Le podcast « Oli » par France Inter

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En cette période de confinement à cause du Covid-19, je voudrais vous publier ce petit article que (honte à moi) je gardais sous le coude depuis… 2018 ! Mais, finalement, il n’aurait jamais été aussi utile que maintenant.

Je n’ai pas d’enfants moi-même, mais je sais que de nombreuses personnes, de nombreux parents, se retrouvent désormais confinés avec leurs enfants qui, sans école, doivent bien s’occuper autrement… Alors, comment divertir les petits quand les devoirs et les révisions sont finis ? Je vous présente « Une histoire et… Oli », un super podcast de France Inter qui devrait satisfaire nombre de parents désespérés (ou non).

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Donner le goût de la lecture, divertir, lutter contre l’ennui, développer le sens de l’écoute, rendre l’apprentissage plus ludique

Le tout avec des auteurs et des autrices reconnu.e.s et qui mettent tout leur talent au service des plus petits !

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« Une histoire et… Oli », qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’un podcast, qui vous permettra de découvrir des contes inédits, créés tout spécialement pour France Inter par des écrivain.e.s tels que Chloé Delaume, Séverine Vidal, Karine Tuil, Eric-Emmanuel Schmitt, Véronique Ovaldé, etc.

Les genres sont très variés ! Il y a des petites histoires policières, des récits d’aventure, des contes de fée, des fables… Il y en a pour absolument tous les goûts. Et en plus, ces histoires sont lues par ceux et celles qui les ont écrites, donc vous pourrez découvrir les voix de vos écrivain.e.s préféré.e.s !

D’autres personnalités se prêtent aussi au jeu, telles qu’Omar Sy, Antoine de Caunes ou encore Nicole Ferroni ! Pas mal, non ?

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Chaque histoire dure entre 8 et 15 minutes. Vous avez de quoi faire rêver les petits le soir dans leur lit, ou leur offrir une petite pause agréable pendant la journée…

A l’origine, les contes sont destinés aux enfants de 5 à 7 ans, mais même les plus âgés peuvent y prendre plaisir… J’ai envie de dire : de 5 à 100 ans ! Et j’avoue que j’ai moi-même pris beaucoup de plaisir à découvrir « Oli » !

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Si vous ne savez pas par où commencer, voici une petite sélection de mes contes préférés, parmi ceux que j’ai pu écouter pour l’instant :

« Le coq solitaire » – Alain Mabanckou

« Le marchand d’amis » – Eric-Emmanuel Schmitt

« Le Lapin Shérif » – Olivier Norek

« La petite patate qui voulait être un chien féroce » – Nicole Ferroni

« Nadine et Robert les poissons rouges » – Delphine de Vigan

« Le renard et le poulailler » – Guillaume Meurice

« Zelda et les abeilles » – Tatiana de Rosnay

« La petite souris de nuit » – Susie Morgenstern

« Le poisson d’argent » – Nina Bouraoui

Vous pouvez aussi retrouver ce podcast sur YouTube !

#369 La maison Okola et autres contes délicats – Clémentine Ferry et Sanoe

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Le résumé…

Aimez-vous les gourmandises chocolatées ? Les desserts sucrés ? Les gâteaux décorés ? Alors entrez donc : la Maison Okola, fameuse chocolaterie, vous ouvre ses portes ! Vous y croiserez une tortue dévouée, un moineau inquiet ou un chat qui fait les meilleures tasses de chocolat. Voici les aventures de dix petits héros, à croquer… comme du cacao !

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Mon avis…

En ce lundi de Pâques, je vous propose une chronique de circonstance, autour du chocolat. Voici un très joli livre pour enfants, à partir de 7-8 ans. Vous y trouverez pas moins de dix petits contes sur le chocolat, de quoi ravir les gourmands. Chaque récit est très original et permet de découvrir des personnages singuliers. Les sujets sont actuels et recherchés. J’ai par exemple beaucoup aimé l’histoire de la souris Amandine, qui souhaite confectionner des emballages de bonbons en papier recyclé. Les contes sont très bien écrits et se lisent aisément. Je peux tout à fait imaginer les enfants et les parents savourer ensemble chacune de ces pages. Et que dire des illustrations ? Elles sont belles, très riches et travaillées. Dans ce recueil, vous trouverez d’ailleurs un cahier central, intitulé « Les carnets de la maison Okola », avec de splendides illustrations en couleur et même une recette de gâteau au chocolat (miam) ! Je trouve vraiment fantastique de pouvoir faire découvrir aux enfants le monde magique de la pâtisserie à travers de si jolies histoires, et de pouvoir prolonger le plaisir en cuisinant avec eux. Vous l’aurez compris, c’est un recueil de contes plein de charme que nous ont confectionné Clémentine Ferry et Sanoe. Il s’agit d’un livre qui ne prend pas les enfants pour des idiots, et qui leur propose des contes qui les feront grandir en leur faisant découvrir de belles valeurs, telles que le vivre ensemble, la tolérance, l’entraide, la bienveillance, et tant d’autres.

