#305 L’Echange – Rebecca Fleet

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Le résumé…

Quand Caroline et Francis reçoivent une offre pour échanger leur appartement de Leeds contre une maison en banlieue londonienne, ils sautent sur l’occasion de passer une semaine loin de chez eux, déterminés à recoller les morceaux de leur mariage. Mais une fois sur place, la maison leur paraît étonnamment vide et sinistre. Difficile d’imaginer que quelqu’un puisse y habiter.
Peu à peu, Caroline remarque des signes de vie, ou plutôt des signes de sa vie. Les fleurs dans la salle de bains, la musique dans le lecteur CD, tout cela peut paraître innocent aux yeux de son mari, mais pas aux siens. Manifestement, la personne chez qui ils logent connaît bien Caroline, ainsi que les secrets qu’elle aurait préféré garder enfouis.
Et à présent, cette personne se trouve chez elle…

Mon avis…

L’Echange est un thriller dont la base est très simple : un couple procède à un échange de maisons avec une personne qu’ils ne connaissent pas, par le biais d’un site internet. Oui, comme dans The Holiday, mais en moins romantique. Car, très vite, il apparaît que le rapport entre les deux parties est inégal. L’inconnu qui passe la semaine chez Caroline et Francis semble en savoir beaucoup sur eux. Beaucoup trop, même. La tension augmente au fil du récit, lorsque Caroline découvre des éléments très perturbants lui rappelant son passé, un passé qu’elle aurait aimé laisser derrière elle. Mais, en fait, tout est plus compliqué qu’il n’y paraît. En alternant le récit au présent de cette semaine de vacances avec les souvenirs de Caroline, mais aussi quelques instantanés des pensées de l’inconnu qui loge chez elle, Rebecca Fleet distille des indices, et ménage ainsi le suspense. Le roman en lui-même n’est pas un chef d’oeuvre, très honnêtement. C’est un thriller plaisant à lire, qui n’est pas sans rappeler d’autres romans à succès dans le même genre. Autrement dit, on repassera pour l’originalité. Mais il permet de passer un bon moment et, d’ailleurs, il joue bien son rôle de page-turner. Mais je n’ai personnellement pas ressenti l’effet waouh tant attendu. Ce ne sera pas le livre de l’année, en tout cas, mais il fait bien son job : nous tenir en haleine jusqu’au bout. Cela n’empêche pas une petite pointe de déception à la fin, on s’était attendu à mieux…

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En quelques mots…

un drôle d’invité
une lecture plaisante
sans prétention
simple et efficace
pas LE livre de l’année

Carte d’identité du livre

Titre : L’Echange
Autrice : Rebecca Fleet
Traductrice :  Cécile Ardilly
Éditeur : Robert Laffont
Date de parution : 07 juin 2018

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#304 Le Royaume des Deux-Mers – Gilbert Sinoué

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Le résumé…

– Voilà un moment que je t’observe. Tu es insensé. L’éternité à laquelle tu aspires, tu ne la trouveras jamais. Abandonne! Ta quête est vouée à l’échec.
– Non! Je refuse que mon corps redevienne poussière. Non! Je veux continuer à contempler la lumière, je veux encore m’enivrer des splendeurs de la vie! Je veux vivre!
Alors le vieux sage murmura :
– Très bien, je vais te révéler un secret. Il existe une plante. Une plante qui vit ici, au fond des eaux. Elle a des reflets argentés. Si l’on ne prend pas garde, elle écorche les mains comme fait la rose. Si tu parviens à la trouver, alors mange-la et tu obtiendras la vie éternelle.

Entre légende et vérité, Le Royaume des Deux-Mers est un fabuleux voyage initiatique qui nous transporte aux confins de l’une des plus anciennes civilisations du monde : Dilmoun. Dilmoun, le «pays où le soleil se lève», Dilmoun où, d’après la tradition sumérienne, résidait le seul survivant du Déluge. Dilmoun, le jardin d’Éden.

