#394 Engloutie – Arno Strobel

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Le résumé…

Vous êtes enfouie dans le sable. Impuissante. Et la marée monte… monte…
Deux couples passent leurs vacances sur une île de la mer du Nord, réputée pour son calme et la beauté de ses paysages. Peu après leur arrivée, des crimes d’un sadisme inouï sont commis.
Après avoir été enlevés, une femme et un homme sont amenés sur une plage à la nuit tombée. Et là, ce dernier assiste impuissant au supplice de sa compagne. Car la marée monte, qui va engloutir celle qu’on a enterrée dans le sable – et dont seule la tête dépasse…
Le tueur prend d’autant plus de plaisir à ces spectacles qu’il se sait supérieurement intelligent… donc infaillible. Personne, jamais, ne le soupçonnera.
Raconté de plusieurs points de vue, dont celui de l’assassin, un suspense qui glace le sang jusqu’à l’ultime page.

Mon avis…

Bonjour tout le monde ! On se retrouve aujourd’hui pour parler d’un thriller, j’ai nommé Engloutie d’Arno Strobel. Je vous avais déjà fait la chronique de Souvenirs effacés, que j’avais bien apprécié. Là encore, on peut dire que l’impression finale est plutôt bonne. Contrairement à quelques avis que j’ai pu lire après ma lecture, je n’ai pas été choquée outre mesure par le modus operandi du tueur… Non qu’il ne soit pas horrible, loin s’en faut, mais simplement parce que je commence à être rodée… Lecture régulière de thrillers oblige ! Néanmoins, cela ne m’a pas empêchée d’être complètement absorbée par l’histoire. L’intrigue est vraiment bien menée, et autant dire que le suspense est total. On croit savoir qui est le coupable, puis finalement on se persuade que c’en est un autre, à moins que ce ne soit plutôt celui-là, ou celui-ci, etc. Comme dans son précédent roman, Arno Strobel nous balade. Quelques petits détails m’ont parfois un tout petit peu chiffonnée, sans parler d’incohérences pour autant, mais c’est vraiment secondaire. Globalement, j’ai trouvé ce récit bien construit, et il était intéressant d’avoir des moments dans la tête du tueur, même si c’est là que se trouvent certaines zones d’ombre qui, malheureusement, n’ont pas été suffisamment éclairées à mon goût. La fin est à la fois surprenante et un peu attendue, c’est l’originalité de ce roman d’ailleurs. Mais je n’en dis pas plus… Cela reste vraiment un très bon thriller, malgré les petites nuances que j’apporte, qui ne s’attachent vraiment qu’à quelques détails.

Carte d’identité du livre

Titre : Engloutie
Auteur : Arno Strobel
Traductrice : Céline Maurice
Éditeur : l’Archipel
Date de parution : 03 juillet 2019

4 étoiles

Merci aux éditions l’Archipel pour cette lecture.

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#373 L’heure des fous – Nicolas Lebel

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Le résumé…

Paris: un SDF est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. « Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël », ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe : le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard…
Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique quand le cadavre révèle son identité.
L’affaire va entraîner le groupe d’enquêteurs dans les méandres de la Jungle, nouvelle Cour des miracles au cœur du bois de Vincennes, dans le dédale de l’illustre Sorbonne, jusqu’aux arrière-cours des troquets parisiens, pour s’achever en une course contre la montre dans les rues de la capitale.
Il leur faut à tout prix empêcher que ne sonne l’heure des fous…

