#250 La Maison des Epreuves – Jason Hrivnak

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Le résumé…

Après le suicide de son amie d’enfance, un homme entreprend de poursuivre le carnet dans lequel ils avaient ensemble construit un monde imaginaire et terrible. À la fois lettre d’amour, tentative de rédemption et manuel de survie à nos pulsions autodestructrices, La Maison des Épreuves est un rêve fiévreux à ranger aux côtés de La Foire aux atrocités de J. G. Ballard et de La Maison des feuilles de Mark Z. Danielewski.

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Jason Hrivnak

Mon avis…

Je trouve presque toujours quelque chose pour rattraper un livre que j’ai moyennement aimé… Souvent, je me dis simplement que l’écriture n’était pas faite pour moi. C’est peut-être le cas ici, je ne sais pas trop. La Maison des épreuves est un roman qui, a priori, aurait pu me plaire, si l’on se fie au résumé, aux premières pages… Mais, malgré l’acharnement qui m’a permis de finir ce livre, je dois dire que je n’ai pas aimé. Peut-être parce qu’il ne se passe pas vraiment grand chose, bien que cela ne me dérange pas toujours habituellement. Peut-être à cause de l’effet liste numérotée, jeu de rôle, qui fait partie (trop) intégrante du roman. En fait, je ne saurais même pas dire si c’est vraiment un roman ? Je dirais plus que c’est un exercice de style… Du coup, loin d’être passionnant pour moi.

La Maison des épreuves est typiquement le genre de livres pour lequel je ne sais pas trop quoi dire… J’aimerais trouver quelque chose pour le “sauver” dans mon esprit, mais rien n’y fait. Même quand je n’aime pas, je parviens souvent à voir à quels lecteurs tel ou tel livre pourrait plaire… ce qui n’est pas le cas non plus ici. Alors que faire ? A part vous dire que, si la curiosité est plus forte que tout, allez-y, laissez-vous tenter… qu’avez-vous à perdre à part quelques euros et quelques heures ? Bon, j’imagine que je ne dois pas vous donner envie… Mais les goûts et les couleurs ne se discutent pas, je n’ai pas du tout aimé et ne trouve rien à sauver dans ce livre… Ce sera peut-être différent pour vous ! Alors, si vous l’avez lu, n’hésitez pas à me dire pourquoi vous avez aimé (ou non).

#249 Les Mémoires d’un chat – Hiro Arikawa

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Coup de coeur

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Le résumé…

Un chat de gouttière au franc-parler et rompu au langage des humains a pris ses quartiers dans le parking d’un immeuble de Tokyo. Pour rien au monde il ne troquerait sa liberté contre le confort d’un foyer. Mais le jour où une voiture le percute, il est contraint d’accepter l’aide de Satoru, un locataire de l’immeuble, qui le soigne, lui attribue un nom – Nana – et lui offre la perspective d’une cohabitation durable. Cinq ans plus tard, des circonstances imprévues obligent Satoru à se séparer de Nana. Anxieux de lui trouver un bon maître, il se tourne vers d’anciens camarades d’études, disséminés aux quatre coins du Japon. Commence alors pour les deux compères une série de voyages et de retrouvailles qui sont pour Nana autant d’occasions de découvrir le passé de Satoru et de nous révéler – à sa manière féline – maints aspects de la société japonaise. Prenant et surprenant, profond et plein d’humour, Les Mémoires d’un chat est un beau roman sur l’adoption, l’amitié, et la force des liens qui unissent l’homme et l’animal.