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Mon avis…

Avant de lire ce livre, je ne connaissais absolument pas Dilmoun, même de nom ! C’est pourtant celui d’une grande civilisation depuis longtemps disparue. Gilbert Sinoué nous emmène donc dans ces contrées lointaines – dans l’espace comme dans temps – dans ce qui est aujourd’hui Bahreïn. Tout en nous donnant des informations historiques sur cette civilisation, il nous fait le récit passionnant des épreuves que traverse Yakine, vers le XVIIIe siècle avant JC. Ce personnage est un médecin particulièrement sceptique. Il refuse d’adhérer aux croyances et aux superstitions de ses compatriotes. Pour lui, la médecine est au-dessus de cela. Mais, un jour, il est forcé de constater que ses talents scientifiques ne peuvent rien face à la maladie de sa femme. Son ami, Shakrumash, lui suggère progressivement, au fil des jours, de suivre les traces de Gilgamesh et de partir en quête de la vie éternelle pour sa bien-aimée. Mais Yakine est détesté des exorcistes de Dilmoun, car il remet en cause leur fond de commerce : les superstitions. Ils décident de s’en prendre à lui, mais aussi de renverser le royaume tout entier. Yakine se retrouve pris au milieu d’intrigues qui le dépassent avec, à l’esprit, une seule idée : celle de protéger sa famille.

Gilbert Sinoué mêle avec beaucoup de talent des éléments nous permettant de découvrir une époque lointaine, particulièrement méconnue, et une histoire absolument passionnante. On découvre en effet les pêcheurs de perles de Dilmoun, qui apportent la prospérité à la contrée. Le Royaume des Deux-Mers est un roman d’apprentissage, autant pour le lecteur que pour les personnages. J’ai eu, tout au long de cette lecture, le sentiment de parcourir un roman qui se trouvait à mi-chemin entre La Perle de Steinbeck et Le Périple de Baldassare d’Amin Maalouf. Certes, ces récits n’ont pas grand chose à voir, mais ils ont en commun de faire voyager leurs lecteurs et de les faire grandir intérieurement, tout en les divertissant. J’ai beaucoup aimé la variété de ce roman, qui oscille sans cesse entre réalité et légendes, comme c’est le propre de la fiction. A la fois roman historique, roman d’aventures, oeuvre spirituelle, Le Royaume des Deux-Mers est un texte très agréable à lire, prenant, dont on a envie de connaître la fin tout en savourant chaque phrase.

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En quelques mots…

une civilisation perdue
quête de l’éternité
entre légendes et réalité
à la croisée des genres
une belle découverte

Carte d’identité du livre

Titre : Le Royaume des Deux-Mers
Auteur : Gilbert Sinoué
Éditeur : Denoël
Date de parution : 03 mai 2018

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Un grand merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

#303 Un mariage anglais – Claire Fuller

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Le résumé…

Ingrid a 20 ans et des projets plein la tête quand elle rencontre Gil Coleman, professeur de littérature à l’université. Faisant fi de son âge et de sa réputation de don Juan, elle l’épouse et s’installe dans sa maison en bord de mer.
Quinze ans et deux enfants plus tard, Ingrid doit faire face aux absences répétées de Gil, devenu écrivain à succès. Un soir, elle décide d’écrire ce qu’elle n’arrive plus à lui dire, puis cache sa lettre dans un livre. Ainsi commence une correspondance à sens unique où elle dévoile la vérité sur leur mariage, jusqu’à cette dernière lettre rédigée quelques heures à peine avant qu’elle ne disparaisse sans laisser de trace.

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Mon avis…

Les mariages anglais sont de saison, en littérature aussi. Pourtant, rien à voir entre l’union d’Harry et Meghan et celle qui est relatée dans ce livre. Claire Fuller nous raconte ici la longue histoire d’un drame. Nan et Flora, les deux filles de Gil et Ingrid, sont bouleversées après l’accident de leur père. Il dit avoir vu leur mère, depuis la fenêtre de la librairie du village, sauf que celle-ci a été portée disparue depuis des années. On dit qu’elle s’est noyée en mer, elle qui était pourtant excellente nageuse. Flora refuse d’y croire. Le livre est partagé en deux trames romanesques. D’une part, il y a l’histoire de ces deux filles, qui doivent prendre soin de leur père atteint par des lubies de plus en plus étrange, bouleversé par sa rencontre avec le fantôme de son épouse. D’autre part, il y a celle d’Ingrid, la mère, qui raconte, dans des lettres qu’elle destine à Gil et cache dans les livres qu’il entasse dans leur maison, son coup de foudre puis son mariage avec lui, son professeur de littérature.

