#392 La librairie des rêves suspendus – Emily Blaine

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Le résumé…

Sarah, libraire dans un petit village de Charente, peine à joindre les deux bouts. Entre la plomberie capricieuse de l’immeuble, les murs décrépis et son incapacité notoire à résister à l’envie d’acheter tous les livres d’occasion qui lui tombent sous la main, ses finances sont au plus mal. Alors, quand un ami lui propose un arrangement pour le moins surprenant mais très rémunérateur, elle hésite à peine avant d’accepter. C’est entendu : elle hébergera Maxime Maréchal, acteur aussi célèbre pour ses rôles de bad boy que pour ses incartades avec la justice, afin qu’il effectue en toute discrétion ses travaux d’intérêt général dans la librairie. Si l’acteur peut survivre à un exil en province et des missions de bricolage, elle devrait être capable d’accueillir un être vivant dans son monde d’encre et de papier… Une rencontre émouvante entre deux êtres que tout oppose mais unis par un même désir : celui de vivre leurs rêves.

Mon avis…

C’est l’été, et en été je lis toujours quelques romances ! Ce n’est clairement pas mon genre de prédilection, c’est vrai, mais j’ai parfois besoin d’un peu de légèreté. Quand je suis tombée sur La librairie des rêves suspendus, je me suis dit « pourquoi pas ? ». Après tout, le personnage principal est une libraire donc, tout de suite, ça donne carrément envie. Au début du livre, nous rencontrons donc deux personnages. D’abord, Maxime, un mec absolument insupportable que j’ai tout de suite eu envie de taper, dont le métier est d’être acteur (et qui a pris la grosse tête)… Autant être honnête, il m’a exaspérée. Ma première pensée a été que la lecture allait être laborieuse avec un personnage pareil… Je ne voyais pas comment l’autrice allait réussir à me le rendre appréciable… Ensuite, Sarah, propriétaire d’une librairie d’occasion, qui galère à tenir son commerce à flots. Elle est timide, et personnellement je l’ai trouvée tout aussi insupportable et tête à claques que Maxime… J’avais envie de la secouer un bon coup… En gros, les deux personnages principaux, au début du livre, sont vraiment caricaturaux au possible. En plus, Sarah est décrite comme une sorte d’Emma Bovary des temps modernes, à croire que toutes les lectrices de romans rêvent du prince charmant… Enfin, tout ça pour dire que dans les premières pages, j’avais l’impression d’être tombée dans un téléfilm de l’après-midi sur M6, et je devinais déjà très bien la suite…

Heureusement, les personnages secondaires viennent enrichir un peu la palette psychologique du roman. Le voisin fleuriste charmant mais sans plus m’a bien fait rire, et tous les autres protagonistes étaient très intéressants. J’aurais même aimé que le livre soit un peu plus long pour pouvoir mieux faire connaissance avec eux. Ils auraient mérité qu’on s’attarde un peu plus sur eux. Bon, ce n’est pas la seule chose positive du roman, rassurez-vous. A priori, vous avez peut-être l’impression que j’ai détesté La librairie des rêves suspendus, non ? Je peux vous comprendre, vu ce que je viens de dire sur les personnages principaux… Mais, mais, mais ! Il y a un « mais » ! En effet, c’est vrai que j’ai vu la fin arriver à des kilomètres et que Sarah et Maxime sont vraiment des personnages-types sans grande originalité… Pourtant, j’ai passé un bon moment de lecture, si l’on omet les premiers chapitres qui m’ont un poil énervée mais qui étaient nécessaires pour poser les bases de la « psychologie » des personnages…

Concrètement, Emily Blaine écrit bien. C’est vrai que les événements s’enchaînent un peu trop rapidement à mon goût, mais l’autrice a quand même une bonne maîtrise du rythme. Les échanges entre les personnages sont agréables à lire, les scènes érotiques donnent quelques frissons, il y a aussi beaucoup d’humour et ce qu’il faut de sérieux. Alors oui, c’est un peu « cucul » parfois, un peu too much, pas toujours très subtil, mais ça tient sa promesse : c’est une lecture estivale tout ce qu’il y a de plus agréable tant qu’on n’est pas trop exigeant. Et, parfois, ça fait du bien de relâcher un peu son niveau d’attente envers un livre. Oui, je vous ai souligné les points négatifs du roman, parce que cela me semble important, mais si vous recherchez du divertissement et une lecture plaisir, clairement, La librairie des rêves suspendus fait largement le job. Finalement, malgré ma mauvaise première impression, j’ai bien fait de continuer ce roman qui m’a tout de même fait passer un excellent moment. Pour être honnête, je l’avais un peu abandonné après ces premiers fastidieux chapitres puis je l’ai repris et je ne l’ai plus lâché ! Bon… Désolée pour cette chronique un peu bizarre et un chouïa décousue, à la fois bonne et mauvaise, mais finalement excellente… Bisous.

