#403 Chasseurs de lumière – Tyler Knott Gregson

9782258162105ORI

Le résumé…

Un jour, en flânant dans une brocante, Tyler Knott Gregson tombe sur une vieille Remington. Là, debout, sur une page arrachée d’un livre, il tape sans réfléchir. Sous ses doigts naît le tout premier poème de la série de la machine à écrire. Il est aussitôt séduit par cette singulière incapacité à effacer, à retravailler. Par le reflet de son esprit sur cette page, imparfait et sincère. Dans un monde numérique, tenir dans sa main des mots analogiques, c’est pour lui comme une respiration. Quelques années et près d’un millier de poèmes plus tard, publiés sur Instagram et rassemblant toujours plus de followers, l’auteur a réuni les plus pertinents dans ce recueil devenu depuis un best-seller dans plusieurs pays.

IMG_20200128_003456_984

Mon avis…

Je vous parle aujourd’hui d’un petit livre que j’avoue avoir un peu laissé traîner dans un coin de mon appartement, et avoir retrouvé par hasard un soir de déprime… Et, à vrai dire, je crois qu’il a simplement resurgi au moment où j’avais besoin de lui. Ce petit livre, c’est Chasseurs de lumière, poèmes de la machine à écrire. Il s’agit d’un recueil de textes poétiques écrits par Tyler Knott Gregson, charmant jeune homme qui a découvert une vieille Remington et a décidé de s’en emparer pour y poser ses pensées. Les adeptes de l’écriture automatique, directe et sans retouches, s’y retrouveront à coup sûr. Ces poèmes sont d’une beauté inouïe, et chacun apporte un souffle différent à la lecture.

IMG_20200128_003026

Il y en a des longs, des brefs, des légers, des intenses, des joyeux, des mélancoliques… Nuancé et subtil, ce recueil terriblement envoutant m’a fait frissonner pendant deux soirées entières. J’ai savouré chaque mot, chaque vers, et je n’ai pas pu m’empêcher de les partager avec mes proches au fur et à mesure de ma découverte. Les avis étaient unanimes : magnifique. Et, gage de qualité supplémentaire, il faut noter que la traduction a été faite par Clémentine Beauvais, dont on connaît déjà le talent poétique. Elle s’est donnée pour mission de rendre à la perfection l’intention de ces poèmes, leur pureté et leur délicatesse, et je peux vous assurer que c’est une mission belle et bien remplie.

IMG_20200130_000749

Que vous soyez déjà amateurs de poésie ou que vous souhaitiez vous lancer pour une grande première, je pense que vous pourrez être séduits par ce recueil à la fois très élaboré et accessible. La mise en page et le travail sur l’esthétique sont aussi essentiels. Vous le voyez sur les photos jointes à la chronique, les textes sont présentés comme des objets. On a l’impression d’avoir des feuilles volantes sous les yeux, des morceaux de papiers déchirés sur lesquels un instantané poétique a été imprimé… Et là encore, c’est particulièrement beau et réussi. Que dire de plus ? C’est un vrai coup de coeur que je vous présente ici, et j’espère qu’il saura vous charmer à votre tour.

Carte d’identité du livre

Titre : Chasseurs de lumière, poèmes de la machine à écrire
Auteur : Tyler Knott Gregson
Traductrice : Clémentine Beauvais
Éditeur : Presses de la Cité
Date de parution : 14 novembre 2019

coeur_115

Coup de coeur

presse cité

Merci aux éditions Presses de la Cité pour cette lecture.

#376 Bleue – Maja Lunde

9782258152717ORI.jpg

Le résumé…

Norvège, 2017. Depuis son plus jeune âge, Signe a fait passer l’écologie avant tout. Ainsi a-t-elle préféré renoncer à Magnus, dont elle ne partageait pas les idées. Aujourd’hui, elle vit sur un bateau amarré dans un fjord, au plus près de l’eau.  Et c’est pour sauver l’eau qu’elle décide à soixante-sept ans d’entreprendre un dernier périple en mer, lorsqu’elle apprend qu’une opération commerciale, autorisée jadis par Magnus, menace son glacier natal. L’heure est venue pour Signe d’affronter son grand amour perdu. Pour cela, elle doit prendre la direction du sud de la France…

France, 2041. La guerre de l’eau bat son plein. Avec Lou, sa fille aînée, David a fui les Pyrénées ravagées par la sécheresse pour retrouver sa femme et leur bébé, dont il a été séparé. Mais les réfugiés climatiques sont bloqués à la frontière, et les ressources commencent à manquer. Un jour, à des kilomètres de la côte, David et Lou trouvent un voilier au beau milieu d’un champ desséché : le bateau de Signe…

Mon avis…

Après l’excellent Une histoire des abeilles, Maja Lunde revient avec une nouvelle fable dystopique : Bleue. Cette fois, ce ne sont pas trois mais deux trames narratives que nous suivons, l’une en 2017, l’autre en 2041. J’apprécie beaucoup cette construction, qui permet d’avoir plusieurs regards sur l’événement, ici la sécheresse. Si ce roman, comme le précédent, a clairement pour but de nous faire réfléchir aux enjeux écologiques et climatiques de notre époque, c’est aussi un livre passionnant, avec des personnages attachants et une intrigue prenante.

