#346 Gwendy et la boîte à boutons – Stephen King et Richard Chizmar

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Le résumé…

Trois chemins permettent de gagner Castle View depuis la ville de Castle Rock : la Route 117, Pleasant Road et les Marches des suicidés. Comme tous les jours de cet été 1974, la jeune Gwendy Peterson a choisi les marches maintenues par des barres de fer solides qui font en zigzag l’ascension du flanc de la falaise. Lorsqu’elle arrive au sommet, un inconnu affublé d’un petit chapeau noir l’interpelle puis lui offre un drôle de cadeau : une boîte munie de deux manettes et sur laquelle sont disposés huit boutons de différentes couleurs. La vie de Gwendy va changer. Mais le veut-elle vraiment ? Et, surtout, sera-t-elle prête, le moment venu, à en payer le prix ? Tout cadeau n’a-t-il pas sa contrepartie ?

Mon avis…

C’est avec bonheur que je retrouve Stephen King, dont je n’ai pas lu de textes depuis un petit moment. Au départ, je m’attendais à ce qu’il soit question d’une boîte à boutons type boîte à couture, mais pas du tout ! Gwendy se voit offrir, par un homme très étrange, une boîte dans laquelle se trouvent des boutons sur lesquels elle peut appuyer… mais les conséquences de cet acte seront lourdes, très lourdes… Grâce à cette boîte, elle mène une vie a priori parfaite, tout lui réussit, mais très vite elle devinera le revers de la médaille… En apparence, il s’agit d’une nouvelle fantastique. Mais, très vite, on voit la dimension métaphorique du texte. Oui, cette drôle de boite à boutons, effectivement, existe. Pas sous cette forme, peut-être, mais presque. Stephen King et Richard Chizmar nous propose de porter un regard original sur notre monde. A travers leur imagination, nous devinons la silhouette de nos propres vies. J’ai beaucoup aimé cette lecture, ponctuée de belles illustrations de Keith Minnion. Simplement, il faut accepter une certaine frustration car le format de la nouvelle nous prive de nombreux éclaircissements. La fin est en quelque sorte ouverte, on ne comprend pas le fin mot de toute l’histoire, mais on peut se laisser aller aux suppositions. C’est un récit qui, en tout cas, nous trotte dans l’esprit un petit moment. A lire quand on aime Stephen King, mais aussi un bon moyen de le découvrir !

Carte d’identité du livre

Titre : Gwendy et la boîte à boutons
Auteurs : Stephen King et Richard Chizmar
Illustrateur : Keith Minnion
Traducteur : Michel Pagel
Éditeur : Le Livre de Poche
Date de parution : 05 septembre 2018

4 étoiles

Merci aux éditions Le Livre de Poche et à NetGalley pour cette lecture.

#308 Réveille-toi ! – François-Xavier Dillard

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Le résumé…

Basile Caplain est un greffé du cœur qui vit reclus, sans travail ni perspective. Sa seule obsession : dormir le moins possible, car ses nuits sont peuplées de cauchemars. Son unique ami, Ali, le gérant d’une station-service, est passionné par les faits divers. Un soir, ce dernier lui parle du meurtre barbare d’une jeune femme. Or, ce crime atroce, c’est exactement le rêve que Basile a fait deux jours plus tôt…

Paul est un paraplégique de dix-huit ans, génie de l’informatique, qui développe pour la police scientifique un programme baptisé Nostradamus – un algorithme révolutionnaire devant permettre de réaliser des portraits-robots hyperréalistes des criminels présumés.

Alors que des meurtres sauvages sont perpétrés à Paris, la police judiciaire met sur le coup son meilleur atout : le Dr Nicolas Flair, psychiatre mentaliste, qui a déjà résolu de nombreuses affaires.

Lorsque les chemins de ces trois protagonistes se croiseront, l’Inconscient, la Science et la Psychiatrie vont devoir collaborer pour essayer d’arrêter le pire des monstres…

