#421 Les sorcières de Pendle – Stacey Halls

Le résumé…

Lancashire, Pendle, 1612.

À 17 ans, Fleetwood Shuttleworth est enceinte pour la quatrième fois. Mais après trois fausses couches, la maîtresse du domaine de Gawthorpe Hall n’a toujours pas donné d’héritier à son mari. Lorsqu’elle croise le chemin d’Alice Gray, une jeune sage-femme qui connaît parfaitement les plantes médicinales, Fleetwood voit en elle son dernier espoir.

Mais quand s’ouvre un immense procès pour sorcellerie à Pendle, tous les regards se tournent vers Alice, accusée comme tant d’autres femmes érudites, solitaires ou gênantes.

Alors que le ventre de Fleetwood continue de s’arrondir, la jeune fille n’a plus qu’une obsession pour sauver sa vie et celle de son bébé : innocenter Alice. Le temps presse et trois vies sont en jeu.

Être une femme est le plus grand risque qui soit.

Mon avis…

Je poursuis dans la thématique « sorcières » avec un roman de la rentrée littéraire de septembre 2020, Les Sorcières de Pendle de Stacey Halls. Je l’avais vite repéré, et j’attendais encore pour l’acheter, quand j’ai vu la chronique de Sorbet-Kiwi qui m’a confortée dans l’idée que, oui, je devais vite lire ce roman. Donc je me suis lancée. J’ai tout de suite accroché à l’intrigue. Fleetwood est une jeune fille qui, à seulement 17 ans, est enceinte pour la quatrième fois. Elle a survécu à trois fausses couches, et elle craint cette fois de perdre la vie, ainsi que celle de son enfant. Elle rencontre par hasard Alice Gray, qui se présente comme une sage-femme et, intuitivement, elle lui fait confiance et se repose entièrement sur elle. Jusqu’à ce qu’une liste de noms vienne tout perturber. Alice est en danger alors que le grand procès en sorcellerie de Pendle commence.

Nous connaissons tou.te.s les procès de Salem. Et bien, Pendle est la version britannique de Salem. Il s’agit donc d’un roman qui prend un cadre historique bien réel. Les personnages eux-mêmes ont existé, l’autrice reprend simplement leurs noms et leur destin respectif, et imagine simplement leur parcours à l’aune de sa propre sensibilité. J’ai trouvé le récit plutôt bien rythmé, et j’ai beaucoup apprécié les instants totalement féminins, qui m’évoquaient parfois l’excellent film Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma. L’autrice nous montre la difficulté d’être une femme à cette terrible époque des chasses aux sorcières, où rien n’était pardonné, et surtout pas la liberté, l’indépendance et l’intelligence.

— Combien d’enfants aimeriez-vous avoir ?
J’ai serré les bras autour de ma poitrine.
— Deux. Pour qu’ils ne soient jamais seuls comme je l’ai été.
— Un garçon et une fille ?
— Deux garçons. Je ne souhaite la vie de fille à personne.

C’est un roman sensible, qui se lit très bien, en particulier la seconde moitié, lorsque l’intrigue s’accélère un peu et que les enjeux se multiplient. J’ai beaucoup apprécié cette lecture. Pourtant, j’aurais quand même quelques petits bémols à émettre. Je crois que le principal repose vraiment dans l’aspect psychologique du livre. J’aurais beaucoup aimé que les personnalités de ces femmes soient plus approfondies et développées. J’avais envie d’en savoir plus sur elles, et je ne les ai pas trouvé assez complexes. Je trouve aussi que la violence de la chasse aux sorcières est finalement assez peu dépeinte et que Fleetwood, qui prend tout de même certains risques pour aider Alice, n’est finalement que peu inquiétée, ce qui me paraissait parfois un brin irréaliste. Mais j’ai bien compris que ce roman se veut aussi en quelque sorte optimiste, en mettant en avant l’idée de sororité, vraiment centrale. Les quelques bémols que je soulève peuvent finalement se résumer en un seul : j’aurais bien aimé en lire plus ! Donc est-ce vraiment un reproche ? Cette lecture a au moins l’avantage d’avoir laissé de la place à l’imagination, qui continue à fonctionner même lorsque la dernière page est tournée.

