#397 Hex – Thomas Olde Heuvelt

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Le résumé…

Bienvenue à Black Spring, charmante petite ville américaine. Mais ce ne sont que les apparences : Black Spring est hantée par une sorcière dont les yeux et la bouche sont cousus. Elle rôde dans les rues et entre chez les gens à sa guise, restant parfois des nuits entières au chevet des enfants. Les habitants s’y sont tant habitués qu’il leur arrive d’oublier sa présence. Ou la menace qu’elle représente. Car chacun sait ce qui leur arrivera s’ils la touchent ou écoutent ses chuchotements. Et si la vérité sort de son enceinte, la ville entière disparaîtra. Pour empêcher la malédiction de se propager, les habitants de Black Spring ont développé des stratagèmes et des techniques de pointe. Mais un groupe d’adolescents locaux décide de braver les règles et les interdits, et plonge la ville dans un atroce cauchemar…

Mon avis…

Hello tout le monde ! Aujourd’hui je vous parle d’un livre d’horreur qui traîne depuis trèèès longtemps dans ma bibliothèque (j’avais la version anglaise). J’ai nommé : Hex. L’objectif était vraiment très clair : me faire peur ! Le résumé crée déjà un petit malaise très prometteur, donc forcément je me suis laissée tenter. Je suis entrée assez facilement dans cette étrange histoire. Thomas Olde Heuvelt nous emmène aux États-Unis, au XXIème siècle. Black Spring a tout d’un village normal… si ce n’est la sorcière qu’il abrite, qui apparaît et disparaît au gré de ses envies chez les habitants, dans la rue et dans la forêt alentour. Ce qui est très original dans ce livre, au contraire des autres romans d’horreur, c’est que la source de l’horreur, justement, est toujours visible. Grâce à une appli de géolocalisation, les habitants de Black Spring savent en permanence où se trouvent la sorcière. Et, clairement, ils s’adaptent assez bien à sa présence. Pour la plupart, elle ne les inquiète plus vraiment, sauf quand ils se souviennent du grand nombre de morts dont elle a été responsable par le passé… Ses yeux et ses lèvres, cousus, doivent le rester coûte que coûte. Mais, un jour, tout va être bouleversé, quand des jeunes décident de se rebeller contre les strictes règles établies pour protéger le village. Et, petit à petit, la crainte s’insinue, y compris chez le lecteur… Je dois être honnête, c’est davantage une sourde angoisse, un malaise, qu’une véritable peur. Ce sentiment vient précisément du bouleversement de l’équilibre que les villageois avaient réussi à instituer avec la sorcière.

Le récit est absolument prenant. On veut comprendre comment et pourquoi tout cela se passe… Et, concrètement, on veut tout simplement savoir ce qu’il se passe exactement. Je ne vous dirai pas si nous avons les réponses à ces questions, mais simplement que la fin m’a un peu déplu. Comme beaucoup de lecteurs je crois. En fait, j’étais prête à l’accepter et à la trouver plutôt bonne (mais pas à la hauteur de mes attentes pour autant), jusqu’à ce que je découvre la postface de l’auteur, qui nous annonce que la version que nous avons entre les mains est une réécriture pour le public international ! A savoir que le livre a d’abord paru en néerlandais, et qu’ensuite on a proposé à Thomas Olde Heuvelt de modifier la fin et le cadre de l’histoire pour la situer aux États-Unis. La version originale, qui est apparemment très très différente, n’est donc disponible qu’en néerlandais… Et j’avoue que j’aurais bien aimé en savoir plus et y avoir accès, mais je ne lis pas un mot de néerlandais… J’espère qu’elle sera traduite un jour, car j’ai étrangement le sentiment que j’aurais peut-être plus accroché à cette fin initiale qu’à celle qui nous est proposée ici. Cette dernière n’enlève rien à la qualité du livre, mais il y a juste un petit truc qui cloche, et je ne sais pas ce que c’est… Malgré tout, j’ai clairement aimé cette lecture, et je n’ai pas pu lâcher le livre jusqu’au bout. Et oui, j’ai regardé autour de moi pendant la lecture, et je n’osais plus trop me lever de mon lit pour aller dans la salle de bain ! La tension était au rendez-vous.