Mon avis…

Réveille-toi ! est mon tout premier roman de François-Xavier Dillard. Une découverte donc. Au début, j’ai été assez perturbée par les multiples histoires croisées, car je m’y perdais. J’avais du mal à me repérer entre les différents personnages, mais on s’y fait vite. Ensuite, l’ensemble avance et suis un rythme haletant, avec de nombreux rebondissements. On ne sait pas où on va, mais on y fonce ! Je pense que l’auteur a probablement voulu perdre un peu ses lecteurs, pour les mettre dans la situation de ses personnages, eux-mêmes tous un peu paumés ! J’ai été agréablement surprise de retrouver dans ce roman la petite touche de fantastique et de surnaturel qui m’avait charmée dans des titres comme ceux de Sire Cédric, par exemple. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Avec tes yeux. Pour être honnête, c’est un livre dont on ne peut pas parler longuement car en dire trop entamerait le suspense ! Alors je pèse mes mots… Simplement, je dirais que c’est un très bon thriller, qui nous accroche du début à la fin, de manière efficace. Le tout est suffisamment complexe pour qu’on se torture l’esprit ! La fin est assez surprenante et (presque) imprévisible jusqu’aux dernières pages. En tout cas, Réveille-toi ! m’a donné envie de lire d’autres livres de François-Xavier Dillard, donc c’est plutôt un bilan très positif et une agréable découverte !

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François-Xavier Dillard

En quelques mots…

à la frontière de l’irréel
un bon thriller
histoires croisées
une fin presque imprévisible

Carte d’identité du livre

Titre : Réveille-toi !
Auteur : François-Xavier Dillard
Éditeur : Belfond
Date de parution : 07 juin 2018

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#298 Neuf contes – Margaret Atwood

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Le résumé…

Une écrivaine de fantasy récemment veuve se laisse guider à travers un hiver glacial par la voix de feu son époux. Une dame âgée, victime d’hallucinations, apprend peu à peu à accepter la présence des petits hommes qui ne cessent de surgir à ses côtés, tandis que des militants populistes se rassemblent pour mettre le feu à sa maison de retraite. Une femme née avec une malformation génétique passe pour un vampire. Un crime commis il y a longtemps se voit vengé dans l’Arctique par un stromatolithe vieux de 1,9 milliard d’années…

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Margaret Atwood

Mon avis…

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un livre bien mystérieux : Neuf contes de Margaret Atwood, une autrice qui est surtout connue pour sa Servante écarlate, et dont j’avais également parlé du dernier roman paru, C’est le cœur qui lâche en dernier. Ces deux textes ont en commun leur dimension dystopique qui, sans être totalement absente de Neuf contes, n’en est pas l’aspect central. Il s’inscrit un peu dans la lignée d’un autre recueil d’Atwood, La petite poule rouge vide son cœur. Comme son titre l’indique, ce livre regroupe neuf histoires différentes. Pourtant, elles sont toutes liées, d’une manière ou d’une autre, par des thèmes, des personnages, des lieux… Je pense que ces textes, pour Margaret Atwood, ont été l’occasion de laisser libre cours à son imagination. Souvent, ses dystopies sont tellement inspirées du réel – et c’est pour ça qu’elles nous effraient – que l’on imagine la complexité et le sérieux millimétrique du travail d’écrivain qui doit être fait en amont. Ici, les histoires sont plus courtes – ce sont des nouvelles – et parfois plus farfelues, mais, à la manière des contes, leur simplicité cache des possibilités d’interprétation et de lectures infinies. Mais, en tout cas, ce que l’on ressent à la lecture de ce livre, ce n’est pas le malaise provoqué par ses dystopies, mais plutôt un plaisir pur, celui du lecteur satisfait.

Cet ouvrage regroupe des récits de genres variés, tout en étant chacun inclassable : horreur, polar, dystopie, conte folklorique, thriller, fantastique… Atwood nous montre qu’elle peut frayer avec les atmosphères et les récits à la Stephen King, ou encore avec ceux d’Edgar Allan Poe, de Mary Shelley ou Ann Radcliffe, et de tant d’autres. C’est un univers riche que celui dont Margaret Atwood nous ouvre les portes dans Neuf contes. C’est également un jeu de pistes qu’elle propose à ses lecteurs, en les invitant à reconnaître ses sources d’inspiration, à démêler le vrai du faux, ou parfois le faux du très faux, la fiction dans la fiction. Histoires d’auteurs, de lecteurs, de personnages agissants, ces contes sont animés, vivants, comme notre propre monde. Pour découvrir une autre facette de Margaret Atwood, ou tout simplement pour entrer dans son œuvre par un autre chemin que la porte principale, tentez cette lecture, vous n’en ressortirez pas déçu.e.s : c’est beau, c’est sombre, c’est à la fois pur et souillé par les âmes les plus obscures, c’est efficace, et simplement jubilatoire.