Carte d’identité du livre

Titre : Les Sorcières de Pendle
Autrice : Stacey Halls
Traductrice : Fabienne Gondrand
Éditeur : Michel Lafon
Date de parution : 24 septembre 2020

#351 Le Signal – Maxime Chattam

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Le résumé…

La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls.
Un havre de paix.
Du moins c’est ce qu’ils pensaient….
Meurtres sordides, conversations téléphoniques brouillées par des hurlements inhumains et puis ces vieilles rumeurs de sorcellerie et ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse leurs adolescents…
Comment le shérif dépassé va-t-il gérer cette situation inédite?
Ils ne le savent pas encore mais ça n’est que le début…

Avez-vous déjà eu vraiment peur en lisant un livre ?

 

Mon avis…

Aujourd’hui, je vous parle d’un livre qui a toute sa place à côté de votre citrouille sculptée et de vos toiles d’araignées factices… Halloween oblige, on a envie de se faire peur ! Et il n’est pas si facile de trouver LE livre qui nous fera frissonner… Et quand je dis « frissonner », je veux même dire plus : le roman qui nous fait avoir peur du noir, qui nous fait regarder tout autour de nous, vérifier que les portes sont bien fermées… rien que ça… Bref, de l’horreur ! Malgré mon exigence, j’ai trouvé mon compte avec Le Signal, qui distille l’angoisse avec beaucoup de subtilité, toujours au bon moment. Si l’on ne relève pas beaucoup d’originalité dans les éléments constitutifs du roman d’horreur, on est face à une valeur sûre. Maxime Chattam reprend clairement les incontournables du genre, et les maîtrise parfaitement. Même si l’on croit connaître les ressorts de ce genre de récits, on se fait quand même avoir, car l’auteur sait nous surprendre avec ces ingrédients pourtant simples.

Des apparitions de ce qui semble être des fantômes, des histoires de sorcières, des épouvantails qui prennent vie et veulent tuer les enfants, des créatures qui se dissimulent dans l’ombre, des êtres désarticulés… Tout y est, et pourtant ça ne fait pas trop ! C’était un pari risqué, et Chattam l’a fait. Cette histoire m’a personnellement fait penser à l’excellent roman de Peter James, The House on Cold Hill, que les lecteurs de VO devraient s’empresser de dévorer. Les amateurs de Stephen King apprécieront aussi ce roman qui rend hommage au maître du suspense… Quelques scènes, en effet, ne sont pas sans évoquer les livres du romancier américain. Méfiez-vous des voix qui sortent des canalisations… Bref, Maxime Chattam nous propose un texte foisonnant, qu’on pourrait lire d’une traite si la tentation de faire quelques pauses pour calmer l’imagination qui s’emballe n’était pas plus forte ! Donc, si vous voulez vous faire peur, plongez dans ce roman habile et bluffant, car Chattam ne nous épargne pas. Notre cœur n’est jamais à l’abri, voilà ce qui rend ce livre délicieux…

Carte d’identité du livre

Titre : Le Signal
Auteur : Maxime Chattam
Éditeur : Albin Michel
Date de parution : 24 octobre 2018

5 étoiles

creepy(1)

#332 Les heures rouges – Leni Zumas

heures

Le résumé…

États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l’être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l’aube de cette nouvelle ère. Ro, professeure célibataire de quarante-deux ans, tente de concevoir un enfant et d’écrire la biographie d’Eivør, exploratrice islandaise du XIXe. Des enfants, Susan en a, mais elle est lasse de sa vie de mère au foyer – de son renoncement à une carrière d’avocate, des jours qui passent et se ressemblent. Mattie, la meilleure élève de Ro, n’a pas peur de l’avenir : elle sera scientifique. Par curiosité, elle se laisse déshabiller à l’arrière d’une voiture… Et Gin. Gin la guérisseuse, Gin au passé meurtri, Gin la marginale à laquelle les hommes font un procès en sorcellerie parce qu’elle a voulu aider les femmes.

Mon avis…

Ce livre s’inscrit dans la lignée des romans de Margaret Atwood et de Maggie Nelson, entre autres, et le revendique. En effet, la proximité est palpable. Leni Zumas explore ici un futur bien sombre, en particulier pour les femmes, et surtout pour elles en réalité. Les personnages sont tous très différents et singuliers, pourtant ils se rejoignent tous à travers une chose : le genre féminin. Susan, Ro, Mattie, Gin… Elles subissent toutes les mêmes conditions, les mêmes règles et les mêmes contraintes. Mais elles se distinguent par leurs réactions variées. Si, au début, je n’ai pas complétement accroché à l’intrigue, car j’avais du mal à percevoir les personnalités de chacune. Mais, petit à petit, on comprend qu’aucune n’est prévisible. Ce sont des êtres de papier doués de leur propre volonté, qui sont en lutte contre un système qui cherche à les figer et les brider.

