#321 Les Impliqués – Zygmunt Miłoszewski

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Le résumé… 

Varsovie, 2005. Sous la houlette du docteur Rudzki, quatre patients ont investi l’ancien monastère de la Vierge Marie de Czestochowa. Entre huis clos et jeux de rôles, cette nouvelle méthode de thérapie de groupe, dite « Constellation familiale », ne manque pas d’intensité. Au point qu’un matin, l’un d’entre eux est retrouvé mort au réfectoire, une broche à rôtir plantée dans l’œil…
Pour le procureur Teodore Szacki, l’expérience est allée trop loin. À moins qu’elle n’ait réveillé un passé enfoui, que la Pologne se tue à essayer d’étouffer…

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Mon avis… 

Et voilà, j’ai lu mon premier polar polonais ! C’est par ce livre que j’ai décidé de commencer la lecture de ma moisson Saint-Maur en Poche 2018 ! Pourquoi ? Parce que l’auteur, très charmant, m’a présenté son livre – en français, s’il vous plait – et me l’a très très bien vendu, soyons honnête ! Et je n’ai absolument pas été déçue. Plusieurs choses m’ont plu. D’abord, l’intrigue est très intéressante. Le suspense est total, du début à la fin. J’ai beaucoup aimé l’audace de choisir un cadre psychologique aussi complexe, celui des constellations familiales. J’ai trouvé que l’auteur avait très bien fait ses recherches car, pour avoir eu l’occasion de participer une fois à ce type de réunions, j’ai pu constater que la représentation en était très fidèle et j’ai même appris des choses sur la théorie de cette thérapie ! En effet, il parvient à rendre accessible au lecteur les aspects même les plus subtils de cette pratique, et c’est très appréciable. Enfin, les personnages qu’il met en scène sont intéressants en raison, justement, de leur psychologie. L’enquêteur, qui est en fait un procureur, et non un policier, est attachant malgré ses nombreux défauts : il a la complexité d’un véritable être humain. De plus, le bonus si je puis dire, on découvre la société polonaise, son fonctionnement, ses moeurs, son histoire…  On apprend aussi beaucoup de choses sur le rôle du procureur, souvent grand oublié des enquêtes policières ! Il s’agit vraiment d’un texte très bien écrit, solide, mené avec talent. Je ne regrette absolument pas cette découverte et j’ai hâte de lire d’autres romans de Zygmunt Miłoszewski ! Néanmoins, il faut apprécier les polars qui prennent leur temps. C’est en effet peut-être l’aspect qui pourrait rebuter certains lecteurs : il n’y a pas de multiples rebondissements en veux-tu en voilà, c’est un livre qui s’inscrit dans la longueur – selon moi dans le bon sens du terme – et peut paraître assez dense. Mais j’ai trouvé qu’il s’agissait justement de ce qui fait sa richesse et son originalité.

En quelques mots…

un polar polonais
instructif et documenté
un « héros » atypique
intrigue dense et complexe
psychologique

Carte d’identité du livre

Titre : Les Impliqués
Auteur : Zygmunt Miłoszewski
Traducteur : Kamil Barbarski
Éditeur : Pocket
Date de parution : 08 janvier 2015

5 étoiles

Impression

 

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Télérama contre Franck Thilliez : ma réaction

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Devrais-je avoir honte de lire Franck Thilliez ? Si l’on se fie à la journaliste de Télérama, Marine Landrot, oui. Remettons tout cela en contexte. D’abord, l’autrice de l’article « En vacances avec Franck Thilliez » se réjouit du résultat d’un sondage montrant que « 80 % des Français n’envisagent pas de partir sans un livre. » Oui mais voilà, pour mériter le respect de cette éminente journaliste de Télérama, il faudrait lire des textes élitistes sinon rien :

« Tout de suite, on imagine des hordes de touristes, la poche avant du sac à dos carrelée d’un bouquin prêt à prendre l’eau et les yeux, voire les deux à la fois quand ça larmoie. Qui La Tache de Philip Roth, qui Lambeaux de Charles Juliet, qui Manuscrit zéro de Yoko Ogawa, qui Just Kids de Patti Smith. De la variété, de l’appétit, de l’élévation. »

