#302 Le Labyrinthe des Esprits – Carlos Ruiz Zafón

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Le résumé…

Dans la Barcelone franquiste des années de plomb, la disparition d’un ministre déchaîne une cascade d’assassinats, de représailles et de mystères. Mais pour contre la censure, la propagande et la terreur, la jeune Alicia Gris, tout droit sortie des entrailles de ce régime nauséabond, est habile à se jouer des miroirs et des masques.
Son enquête l’amène à croiser la route du libraire Daniel Sempere. Il n’est plus ce petit garçon qui trouva un jour dans les travées du Cimetière des Livres oubliés l’ouvrage qui allait changer sa vie, mais un adulte au cœur empli de tristesse et de colère. Le silence qui entoure la mort de sa mère a ouvert dans son âme un abîme dont ni son épouse Bea, ni son jeune fils Julián, ne son fidèle compagnon Fermín ne parviennent à le tirer.
En compagnie d’Alicia, tous les membres du clan Sempere affrontent la vérité sur l’histoire secrète de leur famille et, quel qu’en soit le prix à payer, voguent vers l’accomplissement de leur destin.
Érudition, maîtrise et profondeur sont la marque de ce roman qui gronde de passions, d’intrigues et d’aventures. Un formidable hommage à la littérature.

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Mon avis…

Il y a de ces livres que l’on aime avant même de les avoir ouverts. Le Labyrinthe des Esprits en fait partie pour moi. Pour quelle raison ? Car il s’agit du quatrième volume de la série du Cimetière des Livres Oubliés de Carlos Ruiz Zafón. Première chose à rappeler : ces livres, même s’ils appartiennent à une même saga et explorent globalement les vies des mêmes personnages, peuvent se lire dans le désordre. Donc rien ne vous oblige à commencer par L’Ombre du Vent, le premier tome, même si – évidemment – c’est préférable. L’auteur a conçu sa série pour qu’elle soit un labyrinthe à plusieurs entrées. Donc à vous de faire votre propre expérience ! Ce dernier roman en date, très attendu, nous replonge dans l’atmosphère envoûtante et inquiétante qui nous a séduit dans les précédents tomes. On retrouve avec plaisir et impatience la Barcelone sombre et mystérieuse que Carlos Ruiz Zafón sait si bien peindre. Cette fois, on découvre de nouveaux personnages, et en particulier Alicia Gris, une femme d’une beauté froide, brisée par de multiples aspects et pourtant si vivante. Le talent de l’auteur pour construire des psychologies complexes est toujours là, évidemment. C’est encore un personnage attachant et puissant qu’il nous fait découvrir, aux côtés d’autres tout aussi investis d’âmes : Mauricio Valls, Fernandito, Vargas…

Le roman est un véritable trésor de mises en abymes et d’intrigues entrelacées… Le lecteur est plongé dans véritable jeu de pistes sans fin. Le livre refermé, il ne nous reste plus qu’à (re)lire les autres tomes du Cimetière des Livres Oubliés pour les (re)découvrir. J’ai éprouvé tellement de plaisir à retrouver les personnages des précédents romans, en particulier Fermin, qui se caractérise par sa verve et ses bons mots. Car, oui, les livres de Carlos Ruiz Zafón sont aussi des textes qu’il faut lire quand on aime les livres et la littérature ! Ils sont tout simplement jouissifs sur un plan littéraire. De belles phrases, de belles tournures… Son traducteur français habituel, François Maspero, est mort avant d’avoir pu se charger de ce roman. L’auteur lui rend un magnifique hommage, montrant l’importance souvent oubliée des traducteurs, qui retranscrivent pour nous, pour notre plaisir, des œuvres magnifiques. Maria Vila Casas, qui a traduit Le Labyrinthe des Esprits, a rélevé le défi très compliqué de rendre compte de la prose magique de Carlos Ruiz Zafón. Et je l’en remercie. Car, grâce à son talent, j’ai pu passer un de mes meilleurs moments de lecture de l’année.. et de ma vie !

