#346 Gwendy et la boîte à boutons – Stephen King et Richard Chizmar

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Le résumé…

Trois chemins permettent de gagner Castle View depuis la ville de Castle Rock : la Route 117, Pleasant Road et les Marches des suicidés. Comme tous les jours de cet été 1974, la jeune Gwendy Peterson a choisi les marches maintenues par des barres de fer solides qui font en zigzag l’ascension du flanc de la falaise. Lorsqu’elle arrive au sommet, un inconnu affublé d’un petit chapeau noir l’interpelle puis lui offre un drôle de cadeau : une boîte munie de deux manettes et sur laquelle sont disposés huit boutons de différentes couleurs. La vie de Gwendy va changer. Mais le veut-elle vraiment ? Et, surtout, sera-t-elle prête, le moment venu, à en payer le prix ? Tout cadeau n’a-t-il pas sa contrepartie ?

Mon avis…

C’est avec bonheur que je retrouve Stephen King, dont je n’ai pas lu de textes depuis un petit moment. Au départ, je m’attendais à ce qu’il soit question d’une boîte à boutons type boîte à couture, mais pas du tout ! Gwendy se voit offrir, par un homme très étrange, une boîte dans laquelle se trouvent des boutons sur lesquels elle peut appuyer… mais les conséquences de cet acte seront lourdes, très lourdes… Grâce à cette boîte, elle mène une vie a priori parfaite, tout lui réussit, mais très vite elle devinera le revers de la médaille… En apparence, il s’agit d’une nouvelle fantastique. Mais, très vite, on voit la dimension métaphorique du texte. Oui, cette drôle de boite à boutons, effectivement, existe. Pas sous cette forme, peut-être, mais presque. Stephen King et Richard Chizmar nous propose de porter un regard original sur notre monde. A travers leur imagination, nous devinons la silhouette de nos propres vies. J’ai beaucoup aimé cette lecture, ponctuée de belles illustrations de Keith Minnion. Simplement, il faut accepter une certaine frustration car le format de la nouvelle nous prive de nombreux éclaircissements. La fin est en quelque sorte ouverte, on ne comprend pas le fin mot de toute l’histoire, mais on peut se laisser aller aux suppositions. C’est un récit qui, en tout cas, nous trotte dans l’esprit un petit moment. A lire quand on aime Stephen King, mais aussi un bon moyen de le découvrir !

Carte d’identité du livre

Titre : Gwendy et la boîte à boutons
Auteurs : Stephen King et Richard Chizmar
Illustrateur : Keith Minnion
Traducteur : Michel Pagel
Éditeur : Le Livre de Poche
Date de parution : 05 septembre 2018

4 étoiles

Merci aux éditions Le Livre de Poche et à NetGalley pour cette lecture.

#212 Un sourire à tomber – Gilles Legardinier

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Le résumé…

Un officier des forces spéciales est appelé en renfort par l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels : un collier d’une valeur inestimable (par sa qualité et sa valeur historique) a été volé lors d’une exposition à Paris ; le contact entre le voleur et son acheteur pourrait se faire pendant le Tour de France. La police pense que la meilleure manière de repérer le voleur serait d’avoir un homme dans la course ; malheureusement ils n’ont pas d’homme suffisamment entraîné dans leurs rangs. C’est pourquoi ils ont besoin des forces spéciales. L’officier devient donc coureur cycliste : sur le Tour, il se prend au jeu de la compétition, fait la connaissance d’une jeune femme dont il tombe amoureux mais ne repère pas le voleur ; en revanche, il se pourrait que le voleur, lui, l’ait repéré…

