#377 Écouter le noir – Collectif

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Le résumé…

Les grands noms du thriller français mettent nos sens en éveil.

Treize auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d’ordre est le même pour tous : nous faire tendre l’oreille en nous proposant des récits qui jouent avec les différentes définitions de l’audition.

Dans ces nouvelles, ils ont donné libre cours à leur noire imagination pour créer une atmosphère, des personnages inoubliables et une tension qui vous happeront dès les premiers mots… et jusqu’à la chute. Éclectique et surprenant, ce recueil renferme onze expériences exceptionnelles de lecture.

Laissez-vous chuchoter à l’oreille, venez Écouter le noir.

Mon avis…

C’est sur l’initiative d’Yvan Fauth, du blog EmOtionS, qu’est né le recueil de nouvelles Écouter le noir. Il a proposé à quelques auteurs et autrices de thrillers, romans policiers et romans noirs, d’écrire autour du mot « audition ». Cela donne des récits très différents les uns des autres, dans lesquels nous pouvons retrouver la patte de chacun.e, tout en laissant une grande place à la surprise ! Vous trouverez dans ce livre treize écrivain.e.s et onze histoires écrites par :

Barbara Abel et Karine Giebel ♦ Jérôme Camut et Nathalie Hug ♦ Sonja Delzongle ♦ François-Xavier Dillard ♦ R.J. Ellory ♦ Nicolas Lebel ♦ Sophie Loubière ♦ Maud Mayeras ♦ Romain Puértolas ♦ Laurent Scalese ♦ Cédric Sire

Un casting 5 étoiles donc. Vous vous en doutez, il est difficile de donner un avis très détaillé sans gâcher le plaisir de la lecture et sans en révéler trop. Je me contenterais donc de vous dire que ce livre est un recueil de textes éclectiques, qu’il y en a pour tous les goûts et que vous ferez, je le pense, de très belles (re)découvertes.

J’ai trouvé qu’ouvrir l’ouvrage sur la nouvelle de Barbara Abel et Karine Giebel était vraiment une idée formidable car ce texte, « Deaf », met tout de suite dans l’ambiance. On part pour une escapade mortelle, ça secoue, c’est sec, net, précis : en un mot, efficace.

J’ai personnellement beaucoup aimé la deuxième nouvelle, celle de Sonja Delzongle, « Tous les chemins mènent au hum », qui fait expérimenter au personnage le bruit, le silence… Lequel est l’enfer ?

J’ai aussi particulièrement apprécié la nouvelle de Nicolas Lebel, « Sacré chantier », qui s’attaque à sujet profondément d’actualité, et de façon très originale et moderne, avec son humour et son côté décalé caractéristique.

Celle de François-Xavier Dillard, « Ils écouteront jusqu’à la fin », m’a aussi beaucoup marquée, avec une plongée dans les méandres les plus obscurs de la musique classique

La nouvelle de Romain Puértolas, « Fête foraine », m’a bien fait rire. C’est peut-être la moins « noire » de toutes, mais elle est vraiment dans le thème et très originale.

Celle de Cédric Sire, sans surprise, était tout aussi waouh, parfaite. « Le diable m’a dit » était vraiment la nouvelle idéale pour clore le recueil.

Bon, je ne vous ai pas parlé de tous les récits, je vous laisse le soin de les découvrir par vous-même. Une chose est sûre, vous allez passer un bon moment. Je recommande vraiment ce livre pour les fans de thrillers et romans noirs, pour ceux qui veulent découvrir également, et pourquoi pas pour faire un beau cadeau ? Après tout, ce bouquin a été conçu par un amoureux des livres, avec des amoureux des livres, pour des amoureux des livres ! À découvrir.

Carte d’identité du livre

Titre : Écouter le noir
Auteurs et autrices : Collectif
Dirigé par : Yvan Fauth
Éditeur : Belfond
Date de parution : 16 mai 2019

5 étoiles

Merci aux éditions Belfond et à NetGalley pour cette lecture.

