#419 Une Viking à Rouen – Sophie Dabat

Le résumé…

Prête. Inge Oledöttir a vécu toute sa vie pour cet instant unique : son premier raid en Francie occidentale. Pourquoi alors, après avoir éliminé un à un tous les adversaires qui se dressaient sur son chemin, hésite-t-elle à envoyer l’ennemi, aux yeux aussi tumultueux que les flots de la mer, au Valhalla ? Serait-ce parce que le guerrier franc a osé lui voler un baiser au milieu des combats, à elle qu’aucun homme n’a le droit de toucher, ou parce qu’elle a aimé cet instant plus que tout autre ?

Mon avis…

Coucou tout le monde ! Si vous aviez l’habitude de traîner sur mon blog par le passé, vous savez que je ne suis pas une grande amatrice de romances, et que la collection Harlequin est très loin d’avoir envahi mes bibliothèques ! Comment dire ? Il semblerait que ce genre d’intrigues aient tendance à fortement m’agacer… Les femmes qui ne trouvent leur épanouissement que dans une relation avec un homme, les rôles souvent bien trop genrés, tout ça tout ça… Mais voilà, j’ai reçu ce petit roman en cadeau, Une Viking à Rouen, et je dois avouer que, contre toute attente, je me suis empressée de le lire. J’avais besoin de me changer les idées, de trouver un peu de légèreté dans ce monde anxiogène, je me suis donc lancée.

J’ai d’abord été assez agréablement surprise par l’héroïne, Inge. C’est une femme forte, déterminée, une guerrière dans tous les sens du terme. Elle est indépendante, et elle est aussi célibataire, à la fois par choix et par contrainte : elle rêvait depuis toujours de devenir l’une de ces skjaldmös – des combattantes sacrées – qui la fascinaient tant, et quand elle y parvient c’est la consécration, mais elle doit pour cela renoncer à fonder une famille et à s’unir un jour à un homme, même le temps d’une nuit. Au cours d’un combat, elle croise le chemin d’un guerrier franc, un ennemi. Celui-ci, pour la déstabiliser, l’embrasse, et profite de sa surprise pour se dérober au combat. Une obsession naît alors chez les deux personnages, obligés de constater qu’une attraction mystérieusement forte les unit. Raino, le guerrier franc, est un peu moins attachant – à mon goût – qu’Inge. Je ne me suis pas sentie séduite en tant que lectrice. Mais il a au moins le mérite de montrer du respect envers Inge, qu’il considère comme une grande guerrière, et surtout comme une égale.

Globalement, je dois dire que j’ai apprécié cette lecture. Je trouve que l’autrice a su trouver le juste milieu pour l’avenir des personnages. Elle n’est pas tombée dans le mélodramatique, ni dans la romance excessive. Les personnages sont assez profonds. Inge, en particulier, se questionne énormément, réfléchit aux conséquences de son désir pour Raino, alors qu’elle a juré fidélité à sa déesse. Cela maintient aussi du suspense, ce qui peut devenir relativement rare dans ce genre de récits. La fin est assez satisfaisante et, dans l’ensemble, conclut assez justement un récit plus complexe qu’on ne pourrait l’imaginer. Sur le plan historique, la romancière pose bien le cadre, mais on ne s’approche pas vraiment des mœurs de l’époque. L’Histoire reste un cadre, justement, et n’est pas vraiment centrale. D’ailleurs, j’ai été assez perturbée par le titre… Une Viking à Rouen, mais presque toute l’intrigue se passe ailleurs… Pour « une collection inédite de romances situées au cœur d’une région française », c’est dommage… On est plus souvent du côté de Paris ou de Nantes (avec la ville d’Herbauges), que de Rouen. Mais c’est un détail !

Pour conclure, on peut dire que ce fut une lecture plaisante, plus agréable que je ne l’avais imaginé, et aussi plus subtile ! Cela me tend à revoir un peu mon jugement sur les romances, même si ce n’est pas ce roman qui suffira à m’en faire devenir une grande amatrice. Néanmoins, je le conseille volontiers pour les amateur.rice.s du genre ! Il est vraiment bien écrit, les personnages et l’intrigue sont bien construits, et l’ensemble est assez original. On sort un peu des sentiers battus de la romance.