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Hiro Arikawa

Mon avis…

Les Mémoires d’un chat est un livre sorti au mois de juin 2017. Très vite, une de mes professeurs m’a envoyé un mail en me le conseillant. Sans trop d’hésitation, je me suis donc lancée bien que les chats ne soient pas du tout mon animal préféré. Mais j’y ai pourtant retrouvé exactement ce qui m’a toujours amusée chez les chats : leur côté hautain… Souvenez-vous, un chat n’a pas de maitre… on habite chez son chat ! J’ai donc beaucoup ri avec la façon de parler très ironique de ce chat, qui est plein de distance et de malice. En elle-même, l’histoire se dévoile progressivement et est de plus en plus touchante. Plus on avance dans le livre, plus on apprécie. Au début, j’avais un peu de mal à entrer dans le récit mais, très vite, après deux ou trois chapitres, je ne pouvais plus le lâcher. J’ai vraiment été émue par cette histoire très riche en émotions sans être pour autant trop pleine de bons sentiments. Le chat, avec son regard critique et tendre à la fois, donne de l’originalité au récit en assurant une bonne partie de la narration.

C’est un très beau récit, qui dit beaucoup sur le lien étroit et particulier qui unit l’homme et l’animal. Il ne s’agit pas d’un rapport de possession, de propriété. L’un n’est pas au dessus de l’autre. Hiro Arikawa raconte une véritable amitié, presque une histoire d’amour, entre deux êtres que tout oppose mais que, finalement, tout rapproche. Les amoureux des chats comme ceux qui ne le sont pas spécialement trouveront dans ce livre de quoi se divertir tout en se procurant une bonne dose de saines émotions. C’est une histoire émouvante et drôle, passionnante et passionnée, qui ne devrait surtout pas passer inaperçu dans les rayonnages de nos librairies !

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Photo par Juliette S. Ne pas utiliser sans autorisation.

#248 La Tresse – Laetitia Colombani

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Coup de coeur 

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Le résumé…

Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

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Mon avis…

Il est parfois bien plus difficile de trouver les mots justes pour parler d’un livre que l’on a particulièrement aimé, plutôt que d’un livre que l’on a seulement et simplement apprécié… Il est délicat de parvenir à évoquer les sensations qu’un ouvrage a pu provoquer en nous, à en donner une image représentative, à susciter une envie, celle de la découverte, et une pensée : “moi aussi, je vais tenter l’expérience”. Il y a, une fois sur quelques dizaines de lecture, un coup de cœur. La tresse en fait partie. C’est le genre de livres qui nouent sa trame autour de votre cœur. Au début, il peut sembler juste sympathique, puis tout doucement sa profondeur s’impose. Il explore des destins de femmes, d’êtres sur qui, soudainement, un poids s’abat. Le temps des choix est arrivé. Réduire ce livre à des anecdotes féministes, à un simple entremêlement de récits à message, serait une erreur. La tresse est une œuvre qui délicatement plante ses racines dans l’esprit de son lecteur. Une petite graine, puis les branches se déploient et s’imposent. Ces trois moments de vies, progressivement liés, portent à la fois en eux la singularité de ces femmes et leur potentiel à dire quelque chose de l’Humanité.

Comme beaucoup de lecteurs, j’ai entendu énormément de bien de ce livre. A coup sûr, il ne pouvait s’agir que d’un moment de lecture agréable. Mais ce livre laissera-t-il une trace durable dans la mémoire ? J’imagine que oui. Car, depuis que je l’ai lu, j’y pense déjà avec nostalgie. L’auteure m’a réellement embarquée dans son oeuvre, m’a fait voyager par l’esprit, alors que mon corps lui-même s’émouvait. C’est une histoire simple, mais d’une belle simplicité, pas celle de la facilité. C’est un roman sur la vie de trois êtres, qui pourraient être vous ou moi. Et ces trois femmes, à trois endroits différents de la Terre, prennent leur vie en main, ou au contraire perdent tout le contrôle qu’elles pensaient avoir sur elle. Pour bouleverser sa vie, il faut un déclic, et ce roman raconte l’histoire de ce déclic. Sur fond de souffrances de femmes, la joie et l’espoir s’insinuent, cherchent à reprendre le dessus sur le malheur. La tresse, c’est un message d’espérance, un beau livre sur la vie, les femmes, la volonté, le dépassement de soi… Un chef d’œuvre.