Vous pouvez feuilleter quelques pages du livre ici.

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Carte d’identité du livre

Titre : La maison Okola et autres contes délicats
Autrice : Clémentine Ferry
Illustratrice : Sanoe
Éditeur : Lumignon
Date de parution : 27 mars 2019

5 étoiles

Merci aux éditions du Lumignon pour cette lecture.

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#342 Chers monstres – Stefano Benni

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Le résumé…

Et si les “monstres” d’aujourd’hui, nous suggère Stefano Benni dans ce recueil de nouvelles, ne ressemblaient en rien à ceux des légendes ? Son Dracula est victime d’un redoutable inspecteur des impôts, le doux M. Zéphyr voit son identité niée par la rébellion inexplicable de tous les distributeurs bancaires. Déclinant les multiples visages de la peur, l’auteur pointe les effets dévastateurs des technologies dites avancées, qui transforment de charmantes lolitas en véritables érynies, mais il revisite aussi, en les détournant, les contes pour enfants comme Hänsel et Gretel, ou rend hommage à son maître, Edgar Poe. Qu’il nous convie à une enquête policière menée dans le monde des chats pour démasquer un tueur en série ou qu’il parodie les films d’horreur, Benni nous entraîne dans d’infinies variations autour d’un thème qui nous fascine depuis toujours, peut-être parce que ce sont nos propres “monstruosités” – la lâcheté, l’égoïsme – qu’il reflète ou parce que, comme le dit le narrateur dans L’Histoire de la sorcière Charlotte, avoir peur est un sentiment profondément ambivalent, à la fois terrible et délicieux…

Mon avis…

Aujourd’hui, je vous parle d’un livre original, il s’agit de Chers monstres de Stefano Benni. C’est un recueil de nouvelles complètement déjanté, dans lequel on rencontre aussi bien des vampires, des sorcières, des momies, qu’Hänsel et Gretel, Michael Jackson, un groupe de K-Pop et un arbre tueur ! Bref, un drôle de melting-pot dans ce bouquin ! Chaque nouvelle a son charme propre, son atmosphère bien à elle. Parfois on rit, parfois on frissonne, Stefano Benni maîtrise son écriture et ses situations. Et, entre contes fantasques et contes cruels, il nous révèle toutes les facettes de l’être humain, ou plutôt tous ses mauvais côtés… Préparez-vous à voir l’horreur sous toutes ses formes, mais toujours avec un regard décalé. Parfois, on reconnaît avec plaisir de vieilles histoires bien connues, des contes de notre enfance, des légendes que l’on se disait petits, mais tout cela remis au goût du jour. En même temps, ce ne sont pas que des histoires basées sur l’humour, ce sont aussi des textes dignes d’Edgar Allan Poe – auquel l’auteur rend d’ailleurs hommage – qui nous tiennent grâce à un suspense haletant. Je ne peux pas en dire trop car ce sont des textes très courts qui ont tous leur intrigue propre et qui se caractérisent par les surprises qu’ils réservent, mais je peux affirmer que ce petit livre, assez méconnu, plaira beaucoup aux amateurs de lectures perchées. Si vous aimez les délires littéraires en tous genres, vous serez vraiment gâté ! On ne s’ennuie pas une seule seconde.

Carte d’identité du livre

Titre : Chers monstres
Auteur : Stefano Benni
Traductrice : Marguerite Pozzoli
Éditeur : Actes Sud
Date de parution : 05 avril 2017

5 étoiles

#306 La petite poule rouge vide son cœur – Margaret Atwood

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Le résumé…

« Le corps féminin type se présente muni des accessoires suivants : un porte-jarretelles, un panty, une crinoline, une camisole, une tournure de jupe, un soutien-gorge, un corsage, une chemise, une ceinture de chasteté, des talons aiguilles, un anneau dans le nez, un voile, des gants de Chevreau, des bas résilles, un fichu, un bandeau, une guêpière, une voilette, un tour de cou, des barrettes, des bracelets, des perles, un face-à-main, un boa, une petite robe noire, une gaine de soutien, un body en Lycra, un peignoir de marque, une chemise de nuit en flanelle, un teddy en dentelle, un lit, une tête. » Sur un ton drôlatique, vingt-sept façons de tordre la réalité, les croyances de chacun, les habitudes de chacune, ou l’art de se dévisser le cou pour se regarder droit dans les yeux. Un régal de mise en pièces de nos mythes, des plus anciens aux actuels, sans compter quelques utiles conseils ou recettes tels que Rendons grâce aux sottes et Fabriquer un homme.