Dommage pour elle, ce ne sont pas ces ouvrages qui sont lus par la plupart des vacanciers, mais ceux de Musso, Dicker, Chattam et… Thilliez, auquel elle s’attaque avec virulence. Avec tout le respect que je dois à cette journaliste, le mépris qui suinte de cet article est tout simplement scandaleux. Si 80% des gens interrogés n’envisagent pas de partir en vacances sans un livre, réjouissons-nous ! Et si ce livre doit être de Franck Thilliez, où est le problème ? D’abord, rappelons que cet auteur écrit très bien. Il aurait été très facile de trouver de mauvais romans, alors j’avoue que ce choix m’étonne. J’imagine que, pour cette journaliste de Télérama, c’est la littérature populaire qui pose problème. Les qualités littéraires ne sont pas en question. Pour une journaliste comme celle-ci, il est probablement toujours plus flatteur de dire « cet été, j’ai lu Lambeaux de Charles Juliet » que de dire « cet été, j’ai lu Sharko de Franck Thilliez ». J’aimerais dire une chose : je suis étudiante en Lettres, je vais faire un doctorat, j’ai lu Lambeaux de Juliet, je lis énormément d’œuvres que cette journaliste jugeraient probablement comme étant d’excellentes lectures, suffisamment exigeantes pour avoir son approbation. Mais j’adore Franck Thilliez, et je n’en ai aucunement honte.

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Franck Thilliez procure, grâce à ses livres, du plaisir à l’état pur. Il répond aux désirs de ses lecteurs d’être emportés dans des fictions passionnantes, bien menées, maîtrisées. C’est du divertissement, oui, et de qualité. Je l’ai dit dans ma chronique du Manuscrit inachevé, j’ai adoré sa façon de faire réfléchir le lecteur, de le rendre acteur du roman. Avec Thilliez, je suis devenue, à mon tour, le temps de ma lecture, une enquêtrice. J’ai récolté les indices, je me suis interrogée, je me suis retourné l’esprit, et j’ai adoré ça ! Je ne hiérarchise pas mes lectures, et encore moins celle des autres. Mépriser ceux qui aiment la littérature « populaire », parce que nous lisons nous-mêmes des œuvres parfois très complexes et qui n’ont rien de « populaire », est tout simplement intolérable. Et la journaliste d’associer le nom du personnage Sharko à l’ancien président Sarkozy puis à la maladie de Charcot, et de se lancer quelques fleurs, car on n’est jamais mieux servi que par soi-même concernant les flatteries. Pour moi, les deux dernières phrases résument à la perfection la terrible réalité qui se cache derrière cet article :

« Voilà ce que c’est que d’avoir une pensée en arborescence. Il en résulte des difficultés de concentration, que visiblement la jeune lectrice du métro n’a pas, captivée comme elle est. »

Mépris. Voilà le mot qui caractérise cet article. Cette journaliste, parce qu’elle a lu – ou plutôt parce qu’elle mentionneLambeaux de Charles Juliet ou La Tache de Philip Roth (auquel elle pense probablement parce qu’il vient de nous quitter), se considère donc comme supérieure à ces lecteurs qui se contentent de Thilliez ou Chattam. Elle a « une pensée en arborescence », et bien je lui dis : félicitations. Et de s’opposer à cette « jeune lectrice du métro », qu’elle juge sur la base d’un seul livre qu’elle lui voit dans les mains. Dis-moi ce que tu lis, je te dirais qui tu es, n’est-ce pas ? Peut-être, mais réduire une personne à une seule de ses lectures revient à un jugement hâtif et inapproprié. La mépriser pour cette lecture est totalement honteux.

Parler d’un auteur, Thilliez, que l’on n’a probablement jamais lu et décider de le mépriser parce qu’il se vend bien, n’est pas digne d’une journaliste. Ce billet d’humeur de Marine Landrot est dérangeant, car il témoigne d’un mépris de classe. Etre journaliste à Télérama, il y a pire dans la vie. C’est une situation professionnelle plutôt confortable, et la chance de fréquenter des milieux privilégiés n’est pas donnée à tout le monde. Alors, en étant journaliste à Télérama, il semblerait que l’on ne doive pas lire de littérature populaire. Libre à elle de lire ce qu’elle veut, et libre à chacun de lire ce qu’il veut. Charles Juliet et Franck Thilliez peuvent se côtoyer dans une bibliothèque ou dans une valise. Et j’ajouterais qu’ils sont tout simplement incomparables et que, finalement, tout le développement de cet article est aporétique. Comment opposer deux œuvres qui n’ont absolument rien à voir l’une avec l’autre ?