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Mon avis…

Legardinier, vous le connaissez tous et toutes, j’en suis presque sûre. Mais avez-vous entendu parler de sa nouvelle intitulée Un sourire à tomber ? Elle se déroule dans le cadre du Tour de France, événement qui, en règle générale, me laisse totalement indifférente. Cependant, en littérature, je suis prête à donner sa chance au cyclisme, surtout s’il s’agit d’une nouvelle (on ne prend pas trop de risques dans ces cas-là). L’auteur étant qui il est, je m’attendais à quelque chose de très bien, si ce n’est d’excellent. On sait que, souvent, les nouvelles ne sont pas à la hauteur des romans, mais il n’empêche qu’elles peuvent aussi être de très bons échantillons d’une écriture plaisante voire magistrale selon les cas. J’ai donc profité d’un petit déjeuner détente pour lire cette petite histoire. J’avoue que, parfois, mes croissants m’ont semblé plus intéressants que cette intrigue un peu étrange. En effet, j’ai trouvé l’histoire en elle-même plutôt particulière… Disons qu’il fallait un prétexte à introduire une intrigue dans le Tour de France…

Une fois dedans, j’avais envie de connaître la fin, mais sans plus. En fait, j’avais trouvé le « coupable » dès son apparition, et je n’en étais pas spécialement contente… Je préfère largement quand l’auteur me surprend encore et encore ! Vous me direz que c’est une nouvelle, qu’il n’avait pas le temps de disséminer des indices, d’entrelacer les hypothèses, etc. J’en suis consciente. Mais je sais aussi qu’une nouvelle est un texte qui, par sa longueur, a beaucoup de potentiel pour entraîner le lecteur dans une intrigue très intense, très éprouvante. Ici, on a plutôt l’impression qu’on a demandé à l’auteur de l’écrire et qu’il s’est dépêché, pour faire plaisir, de rendre quelque chose de plutôt correct… J’ai eu la sensation de lire une histoire bâclée (et l’environnement du cyclisme n’a rien arrangé à mon sentiment), à l’intrigue très fragile, et au dénouement sans surprise…

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Ma note…

10

#205 Une nouvelle amie – Ruth Rendell

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Le résumé…

Christine a pour habitude de voir Angie, sa meilleure copine, tous les jeudis après-midi. Mais lorsqu’Angie doit partir dans le nord de l’Angleterre pour s’occuper de sa mère, Christine fait une nouvelle connaissance. Cette nouvelle amie va lui redonner le goût de la vie et de l’aventure. Mais elle lui réserve aussi bien des surprises.

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Mon avis…

J’ai découvert cette nouvelle à tout hasard en me baladant sur decitre.fr, je connaissais cependant l’auteur de nom. Je me suis donc dit que c’était l’occasion de découvrir un peu le style de Ruth Rendell… Je n’aurais peut-être pas dû commencer par Une nouvelle amie… J’avoue avoir été « un peu » déçue ! Si la fin et la réflexion qu’elle crée sont excellentes, l’ensemble de la nouvelle est pour le moins surprenante et peut laisser perplexe. Mais on garde l’idée, au fil des pages, que tout va finir par prendre sens… Finalement, non. Ruth Rendell laisse plutôt la possibilité au lecteur de réfléchir, après le dénouement, sur le pourquoi du comment… Quand j’ai vu que la nouvelle avait été adaptée à l’écran par François Ozon, j’ai eu la confirmation de mon impression finale. Le texte, évidemment, est extrêmement court, et la psychologie des personnages reste à développer, il y a énormément de zones d’ombre… Le dénouement est vraiment le point d’orgue de la nouvelle, et en même temps l’élément autour duquel tout tourne. On est obligé de revenir en arrière sur nos impressions, sur notre lecture, pour comprendre ce qu’il vient de se passer… Autrement dit, c’est une nouvelle qui stimule nettement l’imagination et qui est tout à fait ouverte à l’interprétation et à l’adaptation ! Toutes les zones d’ombre sont autant de cases blanches à remplir, les personnages sont des psychologies à inventer… J’avais en fait l’impression que tout restait à faire. C’était comme si Ruth Rendell m’avait donné un canevas et que c’était à moi (et aux autres lecteurs, bien sûr), de broder tout autour, de créer un motif défini et précis. Autrement dit, il s’agit d’une nouvelle qui procure beaucoup de liberté au lecteur. Souvent, les auteurs vont justement tout bouleverser à la fin, offrir un dénouement choc qui ferme toutes les autres perspectives qui se sont développées au fil de la nouvelle… Ruth Rendell, avec Une nouvelle amie, offre le moyen au lecteur d’assouvir sa propre soif de création, en compagnie de l’auteur. Je serais assez curieuse de voir le film pour découvrir l’interprétation de François Ozon… Et je vous en parlerais sûrement !

