Saint-Maur en Poche 2018

Impression

Le week-end dernier, plus précisément le dimanche, j’étais en vadrouille à Saint-Maur en Poche ! C’est un salon du livre près de Paris, très convivial, chaleureux, de quoi passer un moment magique. C’est organisé par les libraires de La Griffe Noire, à savoir Gérard Collard et Jean-Edgar Casel. Leur librairie fêtait cette année ses 30 ans et le salon ses 10 ans ! Même si je lorgnais depuis des années sur ce salon, c’était mon premier SMEP, et j’espère que ce ne sera pas le dernier. Malheureusement, j’ai été malade et je n’ai pas pu rester toute la journée, donc je n’ai pas pu profiter à fond comme je l’aurais voulu… mais j’ai quand même des petites choses à partager avec vous !

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Ce salon est exceptionnel, car on peut discuter avec les auteurs, passer du temps à échanger avec eux ! On peut se laisser aller aux découvertes. C’est aussi une librairie à ciel ouvert, avec des livres partout, des conseils de libraires, mais aussi des tables rondes, des petites conférences, des ateliers, etc. En plus, ce qui ne gâche rien, c’est hyper bien organisé. On rencontre des gens sympathiques au détour des allées – auteurs comme lecteurs – et on passe des moments inoubliables.

Voici mes trouvailles :

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J’ai ainsi commencé par aller faire un petit coucou à Olivier Norek (évidemment) qui était en rupture de stock de son roman Entre deux mondes, succès mérité !

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Je me suis immédiatement après dirigée vers Niko Tackian qui a été très très sympathique et m’a conseillée dans mon choix. Je ne savais pas par quel livre commencer et il m’a très bien guidée. J’ai ainsi opté pour La nuit n’est jamais complète.

Juste à côté de lui, qui y avait-il ? Nicolas Lebel ! Le fameux, qu’Olivier Norek est toujours en train de taquiner… Alors, évidemment, je ne pouvais pas manquer de prendre son premier livre pour le découvrir : L’heure des fous !

Je suis ensuite passée voir Bénédicte Voile pour parler avec elle de Comment maigrir sans rien manger ? Elle m’a fait une magnifique dédicace, qui me ressemble, et ça j’ai juste adoré ! Elle est très sympa, et c’était une jolie rencontre. J’ai malheureusement manqué sa comparse Coco mais ce n’est que partie remise… du moins j’espère !

J’ai également rencontré Négar Djavadi et j’ai pris son livre Désorientale, récemment sorti en poche, et dont je n’ai toujours entendu que du bien.

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Une des rencontres que j’ai beaucoup aimée est celle avec François-Xavier Dillard, qui est tout simplement adorable et très bavard ! On a parlé de son dernier roman, l’excellent Réveille-toi ! et, puisque je voulais lire un autre de ses livres, il m’a conseillé de commencer par Fais-le pour maman, tout en m’expliquant la genèse de son livre et quelques anecdotes le concernant. Bref, une rencontre comme on les apprécie et comme on en a peu dans d’autres salons !

Il fallait aussi que je choisisse un roman pour découvrir Claire Favan ! C’est l’autrice elle-même qui m’a conseillée en fonction de mes goûts, et j’ai donc pris Le tueur intime, parce que c’était exactement ce que je cherchais : plonger dans la tête d’un psychopathe.

Je ne pouvais pas passer à côté de Dust de Sonja Delzongle, un roman qui me fait de l’œil depuis très longtemps.

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J’ai aussi totalement découvert Elena Piacentini, qui m’a gentiment dédicacé un de ses livres : Des forêts et des âmes. J’avoue que je ne connaissais absolument pas et c’est le côté sympathique de SMEP, qui permet de se laisser tenter et de se laisser aller à la découverte au détour des allées.

Et, encore par hasard, je suis tombée sur Natacha Calestrémé et son livre Le Testament des Abeilles, qui a l’air très très prometteur !

