#210 Harry Potter et l’Enfant Maudit (Harry Potter and the Cursed Child) – JK Rowling, Jack Thorne et John Tiffany

Cette chronique s’efforce de ne contenir aucun élément d’intrigue susceptible de gâcher votre découverte et votre lecture. En revanche, elle a pour but de décrire honnêtement une expérience personnelle (et donc subjective) de lecture, tout en vous donnant des informations fiables et d’importance. Un nouveau Harry Potter ne sort pas tous les jours, alors à événement exceptionnel, chronique exceptionnelle.

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Version française disponible le 14 octobre 2016 dans vos librairies. 

Le résumé…

Etre Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du Ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Mon avis…

Par où commencer pour aborder un des livres événements de cette année ? Il est difficile de savoir comment parler d’un livre, déjà best-seller des mois avant sa commercialisation, grâce aux précommandes, et qui a, depuis sa sortie il y a moins d’une semaine, déjà fait beaucoup parler de lui… en bien et en mal ! Pour un nouveau Harry Potter, le bien et le mal sont déjà deux thèmes qu’on est sûrs d’y retrouver… Je dirais donc qu’il s’agit d’une première non-surprise. Au niveau de l’intrigue, en effet, rien de nouveau sous le soleil, vous vous en rendrez vite compte à la lecture ! Les puristes diront qu’il faut rester fidèle à l’âme de la saga, d’autres regretteront peut-être un manque d’originalité, certains y verront même un livre-tirelire ! JK Rowling profite-t-elle de ce nouveau livre pour vider les poches de ses fans ? Avant de tenter de répondre à cette question éminemment intéressante, avec les moyens que j’ai à ma disposition, je vous propose de revenir en quelques lignes sur mon histoire personnelle avec Harry Potter.

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Comme beaucoup d’entre nous/vous, j’ai grandi avec ce petit héros à lunettes, je l’ai vu grandir en même temps que moi… J’étais du genre à me batailler avec mes sœurs pour être la première à lire le nouveau tome à sa sortie (que nous avions toujours le jour même), et à relire la saga chaque année (2016 comprise, bien sûr). Je suis aussi une de ces fans inconditionnels qui ont été un peu déçus par les films, toujours moins bons que les livres, mais je ne peux pas m’empêcher de les revoir quand même chaque année, là aussi. Petite, j’avais un parfum Harry Potter, des pochettes à élastiques Harry Potter, j’avais un chapeau de sorcière, des carnets de notes Harry Potter, des crayons Harry Potter, un cartable Harry Potter, et j’en passe. Encore aujourd’hui, certaines de mes citations préférées sortent tout droit d’Harry Potter. Encore aujourd’hui, alors que j’ai depuis longtemps passé mes onze ans, je rêve de recevoir la lettre d’admission de Poudlard… Bref, vous aurez compris, je fais partie de ces millions de fans qui ont été et sont accros à Harry Potter depuis toujours.

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Alors, quand j’ai appris qu’il allait y avoir une pièce de théâtre, j’avoue avoir été divisée… D’abord, je me suis dit que c’était une super idée. Après tout, on attendait le retour de JK Rowling depuis un moment, et le théâtre est un genre assez peu exploré par les auteurs contemporains connus, donc pourquoi pas ? Ensuite, je me suis demandée si cela n’allait pas faire trop… on sait que les sagas qui ne s’arrêtent jamais ne sont pas toujours les meilleures, et finissent parfois par perdre de leur « magie », ce qui serait bien dommage pour notre cher Harry. Donc je me suis retrouvée dans un mélange d’impatience et de crainte. Etant en vacances en Ecosse, non loin du fameux viaduc sur lequel nous pouvons voir passer le Poudlard Express dans les films, j’ai précommandé le script de la pièce et je l’ai donc reçu le jour même de sa sortie. Le gentil facteur écossais n’imaginait pas qu’il amenait un objet aussi important, je suppose… Il s’agissait de l’objet qui allait me faire réfléchir, cogiter, penser, marmonner, pendant des jours. Bref, ce livre promettait beaucoup d’émotions, et à ce niveau-là, je n’ai pas été déçue.