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Mon avis…

Enfin ! Oui, j’ai enfin lu L’heure des fous de Nicolas Lebel. Il était temps ! J’avoue avoir découvert cet auteur à travers le regard taquin d’Olivier Norek, et j’ai acheté son livre l’année dernière à Saint-Maur en Poche. Je ne pensais pas que je serais autant surchargée de travail… Mais voilà, au milieu de l’écriture de mon mémoire, j’ai cherché un roman avec lequel je pourrais décompresser, et mon regard s’est posé sur L’heure des fous. J’avoue que j’ai trouvé ce roman très atypique, dans la mesure où mon attention s’est beaucoup moins concentrée sur l’enquête que sur les personnages eux-mêmes. Je les ai trouvé absolument fascinants et très intéressants. Leur personnalité est abordée avec beaucoup d’humour, ce qui semble assez caractéristique du style de Nicolas Lebel, même si je confirmerais cette intuition avec d’autres lectures. Il y a un côté très décalé que j’ai vraiment aimé, et qui est notamment symbolisé par la sonnerie de téléphone du capitaine Mehrlicht, qui consiste en répliques de films d’Audiard. Très drôle ! Toute l’équipe est attachante, avec le stagiaire traumatisé par Mehrlicht, ce dernier étant vraiment une grande gueule, le lieutenant Dossantos obsédé du Code Pénal et assoiffé de justice (pour le meilleur et pour le pire) et le lieutenant Latour, plus posée mais un peu rebelle. C’est un cocktail détonnant, que je prendrais vraiment plaisir à retrouver. J’ai aussi apprécié le côté linguiste de Nicolas Lebel, qui nous offre un magnifique exercice de style, avec le personnage de Mehrlicht et sa gouaille, son argot remarquable.

L’heure des fous, c’est un livre avec lequel on ne s’ennuie jamais ! Et on peut dire que Nicolas Lebel a vraiment une écriture bien à lui, car ce roman ne ressemble à aucun autre que j’ai pu lire jusqu’ici. J’ai adoré les clins d’œils et les hommages à la littérature (big up Victor Hugo !) et au cinéma. Sur la forme donc, parfait ! Sur le fond, je ne pourrais pas dire que j’ai moins aimé.  Il est vrai que l’intrigue policière passe un peu au second plan en raison de ces personnages très forts. Mais elle est rondement menée, parfaitement élaborée, et le dénouement ne déçoit pas. Cela aurait peut-être mérité de s’y attarder un peu plus, quitte à rajouter quelques pages, mais je ne suis même pas certaine. À vrai dire, cette focalisation sur les personnages est vraiment ce qui fait la richesse du livre, et je me dis que ce serait dommage de l’atténuer. Car, à la fin, le résultat est là : on a envie de retrouver cet insupportable mais adorable Mehrlicht ! L’heure des fous a un charme qui lui est propre, un peu suranné, un peu vintage. Un polar à l’ancienne, donc, qui se lit comme un bon page-turner. J’adore, et j’en redemande !

Carte d’identité du livre

Titre : L’heure des fous
Auteur : Nicolas Lebel
Éditeur : Marabout
Date de parution : 28 mai 2014

5 étoiles

#365 Ma soeur, serial killeuse – Oyinkan Braithwaite

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Le résumé…

Korede s’est donné pour mission de protéger sa cadette envers et contre tout, et ce n’est pas une mince affaire. Non contente d’être la plus belle et la favorite de leur mère, Ayoola a aussi la fâcheuse habitude de tuer ses amants. Ainsi, au fil du temps, Korede est devenue experte pour faire disparaître les traces de sang et les cadavres. « Seulement, avec Femi, ça fait trois. Et à trois, on vous catalogue serial killer… »

Korede a une vie à mener, elle aussi : elle est secrètement amoureuse de Tade, le séduisant médecin qu’elle croise tous les jours dans les couloirs de l’hôpital où elle travaille comme infirmière. Aussi, lorsque sa jeune soeur jette son dévolu sur Tade, Korede se trouve face à un dilemme : comment continuer à protéger Ayoola, sans risquer la vie de l’homme qu’elle aime ?

Mon avis…

Aujourd’hui, je vous parle d’une autrice tout droit venue du Nigeria. Ici, nous sommes bien loin des histoires traditionnelles de serial killer qui sont légion dans les rayons de nos librairies. Déjà, Ayoola est une serial killeuse. Et elle est bien étrange… On ne peut pas la décrire comme une psychopathe ou une sociopathe, elle paraît même très innocente et presque inconsciente de ses actes. Est-elle une habile manipulatrice ou ne se rend-elle vraiment pas compte de ce qu’elle fait ? Korede, elle, joue le rôle de protectrice. C’est la grande sœur, celle qui veille sur sa cadette quoi qu’il arrive. Mais cela devient bien plus difficile quand sa sœurette s’en prend à l’homme qu’elle aime… Elle oscille alors entre son devoir et son amour familial, et ses propres désirs. Mais Tade est sensible au charme d’Ayoola, comme tous les hommes (et les femmes) qui croisent son chemin. Rien ne lui résiste. En étant séduit par elle, Tade a signé son arrêt de mort… Korede pourra-t-elle à le sauver ?