Là, je me suis fait aborder par Monique Le Dantec qui m’a vendu son livre Les Jardins d’Allah. Le sujet m’intéressait, donc je me suis laissée tenter, même si a priori je ne me serais pas forcément arrêtée.

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Je vais également pouvoir découvrir le thriller polonais grâce au très sympathique Zygmunt Miloszewski, qui m’a résumé les intrigues en français, avec un accent trop mignon, et son roman Les impliqués. Ce sera sûrement un des premiers livres que je lirais de cette récolte SMEP !

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Quelques petits regrets tout de même, qui ne sont pas dus à l’organisation et au salon, mais plutôt à mes imprévus personnels, c’est notamment de ne pas avoir rencontré Franck Thilliez et Karine Giébel. J’aurais aimé pouvoir y passer la journée entière et pouvoir profiter plus et remplir encore un peu mon panier de livres ! Il manquait aussi mon chouchou, Sire Cédric, qui n’était pas présent cette année, que j’aimerais énormément revoir. J’aurais bien voulu voir un tas d’autres auteurs, mais ce sera pour l’année prochaine !!! 

Pour un compte-rendu bien plus détaillé, qui vous donnera forcément envie de venir à Saint-Maur l’année prochaine, c’est (notamment) ici.

En tout cas, j’aimerais remercier tous les fantastiques auteurs et autrices qui ont fait de cette vadrouille un moment magique qui se prolongera, je l’espère, dans la lecture de leurs livres ! Et, surtout, merci aux organisateurs de SMEP, aux bénévoles et aux libraires de La Griffe Noire, et à tous ces gens de l’ombre qui ont œuvré pour que cet événement ait lieu !

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Télérama contre Franck Thilliez : ma réaction

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Devrais-je avoir honte de lire Franck Thilliez ? Si l’on se fie à la journaliste de Télérama, Marine Landrot, oui. Remettons tout cela en contexte. D’abord, l’autrice de l’article « En vacances avec Franck Thilliez » se réjouit du résultat d’un sondage montrant que « 80 % des Français n’envisagent pas de partir sans un livre. » Oui mais voilà, pour mériter le respect de cette éminente journaliste de Télérama, il faudrait lire des textes élitistes sinon rien :

« Tout de suite, on imagine des hordes de touristes, la poche avant du sac à dos carrelée d’un bouquin prêt à prendre l’eau et les yeux, voire les deux à la fois quand ça larmoie. Qui La Tache de Philip Roth, qui Lambeaux de Charles Juliet, qui Manuscrit zéro de Yoko Ogawa, qui Just Kids de Patti Smith. De la variété, de l’appétit, de l’élévation. »

Dommage pour elle, ce ne sont pas ces ouvrages qui sont lus par la plupart des vacanciers, mais ceux de Musso, Dicker, Chattam et… Thilliez, auquel elle s’attaque avec virulence. Avec tout le respect que je dois à cette journaliste, le mépris qui suinte de cet article est tout simplement scandaleux. Si 80% des gens interrogés n’envisagent pas de partir en vacances sans un livre, réjouissons-nous ! Et si ce livre doit être de Franck Thilliez, où est le problème ? D’abord, rappelons que cet auteur écrit très bien. Il aurait été très facile de trouver de mauvais romans, alors j’avoue que ce choix m’étonne. J’imagine que, pour cette journaliste de Télérama, c’est la littérature populaire qui pose problème. Les qualités littéraires ne sont pas en question. Pour une journaliste comme celle-ci, il est probablement toujours plus flatteur de dire « cet été, j’ai lu Lambeaux de Charles Juliet » que de dire « cet été, j’ai lu Sharko de Franck Thilliez ». J’aimerais dire une chose : je suis étudiante en Lettres, je vais faire un doctorat, j’ai lu Lambeaux de Juliet, je lis énormément d’œuvres que cette journaliste jugeraient probablement comme étant d’excellentes lectures, suffisamment exigeantes pour avoir son approbation. Mais j’adore Franck Thilliez, et je n’en ai aucunement honte.