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#373 L’heure des fous – Nicolas Lebel

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Le résumé…

Paris: un SDF est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. « Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël », ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe : le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard…
Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique quand le cadavre révèle son identité.
L’affaire va entraîner le groupe d’enquêteurs dans les méandres de la Jungle, nouvelle Cour des miracles au cœur du bois de Vincennes, dans le dédale de l’illustre Sorbonne, jusqu’aux arrière-cours des troquets parisiens, pour s’achever en une course contre la montre dans les rues de la capitale.
Il leur faut à tout prix empêcher que ne sonne l’heure des fous…

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Mon avis…

Enfin ! Oui, j’ai enfin lu L’heure des fous de Nicolas Lebel. Il était temps ! J’avoue avoir découvert cet auteur à travers le regard taquin d’Olivier Norek, et j’ai acheté son livre l’année dernière à Saint-Maur en Poche. Je ne pensais pas que je serais autant surchargée de travail… Mais voilà, au milieu de l’écriture de mon mémoire, j’ai cherché un roman avec lequel je pourrais décompresser, et mon regard s’est posé sur L’heure des fous. J’avoue que j’ai trouvé ce roman très atypique, dans la mesure où mon attention s’est beaucoup moins concentrée sur l’enquête que sur les personnages eux-mêmes. Je les ai trouvé absolument fascinants et très intéressants. Leur personnalité est abordée avec beaucoup d’humour, ce qui semble assez caractéristique du style de Nicolas Lebel, même si je confirmerais cette intuition avec d’autres lectures. Il y a un côté très décalé que j’ai vraiment aimé, et qui est notamment symbolisé par la sonnerie de téléphone du capitaine Mehrlicht, qui consiste en répliques de films d’Audiard. Très drôle ! Toute l’équipe est attachante, avec le stagiaire traumatisé par Mehrlicht, ce dernier étant vraiment une grande gueule, le lieutenant Dossantos obsédé du Code Pénal et assoiffé de justice (pour le meilleur et pour le pire) et le lieutenant Latour, plus posée mais un peu rebelle. C’est un cocktail détonnant, que je prendrais vraiment plaisir à retrouver. J’ai aussi apprécié le côté linguiste de Nicolas Lebel, qui nous offre un magnifique exercice de style, avec le personnage de Mehrlicht et sa gouaille, son argot remarquable.

L’heure des fous, c’est un livre avec lequel on ne s’ennuie jamais ! Et on peut dire que Nicolas Lebel a vraiment une écriture bien à lui, car ce roman ne ressemble à aucun autre que j’ai pu lire jusqu’ici. J’ai adoré les clins d’œils et les hommages à la littérature (big up Victor Hugo !) et au cinéma. Sur la forme donc, parfait ! Sur le fond, je ne pourrais pas dire que j’ai moins aimé.  Il est vrai que l’intrigue policière passe un peu au second plan en raison de ces personnages très forts. Mais elle est rondement menée, parfaitement élaborée, et le dénouement ne déçoit pas. Cela aurait peut-être mérité de s’y attarder un peu plus, quitte à rajouter quelques pages, mais je ne suis même pas certaine. À vrai dire, cette focalisation sur les personnages est vraiment ce qui fait la richesse du livre, et je me dis que ce serait dommage de l’atténuer. Car, à la fin, le résultat est là : on a envie de retrouver cet insupportable mais adorable Mehrlicht ! L’heure des fous a un charme qui lui est propre, un peu suranné, un peu vintage. Un polar à l’ancienne, donc, qui se lit comme un bon page-turner. J’adore, et j’en redemande !

Carte d’identité du livre

Titre : L’heure des fous
Auteur : Nicolas Lebel
Éditeur : Marabout
Date de parution : 28 mai 2014

5 étoiles

#321 Les Impliqués – Zygmunt Miłoszewski

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Le résumé… 

Varsovie, 2005. Sous la houlette du docteur Rudzki, quatre patients ont investi l’ancien monastère de la Vierge Marie de Czestochowa. Entre huis clos et jeux de rôles, cette nouvelle méthode de thérapie de groupe, dite « Constellation familiale », ne manque pas d’intensité. Au point qu’un matin, l’un d’entre eux est retrouvé mort au réfectoire, une broche à rôtir plantée dans l’œil…
Pour le procureur Teodore Szacki, l’expérience est allée trop loin. À moins qu’elle n’ait réveillé un passé enfoui, que la Pologne se tue à essayer d’étouffer…

