#234 Le périple de Baldassare – Amin Maalouf

Le résumé…

« Ce que la présence de cette femme a apaisé en moi, ce n’est pas la soif charnelle d’un voyageur, c’est ma détresse originelle. Je suis né étranger, j’ai vécu étranger et je mourrai plus étranger encore. je suis trop orgueilleux pour parler d’hostilité, d’humiliations, de rancœur, de souffrances, mais je sais reconnaître les regards et les gestes. Il y a des bras de femmes qui sont des lieux d’exil, et d’autres qui sont la terre natale. »

Parti sur les routes en 1665, le narrateur de cette histoire, Baldassare Embriaco, Génois d’Orient et négociant en curiosités, est à la poursuite d’un livre qui est censé apporter le Salut à un monde désemparé. Sans doute est-il aussi à la recherche de ce qui pourrait encore donner un sens à sa propre existence. Au cours de son périple, en Méditerranée et au-delà, Baldassare traverse des pays en perdition, des villes en feu, des communautés en attente. Il rencontre la peur, la tromperie et la désillusion ; mais également l’amour, à l’heure où il ne l’attendait plus.

Mon avis…

Ma mère m’a offert ce roman à l’occasion de mon anniversaire, connaissant mon intérêt grandissant pour les romans portant sur d’autres lieux et d’autres temps. Ce petit pavé, à la lecture du résumé, m’a tout de suite intriguée. Un livre qui parle d’un livre, que rêver de mieux ? En tant que passionnée de littérature, de livres anciens comme récents, je n’avais qu’une hâte : commencer. Et finalement, en deux jours à peine, je l’avais lu ! Il s’agit d’un récit passionnant, mêlant Histoire et ésotérisme, avec une pointe de romantisme, et ce qu’il faut de suspense. Amin Maalouf a fait de très longues recherches pour arriver à rédiger cette œuvre, qui regorge de précision sur l’époque et les lieux traversés. Il s’agit d’un véritable livre d’aventures, avec des personnages attachants, une histoire dont on veut à tout prix connaître la suite et la fin… Qu’en est-il de ce mystérieux livre et de son pouvoir ? Que va-t-il arriver durant l’année 1666, réputée maudite, annonciatrice de la fin du monde ?

Œuvre de fiction traversée de faits réels, de traditions profondes, portée par des personnages tantôt attendrissants, tantôt fanatiques, bons ou mauvais, souvent traversés tant par le mal que par la bonté, ce livre est un réservoir de toutes les bonnes surprises que peut réserver la littérature. L’auteur crée des personnages complexes, dont il déroule les caractères au fil des presque 500 pages que compte le récit, les met face à de terribles épreuves, face à leurs peurs et leurs désirs parfois coupables. Joël Dicker a écrit : « Un bon livre est un livre que l’on regrette d’avoir terminé ». Celui-ci en est un. D’une complexité plaisante, ce roman est un véritable trésor. Tant d’histoires, de parcours, de personnages, que l’on aimerait ne jamais quitter. Amin Maalouf a réussi son pari, livrer un voyage initiatique puissant, questionnant toutes les facettes du fanatisme, de l’ésotérisme, du mystère, de la peur et de la superstition. Mais cette complexité ne rend pas la lecture si abrupte que l’on pourrait le craindre. Les 500 pages se dévorent, se dégustent, enrichies de dialogues et de péripéties dynamiques. Les rebondissements ne manquent pas pour passionner le lecteur.

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Joël Alessandra, Le périple de Baldassare, en bande dessinée.

#193 Sang dessus dessous – Claude Izner

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Le résumé…

Paris, 1998. Un libraire est retrouvé assassiné dans sa boutique – nu, la tête dans un sac plastique, poignardé post mortem. À ses pieds, deux Jules Verne de la collection Hetzel lacérés et posés sur la tranche. Milo Jassy, bouquiniste désabusé des quais de la Seine, est condamné à résoudre cette énigme s’il ne veut pas connaître le même sort. Il devra pénétrer le labyrinthe des vestiges d’un Paris qui s’en va, avec pour seul fil d’Ariane celui de ses amours et de ses amitiés perdues.