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Franck Thilliez procure, grâce à ses livres, du plaisir à l’état pur. Il répond aux désirs de ses lecteurs d’être emportés dans des fictions passionnantes, bien menées, maîtrisées. C’est du divertissement, oui, et de qualité. Je l’ai dit dans ma chronique du Manuscrit inachevé, j’ai adoré sa façon de faire réfléchir le lecteur, de le rendre acteur du roman. Avec Thilliez, je suis devenue, à mon tour, le temps de ma lecture, une enquêtrice. J’ai récolté les indices, je me suis interrogée, je me suis retourné l’esprit, et j’ai adoré ça ! Je ne hiérarchise pas mes lectures, et encore moins celle des autres. Mépriser ceux qui aiment la littérature « populaire », parce que nous lisons nous-mêmes des œuvres parfois très complexes et qui n’ont rien de « populaire », est tout simplement intolérable. Et la journaliste d’associer le nom du personnage Sharko à l’ancien président Sarkozy puis à la maladie de Charcot, et de se lancer quelques fleurs, car on n’est jamais mieux servi que par soi-même concernant les flatteries. Pour moi, les deux dernières phrases résument à la perfection la terrible réalité qui se cache derrière cet article :

« Voilà ce que c’est que d’avoir une pensée en arborescence. Il en résulte des difficultés de concentration, que visiblement la jeune lectrice du métro n’a pas, captivée comme elle est. »

Mépris. Voilà le mot qui caractérise cet article. Cette journaliste, parce qu’elle a lu – ou plutôt parce qu’elle mentionneLambeaux de Charles Juliet ou La Tache de Philip Roth (auquel elle pense probablement parce qu’il vient de nous quitter), se considère donc comme supérieure à ces lecteurs qui se contentent de Thilliez ou Chattam. Elle a « une pensée en arborescence », et bien je lui dis : félicitations. Et de s’opposer à cette « jeune lectrice du métro », qu’elle juge sur la base d’un seul livre qu’elle lui voit dans les mains. Dis-moi ce que tu lis, je te dirais qui tu es, n’est-ce pas ? Peut-être, mais réduire une personne à une seule de ses lectures revient à un jugement hâtif et inapproprié. La mépriser pour cette lecture est totalement honteux.

Parler d’un auteur, Thilliez, que l’on n’a probablement jamais lu et décider de le mépriser parce qu’il se vend bien, n’est pas digne d’une journaliste. Ce billet d’humeur de Marine Landrot est dérangeant, car il témoigne d’un mépris de classe. Etre journaliste à Télérama, il y a pire dans la vie. C’est une situation professionnelle plutôt confortable, et la chance de fréquenter des milieux privilégiés n’est pas donnée à tout le monde. Alors, en étant journaliste à Télérama, il semblerait que l’on ne doive pas lire de littérature populaire. Libre à elle de lire ce qu’elle veut, et libre à chacun de lire ce qu’il veut. Charles Juliet et Franck Thilliez peuvent se côtoyer dans une bibliothèque ou dans une valise. Et j’ajouterais qu’ils sont tout simplement incomparables et que, finalement, tout le développement de cet article est aporétique. Comment opposer deux œuvres qui n’ont absolument rien à voir l’une avec l’autre ?

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Je voulais revenir sur cet article, car je considère qu’il est symptomatique d’une réalité de notre société. Au quotidien, je vois tant de gens qui pensent gagner en prestige en achetant les œuvres de Philip Roth en Pléiade par exemple, pour les poser sur leurs étagères et laisser leurs invités en contempler les tranches dorées. Mais je préfère largement avoir de longues conversations avec les lecteurs passionnés de polars, qui ont lu le dernier Thilliez et l’ont adoré, qui veulent acheter le nouveau Giébel ou encore imaginent l’intrigue du prochain Norek ! Mentionner des œuvres en les élevant comme parangon de la bonne littérature, de celle qu’il faut lire, ne suffit pas à l’intelligence. Apprenez, madame la journaliste, qu’il n’y a pas de « il faut » qui vaille en littérature.