Carte d’identité du livre

Titre : La librairie des rêves suspendus
Autrice : Emily Blaine
Éditeur : Harlequin
Date de parution : 9 juin 2019

4 étoiles

Merci aux éditions Harlequin et à NetGalley pour cette lecture.

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#300 Le Libraire de Wigtown – Shaun Bythell

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Le résumé…

Bienvenue à Wigtown, charmante petite bourgade du sud-ouest de l’Écosse. Wigtown, son pub, son église… et sa librairie – la plus grande librairie de livres d’occasion du pays. De la bible reliée du XVIe siècle au dernier volume d’Harry Potter, on trouve tout sur les kilomètres d’étagères de ce paradis des amoureux des livres. Enfin, paradis, il faut le dire vite…
Avec un humour tout britannique, Shaun Bythell, bibliophile, misanthrope et propriétaire des lieux, nous invite à découvrir les tribulations de sa vie de libraire. On y croise des clients excentriques, voire franchement désagréables, Nicky, employée fantasque qui n’en fait qu’à sa tête, mais aussi M. Deacon, délicieux octogénaire qui se refuse à commander ses livres sur Amazon.
Entre 84, Charing Cross Road d’Helene Hanff et Quand j’étais libraire de George Orwell, Le Libraire de Wigtown invite le lecteur à découvrir l’envers du décor : si l’amour de la littérature est primordial pour exercer le métier de libraire, on y apprend qu’il faut aussi un dos en béton et une patience de saint!

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Petite photo perso du panneau de Wigtown, pour que vous ne vous perdiez jamais !

Mon avis…

Pour un 300ème article, il fallait THE livre, THE book, et donc THE BOOK SHOP. J’ai déjà évoqué ce bouquiniste écossais dans lequel j’avais fait beaucoup de trouvailles : j’avais fait un article, une fois, puis j’y suis retournée et je n’ai pas mis tous mes livres sur le blog, mais il y en avait beaucoup ! Car The Book Shop, c’est une véritable caverne d’Ali Baba. Le Libraire de Wigtown est un excellent bouquin, vraiment. En réalité, c’est un journal, celui du bouquiniste qui tient la librairie d’occasion qui est la « largest in Scotland » (oui, j’ai décidé de faire du franglais). Ce que j’adore dans ce livre, c’est que l’on retrouve l’atmosphère du Galloway, avec une touche bien prononcée d’humour. Shaun Bythell est un peu un cynique, autant vous prévenir, il adore se moquer de ses clients et de ses collègues. Il ne les épargne jamais. Ce livre parle, évidemment, de bouquins, de beaucoup beaucoup beaucoup de bouquins, et de lecteurs plus ou moins farfelus. Il raconte la vie quotidienne de ce libraire qui a une vie dont beaucoup rêvent sans en connaître une infime part.

Il y a une dimension sociale dans ce livre, car on plonge dans la société écossaise du Galloway, une région souvent ignorée de l’Ecosse. Il s’agit aussi, pour Shaun Bythell, de montrer au plus grand nombre la réalité d’un métier très difficile en des temps où la concurrence est de plus en plus déloyale. Les clients ne sont pas tous comme moi, à acheter les livres par dizaines sans les négocier ! Certaines situations décrites sont parfois complètement hallucinantes, il faut l’avouer. D’ailleurs, Shaun Bythell m’a probablement croisée, mais je n’ai pas retenu son attention ! Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose, vu les clients dont il brosse parfois le portrait dans son livre ! Propriétaire d’un paradis sur terre pour les lecteurs, il nous vend du rêve, tout en nus montrant une dure réalité. Et c’est exactement cela qui est plaisant : sans idéalisation, il se livre, sans filtre, il critique, il se moque, et de temps en temps, il lui arrive d’être tendre.

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La couverture originale

Sa librairie d’occasion est the place to be à Wigtown, et si vous avez l’occasion d’aller en Ecosse, passez-y sans la moindre hésitation ! Vous repartirez les bras chargés. Surtout, allez-y avec des personnes patientes car on peut rester des heures dans The Book Shop. Et, après avoir lu ce livre très drôle et passionnant, on ne peut qu’avoir envie de donner un tas de pounds à cet écossais parfois grincheux mais amoureux des livres. D’ailleurs, en bon lecteur, Shaun Bythell a le sens du romanesque, et son journal se lit comme un bon roman. C’est efficace, sincère, plein de charme, dépaysant. Comme La Cité perdue du Dieu Singe mais en moins… dangereux… quoique ? (Comment ça, aucun rapport ? Je fais ce que je veux !) On ne sait jamais ce qui nous attend dans une telle librairie. D’ailleurs, si l’envie vous en prend, sachez qu’il existe un festival du livre à Wigtown, organisé chaque année, et que si vous êtes très au taquet, vous pourrez peut-être dormir dans le « lit du festival » qui se trouve… au beau milieu de la librairie ! Nooooon ? Siiiiiiii ! 