Carte d’identité du livre

Titre : Une Viking à Rouen
Autrice : Sophie Dabat
Éditeur : Harlequin
Date de parution : 1 juillet 2020

#392 La librairie des rêves suspendus – Emily Blaine

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Le résumé…

Sarah, libraire dans un petit village de Charente, peine à joindre les deux bouts. Entre la plomberie capricieuse de l’immeuble, les murs décrépis et son incapacité notoire à résister à l’envie d’acheter tous les livres d’occasion qui lui tombent sous la main, ses finances sont au plus mal. Alors, quand un ami lui propose un arrangement pour le moins surprenant mais très rémunérateur, elle hésite à peine avant d’accepter. C’est entendu : elle hébergera Maxime Maréchal, acteur aussi célèbre pour ses rôles de bad boy que pour ses incartades avec la justice, afin qu’il effectue en toute discrétion ses travaux d’intérêt général dans la librairie. Si l’acteur peut survivre à un exil en province et des missions de bricolage, elle devrait être capable d’accueillir un être vivant dans son monde d’encre et de papier… Une rencontre émouvante entre deux êtres que tout oppose mais unis par un même désir : celui de vivre leurs rêves.

Mon avis…

C’est l’été, et en été je lis toujours quelques romances ! Ce n’est clairement pas mon genre de prédilection, c’est vrai, mais j’ai parfois besoin d’un peu de légèreté. Quand je suis tombée sur La librairie des rêves suspendus, je me suis dit « pourquoi pas ? ». Après tout, le personnage principal est une libraire donc, tout de suite, ça donne carrément envie. Au début du livre, nous rencontrons donc deux personnages. D’abord, Maxime, un mec absolument insupportable que j’ai tout de suite eu envie de taper, dont le métier est d’être acteur (et qui a pris la grosse tête)… Autant être honnête, il m’a exaspérée. Ma première pensée a été que la lecture allait être laborieuse avec un personnage pareil… Je ne voyais pas comment l’autrice allait réussir à me le rendre appréciable… Ensuite, Sarah, propriétaire d’une librairie d’occasion, qui galère à tenir son commerce à flots. Elle est timide, et personnellement je l’ai trouvée tout aussi insupportable et tête à claques que Maxime… J’avais envie de la secouer un bon coup… En gros, les deux personnages principaux, au début du livre, sont vraiment caricaturaux au possible. En plus, Sarah est décrite comme une sorte d’Emma Bovary des temps modernes, à croire que toutes les lectrices de romans rêvent du prince charmant… Enfin, tout ça pour dire que dans les premières pages, j’avais l’impression d’être tombée dans un téléfilm de l’après-midi sur M6, et je devinais déjà très bien la suite…

Heureusement, les personnages secondaires viennent enrichir un peu la palette psychologique du roman. Le voisin fleuriste charmant mais sans plus m’a bien fait rire, et tous les autres protagonistes étaient très intéressants. J’aurais même aimé que le livre soit un peu plus long pour pouvoir mieux faire connaissance avec eux. Ils auraient mérité qu’on s’attarde un peu plus sur eux. Bon, ce n’est pas la seule chose positive du roman, rassurez-vous. A priori, vous avez peut-être l’impression que j’ai détesté La librairie des rêves suspendus, non ? Je peux vous comprendre, vu ce que je viens de dire sur les personnages principaux… Mais, mais, mais ! Il y a un « mais » ! En effet, c’est vrai que j’ai vu la fin arriver à des kilomètres et que Sarah et Maxime sont vraiment des personnages-types sans grande originalité… Pourtant, j’ai passé un bon moment de lecture, si l’on omet les premiers chapitres qui m’ont un poil énervée mais qui étaient nécessaires pour poser les bases de la « psychologie » des personnages…

Concrètement, Emily Blaine écrit bien. C’est vrai que les événements s’enchaînent un peu trop rapidement à mon goût, mais l’autrice a quand même une bonne maîtrise du rythme. Les échanges entre les personnages sont agréables à lire, les scènes érotiques donnent quelques frissons, il y a aussi beaucoup d’humour et ce qu’il faut de sérieux. Alors oui, c’est un peu « cucul » parfois, un peu too much, pas toujours très subtil, mais ça tient sa promesse : c’est une lecture estivale tout ce qu’il y a de plus agréable tant qu’on n’est pas trop exigeant. Et, parfois, ça fait du bien de relâcher un peu son niveau d’attente envers un livre. Oui, je vous ai souligné les points négatifs du roman, parce que cela me semble important, mais si vous recherchez du divertissement et une lecture plaisir, clairement, La librairie des rêves suspendus fait largement le job. Finalement, malgré ma mauvaise première impression, j’ai bien fait de continuer ce roman qui m’a tout de même fait passer un excellent moment. Pour être honnête, je l’avais un peu abandonné après ces premiers fastidieux chapitres puis je l’ai repris et je ne l’ai plus lâché ! Bon… Désolée pour cette chronique un peu bizarre et un chouïa décousue, à la fois bonne et mauvaise, mais finalement excellente… Bisous.

Carte d’identité du livre

Titre : La librairie des rêves suspendus
Autrice : Emily Blaine
Éditeur : Harlequin
Date de parution : 9 juin 2019

4 étoiles

Merci aux éditions Harlequin et à NetGalley pour cette lecture.

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