Claire Fuller nous raconte ici une histoire d’amour à la fois exceptionnelle et banale, comme toutes les romances, finalement. Elle en dessine les balbutiements, le paroxysme, la perfection, la passion, puis le déclin, les déceptions… Elle fait le portrait d’une femme déterminée, qui avait décidé de ne pas se laisser enfermer dans une vie dont elle ne voulait pas. Elle voulait faire des études, voyager, ne pas se marier ou avoir d’enfants (du moins, pas trop vite), avoir la liberté des hommes, être libérée du destin que l’on réservait à la plupart des femmes. Et pourtant, son histoire d’amour, sensuelle et romantique, avec son professeur de littérature, va la mener dans un mariage comme on en fait des centaines, un mariage anglais, tout ce qu’il y a de plus banal. Pourtant, malgré la « normalité » de ce qui est raconté, Claire Fuller nous fait ressentir la singularité des personnages, leur profondeur. Le récit est traversé de long en large par les multiples références littéraires. Le suspense n’est pas absent, malgré quelques longueurs. Le rythme du livre représente exactement la vie de ses personnages, une vie comme on pourrait en vivre, nous aussi.

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En quelques mots…

de la naissance au déclin de l’amour
traversé par la littérature
passionnant et bien écrit
l’histoire d’une femme
quelques petites longueurs
réalisme psychologique

Carte d’identité du livre

Titre : Un mariage anglais
Autrice : Claire Fuller
Traductrice : Mathilde Bach
Éditeur : Stock
Date de parution : 02 mai 2018

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#302 Le Labyrinthe des Esprits – Carlos Ruiz Zafón

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Le résumé…

Dans la Barcelone franquiste des années de plomb, la disparition d’un ministre déchaîne une cascade d’assassinats, de représailles et de mystères. Mais pour contre la censure, la propagande et la terreur, la jeune Alicia Gris, tout droit sortie des entrailles de ce régime nauséabond, est habile à se jouer des miroirs et des masques.
Son enquête l’amène à croiser la route du libraire Daniel Sempere. Il n’est plus ce petit garçon qui trouva un jour dans les travées du Cimetière des Livres oubliés l’ouvrage qui allait changer sa vie, mais un adulte au cœur empli de tristesse et de colère. Le silence qui entoure la mort de sa mère a ouvert dans son âme un abîme dont ni son épouse Bea, ni son jeune fils Julián, ne son fidèle compagnon Fermín ne parviennent à le tirer.
En compagnie d’Alicia, tous les membres du clan Sempere affrontent la vérité sur l’histoire secrète de leur famille et, quel qu’en soit le prix à payer, voguent vers l’accomplissement de leur destin.
Érudition, maîtrise et profondeur sont la marque de ce roman qui gronde de passions, d’intrigues et d’aventures. Un formidable hommage à la littérature.

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Mon avis…

Il y a de ces livres que l’on aime avant même de les avoir ouverts. Le Labyrinthe des Esprits en fait partie pour moi. Pour quelle raison ? Car il s’agit du quatrième volume de la série du Cimetière des Livres Oubliés de Carlos Ruiz Zafón. Première chose à rappeler : ces livres, même s’ils appartiennent à une même saga et explorent globalement les vies des mêmes personnages, peuvent se lire dans le désordre. Donc rien ne vous oblige à commencer par L’Ombre du Vent, le premier tome, même si – évidemment – c’est préférable. L’auteur a conçu sa série pour qu’elle soit un labyrinthe à plusieurs entrées. Donc à vous de faire votre propre expérience ! Ce dernier roman en date, très attendu, nous replonge dans l’atmosphère envoûtante et inquiétante qui nous a séduit dans les précédents tomes. On retrouve avec plaisir et impatience la Barcelone sombre et mystérieuse que Carlos Ruiz Zafón sait si bien peindre. Cette fois, on découvre de nouveaux personnages, et en particulier Alicia Gris, une femme d’une beauté froide, brisée par de multiples aspects et pourtant si vivante. Le talent de l’auteur pour construire des psychologies complexes est toujours là, évidemment. C’est encore un personnage attachant et puissant qu’il nous fait découvrir, aux côtés d’autres tout aussi investis d’âmes : Mauricio Valls, Fernandito, Vargas…