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Je voulais revenir sur cet article, car je considère qu’il est symptomatique d’une réalité de notre société. Au quotidien, je vois tant de gens qui pensent gagner en prestige en achetant les œuvres de Philip Roth en Pléiade par exemple, pour les poser sur leurs étagères et laisser leurs invités en contempler les tranches dorées. Mais je préfère largement avoir de longues conversations avec les lecteurs passionnés de polars, qui ont lu le dernier Thilliez et l’ont adoré, qui veulent acheter le nouveau Giébel ou encore imaginent l’intrigue du prochain Norek ! Mentionner des œuvres en les élevant comme parangon de la bonne littérature, de celle qu’il faut lire, ne suffit pas à l’intelligence. Apprenez, madame la journaliste, qu’il n’y a pas de « il faut » qui vaille en littérature.

Alors, non, je n’ai pas honte d’aimer Thilliez. Et j’encourage chacun à lire les auteurs qu’il souhaite lire, à glisser dans son sac à dos Sharko ou un autre roman populaire, ou un Balzac, un Roth, un Juliet, un Atwood, un Chattam, un Musso, un Darrieussecq ou n’importe quel livre. L’important, c’est la curiosité, le plaisir tiré de la lecture.

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#289 Ragdoll – Daniel Cole

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Le résumé…

Votre nom figure sur la liste du tueur. La date de votre mort aussi…
Un « cadavre » recomposé à partir de six victimes démembrées et assemblées par des points de suture a été découvert par la police. La presse l’a aussitôt baptisé Ragdoll, la poupée de chiffon.
Tout juste réintégré à la Metropolitan Police de Londres, l’inspecteur « Wolf » Fawkes dirige l’enquête sur cette effroyable affaire, assisté par son ancienne coéquipière, l’inspecteur Baxter.
Chaque minute compte, d’autant que le tueur s’amuse à narguer les forces de l’ordre : il a diffusé une liste de six personnes, assortie des dates auxquelles il a prévu de les assassiner.
Le dernier nom est celui de Wolf.

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Mon avis…

Un bon roman policier qu’on commence et qu’on ne peut alors plus lâcher ? Oui, Ragdoll en est un ! Le titre, intrigant s’il en est, laisse avant tout présager du mystère. Une « poupée de chiffon », drôle de façon de nommer l’horreur à laquelle sont confrontés les enquêteurs dans ce roman. Une mise en scène à la Hannibal – je pense surtout à l’esthétique très poussée de la série TV – et le malaise qui va avec ! En même temps, une atmosphère proche des romans de Sire Cédric, en particulier son dernier (Du feu de l’enfer). Et des enquêteurs à forte personnalité comme savent le faire les britanniques (pour n’en citer que quelques-uns : Elly Griffiths et Tania Carver). Ce que j’ai aimé en particulier dans ce livre, c’est la psychologie complexe des personnages, qu’ils soient les policiers, les enquêteurs, les potentielles victimes, les journalistes… Daniel Cole rend compte de tout un monde, de toute la progression de l’enquête, de ses aléas. Il montre avec beaucoup de précision les obstacles auxquels font face les enquêteurs, en particulier l’acharnement des médias à divulguer des informations même sensibles… Le tout avec l’ombre d’un tueur omniscient et on ne peut plus mystérieux, dont l’identité ne sera jamais soupçonnée. Daniel Cole sait maintenir le suspense tout en offrant une histoire riche en détails. Tous les personnages ont leur part d’obscurité et de mystère. En particulier Wolf, bien sûr, à la fois enquêteur et victime, avec un passé sombre et pesant (en même temps, on n’attendrait pas mieux d’un personnage qui s’appelle Fawkes… comme Guy Fawkes). Mais j’avoue avoir beaucoup aimé Baxter, pour son caractère. Elle mène la barque du début à la fin, représente une forme de stabilité dans la tempête, tout en semblant capable de tout. A noter également, la grande subtilité dont fait preuve Daniel Cole : pas de massacres gratuits, de scènes qui donnent la nausée, de voyeurisme malsain… Tout est précis, calculé, mesuré, un travail de maître. En bref, Ragdoll, c’est un roman complètement addictif, qui empêche de dormir tant qu’on ne l’a pas fini. Il nous plonge dans un univers à la fois réaliste et fantasmatique, particulièrement sombre et angoissant, tout en étant ancré dans un contexte connu. Un excellentissime roman policier à lire tranquille, entre deux cours, à la pause repas, le soir dans son lit, dans le train ou dans l’avion, sur la plage, en terrasse, partout !