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Mon avis… 

Et voilà, j’ai lu mon premier polar polonais ! C’est par ce livre que j’ai décidé de commencer la lecture de ma moisson Saint-Maur en Poche 2018 ! Pourquoi ? Parce que l’auteur, très charmant, m’a présenté son livre – en français, s’il vous plait – et me l’a très très bien vendu, soyons honnête ! Et je n’ai absolument pas été déçue. Plusieurs choses m’ont plu. D’abord, l’intrigue est très intéressante. Le suspense est total, du début à la fin. J’ai beaucoup aimé l’audace de choisir un cadre psychologique aussi complexe, celui des constellations familiales. J’ai trouvé que l’auteur avait très bien fait ses recherches car, pour avoir eu l’occasion de participer une fois à ce type de réunions, j’ai pu constater que la représentation en était très fidèle et j’ai même appris des choses sur la théorie de cette thérapie ! En effet, il parvient à rendre accessible au lecteur les aspects même les plus subtils de cette pratique, et c’est très appréciable. Enfin, les personnages qu’il met en scène sont intéressants en raison, justement, de leur psychologie. L’enquêteur, qui est en fait un procureur, et non un policier, est attachant malgré ses nombreux défauts : il a la complexité d’un véritable être humain. De plus, le bonus si je puis dire, on découvre la société polonaise, son fonctionnement, ses moeurs, son histoire…  On apprend aussi beaucoup de choses sur le rôle du procureur, souvent grand oublié des enquêtes policières ! Il s’agit vraiment d’un texte très bien écrit, solide, mené avec talent. Je ne regrette absolument pas cette découverte et j’ai hâte de lire d’autres romans de Zygmunt Miłoszewski ! Néanmoins, il faut apprécier les polars qui prennent leur temps. C’est en effet peut-être l’aspect qui pourrait rebuter certains lecteurs : il n’y a pas de multiples rebondissements en veux-tu en voilà, c’est un livre qui s’inscrit dans la longueur – selon moi dans le bon sens du terme – et peut paraître assez dense. Mais j’ai trouvé qu’il s’agissait justement de ce qui fait sa richesse et son originalité.

En quelques mots…

un polar polonais
instructif et documenté
un « héros » atypique
intrigue dense et complexe
psychologique

Carte d’identité du livre

Titre : Les Impliqués
Auteur : Zygmunt Miłoszewski
Traducteur : Kamil Barbarski
Éditeur : Pocket
Date de parution : 08 janvier 2015

5 étoiles

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Télérama contre Franck Thilliez : ma réaction

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Devrais-je avoir honte de lire Franck Thilliez ? Si l’on se fie à la journaliste de Télérama, Marine Landrot, oui. Remettons tout cela en contexte. D’abord, l’autrice de l’article « En vacances avec Franck Thilliez » se réjouit du résultat d’un sondage montrant que « 80 % des Français n’envisagent pas de partir sans un livre. » Oui mais voilà, pour mériter le respect de cette éminente journaliste de Télérama, il faudrait lire des textes élitistes sinon rien :

« Tout de suite, on imagine des hordes de touristes, la poche avant du sac à dos carrelée d’un bouquin prêt à prendre l’eau et les yeux, voire les deux à la fois quand ça larmoie. Qui La Tache de Philip Roth, qui Lambeaux de Charles Juliet, qui Manuscrit zéro de Yoko Ogawa, qui Just Kids de Patti Smith. De la variété, de l’appétit, de l’élévation. »

Dommage pour elle, ce ne sont pas ces ouvrages qui sont lus par la plupart des vacanciers, mais ceux de Musso, Dicker, Chattam et… Thilliez, auquel elle s’attaque avec virulence. Avec tout le respect que je dois à cette journaliste, le mépris qui suinte de cet article est tout simplement scandaleux. Si 80% des gens interrogés n’envisagent pas de partir en vacances sans un livre, réjouissons-nous ! Et si ce livre doit être de Franck Thilliez, où est le problème ? D’abord, rappelons que cet auteur écrit très bien. Il aurait été très facile de trouver de mauvais romans, alors j’avoue que ce choix m’étonne. J’imagine que, pour cette journaliste de Télérama, c’est la littérature populaire qui pose problème. Les qualités littéraires ne sont pas en question. Pour une journaliste comme celle-ci, il est probablement toujours plus flatteur de dire « cet été, j’ai lu Lambeaux de Charles Juliet » que de dire « cet été, j’ai lu Sharko de Franck Thilliez ». J’aimerais dire une chose : je suis étudiante en Lettres, je vais faire un doctorat, j’ai lu Lambeaux de Juliet, je lis énormément d’œuvres que cette journaliste jugeraient probablement comme étant d’excellentes lectures, suffisamment exigeantes pour avoir son approbation. Mais j’adore Franck Thilliez, et je n’en ai aucunement honte.