Le roman est un véritable trésor de mises en abymes et d’intrigues entrelacées… Le lecteur est plongé dans véritable jeu de pistes sans fin. Le livre refermé, il ne nous reste plus qu’à (re)lire les autres tomes du Cimetière des Livres Oubliés pour les (re)découvrir. J’ai éprouvé tellement de plaisir à retrouver les personnages des précédents romans, en particulier Fermin, qui se caractérise par sa verve et ses bons mots. Car, oui, les livres de Carlos Ruiz Zafón sont aussi des textes qu’il faut lire quand on aime les livres et la littérature ! Ils sont tout simplement jouissifs sur un plan littéraire. De belles phrases, de belles tournures… Son traducteur français habituel, François Maspero, est mort avant d’avoir pu se charger de ce roman. L’auteur lui rend un magnifique hommage, montrant l’importance souvent oubliée des traducteurs, qui retranscrivent pour nous, pour notre plaisir, des œuvres magnifiques. Maria Vila Casas, qui a traduit Le Labyrinthe des Esprits, a rélevé le défi très compliqué de rendre compte de la prose magique de Carlos Ruiz Zafón. Et je l’en remercie. Car, grâce à son talent, j’ai pu passer un de mes meilleurs moments de lecture de l’année.. et de ma vie !

Le coup de cœur pour les romans de Carlos Ruiz Zafón est dangereux pour le lecteur, car il marque le début d’une addiction. Et, surtout, vous chercherez à trouver des équivalents, à revivre des lectures semblables, tout aussi riches… Je n’ai pas encore réussi à retrouver les émotions que m’a fait ressentir cet auteur dans d’autres livres… si ce n’est les siens ! Et je me prends, parfois, à relire L’Ombre du Vent, Marina, Le Prince de la Brume, Le Jeu de l’Ange, et les autres… A chaque fois, je découvre de nouvelles choses. Le Labyrinthe des Esprits n’y fera pas exception, d’autant qu’il éclaire d’un nouveau jour ces mêmes textes que je viens d’évoquer. J’ai vécu une aventure exceptionnelle dans cette lecture. Les romans de Carlos Ruiz Zafón, ce dernier compris, regroupent différents genres littéraires, ils sont inclassables. Ils évoquent la société espagnole, mais ce sont de véritables livres d’aventure, avec une pointe de fantastique, d’horreur parfois, avec toujours une enquête qui nous plonge dans un suspense insoutenable, des histoires d’amour, d’amitié, de haine aussi, avec des personnages complexes, qui ne sont pas juste blancs ou noirs. L’auteur comprend et peint à la perfection les différentes facettes de l’être humain, des plus obscures aux plus lumineuses. L’ensemble est poétique, émouvant, frappant, haletant. Et, cela, toujours avec des livres, une multitude de livres.

Franco quittant la cathédrale de Barcelone

En quelques mots…

aventure(s) livresque(s)
on aimerait ne jamais le finir
labyrinthique
riche et foisonnant
à lire, relire et faire lire

Carte d’identité du livre

Titre : Le Labyrinthe des Esprits
Auteur : Carlos Ruiz Zafón
Traductrice : Maria Vila Casas
Éditeur : Actes Sud
Date de parution : 02 mai 2018

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Coup de cœur, évidemment

 

#294 Le Manuscrit inachevé – Franck Thilliez

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Le résumé…

Aux alentours de Grenoble, une voiture finit sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans le coffre, le corps d’une femme. À la station-service où a été vu le conducteur pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme n’est pas le propriétaire du véhicule.

Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. Sa vie ? Un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L’Inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale, et le traumatisme de l’enlèvement de sa fille Sarah. L’agression soudaine de son mari va faire resurgir le pire des quatre dernières années écoulées.

Dans le vent, le sable et le brouillard, une question parmi d’autres se pose : vers qui, vers quoi se tourner, quand l’unique vérité est que tout vous devient étranger ?