« Si vous avez aimé SEVEN , vous adorerez Ragdoll » (MJ Arlidge, auteur d’Am Stram Gram) et j’approuve !

#272 D’ombre et de silence – Karine Giébel

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Le résumé…

« Écrire une nouvelle, c’est tenter, en quelques lignes, de donner vie à un personnage, de faire passer au lecteur autant d’émotions qu’en plusieurs centaines de pages. C’est en cela que la nouvelle est un genre littéraire exigeant, difficile et passionnant. » (Karine Giébel)

Mon avis…

On les a tant aimés, les thrillers de Karine Giébel. Mais mes préférés ont toujours été les plus courts, oui j’avoue ! Car cette auteure a un talent tout particulier : celui de l’efficacité. En peu de pages, elle nous emporte dans des histoires aux rebondissements exceptionnels. La nouvelle est probablement un des exercices littéraires les plus compliqués, mais Karine Giébel y arrive à merveille. Comme dans l’épatant Chiens de sang et Maîtres du  jeu, elle nous retourne encore une fois – et même huit fois – le cerveau, en nous emportant dans des histoires qui ont une portée supplémentaire : celle de l’engagement ! On trouve en effet dans ces nouvelles l’inspiration tout droit tirée du quotidien, de la société telle qu’on la connait. Elle explore les dérives et les recoins les plus obscurs de tout être humain, du citoyen a priori lambda qui va soudain voir son avenir bouleversé. Dire que ce livre relève du « polar » ou du « thriller » serait probablement faux. Karine Giébel nous offre huit histoires très différentes, parfois angoissantes, certes, mais avant tout surprenantes. Il faut reconnaître la grande intelligence de l’auteure qui connait l’être humain à la perfection et crée ainsi, sur de courtes intrigues, des personnages aux destins bouleversants (ou bouleversés). Et surtout, elle connait les faiblesses de ses lecteurs, et nous emmène là où elle veut. Un délice !

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#245 Du feu de l’enfer – Sire Cédric

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Le résumé…

Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures. Elle est thanatopractrice, il est délinquant. Ils sont frère et soeur. Un jour, l’une des combines d’Ariel tourne mal
et Manon se retrouve complice malgré elle. Lorsque les assassinats les plus sordides s’accumulent autour d’eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s’intéresse à leur cas. Commence alors une traque qui brouillera les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l’épreuve les liens du sang.

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Sire Cédric

Mon avis…

D’aussi loin que remontent mes souvenirs, je n’ai jamais été déçue par Sire Cédric, et ce n’est certainement pas Du feu de l’enfer qui y changera quelque chose… Il s’agit véritablement d’un coup de cœur, à en juger par le déchirement que j’ai ressenti quand la fatigue s’est avérée plus forte et m’a obligée à fermer le livre pour dormir… A peine réveillée, je n’ai pas pu m’empêcher de le reprendre et de le finir. Autant vous dire que Sire Cédric a, encore une fois, réussi à me surprendre du début à la fin. Il m’a baladée, et pas à moitié. En fait, je crois qu’il comprend (presque trop) bien l’âme humaine, connait ses attentes, ses désirs, ses comportements les plus instinctifs et les plus inexplicables. Alors il crée des personnages complexes, animés par une soif de vérité, mais en même temps atteints par une sorte de folie animale, et il exploite même les faiblesses de ses lecteurs, les manipulant à sa guise. Et cela donne simplement un moment de lecture exceptionnel, comme on les aime.

