#240 Marina – Carlos Ruiz Zafon 

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Le résumé…

Oscar Drai, quinze ans, a disparu pendant une semaine du pensionnat où il est interne. Où est-il allé et que lui est-il arrivé ? Quand l’histoire commence, Oscar vagabonde à travers Barcelone. Attiré par une mystérieuse maison apparemment abandonnée, il pénètre à l’intérieur. Se croyant seul, il commence ses investigations. Alors qu’il est en train d’examiner une curieuse montre à gousset laissée sur une table, il se rend compte que quelqu’un l’observe. Terrorisé, il s’enfuit. En rentrant au pensionnat, il s’aperçoit qu’il a gardé la montre. Tenaillé par les remords, il retourne quelques jours plus tard dans la grande maison. Il y fait alors la connaissance de Marina, fille du propriétaire. Elle a son âge, de l’audace et une intelligence très vive. Elle entraîne son nouveau compagnon dans l’élucidation d’un secret qui la tourmente : au cœur du plus vieux cimetière de Barcelone, une vieille femme voilée visite une tombe anonyme sur laquelle figure le dessin d’un papillon noir. Qui est-elle, et qui dort sous la pierre tombale ? En menant leur enquête, les deux adolescents franchissent les limites d’une propriété privée délaissée. Dans la serre qui la jouxte, des pantins en partie amputés de leurs membres pendent dans les airs. Soudain, ils descendent lentement et semblent s’animer. Une odeur pestilentielle envahit la serre… Sur le fronton, un papillon noir identique à celui de la tombe paraît contempler l’épouvantable scène. Parcourant les plus effrayants endroits de Barcelone, s’égarant dans les entrailles de souterrains où vivent des créatures de cauchemar, s’enfonçant dans les coulisses d’un inquiétant théâtre désaffecté, Oscar et Marina réveillent les protagonistes d’une tragédie vieille de plusieurs décennies. La vengeance est en route, mue par une armée de fantômes, guidée par un savant de génie et une amoureuse désespérée. Entraînés dans la folie homicide de ces ombres tout droit sorties du passé, Oscar et Marina frôlent la mort. Pourtant, celle-ci les attaquera où ils ne l’attendaient pas…

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Mon avis…

Je suis une grande lectrice de Carlos Ruiz Zafón, et une admiratrice de son travail exceptionnel. Rentrer dans chacun de ses romans est un plaisir immense. Ses œuvres mélangent habilement fantastique, mystère et poésie, et Marina ne fait pas exception à cette règle. Il s’agit d’un classique parmi les nombreux romans de cet auteur. L’atmosphère sombre et enivrante de la Barcelone des années 70 est terriblement prenante. Comment vous expliquer ? Marina est typiquement le roman que l’on ne peut pas lâcher après l’avoir commencé. Tout y est possible, comme dans beaucoup de livres de Carlos Ruiz Zafón. L’angoisse est toujours présente en arrière-plan, les frissons sont constants, et à cette ambiance particulière s’ajoute le talent fou de l’auteur pour créer des personnages extrêmement attachants. J’avoue que la Barcelone que nous décrit Carlos Ruiz Zafón m’intrigue terriblement, j’ai l’impression au fil des romans qu’il en construit la légende. Marina est un des piliers de cette légende de la Barcelone moderne. Malgré la jeunesse des personnages, je ne dirais pas qu’il s’agit d’un roman pour enfants… Il s’agit plutôt de confronter le lecteur à des fantasmes adolescents, à ce goût pour l’aventure qui nous anime tous, tout en proposant une histoire à la fois horrifique et enchanteresse.