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Mon avis…

Le Manuscrit inachevé est le tout dernier roman de Franck Thilliez. Autant dire qu’il était très très attendu ! Une fois que je l’ai eu entre les mains, je l’ai littéralement dévoré. Il s’agit, pour moi, d’un des meilleurs livres de Franck Thilliez. C’est un one-shot, ou roman indépendant. Du début à la fin, le lecteur est donc plongé dans une atmosphère nouvelle et inédite, accompagné de personnages inconnus et suscitant de nombreuses interrogations. Dans ce roman, la mémoire faillit, les esprits doutent, les hypothèses se croisent et s’entremêlent, les discours se contredisent et les secrets se façonnent… Franck Thilliez nous montre plusieurs façons de mener l’enquête : celle du personnage principal Léane l’autrice de thrillers, celle de Vic et Vadim, deux enquêteurs du sud de la France, et celle de Colin, un flic berckois. C’est un livre riche en points de vue, en rebondissements, en retournements de situation… Le tout est construit sur la base d’une mise en abyme : ce n’est pas « vraiment » le livre de Franck Thilliez que nous lisons mais celui d’un certain Caleb Traskman, racontant lui-même l’histoire d’Enaël Miraure, nom de plume de Léane, qui a écrit un livre intitulé… Le Manuscrit inachevé ! En bref, un récit machiavélique et complexe, à la manière d’un jeu de piste pour les personnages comme pour le lecteur. Tant de questions se bousculent dans notre esprit, et le suspense reste entier jusqu’au bout. Franck Thilliez nous propose de mener l’enquête à notre tour, en semant une multitude d’indices et de références, dans un roman participatif absolument labyrinthique comme l’on en fait rarement ! La lecture est active, elle devient un véritable jeu ! Nous voici acteurs du Manuscrit inachevé. A nous d’en écrire la fin ?

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Coup de cœur

#284 Les Retournants – Michel Moatti

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Le résumé…

Août 1918. Vasseur et Jansen ont décidé de fuir. Quitter le front de la Somme et ne pas mourir dans les derniers assauts de cette guerre qui n’en finit plus. Alors qu’ils s’éloignent des tranchées sous de fausses identités, les deux lieutenants scellent leurs destins.
Ils se connaissent mal, mais Jansen comprend très vite que son complice est un psychopathe prenant un plaisir insupportable aux crimes qu’ils doivent commettre.
Ils trouvent refuge au domaine d’Ansennes, une étrange propriété à l’abri de la guerre et du monde. Là vivent un vieil industriel ruiné, sa fille Mathilde, poitrinaire et somnambule, et la très secrète Nelly Voyelle, leur domestique.
Mais déjà, François Delestre, dit “le Chien de sang”, un capitaine de gendarmerie traqueur de déserteurs, est sur la piste des deux hommes. Comme les limiers de chasse au flair infaillible, il a la réputation de ne jamais lâcher sa proie…

Mon avis…

Retour aux origines du blog, aujourd’hui… Il y a un peu plus de quatre ans, j’écrivais cette chronique sur Retour à Whitechapel de Michel Moatti. Aujourd’hui, découverte des Retournants du même auteur. Ce roman se déroule vers la fin de la guerre 14-18. Cette fin, justement, tout le monde en rêve. Mais certains n’y croient plus. Deux soldats, Vasseur et Jansen, en ont marre d’attendre et de risquer leur peau… Alors, ils décident de partir, de quitter le front… de déserter, tout simplement. Oui mais voilà, Jansen va vite se rendre compte que son compagnon, Vasseur, est un homme froid et cruel, presque un psychopathe. Traqués, ils parcourent la région de la Somme et finissent leur route dans une sombre maison entourés de personnages étranges… Donc, a priori, un scénario assez prometteur, plein de tension, avec une touche historique. Honnêtement, c’est un roman très agréable à lire que celui-ci. Michel Moatti a un style fluide qui nous accroche facilement. Pour autant, c’est une légère déception car, malheureusement, le résultat n’est pas à la hauteur des attentes… Il y avait pourtant du potentiel. C’est quand même un bon livre, idéal pour une lecture détente, sans prise de tête. Mais il ne faut pas s’attendre à un roman aussi complexe qu’Au revoir là-haut, par exemple. Si vous souhaitez néanmoins un bon roman à suspense pour lire au lit un dimanche, allez-y.

