#214 Rêver – Franck Thilliez

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Le résumé…

« Pour la plupart des gens, le rêve s’arrête au réveil. » Si ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres. Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai. Abigaël a beau être cette psychologue qu’on s’arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l’emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l’un de l’autre, elle n’a pas trouvé mieux que la douleur. Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l’accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s’exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l’enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.

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Mon avis…

Après avoir adoré Pandemia, je craignais évidemment d’être un peu déçue par les nouveaux romans de Franck Thilliez, tant le coup de cœur avait été gros. J’attendais cependant avec impatience Rêver, dont le thème me semble on ne peut plus adapté pour un thriller. Quoi de pire que de voir ses rêves et la réalité se mêler, se confondre, au point de ne plus pouvoir les différencier ? Etant souvent sujette à de terribles cauchemars, cela m’a beaucoup parlé. Tout le monde ne fait pas de beaux rêves ! Abigaël est atteinte de narcolepsie, elle s’endort n’importe comment, sans la moindre raison… Son histoire, si énigmatique, suggère que quelqu’un la manipule, ou bien qu’elle devient folle. Personnellement, j’ai vite opté pour la première solution, l’objectif étant de savoir qui. La grosse originalité de ce roman est que les chapitres sont dans un ordre assez particulier. En fait, ils sont tous mélangés… Si bien qu’on apprend les choses en décalé, parfois à l’avance, parfois en retard, au même rythme qu’Abigaël. Nous sommes aussi perdus qu’elle et nous avons les mêmes éléments qu’elle pour résoudre l’énigme. En fait, Franck Thilliez nous fait participer à une véritable enquête. Il y a même un chapitre manquant, que vous pourrez trouver sur Internet grâce à un code caché dans le roman, ce qui va vous obliger à être attentif ! Ne trichez pas, c’est plutôt drôle ! Et, en plus du chapitre manquant, vous pourrez trouver le véritable ordre des chapitres, leur ordre « logique » et surtout « chronologique » !

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Alors, vous l’aurez compris, sur le plan de la forme : c’est parfait, Franck Thilliez a pensé à tout, et à plus encore… Sur le fond, l’intrigue est excellente. Les personnages, s’ils ne sont pas extrêmement attachants, nous donnent envie de les suivre au fil du roman, ils nous accrochent suffisamment. Pourtant, j’avoue que j’ai été un peu déçue de découvrir le fin mot de l’histoire trop tôt à mon goût ! Bon, il faut dire que j’avais tout un voyage en voiture du nord de la France au sud de l’Ecosse pour découvrir ce livre, et je me suis donc plongée en plein dedans… J’ai vu cette lecture comme un défi qui a finalement dépassé le côté simple divertissement. Je suppose que lire avec un cerveau moins « échauffé » pourrait tout à fait permettre d’avoir une vraie surprise à la fin ! En tout cas, Franck Thilliez a tout fait pour nous laisser douter du début à la fin, en particulier grâce au coup des chapitres mélangés, comme des petits papiers dans une boîte qu’on aurait bien secoué. Je ne peux pas m’empêcher de comparer Rêver à Pandemia, ma référence Thilliez, dirons-nous. L’histoire, qui prend racine sur une base plutôt originale, perd de sa force au dénouement. Il y a une chose qui m’a gênée, peut-être la simplicité de l’intrigue, malgré l’aspect très complexe. En revanche, Franck Thilliez reste une valeur sûre, et Rêver ne déroge pas à la règle. C’est un très bon Thilliez, et donc un excellent thriller ! Je ne regrette pas cette lecture et je la conseillerais même à des proches sans hésiter, d’autant que, contrairement à Pandemia (cette fois, un point positif dans la comparaison), Rêver ne nécessite pas d’avoir suivi une équipe d’enquêteurs depuis plusieurs tomes : il est indépendant, ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour une découverte de l’auteur, une lecture d’été, un cadeau, etc. En résumé : un thriller digne de Thilliez, passionnant, très original dans sa forme, un peu moins dans son intrigue et son dénouement, mais un des livres qui marqueront l’année.

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Ma note…

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#160 Pandemia – Franck Thilliez

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Le résumé…

 » L’homme, tel que nous le connaissons, est le pire virus de la planète. Il se reproduit, détruit, étouffe ses propres réserves, sans aucun respect, sans stratégie de survie. Sans Nous, cette planète court à la catastrophe. Il faut des hommes purs, sélectionnés parmi les meilleurs, et il faut éliminer le reste. Les microbes sont la solution.  »  Apres Angor, une nouvelle aventure pour Franck Sharko et Lucie Henebelle. Et l’enjeu est de taille : la preservation de l’espèce humaine.

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Mon avis…

Franck Thilliez est très connu par chez moi, dans le nord de la France, et il s’est désormais forgé une solide réputation sur le territoire entier pour ses thrillers subtils et addictifs. Et, honte à moi, je n’avais pas encore sauté le pas de la lecture : trop de livres, pas assez de temps, nous connaissons tous cela… Mais j’ai remédié à ce gros manque en dévorant (littéralement) Pandemia ! Quelle merveille ! Je ne vais pas y aller par quatre chemins : une fois que j’avais commencé ce roman, impossible de le lâcher. En mangeant, avant de dormir, en voiture… Il était toujours là avec moi, malgré mon mal des transports et ma fatigue ! Je n’en reviens pas d’avoir été accrochée à ce point par ce thriller sans précédent pour moi. Il réunissait exactement tout ce que je recherchais depuis longtemps, toutes les qualités qui font d’un livre un bon thriller… De la tension à n’en plus voir le bout, des personnages si attachants qu’on souffre avec eux, une envergure sans précédent dans l’intrigue…

Oui, de l’envergure : voilà le mot qui résume ce thriller. D’habitude, les policiers sont confrontés à des hommes, des visages. Ils cherchent des empreintes, des traces, des indices… Mais ici, la menace est immense, incontrôlable, sournoise : un virus n’a ni visage ni empreinte digitale, ne fait pas d’erreur… La complexité de l’enquête rend le roman encore plus haletant. Chaque découverte est comme une décharge électrique, une poussée d’espoir, mais c’est sans compter l’homme en noir, celui qui contrôle tout, et qui a toujours une longueur d’avance… Tout est calculé, méthodiquement mesuré, malgré la dose de hasard qui semble inévitable dans les phénomènes naturels que sont censées être les maladies…

Le lecteur est malmené avec ce thriller, secoué, presque torturé, mais il aime ça. Franck Thilliez nous donne à réfléchir sur les menaces qui pèsent sur notre société aujourd’hui, sur la folie de certains hommes et sur ce qu’ils sont prêts à faire pour leurs idéaux plus que douteux. Une société moderne ne veut pas dire une société sûre, et c’est aussi ce qu’il nous fait comprendre. En effet, c’est le mot, Pandemia est moderne. C’est le thriller qu’on a même peur de lire tellement il trouvé des échos dans notre perception du monde. Tout est possible, et c’est sûrement ce qui rend ce livre aussi puissant. J’ai beaucoup aimé cet électrochoc que nous offre Franck Thilliez. En deux mots : envergure et modernité résument ce thriller sans merci qui explore la nature humaine jusque dans ses confins les plus obscurs et redoutables…

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Ma note…

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