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Ma note…

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#203 Hostiles – Franck Thilliez

Le résumé…

Ce n’était vraiment pas son jour. À la fin d’une journée de travail en plein cœur des Cévennes, Léa, jeune photographe animalière, tombe en panne de voiture sur une route de montagne sinueuse et peu fréquentée. Elle est soulagée quand un homme finit par passer et s’arrêter pour l’emmener. Malheureusement, lorsqu’un projectile frappe la voiture, Marc, par réflexe, fait un écart et c’est la chute. Léa et Marc se retrouvent pris au piège en contrebas de la route, dans la forêt, prisonniers dans la voiture, sans eau, sans nourriture, sans téléphone. Le tableau semble désespéré, pourtant le pire n’est pas toujours où l’on croit…

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Illustration de Hostiles par Dominique Corbasson pour « Les petits polars du Monde »…

Mon avis…

Je suis tombée par hasard, en me baladant dans les rayons numériques de decitre.fr, sur une nouvelle gratuite de Franck Thilliez… Evidemment, connaissant l’auteur, je n’ai pas hésité un seul instant ! Je me suis donc lancée quand j’avais un peu de temps pour moi, la nouvelle étant sur mon téléphone grâce à une application pour lire en numérique. Et je n’ai pas été déçue. Comme toujours, Franck Thilliez sait nous surprendre. Quand on pense avoir tout vu, avoir tout compris à l’intrigue et au dénouement, il nous montre que, non, il y a encore des choses à découvrir, des surprises à venir. C’est vraiment la fin de la nouvelle qui m’a bluffée car je ne m’y attendais pas (ou presque). J’avais quelques doutes, je sentais que quelque chose clochait, mais comme toujours avec Franck Thilliez, on ne sait pas quoi. J’ai eu la même sensation avec L’encre et le sang, nouvelle plus longue que celle-ci. Hostiles, en fait, est un échantillon de plaisir pour les amateurs de thrillers ou pour ceux qui veulent (enfin) découvrir l’auteur. Evidemment, vous ne vous demandez même pas si je vous la conseille, cela parait si évident. Thilliez parvient à faire d’une situation déjà très angoissante (une panne) une situation encore plus angoissante (un accident),  puis ce moment terriblement violent devient une attente interminable et effrayante… Mais là encore, ce n’est pas fini. Vous ne saurez que dans les dernières lignes, les derniers mots, de la nouvelle, ce qu’il en est vraiment… Alors, tentez cette lecture sans hésiter. Après tout, ça ne coûte rien !

Illustration de Hostiles par Dominique Corbasson pour « Les petits polars du Monde »…

Ma note…

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VOUS POUVEZ ECOUTER CETTE NOUVELLE GRACE A FRANCE CULTURE.

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#202 Le cœur d’Angeliki – Victoria Hislop

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Le résumé…

À vingt-neuf ans, Angeliki n’est toujours pas mariée, contrairement aux autres jeunes filles de son village, ce qui agace prodigieusement sa mère. Dans le zacharoplasteion familial, les deux femmes pétrissent le pain et préparent de délicieux biscuits de carême, des brioches de Pâques, des beignets au miel… Plus jolie que toutes les autres jeunes filles, plus douce qu’un baklava, Angeliki a de surcroît le talent merveilleux de créer de délicats animaux en pâte d’amande. Pourtant, elle s’obstine à repousser toutes les avances qu’on lui fait. Le cœur d’Angeliki se réveillera-t-il un jour ?