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P-to-P, à venir : Au revoir là-haut

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Sortie le 25 octobre 2017

Réalisateur : Albert Dupontel

Casting : Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Niels Arestrup, Emilie Dequenne, Mélanie Thierry…

D’après l’oeuvre de Pierre Lemaitre

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SYNOPSIS

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire…

La bande-annonce, c’est ici !

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Résumé du livre… 

Rescapés du chaos de la Grande Guerre, Albert et Edouard comprennent rapidement que le pays ne veut plus d’eux. Malheur aux vainqueurs ! La France glorifie ses morts et oublie les survivants. Albert, employé modeste et timoré, a tout perdu. Edouard, artiste flamboyant devenu une « gueule cassée », est écrasé par son histoire familiale. Désarmés et abandonnés après le carnage, tous deux sont condamnés à l’exclusion. Refusant de céder à l’amertume ou au découragement, ils vont, ensemble, imaginer une arnaque d’une audace inouïe qui mettra le pays tout entier en effervescence… Et élever le sacrilège et le blasphème au rang des beaux-arts. Bien au delà de la vengeance et de la revanche de deux hommes détruits par une guerre vaine et barbare, ce roman est l’histoire caustique et tragique d’un défi à la société, à l’Etat, à la famille, à la morale patriotique, responsables de leur enfer. Dans la France traumatisée de l’après guerre qui compte son million et demi de morts, ces deux survivants du brasier se lancent dans une escroquerie d’envergure nationale d’un cynisme absolu. De Robe de marié à Sacrifices, cinq romans noirs, couronnés par de nombreux prix, ont valu à Pierre Lemaitre un succès critique et public exceptionnel.

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Chronique d’Au revoir là-haut, roman de Pierre Lemaitre. 

Extrait de la chronique :

« Pierre Lemaitre peint ici le portrait de deux soldats, tous droits sortis de son imagination et pourtant terriblement réalistes. Albert et Edouard bondissent des pages, s’animent. Ils ne sont pas noyés sous les mots, au contraire, chaque lettre leur donne du relief, de la profondeur aussi. J’ai été très touchée par ces deux personnages, et derrière eux par tous ces hommes revenus blessés de la guerre, les « gueules cassées » comme on les appelle mais aussi tous ceux dont c’était l’âme qui était cassée. »

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#247 La Servante écarlate – Margaret Atwood

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Le résumé…

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps ou les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s’est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n’est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n’a jamais semblé aussi proche, nous rappelant combien fragiles sont nos libertés. La série adaptée de ce chef-d’œuvre de Margaret Atwood, diffusée sous le titre original The Handmaid’s Tale, avec Elisabeth Moss dans le rôle principal, a été unanimement saluée par la critique. « Les meilleurs récits dystopiques sont universels et intemporels. Écrit il y a plus de trente ans, La Servante écarlate éclaire d’une lumière terrifiante l’Amérique contemporaine. » (Télérama)

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Margaret Atwood

Mon avis…

Qui n’a pas entendu parler de La Servante écarlate ? Redevenue “à la mode” depuis l’élection de Trump et la sortie de la série télévisée adaptée de ce chef-d’œuvre, cette dystopie dangereusement réaliste revient en force sur les étals des libraires. Et c’est une excellente nouvelle, car voilà une occasion de (re)découvrir un livre incontournable, dans la droite lignée de 1984 ou Fahrenheit 451. C’est une histoire perturbante, pour la simple et bonne raison que l’auteure s’est appliquée à ne rien inventer… Je m’explique… Comment rendre réaliste une dystopie ? Une doctrine dictatoriale et religieuse qui contrôle la vie du moindre des habitants d’un pays ? Comment insinuer dans l’esprit du lecteur la pensée que, oui, cela pourrait bel et bien arriver ? Margaret Atwood a trouvé la réponse. De tout ce qu’elle décrit dans le livre, rien n’est “inédit”, tous les comportements humains et inhumains du roman se sont déjà produits, d’une façon ou d’une autre. Elle ne montre que des choses dont l’homme est, hélas, capable.