Bleue est un texte magnifique, qui nous montre des temps futurs, où de nombreux européens, français compris, seront obligés de fuir les villes dévastées par des incendies que l’on ne peut plus éteindre par manque d’eau, devenant ainsi des réfugiés climatiques dont, malheureusement, les autres pays ne veulent pas… Triste ironie du sort, me direz-vous… Mais c’est aussi et surtout profondément réaliste. L’eau a disparu, les fleuves se sont taris, l’eau courante est rationnée dans les camps où se réunissent les survivants… Quant à l’histoire qui se déroule vingt-quatre ans plus tôt, elle nous montre un échantillon de la destruction de la planète, de son exploitation à l’excès, tout en proposant un récit individuel, montrant le destin de personnages et leur lien avec ce processus. Ici, ni grand méchant ni grand gentil, juste des êtres humains parfois inconscients, toujours fragiles…

Malgré le caractère dystopique, Maja Lunde injecte de l’espoir tout au long de son roman, au travers de ses êtres de papier, et en particulier de la petite Lou. Comme dans Une histoire des abeilles, le salut du monde se trouve entre les mains des enfants… Loin d’être simpliste et moralisatrice, cette histoire est bien au contraire d’une richesse folle, et remplie de tendresse. Ce roman est encore une fois un véritable coup de cœur, car il mêle avec subtilité réflexions actuelles sur l’avenir du monde et divertissement. Oui, c’est à la fois une lecture plaisir et réflexive, et c’est pour cette raison que je vous conseille vivement ce livre. Il est scientifiquement documenté, certes, mais il amène une touche d’humanité et d’individualité dans ce récit parfois catastrophique de l’avenir qui nous attend si le monde continue à tourner ainsi.

Carte d’identité du livre

Titre : Bleue
Autrice : Maja Lunde
Traductrice : Marina Heide
Éditeur : Presses de la Cité
Date de parution : 09 mai 2019

coeur_115

Coup de coeur

presse cité

Merci aux éditions Presses de la Cité et à NetGalley pour cette lecture.

Ma wishlist de la rentrée littéraire – août 2018

rentrée littéraire

Et oui, nous entrons bientôt dans une saison délicieuse pour les lecteurs et lectrices de tous horizons… la rentrée littéraire ! Cette année, encore de belles découvertes en perspective. Pour ma part, j’ai déjà craqué sur quelques titres.

Voici ma wishlist pour cette rentrée littéraire d’automne 2018, en commençant par le mois d’août ! Maintenant, le porte-monnaie suivra-t-il ? J’en doute…

Parutions du 16 août 2018

Les cigognes sont éternelles – Alain Mabanckou (Seuil)

Résumé : À Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l’Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l’arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l’apprentissage du mensonge. Partant d’un univers familial, Alain Mabanckou élargit vite le cercle et nous fait entrer dans la grande fresque du colonialisme, de la décolonisation et des impasses du continent africain, dont le Congo est ici la métaphore puissante et douloureuse. Mêlant l’intimisme et la tragédie politique, il explore les nuances de l’âme humaine à travers le regard naïf d’un adolescent qui, d’un coup, apprend la vie et son prix.

Frère d’âme – David Diop (Seuil)

Résumé : Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi. Au point d’effrayer ses camarades. Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première boucherie de l’ère moderne.

Les heures rouges – Leni Zumas (Presses de la Cité)

Résumé : États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l’être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l’aube de cette nouvelle ère. Ro, professeur célibataire de quarante-deux ans, tente de concevoir un enfant et d’écrire la biographie d’Eivor, exploratrice islandaise du XIXe siècle. Des enfants, Susan en a, mais elle est lasse de sa vie de mère au foyer – de son renoncement à une carrière d’avocate, des jours qui passent et se ressemblent. Mattie, la meilleure élève de Ro, n’a pas peur de l’avenir : elle sera scientifique. Par curiosité, elle se laisse déshabiller à l’arrière d’une voiture… Et Gin. Gin la guérisseuse, Gin au passé meurtri, Gin la marginale à laquelle les hommes font un procès en sorcellerie parce qu’elle a voulu aider les femmes.

La guérilla des animaux – Camille Brunel (Alma)

Résumé : Comment un jeune Français baudelairien devient-il fanatique de la cause animale ? C’est le sujet du premier roman de Camille Brunel qui démarre dans la jungle indienne lorsqu’Isaac tire à vue sur des braconniers, assassins d’une tigresse prête à accoucher. La colère d’Isaac est froide, ses idées argumentées. Un profil idéal aux yeux d’une association internationale qui le transforme en icône mondiale sponsorisée par Hollywood. Bientôt accompagné de Yumiko, son alter-ego féminin, Isaac court faire justice aux quatre coins du globe.