« Vous la connaissez, celle-là ? Deux filles entrent dans une pièce. Cette pièce se trouve dans un appartement, lui-même situé au troisième étage. Dans la pièce se trouve le corps d’un homme. Comment transportent-elles le cadavre jusqu’au rez-de-chaussée, ni vu ni connu ? »

Ce livre est très surprenant, car il n’est absolument pas écrit à la façon d’un roman policier ou d’un thriller à proprement parler. Évidemment, le suspense est présent, et les chapitres très courts sont construits de telle sorte que l’on n’a jamais envie de s’arrêter. Mais l’écriture est d’une simplicité étonnante, teintée d’humour noir et de cynisme. Ici, parlons donc plutôt de comédie noire. L’histoire interroge les liens familiaux, la fidélité, la notion de mal… Ayoola est une femme d’une beauté incroyable. Nous sommes bien loin du stéréotype du serial killer. Attirante, mortelle. J’ai personnellement tremblé pour Korede, qui m’a fait énormément de peine. C’est déjà horrible de voir son amour volé par quelqu’un de proche, qui plus est par sa sœur, mais alors une sœur meurtrière… Oyinkan Braithwaite fait très fort !

C’est donc, vous l’aurez compris, une belle et étonnante découverte que ce roman. Il est certain que l’on reverra cette autrice sur les étalages des libraires, et j’espère très vite ! Je souhaite beaucoup de succès à Oyinkan Braithwaite, et je n’hésiterais pas à lire son prochain livre.

Carte d’identité du livre

Titre : Ma sœur, serial killeuse
Autrice : Oyinkan Braithwaite
Traductrice : Christine Barnaste
Éditeur : Delcourt
Date de parution : 9 janvier 2019

5 étoiles

Merci aux éditions Delcourt pour cette lecture.

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#350 Le malheur du bas – Inès Bayard

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Le résumé…

« Au cœur de la nuit, face au mur qu’elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples. »

Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d’une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant.

Mon avis…

Voici un autre roman de la rentrée littéraire 2018, encore un, et pas des moindres. Le malheur du bas, on en a tous et toutes entendu parler… Et, parfois, ce n’est pas forcément une bonne chose. A en entendre trop, on en attend beaucoup… Mais, heureusement, j’ai vite oublié tous ces échos car le roman m’a absorbée. Oubliée la comparaison purement structurelle avec Chanson douce de Leïla Slimani (que j’avais par ailleurs apprécié). Oubliée l’idée que « ça parle d’un viol ». Car c’est bien plus que ça. C’est un texte profond, bouleversant, qui raconte la vie d’une femme qu’une agression sexuelle égare. Elle n’est pas seulement perdue dans cette société qui ne l’empêche pas de se détruire, elle est perdue en elle-même. On n’est pas forcément dans un texte qui a pour vocation de nous montrer la réaction habituelle d’une femme victime de viol, on est ici face à un destin exceptionnel, car il sort du commun, un destin fait de violence et de destruction. Inès Bayard nous propose un récit dont on connaît déjà la fin, il n’y a aucune surprise sur ce plan. Tout l’intérêt est dans le processus : comment Marie va-t-elle en arriver à de tels extrêmes ? L’écriture, incisive et directe, ne permet au lecteur aucun détour ou recours. Emporté dans un tourbillon torturé, il n’a plus d’échappatoires. Et, pour être honnête, je crois que l’on n’a jamais envie de refermer ce livre. Malgré son intensité, sa brutalité, il nous accroche complètement. Je ne peux pas en dire beaucoup plus, il faut lire ce livre pour comprendre. Sans être un coup de cœur comme Règles douloureuses, il s’agit d’un texte fort, à la fois exceptionnel et utile, qui nous révèle un talent très prometteur, celui d’Inès Bayard. Sujet d’actualité s’il en est, sujet millénaire même, les violences faites aux femmes – qui dépassent le viol, y compris dans ce roman – sont enfin abordées, et c’est une très bonne chose. C’est justement ce que j’ai particulièrement apprécié dans Le malheur du bas : la représentation du caractère divers de ces violences, qui peuvent aussi bien être sexuelles que morales, sociales, professionnelles ou gynécologiques… Vous l’aurez compris, c’est un roman éprouvant mais incontournable en cette rentrée littéraire !