Prière à Dieu, p.325-326 : « Garde les autres en sécurité, s’ils sont sauf. Ne les laisse pas trop souffrir. S’ils doivent mourir, fais que ce soit rapide. Tu pourrais même leur fournir un Paradis. Nous avons besoin de Toi pour cela. L’Enfer, nous pouvons nous le fabriquer nous-mêmes. »

Cette histoire, c’est celle d’une dérive. Et le plus choquant, ce qui laisse d’ailleurs une véritable marque dans l’esprit du lecteur, c’est qu’on en semble pas si loin. On se dit que, oui, tout est possible et pourquoi pas ça ? Margaret Atwood construit tout un monde, souvent trop proche du nôtre, rarement assez éloigné, et nous y plonge sans aucune hésitation. Les femmes qui lisent ce livre auront peut-être plus de mal à effacer ce roman de leur esprit, tant la place des femmes y est centrale. Mais les hommes aussi y trouveront de quoi penser. C’est un livre qui, certes, offre un divertissement, comme toute oeuvre de fiction, mais qui fait aussi beaucoup réfléchir. C’est un de ces textes qui marquent profondément des générations, qui incitent à la prudence et à la réflexion, qui perturbent dans le bon sens du terme. A lire absolument, pour ne pas passer à côté d’un chef-d’œuvre, et pour mieux comprendre notre société à travers le portrait d’une autre.

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Vadrouille livresque et gourmande – Lyon

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Lyon, vue depuis la Croix-Rousse. Photo par Juliette S. Ne pas utiliser sans autorisation. 

Un petit séjour sur le plateau de la Croix-Rousse m’a permis de découvrir quelques librairies lyonnaises qui valent le détour… Et, Lyon étant une grande ville par laquelle plus ou moins tout le monde fait un détour un jour ou l’autre, j’ai pensé qu’il serait bon de faire un petit article présentant une petite sélection de lieux à ne pas rater…

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Commençons par un total hors-sujet, mais qui est loin d’être inutile… Si vous allez à Lyon, vous aurez sans doute faim, c’est tout à fait humain… Et on ne lit pas le ventre vide, tout de même ! Alors, si vous avez envie de bruncher (qui n’en a pas envie ?) avec d’excellents produits, une vue imprenable sur la ville, dans une rue calme du quartier pourtant animé de la Croix-Rousse, direction Le Desjeuneur. Ce petit établissement a ouvert récemment, mais est déjà salué par tout le beau monde lyonnais. Pour maximum 18 euros, vous aurez un petit déjeuner ou un brunch comme jamais vous n’en aurez vu dans votre vie ! Tout est fait maison, bio en grande majorité, les produits sont excellents et vous n’aurez plus faim pendant de longues heures après vous être régalés comme ça. Notons d’ailleurs qu’à quelques pas de là (pour tout dire, une vingtaine), se trouve Le Livre en Pente, petit endroit sympathique avec pas mal de livres d’occasion !
Dans la même rue que le Desjeuneur, vous pourrez trouver La Cagette, juste en face de votre brunch. Malek, le cuistot, vous propose des plats élaborés avec les produits du marché. Le choix est restreint évidemment, produits frais obligent, mais vous êtes sûrs de vous régaler et de manger équilibré sans rester affamé ! Petit bonus, il y a toujours un plat végétarien à la carte, et vous pourrez y trouver des pâtisseries orientales en veux-tu en voilà !