#274 Les loyautés – Delphine de Vigan

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Le résumé…

«  Chacun de nous abrite-t-il quelque chose d’innommable susceptible de se révéler un jour, comme une encre sale, antipathique, se révélerait sous la chaleur de la flamme ? Chacun de nous dissimule-t-il en lui-même ce démon silencieux capable de mener, pendant des années, une existence de dupe ? »

Mon avis…

Delphine de Vigan a sorti son nouveau roman, Les Loyautés. Assez différent de son précédent livre – D’après une histoire vraie – que j’avais adoré, il s’agit d’une histoire qui explore la thématique du secret, de la dérive lente et sournoise de la dépression chez l’enfant. De Vigan opte pour le point de vue d’une enseignante, confrontée à la détresse, qu’elle devine plus qu’elle ne voit, d’un jeune garçon. Celui-ci doit s’occuper de son père dépressif et suicidaire depuis son divorce, inversant ainsi les rapports parents-enfants, tandis que la mère ne veut pas entendre parler de son ex-mari, et donc ignore tout du poids qui repose sur les épaules de son fils. Bref, Delphine de Vigan nous peint un environnement dégradé et dangereux, dans lequel grandir sainement et s’épanouir est impossible. L’enseignante, elle, sent tout cela, mais personne ne la croit. Le garçon ne lui dit rien, ne cherche pas son aide. Et la question que l’on se pose, dans ce roman, c’est tout simplement : Quand ces deux êtres, faits pour se soutenir et s’accompagner, vont-ils se retrouver ? Mais aussi, le feront-ils à temps ? Ou encore, qui est le plus égaré des deux ? C’est un véritable tableau social auquel se livre ici Delphine de Vigan, en montrant la misère psychologique que peut rencontrer l’être humain. C’est aussi un récit bouleversant qui fait réfléchir, nous pousse à nous interroger, à nous ouvrir un peu plus au monde. C’est un roman qui parle de la société telle qu’on la connaît, telle qu’on l’ignore aussi parfois.

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#242 La main de la nuit – Susan Hill

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Le résumé…

« C’est alors que je sentis une petite main se glisser dans ma main droite, comme si un enfant s’était matérialisé à côté de moi dans l’obscurité pour s’en saisir. Elle était fraîche et ses doigts se replièrent avec confiance dans ma paume. Nous restâmes ainsi pendant un moment, ma main d’homme serrant la toute petite main. Mais l’enfant était invisible… »

Adam Snow, un libraire de livres anciens se perd dans la campagne anglaise et se retrouve dans le jardin d’une propriété qui semble abandonnée. Là, il ressent cette présence, menaçante… Roman fantastique, histoire de fantômes… Un conte dans la veine de La Dame en noir, un classique de la littérature anglaise.

 

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Mon avis…

Susan Hill est assez connue pour La dame en noir (chronique ici), roman d’épouvante adapté au cinéma avec Daniel Radcliffe dans le rôle principal. Mais elle est l’auteure de nombreuses œuvres, toutes plus ou moins dans ce même genre, et La main de la nuit en fait partie. J’avais vraiment envie de lire un autre roman d’elle, car j’avais aimé La dame en noir. Susan Hill écrit des romans un peu vintage, des classiques du genre, avec ce qu’il faut de mystère et de frisson. On retrouve la touche inquiétante qui rendait La dame en noir passionnant. A la lecture, on regarde un peu autour de nous, on sent une présence inquiétante, tout comme le narrateur. Le lecteur est baigné dans le suspense et le surnaturel.

Pourtant, j’avoue avoir été un peu déçue, car j’avais peut-être de trop grandes attentes. Je n’ai pas autant frissonné que je l’aurais souhaité. On lit généralement ce genre de romans pour se faire une belle frousse, mais ce n’est pas ce que j’ai ressenti. Certes, le mystère était présent, l’atmosphère inquiétante aussi, mais rien d’aussi terrifiant que La dame en noir. Le livre souffre en effet de beaucoup de longueurs, provoquant parfois tout sauf l’effet escompté, et donc plutôt de l’ennui… Ce qui est dommage, vous en conviendrez ! Finalement, l’ensemble perd de son efficacité. Les moments vraiment forts, avec un bon potentiel d’horreur, se révèlent noyés dans des périodes de lecture inintéressante. Parfois, le personnage principal réfléchit trop, se questionne trop, laisse passer trop de temps avant de se décider à résoudre le mystère. Cela rend le roman incohérent. L’horreur de la situation devrait le pousser à chercher la solution, à vouloir s’en sortir, mais il passe finalement plus de temps à attendre que ça passe…