Carte d’identité du livre

Titre : Le malheur du bas
Autrice : Inès Bayard
Éditeur : Albin Michel
Date de parution : 22 août 2018

5 étoiles

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#328 Le tueur intime – Claire Favan

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Le résumé…

Will Edwards, quinze ans, est quotidiennement battu, violé, humilié. Quand Samantha arrive dans sa classe, belle et protectrice, il renaît. Mais l’amourette se mue en déception. Décidé à se venger, Will apprend minutieusement les règles de la perversité et de la cruauté. Un véritable enragé ! Devenu un prédateur redoutable, il s’engage sur les routes des États-Unis à la rencontre de ses futures victimes.

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Claire Favan au salon Saint-Maur en Poche 2018.

Mon avis…

J’avoue que je ne connaissais Claire Favan que de nom avant de me rendre à Saint-Maur en Poche cette année. C’est sur ses conseils que j’ai opté pour le roman Le tueur intime, avec la promesse d’entrer dans l’esprit d’un tueur en série, rien que ça ! C’était en fait exactement ce que je cherchais, ce que j’avais envie de lire. J’espérais donc, évidemment, ne pas être déçue. Et autant dire que c’est une réussite. Ce roman est conséquent dans son nombre de pages, j’avais donc peur d’y trouver quelques longueurs. Mais pas du tout ! Claire Favan sait garder le rythme. Ce thriller est tout simplement addictif. J’ai eu l’impression de me retrouver dans un épisode d’Esprits Criminels, mais en 100 fois plus complexe, plus palpitant, plus réaliste, plus recherché. J’en ressors d’ailleurs assez impressionnée par le talent et le travail de l’autrice. Bien qu’elle soit française, elle situe son intrigue aux Etats-Unis. Cela n’est aucunement problématique car c’est très bien fait.

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S’il y a un « bémol » à relever concernant ce roman, il serait peut-être à intégrer dans un avertissement… Cet excellent thriller se caractérise en effet par une extrême violence, une brutalité constante. Nous pourrions nous en douter, évidemment, puisqu’il s’agit de l’histoire d’un tueur en série. Or, le malaise est généralisé à tout le roman, et avec une puissance notable, car nous entrons vraiment dans la tête de Will Edwards. L’ensemble est vraiment glaçant, ce qui est particulièrement délectable pour les amateurs de thrillers et d’histoires de tueurs en série. Mais il est de mon devoir de vous dire qu’il faut cependant, parfois, avoir le coeur bien accroché ! Nos émotions sont mises à rude épreuve page après page… Les personnages sont tous parfaitement bien construits et développés, tout comme l’intrigue, la psychologie d’ensemble. Le cocktail est détonnant. C’est un livre qui vous fera passer quelques nuits blanches, car il est impossible de le lâcher ! Bref, vous l’avez compris, si vous cherchez un roman horrifique, qui vous donnera de véritables frissons, vous l’avez trouvé. Âmes sensibles s’abstenir.

Carte d’identité du livre

Titre : Le tueur intime
Autrice : Claire Favan
Éditeur : Points
Date de parution : 10 mars 2011

5 étoiles

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Coup de coeur

#193 Sang dessus dessous – Claude Izner

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Le résumé…

Paris, 1998. Un libraire est retrouvé assassiné dans sa boutique – nu, la tête dans un sac plastique, poignardé post mortem. À ses pieds, deux Jules Verne de la collection Hetzel lacérés et posés sur la tranche. Milo Jassy, bouquiniste désabusé des quais de la Seine, est condamné à résoudre cette énigme s’il ne veut pas connaître le même sort. Il devra pénétrer le labyrinthe des vestiges d’un Paris qui s’en va, avec pour seul fil d’Ariane celui de ses amours et de ses amitiés perdues.