Marina est un conte. Il s’agit d’une histoire où le merveilleux et le fantastique côtoient la réalité. C’est un roman où les sentiments sont puissants, vifs, foudroyants. L’envie d’aller plus loin est omniprésente. Le désir de savoir, de comprendre, d’explorer au plus profond les mystères du passé, est le moteur de ce livre. Je crois qu’il s’agit probablement d’un des romans les plus passionnants qu’il m’a été donné de lire. J’aime toujours autant le mélange des genres qui caractérise l’écriture de Carlos Ruiz Zafón. Il réveille les rêves d’enfant que chaque lecteur a en lui, il ranime sa soif de danger, d’aventure. Le suspense est total, l’histoire est d’une richesse enivrante… Marina devient elle-même un personnage de légende, une sorte de fée tout aussi sombre que lumineuse. Oscar, lui, incarne cet esprit libre et intrigué du lecteur qui a soif de mystères à résoudre. Je suis particulièrement admiratrice des descriptions de Carlos Ruiz Zafón, qui crée des paysages d’un esthétisme fou, avec des scènes inquiétantes au réalisme perturbant. On voit sous nos yeux se développer des images dignes des plus grands cinéastes, avec une originalité à la Guillermo del Toro.

Chers lecteurs et chères lectrices, si vous n’avez encore jamais lu de romans de Carlos Ruiz Zafón, sachez qu’il n’est pas trop tard. Mais préparez-vous à devenir accro… C’est un auteur incontournable, à lire absolument, qui tient au bout de sa plume un talent fou, une capacité à susciter dans notre esprit les plus belles et les plus terribles images à la fois. Préparez-vous à connaître des sensations de lecture sans précédents…

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#130 Une fantaisie du docteur Ox – Jules Verne

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Le résumé…

Il ne se passe jamais rien à Quiquendone, petit village des Flandres, jusqu’à l’arrivée d’un étrange savant, le docteur Ox. Celui-ci, sous prétexte d’installer un éclairage révolutionnaire, teste un gaz qui modifie l’atmosphère de Quiquendone et transforme ses pacifiques habitants en adversaires hargneux et prêts à la guerre. Cette expérience serait-elle plus dangereuse que ne le croit le docteur Ox ?

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Mon avis…

C’est suite à une visite à la maison de Jules Verne à Amiens que j’ai fait l’acquisition de ce livre, que j’ai planifié en lecture commune avec ma copinaute Steph du blog Sorbet-kiwi. En effet, ce titre reste assez méconnu par rapport aux grands classiques du célèbre Jules Verne : Vingt-mille lieues sous les mers, Voyage au centre de la terre, Le tour du monde en 80 jours, etc. Cette œuvre ne fait qu’une toute petite centaine de pages, autant dire qu’il se lit d’une traite, et il est d’une simplicité étonnante pour un Jules Verne, et je crois que la particularité que j’ai le plus appréciée est l’humour omniprésent. Tous les personnages sont plaisamment tournés en dérision, on se retrouve projetés dans un village flamand qui marche complètement au ralenti et le comique de situation est très efficace, vraiment. J’ai par exemple adoré le conseil municipal traitant des affaires urgentes et repoussant sans cesse les décisions…

Mais dans ce roman, tout ne se passe pas bien dans le meilleur des mondes : dans ce village coupé du monde, où tout le monde semble heureux dans le calme et la lenteur, un mystérieux docteur débarque. En prétendant installer l’électricité, il entreprend en fait une expérience sur les habitants, visant finalement à les transformer dans ce qui pourrait aujourd’hui être un stéréotype de l’espèce humaine. En effet, très vite, les villageois deviennent colériques, un peu plus brutaux, font tout trop vite, s’agitent, se précipitent… Et finalement c’est le monde changeant dans lequel Jules Verne évolue au moment où il écrit le roman qu’Une fantaisie du docteur Ox tourne en dérision. On passe en quelque sorte du tout au rien, avec l’impossibilité de trouver un juste milieu, quoi de plus représentatif du genre humain ?

On peut interpréter ce livre, on peut aussi le lire simplement et au premier degré, avec beaucoup de légéreté. C’est un ouvrage que je recommande vivement car très facilement accessible et il se lit très vite. Il permet d’approcher en douceur l’univers de Jules Verne, ou pour ceux qui ont déjà lu ses œuvres principales, de découvrir ses romans secondaires. On pourrait presque qualifier ce petit livre d’un conte tant le village paraît d’abord en dehors du temps et de l’espace, avant de se heurter dans un drôle de cataclysme au monde du XIXème siècle, en pleine évolution. Alors que critique Jules Verne ? Les abus de la science, la nature de l’homme ? J’attends votre opinion. En attendant, vous pouvez retrouver la chronique de ma copinaute Sorbet-kiwi, elle aussi très positive.