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Franck Thilliez procure, grâce à ses livres, du plaisir à l’état pur. Il répond aux désirs de ses lecteurs d’être emportés dans des fictions passionnantes, bien menées, maîtrisées. C’est du divertissement, oui, et de qualité. Je l’ai dit dans ma chronique du Manuscrit inachevé, j’ai adoré sa façon de faire réfléchir le lecteur, de le rendre acteur du roman. Avec Thilliez, je suis devenue, à mon tour, le temps de ma lecture, une enquêtrice. J’ai récolté les indices, je me suis interrogée, je me suis retourné l’esprit, et j’ai adoré ça ! Je ne hiérarchise pas mes lectures, et encore moins celle des autres. Mépriser ceux qui aiment la littérature « populaire », parce que nous lisons nous-mêmes des œuvres parfois très complexes et qui n’ont rien de « populaire », est tout simplement intolérable. Et la journaliste d’associer le nom du personnage Sharko à l’ancien président Sarkozy puis à la maladie de Charcot, et de se lancer quelques fleurs, car on n’est jamais mieux servi que par soi-même concernant les flatteries. Pour moi, les deux dernières phrases résument à la perfection la terrible réalité qui se cache derrière cet article :

« Voilà ce que c’est que d’avoir une pensée en arborescence. Il en résulte des difficultés de concentration, que visiblement la jeune lectrice du métro n’a pas, captivée comme elle est. »

Mépris. Voilà le mot qui caractérise cet article. Cette journaliste, parce qu’elle a lu – ou plutôt parce qu’elle mentionneLambeaux de Charles Juliet ou La Tache de Philip Roth (auquel elle pense probablement parce qu’il vient de nous quitter), se considère donc comme supérieure à ces lecteurs qui se contentent de Thilliez ou Chattam. Elle a « une pensée en arborescence », et bien je lui dis : félicitations. Et de s’opposer à cette « jeune lectrice du métro », qu’elle juge sur la base d’un seul livre qu’elle lui voit dans les mains. Dis-moi ce que tu lis, je te dirais qui tu es, n’est-ce pas ? Peut-être, mais réduire une personne à une seule de ses lectures revient à un jugement hâtif et inapproprié. La mépriser pour cette lecture est totalement honteux.

Parler d’un auteur, Thilliez, que l’on n’a probablement jamais lu et décider de le mépriser parce qu’il se vend bien, n’est pas digne d’une journaliste. Ce billet d’humeur de Marine Landrot est dérangeant, car il témoigne d’un mépris de classe. Etre journaliste à Télérama, il y a pire dans la vie. C’est une situation professionnelle plutôt confortable, et la chance de fréquenter des milieux privilégiés n’est pas donnée à tout le monde. Alors, en étant journaliste à Télérama, il semblerait que l’on ne doive pas lire de littérature populaire. Libre à elle de lire ce qu’elle veut, et libre à chacun de lire ce qu’il veut. Charles Juliet et Franck Thilliez peuvent se côtoyer dans une bibliothèque ou dans une valise. Et j’ajouterais qu’ils sont tout simplement incomparables et que, finalement, tout le développement de cet article est aporétique. Comment opposer deux œuvres qui n’ont absolument rien à voir l’une avec l’autre ?

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Je voulais revenir sur cet article, car je considère qu’il est symptomatique d’une réalité de notre société. Au quotidien, je vois tant de gens qui pensent gagner en prestige en achetant les œuvres de Philip Roth en Pléiade par exemple, pour les poser sur leurs étagères et laisser leurs invités en contempler les tranches dorées. Mais je préfère largement avoir de longues conversations avec les lecteurs passionnés de polars, qui ont lu le dernier Thilliez et l’ont adoré, qui veulent acheter le nouveau Giébel ou encore imaginent l’intrigue du prochain Norek ! Mentionner des œuvres en les élevant comme parangon de la bonne littérature, de celle qu’il faut lire, ne suffit pas à l’intelligence. Apprenez, madame la journaliste, qu’il n’y a pas de « il faut » qui vaille en littérature.

Alors, non, je n’ai pas honte d’aimer Thilliez. Et j’encourage chacun à lire les auteurs qu’il souhaite lire, à glisser dans son sac à dos Sharko ou un autre roman populaire, ou un Balzac, un Roth, un Juliet, un Atwood, un Chattam, un Musso, un Darrieussecq ou n’importe quel livre. L’important, c’est la curiosité, le plaisir tiré de la lecture.