Parutions du 22 août 2018

Chien-loup – Serge Joncour (Flammarion)

Résumé : L’idée de passer tout l’été coupés du monde angoissait Franck mais enchantait Lise, alors Franck avait accepté, un peu à contrecoeur et beaucoup par amour, de louer dans le Lot cette maison absente de toutes les cartes et privée de tout réseau. L’annonce parlait d’un gîte perdu au milieu des collines, de calme et de paix. Mais pas du passé sanglant de cet endroit que personne n’habitait plus et qui avait abrité un dompteur allemand et ses fauves pendant la Première Guerre mondiale.
Et pas non plus de ce chien sans collier, chien ou loup, qui s’est imposé au couple dès le premier soir et qui semblait chercher un maître. En arrivant cet été-là, Franck croyait encore que la nature, qu’on avait apprivoisée aussi bien qu’un animal de compagnie, n’avait plus rien de sauvage ; il pensait que les guerres du passé, où les hommes s’entretuaient, avaient cédé la place à des guerres plus insidieuses, moins meurtrières.
Ça, c’était en arrivant. Serge Joncour raconte l’histoire, à un siècle de distance, d’un village du Lot, et c’est tout un passé peuplé de bêtes et anéanti par la guerre qu’il déterre, comme pour mieux éclairer notre monde contemporain. En mettant en scène un couple moderne aux prises avec la nature et confronté à la violence, il nous montre que la sauvagerie est toujours prête à surgir au coeur de nos existences civilisées, comme un chien-loup.

Tous les hommes désirent naturellement savoir – Nina Bouraoui (JC Lattès)

Résumé : Tous les hommes désirent naturellement savoir est l’histoire des nuits de ma jeunesse, de ses errances, de ses alliances et de ses déchirements. C’est l’histoire de mon désir qui est devenu une identité et un combat. J’avais dix-huit ans. J’étais une flèche lancée vers sa cible, que nul ne pouvait faire dévier de sa trajectoire. J’avais la fièvre. Quatre fois par semaine, je me rendais au Kat, un club réservé aux femmes, rue du Vieux-Colombier. Deux coeurs battaient alors, le mien et celui des années quatre-vingt. Je cherchais l’amour. J’y ai appris la violence et la soumission. Cette violence me reliait au pays de mon enfance et de mon adolescence, l’Algérie, ainsi qu’à sa poésie, à sa nature, sauvage, vierge, brutale. Ce livre est l’espace, sans limite, de ces deux territoires.

Le malheur du bas – Ines Bayard (Albin Michel)

Résumé : « Au coeur de la nuit, face au mur qu’elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples ». Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d’une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant.

L’habitude des bêtes – Louise Tremblay (Delcourt)

Résumé :  « J’avais été heureux, comblé et odieux. Je le savais. En vieillissant, je m’en suis rendu compte, mais il était trop tard. Je n’avais pas su être bon. La bonté m’est venue après, je ne peux pas dire quand exactement. » C’est le jour sans doute où un vieil Indien lui a confié Dan, un chiot. Lorsque Benoît Lévesque est rentré à Montréal ce jour-là, il a fermé pour la vie son cabinet dentaire et les volets de son grand appartement. Ce n’est pas un endroit pour Dan, alors Benoît décide de s’installer pour de bon dans son chalet du Saguenay, au cœur du parc national. Il y mène une vie solitaire et tranquille, ponctuée par les visites de Rémi, un enfant du pays qui lui rend de menus services, et par la conversation de Mina, une vieille dame sage. Mais quand vient un nouvel automne, le fragile équilibre est rompu. Parce que Dan se fait vieux et qu’il est malade. Et parce qu’on a aperçu des loups sur le territoire des chasseurs, dans le parc. Leur présence menaçante réveille de vieilles querelles entre les clans, et la tension monte au village…Au-delà des rivalités, c’est à la nature, aux cycles de la vie et de la mort, et à leur propre destinée que devront faire face les personnages tellement humains de ce court roman au décor majestueux.

Parutions du 23 août

Le roman de Jeanne – Lidia Yuknavitch (Denoël)

Résumé : Anéantie par les excès de l’humanité et des guerres interminables, la Terre n’est plus que cendres et désolation. Seuls les plus riches survivent, forcés de s’adapter à des conditions apocalyptiques. Leurs corps se sont transformés, albinos, stériles, les survivants se voient désormais contraints de mourir le jour de leurs cinquante ans. Tous vivent dans la peur, sous le joug du sanguinaire Jean de Men. Christine Pizan a quarante-neuf ans. La date fatidique approche . Rebelle, artiste, elle adule le souvenir d’une héroïne, Jeanne, prétendument morte sur le bûcher. Jeanne serait la dernière à avoir osé s’opposer au tyran. En bravant les interdits et en racontant l’histoire de Jeanne, Christine parviendra-t-elle à faire sonner l’heure de la rébellion ?

Le bûcher – György Dragomán (Gallimard)

Résumé : La Roumanie vient tout juste de se libérer de son dictateur. Les portraits du camarade général ont été brûlés dans la cour de l’internat où Emma, treize ans, arrivée après la mort tragique de ses parents, cherche encore à s’orienter. Quand une inconnue se présente comme étant sa grand-mère, elle n’a d’autre choix que de la suivre dans sa ville natale. Cette femme étrange partage sa maison avec l’esprit de son mari défunt et pratique la sorcellerie. Mais Emma comprend vite qu’il y a d’autres raisons à l’accueil malveillant que lui réservent les habitants de la ville. Peu à peu, elle découvre les secrets de sa famille. Profondément traumatisée et compromise par l’histoire qu’a traversée son pays, sa grand-mère a utilisé les pouvoirs de la magie pour surmonter des décennies dominées par la peur, la manipulation et la terreur. Et c’est cette force-là qu’Emma tente à son tour de libérer en elle pour trouver sa place dans un monde de nouveau bouleversé.