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Mon avis…

Je ne connaissais Victoria Hislop que de nom. Vous savez peut-être que la romance n’est pas le genre qui remporte ma préférence. Pourtant, il m’arrive d’en lire et d’en apprécier même si je déplore que les romances se ressemblent souvent toutes… Je m’intéresse à Victoria Hislop depuis que je suis à la recherche de livres susceptibles de plaire à ma mère, qui aime les romances, le soleil, mais pas les histoires trop dramatiques. Pour me donner une idée du style de l’auteure, je me suis tournée vers une solution, j’ai nommé : les nouvelles. Je me suis donc lancée dans Le coeur d’Angeliki, que j’ai pu avoir gratuitement en numérique sur decitre.fr (voir lien en bas de la chronique). Si l’écriture ne m’a pas semblé d’une qualité littéraire remarquable, je note cependant que l’auteure a suffisamment de maîtrise pour créer en seulement quelques lignes une ambiance ensoleillée et colorée. Elle parvient à nous attacher à Angeliki le temps de cette petite nouvelle, ce qui est, je pense, à souligner. L’histoire, très courte, se passe en Grèce, donc on est dans une atmosphère très chaude et estivale. De plus, Angeliki travaille dans la pâtisserie familiale, ce qui ajoute une touche de gourmandise à l’ensemble. Victoria Hislop a su réunir les ingrédients idéaux pour faire de la lecture de cette nouvelle un moment agréable. Ce texte m’a permis de me donner une idée de l’écriture de l’auteure et de ses capacités à accrocher le lecteur. Je dois vraiment dire que je suis assez admirative car l’ensemble est très charmant, très bien mené, marqué par la douceur. C’est une nouvelle qui se lit extrêmement vite mais laisse une lueur dans l’esprit après la lecture. Cela m’a convaincue de proposer un roman de Victoria Hislop à ma maman qui, à mon avis, ne sera pas déçue si ses livres bénéficient de la même écriture que Le coeur d’Angeliki.

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Victoria Hislop, auteure de la nouvelle « Le cœur d’Angeliki » et d’autres romances ensoleillées…

Ma note…

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#200 L’Encre et le Sang – Franck Thilliez et Laurent Scalese

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Le résumé…

Au fond d’un vieux garage hongkongais, elle est là. Elle l’attend. La machine. Il suffit de taper. Et tout s’écrira, dans la réalité. Très vite, l’écrivain William Sagnier comprend qu’il tient là l’instrument de sa vengeance. La femme qui l’a trompé. L’homme qui lui a volé son livre. Tous ceux qui l’ont humilié, utilisé, détruit, le seront à leur tour. La vie, la mort, la toute-puissance au bout des doigts, là où se mélangent l’encre et le sang…

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Mon avis…

Comment appeler ce livre ? Un petit roman ou une nouvelle ? Peu importe, c’est un récit court mais terriblement efficace. Ou je devrais dire « horriblement »… En effet, la collaboration de Franck Thilliez et Laurent Scalese est un véritable succès horrifique. Je ne reprocherais en aucun cas la longueur du livre car la lecture est d’une intensité bluffante. C’est un thriller particulièrement riche et puissant, le tout en crescendo, jusqu’à une véritable apogée machiavélique. L’encre et le sang, en effet, est un livre qui ne peut que plaire aux amateurs de thrillers. Si vous n’avez jamais lu Franck Thilliez ou Laurent Scalese, c’est une occasion de découvrir. Et si vous voulez vous lancer dans le genre du thriller, sans trop savoir par quoi commencer, pourquoi ne pas essayer celui-ci ? J’avais déjà eu un énorme coup de coeur pour Pandemia de Franck Thilliez donc imaginez pas joie en voyant que ma soeur m’avait envoyé un autre de ses récits. J’ai été on ne peut plus heureuse. Ce que j’ai apprécié dans celui-ci, c’est le côté un peu « fantastique » avec la machine à écrire qui réalise tout ce que l’on imagine. Ainsi, on ne peut jamais prévoir ce qui va suivre, on est surpris tout au fil du récit. Les auteurs distillent de discrets indices dans le texte pour nous laisser deviner le dénouement, et pourtant il est tellement surprenant. C’est un des meilleurs « thrillers » que j’ai jamais lu, bien qu’il soit court. C’était un moment d’une intensité magique.