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#289 Ragdoll – Daniel Cole

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Le résumé…

Votre nom figure sur la liste du tueur. La date de votre mort aussi…
Un « cadavre » recomposé à partir de six victimes démembrées et assemblées par des points de suture a été découvert par la police. La presse l’a aussitôt baptisé Ragdoll, la poupée de chiffon.
Tout juste réintégré à la Metropolitan Police de Londres, l’inspecteur « Wolf » Fawkes dirige l’enquête sur cette effroyable affaire, assisté par son ancienne coéquipière, l’inspecteur Baxter.
Chaque minute compte, d’autant que le tueur s’amuse à narguer les forces de l’ordre : il a diffusé une liste de six personnes, assortie des dates auxquelles il a prévu de les assassiner.
Le dernier nom est celui de Wolf.

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Mon avis…

Un bon roman policier qu’on commence et qu’on ne peut alors plus lâcher ? Oui, Ragdoll en est un ! Le titre, intrigant s’il en est, laisse avant tout présager du mystère. Une « poupée de chiffon », drôle de façon de nommer l’horreur à laquelle sont confrontés les enquêteurs dans ce roman. Une mise en scène à la Hannibal – je pense surtout à l’esthétique très poussée de la série TV – et le malaise qui va avec ! En même temps, une atmosphère proche des romans de Sire Cédric, en particulier son dernier (Du feu de l’enfer). Et des enquêteurs à forte personnalité comme savent le faire les britanniques (pour n’en citer que quelques-uns : Elly Griffiths et Tania Carver). Ce que j’ai aimé en particulier dans ce livre, c’est la psychologie complexe des personnages, qu’ils soient les policiers, les enquêteurs, les potentielles victimes, les journalistes… Daniel Cole rend compte de tout un monde, de toute la progression de l’enquête, de ses aléas. Il montre avec beaucoup de précision les obstacles auxquels font face les enquêteurs, en particulier l’acharnement des médias à divulguer des informations même sensibles… Le tout avec l’ombre d’un tueur omniscient et on ne peut plus mystérieux, dont l’identité ne sera jamais soupçonnée. Daniel Cole sait maintenir le suspense tout en offrant une histoire riche en détails. Tous les personnages ont leur part d’obscurité et de mystère. En particulier Wolf, bien sûr, à la fois enquêteur et victime, avec un passé sombre et pesant (en même temps, on n’attendrait pas mieux d’un personnage qui s’appelle Fawkes… comme Guy Fawkes). Mais j’avoue avoir beaucoup aimé Baxter, pour son caractère. Elle mène la barque du début à la fin, représente une forme de stabilité dans la tempête, tout en semblant capable de tout. A noter également, la grande subtilité dont fait preuve Daniel Cole : pas de massacres gratuits, de scènes qui donnent la nausée, de voyeurisme malsain… Tout est précis, calculé, mesuré, un travail de maître. En bref, Ragdoll, c’est un roman complètement addictif, qui empêche de dormir tant qu’on ne l’a pas fini. Il nous plonge dans un univers à la fois réaliste et fantasmatique, particulièrement sombre et angoissant, tout en étant ancré dans un contexte connu. Un excellentissime roman policier à lire tranquille, entre deux cours, à la pause repas, le soir dans son lit, dans le train ou dans l’avion, sur la plage, en terrasse, partout !

« Si vous avez aimé SEVEN , vous adorerez Ragdoll » (MJ Arlidge, auteur d’Am Stram Gram) et j’approuve !

#272 D’ombre et de silence – Karine Giébel

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Le résumé…

« Écrire une nouvelle, c’est tenter, en quelques lignes, de donner vie à un personnage, de faire passer au lecteur autant d’émotions qu’en plusieurs centaines de pages. C’est en cela que la nouvelle est un genre littéraire exigeant, difficile et passionnant. » (Karine Giébel)

Mon avis…

On les a tant aimés, les thrillers de Karine Giébel. Mais mes préférés ont toujours été les plus courts, oui j’avoue ! Car cette auteure a un talent tout particulier : celui de l’efficacité. En peu de pages, elle nous emporte dans des histoires aux rebondissements exceptionnels. La nouvelle est probablement un des exercices littéraires les plus compliqués, mais Karine Giébel y arrive à merveille. Comme dans l’épatant Chiens de sang et Maîtres du  jeu, elle nous retourne encore une fois – et même huit fois – le cerveau, en nous emportant dans des histoires qui ont une portée supplémentaire : celle de l’engagement ! On trouve en effet dans ces nouvelles l’inspiration tout droit tirée du quotidien, de la société telle qu’on la connait. Elle explore les dérives et les recoins les plus obscurs de tout être humain, du citoyen a priori lambda qui va soudain voir son avenir bouleversé. Dire que ce livre relève du « polar » ou du « thriller » serait probablement faux. Karine Giébel nous offre huit histoires très différentes, parfois angoissantes, certes, mais avant tout surprenantes. Il faut reconnaître la grande intelligence de l’auteure qui connait l’être humain à la perfection et crée ainsi, sur de courtes intrigues, des personnages aux destins bouleversants (ou bouleversés). Et surtout, elle connait les faiblesses de ses lecteurs, et nous emmène là où elle veut. Un délice !