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Le brunch version Desjeuneur…

Enfin, peut-être voudrez-vous profiter de votre passage à Lyon pour en goûter la gastronomie locale… Trouver un vrai et bon « bouchon » lyonnais n’est pas facile ! Alors, je vous fais part de mon expérience : Le Musée est un restaurant assez atypique, dont l’entrée se fait par une traboule… La salle est assez petite, l’ambiance intimiste, mais rien de gênant, loin de là ! Un bon moment en perspective. Evidemment, il faut à tout prix réserver, sinon vous risquez d’être refoulé (et vous le serez à coup sûr, à vrai dire). Le chef vient à votre table et vous détaille lui-même son menu, vous expliquant le contenu des plats, répondant à vos questions, et prenant évidemment votre commande dans la foulée. Je conseille vraiment son excellent saucisson brioché, un délice… Ancien boulanger, il le prépare lui-même, et ça se sent largement ! En plat, tout dépendra de vos goûts, mais pourquoi ne pas tenter une quenelle de brochet sauce homardine ? L’assiette est bien garnie, comme dans tout bouchon qui se respecte, attention ! En dessert, toujours du choix, avec par exemple une tarte à la praline… L’addition n’est pas trop salée pour la qualité des plats, alors laissez-vous tenter, sans oublier que ce sont des produits frais du marché !

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Et, pour finir, vous pourrez allez jouer les gourmands à Pralus, une pâtisserie-chocolaterie qui possède plusieurs boutiques dans la ville, et déguster une brioche à la praline rose, tout simplement délicieuse ! La recette a été concoctée par un meilleur ouvrier de France, et on voit les brioches se préparer derrière les présentoirs, autant dire que ça donne envie… Pour 6 euros 50, vous aurez une brioche à la praline délicieuse, comme vous n’en aurez jamais goûté de telles !

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Bon, ce hors-sujet s’achève, le ventre est plein et on peut passer aux choses sérieuses… les livres ! Alors, pour commencer, vous allez sûrement avoir envie de voir une librairie atypique, et Le Bal des Ardents me semble être un bon endroit pour commencer… L’entrée se fait par une arche constituée de vieux livres, ce qui ne peut que plaire… La librairie en elle-même charme par son parquet qui grince, sa bonne odeur de livres, son cadre un peu vieillot qui fait toute sa beauté… Une petit promenade agréable au cœur des rayonnages… Mais j’avoue que cette librairie m’a tout de même légèrement déçue du point de vue du choix : peu de nouveautés, et aucun avis écrit du ou des libraires, sur leurs livres coups de cœur par exemple… Ce qui est bien dommage…

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Photo de Juliette S. Ne pas utiliser sans autorisation.

Pour compenser ce manque de nouveauté et de personnalisation de la librairie du Bal des Ardents, on peut s’orienter vers Passage(s), une autre librairie lyonnaise, non loin de là, à peine deux minutes à pieds. Celle-ci a un peu moins de charme, il n’y a pas le côté vieux bois, arches de livres, etc. mais elle séduit par l’implication de ses libraires. En effet, dès l’entrée, on trouve une longue table remplie de livres lus et conseillés par les libraires. Puis, rayons par rayons, des tables présentent leurs coups de cœur ainsi que quelques autres nouveautés. Ce que j’ai apprécié, c’est réellement la mise en avant des livres appréciés, qui interpelle le lecteur en nous. On a envie de suivre certains conseils et de découvrir de nouvelles œuvres vers lesquelles on ne se serait, a priori, pas penchés. C’est un véritable lieu de partage, ce que je trouve indispensable pour une bonne librairie !

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Vue sur Lyon depuis la Croix-Rousse. Photo de Juliette S. Ne pas utiliser sans autorisation.