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Mon avis…

Vous allez finir par être habitué(e)s à voir passer régulièrement Margaret Atwood sur ce blog. Depuis La Servante écarlate, j’ai lu d’autres de ses textes, parmi lesquels C’est le cœur qui lâche en dernier, bien plus cynique et décalé que le roman qui a inspiré la série télé à succès, ou encore le recueil de nouvelles Neuf contes, tout simplement excellent ! Et c’est justement charmée par cette dernière parution que j’ai décidé de m’aventurer dans un autre recueil de nouvelles d’Atwood, dont le titre est très intrigant : La petite poule rouge vide son coeur. Impossible de ne pas déceler dans ce livre le cynisme que j’avais adoré dans C’est le cœur qui lâche en dernier, et le féminisme particulièrement révolté qui se dessine dans La Servante écarlate.

Avec beaucoup d’humour, et souvent d’ironie, Atwood nous emporte dans de très très brèves histoires, parfois longues d’à peine deux ou trois pages, où elle nous fait le portrait d’un monde étrange qui ressemble drôlement au nôtre, sous certains aspects. Sous couverts d’allégories, de réécritures de contes ou de fables fameuses, elle critique avec subtilité la société patriarcale. Mon histoire préférée ? Une recette plutôt, intitulée « Fabriquer un homme ». Un épisode plein d’humour et complètement décalé, qui en dit beaucoup sur notre monde lorsque l’on sait lire entre les lignes. Margaret Atwood évoque les corps féminins, les poules (vous saurez deviner de qui il s’agit), mais aussi les coqs, et d’autres animaux. On y croisera aussi Blanche-Neige, le Petit Chaperon Rouge, ou carrément Ève, qui côtoie les mannequins des magazines féminins… Atwood opère une véritable déconstruction des mythes et des images qui ont forgé « la » femme, des plus anciens aux plus récents, et le tout avec le charme de la fiction enfantine.

Margaret Atwood se montre particulièrement malicieuse dans ce recueil étonnant et détonnant. Subtiles, ses histoires se lisent et se relisent. Ce sont de véritables textes à clés que nous livre l’autrice canadienne. Je trouve que ces nouvelles, contes ou fables, ces histoires courtes en somme, permettent d’approcher avec beaucoup de justesse la délicatesse mêlée de brutalité propre à la plume d’Atwood. Elle ne nous épargne rien, mais le fait avec une forme de douceur amère parfois désarmante. Surtout, ne vous arrêtez pas à La Servante écarlate, explorez bien plus de cette autrice unique, et pourquoi pas par le biais de ses recueils ?

Ô mon hypocrite lectrice ! Ma semblable ! Ma sœur ! Rendons grâce aux sottes qui nous donnèrent la littérature.

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Margaret Atwood

En quelques mots…

cynique voire désabusé
complètement décalé et perché
subtil et délicat
réécritures
à interpréter et à déguster

Carte d’identité du livre

Titre : La petite poule rouge vide son cœur
Autrice : Margaret Atwood
Traductrice : Hélène Filion
Éditeur : Le Serpent à Plumes
Date de parution : 12 octobre 1999

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Coup de cœur

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#298 Neuf contes – Margaret Atwood

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Le résumé…

Une écrivaine de fantasy récemment veuve se laisse guider à travers un hiver glacial par la voix de feu son époux. Une dame âgée, victime d’hallucinations, apprend peu à peu à accepter la présence des petits hommes qui ne cessent de surgir à ses côtés, tandis que des militants populistes se rassemblent pour mettre le feu à sa maison de retraite. Une femme née avec une malformation génétique passe pour un vampire. Un crime commis il y a longtemps se voit vengé dans l’Arctique par un stromatolithe vieux de 1,9 milliard d’années…