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#245 Du feu de l’enfer – Sire Cédric

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Le résumé…

Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures. Elle est thanatopractrice, il est délinquant. Ils sont frère et soeur. Un jour, l’une des combines d’Ariel tourne mal
et Manon se retrouve complice malgré elle. Lorsque les assassinats les plus sordides s’accumulent autour d’eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s’intéresse à leur cas. Commence alors une traque qui brouillera les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l’épreuve les liens du sang.

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Sire Cédric

Mon avis…

D’aussi loin que remontent mes souvenirs, je n’ai jamais été déçue par Sire Cédric, et ce n’est certainement pas Du feu de l’enfer qui y changera quelque chose… Il s’agit véritablement d’un coup de cœur, à en juger par le déchirement que j’ai ressenti quand la fatigue s’est avérée plus forte et m’a obligée à fermer le livre pour dormir… A peine réveillée, je n’ai pas pu m’empêcher de le reprendre et de le finir. Autant vous dire que Sire Cédric a, encore une fois, réussi à me surprendre du début à la fin. Il m’a baladée, et pas à moitié. En fait, je crois qu’il comprend (presque trop) bien l’âme humaine, connait ses attentes, ses désirs, ses comportements les plus instinctifs et les plus inexplicables. Alors il crée des personnages complexes, animés par une soif de vérité, mais en même temps atteints par une sorte de folie animale, et il exploite même les faiblesses de ses lecteurs, les manipulant à sa guise. Et cela donne simplement un moment de lecture exceptionnel, comme on les aime.

Du feu de l’enfer est un thriller palpitant et cruel, rempli de désirs refoulés – ou non – et d’horreur. Il explore les tréfonds de l’âme humaine, les bas-fonds de la société et ses sphères les plus hautes, il tisse une toile aux ramifications complexes et surprenantes. Les victimes deviennent les bourreaux, et les bourreaux se mêlent à la foule. Et, jusqu’à la dernière page, rien n’est fini. Même la fin n’en est pas vraiment une… Que dire de plus ? Lire ce livre a été un des meilleurs moments que j’ai passé depuis des mois, une émouvante retrouvaille avec un de mes auteurs préférés, qui a compris que le côté sadique de ses lecteurs leur donne envie de sensations très, très, très fortes. Après tout, en tant qu’amateurs de lecture, que demande-t-on de plus que de se faire mener par le bout du nez ? Sire Cédric a un petit côté machiavélique, malgré toute sa gentillesse… et c’est ce qui en fait un des meilleurs auteurs de thriller de ces dernières années ! Du feu de l’enfer constitue à mes yeux une forme d’aboutissement de son style, de sa patte, d’une écriture qui lui est propre. Mais je ne doute pas que son prochain roman sera tout aussi riche en émotions…

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Revue Acéphale de G. Bataille

 

#239 Coco givrée – Nadine Monfils

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Le résumé…

Un chapeau melon, un nez en carotte, une hache à la main… Voilà le drôle de bonhomme de neige qui enlève les petites filles de Pandore, à la tombée de la nuit. Mais est-ce le même cinglé qui, ces derniers temps, abandonne cadavre après cadavre, dans des mises en scène inspirées des toiles de Magritte ? Et pourquoi la chienne Tequila se met-elle à pisser des hiéroglyphes ? Est-ce vraiment une bonne idée d’héberger une pute chez soi ? Autant de questions glaçantes que les enquêteurs Lynch et Barn vont devoir s’atteler à dégivrer…

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La boîte de Pandore – Magritte

Mon avis…

Une petite balade dans ma librairie préférée, et ce livre m’a tout de suite attirée. La couverture, sans doute, assez intrigante. Puis le résumé, qui m’a fait sourire. Du policier un peu absurde ? C’est pour moi ! Et je dois dire que je n’ai pas été déçue, j’ai commencé ce roman le soir même et l’ai fini… le soir-même, enfin la nuit plutôt… J’avais un peu peur tout de même, car l’absurdité que l’on devine dans  le résumé aurait vite pu tourner au ridicule, au gros navet même ! Mais loin de là. L’intrigue policière est belle et bien présente, elle est complexe à souhait, tout à fait sérieuse et digne d’un bon thriller. Et, au milieu de tout ça, Nadine Monfils diffuse quelques notes d’humour, de trash parfois, de ce qu’on croit être de l’absurde mais qui en fait trouve toujours son sens… Rien n’est laissé au hasard pour faire passer un bon moment au lecteur.