Mon avis…

Ma soeur m’a déniché ce roman aux Quais du polar à Lyon, pour mon anniversaire, avec une belle dédicace (voir en bas de la page). Je ne connaissais Claude Izner que de nom, et je ne savais même pas qu’il s’agissait en fait qu’un couple d’auteures, deux soeurs, et donc d’une écriture à quatre mains. Ce premier livre est donc une découverte, et on peut dire que le résumé m’avait mis l’eau à la bouche. Pour une fervente lectrice, passionnée de littérature et étudiante en Lettres, ainsi qu’une fan de romans policiers, une histoire de bouquinistes, de meurtres, de livres, que demander de mieux ? J’ai donc rencontré ce cher Milo Jassy, bouquiniste sur les quais de Seine à Paris, un métier de passion qui ne rapporte que peu, on le comprend bien au fil du roman… Mais l’intérêt n’est pas là (enfin, il n’est pas seulement là, plutôt). Milo Jassy passe du statut de bouquiniste à apprenti détective, mais ce n’est pas par envie, c’est par besoin : pour survivre, il doit comprendre qui a tué ses connaissances, qui le harcèle, qui sème des indices un peu trop sanglants à chaque endroit où il se rend…

Le duo Claude Izner a su écrire le roman policier que tout amateur de lecture et de livres aimerait avoir entre ses mains. L’atmosphère est remplie de l’odeur des vieux livres, de l’air humide de Paris, de ses rues parfois nauséabondes, et de celles qui sont tout aussi pittoresques… Milo Jassy est un personnage principal attachant. Il a bien des défauts, c’est vrai, mais c’est à cela qu’on voit le personnage romanesque parfait. Après tout, la perfection littéraire n’est-elle pas de parvenir à rendre la fiction aussi imparfaite que la réalité ? Oui, c’est toute une réflexion… La nuit porte conseil, je retournerais dans ces questionnements existentiels demain matin ;). Revenons à Sang dessus dessous… Titre très bien choisi, d’ailleurs, car le roman tout entier s’inscrit dans un bazar monstre : de l’appartement de Milo Jassy aux personnages tous aussi mystérieux les uns que les autres (et suspects), des indices laissés aux scènes de crimes découvertes… Oui, tout est sens dessus dessous et les livres finissent tâchés de sang… Le livre au centre de ce roman ? Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne. Hop, un nouvel argument pour moi, amiénoise de naissance, puisque je connais comme ma poche la maison de ce monsieur !

Résumons : Nous avons tous les ingrédients pour faire un excellent roman policier, et un excellent roman tout court d’ailleurs. L’ambiance distillée dans ce livre est on ne peut plus agréable pour un amateur de lecture même si nous restons à Paris, et, pour ceux qui connaissent, ce n’est pas toujours une ville des plus charmantes… Mais justement, c’est une capitale enveloppée de mystères, elle devient parfaitement le lieu des intrigues les plus étranges. Ce n’est que dans un endroit aussi riche que pouvait se dérouler Sang dessus dessous. On remarque la connaissance aiguë des quais des bouquinistes de la part des auteures puisqu’il s’agit de leur milieu, donc tout est réaliste et même un brin comique. Que dire de Stella Kronenbourg, voisine de quai de Milo Jassy ? C’est un des personnages les plus attachants du roman pour moi. Elle est complètement perchée, un peu désespérante, mais finalement très attendrissante. Je précise que ce patronyme, s’il peut sembler étrange, est tout simplement le surnom donné par Milo Jassy à cette femme qui s’appelle Henriette. Donc, non, Claude Izner n’était pas en manque d’inspiration pour les noms des personnages (on pourrait le croire). Stella Kronenbourg, c’est de la fraîcheur, de la légèreté toute parisienne, mais que l’on s’entende bien, pas parisienne Chanel ou Yves Saint-Laurent… plutôt parisienne Pigalle, à priori, mais on apprend à la connaître et notre avis change au fil des pages !

Allez, vous allez dire que je fais des chroniques à rallonge, qu’il faut que je me calme un peu donc je me calme, voilà ! Je voudrais donc conclure simplement en recommandant vivement cet excellent roman policier. Il serait vraiment bien dommage de ne pas le lire, je tiens à le souligner.  Vraiment, je le répète ne passez pas à côté ! Vous allez alors me demander : « mais pourquoi lui mettre seulement 19 alors ? ». Disons que je n’ai pas encore lu les autres livres de Claude Izner, donc je pense pouvoir supposer qu’elles ont fait encore mieux dans les suivants 😉

Ma note…

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La dédicace…

Merci à ma chère sœur Caroline qui a fait un tour aux Quais du polar pour mon anniversaire !