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Coup de cœur

5 étoiles

#240 Marina – Carlos Ruiz Zafon 

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Le résumé…

Oscar Drai, quinze ans, a disparu pendant une semaine du pensionnat où il est interne. Où est-il allé et que lui est-il arrivé ? Quand l’histoire commence, Oscar vagabonde à travers Barcelone. Attiré par une mystérieuse maison apparemment abandonnée, il pénètre à l’intérieur. Se croyant seul, il commence ses investigations. Alors qu’il est en train d’examiner une curieuse montre à gousset laissée sur une table, il se rend compte que quelqu’un l’observe. Terrorisé, il s’enfuit. En rentrant au pensionnat, il s’aperçoit qu’il a gardé la montre. Tenaillé par les remords, il retourne quelques jours plus tard dans la grande maison. Il y fait alors la connaissance de Marina, fille du propriétaire. Elle a son âge, de l’audace et une intelligence très vive. Elle entraîne son nouveau compagnon dans l’élucidation d’un secret qui la tourmente : au cœur du plus vieux cimetière de Barcelone, une vieille femme voilée visite une tombe anonyme sur laquelle figure le dessin d’un papillon noir. Qui est-elle, et qui dort sous la pierre tombale ? En menant leur enquête, les deux adolescents franchissent les limites d’une propriété privée délaissée. Dans la serre qui la jouxte, des pantins en partie amputés de leurs membres pendent dans les airs. Soudain, ils descendent lentement et semblent s’animer. Une odeur pestilentielle envahit la serre… Sur le fronton, un papillon noir identique à celui de la tombe paraît contempler l’épouvantable scène. Parcourant les plus effrayants endroits de Barcelone, s’égarant dans les entrailles de souterrains où vivent des créatures de cauchemar, s’enfonçant dans les coulisses d’un inquiétant théâtre désaffecté, Oscar et Marina réveillent les protagonistes d’une tragédie vieille de plusieurs décennies. La vengeance est en route, mue par une armée de fantômes, guidée par un savant de génie et une amoureuse désespérée. Entraînés dans la folie homicide de ces ombres tout droit sorties du passé, Oscar et Marina frôlent la mort. Pourtant, celle-ci les attaquera où ils ne l’attendaient pas…

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Mon avis…

Je suis une grande lectrice de Carlos Ruiz Zafón, et une admiratrice de son travail exceptionnel. Rentrer dans chacun de ses romans est un plaisir immense. Ses œuvres mélangent habilement fantastique, mystère et poésie, et Marina ne fait pas exception à cette règle. Il s’agit d’un classique parmi les nombreux romans de cet auteur. L’atmosphère sombre et enivrante de la Barcelone des années 70 est terriblement prenante. Comment vous expliquer ? Marina est typiquement le roman que l’on ne peut pas lâcher après l’avoir commencé. Tout y est possible, comme dans beaucoup de livres de Carlos Ruiz Zafón. L’angoisse est toujours présente en arrière-plan, les frissons sont constants, et à cette ambiance particulière s’ajoute le talent fou de l’auteur pour créer des personnages extrêmement attachants. J’avoue que la Barcelone que nous décrit Carlos Ruiz Zafón m’intrigue terriblement, j’ai l’impression au fil des romans qu’il en construit la légende. Marina est un des piliers de cette légende de la Barcelone moderne. Malgré la jeunesse des personnages, je ne dirais pas qu’il s’agit d’un roman pour enfants… Il s’agit plutôt de confronter le lecteur à des fantasmes adolescents, à ce goût pour l’aventure qui nous anime tous, tout en proposant une histoire à la fois horrifique et enchanteresse.

Marina est un conte. Il s’agit d’une histoire où le merveilleux et le fantastique côtoient la réalité. C’est un roman où les sentiments sont puissants, vifs, foudroyants. L’envie d’aller plus loin est omniprésente. Le désir de savoir, de comprendre, d’explorer au plus profond les mystères du passé, est le moteur de ce livre. Je crois qu’il s’agit probablement d’un des romans les plus passionnants qu’il m’a été donné de lire. J’aime toujours autant le mélange des genres qui caractérise l’écriture de Carlos Ruiz Zafón. Il réveille les rêves d’enfant que chaque lecteur a en lui, il ranime sa soif de danger, d’aventure. Le suspense est total, l’histoire est d’une richesse enivrante… Marina devient elle-même un personnage de légende, une sorte de fée tout aussi sombre que lumineuse. Oscar, lui, incarne cet esprit libre et intrigué du lecteur qui a soif de mystères à résoudre. Je suis particulièrement admiratrice des descriptions de Carlos Ruiz Zafón, qui crée des paysages d’un esthétisme fou, avec des scènes inquiétantes au réalisme perturbant. On voit sous nos yeux se développer des images dignes des plus grands cinéastes, avec une originalité à la Guillermo del Toro.