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Imaginez que tout ce que vous écrivez devienne réalité, grâce à une machine à écrire « magique »… ou plutôt « maudite ». Tout dépend de ce que l’on en fait. Feriez-vous le bien ? le mal ? William, personnage principale de ce livre, a vite fait son choix : ce sera le mal, le mal le plus terrible. Auteur de thrillers lui aussi, il a l’imagination fertile et les victimes parfaites : son ex et celui qui lui a volé son manuscrit pour en tirer le succès à sa place. Les catastrophes, les tortures, les massacres et les manipulations s’enchaînent à une vitesse monstrueuse. On dépasse, en quelques pages, les limites que n’osent même pas dépasser d’autres auteurs sur tout un roman. Je vous conseille donc vivement cette nouvelle, fruit d’une collaboration particulièrement intelligente et machiavélique. Vous ne le regretterez pas 😉

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Ma note…

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Ma dédicace…

Merci à ma sœur pour cette excellente lecture et pour la dédicace qui l’accompagne.

#191 Le diable amoureux – Cazotte

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Le résumé…

Lorsque don Alvare évoque Béelzébuth dans les ruines du palais Portici, le démon apparaît sous les traits d’une hideuse créature. Mais l’audacieux Alvare, vite maître de sa terreur, réduit le spectre à l’état d’esclave et en use comme Aladin de son génie. Sous les traits d’une sylphide, la créature n’a désormais plus rien de diabolique. Biondetta ! Comment rêver femme plus désirable, à la fois innocente et perverse, tourmentée et abandonnée ? Imposture ou magie, cette aventure qui se déroule en plein carnaval de Venise présente toutes les facettes d’un divertissement amoureux.

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Mon avis…

Conseillée par un professeur de littérature spécialisé dans le fantastique, Le diable amoureux est une nouvelle de Cazotte, oeuvre fondatrice du mouvement fantastique. Autant dire qu’il s’agit d’une lecture qui est enrichissante, bien que courte. Il faut rappeler que le fantastique, par définition, joue sur la perception des personnages et des lecteurs : qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Là est la question… Cette nouvelle va donc apporter les bases d’une littérature qui séduit encore beaucoup aujourd’hui, et qui me séduit personnellement depuis longtemps et pour encore un bon moment ! Dans Le diable amoureux, nous suivons l’étrange aventure de don Alvare, qui appelle Béelzébuth pour prouver à ses amis qu’il n’a peur de rien, pas même du diable… Cette soirée initiatique devient en réalité un succès car il maîtrise le démon comme personne avant lui… Au point que celui-ci va faire partie de sa vie, abandonner l’Enfer pour lui !

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Le diable peut-il aimer un homme ? La plus terrible image de l’horreur peut-elle devenir la plus délicate image de la vertu et de la beauté ? Cazotte nous entraîne dans une histoire charmante sur fond de mystère, nous manipule comme les petites marionnettes que sont les lecteurs pour de talentueux écrivains… Comme don Alvare, nous laissons sa chance au diable. Après tout, le mal n’a-t-il pas souvent plus d’attrait que le bien ? L’espèce humaine toute entière pourrait être contenue dans le corps et l’esprit d’Alvare. Que de réflexion, tout en prenant plaisir à une bonne lecture. Etant donné la longueur de la nouvelle, je ne peux pas vous dire grand chose sur l’histoire, son déroulement, sans gâcher votre future lecture. Mais, si vous êtes intéressé par le fantastique, si vous êtes intrigué par ce mouvement, ou si vous aimez les classiques originaux et parfois méconnus, n’hésitez pas un seul instant.