Du feu de l’enfer est un thriller palpitant et cruel, rempli de désirs refoulés – ou non – et d’horreur. Il explore les tréfonds de l’âme humaine, les bas-fonds de la société et ses sphères les plus hautes, il tisse une toile aux ramifications complexes et surprenantes. Les victimes deviennent les bourreaux, et les bourreaux se mêlent à la foule. Et, jusqu’à la dernière page, rien n’est fini. Même la fin n’en est pas vraiment une… Que dire de plus ? Lire ce livre a été un des meilleurs moments que j’ai passé depuis des mois, une émouvante retrouvaille avec un de mes auteurs préférés, qui a compris que le côté sadique de ses lecteurs leur donne envie de sensations très, très, très fortes. Après tout, en tant qu’amateurs de lecture, que demande-t-on de plus que de se faire mener par le bout du nez ? Sire Cédric a un petit côté machiavélique, malgré toute sa gentillesse… et c’est ce qui en fait un des meilleurs auteurs de thriller de ces dernières années ! Du feu de l’enfer constitue à mes yeux une forme d’aboutissement de son style, de sa patte, d’une écriture qui lui est propre. Mais je ne doute pas que son prochain roman sera tout aussi riche en émotions…

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Revue Acéphale de G. Bataille

 

#239 Coco givrée – Nadine Monfils

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Le résumé…

Un chapeau melon, un nez en carotte, une hache à la main… Voilà le drôle de bonhomme de neige qui enlève les petites filles de Pandore, à la tombée de la nuit. Mais est-ce le même cinglé qui, ces derniers temps, abandonne cadavre après cadavre, dans des mises en scène inspirées des toiles de Magritte ? Et pourquoi la chienne Tequila se met-elle à pisser des hiéroglyphes ? Est-ce vraiment une bonne idée d’héberger une pute chez soi ? Autant de questions glaçantes que les enquêteurs Lynch et Barn vont devoir s’atteler à dégivrer…

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La boîte de Pandore – Magritte

Mon avis…

Une petite balade dans ma librairie préférée, et ce livre m’a tout de suite attirée. La couverture, sans doute, assez intrigante. Puis le résumé, qui m’a fait sourire. Du policier un peu absurde ? C’est pour moi ! Et je dois dire que je n’ai pas été déçue, j’ai commencé ce roman le soir même et l’ai fini… le soir-même, enfin la nuit plutôt… J’avais un peu peur tout de même, car l’absurdité que l’on devine dans  le résumé aurait vite pu tourner au ridicule, au gros navet même ! Mais loin de là. L’intrigue policière est belle et bien présente, elle est complexe à souhait, tout à fait sérieuse et digne d’un bon thriller. Et, au milieu de tout ça, Nadine Monfils diffuse quelques notes d’humour, de trash parfois, de ce qu’on croit être de l’absurde mais qui en fait trouve toujours son sens… Rien n’est laissé au hasard pour faire passer un bon moment au lecteur.

Coco givrée est un excellent roman de vacances, pour changer un peu, ne pas se prendre la tête tout en lisant une histoire passionnante. Les personnages, à la fois déjantés et complexes, sont tant de silhouettes qui se croisent dans un récit prenant et frôlant le fantastique. L’imaginaire n’est jamais bien loin, on peut s’attendre à tout : des bonhommes de neige tueurs, des chiens médiums… Et c’est sans compter les personnages riches en couleur qui traversent le roman, comme la mémé de Coco, vraie fan de Johnny… mais pas Johnny Hallyday, non, son sosie : Johnny Cadillac. C’est un roman efficace, pour amateurs de romans policiers qui ont soif de changement, et pour ceux qui n’ont pas envie de se plonger dans une histoire trop trop flippante, même si Nadine Monfils nous offre quand même une bonne dose d’émotions. Le problème (ou l’avantage) de tout oser, c’est que c’est dans tous les sens du terme ! Du plus trash au plus gore, du plus farfelu au plus comique… Allez, laissez-vous tenter par ce roman complètement givré, c’est les vacances, le moment de faire des folies et des découvertes !