Pour conclure, je dois avouer que, malgré mes attentes – et sûrement à cause d’elles –, j’ai été assez déçue par cette lecture. Même si j’ai retrouvé le style de Susan Hill, j’ai trouvé qu’elle n’exploitait pas suffisamment le potentiel horrifique de cette histoire. L’effet terrifiant attendu est annulé par le nombre trop important de longueurs, de réflexions sans fin… L’ensemble devient un peu superficiel et le roman perd un peu du réalisme qui contribue à provoquer des frissons. On ne croit plus trop à ce que nous raconte Susan Hill, bien que l’on sente l’intention première de nous faire peur.

 

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#32 Lune d’argent – Chantal Parduyns

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Le résumé…

Une nuit sans lune au-dessus d’une carrière abandonnée.

Des lueurs fantomatiques dans les arbres.

Le Mal a pris possession de ce havre de paix.

Anne habite là tout près. Elle devient l’instrument du Bien dans un univers d’une violence extrême.

Ames jeunes et/ou sensibles s’abstenir !

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Mon avis…

Cette lecture m’a été envoyée par les éditions Chloé des Lys… Après « Un mois » de Laurent Dumortier, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, sachant que les publications peuvent être particulières puisque les auteurs ont beaucoup de liberté (ce qui est une très bonne chose). Alors le « Ames jeunes et/ou sensibles s’abstenir ! » m’a perturbé… Surtout que je suis jeune (et oui je n’ai que 20 ans) et très sensible ! Alors je vous donnerais un avis honnête, très personnel, qui sera reflété par ma note… Je me suis efforcée d’être la plus juste possible, tout en respectant ma personnalité, mes goûts et mes ressentis. Voici donc ce que j’ai pensé de ce livre…

Illustration du "suspense" par Arthur Goodman

Illustration du « suspense » par Arthur Goodman

Une première chose : j’ai trouvé cette histoire et le scénario en lui-même très bien écrits ! Le style est plaisant, colle bien à chaque personnage et à chaque point de vue, comme à toutes les situations. Il y a une intrigue vraiment forte, plutôt complexe au départ : beaucoup de personnages, on ne sait pas trop ce qui les lie. Il y a du fantastique, du « policier », du thriller, quelques scènes plutôt violentes… L’univers du livre est très particulier, très sombre, très tendu… Au début, on regarde un peu autour de soi pour vérifier qu’il n’y ai pas de fantômes (et oui, il y a une histoire de spectres) ni de psychopathe ! Et j’ai beaucoup aimé ces parties du récit enveloppées de tension palpable… Par contre, mon hypersensibilité m’a valu quelques moments de malaise très forts en lisant certains passages vraiment trash.

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Au-delà d’une enquête sur des meurtres, du côté fantastique, du voisin bizarre soupçonné d’être un psychopathe par l’héroïne mais qui se révèle finalement plutôt gentil, des intrigues, du suspense et de la tension… il y a des histoires de prostitution et de viol. Et là, je comprends la mention « Ames jeunes et/ou sensibles s’abstenir ! » car, bien que les trois quarts du livre reste à un niveau raisonnable sur l’échelle de la violence, certaines scènes sont presque à vomir et j’ai eu du mal… Donc c’est surtout pour ça que ma note va chuter, car je n’ai personnellement plus réussi à vraiment apprécier le roman à partir du moment où j’avais passé cette partie… j’étais toujours dans la peur de me retrouver face à une autre scène de ce genre ! Mais j’ai malgré tout beaucoup aimé le reste et je comprends la nécessité de la présence de ce passage, qui est important dans le processus de réflexion du lecteur concernant la résolution de l’intrigue.

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Mais voilà, je préviens mes lectrices et mes lecteurs les plus sensibles : passez votre chemin, ou passez les pages… Pour ceux à qui ça ne fait pas peur, c’est quand même un bon livre avec de vraies qualités littéraires !

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Ma note…

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Merci aux éditions Chloé des Lys pour cette lecture.

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