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Ma note…

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#165 La Princesse de Clèves – Mme de La Fayette

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Le résumé…

« Je vais vous faire un aveu que l’on n’a jamais fait à un mari… » Sincère, tourmentée, la princesse de Clèves ne parvient plus à taire ses sentiments. Elle brûle d’amour depuis trop longtemps pour le duc de Nemours, l’un des plus beaux fleurons de la cour d’Henri II. Son désir est ardent ! Désespéré ! Mais elle a juré fidélité à son époux, le prince de Clèves. Elle aspire au bonheur et ne peut brader sa vertu. Elle veut aimer sans trahir… Cruel dilemme ! Faut-il donc renoncer au monde ? Faire ainsi le malheur d’un mari et d’un amant ? La mort est-elle préférable aux affres de l’amour ? Du mariage au déchirement, de la pudeur au sacrifice… Madame de La Fayette exprime jusque dans ses plus impudiques silences la langue subtile de la passion.

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Mon avis…

La Princesse de Clèves est sûrement l’un des plus grands classiques de la littérature française, parmi ceux que l’on connaît parfois sans même les avoir lus… Et surtout parmi ceux qu’il faut à tout prix avoir lu ! Il s’agit d’une nouvelle de Mme de La Fayette, également auteure de La Princesse de Montpensier, que j’avais aussi beaucoup aimé et dont je vous ferais une chronique prochainement si vous le souhaitez… L’écriture est simplement d’une subtilité remarquable, tout est magnifique. On retrouve de nombreux topos littéraires qui influenceront beaucoup de générations d’auteurs, ce qui fait de ce livre un véritable symbole. J’ai tout simplement adoré me replonger pour une seconde lecture dans cette histoire d’amour merveilleuse, qui fait rêver bien que l’on connaisse tous la fin…

En effet, le dénouement est bien connu (je ne le dirais cependant pas, de peur d’être lue par quelques exceptions qui ne le connaîtraient pas) mais cela ne nous empêche pas de profiter pleinement de cette lecture. On est loin du style parfois un peu difficile à aborder de Balzac, Flaubert ou Zola, mais on est toujours dans un classique français qui fait la fierté de notre culture depuis des siècles. Toutes les lectrices craqueront pour Mr de Nemours, se sentiront attendries par Mr de Clèves, et réfléchiront tout autant que Mme de Clèves… Et il en est de même pour les messieurs bien sûr ! On est dans un des premiers romans psychologiques de la littérature française, dans une des histoires d’amour les plus connues au monde, et cela provoque une sensation intense que de se laisser emporter dans un tel monument.

Je conseille vraiment cette lecture à tous ceux qui ne l’ont pas encore abordée ou qui l’ont fait il y a trop longtemps… Cette oeuvre se découvre et se redécouvre à chaque lecture, révèle de nouveaux détails sur la société de l’époque, sur l’Histoire, mais aussi sur la perception des sentiments et sur la notion de vertu, que l’on a tendance à oublier de nos jours. C’est un voyage dans le temps, et un voyage dans le cœur et dans l’âme d’une héroïne sans commune mesure. La langue de Mme de La Fayette fait pénétrer le lecteur dans un monde de subtilité et de sensibilité comme tout amoureux de la littérature rêve chaque jour de  visiter… Ce serait un véritable gâchis de ne pas se laisser emporter dans les pensées de la princesse de Clèves et de passer à côté d’un tel chef d’oeuvre.

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Ma note…

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#98 Chickamauga – Ambrose Bierce

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Le résumé…

Dans l’œuvre d’Ambrose Bierce, il n’y a pas de fantômes ou de phénomènes anormaux, mais une exploration clinique de la réalité la plus crue, dont l’issue est l’insoutenable horreur de la mort. A travers les cauchemars de la guerre de Sécession, qui valent bien ceux d’Edgar Poe, Bierce porte la nouvelle à son plus haut degré de perfection et s’affirme comme l’un des précurseurs de la littérature américaine du XXe siècle. « Chickamauga » relate l’histoire d’un jeune garçon jouant dans un bois et rencontrant au détour d’un sentier les protagonistes de la bataille éponyme. Terreur, dégoût, fureur, violence, la guerre revêt un visage encore plus cruel que celui qu’elle montre au quotidien dans notre société sans cesse secouée par les conflits.