Alors, non, je n’ai pas honte d’aimer Thilliez. Et j’encourage chacun à lire les auteurs qu’il souhaite lire, à glisser dans son sac à dos Sharko ou un autre roman populaire, ou un Balzac, un Roth, un Juliet, un Atwood, un Chattam, un Musso, un Darrieussecq ou n’importe quel livre. L’important, c’est la curiosité, le plaisir tiré de la lecture.

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#294 Le Manuscrit inachevé – Franck Thilliez

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Le résumé…

Aux alentours de Grenoble, une voiture finit sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans le coffre, le corps d’une femme. À la station-service où a été vu le conducteur pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme n’est pas le propriétaire du véhicule.

Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. Sa vie ? Un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L’Inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale, et le traumatisme de l’enlèvement de sa fille Sarah. L’agression soudaine de son mari va faire resurgir le pire des quatre dernières années écoulées.

Dans le vent, le sable et le brouillard, une question parmi d’autres se pose : vers qui, vers quoi se tourner, quand l’unique vérité est que tout vous devient étranger ?

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Mon avis…

Le Manuscrit inachevé est le tout dernier roman de Franck Thilliez. Autant dire qu’il était très très attendu ! Une fois que je l’ai eu entre les mains, je l’ai littéralement dévoré. Il s’agit, pour moi, d’un des meilleurs livres de Franck Thilliez. C’est un one-shot, ou roman indépendant. Du début à la fin, le lecteur est donc plongé dans une atmosphère nouvelle et inédite, accompagné de personnages inconnus et suscitant de nombreuses interrogations. Dans ce roman, la mémoire faillit, les esprits doutent, les hypothèses se croisent et s’entremêlent, les discours se contredisent et les secrets se façonnent… Franck Thilliez nous montre plusieurs façons de mener l’enquête : celle du personnage principal Léane l’autrice de thrillers, celle de Vic et Vadim, deux enquêteurs du sud de la France, et celle de Colin, un flic berckois. C’est un livre riche en points de vue, en rebondissements, en retournements de situation… Le tout est construit sur la base d’une mise en abyme : ce n’est pas « vraiment » le livre de Franck Thilliez que nous lisons mais celui d’un certain Caleb Traskman, racontant lui-même l’histoire d’Enaël Miraure, nom de plume de Léane, qui a écrit un livre intitulé… Le Manuscrit inachevé ! En bref, un récit machiavélique et complexe, à la manière d’un jeu de piste pour les personnages comme pour le lecteur. Tant de questions se bousculent dans notre esprit, et le suspense reste entier jusqu’au bout. Franck Thilliez nous propose de mener l’enquête à notre tour, en semant une multitude d’indices et de références, dans un roman participatif absolument labyrinthique comme l’on en fait rarement ! La lecture est active, elle devient un véritable jeu ! Nous voici acteurs du Manuscrit inachevé. A nous d’en écrire la fin ?

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Coup de cœur

#214 Rêver – Franck Thilliez

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Le résumé…

« Pour la plupart des gens, le rêve s’arrête au réveil. » Si ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres. Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai. Abigaël a beau être cette psychologue qu’on s’arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l’emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l’un de l’autre, elle n’a pas trouvé mieux que la douleur. Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l’accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s’exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l’enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.