Chers lecteurs et chères lectrices, si vous n’avez encore jamais lu de romans de Carlos Ruiz Zafón, sachez qu’il n’est pas trop tard. Mais préparez-vous à devenir accro… C’est un auteur incontournable, à lire absolument, qui tient au bout de sa plume un talent fou, une capacité à susciter dans notre esprit les plus belles et les plus terribles images à la fois. Préparez-vous à connaître des sensations de lecture sans précédents…

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#221 The Invisible Library – Genevieve Cogman

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Le résumé…

Irène est une espionne professionnelle pour la très mystérieuse Bibliothèque, qui récolte des fictions de différentes réalités. Avec son nouvel assistant Kai, particulièrement énigmatique, elle est envoyée dans un Londres alternatif. Leur mission : récupérer un livre dangereux. Mais, quand ils arrivent, il a déjà été volé. Les différentes factions qui divisent Londres semblent prêtes à combattre jusqu’à la mort pour trouver ce livre. En plus de ce péril, le monde dans lequel sont envoyés Irène et Kai est infesté par le chaos : les lois de la nature ont été renversées, des créatures surnaturelles et une magie imprévisible vont se dresser contre eux. Le nouvel assistant d’Irène a un secret bien à lui… Alors, très vite, elle va se retrouvée submergée par les dangers, les indices, les sociétés secrètes… Mais l’échec n’est pas une option : la réalité elle-même est en jeu.

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Mon avis…

J’ai trouvé ce livre, comme beaucoup d’autres, à Waterstones, où l’on m’a dit qu’il était excellent ! Alors, évidemment, je l’ai très vite commencé. Que rêver de mieux pour une lectrice qu’une bibliothèque immense remplie de livres venant de réalités multiples ? Ce livre prend place, vous l’aurez deviné, dans plusieurs mondes imaginaires, des mondes parallèles. J’ai toujours beaucoup aimé le genre fantastique, et ici on trouve également une dimension steampunk qui rend d’autant plus dépaysante la lecture. Les règles de la Bibliothèque et du voyage entre les mondes sont très bien élaborées, il n’y a pas d’incohérences, comme parfois dans certains livres fantastiques qui ne parviennent pas à être remarquables… En effet, Harry Potter, Ewilan, et bien d’autres, ont inspiré de nombreux auteurs, qui souvent ne sont pas à la hauteur… Ici, Genevieve Cogman invente une histoire vraiment originale, très créative, en s’inspirant des standards du genre tout en innovant. Honnêtement, The Invisible Library fait partie des livres qu’on ne peut pas lâcher une fois qu’on les a commencés. Il se lit très bien, les personnages ne sont pas très nombreux mais excellemment développés, attachants et intrigants en même temps. L’auteure a réussi un trouver un juste milieu dans la création de son monde : ni trop simple, ni trop compliqué.

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J’ai beaucoup aimé l’intervention d’un personnage dans le monde parallèle dans lequel sont envoyés Kai et Irène, il s’agit d’un détective me faisant vraiment penser à Sherlock Holmes. Cela ajoute une touche d’inspiration victorienne qui s’associe parfaitement avec la pointe de steampunk que l’on retrouve surtout dans les obstacles auxquels doivent faire face nos héros. Ce livre étant le premier tome d’un dyptique, j’ai été très heureuse à la fin de constater que l’auteure avait trouvé un excellent moyen d’introduire une suite sans faire de répétition, sans donner l’impression au lecteur de lire une deuxième fois la même chose. Je vous chroniquerais très vite le deuxième tome, ne vous inquiétez pas. Pour le moment, le livre n’est pas paru en français, et je ne sais pas s’il va être traduit ou non. En revanche, il est assez connu et réputé outre-Manche et outre-Atlantique. Alors, si vous savez lire en anglais, n’hésitez pas une seule seconde à vous lancer. En prenant votre temps, vous découvrirez une histoire très séduisante, divertissante, qui nous envoie dans un Londres alternatif particulièrement passionnant.