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Mon avis…

Chickamauga est le nom d’une bataille s’étant déroulée du 18 au 20 septembre 1863, elle représente une défaite importante de l’Union (les 23 états américains ne faisant pas partie de la Confédérations) durant la guerre de Sécession. On y dénombre plus de 30 000 morts. C’est donc un nom étrange pour cette très courte nouvelle qui à priori, si on se fie à la première ligne, relate l’histoire d’un très jeune garçon jouant dans la forêt. Anonyme du début à la fin, nous le suivons d’abord dans des aventures innocentes et plutôt attendrissantes, même si cet enfant rêve de guerre, il semble animé par la seule innocence du jeune âge. Or, petit à petit, de brutales apparitions perturbent le paysage. Les jeux deviennent plus sombres et plus incompréhensibles. L’enfant monte sur des humains animalisés, perdant leurs membres, à l’agonie, il les prend pour des chevaux et s’amuse sur eux comme un cavalier partant en guerre…

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La nouvelle est très perturbante, car particulièrement violente. On voit la scène à travers les yeux de l’enfant qui ne comprend pas la moindre chose qu’il voit. Tout lui semble normal alors que c’est bien le contraire. Les tableaux peints sont malsains et d’une sauvagerie sans nom, ils révèlent les horreurs de la guerre bien qu’ils la traitent de manière largement hyperbolique. On se doute bien que rien ne se passe réellement tel que cela est décrit mais l’enfant interprète tout à sa façon, et l’auteur y rajoute une dose de violence et de surréalisme pour accentuer l’effet de contraste et créer le malaise chez le lecteur.

Il faut savoir qu’Ambrose Bierce a participé à cette bataille et il est donc probable, ou en tout cas on peut facilement l’imaginer, qu’il essaie de transmettre au lecteur plus une sensation qu’un réel récit documentaire sur la guerre. En effet, les humains sont animalisés, les animaux personnifiés, tout est exagéré, il n’y a pas la moindre notion de nuance ou de subtilité, tout est violence et agressivité, sous forme d’une gradation constante pour arriver à un paroxysme à la hauteur du dégoût transmis au lecteur. Pour ma part, j’ai eu l’impression de ressentir, ou plutôt d’avoir une idée du chaos de la guerre, de la cruauté humaine et de sa perdition dans la violence. Tout doit paraître irréel sur un champ de bataille, tous les sens doivent être exacerbés et les perceptions trompeuses.

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Ce qui est original ici, c’est le point de vue de l’enfant, qui joue à la guerre mais finit par se retrouver au beau milieu du champ de bataille sans même s’en rendre compte. Il est sourd-muet, on ne s’en rend pas forcément compte au départ même si cela finit par apparaître à l’esprit petit à petit. Il n’entend pas les bruits de la guerre, ne comprend pas ce qu’il voit car on n’a pas pu lui expliquer, il joue et ne pense qu’à cela. Jusqu’à ce qu’il rentre chez lui et qu’il ressente l’horreur. La guerre ne nous révolte que lorsqu’elle nous touche, semble nous dire l’auteur…

Cette nouvelle est très enrichissante, malgré sa violence presque sans limite. Au lieu de montrer des images définies à coup de descriptions et d’actions vraisemblables, l’auteur nous injecte une dose d’horreur, de sentiments de dégoûts et de répulsion. L’horreur de la guerre n’est pas décrite de manière réaliste, loin de là, mais l’intériorité de celui qui la vit semble exposée à l’œil du lecteur. Cette œuvre est à découvrir (elle est très courte) ! A savoir qu’elle fait partie d’une œuvre nommée « Morts violentes », qui regroupe une quinzaine de nouvelles sur la guerre de Sécession.