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Mon avis…

Après avoir adoré Pandemia, je craignais évidemment d’être un peu déçue par les nouveaux romans de Franck Thilliez, tant le coup de cœur avait été gros. J’attendais cependant avec impatience Rêver, dont le thème me semble on ne peut plus adapté pour un thriller. Quoi de pire que de voir ses rêves et la réalité se mêler, se confondre, au point de ne plus pouvoir les différencier ? Etant souvent sujette à de terribles cauchemars, cela m’a beaucoup parlé. Tout le monde ne fait pas de beaux rêves ! Abigaël est atteinte de narcolepsie, elle s’endort n’importe comment, sans la moindre raison… Son histoire, si énigmatique, suggère que quelqu’un la manipule, ou bien qu’elle devient folle. Personnellement, j’ai vite opté pour la première solution, l’objectif étant de savoir qui. La grosse originalité de ce roman est que les chapitres sont dans un ordre assez particulier. En fait, ils sont tous mélangés… Si bien qu’on apprend les choses en décalé, parfois à l’avance, parfois en retard, au même rythme qu’Abigaël. Nous sommes aussi perdus qu’elle et nous avons les mêmes éléments qu’elle pour résoudre l’énigme. En fait, Franck Thilliez nous fait participer à une véritable enquête. Il y a même un chapitre manquant, que vous pourrez trouver sur Internet grâce à un code caché dans le roman, ce qui va vous obliger à être attentif ! Ne trichez pas, c’est plutôt drôle ! Et, en plus du chapitre manquant, vous pourrez trouver le véritable ordre des chapitres, leur ordre « logique » et surtout « chronologique » !

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Alors, vous l’aurez compris, sur le plan de la forme : c’est parfait, Franck Thilliez a pensé à tout, et à plus encore… Sur le fond, l’intrigue est excellente. Les personnages, s’ils ne sont pas extrêmement attachants, nous donnent envie de les suivre au fil du roman, ils nous accrochent suffisamment. Pourtant, j’avoue que j’ai été un peu déçue de découvrir le fin mot de l’histoire trop tôt à mon goût ! Bon, il faut dire que j’avais tout un voyage en voiture du nord de la France au sud de l’Ecosse pour découvrir ce livre, et je me suis donc plongée en plein dedans… J’ai vu cette lecture comme un défi qui a finalement dépassé le côté simple divertissement. Je suppose que lire avec un cerveau moins « échauffé » pourrait tout à fait permettre d’avoir une vraie surprise à la fin ! En tout cas, Franck Thilliez a tout fait pour nous laisser douter du début à la fin, en particulier grâce au coup des chapitres mélangés, comme des petits papiers dans une boîte qu’on aurait bien secoué. Je ne peux pas m’empêcher de comparer Rêver à Pandemia, ma référence Thilliez, dirons-nous. L’histoire, qui prend racine sur une base plutôt originale, perd de sa force au dénouement. Il y a une chose qui m’a gênée, peut-être la simplicité de l’intrigue, malgré l’aspect très complexe. En revanche, Franck Thilliez reste une valeur sûre, et Rêver ne déroge pas à la règle. C’est un très bon Thilliez, et donc un excellent thriller ! Je ne regrette pas cette lecture et je la conseillerais même à des proches sans hésiter, d’autant que, contrairement à Pandemia (cette fois, un point positif dans la comparaison), Rêver ne nécessite pas d’avoir suivi une équipe d’enquêteurs depuis plusieurs tomes : il est indépendant, ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour une découverte de l’auteur, une lecture d’été, un cadeau, etc. En résumé : un thriller digne de Thilliez, passionnant, très original dans sa forme, un peu moins dans son intrigue et son dénouement, mais un des livres qui marqueront l’année.

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Ma note…

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#203 Hostiles – Franck Thilliez

Le résumé…

Ce n’était vraiment pas son jour. À la fin d’une journée de travail en plein cœur des Cévennes, Léa, jeune photographe animalière, tombe en panne de voiture sur une route de montagne sinueuse et peu fréquentée. Elle est soulagée quand un homme finit par passer et s’arrêter pour l’emmener. Malheureusement, lorsqu’un projectile frappe la voiture, Marc, par réflexe, fait un écart et c’est la chute. Léa et Marc se retrouvent pris au piège en contrebas de la route, dans la forêt, prisonniers dans la voiture, sans eau, sans nourriture, sans téléphone. Le tableau semble désespéré, pourtant le pire n’est pas toujours où l’on croit…

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Illustration de Hostiles par Dominique Corbasson pour « Les petits polars du Monde »…