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Johnny Cadillac et Nadine Monfils

#208 Code 93 – Olivier Norek

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Le résumé…

Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d’autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d’un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire. Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d’un mystérieux dossier, le  » Code 93  » ?  Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison…

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Mon avis…

C’est avec émotion que je vous parle aujourd’hui de Code 93 d’Olivier Norek. Ce roman m’a accompagné dans un moment très difficile, une hospitalisation en urgence. C’est là que j’ai vraiment compris l’importance d’avoir toujours un livre sur soi ! J’avais commencé ce roman quelques heures avant de me retrouver à poireauter dans un brancard inconfortable, j’ai donc continué pour m’occuper pendant ce long (et désagréable) moment… Sans dire que Code 93 m’a rendu la nuit sensationnelle, je dirais qu’elle est devenue supportable ! L’histoire est passionnante, digne d’un bon thriller. C’est un début pour l’auteur, mais il y a beaucoup de talent, on le sent parfaitement. J’ai déjà hâte de passer à d’autres livres d’Olivier Norek ! En attendant, parlons de celui-ci. L’intrigue est assez intéressante, prenante même, et le plus agréable, c’est que l’auteur est très bien renseigné, pour la simple et bonne raison que flic, c’est son boulot ! Il connaît donc parfaitement son sujet, et on se pose souvent la question, au fil de la lecture, de savoir d’où il tire son inspiration pour parler des petits complots et machinations au sein même de la police… Sans blague, ça peut inquiéter un peu ! En tout cas, Norek a réussi à me familiariser très vite avec l’univers de la police, je me suis attachée aux personnages qui ont leurs qualités comme leurs défauts. L’univers est particulièrement réaliste et c’est toujours agréable dans un roman de ne pas avoir d’obstacle pour s’imprégner de l’atmosphère.

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Pour donner un peu plus de détails, l’intrigue est assez brutale, particulièrement perturbante pour un premier roman sur la police judiciaire du 93. On ne s’attend pas forcément à ça… Les différents crimes, s’ils peuvent paraître à priori isolés, ont en fait un lien que le capitaine Coste va devoir trouver. L’enquête va être particulièrement intense, et Olivier Norek n’attend pas quelques tomes (comme souvent dans les séries policières avec les mêmes personnages) pour plonger le lecteur dans l’intimité de ses héros. Ces derniers sont en effet particulièrement secoués par les événements. C’est cependant un atout ici car cela aide les lecteurs à s’accrocher aux personnages. Code 93,  c’est aussi un livre au dénouement assez ambitieux. J’avoue avoir trouvé la fin un peu maladroite. Sans être déçue, j’ai perçu le talent de l’auteur, tout le potentiel de son écriture, et j’ai donc regretté que le dénouement soit un peu moins magistral que le reste. J’aurais aimé quelque chose d’encore plus pervers, à la hauteur du reste de l’intrigue. Cependant, je trouve que c’est un excellent premier roman, et je conseille vivement Code 93 car je pense que ce livre va vraiment séduire les amateurs de thrillers. Ce tome permet de découvrir l’équipe de la police judiciaire du 93, c’est pour cela que je conseille de commencer par celui-ci malgré ma toute petite déception. Le roman en reste excellent. Olivier Norek m’apparaît comme la relève du thriller français, et j’attends avec impatience de voir ce que la suite va donner pour lui. N’hésitez surtout pas à vous lancer, vous ne le regretterez pas et vous voudrez,  comme moi, apprendre à mieux connaître cet auteur-flic, j’en suis sûre !

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Ma note…

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#104 Les lutins urbains, T.1 : l’attaque du Pizz’Raptor – Renaud Marhic

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Le résumé…

On les croyait disparus à jamais, chassés de nos contrées par la modernité. Erreur ! On peut bien avoir construit des villes à la campagne, les lutins se sont faits urbains ! Et ils n’ont rien perdu de leurs pouvoirs d’agaceries, tracasseries, et espiègleries…

Quel est donc cet inconnu qui s’en prend aux livreurs de pizzas, leur dérobant leur chargement sans jamais faire main-basse sur l’argent ? Gustave Flicman, jeune policier de la Grosse Cité, croise un soir le voleur. Si ce n’est pas un lutin, ça y ressemble bien… Mais voilà le coupable arrêté : c’était un simple SDF. Affaire réglée. Pas pour Gustave ! Qui ne se doute pas que sa quête du Pizz’ Raptor va le mener jusqu’à l’Université d’Onirie. Là où les Lutins Urbains ont trouvé refuge. Sous la protection du mystérieux Professeur B., Docteur en Lutinologie…