Enfin, pourquoi ne pas allier plaisir des sens et plaisir de la lecture ? Sur les pentes de la Croix-Rousse, plusieurs endroits proposent de belles terrasses pour déguster une bonne boisson en même temps que vous savourerez un petit livre… Mais parmi tous ces lieux, vous pourrez trouver une librairie-café, savamment nommée Un petit noir, tout simplement parce qu’elle propose d’excellents cafés et de bons polars… Alors, passionnés de thrillers et de cafés, allez y faire un tour ! L’endroit est agréable, sympathique, le choix de livres est sympathique et une petite terrasse permet de bouquiner tranquille en savourant un petit noir, justement. Sinon, pour les amateurs de thé, ne vous inquiétez pas, vous aurez de quoi vous satisfaire avec d’excellents thé bio de la marque Jardins de Gaïä, ma préférée… Les fans de bière ne seront pas lésés non plus car, sur le plateau de la Croix-Rousse, ils pourront trouver deux lieux agréables avec d’excellentes bières : le Ninkasi ainsi que le fameux Paddy’s Corner, pub à la terrasse on ne peut plus agréable donnant sur la calme mais animée (tout le charmant paradoxe de la Croix-Rousse résumé en un lieu) place des Tapis.

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Image d’illustration tirée du site d’Un Petit Noir.

J’ai failli oublier de vous parler d’une très jolie fresque, intitulée Bibliothèque de la Cité, un magnifique mur peint de livres, de librairies, et autres images magnifiques et jouissives pour tout bon amateur de lecture qui se respecte !

#246 Le Maître du Jugement dernier – Leo Perutz

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Le résumé…

Tout commence dans la bonne société de Vienne, en 1909. Au cours d’un récital privé, on découvre le corps sans vie du célèbre acteur Eugen Bischoff. Les circonstances de sa mort sont pour le moins mystérieuses – suicide provoqué ou meurtre maquillé ? Les soupçons se portent bientôt sur le baron von Yosh, un homme froidement calculateur, étrangement rêveur et notoirement amoureux de Dina, l’épouse de Bischoff. Mais l’enquête menée en secret par Solgrub, membre lui aussi du petit cercle, bascule soudain dans l’irrationnel le plus complet.

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Leo Perutz

Mon avis…

J’ai découvert ce livre tout à fait par hasard, au détour d’une librairie lyonnaise, et le bandeau rouge revendiquant une citation de Jorge Luis Borges à propos de ce livre m’a interpelé : « Un Kafka aventureux ». En effet, Leo Perutz est un écrivain allemand contemporain de Kafka, et on reconnait une certaine proximité entre les styles. Pourtant, dans ce roman, l’absurdité kafkaïenne n’est pas complétement présente, elle s’efface un peu derrière une véritable enquête, relatée par un narrateur plus qu’impliqué puisqu’il est le principal suspect du meurtre qui a été perpétré. J’ai beaucoup apprécié ce livre, car il a tout d’un classique. Il s’agit d’une aventure étrange, mystérieuse, perturbante, et l’auteur nous mène à la baguette du début à la fin.

Le baron von Yosch, narrateur de l’histoire, entreprend de découvrir ce qu’il en est réellement, afin de prouver son innocence. Mais son enquête justificatrice est mise à mal par l’opinion des autres personnages à son sujet : il a tout du parfait coupable. Alors qu’en est-il vraiment ? Le baron von Yosch va-t-il réussir à nous démontrer qu’il n’a rien à voir avec le meurtre ? Va-t-il parvenir à surmonter l’obstacle d’une frontière ténue entre réalité et fantastique ? Leo Perutz utilise toute l’angoisse de son siècle, aussi exploitée par Kafka, pour livrer un récit palpitant et surprenant. La fin est tout simplement magistrale, surfant sur le doute installé dès les premières pages. Autrement dit, ce petit roman est un chef d’œuvre maîtrisé, bien ficelé, à découvrir à tout prix si l’on aime la bonne littérature.

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#245 Du feu de l’enfer – Sire Cédric

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Le résumé…

Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures. Elle est thanatopractrice, il est délinquant. Ils sont frère et soeur. Un jour, l’une des combines d’Ariel tourne mal
et Manon se retrouve complice malgré elle. Lorsque les assassinats les plus sordides s’accumulent autour d’eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s’intéresse à leur cas. Commence alors une traque qui brouillera les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l’épreuve les liens du sang.