Mon avis…

Je suis tombée par hasard, en me baladant dans les rayons numériques de decitre.fr, sur une nouvelle gratuite de Franck Thilliez… Evidemment, connaissant l’auteur, je n’ai pas hésité un seul instant ! Je me suis donc lancée quand j’avais un peu de temps pour moi, la nouvelle étant sur mon téléphone grâce à une application pour lire en numérique. Et je n’ai pas été déçue. Comme toujours, Franck Thilliez sait nous surprendre. Quand on pense avoir tout vu, avoir tout compris à l’intrigue et au dénouement, il nous montre que, non, il y a encore des choses à découvrir, des surprises à venir. C’est vraiment la fin de la nouvelle qui m’a bluffée car je ne m’y attendais pas (ou presque). J’avais quelques doutes, je sentais que quelque chose clochait, mais comme toujours avec Franck Thilliez, on ne sait pas quoi. J’ai eu la même sensation avec L’encre et le sang, nouvelle plus longue que celle-ci. Hostiles, en fait, est un échantillon de plaisir pour les amateurs de thrillers ou pour ceux qui veulent (enfin) découvrir l’auteur. Evidemment, vous ne vous demandez même pas si je vous la conseille, cela parait si évident. Thilliez parvient à faire d’une situation déjà très angoissante (une panne) une situation encore plus angoissante (un accident),  puis ce moment terriblement violent devient une attente interminable et effrayante… Mais là encore, ce n’est pas fini. Vous ne saurez que dans les dernières lignes, les derniers mots, de la nouvelle, ce qu’il en est vraiment… Alors, tentez cette lecture sans hésiter. Après tout, ça ne coûte rien !

Illustration de Hostiles par Dominique Corbasson pour « Les petits polars du Monde »…

Ma note…

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#200 L’Encre et le Sang – Franck Thilliez et Laurent Scalese

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Le résumé…

Au fond d’un vieux garage hongkongais, elle est là. Elle l’attend. La machine. Il suffit de taper. Et tout s’écrira, dans la réalité. Très vite, l’écrivain William Sagnier comprend qu’il tient là l’instrument de sa vengeance. La femme qui l’a trompé. L’homme qui lui a volé son livre. Tous ceux qui l’ont humilié, utilisé, détruit, le seront à leur tour. La vie, la mort, la toute-puissance au bout des doigts, là où se mélangent l’encre et le sang…

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Mon avis…

Comment appeler ce livre ? Un petit roman ou une nouvelle ? Peu importe, c’est un récit court mais terriblement efficace. Ou je devrais dire « horriblement »… En effet, la collaboration de Franck Thilliez et Laurent Scalese est un véritable succès horrifique. Je ne reprocherais en aucun cas la longueur du livre car la lecture est d’une intensité bluffante. C’est un thriller particulièrement riche et puissant, le tout en crescendo, jusqu’à une véritable apogée machiavélique. L’encre et le sang, en effet, est un livre qui ne peut que plaire aux amateurs de thrillers. Si vous n’avez jamais lu Franck Thilliez ou Laurent Scalese, c’est une occasion de découvrir. Et si vous voulez vous lancer dans le genre du thriller, sans trop savoir par quoi commencer, pourquoi ne pas essayer celui-ci ? J’avais déjà eu un énorme coup de coeur pour Pandemia de Franck Thilliez donc imaginez pas joie en voyant que ma soeur m’avait envoyé un autre de ses récits. J’ai été on ne peut plus heureuse. Ce que j’ai apprécié dans celui-ci, c’est le côté un peu « fantastique » avec la machine à écrire qui réalise tout ce que l’on imagine. Ainsi, on ne peut jamais prévoir ce qui va suivre, on est surpris tout au fil du récit. Les auteurs distillent de discrets indices dans le texte pour nous laisser deviner le dénouement, et pourtant il est tellement surprenant. C’est un des meilleurs « thrillers » que j’ai jamais lu, bien qu’il soit court. C’était un moment d’une intensité magique.