Carte d’identité du livre

Titre : Hex
Auteur : Thomas Olde Heuvelt
Traducteur : Benoît Domis
Éditeur : Le Livre de Poche
Date de parution : 13 février 2019

5 étoiles

#361 Nos vies d’après – Thomas Pierce

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Le résumé…

Jim Byrd a une vie normale, jusqu’au jour où il fait un arrêt cardiaque. Revenu à lui, il apprend qu’il est resté mort cinq minutes entières. Pourtant, il n’a vu ni lumière blanche accueillante ni chœur de séraphins, juste le vide, l’absence. Grâce à un réseau électrique installé autour de son cœur, il ne risque plus rien et peut même suivre les battements et les crises de son cœur sur une appli smartphone. Cette impression de tenir son propre cœur dans sa main le fait réfléchir, d’autant plus que, alors qu’il se trouve dans un restaurant, il découvre les preuves d’une existence surnaturelle, une voix qui appelle dans un escalier et plonge les vivants dans une tristesse profonde. Jim décide alors d’enquêter sur l’origine de cette voix : peut-être existe-t-il d’autres formes de vie après la mort que la lumière blanche au bout du tunnel ? Peut-être sa propre expérience lui donne-t-elle accès à quelque chose au-delà du monde des vivants ?

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Mon avis…

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un roman coup de cœur. C’est un livre très riche, foisonnant, qui évoque des thématiques inépuisables avec justesse et délicatesse : la mort, l’amour, l’après, la peur, l’avenir, le passé… Quelles traces laissons-nous de notre passage sur terre ? En laissons-nous seulement ? Y a-t-il quelque chose après la mort, ou plutôt après la vie ? Ces questions angoissantes, nous nous les sommes tous et toutes posées un jour… Et personne n’aura probablement jamais les réponses. Thomas Pierce ne se propose pas d’en donner, mais il nous plonge dans l’histoire de personnages qui partent en quête de ces réponses.

Jim Byrd, le personnage principal, est presque mort, un jour. Ou plutôt, il est mort quelques minutes, puis il est revenu. Mais ce qu’évoquent certaines personnes – la lumière blanche, le tunnel, les êtres aimés qui nous attendent -, il ne l’a pas vu. Rien. Il doit continuer sa vie avec l’idée qu’après, c’est peut-être le vide. Il tombe amoureux, il construit son existence malgré le doute. Et pourtant, un jour, avec sa nouvelle compagne Annie, il entend une voix dans un escalier. Une voix qui vient d’ailleurs, et d’ici en même temps. La voix d’une personne qui est là sans être là… Tous deux décident d’enquêter pour comprendre d’où vient ce phénomène. En partant à la recherche d’un fantôme, ils se lancent à la poursuite de leur passé et de leur avenir.

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J’ai trouvé ce roman passionnant. L’intrigue est absolument prenante, le mystère est entier et maintenu jusqu’à la fin.  Les personnages sont attachants, en raison de leurs faiblesses mais aussi de leurs forces respectives. L’ensemble se déroule dans un monde en plein progrès, un peu futuriste, à la fois distant et très proche de celui que nous connaissons aujourd’hui : des hologrammes marchent dans les rues, aux côtés des vivants, rien ne permet de les différencier des êtres humains ; une scientifique travaille à une machine permettant de réunir vivants et morts ; des hackers essaient de prendre le contrôle des cœurs artificiels de malheureux patients… Le monde semble un peu déconner, et c’est dans une quête de stabilité et de certitude que se lancent les personnages. En trouveront-ils ? Rien n’est moins sûr.

Suspense, héros et héroïne attachant.e.s, philosophie, action, questions existentielles… Tout y est pour passer un bon moment de lecture. Je n’ai pas déploré une seule longueur, un seul moment de flottement. Chaque instant m’a semblé utile à l’intrigue et au déroulement du roman. Je n’ai pas pu le lâcher jusqu’à la fin, que j’avais envie de connaître tout en regrettant qu’elle arrive… Un peu comme la mort, peut-être : on ne voudrait pour rien au monde qu’elle vienne nous trouver, et pourtant on se demande tous et toutes à quoi elle peut bien ressembler… Mais ne vous inquiétez pas, rien de déprimant dans ce roman, au contraire ! Comme la couverture le laisse deviner, c’est un livre qui parle plus des couleurs de la vie que de l’obscurité de la mort. Vivant, voilà ce qu’est ce roman. Laissez-vous porter.

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Carte d’identité du livre

Titre : Nos vies d’après
Auteur : Thomas Pierce
Traductrice : Héloïse Esquié
Éditeur : Denoël
Date de parution : 14 février 2019

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Coup de cœur

5 étoiles

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

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