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Sire Cédric

Mon avis…

D’aussi loin que remontent mes souvenirs, je n’ai jamais été déçue par Sire Cédric, et ce n’est certainement pas Du feu de l’enfer qui y changera quelque chose… Il s’agit véritablement d’un coup de cœur, à en juger par le déchirement que j’ai ressenti quand la fatigue s’est avérée plus forte et m’a obligée à fermer le livre pour dormir… A peine réveillée, je n’ai pas pu m’empêcher de le reprendre et de le finir. Autant vous dire que Sire Cédric a, encore une fois, réussi à me surprendre du début à la fin. Il m’a baladée, et pas à moitié. En fait, je crois qu’il comprend (presque trop) bien l’âme humaine, connait ses attentes, ses désirs, ses comportements les plus instinctifs et les plus inexplicables. Alors il crée des personnages complexes, animés par une soif de vérité, mais en même temps atteints par une sorte de folie animale, et il exploite même les faiblesses de ses lecteurs, les manipulant à sa guise. Et cela donne simplement un moment de lecture exceptionnel, comme on les aime.

Du feu de l’enfer est un thriller palpitant et cruel, rempli de désirs refoulés – ou non – et d’horreur. Il explore les tréfonds de l’âme humaine, les bas-fonds de la société et ses sphères les plus hautes, il tisse une toile aux ramifications complexes et surprenantes. Les victimes deviennent les bourreaux, et les bourreaux se mêlent à la foule. Et, jusqu’à la dernière page, rien n’est fini. Même la fin n’en est pas vraiment une… Que dire de plus ? Lire ce livre a été un des meilleurs moments que j’ai passé depuis des mois, une émouvante retrouvaille avec un de mes auteurs préférés, qui a compris que le côté sadique de ses lecteurs leur donne envie de sensations très, très, très fortes. Après tout, en tant qu’amateurs de lecture, que demande-t-on de plus que de se faire mener par le bout du nez ? Sire Cédric a un petit côté machiavélique, malgré toute sa gentillesse… et c’est ce qui en fait un des meilleurs auteurs de thriller de ces dernières années ! Du feu de l’enfer constitue à mes yeux une forme d’aboutissement de son style, de sa patte, d’une écriture qui lui est propre. Mais je ne doute pas que son prochain roman sera tout aussi riche en émotions…

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Revue Acéphale de G. Bataille

 

#244 L’Insoumise de la Porte de Flandre – Fouad Laroui

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À paraître le 17 août 2017

Le résumé…

Chaque après-midi, Fatima quitte Molenbeek vêtue de noir et d’un hijab, se dirige à pied vers la Porte de Flandre, franchit le canal, se faufile discrètement dans un immeuble et en ressort habillée à l’occidentale, robe légère et cheveux au vent. Puis, toujours en flânant, elle rejoint le quartier malfamé de l’Alhambra où Dieu sait quel démon l’attire… Depuis plusieurs semaines, cet étrange rituel se répète inlassablement. Jusqu’au jour où Fawzi, un voisin inquisiteur et secrètement amoureux, décide de suivre Fatima… Teinté d’un humour féroce, ce nouveau roman de Fouad Laroui décrit les métamorphoses d’une femme bien décidée à se jouer des préceptes comme des étiquettes. Tandis que tous les stigmates et les fantasmes glissent sur son corps, Fatima, elle, n’aspire qu’à une seule chose : la liberté.

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Mon avis…

Ce petit roman de la rentrée littéraire est un texte très riche, qui trouve beaucoup d’échos dans l’actualité de ces dernières années. Écrire un livre sur Molenbeek, les attentats, l’islamisme, peut paraître chose délicate, mais Fouad Laroui a trouvé le bon angle. Cette histoire est avant tout celle d’une femme, qui se trouve piégée dans un monde où les hommes décident. Quelle vie peut-elle avoir, en tant que musulmane, dans le quartier désormais connu de Molenbeek, mais connu pour de mauvaises raisons ? Comment prendre sa revanche ? Cette femme a un projet, que le lecteur ne peut que deviner, sans jamais vraiment savoir ce qu’il en est vraiment. Elle a élaboré un plan, veut mettre en place une forme de vendetta, se venger de tous ces hommes qui contrôlent sa vie et décident de l’image qu’elle doit avoir en tant que femme. Pourtant, les évènements vont la dépasser, et la folie des hommes va être plus forte que sa volonté.

