse scientifique… Ce récit digne des aventures d’Indiana Jones et riche d’enseignements sur la plus importante découverte archéologique de ce début de XXIè siècle remet en perspective ce que l’on croyait savoir des civilisations préhispaniques, à l’heure où la mondialisation et le réchauffement climatique menacent de condamner notre monde au sort tragique de cette cité mystérieusement disparue.

« Douglas Preston a écrit, au péril de sa vie, un récit d’aventures puissant et terrifiant. » David Grann, auteur de La Cité perdue de Z.

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Mon avis…

La Cité perdue du Dieu Singe est un livre qui a pour objectif initial de rendre compte des recherches et de la découverte archéologique majeure de la Cité perdue du Dieu Singe, ou Ciudad Blanca, au cœur de la forêt hondurienne. On pourrait s’attendre à un Indiana Jones version faits réels, mais c’est bien plus que ça. Ce texte, qui est un véritable document, est aussi passionnant qu’un roman ! Grâce à ce livre, vous découvrirez le Honduras, probablement un des pays au monde dont on méconnaît le plus l’histoire. Douglas Preston – qui n’est autre que le Preston du duo « Preston & Child » – nous fait quitter le point de vue eurocentré qui est le nôtre, pour nous montrer ce qu’il se passe de l’autre côté du Pacifique. Vous apprendrez les causes de l’effondrement de civilisations telles que celle des Mayas. Vous partagerez les doutes de l’auteur, ses certitudes, ses mésaventures et ses aventures. Vous partirez en zone hostile, au plein coeur de la Mosquitia, avec lui. Vous aurez peur du fer-de-lance, serpent redoutable dont vous saurez presque tout au sortir de ce livre. Et, surtout, vous en sortirez avec une somme de connaissances remarquables et l’esprit grandi !

La Cité perdue du Dieu Singe, c’est une passionnante épopée, qui dépasse de loin la simple quête ou recherche archéologique. C’est l’occasion, pour le lecteur, de découvrir une culture. Malgré sa découverte, cette cité – et la civilisation qui l’a construite – reste encore méconnue. Tout comme les maladies qu’elle a abrité. Le mystère habite ce livre qui, pourtant, cherche à nous en révéler le plus possible. Mais, très vite, on comprend bien que la jungle reste un obstacle insurmontable, et qu’il vaut mieux que cela soit ainsi. En effet, l’auteur n’hésite pas à nous brusquer, à nous révéler ce qu’il a observé : le réchauffement climatique, la déforestation, les trafics, etc. Pour l’intérêt de cette cité, n’aurait-il pas mieux fallu qu’elle reste cachée ? Douglas Preston nous suggère tout de même que cette découverte ne doit pas rester vaine, qu’elle peut occasionner une prise de conscience car notre passé nous parle de notre avenir. Et, aujourd’hui, le passé d’un pays à l’autre bout du monde, comme le Honduras, peut dire beaucoup de ce qui nous attend. Ce livre instruit, fait réfléchir, ne peut pas nous laisser indifférent. C’est une oeuvre riche, foisonnante, qui satisfera le moindre curieux dans un nombre important de domaines : sciences, archéologie, culture, histoire, etc. Et même si l’on ne cherche qu’une aventure à la Indiana Jones, on y trouvera notre compte et bien plus, vous l’aurez compris.

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Coup de cœur