Parutions du 30 août 2018

L’Ange de l’histoire – Rabih Alameddine (Escales)

Résumé : Le temps d’une nuit, dans la salle d’attente d’un hôpital psychiatrique, Jacob, poète d’origine yéménite, revient sur les événements qui ont marqué sa vie : son enfance dans un bordel égyptien, son adolescence sous l’égide d’un père fortuné, puis sa vie d’adulte homosexuel à San Francisco dans les années 1980, point culminant de l’épidémie du sida. Mais Jacob n’est pas seul : Satan et la Mort se livrent un duel et se disputent son âme, l’un le forçant à se remémorer son passé douloureux, l’autre le poussant à oublier et à renoncer à la vie. En dressant le portrait bouleversant et tout en finesse d’un homme hanté par les souvenirs, Rabih Alameddine livre un texte éblouissant d’érudition et d’imagination, imprégné à la fois d’humour, de violence et de tendresse. Surtout, il nous rappelle l’urgence et la nécessité de se confronter au passé et de ne pas céder à l’oubli.

Règles douloureuses – Kopano Matlwa (Le Serpent à Plumes)

Résumé : Nous sommes en 2015, en Afrique du Sud. Des années durant, Masechaba a souffert de douleurs chroniques liées à une endométriose. Le sang a forgé son caractère, non seulement il a fait d’elle une personne solitaire, presque craintive, mais il l’a aussi poussé à devenir médecin. Quand débute le roman, elle est interne dans un hôpital. Dans le flux ininterrompu des patients, elle s’interroge sur sa capacité à les aimer tous, à leur donner toutes ses forces, tout son dévouement. Elle doute souvent, à l’opposé de sa meilleure amie, son modèle qui bien souvent pourtant l’ignore, voire la rudoie, Nyasha. Nyasha est zimbabwéenne, or l’Afrique du Sud vit alors une époque de racisme brutal.
Un jour, après avoir été accusée par son amie de ne pas avoir pris assez soin d’un patient étranger blessé lors d’émeutes xénophobes, elle décide de publier une pétition demandant le retour à la tolérance et à des valeurs humanistes. En retour, elle sera violée par trois hommes, pour lui apprendre à rester à sa place.

Le complexe d’Hoffman – Colas Gutman (éditions de l’Olivier)

Résumé : « Le petit Hoffman, il vous dira rien de sa maman. Il dit qu’elle est morte mais quand tu vas chez elle, tu vois bien qu’elle est vivante. Il m’a choisi pour me raconter son histoire. Elle n’est franchement pas triste. Je suis Lakhdar CM1, et certains disent que je suis dix-lexique. Le petit Hoffman, il a reçu une lettre dans son école. Des lois anti-alsaciennes, qu’il n’a pas le droit de faire du sport, d’aller au square ou même aux toilettes. Le petit Hoffman, quand il chasse pas les nazis de son école ou qu’il fait l’assistant respiratoire pour sa maman dépressionnaire, il écrit un livre : 83 ans. C’est l’histoire d’un type qui ne peut pas mourir avant cet âge fatal, mais ce n’est pas du tout une histoire pour enfants, parce que de l’enfance, Simon Hoffman, il n’en a jamais eu. » Burlesque, émouvant, et parfaitement irrespectueux, Le complexe d’Hoffman décrit un monde où la bonté est rare et la sécurité absente.

Et vous, avez-vous repéré des titres auxquels vous ne résisterez pas ?

Rendez-vous le mois prochain pour la sélection de septembre !

#311 L’île des absents – Caroline Eriksson

carolineeriksson

Le résumé…

On l’appelle le Cauchemar. C’est un lac à l’eau noire et stagnante, quelque part en Suède, dont la légende raconte qu’il est maudit. Au milieu du Cauchemar, il y a un îlot. Sur cet îlot, Alex et la petite Smilla vont faire une promenade, tandis que Greta les attend dans la barque amarrée au rivage, puis s’endort. À son réveil, la nuit tombe et seuls retentissent au loin les cris lugubres des oiseaux aquatiques. L’homme et la fillette ont disparu. De retour dans le cottage que la petite famille occupe au village, Greta fouille chaque pièce et tente en vain de joindre Alex. En proie à la panique, elle décide de se rendre au commissariat. Seulement, sur place, un policier lui annonce qu’elle n’est pas mariée et n’a jamais eu d’enfants. Qui sont Alex et Smilla ?