Le coup de cœur pour les romans de Carlos Ruiz Zafón est dangereux pour le lecteur, car il marque le début d’une addiction. Et, surtout, vous chercherez à trouver des équivalents, à revivre des lectures semblables, tout aussi riches… Je n’ai pas encore réussi à retrouver les émotions que m’a fait ressentir cet auteur dans d’autres livres… si ce n’est les siens ! Et je me prends, parfois, à relire L’Ombre du Vent, Marina, Le Prince de la Brume, Le Jeu de l’Ange, et les autres… A chaque fois, je découvre de nouvelles choses. Le Labyrinthe des Esprits n’y fera pas exception, d’autant qu’il éclaire d’un nouveau jour ces mêmes textes que je viens d’évoquer. J’ai vécu une aventure exceptionnelle dans cette lecture. Les romans de Carlos Ruiz Zafón, ce dernier compris, regroupent différents genres littéraires, ils sont inclassables. Ils évoquent la société espagnole, mais ce sont de véritables livres d’aventure, avec une pointe de fantastique, d’horreur parfois, avec toujours une enquête qui nous plonge dans un suspense insoutenable, des histoires d’amour, d’amitié, de haine aussi, avec des personnages complexes, qui ne sont pas juste blancs ou noirs. L’auteur comprend et peint à la perfection les différentes facettes de l’être humain, des plus obscures aux plus lumineuses. L’ensemble est poétique, émouvant, frappant, haletant. Et, cela, toujours avec des livres, une multitude de livres.

Franco quittant la cathédrale de Barcelone

En quelques mots…

aventure(s) livresque(s)
on aimerait ne jamais le finir
labyrinthique
riche et foisonnant
à lire, relire et faire lire

Carte d’identité du livre

Titre : Le Labyrinthe des Esprits
Auteur : Carlos Ruiz Zafón
Traductrice : Marie Vila Casas
Éditeur : Actes Sud
Date de parution : 02 mai 2018

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Coup de cœur, évidemment

#174 Le jeu de l’ange – Carlos Ruiz Zafon

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Le résumé…

Barcelone, années 1920. David Martin, dix-sept ans, travaille au journal La Voie de l’Industrie. Son existence bascule un soir de crise au journal : il faut trouver de toute urgence un remplaçant au feuilletoniste dominical. Sur les conseils de Pedro Vidal, chroniqueur à ses heures, David est choisi. Son feuilleton rencontre un immense succès et, pour la première fois, David est payé pour ce qu’il aime le plus au monde : écrire. En plein succès, David accepte l’offre de deux éditeurs peu scrupuleux : produire à un rythme effréné des feuilletons sous pseudonyme. Mais après quelques années, à bout de force, David va renoncer. Ses éditeurs lui accordent alors neuf mois pour écrire son propre roman. Celui-ci, boudé par la critique et sabordé par les éditeurs, est un échec. David est d’autant plus désespéré que la jeune fille dont il est amoureux depuis toujours – et à laquelle le livre est secrètement dédié – va épouser Pedro Vidal. Son ami libraire, Sempere, choisit ce moment pour l’emmener au Cimetière des livres oubliés, où David dépose le sien. Puis arrive une offre extraordinaire : un éditeur parisien, Corelli, lui propose, moyennant cent mille francs, une fortune, de créer un texte fondateur, sorte de nouvelle Bible, « une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d’être tués, d’offrir leur âme ». Du jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique du meurtre se met en place autour de David. En vendant sa liberté d’écrivain, aurait-il vendu son âme au diable ? Épouvanté et fasciné, David se lance dans une enquête sur ce curieux éditeur, dont les pouvoirs semblent transcender le temps et l’espace.

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Mon avis…

J’avais tellement aimé ma lecture de L’ombre du vent, un véritable chef d’oeuvre selon moi, un livre qui mérite le nom de « littérature », que j’ai voulu découvrir la suite : Le jeu de l’ange… Mais en plus d’être une suite, ce roman est en fait un préquel en quelque sorte… Il peut se lire totalement séparément du premier tome, c’est important de le souligner, il n’y a pas obligation d’avoir tout lu pour comprendre l’histoire, mais c’est conseillé évidemment. J’ai beaucoup aimé ce deuxième tome également, on ne retrouve pas les mêmes personnages (sauf quelques exceptions) car l’intrigue se passe avant celle de L’ombre du vent. Les protagonistes sont là aussi tout à fait attachants, c’est réellement passionnant ! L’histoire est un peu plus longue à démarrer, c’est vrai, mais cela permet à la tension de s’immiscer petit à petit… On est vraiment dans une dimension psychologique assez exacerbée, on se pose énormément de questions, le lecteur comme le personnage principal ne sait jamais où il en est.