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Ma note…

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Niveau de lecture : Moyen

#196 Le prince de la brume – Carlos Ruiz Zafon

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Le résumé…

1943, Angleterre. Fuyant la guerre, la famille Carver – les parents et leurs trois enfants, Max, Alicia et Irene – se réfugie dans un village de bord de mer. Leur nouvelle maison appartenait précédemment à un riche couple qui a quitté le pays après la mort de leur petit garçon, Jacob. Peu après son emménagement, la famille Carver est confrontée à de troublants événements. La maison de la plage paraît hantée. Quelque chose ou quelqu’un rôde entre les murs. Max et Alicia commencent à enquêter sur les circonstances obscures de la mort de Jacob. Roland, un adolescent du village, les aide. Il les entraîne dans des plongées autour d’un cargo qui a coulé dans la baie après une tempête, des années auparavant. Autour de cette épave, tout respire la peur : les poissons ne s’y risquent jamais, des ombres paraissent à l’affût derrière les cloisons rouillées et dans les coursives délabrées… Et c’est Roland qu’elles épient, Roland dont elles veulent se saisir. Qui accumule les pièges mortels autour du jeune homme ? Pourquoi Roland est-il l’objet d’une si terrible haine ? En menant leur enquête, Max et Alicia exhument involontairement les secrets du passé. Un passé terrible dont émerge un être machiavélique, le Prince de la Brume… Doté de pouvoirs diaboliques, le Prince de la Brume peut emprunter toutes les formes et tous les visages. Il est le maître d’une troupe de grotesques statues à demi-vivantes qui ont élu domicile dans le jardin de la maison des Carver… Le Prince de la Brume réclame le paiement d’une dette contractée peu avant la naissance de Jacob. Une dette dont Roland est le prix… S’ils veulent sauver leur ami, Max et Alicia doivent affronter l’être maléfique sur son territoire : dans le jardin des statues vivantes mais aussi dans le terrifiant cargo enseveli sous les eaux.

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Mon avis…

Comme les autres romans de Carlos Ruiz Zafon, Le Prince de la Brume est excellent. Et non, je ne tourne pas autour du pot. L’auteur avait pour projet de faire un livre qui s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes, une sorte de conte fantastique pour tous les âges. Je peux d’ores et déjà vous dire que ce pari est amplement réussi. Honnêtement, c’est probablement un des livres fantastiques les plus passionnants que j’ai lu. Il n’est pas extrêmement long mais il est d’une efficacité redoutable. Il fait parfois frissonner, il est toujours très intrigant, constamment prenant. En fait, on ne peut pas s’empêcher de tourner les pages jusqu’à avoir enfin la solution du mystère. Carlos Ruiz Zafon a le talent de créer des personnages attachants, qui pourraient être ses lecteurs, et de les placer dans des situations des plus banales aux plus étranges, jusqu’à les transporter aux confins de la réalité. Le Prince de la Brume est parfaitement réussi, l’ensemble est un concentré du talent de son auteur. Si vous n’avez jamais lu de romans de Carlos Ruiz Zafon, vous pouvez commencer par celui-ci, le prêter à vos frères et soeurs, à vos parents ou à vos enfants… Et vous aurez forcément envie de lire les autres, à commencer par L’ombre du vent. L’avantage de ce roman, c’est qu’il est très efficace, et qu’on ne peut pas être déçu. Je pense vraiment qu’il peut convaincre tout le monde : adultes comme enfants, amateurs de fantastiques comme non-initiés… Je pose un léger bémol si vous avez une terrible phobie des clowns. Nous somme loin de Stephen King et son Ça, je vous rassure, mais il y a un clown qui erre dans le roman et n’est pas toujours très rassurant… Et oui, on est dans le fantastique horrifique mais très subtil et très accessible. Une belle initiation au genre et un plaisir pour les passionnés !

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Ma note…

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#191 Le diable amoureux – Cazotte

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Le résumé…

Lorsque don Alvare évoque Béelzébuth dans les ruines du palais Portici, le démon apparaît sous les traits d’une hideuse créature. Mais l’audacieux Alvare, vite maître de sa terreur, réduit le spectre à l’état d’esclave et en use comme Aladin de son génie. Sous les traits d’une sylphide, la créature n’a désormais plus rien de diabolique. Biondetta ! Comment rêver femme plus désirable, à la fois innocente et perverse, tourmentée et abandonnée ? Imposture ou magie, cette aventure qui se déroule en plein carnaval de Venise présente toutes les facettes d’un divertissement amoureux.