Mon avis…

Ce roman me tentait, pour plusieurs raisons : sa couverture (je l’avoue, je la trouve plutôt bien faite et assez mystérieuse) et son résumé. J’ai été étonnée de voir qu’il s’agissait d’un livre peu épais. Cela rend justement l’ensemble très intense. Tout va particulièrement vite. Peut-être trop vite d’ailleurs… Les pensées de Greta s’emmêlent, n’ont pas beaucoup de sens. Tout est très confus car, en fait, la narratrice n’est pas fiable. Donc le lecteur, nécessairement, ne comprend pas grand chose à ce qu’il se passe, et il ne peut pas vraiment faire confiance à Greta pour changer cet état de fait. Tout cela a une explication dans l’intrigue. La confusion et l’aspect même chaotique du récit ont un but ! Sauf que, à force d’être perdu et d’être dans le flou, le lecteur peut vite se lasser… En fait, on en a vite marre des faux suspenses, des rebondissements qui n’en sont pas du type « oh une ombre… ah c’est un chat ! » (ceci n’est pas une citation du livre, je précise, au cas où…) et qui d’ailleurs deviennent très prévisibles. Mais le livre est court, donc on continue la lecture. En fait, l’histoire est plutôt bonne, la narration cohérente avec l’intrigue, mais quelque chose ne prend pas. L’ensemble paraît un peu superficiel, parfois exagéré, attendu… Je ne saurais expliquer à quoi est due cette sensation. C’est dommage, j’ai eu d’excellentes lectures grâce aux Presses de la Cité comme les romans de Sire Cédric, et des découvertes exceptionnelles telles que ceux d’Elly Griffiths, que je vous recommande vivement. Mais, malheureusement, ce texte de Caroline Eriksson n’a pas fait mouche… Sans être un mauvais bouquin, ce n’est clairement pas le livre qui laissera une marque indélébile…

En quelques mots…

thriller psychologique
une narration très confuse
parfois un peu agaçant
ça se lit quand même

Carte d’identité du livre

Titre : L’île des absents
Autrice : Caroline Eriksson
Traductrice : Laurence Mennerich
Éditeur : Presses de la Cité
Date de parution : 07 juin 2018

presse cité

Merci aux Presses de la Cité pour cette lecture.

#295 Sang famille – Michel Bussi

sang-famille-3d.jpg

Le résumé…

« Tel un soleil brutal, la lumière du phare des Enchaînés inonde la pièce. Une seconde à peine. Puis l’obscurité reprend le dessus, simplement percée du halo des lampes torches.
Je vais mourir ici.
C’est une certitude.
Une seule question me hante, la dernière : jusqu’où sont-ils prêts à aller pour me faire avouer ?  A fouiller ma mémoire, comme s’ils pouvaient en arracher les souvenirs qu’ils convoitent ?
Tout est allé si vite, à peine quatre jours.
Je n’étais alors qu’un adolescent parmi d’autres.
Un orphelin.
C’est du moins ce qu’on avait toujours voulu me faire croire…
 »

temps4

Mon avis…

Commençons par une remarque importante : Sang famille n’est pas un nouveau roman de Michel Bussi. Il a déjà paru il y a un certain nombre d’années, en 2009 précisément, mais c’est ici le Sang famille 2.0 que nous avons sous les yeux : retravaillé par l’auteur, mais aussi accompagné d’une petite préface resituant ce livre, son intrigue, etc. Comme toujours (un exemple : Le temps est assassin), l’auteur nous propose une plongée dans une atmosphère estivale : ici un camp de vacances sur une île imaginaire au large de la Normandie. Au menu : chasse au trésor, criminels en liberté, tromperies et complots, méchants gangsters… La méfiance est de mise. Ce roman m’a un peu fait retomber en enfance, en raison de son ambiance un peu « club des cinq ». C’est simple, sans prétention, mais ça fait son effet. On se divertit, on passe un bon moment de lecture, on essaie nous aussi de déchiffrer les énigmes… Sang famille est un bon polar d’été comme sait les faire Michel Bussi. C’est léger, animé, plutôt bien écrit, dépaysant et reposant. On se laisse entraîner sans problème dans ce récit, guidé par des personnages simples et efficaces, le tout est bien construit… Un bon Bussi comme on les aime.
Résultat de recherche d'images pour "sang famille bussi"

ancienne couverture de Sang famille

#252 Une histoire des abeilles – Maja Lunde

coeur_115

Coup de cœur

abeilles

Le résumé…

Angleterre, 1851. Père dépassé et époux frustré, William a remisé ses rêves de carrière scientifique. Cependant, la découverte de l’apiculture réveille son orgueil déchu : pour impressionner son fils, il se jure de concevoir une ruche révolutionnaire.

Ohio, 2007. George, apiculteur bourru, ne se remet pas de la nouvelle : son unique fils, converti au végétarisme, rêve de devenir écrivain. Qui va donc reprendre les rênes d’une exploitation menacée par l’inquiétante disparition des abeilles ?

Chine, 2098. Les insectes ont disparu. Comme tous ses compatriotes, Tao passe ses journées à polliniser la nature à la main. Pour son petit garçon, elle rêve d’un avenir meilleur. Mais, lorsque ce dernier est victime d’un accident, Tao doit se plonger dans les origines du plus grand désastre de l’humanité.