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Renaud Marhic

Mon avis…

Cette lecture m’a été proposée par l’auteur lui-même, que je remercie infiniment pour cet agréable moment. J’étais très enthousiaste à l’idée de commencer ce livre car j’aime beaucoup les histoires jeunesse au contenu humoristique et parfois farfelu. Avec les lutins urbains, on est en plein dedans ! L’histoire est plutôt rigolote : un policier est à la recherche du responsable de plusieurs vols de pizza, il découvre très vite qu’il s’agit d’un lutin et tente de le retrouver pour le mener devant la justice. On passe à travers une foule de rebondissements rocambolesques avec des personnages particulièrement dingues ! En fait, on sent parfois que l’auteur a du se laisser aller à sa plume, se laisser emporter par ce côté absurde qui caractérise ce roman. Ce n’est pas spécialement désagréable même s’il arrive que l’on s’y perde…

Il y a dans ce livre de nombreuses notes de bas de page de l’auteur, non pas car il y a une multitude de mots inconnus, loin de là (même si cela arrive), mais surtout pour rajouter un trait d’humour supplémentaire. Il n’y a pas que les personnages qui se perdent en divagations, en jeux de mots ou en blagues douteuses. A travers ses notes, l’auteur continue le récit avec des digressions incontrôlées, pleine d’humour et qui ne peuvent que faire sourire ! On a la sensation qu’un conteur nous rapporte l’histoire et fait de temps en temps de petites pauses pour discuter avec son auditoire.

Dans ce monde où apparaissent les lutins urbains, chaque établissement (commissariat, palais de justice, etc.) est sponsorisé par une marque. Cela peut paraître étonnant dans un livre pour enfants car on s’attend à voir un univers simplifié, pour faciliter la compréhension du lecteur, mais c’est sans compter qu’il s’agit également d’un roman pour adultes, malgré ses apparences trompeuses. Par-ci, par-là, on distingue de petites critiques, de petites piques, ce qui est plutôt assez plaisant car l’auteur met en exergue avec légèreté des points contestables de notre société actuelle et de celle qu’elle risque de devenir. Une justice corrompue, une brigade de répression du rêve… Tant d’éléments dans le récit pourraient paraître étranges aux enfants mais sans pour autant leur ôter le plaisir de la lecture. Ce livre est vraiment accessible à tous, car il est écrit avec beaucoup de sincérité, on sent que l’auteur s’amuse avec sa plume et puisque l’on s’amuse nous aussi, que demander de plus ?

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Ma note…

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Merci à Renaud Marhic pour cette lecture.

#79 Sombre mardi – Nicci French

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Le résumé…

Lorsque l’assistante sociale vient faire sa visite de routine à Michelle Doyce, une dame d’une soixantaine d’années victime de troubles de la personnalité, elle ne s’attend pas à trouver dans le salon un homme mort, nu comme un ver, une pâtisserie à la main. Michelle est incapable d’expliquer les circonstances ni de donner le nom de la victime, plongeant la police dans le plus profond désarroi. En dernier recours, le commissaire Karlsson fait donc appel à la psychologue Frieda Klein, qui a déjà prouvé lors de leur dernière enquête à quel point son analyse est précieuse.

Frieda est persuadée que Michelle est innocente mais qu’elle détient la clé du mystère. L’enquête avance enfin le jour où une certaine Janet Ferris déclare à la police la disparition de son voisin, qui s’avère être la victime. Mais plus Frieda et Karlsson creusent dans le passé de ce Robert Poole, plus le mystère s’épaissit. Manipulateur hors pair de femmes solitaires et vulnérables, il s’est fait de nombreux ennemis, tous des suspects.

Pendant ce temps, Frieda ne peut se défaire du sentiment que quelqu’un, dans l’ombre, la suit.