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Imaginez que tout ce que vous écrivez devienne réalité, grâce à une machine à écrire « magique »… ou plutôt « maudite ». Tout dépend de ce que l’on en fait. Feriez-vous le bien ? le mal ? William, personnage principale de ce livre, a vite fait son choix : ce sera le mal, le mal le plus terrible. Auteur de thrillers lui aussi, il a l’imagination fertile et les victimes parfaites : son ex et celui qui lui a volé son manuscrit pour en tirer le succès à sa place. Les catastrophes, les tortures, les massacres et les manipulations s’enchaînent à une vitesse monstrueuse. On dépasse, en quelques pages, les limites que n’osent même pas dépasser d’autres auteurs sur tout un roman. Je vous conseille donc vivement cette nouvelle, fruit d’une collaboration particulièrement intelligente et machiavélique. Vous ne le regretterez pas 😉

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Ma note…

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Ma dédicace…

Merci à ma sœur pour cette excellente lecture et pour la dédicace qui l’accompagne.

#160 Pandemia – Franck Thilliez

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Le résumé…

 » L’homme, tel que nous le connaissons, est le pire virus de la planète. Il se reproduit, détruit, étouffe ses propres réserves, sans aucun respect, sans stratégie de survie. Sans Nous, cette planète court à la catastrophe. Il faut des hommes purs, sélectionnés parmi les meilleurs, et il faut éliminer le reste. Les microbes sont la solution.  »  Apres Angor, une nouvelle aventure pour Franck Sharko et Lucie Henebelle. Et l’enjeu est de taille : la preservation de l’espèce humaine.

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Mon avis…

Franck Thilliez est très connu par chez moi, dans le nord de la France, et il s’est désormais forgé une solide réputation sur le territoire entier pour ses thrillers subtils et addictifs. Et, honte à moi, je n’avais pas encore sauté le pas de la lecture : trop de livres, pas assez de temps, nous connaissons tous cela… Mais j’ai remédié à ce gros manque en dévorant (littéralement) Pandemia ! Quelle merveille ! Je ne vais pas y aller par quatre chemins : une fois que j’avais commencé ce roman, impossible de le lâcher. En mangeant, avant de dormir, en voiture… Il était toujours là avec moi, malgré mon mal des transports et ma fatigue ! Je n’en reviens pas d’avoir été accrochée à ce point par ce thriller sans précédent pour moi. Il réunissait exactement tout ce que je recherchais depuis longtemps, toutes les qualités qui font d’un livre un bon thriller… De la tension à n’en plus voir le bout, des personnages si attachants qu’on souffre avec eux, une envergure sans précédent dans l’intrigue…

Oui, de l’envergure : voilà le mot qui résume ce thriller. D’habitude, les policiers sont confrontés à des hommes, des visages. Ils cherchent des empreintes, des traces, des indices… Mais ici, la menace est immense, incontrôlable, sournoise : un virus n’a ni visage ni empreinte digitale, ne fait pas d’erreur… La complexité de l’enquête rend le roman encore plus haletant. Chaque découverte est comme une décharge électrique, une poussée d’espoir, mais c’est sans compter l’homme en noir, celui qui contrôle tout, et qui a toujours une longueur d’avance… Tout est calculé, méthodiquement mesuré, malgré la dose de hasard qui semble inévitable dans les phénomènes naturels que sont censées être les maladies…

Le lecteur est malmené avec ce thriller, secoué, presque torturé, mais il aime ça. Franck Thilliez nous donne à réfléchir sur les menaces qui pèsent sur notre société aujourd’hui, sur la folie de certains hommes et sur ce qu’ils sont prêts à faire pour leurs idéaux plus que douteux. Une société moderne ne veut pas dire une société sûre, et c’est aussi ce qu’il nous fait comprendre. En effet, c’est le mot, Pandemia est moderne. C’est le thriller qu’on a même peur de lire tellement il trouvé des échos dans notre perception du monde. Tout est possible, et c’est sûrement ce qui rend ce livre aussi puissant. J’ai beaucoup aimé cet électrochoc que nous offre Franck Thilliez. En deux mots : envergure et modernité résument ce thriller sans merci qui explore la nature humaine jusque dans ses confins les plus obscurs et redoutables…

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Ma note…

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