Après un certain nombre de pages, donc, j’ai enfin pu éprouver du plaisir à la lecture, me laisser aller aux lois de la complexité humaine que reproduit à la perfection l’autrice. C’est en fait quand chacune commence à prendre son destin en main, à sa façon, et à questionner le monde dans lequel elles vivent, que le récit devient plus intéressant. Là, on ressent l’envie de voir où les mènera leur lutte, ou au contraire l’absence de celle-ci. Car Leni Zumas décrit des combats féminins dans leur multiplicité, dans leur singularité. Aucun combat ne ressemble à un autre. Et c’est ce qui fait toute la beauté de ce roman. Tout en jouant avec des références au passé, comme les fameux procès de sorcellerie de Salem, l’autrice aborde notre futur avec clairvoyance et pertinence. Entre la femme au foyer que les pages désignent comme « l’épouse », la professeure et biographe qui désespère d’avoir un enfant, la jeune fille intelligente et promise à un grand avenir qui se retrouve malgré elle enceinte, et la guérisseuse qui ne cherche qu’à aider les femmes qui le lui demandent mais finit accusée d’être une sorcière, quel espace reste-t-il pour la liberté ? pour l’autodétermination ? pour l’individualité ? Et, in fine, les questions que soulève le roman, et auxquelles nous sommes invités à trouver une réponse, ce sont aussi : Quelle place pour LES femmeS dans le futur que nous construisons pour notre monde ? Enfin, pour quels droits voulons-nous, aujourd’hui, nous battre ? A méditer.

Carte d’identité du livre

Titre : Les heures rouges
Autrice : Leni Zumas
Traductrice : Anne Rabinovitch
Éditeur : Presses de la Cité
Date de parution : 16 août 2018

4 étoiles

presse cité  netgalley

Merci aux éditions Presses de la Cité et à NetGalley France pour cette lecture.

féminismeblog

challenge rl

Je lis, et je regarde aussi des séries !

Grande passionnée de séries télé, voici mes conseils, régulièrement actualisés en fonction de mes découvertes :