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Je me suis donc vite lancée dans l’aventure du huitième Harry Potter… Ron, Hermione et Harry sont désormais parents, et ils sont même devenus des parents chiants ! Donc, à priori, on perd tout de suite l’image attendrissante des jeunes sorciers qui ont bercé notre enfance et notre adolescence. Question nostalgie, on repassera. C’est sans compter qu’un des fils d’Harry, le prénommé Albus Severus (il n’a pas eu de chance, le pauvre), n’aime pas Poudlard. J’ai d’abord supposé que ce petit bonhomme était peut-être l’enfant maudit. Après tout, être le fils d’Harry Potter, de l’élu, celui qui a sauvé le monde des sorciers, celui auquel tous doivent la vie, etc., ça ne doit pas être facile tous les jours (et ça ne l’est pas, ce livre le confirme). Donc, nous avons déjà un enfant maudit. Mais Albus, vous le découvrirez vite, a pour ami un personnage étonnant, Scorpius Malfoy. Evidemment, celui-ci aussi peut être considéré comme l’enfant maudit car il est le fils de Drago (pas de bol) et tout le monde pense qu’il est même le fils de Voldemort (encore moins de bol)… Voilà, pour l’instant, vous avez le schéma qui nous est déroulé dans les premières pages. Je ne vous en dirais pas plus sur l’intrigue pour ne pas vous spoiler, ce qui est loin d’être mon but.

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Pour être rapide, j’ai particulièrement été déçue par la quasi absence de ce cher Ronald Weasley, à l’humour si pétillant dans la saga originelle. Hermione est restée fidèle à elle-même, on peut d’ailleurs dire qu’elle est la plus grande intellectuelle du pays (suspense, vous comprendrez…). Harry, par contre, est devenu drôlement agaçant… J’avoue que je ne me souvenais pas de ce côté de sa personnalité. N’aimant pas trop Daniel Radcliffe, il pouvait m’énerver un peu dans les films, mais rarement dans les livres… Ici, il joue vraiment le père pas doué, qu’on a tous envie d’abandonner à la station-service du coin (oups)… Heureusement, pour contrebalancer ce mauvais papa qu’est Harry Potter, il y a Ginny Weasley. Cette dernière, à mon grand bonheur, a enfin une vraie place dans l’histoire. Elle est là, son personnage est assez important, central, elle permet vraiment de faire oublier le côté désagréable d’Harry. Le caractère de ce papa à lunettes est très  important dans l’histoire qui en fait n’est rien d’autre qu’une histoire d’enfants et de pères. Comment rendre fier papa ? Comment prouver à papa que j’ai autant de valeur que lui ? Comment montrer à papa que je veux être moi-même, bien que cela veuille dire ne pas être comme lui ? etc. L’auteure nous emporte donc dans les tréfonds des relations pères-fil(le)s, ce qui, pour le coup, n’est pas très original et manque un peu de piment ! Rien ne s’arrange au fil du livre.

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Le genre théâtral me laisse sceptique. Vu sur scène, c’est sûrement génial, à n’en pas douter. Probablement révolutionnaire même, avec des changements de lieux à toutes les scènes, un très grand nombre de personnages, des décors sûrement immenses, des effets spéciaux impressionnants pour rendre visuels tous les effets suggérés par les didascalies, etc. Mais sur le papier… comment dire ? C’est assez décevant. Les didascalies sont courtes, peu explicites, elles ne permettent pas au lecteur d’imaginer vraiment les scènes. Les dialogues sont souvent assez plats, n’ont pas l’originalité de l’oral que devait conférer le texte théâtral, et n’ont pas la qualité à laquelle nous étions habitués en tant que lecteurs des romans. En fait, j’ai trouvé l’intrigue assez plate, manquant fortement d’originalité, car reprenant encore et encore les mêmes ressorts que dans la saga (mais en moins bien), sans compter qu’elle tourne un peu en rond. Les personnages n’étaient pas très surprenants, sauf Scorpius que j’ai personnellement beaucoup aimé, et qui avait vraiment le bénéfice de l’originalité, pour le coup !