Enfin, soyons clair : pourquoi faut-il lire ce livre ? Déjà, parce que l’acheter rapportera un peu de sous à un gentil bouquiniste (bien que cynique, je vous l’ai dit) qui ne l’aura pas volé ! Ensuite, et surtout, parce que ce livre est excellent et qu’il ne peut que plaire aux amoureux de books en tous genres. En même temps, vous (re)découvrirez l’Ecosse, la vraie, pas celle des légendes et des folklores. Vous rencontrerez des personnages atypiques mais tout ce qu’il y a de plus réels ! Vous aurez envie d’envoyer des cartes postales, de vous perdre dans des rayonnages, de dormir dans une librairie sans chauffage… Bref, c’est un livre où le rêve côtoie la réalité. J’avais hâte que ce texte soit traduit en français, il l’est enfin, alors j’espère que vous courrez chez vos libraires pour l’acheter !!! C’est aux éditions Autrement, c’est un peu un outsider des rayonnages de nouveautés en ce moment, mais c’est un sacré bon bouquin ! Shaun Bythell, si vous passez par ce blog (on peut toujours rêver), sachez que j’ai travaillé en librairie et que je vous comprends donc d’autant mieux ! Vous m’avez fait découvrir un métier que je ne commençais qu’à appréhender alors merci.

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Petite photo perso de la devanture !

En quelques mots…

cynique et drôle
réaliste
dépaysant
pour les amoureux des livres
comme un roman

Carte d’identité du livre

Titre : Le Libraire de Wigtown
Auteur : Shaun Bythell
Traductrice : Séverine Weiss
Éditeur : Autrement
Date de parution : 04 avril 2018

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Vous ne l’avez pas encore compris ? Mais siiiii, c’est un coup de cœur, bien sûr !

Perles de librairie… #original

Il y a les drôles, les désespérantes, les touchantes…

Des moments uniques entre libraire et client… 

Et pour cette fois, une demande originale !

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On évite toujours d’avoir des fous rires devant les clients…

Mais parfois, on ne peut pas se retenir !

« Bonjour je voudrais un livre pour lire aux toilettes. »

J’emmène la dame au rayon humour où se trouvent les livres que vous connaissez

sans doute, avec des petites histoires à lire sur le trône…

Mais…

« Ah non mais ce n’est pas ça que je veux ! »

Alors j’essaie de préciser la demande… 

« Je veux juste un livre en fait… pour lire aux toilettes ! » 

Et donc… cette dame voulait « juste » un livre…

mais a cru bon de préciser que c’était pour lire aux toilettes…

et j’ai eu la délicatesse de demander (pardonnez-moi) :

« Alors vous préférez plutôt un livre court ou un livre long ? » 

Et finalement, elle est repartie avec Aurélien d’Aragon !

Comme quoi, les goûts de chiotte ne sont pas toujours ce qu’on croit.

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Perles de librairie… #Noël

Il y a les drôles, les désespérantes, les touchantes…

Des moments uniques entre libraire et client… 

Voici, pour commencer, une spéciale Noël :

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« Bonjour, je cherche un livre pour offrir à quelqu’un qui n’aime que les toitures… »

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« Est-ce que vous avez Zadig de Voltaire et Le dernier jour d’un

condamné de Victor Hugo ? C’est pour un enfant de 10 ans qui n’aime pas lire…

Il faut qu’il se lance un jour ou l’autre ! »

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« Bonjour est-ce que vous pourriez me conseiller des livres ?

C’est pour une amie grosse qui ne s’accepte pas ! »

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« Donnez-moi n’importe quoi tant que ça se vend !

Genre du Musso ou un truc comme ça… »

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« Est-ce que vous avez un guide pour les démarches funéraires ?

C’est pour ma grand-mère, elle est plus toute jeune… »

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Le 28 décembre, un vieux monsieur au téléphone…

« Oh mademoiselle vous n’imaginez même pas ce que m’ont offert mes petits-fils…

je crois qu’ils me prennent pour un vieux chiant… »

Il avait l’air vraiment très peiné et tout perturbé de ses cadeaux…

alors je lui demande ce qu’ils lui ont offert…

« Servir du général de Villiers et des livres sur Macron… de la politique…

moi je veux rêver, pas déprimer ! »

Et le pauvre culpabilisait à l’idée de les échanger…

Je l’ai rassuré et il était tout content de savoir qu’on pourrait

lui conseiller des livres à ses goûts…

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