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Ambrose Bierce

Ma note…

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#26 Dans la peau de Marie Stuart – Marie Laurent

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Le résumé…

Jeune Anglaise frivole, Susan ne s’intéresse guère à l’histoire de son pays, contrairement à son fiancé James. Mais le décès d’un oncle la propulse dans un cottage des bords du Loch Leven, où Marie Stuart avait été emprisonnée en 1567. Elle se découvre de surprenantes affinités avec la reine déchue, tandis que flotte sur elle l’ombre de la mystérieuse et antipathique Moïra Mac Grégor, ancienne gouvernante de son oncle. Et son voyage en Écosse se transforme en un saut temporel totalement inattendu.

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Mon avis…

Ce qui m’a tenté dans ce livre, c’est son titre ! Immédiatement, je me suis dit : Ah oui ! Celui-là, je veux le lire… Mais pourquoi, me demanderez-vous ? Et bien je vais vous répondre : parce que je suis une grande admiratrice de l’histoire de la royauté anglaise ! Non pas que je veuille une monarchie en France, loin de là, mais j’avoue me passionner pour toutes ces histoires de dynasties, de complots, et tout le tralala ! Cette fois, Marie Laurent abandonne les brocolis et nous entraîne dans une aventure majeure de l’histoire de l’Angleterre : la captivité de Marie Stuart en Ecosse et sa fuite. Pour ceux qui ne connaissent pas trop, cette femme aurait dû être reine mais elle a été retenue pendant loooongtemps dans un château écossais où elle devait probablement s’ennuyer à mourir, pour qu’un autre règne à sa place ! C’est un peu naze comme situation, et on n’aimerait pas être à sa place !

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Mais bon, bref, j’ai adoré découvrir cette histoire géniale… et j’en attendais beaucoup ! Je voulais découvrir d’autres écrits de Marie Laurent, après avoir beaucoup apprécié Deux nuances de Brocoli… et cette nouvelle (car ce n’est pas un roman, attention !) valait le coup et me semblait idéale ! Alors, voilà, j’ai proposé cette lecture aux éditions Artalys, qui s’occupent de la publication de ce livre et j’ai eu le plaisir de l’avoir en échange d’une chronique, youpi, que je vous écris maintenant. Comme je vous le disais il y a quelques lignes, j’attendais beaucoup de cette œuvre : pas de faux-pas historiques, pas de « trop » ni de « pas assez », il fallait vraiment une histoire juste et raisonnable. Le personnage principal, Susan, qui n’en a un peu rien à faire de l’histoire anglaise, débarque chez son oncle récemment décédé pour récupérer son héritage, un manoir qui fait face au château où a été tenue captive Marie Stuart. Et là, bizarrement, elle commence à se sentir mal et se retrouve soudainement dans la peau de la reine au moment de sa fausse couche ! Pas forcément le meilleur moment, mais finalement c’est cet instant capital qui aura une influence importante sur la vie de Susan.

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Honnêtement, tout le passage où Susan est dans le corps de Marie Stuart est très bien écrit, fait la bonne longueur, est parfait quoi ! On n’a pas le temps de s’ennuyer. Pendant toute la lecture cependant, je me suis demandée : comment l’auteure va-t-elle justifier ce saut dans le temps et ce changement de corps, ainsi que tous les éléments étranges qui s’y rattachent ? Et j’ai juste été très surprise du dénouement et surtout très admirative car c’est très bien trouvé ! Tout colle, il n’y a pas une seule petite erreur, rien ne va de travers, on ne se dit pas « mais je ne comprends pas, c’est pas cohérent »… Tout est nickel ! Et j’ai donc hâte de me lancer dans une nouvelle lecture de Marie Laurent, bientôt j’espère ! Et je suis très satisfaite de celle-ci, et je vous la conseille vivement ! C’est un style tout à fait différent de Deux nuances de Brocoli, donc pour celles ou ceux qui n’étaient pas tentés par cette première lecture, vous pouvez sauter sur cette nouvelle qui est aussi très agréable et très bien écrite ! Cela pourra vous donner un autre moyen de découvrir cette auteure qui mérite d’être connue et, qui plus est, est très sympathique.

Marie Laurent

Ma note…

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Merci à Marie Laurent et aux éditions Artalys pour cette lecture !

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