Mon avis…

Nous le savons tous, la disparition des abeilles est un véritable enjeu contemporain. Maja Lunde prend en main cette réalité et crée une fiction en partie dystopique, nous faisant redécouvrir le monde à partir de cette perspective. A trois périodes différentes, l’auteure nous présente trois personnages, liés par leur rapport aux abeilles. A partir de ces trois époques, elle dessine une « histoire » de ces insectes essentiels à notre vie, et nous fait comprendre l’importance de leur présence pour l’espèce humaine. L’histoire la plus touchante, probablement, est celle qui se déroule après la disparition des abeilles, ce qu’on appelle dans le roman « l’Effondrement ». Une grande partie de la population humaine, de la faune et de la flore, a disparue. Sans abeilles, le monde entier a été bouleversé. La nourriture est devenue un luxe. Tao, une femme chinoise, travaille à la place des abeilles, à la pollinisation des vergers, afin de fournir l’alimentation de la population. Un jour, sa vie est bouleversée par un accident subi par son petit garçon. Elle mène alors l’enquête pour découvrir ce qui lui est arrivé, et découvre vite que cela pourra changer la face du monde tel qu’elle le connaît.

Ce roman, s’il démarre un peu lentement, rend vite accro. Tout en nous livrant une fiction passionnante, l’auteure nous propose une réflexion écologiste et humaine très profonde. Ce n’est pas un livre qui laisse indifférent. Sans être moralisatrice, elle nous montre les enjeux, et la chance que nous devrions saisir si nous voulons échapper à ce triste destin qui s’annonce. C’est un roman résolument moderne, ancré dans l’actualité, terriblement réaliste. Maja Lunde s’inspire des recherches dans le domaine, des réflexions déjà menées par des scientifiques, et les place à notre hauteur. Une histoire des abeilles, malgré son ambition, reste aussi un divertissement, un récit qui nous fait tourner les pages les unes après les autres. Partez donc à la découverte de tout un univers, celui des abeilles, de l’apiculture, et embarquez pour un voyage dans le passé et dans le futur, pour dessiner un vaste panorama d’un monde que les ruches font vivre.

rentrée littéraire

#198 Le diable de la Tamise – Annelie Wendeberg

TAMISE1

Le résumé…

CHOLÉRA [latin cholera ; grec kholera] n. m. – Très grave maladie épidémique, produite par une bactérie, le vibrion cholérique, caractérisée par des selles fréquentes, des vomissements, des crampes, un grand abattement, et pouvant se terminer par la mort.
Londres, 1889. Quand une victime du choléra est retrouvée dans la Tamise, le Dr Anton Kronberg, bactériologiste de son état, est appelé pour confirmer les causes du décès. Toutes les précautions sont prises pour éviter une épidémie. Les choses auraient pu en rester là si les résultats intrigants de l’autopsie n’avaient poussé Kronberg à s’intéresser de plus près à cette affaire. Alors que Scotland Yard souhaite classer ce cas, Kronberg se rapproche de Sherlock Holmes. Et il ne faut que peu de temps au célèbre détective pour percer le secret du médecin qui, en réalité, est… une femme. Un secret qui pourrait la mener droit en prison s’il venait à être révélé. Mais tous deux vont unir leurs forces pour débusquer un criminel aussi redoutable que Jack l’Éventreur…
TAMISE3

Mon avis…

Les éditions Presses de la Cité m’ont envoyé Le diable de la Tamise comme service presse, et je n’ai pas hésité un instant avant de me lancer dans cette lecture dès que j’ai vu le nom « Sherlock Holmes ». C’était pour moi ! Cependant, ce nom amène aussi une pointe de scepticisme : est-ce que l’ensemble sera réussi ? En effet, récupérer Holmes n’a jamais été une affaire aisée… Conan Doyle a laissé derrière lui un personnage si développé et profond qu’il n’est pas toujours évident de l’intégrer dans une fiction sans « trahir » l’âme de cette légende. Je ne pouvais donc pas décemment attendre plus longtemps avant de savoir si le pari était réussi. Déjà, j’ai beaucoup aimé le principe d’avoir pour héroïne une femme se faisant passer pour un homme afin de pouvoir pratiquer la médecine. Au XIXe, en effet, les femmes n’avaient pas accès à ce type de professions, donc cela change d’avoir, pour une fois, un personnage féminin dans une enquête. J’ai beaucoup apprécié l’intrigue de base qui s’avère tout de même assez complexe, ce qui est très bien puisque cela justifie l’intervention de Sherlock Holmes. Ce que j’ai trouvé le plus brillant dans Le diable de la Tamise, c’est de mettre face au célèbre détective une femme aussi intelligente que lui, avec le même instinct, la même finesse d’observation, sans oublier Watson, l’acolyte de Sherlock qui a déménagé pour vivre avec sa femme. Sherlock Holmes était donc seul, le docteur Kronberg ne connait même pas son existence car elle ne lit pas le Strand, journal dans lequel sont publiées les aventures du détective écrites par Watson. C’est donc un nouveau duo que l’on découvre dans ce roman, et j’avoue que j’aimerais bien le voir se reformer.