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Mon avis…

Conseillée par un professeur de littérature spécialisé dans le fantastique, Le diable amoureux est une nouvelle de Cazotte, oeuvre fondatrice du mouvement fantastique. Autant dire qu’il s’agit d’une lecture qui est enrichissante, bien que courte. Il faut rappeler que le fantastique, par définition, joue sur la perception des personnages et des lecteurs : qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Là est la question… Cette nouvelle va donc apporter les bases d’une littérature qui séduit encore beaucoup aujourd’hui, et qui me séduit personnellement depuis longtemps et pour encore un bon moment ! Dans Le diable amoureux, nous suivons l’étrange aventure de don Alvare, qui appelle Béelzébuth pour prouver à ses amis qu’il n’a peur de rien, pas même du diable… Cette soirée initiatique devient en réalité un succès car il maîtrise le démon comme personne avant lui… Au point que celui-ci va faire partie de sa vie, abandonner l’Enfer pour lui !

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Le diable peut-il aimer un homme ? La plus terrible image de l’horreur peut-elle devenir la plus délicate image de la vertu et de la beauté ? Cazotte nous entraîne dans une histoire charmante sur fond de mystère, nous manipule comme les petites marionnettes que sont les lecteurs pour de talentueux écrivains… Comme don Alvare, nous laissons sa chance au diable. Après tout, le mal n’a-t-il pas souvent plus d’attrait que le bien ? L’espèce humaine toute entière pourrait être contenue dans le corps et l’esprit d’Alvare. Que de réflexion, tout en prenant plaisir à une bonne lecture. Etant donné la longueur de la nouvelle, je ne peux pas vous dire grand chose sur l’histoire, son déroulement, sans gâcher votre future lecture. Mais, si vous êtes intéressé par le fantastique, si vous êtes intrigué par ce mouvement, ou si vous aimez les classiques originaux et parfois méconnus, n’hésitez pas un seul instant.

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Ma note…

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#104 Les lutins urbains, T.1 : l’attaque du Pizz’Raptor – Renaud Marhic

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Le résumé…

On les croyait disparus à jamais, chassés de nos contrées par la modernité. Erreur ! On peut bien avoir construit des villes à la campagne, les lutins se sont faits urbains ! Et ils n’ont rien perdu de leurs pouvoirs d’agaceries, tracasseries, et espiègleries…

Quel est donc cet inconnu qui s’en prend aux livreurs de pizzas, leur dérobant leur chargement sans jamais faire main-basse sur l’argent ? Gustave Flicman, jeune policier de la Grosse Cité, croise un soir le voleur. Si ce n’est pas un lutin, ça y ressemble bien… Mais voilà le coupable arrêté : c’était un simple SDF. Affaire réglée. Pas pour Gustave ! Qui ne se doute pas que sa quête du Pizz’ Raptor va le mener jusqu’à l’Université d’Onirie. Là où les Lutins Urbains ont trouvé refuge. Sous la protection du mystérieux Professeur B., Docteur en Lutinologie…

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Renaud Marhic

Mon avis…

Cette lecture m’a été proposée par l’auteur lui-même, que je remercie infiniment pour cet agréable moment. J’étais très enthousiaste à l’idée de commencer ce livre car j’aime beaucoup les histoires jeunesse au contenu humoristique et parfois farfelu. Avec les lutins urbains, on est en plein dedans ! L’histoire est plutôt rigolote : un policier est à la recherche du responsable de plusieurs vols de pizza, il découvre très vite qu’il s’agit d’un lutin et tente de le retrouver pour le mener devant la justice. On passe à travers une foule de rebondissements rocambolesques avec des personnages particulièrement dingues ! En fait, on sent parfois que l’auteur a du se laisser aller à sa plume, se laisser emporter par ce côté absurde qui caractérise ce roman. Ce n’est pas spécialement désagréable même s’il arrive que l’on s’y perde…

Il y a dans ce livre de nombreuses notes de bas de page de l’auteur, non pas car il y a une multitude de mots inconnus, loin de là (même si cela arrive), mais surtout pour rajouter un trait d’humour supplémentaire. Il n’y a pas que les personnages qui se perdent en divagations, en jeux de mots ou en blagues douteuses. A travers ses notes, l’auteur continue le récit avec des digressions incontrôlées, pleine d’humour et qui ne peuvent que faire sourire ! On a la sensation qu’un conteur nous rapporte l’histoire et fait de temps en temps de petites pauses pour discuter avec son auditoire.