TWD

The Walking Dead
Une série pour ceux qui aiment les ambiances assez sombres et angoissantes, qui adorent les histoires un peu gores de zombies mais aussi les réflexions sur la nature humaine. A quoi doit se résoudre l’homme pour survivre dans un monde où toute société est purement et simplement annihilée ?
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salem
Salem
Enfin une vraie histoire de sorcières comme je les aime, bien sanglante et horrifique comme il faut, tout en restant délicate car les personnages principaux sont des femmes, ne l’oublions pas. Le scénario est vraiment parfaitement construit, tordu comme il faut, les protagonistes sont attachants et les rebondissements très nombreux !
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the strain
The Strain
Une adaptation d’un de mes livres préférés : La Lignée, de Guillermo del Toro et Chuck Hogan. Le célèbre réalisateur, qui a notamment créé Le labyrinthe de Pan, veille au grain pour que la série corresponde à l’idée qu’il s’en faisait. Déjà à la lecture du roman, l’adaptation était évidente. C’est une pure réussite, respectant l’esprit à 100%. Addictif !
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the 100
The 100
Cette série est déjà un sacré succès, surtout les jeunes ! En même temps, les personnages ont approximativement notre âge, sont très attachants, et le scénario est riche en surprise ! Mon coup de cœur ? Bellamy Blake, le bad boy au grand cœur (certes, il le cache bien au début). Les personnages sont d’une complexité très intéressante, chacun avec son petit caractère bien spécifique.
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got
Game of Thrones
Qui ne connait pas cette série déjà presque mythique ? Fan de la première heure, je ne peux pas rater un seul épisode, j’ai tout vu et je suis accro. Mais Game of Thrones, on aime ou on n’aime pas. Seulement, méfiez-vous de la première saison très cliché : beaucoup d’injures et de scènes nues MAIS cela devient moins fréquent par la suite, pour dérouler une véritable histoire surprenante ! Un conseil : ne vous attachez pas trop aux personnages.
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orphan black
Orphan Black
Découverte grâce à une amie, cette série m’était d’abord inconnue. Finalement, je l’ai beaucoup apprécié par son côté science-fiction et son originalité dans le scénario. Seul bémol : j’ai fini par m’en lasser car je suis plus tournée vers le fantastique et l’aventure, alors qu’on est plutôt ici dans une sorte de thriller ou de série d’action. Je conseille à ceux qui aiment les intrigues complexes, les thrillers psychologiques et l’incertitude constante.
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Pretty Little Liars
Une série plutôt connue chez les plus jeunes, assez plaisante au départ, on se prend facilement au jeu. Qui est A ? On ne cesse de se poser la question, mais c’est intéressant jusqu’à un certain point. Au bout d’un moment, on se dit que c’en est trop, il faut savoir s’arrêter ! Dommage car les premières saisons sont bien !
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big bang theory
The Big Bang Theory
On ne s’en lasse jamais ! L’idéal pour passer 20 minutes à rigoler comme une folle devant sa télé, les personnages sont très attachants, les répliques sont simplement cultissimes ! Aucun doute, une référence pour tout geek qui se respecte et pour tout fan de série qui s’assume 😉 Seul bémol : les rires automatiques, quelle horreur !
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greek
Greek
Voilà une petite série bien sympathique à regarder, qui ne casse pas trois pattes à un canard mais qui contentera les demoiselles qui rêvent d’histoires romantiques et sans prises de tête. Dans l’univers parfois dépravé des sororités et des fraternités américaines, il y a quand même une place pour l’amour.
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Gossip Girl
Comme Pretty Little Liars, une série assez agréable à regarder au début, on devient vite accro même si à priori ce n’est pas notre genre de série ! Mais au bout d’un certain temps, on se lasse. C’est comme tout : trop, c’est trop.
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supernatural
Supernatural
Là aussi, une série addictive avec deux beaux gosses, que demander de plus ? L’ambiance est sombre et un peu flippante parfois, juste comme il faut. Les intrigues sont super, chaque épisode est différent malgré la trame de fond qui reste passionnante. Une série à suivre du début à la fin, attention : il faut du temps !
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penny dreadful
Penny Dreadful
Voici un de mes coups de cœur ! Grande passionnée de l’époque victorienne et sériephile à fond, je n’ai pas pu résister en découvrant cette petite merveille. Retrouvez Frankenstein, Dracula ou Dorian Gray dans une seule et même série menée d’une main de maître par un casting exceptionnel ! Parfait !
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Sherlock
Sherlock
Que dire à propos d’une de mes séries préférées ? Avant de la regarder, j’avais un peu peur… Je craignais de ne pas retrouver l’esprit de Conan Doyle dans cette adaptation du célèbre détective au XXIème siècle, mais finalement : aucune série n’est mieux réussie que celle-ci ! A découvrir absolument !
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doctor who
Doctor Who
Mes saisons préférées sont celles avec David Tennant, mais l’ensemble est très agréable à regarder, très drôle et complètement farfelu ! Parfois, on se demande comment les scénaristes ont pu avoir des idées pareilles ! Je conseille vraiment cette série à ceux qui aiment l’humour anglais et son originalité !
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the librarians
The Librarians
Une série assez récente et plutôt prometteuse, mettant en scène les « bibliothécaires », surnommés ainsi bien qu’ils sont en réalité les gardiens d’artefacts magiques tels qu’Excalibur… Des aventures très sympa avec un humour proche de l’univers de Doctor Who, pas de prise de tête quand on aime la magie et l’action !
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merlin
Merlin
Voilà une série qui a aussi fait parler d’elle, et qui est tournée dans ma chère région : la Picardie, au château de Pierrefonds (si vous avez l’occasion, allez y faire un tour c’est vraiment magnifique). Le cadre de tournage est donc exceptionnel, les personnages très sympathiques, la série mêle humour et aventure, un cocktail efficace. Une série sans prise de tête !
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outlander
Outlander
Très connue également, Outlander est une série tirée de l’ensemble de livres du même nom. Les paysages dans lesquels se déroule l’action sont simplement merveilleux, les acteurs parfaits, j’adore l’accent écossais si charmant de Jamie, on finirait par fantasmer sur les jeunes hommes en kilt ! Historique, romantique et magique, bienvenue en Ecosse !
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true blood

True Blood
Une série de vampires plutôt pas mal, bien loin de la mode Twilight ! De l’action, de l’érotisme, de l’amour, il y a de tout dans cette création bien sympathique ! Quelques personnages cependant un peu exaspérants, tandis que d’autres sont adorables ou séduisants. Autant dire qu’il y en a pour tous les goûts 😉

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