Coco givrée est un excellent roman de vacances, pour changer un peu, ne pas se prendre la tête tout en lisant une histoire passionnante. Les personnages, à la fois déjantés et complexes, sont tant de silhouettes qui se croisent dans un récit prenant et frôlant le fantastique. L’imaginaire n’est jamais bien loin, on peut s’attendre à tout : des bonhommes de neige tueurs, des chiens médiums… Et c’est sans compter les personnages riches en couleur qui traversent le roman, comme la mémé de Coco, vraie fan de Johnny… mais pas Johnny Hallyday, non, son sosie : Johnny Cadillac. C’est un roman efficace, pour amateurs de romans policiers qui ont soif de changement, et pour ceux qui n’ont pas envie de se plonger dans une histoire trop trop flippante, même si Nadine Monfils nous offre quand même une bonne dose d’émotions. Le problème (ou l’avantage) de tout oser, c’est que c’est dans tous les sens du terme ! Du plus trash au plus gore, du plus farfelu au plus comique… Allez, laissez-vous tenter par ce roman complètement givré, c’est les vacances, le moment de faire des folies et des découvertes !

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Johnny Cadillac et Nadine Monfils

#208 Code 93 – Olivier Norek

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Le résumé…

Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d’autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d’un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire. Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d’un mystérieux dossier, le  » Code 93  » ?  Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison…

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Mon avis…

C’est avec émotion que je vous parle aujourd’hui de Code 93 d’Olivier Norek. Ce roman m’a accompagné dans un moment très difficile, une hospitalisation en urgence. C’est là que j’ai vraiment compris l’importance d’avoir toujours un livre sur soi ! J’avais commencé ce roman quelques heures avant de me retrouver à poireauter dans un brancard inconfortable, j’ai donc continué pour m’occuper pendant ce long (et désagréable) moment… Sans dire que Code 93 m’a rendu la nuit sensationnelle, je dirais qu’elle est devenue supportable ! L’histoire est passionnante, digne d’un bon thriller. C’est un début pour l’auteur, mais il y a beaucoup de talent, on le sent parfaitement. J’ai déjà hâte de passer à d’autres livres d’Olivier Norek ! En attendant, parlons de celui-ci. L’intrigue est assez intéressante, prenante même, et le plus agréable, c’est que l’auteur est très bien renseigné, pour la simple et bonne raison que flic, c’est son boulot ! Il connaît donc parfaitement son sujet, et on se pose souvent la question, au fil de la lecture, de savoir d’où il tire son inspiration pour parler des petits complots et machinations au sein même de la police… Sans blague, ça peut inquiéter un peu ! En tout cas, Norek a réussi à me familiariser très vite avec l’univers de la police, je me suis attachée aux personnages qui ont leurs qualités comme leurs défauts. L’univers est particulièrement réaliste et c’est toujours agréable dans un roman de ne pas avoir d’obstacle pour s’imprégner de l’atmosphère.

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Pour donner un peu plus de détails, l’intrigue est assez brutale, particulièrement perturbante pour un premier roman sur la police judiciaire du 93. On ne s’attend pas forcément à ça… Les différents crimes, s’ils peuvent paraître à priori isolés, ont en fait un lien que le capitaine Coste va devoir trouver. L’enquête va être particulièrement intense, et Olivier Norek n’attend pas quelques tomes (comme souvent dans les séries policières avec les mêmes personnages) pour plonger le lecteur dans l’intimité de ses héros. Ces derniers sont en effet particulièrement secoués par les événements. C’est cependant un atout ici car cela aide les lecteurs à s’accrocher aux personnages. Code 93,  c’est aussi un livre au dénouement assez ambitieux. J’avoue avoir trouvé la fin un peu maladroite. Sans être déçue, j’ai perçu le talent de l’auteur, tout le potentiel de son écriture, et j’ai donc regretté que le dénouement soit un peu moins magistral que le reste. J’aurais aimé quelque chose d’encore plus pervers, à la hauteur du reste de l’intrigue. Cependant, je trouve que c’est un excellent premier roman, et je conseille vivement Code 93 car je pense que ce livre va vraiment séduire les amateurs de thrillers. Ce tome permet de découvrir l’équipe de la police judiciaire du 93, c’est pour cela que je conseille de commencer par celui-ci malgré ma toute petite déception. Le roman en reste excellent. Olivier Norek m’apparaît comme la relève du thriller français, et j’attends avec impatience de voir ce que la suite va donner pour lui. N’hésitez surtout pas à vous lancer, vous ne le regretterez pas et vous voudrez,  comme moi, apprendre à mieux connaître cet auteur-flic, j’en suis sûre !