Dans ce monde où apparaissent les lutins urbains, chaque établissement (commissariat, palais de justice, etc.) est sponsorisé par une marque. Cela peut paraître étonnant dans un livre pour enfants car on s’attend à voir un univers simplifié, pour faciliter la compréhension du lecteur, mais c’est sans compter qu’il s’agit également d’un roman pour adultes, malgré ses apparences trompeuses. Par-ci, par-là, on distingue de petites critiques, de petites piques, ce qui est plutôt assez plaisant car l’auteur met en exergue avec légèreté des points contestables de notre société actuelle et de celle qu’elle risque de devenir. Une justice corrompue, une brigade de répression du rêve… Tant d’éléments dans le récit pourraient paraître étranges aux enfants mais sans pour autant leur ôter le plaisir de la lecture. Ce livre est vraiment accessible à tous, car il est écrit avec beaucoup de sincérité, on sent que l’auteur s’amuse avec sa plume et puisque l’on s’amuse nous aussi, que demander de plus ?

EXTRAIT

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Ma note…

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Merci à Renaud Marhic pour cette lecture.

Zoom sur… Pierre Bottero

« Limites sans cesse repoussées,

Plaisir infini,

Écriture. »

Le Pacte des Marchombres

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Mini bio…

Pierre Bottero est né en 1964. Il a longtemps exercé le métier d’instituteur. Grand amateur de littérature fantastique, convaincu du pouvoir de l’Imagination et des Mots, il a toujours rêvé d’univers différents, de dragons et de magie. « Enfant, je rêvais d’étourdissantes aventures fourmillantes de dangers mais je n’arrivais pas à trouver la porte d’entrée vers un monde parallèle ! J’ai fini par me convaincre qu’elle n’existait pas. J’ai grandi, vieilli, et je me suis contenté d’un monde classique… jusqu’au jour où j’ai commencé à écrire des romans. Un parfum d’aventure s’est alors glissé dans ma vie. De drôles de couleurs, d’étonnantes créatures, des villes étranges… J’avais trouvé la porte. » Pierre Bottero est mort le 8 novembre 2009 dans un accident de moto, laissant derrière lui une œuvre inachevée…

« Il y a deux réponses à cette question, comme à toute les questions : celle du poète et celle du savant. Laquelle veux-tu en premier ? »

Le Pacte des Marchombres

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« Écrire.

Non pas une lettre, ni même un journal intime.

Non. Simplement écrire. Comme on respire.

Pour vivre. »

Les âmes croisées

Ses œuvres…
(à lire de préférence dans cet ordre)

La Quête d’Ewilan
Les Mondes d’Ewilan
Le Pacte des Marchombres
L’Autre
Les Âmes croisées

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Mon avis…

J’ai choisi de faire un zoom sur Pierre Bottero car je n’arrivais pas à choisir un livre parmi tous ceux qu’il a écrit… Donc au lieu de faire une chronique (qui de toute façon aurait été particulièrement élogieuse), je préfère vous présenter l’auteur.

« Ce que j’aime par-dessus tout en Gwendalavir, outre la salade de champignons, c’est l’inutilité du mot impossible. »

La Quête d’Ewilan

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Comme vous l’avez lu dans la Mini Bio, Pierre Bottero a toujours rêvé de mondes parallèles, remplis de créatures, de rêveries et d’aventure. Et pour notre plus grand bonheur, il a trouvé la porte d’entrée de ces mondes à travers l’écriture et nous fait voyager avec lui. J’ai découvert ses livres très tôt, alors que je n’étais qu’une petite ado un peu tristounette, et il m’a redonné la joie de vivre.

« Je suis moi et les décisions d’une montagne pour imposante qu’elle soit n’y peuvent rien! Je suis moi et j’ai l’intention de poursuivre mon chemin où qu’il me mène! »

Le Pacte des Marchombres

Son écriture est tellement belle et passionnée qu’on a l’impression d’avoir les pieds dans ces mondes imaginaires, et on imagine qu’on finira par s’y retrouver comme Camille avant nous… Et cette lecture nous donne de merveilleux frissons.