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Margaret Atwood

Mon avis…

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un livre bien mystérieux : Neuf contes de Margaret Atwood, une autrice qui est surtout connue pour sa Servante écarlate, et dont j’avais également parlé du dernier roman paru, C’est le cœur qui lâche en dernier. Ces deux textes ont en commun leur dimension dystopique qui, sans être totalement absente de Neuf contes, n’en est pas l’aspect central. Il s’inscrit un peu dans la lignée d’un autre recueil d’Atwood, La petite poule rouge vide son cœur. Comme son titre l’indique, ce livre regroupe neuf histoires différentes. Pourtant, elles sont toutes liées, d’une manière ou d’une autre, par des thèmes, des personnages, des lieux… Je pense que ces textes, pour Margaret Atwood, ont été l’occasion de laisser libre cours à son imagination. Souvent, ses dystopies sont tellement inspirées du réel – et c’est pour ça qu’elles nous effraient – que l’on imagine la complexité et le sérieux millimétrique du travail d’écrivain qui doit être fait en amont. Ici, les histoires sont plus courtes – ce sont des nouvelles – et parfois plus farfelues, mais, à la manière des contes, leur simplicité cache des possibilités d’interprétation et de lectures infinies. Mais, en tout cas, ce que l’on ressent à la lecture de ce livre, ce n’est pas le malaise provoqué par ses dystopies, mais plutôt un plaisir pur, celui du lecteur satisfait.

Cet ouvrage regroupe des récits de genres variés, tout en étant chacun inclassable : horreur, polar, dystopie, conte folklorique, thriller, fantastique… Atwood nous montre qu’elle peut frayer avec les atmosphères et les récits à la Stephen King, ou encore avec ceux d’Edgar Allan Poe, de Mary Shelley ou Ann Radcliffe, et de tant d’autres. C’est un univers riche que celui dont Margaret Atwood nous ouvre les portes dans Neuf contes. C’est également un jeu de pistes qu’elle propose à ses lecteurs, en les invitant à reconnaître ses sources d’inspiration, à démêler le vrai du faux, ou parfois le faux du très faux, la fiction dans la fiction. Histoires d’auteurs, de lecteurs, de personnages agissants, ces contes sont animés, vivants, comme notre propre monde. Pour découvrir une autre facette de Margaret Atwood, ou tout simplement pour entrer dans son œuvre par un autre chemin que la porte principale, tentez cette lecture, vous n’en ressortirez pas déçu.e.s : c’est beau, c’est sombre, c’est à la fois pur et souillé par les âmes les plus obscures, c’est efficace, et simplement jubilatoire.

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Coup de cœur

5 étoiles

#6 Contes – Charles Perrault

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Le résumé…

Lorsque Charles Perrault écrit au XVIIème siècle, les contes de fées sont très à la mode dans les salons mondains. Pendant les veillées populaires les amateurs des contes lisent et s’enrichissent de ce qu’ils écoutent. Perrault décide d’utiliser ce genre du conte pour donner une sorte d’enseignement aux jeunes enfants. C’est pour cette raison qu’à la fin de ses contes pour enfants, l’auteur écrit une morale. Ses créations de contes ont souvent été reprises et changées pour les adapter. Par exemple dans son Petit Chaperon rouge, le chasseur n’existe pas. C’est Grimm qui sauve le petit chaperon Rouge dans sa version du conte.

Mon avis…

Les contes de Perrault… Des classiques à découvrir, ou à redécouvrir, à tout prix ! Vous les connaissez obligatoirement : La Belle au Bois Dormant, Barbe Bleue, le Petit Chaperon Rouge, le Chat Botté… Vous les avez peut-être aimé en dessin animé, lorsqu’ils ont été revisités par Disney notamment, ou peut-être n’avez-vous pas apprécié le côté trop « conte de fées » de ces films d’animation. Les contes de Perrault sont bien plus sombres que les dessins animés que l’on connaît. La Belle au Bois Dormant connaît une histoire un peu plus développée même si la fin reste belle ! Barbe Bleue reste une histoire assez horrifique et funeste. Le Petit Chaperon Rouge est bien plus sombre que la version que l’on connaît mais vaut le détour ! Les morales permettent de mieux comprendre les préoccupations de l’époque du XVIIe siècle. C’est un bon moyen d’avoir un aperçu de cette période et de la manière dont se transmettaient certaines valeurs fondamentales. Les contes ont le mérite d’être court et de se lire très vite. L’écriture de Perrault est fluide et la lecture d’un conte entraîne celle d’un autre ! On ne peut pas se lasser de lire ces petites histoires qui ont bercé notre enfance et de les redécouvrir sous un autre angle. Comme quoi, on peut aimer les contes à tout âge, et la lecture de Perrault peut être un bon moyen de se replonger dans la littérature classique. J’ai beaucoup aimé ce petit retour dans le passé, qui m’a procuré un mélange de nostalgie et d’excitation grâce à la découverte de ces versions différentes des histoires que je connaissais !

Ma note…

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