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Mon avis…

Je ne connaissais pas le couple littéraire Nicci French avant de me plonger dans la lecture de « Sombre mardi ». Mais il n’est jamais trop tard pour rattraper cela, n’est-ce pas ? J’ai été séduite par le résumé de ce livre : un homme mort, nu, une pâtisserie à la main, installé sur le canapé d’une vieille dame… C’est dérangeant, c’est malsain, mais c’est surtout intrigant ! Ce roman est le deuxième d’une série et suit « Lundi mélancolie ». Je n’ai pas lu ce premier tome car j’étais plus intéressée par l’histoire du second et j’ai pensé que ce ne serait sûrement pas trop dérangeant pour moi étant donné qu’il s’agissait de deux enquêtes bien distinctes. Mais voilà peut-être le regret que j’ai concernant cette lecture. Certains points ne sont compréhensibles que si on a lu « Lundi mélancolie » car les personnages que l’on suit n’ont pas encore réussi à tourner la page de cette précédente enquête et y font très souvent référence. Heureusement, on finit par assimiler les informations, si bien que ces petits détails deviennent secondaires et ne gênent plus notre lecture de « Sombre mardi ».

J’ai aimé dans ce texte découvrir l’univers de la police londonienne, et l’aspect psychologique d’une enquête mis en valeur par Frieda Klein, la consultante psychothérapeute. Les personnages sont très attachants car nous partageons leurs émotions, leurs craintes. Je trouve que le couple Nicci French réussit parfaitement à nous les faire apprécier. L’envie de suivre les protagonistes est quand même essentielle pour prendre plaisir à la lecture, et c’est totalement réussi. D’ailleurs, les auteurs se plaisent à glisser quelques critiques dans les phrases de leurs personnages, notamment sur le système judiciaire anglais et son sens des priorités. J’ai apprécié cet aspect « remise en cause » et « dénonciation », qui passe comme une lettre à la poste dans le récit et s’immisce dans l’esprit du lecteur. On sent que Klein et Karlsson sont un peu des « outsiders » dans cet univers, en quête de la vérité avant tout. Les restrictions budgétaires, thème qui peut sembler un peu rasoir, vient se placer dans l’histoire et met en valeur les efforts faits par cette équipe pour mener leurs investigations malgré les obstacles qui se dressent devant eux, qu’ils viennent de l’enquête en elle-même, de leurs supérieurs, ou même des médias. Ce livre est donc d’un réalisme fou.

L’enquête est excellemment menée et racontée. On n’a pendant longtemps aucune idée de qui est le coupable et c’est assez plaisant car tout est confus et nous pousse à réfléchir. Les rebondissements sont perturbants à souhait, et c’est quelque chose de très positif car original : la victime s’avère être un méchant et on découvre qu’il avait ses propres victimes qui deviennent, du même coup, des suspects… Tout le monde est susceptible d’être mêlé à cette affaire, d’être le coupable, on est perdu pendant un moment mais on se plait à récolter les indices en même temps que Klein et Karlsson. De plus, une certaine tension est distillée grâce à quelques « flash » dans le récit qui nous font découvrir un autre personnage dont on ignore l’identité et où elle se trouve. Elle semble totalement dépendante d’un homme, elle vit dans une misère extrême et semble le vouloir… Bref, c’est tordu. En fait, le roman entier repose sur une base d’intrigue assez originale et déstabilisante, tout s’entremêle et il est difficile de prédire la fin.

J’ai donc beaucoup apprécié ce livre policier qui pour moi rassemble toutes les qualités qu’on attend de ce genre. La narration est très bien construite, il n’y a pas de scènes inutiles, la tension est tout à fait bien distillée dans le roman, il pousse à la réflexion et il faut reconnaître le talent des auteurs ! Le seul point qui m’a un peu contrariée est d’être un peu perdue car je n’avais pas lu le premier tome. Heureusement, j’ai réussi à rattraper ce décalage au fil du récit mais c’est un peu dommage ! Je conseillerais donc aux amateurs du genre qui ne connaissent pas encore de se lancer dans les livres du duo Nicci French mais en commençant, contrairement à moi, par le premier livre (c’est tout de même mieux) ! Autrement, j’ai vraiment beaucoup aimé ce roman que je garderais précieusement dans ma bibliothèque et je compte bien lire les autres œuvres de la série afin de suivre les aventures de Klein et Karlsson, car je me suis particulièrement attachée à eux.

chronique

J’ai participé avec ce livre au prix Elle & Pocket de la plus belle chronique. Je n’ai pas présenté le texte que vous venez de lire car il était trop long (il fallait 220 caractères)… Je vais attendre les résultats de ce concours et je vous publierais ma « mini-chronique » à ce moment-là 🙂

Ma note…

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