« -Où tu veux, Camille, chuchota-t-il; J’irai où tu voudras. Je te suivrai partout, même dans les étoiles… Je veux juste que tu saches que vivre sans toi m’est impossible. Alors je t’en supplie ne meurs plus, parce que sinon, moi, je vais mourir pour de bon… Parce que la vie sans toi n’a pas de goût, pas de sens… Parce que sans tes yeux, je suis aveugle. Sans tes mots je me perds. Parce que sans toi mon âme est nue. Sans toi je ne suis rien… »

La Quête d’Ewilan

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Si vous aimez la littérature fantastique et que vous n’avez pas encore lu les livres de Pierre Bottero, vous avez raté quelque chose. Certes, je les ai lus d’abord étant assez jeune mais je les ai recommencés ensuite et j’ai tout autant adoré. Ils sont pour tous les âges, que l’on soit novice en lecture ou non, que l’on ait lu les trois quarts des œuvres fantastiques ou que ce soit une grande première…

« Les lames d’une marchombre sont comme elle, silencieuses, invisibles et mortellement efficaces. Greffées dans son corps, prêtes à jaillir entre ses doigt, prolongement de sa volonté, elles reflètent l’esprit même de la guilde. L’âme marchombre. »

Le Pacte des Marchombres

D’après moi, c’est un MUST READ ! N’hésitez pas, lancez-vous. Aucun mot ne sera assez fort pour surpasser ceux de Pierre Bottero qui sont si beaux. Lisez, et vous verrez. Et que la curiosité soit avec vous !

« — Mais je t’ai dit que c’était impossible ! hoqueta l’analyste.
— Chez moi, répliqua Mathieu gentiment ironique, il y a une histoire qui commence ainsi : « Ils ignoraient que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » Super, non ? »

La Quête d’Ewilan

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Un rapide résumé de la première trilogie : La Quête d’Ewilan…

Camille, jeune surdouée de 13 ans aux grands yeux violets, n’a pas connaissance de ses fabuleux pouvoirs. Elle vit chez les Duciel, sa famille d’adoption qui ne l’aime pas particulièrement… Un jour, elle se retrouve téléportée dans un monde parallèle nommé « L’Empire de Gwendalavir ».

Elle apprend alors qu’elle est en réalité Ewilan Gil’ Sayan, fille d’Elicia et Altan Gil’ Sayan et qu’elle est née dans cet autre monde. Mais pour la protéger d’une guerre naissante, ses parents l’ont envoyée, ainsi que son frère, dans le nôtre, bloquant ses souvenirs. Ils ont confié leurs deux enfants à des familles différentes afin qu’ils n’aient aucun contact.

« J’ai étudié l’autre monde. Il est déchiré par la guerre depuis des siècles. Les hommes s’y entretuent, anéantissent en une journée ce qu’ils ont mis des années à bâtir… J’aimerais pouvoir affirmer que cela n’existe pas en Gwendalavir, c’est hélas impossible. La guerre existe ici aussi. Peut-être l’homme est-il fondamentalement allergique à la paix ? »

C’est dans son monde d’origine qu’Ewilan, accompagnée de Salim son meilleur ami, rencontre Edwin Til’ Illan et d’autres compagnons, et qu’elle apprend que la situation de l’Empire est critique. Le fonctionnement de l’Empire repose en grande partie sur l’Art du Dessin. Cet art qui offre à qui le maîtrise un grand pouvoir, s’utilise au moyen d’une autre dimension : l’Imagination.

“L’imagination est une dimension. Les innombrables chemins qui la parcourent sont les spires. Ceux qui les empruntent sont les dessinateurs. Ils peuvent rendre réel tout ce qu’ils imaginent.”

Les Ts’liches, des créatures maléfiques appartenant à une race vieille de plusieurs millénaires qui subsiste aux dépens d’autres espèces plus ou moins civilisées, ont corrompu les plus puissants Dessinateurs du pays: les Sentinelles, laissant l’Empire affaibli. Cherchant à éliminer toute possibilité de résistance, ces créatures maléfiques ont bloqué l’Imagination.

« Un Mentaï est aux mercenaires du chaos ce qu’un loup est a une meute de chiens. Les mercenaires de chaos apportent la mort, un Mentaï EST la mort ! »

Le bras armé des Ts’liches est un peuple quasi sauvage : les Raïs, race n’ayant d’humanoïde que la forme, gouvernée par des rois fous et sanguinaires dont les sujets ne pensent qu’à s’entretuer. Exhortés par le pouvoir des Ts’liches, ils mènent des attaques au Nord que les armées alaviriennes peinent de plus en plus à contenir. Ewilan se voit donc chargée d’une mission primordiale : libérer les Sentinelles et sauver l’Empire de la menace Ts’liche.

« Ewilan, lorsqu’elle a dessiné le sabre d’Edwin, a eu la bonne idée de le lui placer entre les mains et non de le ficher dans un rocher jusqu’à la garde. C’est peut-être moins romantique, mais sacrément plus pratique ! »

Les romans de Bottero en quelques mots…

Fantastique – Imagination – Humour – Amour – Aventure – Découverte – Voyage

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