Les rebondissements dans ce roman sont très complexes et très surprenants, teintés d’incertitude. On est à la fois dans la réalité et dans le rêve, ou plutôt dans l’imagination la plus floue. Carlos Ruiz Zafon met vraiment à l’épreuve tout son talent pour écrire ce livre dans lequel le lecteur est guidé à l’aveuglette… On découvre le quotidien d’un auteur dans un monde qui semble ne pas vouloir de lui, on est confronté à la difficulté de l’écriture, comme lui, mais en même temps à tout un monde fantastique qui se mélange au quotidien barcelonais sans qu’on s’en rende compte à première vue, jusqu’au stade où tout s’impose à nous brusquement. C’est très difficile de décrire ce roman sans dire ce qu’il s’y passe clairement, et c’est presque aussi compliqué de le résumer tant l’intrigue est progressive, d’une profondeur inouïe et sa compréhension propre au lecteur… Comment interpréterez-vous la fin de ce livre ? Quel choix ferez-vous, entre le réel et l’imaginaire, le concret et l’hallucinatoire ? Quelle échappatoire aurez-vous ? Toutes ces questions, vous n’aurez pas d’autre choix que de vous les poser à l’issue de cette lecture magistrale.

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Ma note…

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#169 L’ombre du vent – Carlos Ruiz Zafon

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COUP DE CŒUR

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Le résumé…

Dans la Barcelone de l’après-guerre civile,  » ville des prodiges  » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets enterrés dans l’âme de la ville : L’Ombre du Vent.

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Mon avis…

Ce roman est un fabuleux coup de cœur, l’excitation commençant dans mon esprit dès la lecture du résumé, qui me pousse à acheter et à attendre avec impatience ce livre avec en tête l’évidence qu’il changera quelque chose en moi. Et ce sentiment n’était pas trompeur, car réellement Carlos Ruiz Zafon est une découverte immense pour moi, et en particulier ce premier volume du Cimetière des Livres Oubliés, mystérieusement titré L’ombre du vent. Comme tout passionné de lecture, j’ai rêvé dès les premières pages d’avoir moi aussi le droit de rentrer dans un lieu aussi magnifique que ce Cimetière atypique. Et bien que cela restera à tout jamais un rêve, Daniel Sempere m’a tout de même emmené à ses côtés parmi les rayonnages de ces œuvres perdues dans l’histoire de l’humanité.

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L’ombre du vent, dans ce roman, c’est un livre que n’a pas choisi Daniel Sempere, mais qui l’a lui-même choisi. Chaque lecteur a un livre qui l’attend dans le Cimetière des Livres Oubliés (je me torture à imaginer à quoi ressemblerait le mien). Autant dire que le sujet même du livre est déjà révélateur concernant les sensations par lesquelles passe le lecteur au fil des pages… L’auteur a une écriture tout simplement splendide, subtile, qui atteigne comme des flèches le cœur du bibliophile qui a ce chef d’oeuvre entre les mains. La littérature et la vie, dans L’ombre du vent, s’entremêlent et ne font plus qu’une. La fiction s’anime sous nos yeux et parcourt les rues de la belle Barcelone d’une époque révolue et pourtant si proche…

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Pour une première lecture d’auteur espagnol, autant vous dire que je ne suis pas déçue. Carlos Ruiz Zafon utilise toutes les facettes de son écriture qui s’offrent à lui. Il mêle une dynamique policière à de nombreux éléments fantastiques, tout en restant dans un réalisme touchant d’émotions, on a même parfois un peu peur. On passe d’une sensation à l’autre, toujours happé par chaque page qui se dessine sous nos yeux. Avec l’impatience d’une enfant, j’ai voulu finir ce livre à tout prix, au plus vite, tout en voulant ne jamais le quitter… Et en refermant ce roman, j’ai compris qu’en fait ce serait lui qui ne me quitterait jamais… L’ombre du vent fait partie de Daniel Sempere, ce personnage de roman pourtant si réel, et il fait désormais aussi partie de moi.

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Ma note…

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