#285 Les Monologues du Vagin – Eve Ensler

B26627

Le résumé…

Mon avis…

Les Monologues du Vagin, une oeuvre dont tout le monde a entendu parler. Mais beaucoup n’ont pas eu la chance de la voir représentée au théâtre. Alors, il reste le livre : à découvrir ou redécouvrir. C’est un texte à la fois drôle, touchant, bouleversant, engagé… Mais surtout, c’est un texte essentiel ! Il donne la parole à des personnages féminins multiples, tous différents et singuliers, mais ayant une chose en commun : un vagin. Et c’est ce vagin qu’elles se réapproprient. C’est une oeuvre polyphonique, qui laisse entrevoir toutes les facettes de cette partie du corps féminin longtemps restée ignorée alors qu’elle est pourtant au cœur de tout. Les Monologues du vagin, résolument féministes. Dire le mot « vagin », « vagin », « vagin », et encore « vagin », c’est le démythifier, se le réapproprier, apprendre à le connaître, à le posséder. Redevenir soi-même, enfin. Ce livre souligne la nécessité absolue pour les femmes d’entrer en possession de leur corps, d’en reprendre les clés aux hommes. Le vagin, c’est à la fois un « lieu » de douceur et de violence, de tendresse et de brutalité. Les Monologues donnent une voix à celles qui souffrent, comme à celles qui aiment. Eve Ensler voulait faire des « interviews de vagins« , et cela a donné ce livre incontournable. Que d’émotions à sa lecture, et des émotions multiples s’il en est. A lire absolument, que l’on ait un vagin ou non, que l’on soit féministe ou non. Un texte fondateur.

féminismeblog

#273 Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin! – Eliane Viennot

non le masculin

Le résumé…

Le long effort des grammairiens et des académiciens pour masculiniser le français a suscité de vives résistances chez celles et ceux qui, longtemps, ont parlé et écrit cette langue sans appliquer des règles contraires à sa logique.

La domination du genre masculin sur le genre féminin initiée au XVIIe siècle ne s’est en effet imposée qu’à la fin du XIXe avec l’instruction obligatoire. Depuis, des générations d’écolières et d’écoliers répètent inlassablement que « le masculin l’emporte sur le féminin », se préparant ainsi à occuper des places différentes et hiérarchisées dans la société.

Ce livre retrace l’histoire d’une entreprise à la misogynie affirmée ou honteuse, selon les époques. Riche en exemples empruntés aux deux camps, il nous convie à un parcours plein de surprises où l’on en apprend de belles sur la « virilisation » des noms de métier, sur les usages qui prévalaient en matière d’accords, sur l’utilisation des pronoms ou sur les opérations « trans-genre » subies par certains mots.

Résultat de recherche d'images pour "eliane viennot"

 

Mon avis…

Ces derniers temps, la question du féminisme fait de plus en plus parler d’elle, en marge des mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc. Les débats se sont agités autour du sujet de l’écriture inclusive… Bref, l’actualité nous amène à nous interroger sur notre propre implication dans le mouvement féministe. Et, parfois, pour y voir plus clair, quelques livres peuvent aider… Celui-ci est tout indiqué. Elianne Viennot nous propose une mise au point à la fois limpide, synthétique et érudite sur la fameuse règle grammaticale selon laquelle « le masculin l’emporte sur le féminin ». Ce livre me paraît presque indispensable, pour plusieurs raisons. D’abord, il permet de remettre certaines choses au clair : non, il ne s’agit pas de féminiser la langue, mais de la dé-masculiniser. Et pour comprendre cela, il faut retracer l’historique de cette règle contestable, montrer qu’elle est étroitement en lien avec la domination masculine. Comment s’est-elle imposée ? Pourquoi ? Les locuteurs l’ont-ils naturellement accepté ? (la réponse à cette dernière question est non). Bref, cela permet une chose : se rendre compte que revenir en arrière, dans le bon sens, n’est pas impossible ! Et ne brutalisera aucunement la langue. Je ne peux pas vraiment en dire plus car je dirais moins bien qu’Eliane Viennot, et ce serait bien dommage… J’aimerais vraiment remercier les éditions iXe pour leur implication et l’originalité salvatrice de leur démarche. L’autrice pratique l’accord de proximité, l’écriture inclusive, et nous prouve ainsi que le changement est possible !

féminismeblog

#272 Une si longue lettre – Mariama Bâ

mariamaba

Le résumé…

L’auteur fait parler une femme du Sénégal, Ramatoulaye Fall qui écrit à une amie de jeunesse, Aïssatou Ba. A travers le quotidien qu’elle lui conte, c’est toute l’existence des femmes africaines qui se trouve dévoilée.

Résultat de recherche d'images pour "mariama bâ"

Mon avis…

Quel chef d’oeuvre que ce livre… Un peu méconnu, mais véritable monument de la littérature féminine et féministe, ce roman nous offre un regard inédit sur la vie des femmes africaines. Mariama Bâ, en s’inspirant notamment de sa propre vie, nous raconte l’histoire de plusieurs personnages, parmi lesquels Ramatoulaye et Aïssatou. Toutes les deux ont en commun, mais à leur manière, de s’investir dans la lutte pour le droit des femmes. Pourtant, chacune fait des choix de vie différents. L’auteur aborde des thèmes parfois tabous sous un angle original. Ce livre traite notamment de la polygamie et de la façon dont cette pratique courante est vécue par les femmes. Aïssatou, elle, a choisi de quitter son mari et d’aller vivre sa vie ailleurs, refusant cette situation imposée. Ramatoulaye, contrairement à elle, reste. Mais elle n’en est pas moins touchée par ce qu’elle considère comme une trahison de la part de son mari. Ce roman nous fait voir la dureté de la société et la difficulté de ces êtres à s’y affirmer. C’est un livre engagé, vibrant de réflexions sur le féminin dans le monde africain, mais aussi sur les rapports entre êtres humains, sur l’amour, l’amitié, les obstacles de la vie sociale. C’est un texte essentiel, qui se lit vite et bien, grâce à une écriture efficace et claire. Un véritable trésor à découvrir !

Résultat de recherche d'images pour "écriture"