TAMISE

J’ai beaucoup apprécié ce roman car le personnage principal garde toujours une place plus importante que Sherlock Holmes, elle reste au centre du livre. Le détective est un personnage secondaire, ce qui permet aussi à l’auteure d’éviter les possibles écueils d’une telle reprise. L’enquête est passionnante, on se trouve dans un bon roman policier, avec ou sans Sherlock, d’ailleurs. Sa présence apporte un plus, et un plus qui n’est pas négligeable car Annelie Wendeberg le présente vraiment au summum de son charme. Je le trouve beaucoup plus proche du détective présenté dans la série Sherlock que dans les livres de Conan Doyle. Certes, la série était fidèle aux romans et aux nouvelles, mais Sherlock a beaucoup de charme quand il est incarné par Benedict Cumberbatch. Qui me contredira ? Et, dans ce roman, c’est lui que l’on retrouve. On se promène dans les tréfonds de Londres, le lecteur est emporté dans une véritable aventure au cœur de l’époque victorienne. Sans le ridiculiser, Annelie Wendeberg parvient à descendre Sherlock de son piédestal, à mettre en valeur ses petites faiblesses, elle le confronte à un personnage aussi fort que lui, et même plus courageux car le docteur cache un grand secret : son sexe. C’est ainsi à la fois un duo et une confrontation qui nous est proposé dans Le diable de la Tamise, une aventure jubilatoire que je recommande vivement.

TAMISE2

Ma note…

.

Merci aux Presses de la Cité pour cette lecture.

presse cité

#182 Avec tes yeux – Sire Cédric

Le résumé…

Thomas ne croit que ce qu’il voit, mais personne ne le croit…
Depuis quelque temps, Thomas fait des rêves atroces. D’épouvantables rêves qui le réveillent en sursaut et morcellent son sommeil qu’il a déjà fragile. Si ce n’était que ça ! Après une séance d’hypnose destinée à régler ses problèmes d’insomnie, il est en proie à des visions. Il se voit, à travers les yeux d’un autre, torturant une jeune femme… Persuadé qu’un meurtre est effectivement en train de se produire, il part à la recherche de la victime. Le cauchemar de Thomas ne fait que commencer.

Mon avis…

En grande admiratrice de Sire Cédric, je ne pouvais pas manquer son nouveau roman, Avec tes yeux. En fait, je l’ai commencé dès sa sortie et j’ai eu beaucoup de mal à trouver du temps pour la chronique, malheureusement. Mais me voilà, plus en forme que jamais, et avec d’excellents souvenirs de cette lecture… Au début, je partais avec une (toute petite) déception : l’absence d’Alexandre Vauvert et d’Eva Svärta. Pourtant, cet à-priori a vite disparu tant l’histoire m’a passionnée. Autant vous le dire tout de suite, ce livre est sûrement un des meilleurs de Sire Cédric. A aucun moment on ne s’attend à ce qui va suivre dans l’aventure de Thomas, et c’est bien ce qui fait le talent de l’auteur.

Le fantastique, dans ce livre, est plus discret que dans les autres, plus subtil. On est toujours sur le fil, entre soupçons d’un élément surnaturel et ancrage profond dans la réalité la plus obscure. En explorant les recoins de l’esprit humain, Sire Cédric abat toutes les limites du concevable, nous guide au plus profond de nos peurs, et nous y lâche brusquement, nous manipule comme de petites marionnettes jusqu’à la révélation finale… C’est un magnifique thriller que livre ici Sire Cédric à l’occasion d’une première publication chez les Presses de la Cité, un concentré de pure frisson que je recommande à tous ! Vos yeux ne pourront lâcher une seule seconde ces lignes aveuglantes de talent…

Afficher l'image d'origine

Ma note…

.

Merci aux Presses de la Cité pour cette lecture et à Sire Cédric pour sa gentillesse et son accessibilité. 

presse cité

#146 Les disparues du marais – Elly Griffiths

DISPARUESMARAIS1

Le résumé…

Ruth Galloway, professeur d’archéologie à l’université, vit seule dans un coin isolé du Norfolk, à la lisière d’une zone marécageuse, proche de la mer. Le jour où l’inspecteur Harry Nelson découvre un squelette dans les marais, il requiert son expertise. Alors qu’il espère avoir enfin retrouvé le corps de Lucy, une fillette disparue dix ans plus tôt, la chercheuse est catégorique : les ossements datent de l’âge du fer et sont très certainement ceux d’une jeune fille victime d’un sacrifice. Mais bientôt, une autre enfant disparaît et d’étranges lettres anonymes laissent à penser qu’il y a un lien entre cette dernière, Lucy, et la sacrifiée du marais. Ruth va être mêlée à l’enquête d’une façon bien plus intime qu’elle ne le soupçonnait…

Elly Griffiths

Elly Griffiths

Mon avis…

A la recherche d’un thriller capable de soulager mon envie de frissons… Les Presses de la Cité m’ont offert, avec ce service presse, le livre idéal. Je ne connaissais pas du tout cette auteure, mais j’ai pu constater qu’elle avait été lauréate du prix Mary-Higgins-Clark 2011, ce qui n’a pu que me rassurer. De plus, l’ambiance m’a séduite ne serait-ce qu’à la lecture du résumé, qui laisse se profiler un paysage marécageux désertique, inquiétant et imprévisible, bref : une ambiance sombre, idéale pour un bon thriller où la nature apporte sa part d’angoisse. Globalement, cette impression n’a pas été contredite, loin de là. En effet, l’atmosphère est très tendue et le mélange des pratiques archéologiques et policières est assez plaisant car original.