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Ma note…

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#31 Little Mermaid, l’héritière de l’océan – Anha Senet

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Le résumé…

Imaginez : Raiponce perd sa pantoufle de vair ; La petite sirène devient pirate ; Alice fait la conversation aux sept nains ; Le Chat botté part à la conquête de l’Amérique ; Blanche Neige combat de sang froid la statue du cheval blanc d’Henri IV sans succomber à la pomme empoisonnée ; Cendrillon ne parvient pas à résoudre l’énigme du Chapelier fou ; Un Prince se voit privé de son titre face à un rival de taille.

Artwork par Jirka Väätäinen

Artwork par Jirka Väätäinen

Quand Anha Senet organise la rencontre de la mythologie et des contes d’Andersen ou de Charles Perrault, vous obtenez un joyeux désordre. Le divertissement est assuré.

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Mon avis…

Les éditions du Panthéon m’ont fait un grand plaisir en m’envoyant ce livre que j’avais choisi parmi une sélection. Pourquoi m’a-t-il tenté ? Tout simplement parce que j’ai une âme de rêveuse, j’adore les contes, que ce soient les classiques ou les réécritures ! Et là, le résumé me paraissait tellement farfelu que je ne pouvais que dire : OUI, je le veux ! Bon, j’avais quand même quelques petites peurs : notamment le fait de voir s’enchaîner des contes les uns après les autres, tous plus déjantés les uns que les autres, jusqu’à ce que ça fasse limite trop… Mais ouf, rien de tel ! J’ai beaucoup aimé ce livre, dès le moment où j’ai compris que j’étais face à un conte au format roman. Et le côté farfelu ne retirait rien à la qualité de l’écriture, malgré quelques très légères maladresses (qu’on trouve souvent dans un premier livre mais rien de bien grave).

Artwork par Jirka Väätäinen

Artwork par Jirka Väätäinen

Sincèrement, je suis admirative envers Anha Senet… Pourquoi ? Et bien parce que cette jeune fille, qui doit sûrement avoir un an de moins que moi, a publié ce livre à la fin de son année de terminale ! Et je pense que ce livre devait être pour elle un vrai rêve et un vrai défi, et je peux la rassurer : c’est réussi (mais on lui a sûrement déjà souvent dit !). J’ai adoré cette histoire qu’elle a sortie de son imagination. Au début, on se retrouve dans l’histoire de Blanche-Neige, qui prend un petit air de Cendrillon et de Bête et la Bête, puis la Petite Sirène débarque avec son univers captivant et s’impose dans l’histoire, avec toujours des références à plein de contes : le Chat Botté, Alice aux pays des Merveilles et même Peter Pan, et tout ça dans un ensemble cohérent qui n’en fait jamais trop ! C’est un pari que je déclare réussi ! Bravo Anha !

Artwork par Maevachan

Artwork par Maevachan

J’ai été transportée par cette histoire qui est vraiment pleine de rebondissements et qui s’inspire des contes de notre enfance tout en nous dépaysant totalement… J’ai vraiment aimé et je pense presque préférer cette version, même si elle mélange tous les contes (et surtout parce qu’elle les mélange) aux originaux ! En plus, il y a une belle touche de mythologie avec l’apparition de dieux comme Poséidon, Athéna, ou de personnages comme Atalante ou Cerbère… Cette lecture est très plaisante et je la conseille donc à tous les amateurs de contes et de réécritures évidemment, mais aussi à tous ceux (et toutes celles) qui aiment les aventures et les romances, qui veulent rêver et voyager sans pour autant quitter leur canapé et payer un billet d’avion à 1000 euros… Mais je vous préviens, ce livre reste un conte, donc nous fait forcément un peu rêver du prince charmant, mais tout en subtilité et avec humour, si bien qu’on ne se retrouve pas non plus en mode « aveuglement » et « rêve désespéré » ! En plus, c’est un prince charmant un peu atypique, qu’on trouve finalement plutôt… bah charmant ! ^^

athena

Athéna

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Poséidon

Ma note…

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Merci aux éditions du Panthéon pour cette lecture.

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