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Mais s’il y a quelque chose qui m’a plus choquée encore que cette intrigue tristounette et cette lecture presque ennuyeuse (tant on se sent exclus de l’action par le format théâtral), c’est la qualité de l’écriture. Cela m’a poussé à faire de petites recherches, et notamment à prêter attention aux écrits en petits caractères sur le livre, etc. Il se trouve, mes chers lecteurs (ne pleurez surtout pas !), que JK Rowling n’est pas vraiment l’auteure de ce livre… Ne soyez pas choqué, il y a une explication logique. L’histoire en elle-même, le déroulé, le synopsis, si vous voulez, est bien de JK Rowling. Mais le texte que vous pouvez lire n’est pas d’elle mais de Jack Thorne, dramaturge britannique. Si bien qu’il ne faut pas s’étonner de ne rien retrouver des qualités littéraires de JK Rowling puisqu’elle est seulement l’auteure d’une dédicace de quelques lignes adressées à… Jack Thorne. Je suis extrêmement désolée de vous décevoir, mais je pense qu’une clarification s’imposait. Si vous êtes, comme moi, un(e) fan inconditionnel(le) d’Harry Potter, vous saurez reconnaître qu’il ne s’agit pas de son style, de son écriture, etc. Et, on a beau dire, quand un autre auteur reprend les rênes (sans que ce soit dit clairement, et même quand c’est totalement assumé), c’est tout de suite moins enthousiasmant !

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Ainsi, vous comprendrez que cette pièce de théâtre m’a laissée tout à fait pantoise. Après l’avoir fini, je ne savais pas quoi en penser. Déjà, je n’étais pas particulièrement enthousiaste, donc on ne peut pas dire que j’ai adoré. Mais je n’étais pas non plus complètement déprimée, en train de me dire que j’avais perdu plusieurs heures de ma vie à lire une horreur. Donc je n’ai pas détesté non plus. J’étais en fait très partagée entre une grande part de déception et une grande part d’attentes non satisfaites. Finalement, le livre en lui-même n’est pas mauvais, ça se lit, c’est même divertissant, agréable, mais ce n’est pas un « vrai » Harry Potter. Si la couverture porte le nom de JK Rowling, c’est pour sa collaboration plus ou moins limitée à l’œuvre (allez savoir), mais le contenu littéraire s’apparente plus à une fan-fiction qu’à un vrai tome de la saga. Pour moi, malgré cette huitième partie de l’histoire d’Harry Potter, la saga s’arrête belle et bien au septième livre, et ne pourra pas continuer après un tel livre. Harry Potter et l’enfant maudit semble plutôt être une tentative de coup publicitaire, qui meurtrit profondément mon cœur de fan, la marque d’une volonté de revenir sur le devant de la scène, de recycler la bonne vieille histoire qui marche depuis tant de temps, profiter encore un peu pour sucer la moelle de ce bon gros os qu’est Harry Potter. Oui, la comparaison n’a rien d’original, mais le livre non plus, rassurez-vous…

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 Pour finir ma chronique, je vous dirais donc qu’Harry Potter et l’Enfant Maudit est un livre qui se lit, mais qui ne se savoure pas. Il peut raviver chez vous une nostalgie, mais ce ne sera sûrement pas dans le sens que vous espérez. Vous ressortirez de cette lecture avec le goût de trop peu, et pourquoi pas l’envie d’aller puiser du vrai JK Rowling dans un ancien tome de la saga, voire dans toute la saga. Mais, malheureusement, cette huitième histoire, sur le papier, ne vaut pas un huitième tome, et ne porte de JK Rowling que le nom (si vous ne me croyez pas, même Wikipédia le dit ahah ! ou d’autres sources plus fiables !)… En revanche, si vous avez l’occasion de voir la pièce (je suis prête à parier qu’une version DVD sortira un jour ou que la pièce se jouera dans d’autres langues), n’hésitez pas. Je serais moi-même curieuse de voir le résultat. Mais ne vous attendez pas à une exceptionnelle expérience Harry Potter, il semble que ce temps soit révolu…