Mon avis…

Ma soeur m’a déniché ce roman aux Quais du polar à Lyon, pour mon anniversaire, avec une belle dédicace (voir en bas de la page). Je ne connaissais Claude Izner que de nom, et je ne savais même pas qu’il s’agissait en fait qu’un couple d’auteures, deux soeurs, et donc d’une écriture à quatre mains. Ce premier livre est donc une découverte, et on peut dire que le résumé m’avait mis l’eau à la bouche. Pour une fervente lectrice, passionnée de littérature et étudiante en Lettres, ainsi qu’une fan de romans policiers, une histoire de bouquinistes, de meurtres, de livres, que demander de mieux ? J’ai donc rencontré ce cher Milo Jassy, bouquiniste sur les quais de Seine à Paris, un métier de passion qui ne rapporte que peu, on le comprend bien au fil du roman… Mais l’intérêt n’est pas là (enfin, il n’est pas seulement là, plutôt). Milo Jassy passe du statut de bouquiniste à apprenti détective, mais ce n’est pas par envie, c’est par besoin : pour survivre, il doit comprendre qui a tué ses connaissances, qui le harcèle, qui sème des indices un peu trop sanglants à chaque endroit où il se rend…

Le duo Claude Izner a su écrire le roman policier que tout amateur de lecture et de livres aimerait avoir entre ses mains. L’atmosphère est remplie de l’odeur des vieux livres, de l’air humide de Paris, de ses rues parfois nauséabondes, et de celles qui sont tout aussi pittoresques… Milo Jassy est un personnage principal attachant. Il a bien des défauts, c’est vrai, mais c’est à cela qu’on voit le personnage romanesque parfait. Après tout, la perfection littéraire n’est-elle pas de parvenir à rendre la fiction aussi imparfaite que la réalité ? Oui, c’est toute une réflexion… La nuit porte conseil, je retournerais dans ces questionnements existentiels demain matin ;). Revenons à Sang dessus dessous… Titre très bien choisi, d’ailleurs, car le roman tout entier s’inscrit dans un bazar monstre : de l’appartement de Milo Jassy aux personnages tous aussi mystérieux les uns que les autres (et suspects), des indices laissés aux scènes de crimes découvertes… Oui, tout est sens dessus dessous et les livres finissent tâchés de sang… Le livre au centre de ce roman ? Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne. Hop, un nouvel argument pour moi, amiénoise de naissance, puisque je connais comme ma poche la maison de ce monsieur !

Résumons : Nous avons tous les ingrédients pour faire un excellent roman policier, et un excellent roman tout court d’ailleurs. L’ambiance distillée dans ce livre est on ne peut plus agréable pour un amateur de lecture même si nous restons à Paris, et, pour ceux qui connaissent, ce n’est pas toujours une ville des plus charmantes… Mais justement, c’est une capitale enveloppée de mystères, elle devient parfaitement le lieu des intrigues les plus étranges. Ce n’est que dans un endroit aussi riche que pouvait se dérouler Sang dessus dessous. On remarque la connaissance aiguë des quais des bouquinistes de la part des auteures puisqu’il s’agit de leur milieu, donc tout est réaliste et même un brin comique. Que dire de Stella Kronenbourg, voisine de quai de Milo Jassy ? C’est un des personnages les plus attachants du roman pour moi. Elle est complètement perchée, un peu désespérante, mais finalement très attendrissante. Je précise que ce patronyme, s’il peut sembler étrange, est tout simplement le surnom donné par Milo Jassy à cette femme qui s’appelle Henriette. Donc, non, Claude Izner n’était pas en manque d’inspiration pour les noms des personnages (on pourrait le croire). Stella Kronenbourg, c’est de la fraîcheur, de la légèreté toute parisienne, mais que l’on s’entende bien, pas parisienne Chanel ou Yves Saint-Laurent… plutôt parisienne Pigalle, à priori, mais on apprend à la connaître et notre avis change au fil des pages !

Allez, vous allez dire que je fais des chroniques à rallonge, qu’il faut que je me calme un peu donc je me calme, voilà ! Je voudrais donc conclure simplement en recommandant vivement cet excellent roman policier. Il serait vraiment bien dommage de ne pas le lire, je tiens à le souligner.  Vraiment, je le répète ne passez pas à côté ! Vous allez alors me demander : « mais pourquoi lui mettre seulement 19 alors ? ». Disons que je n’ai pas encore lu les autres livres de Claude Izner, donc je pense pouvoir supposer qu’elles ont fait encore mieux dans les suivants 😉

Ma note…

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La dédicace…

Merci à ma chère sœur Caroline qui a fait un tour aux Quais du polar pour mon anniversaire !