Pourtant, j’ai eu quelques doutes dès les premières pages… Vous allez me dire que « ce n’est qu’un détail », mais j’ai eu beaucoup de difficultés à adhérer au personnage principal, qui ne cessait de se plaindre de son poids : « je suis grosse » par-ci, « je suis grosse » par-là… Trop, c’est trop… Considération presque futile quand on se retrouve confrontée à des enlèvements d’enfants… Enfin, c’est surtout que j’aimerais dire STOP à l’idée selon laquelle faire une taille 44 signifie être obèse ! Il s’agit certes de quelque chose qui n’a à priori rien à voir avec l’intrigue, mais qui est en fait omniprésent dans le roman ! A la limite, il aurait été possible de faire de ce complexe un point fort ou d’en modifier la vision qu’en a le personnage à la fin de l’histoire, mais ce n’est pas le cas…

Bon, après ce petit coup de tête, je peux revenir à l’intrigue ! Les personnages, malgré tout, sont quand même assez attachants, tous assez mystérieux, si ce n’est Ruth ou Nelson qui sont un peu caricaturaux parfois. Le dénouement est assez peu prévisible, il y a beaucoup de rebondissements, de mystères. L’enquête est vivement menée, l’enjeu est grand puisqu’il s’agit d’enlèvements, et très probablement de meurtres, de petites filles. Ruth et Nelson se trouvent impliqués personnellement dans l’enquête, ce qui promet des retournements de situation assez surprenants pour le lecteur ! Je conseille ce thriller, qui est une lecture très agréable, bien qu’il ne s’agisse pas à proprement parler d’un « chef d’œuvre ». C’est un bon livre, qui transmet les émotions que l’on attend d’un bon livre policier !

DISPARUESMARAIS3 Holme-next-the-sea Seahenge

Holme next the sea, Norfolk

Ma note…

.

Merci aux Presses de la Cité pour cette lecture.

#57 Les héritières de Rome – Kate Quinn

Les héritières de Rome

Le résumé…

En l’an 69, en pleine guerre civile, Kate Quinn retrace le destin de quatre cousines, qui auront tout à jouer dans ce conflit, y compris leurs vies. Elégante et ambitieuse, Cornelia, l’aînée de la famille, incarne la parfaite épouse romaine. Lorsque l’empereur Galba choisit son mari pour héritier, elle se voit déjà impératrice. Sa soeur, Marcella, se passionne pour l’histoire et consacre ses journées à l’écriture. Lollia, leur cousine, se marie et se remarie au gré des valses du pouvoir, garantissant ainsi la sécurité des siens et s’assurant les faveurs des puissants. Sa petite soeur, Diana, n’a quant à elle d’yeux que pour les chevaux et les courses de chars. Mais un coup d’Etat meurtrier bouleverse leurs vies : Cornelia voit ses rêves brisés, tandis que Lollia devient la première dame de l’Empire ; Diana se renferme encore plus, au contraire de Marcella, qui se découvre un goût pour l’intrigue. Dorénavant, il n’est plus question pour elle d’observer l’histoire en marche, mais d’y participer, pour le meilleur et pour le pire. Mais, à la fin, il ne peut y avoir qu’un empereur… et une seule impératrice. Les quatre cousines l’apprendront à leurs dépens.

neron

Néron

Mon avis…

Ce livre est le premier de mon partenariat avec les Presses de la Cité, j’ai été tentée par sa couverture, son résumé, son côté historique… vraiment historique ! J’ai apprécié ce livre car j’ai vraiment appris des choses, et mieux compris le fonctionnement de la société des patriciens romains que j’avais déjà vu et revu pendant mes cours d’histoire à la fac, mais pas de manière aussi agréable ! Ce roman suit quatre cousines, toutes dans l’entourage de l’empereur, ou plutôt des empereurs qui s’enchaîneront cette année-là… On s’attache aux personnages et j’ai aimé la profondeur de chaque caractère. Les personnalités des filles évoluent en fonction du temps et des changements, on ne reste pas à distance d’elle, on les découvre et on les redécouvre. On comprend les sacrifices qu’il fallait faire à l’époque, les difficultés rencontrées, les complots, les intrigues, l’instabilité permanente…

courses de char colisee

Cependant, j’avoue ne pas avoir accroché à 100% à ce livre non plus ! Il y a tellement d’informations parfois et de personnages secondaires qu’on s’embrouille un peu… J’ai mis du temps à lire ce livre, non pas car je ne l’aimais pas mais parce que je ne me suis pas sentie réellement happée par l’histoire. J’ai apprécié l’écriture, les personnages des quatre cousines et de leurs compagnons, le point de vue adopté pour raconter de manière originale l’Histoire avec un grand H. On est dans un vrai péplum avec ses points positifs et négatifs. Pour bien tout comprendre, il faut parfois supporter de petits passages un peu plus longs, un peu plus fades, que les autres ! Mais heureusement, la narration est ponctuée de beaucoup de dialogues, ce qui donne un bon rythme, il y a exactement tout de ce qu’on attend d’un roman historique digne de ce nom !

Kate Quinn

Kate Quinn

Ma note…

.

Merci aux Presses de la Cité pour cette lecture.

presse cité


challenge az