Ma note…

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Niveau de lecture : Facile

#158 The Miniaturist (VF : Miniaturiste) – Jessie Burton

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Le résumé…

Nella Oortman n’’a que dix-huit ans ce jour d’’automne 1686 où elle quitte son petit village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’’âge mûr, il est l’’un des marchands les plus en vue de la ville. Il vit dans une opulente demeure au bord du canal, entouré de ses serviteurs et de sa sœoeur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. En guise de cadeau de mariage, Johannes offre à son épouse une maison de poupée, représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’’animer grâce aux talents d’’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’’artisan permettent à Nella de lever peu à peu le voile sur les mystères de la maison des Brandt, faisant tomber les masques de ceux qui l’’habitent et mettant au jour de dangereux secrets.

S’’inspirant d’une maison de poupée d’’époque exposée au Rijksmuseum d’’Amsterdam, Jessie Burton livre ici un premier roman qui restitue avec précision l’’ambiance de la ville à la fin du XVIIe siècle. Au sein de ce monde hostile, où le pouvoir des guildes le dispute à l’intransigeance religieuse et à la rigueur morale, la jeune Nella apparaît comme une figure féminine résolument moderne. Œuvre richement documentée et conte fantastique, Miniaturiste est un récit haletant et puissant sur la force du destin et la capacité de chacun à déterminer sa propre existence.

Couverture française

Couverture française

Mon avis…

« Quelle magnifique couverture ! ». Oui, telle a été ma première pensée à la vue de ce livre ! Du coup, aucune hésitation, il a fini dans mes mains, m’a suivi dans ma loooongue tournée de la librairie puis jusqu’à la caisse… L’histoire semblait très intéressante, plutôt originale, alors je n’ai pas tardé à me lancer dans sa lecture, en version originale ! En même temps, la couverture était bien plus jolie sur le livre britannique… Je n’ai absolument pas été déçue par ce roman, vraiment passionnant. Au départ, on suit une jeune fille perdue dans un monde qui semble trop compliqué pour elle qui ne semble chercher que le bonheur… Puis arrive cette maison miniature, elle cherche à la meubler et prend contact avec un mystérieux miniaturiste qu’elle ne parviendra jamais à rencontrer malgré ses nombreuses questions…

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Au départ, on ne comprend pas trop l’importance de cette maison dans l’histoire, ni celle du miniaturiste. Sa clairvoyance est certes étonnante, mais il reste toujours en périphérie du récit, tout en étant en réalité d’une importance subtile ! J’ai beaucoup aimé la magie distillée petit à petit dans le roman, tous les secrets et les rebondissements qui surgissent sans cesse de tout côté. Ce livre est vraiment exceptionnel par sa délicatesse, sa sensibilité, il est à la fois complexe et léger, pétillant et profond… J’ai cependant, je l’avoue, eu un peu de mal avec l’anglais, bien que je sois en ce moment en Ecosse, ce qui m’a aidé pour beaucoup d’autres lectures… La langue est assez complexe en VO, mais en s’acharnant on y arrive quand même !

Je pense que ce roman mérite bien toutes les bonnes critiques qu’on peut lire dessus… Il est vraiment plaisant à lire, il s’agit d’une très belle histoire, un très beau livre. Jessie Burton a vraiment beaucoup de talent, cela semble indéniable, et j’ai hâte de voir ses prochains romans, en espérant qu’ils soient aussi réussis que celui-ci. C’est ma première immersion dans la Hollande de cette époque et c’est tout simplement fabuleux ! On se retrouve confronté à la violence et à la cruauté d’une société combattant les différences, le lecteur étant immergé dans une famille où les différences sont monnaie courante. Chacun a un secret dangereux à protéger contre l’ennemi qui est légion… Et pourtant, même la douceur trouve sa place dans ce monde cruel…

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Ma note…

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