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Ma note…

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#104 Les lutins urbains, T.1 : l’attaque du Pizz’Raptor – Renaud Marhic

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Le résumé…

On les croyait disparus à jamais, chassés de nos contrées par la modernité. Erreur ! On peut bien avoir construit des villes à la campagne, les lutins se sont faits urbains ! Et ils n’ont rien perdu de leurs pouvoirs d’agaceries, tracasseries, et espiègleries…

Quel est donc cet inconnu qui s’en prend aux livreurs de pizzas, leur dérobant leur chargement sans jamais faire main-basse sur l’argent ? Gustave Flicman, jeune policier de la Grosse Cité, croise un soir le voleur. Si ce n’est pas un lutin, ça y ressemble bien… Mais voilà le coupable arrêté : c’était un simple SDF. Affaire réglée. Pas pour Gustave ! Qui ne se doute pas que sa quête du Pizz’ Raptor va le mener jusqu’à l’Université d’Onirie. Là où les Lutins Urbains ont trouvé refuge. Sous la protection du mystérieux Professeur B., Docteur en Lutinologie…

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Renaud Marhic

Mon avis…

Cette lecture m’a été proposée par l’auteur lui-même, que je remercie infiniment pour cet agréable moment. J’étais très enthousiaste à l’idée de commencer ce livre car j’aime beaucoup les histoires jeunesse au contenu humoristique et parfois farfelu. Avec les lutins urbains, on est en plein dedans ! L’histoire est plutôt rigolote : un policier est à la recherche du responsable de plusieurs vols de pizza, il découvre très vite qu’il s’agit d’un lutin et tente de le retrouver pour le mener devant la justice. On passe à travers une foule de rebondissements rocambolesques avec des personnages particulièrement dingues ! En fait, on sent parfois que l’auteur a du se laisser aller à sa plume, se laisser emporter par ce côté absurde qui caractérise ce roman. Ce n’est pas spécialement désagréable même s’il arrive que l’on s’y perde…

Il y a dans ce livre de nombreuses notes de bas de page de l’auteur, non pas car il y a une multitude de mots inconnus, loin de là (même si cela arrive), mais surtout pour rajouter un trait d’humour supplémentaire. Il n’y a pas que les personnages qui se perdent en divagations, en jeux de mots ou en blagues douteuses. A travers ses notes, l’auteur continue le récit avec des digressions incontrôlées, pleine d’humour et qui ne peuvent que faire sourire ! On a la sensation qu’un conteur nous rapporte l’histoire et fait de temps en temps de petites pauses pour discuter avec son auditoire.

Dans ce monde où apparaissent les lutins urbains, chaque établissement (commissariat, palais de justice, etc.) est sponsorisé par une marque. Cela peut paraître étonnant dans un livre pour enfants car on s’attend à voir un univers simplifié, pour faciliter la compréhension du lecteur, mais c’est sans compter qu’il s’agit également d’un roman pour adultes, malgré ses apparences trompeuses. Par-ci, par-là, on distingue de petites critiques, de petites piques, ce qui est plutôt assez plaisant car l’auteur met en exergue avec légèreté des points contestables de notre société actuelle et de celle qu’elle risque de devenir. Une justice corrompue, une brigade de répression du rêve… Tant d’éléments dans le récit pourraient paraître étranges aux enfants mais sans pour autant leur ôter le plaisir de la lecture. Ce livre est vraiment accessible à tous, car il est écrit avec beaucoup de sincérité, on sent que l’auteur s’amuse avec sa plume et puisque l’on s’amuse nous aussi, que demander de plus ?

EXTRAIT

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Ma note…

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Merci à Renaud Marhic pour cette lecture.