Fouad Laroui, dans ce court roman passionnant et addictif, tisse une histoire profondément moderne, dessine le portrait d’une femme au fou désir de vivre et de s’émanciper. Elle se donne des apparences de femme soumise, pour mieux revendiquer son insoumission. L’actualité trouve des échos dans cette histoire singulière, et l’auteur nous propose de jouer avec la peur qui est aujourd’hui la nôtre. Ce texte ne se veut pas moralisateur et ne cherche pas à simplifier de façon forcée ce qui est tout sauf simple. Il décrit des destins, celui d’une femme et de plusieurs hommes, dans une atmosphère de soupçon et de remises en question. J’ai beaucoup aimé ce roman pour son traitement très original et inattendu d’un sujet d’actualité, pour la façon dont il développe des vies, des pensées, les confronte avec la réalité. J’ai apprécié le décalage entre ce que l’on s’attend à lire et ce que l’on lit vraiment.

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#243 Pourquoi pars-tu, Alice ? – Nathalie Roy

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Le résumé…

Alice Dansereau, quarante-trois ans, en fait trop pour tout le monde : épouse attentionnée, mère exemplaire, bénévole impliquée, enseignante dévouée, gestionnaire de la maisonnée, coursière, chauffeuse de taxi, etc. Lorsque son conjoint annule à la dernière minute leur voyage d’amoureux, elle prend une décision qu’elle n’aurait jamais cru pouvoir assumer : tout laisser derrière pour s’offrir un moment à elle. Avec pour seul bagage sa carte de crédit, ses lunettes de soleil et son cellulaire, elle s’enfuit sur le scooter de sa fille.

Combien de temps sera-t-elle absente? Jusqu’où ira-t-elle? Elle l’ignore pour l’instant, mais en traversant le pont Pierre-Laporte en direction de la route 132 Est, elle sait qu’elle devra faire le point sur sa vie et sur son avenir. Des centaines de kilomètres plus loin, et au fil de rencontres inattendues, Alice réalise qu’elle s’est longtemps oubliée. Elle se découvre passionnée, un peu rebelle, et aura envie d’exploser. Cet été sur la route changera sa vie à jamais.

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Mon avis…

Nathalie Roy, que j’ai connue grâce à ses aventures de Charlotte Lavigne (chronique du tome 1 ici), nous propose ici un roman feel good, dans la lignée de ce à quoi elle nous a habitués. Alice, quadragénaire et mère de famille, décide subitement de partir en road trip, laissant derrière elle sa vie bien rangée. Ce qui est d’abord un coup de tête devient l’occasion de s’interroger sur sa relation avec son compagnon, sur le rapport qu’elle entretient avec ses enfants, mais surtout sur elle-même. Après avoir vécu pour les autres avant tout, elle prend la décision de vivre pour elle. Et ce n’est pas si simple… Sur sa route, de nombreuses rencontres lui permettront de prendre progressivement un nouveau départ. Nathalie Roy dresse le portrait d’une femme de caractère qui, comme beaucoup, s’est perdue elle-même dans sa vie de famille, s’est oubliée. Elle lui propose dans cette aventure de renouer avec ses désirs propres, ses envies, son identité, sa vie de femme…

Portée par le charme du Canada, cette histoire drôle et prenante nous entraîne sur les routes, nous amène à nous questionner avec légèreté sur les choix que l’on fait, ou qu’au contraire l’on ne fait pas. C’est un voyage rafraichissant, dépaysant, plein de couleurs et au bon goût de liberté. Au fond, Nathalie Roy nous offre l’occasion de réfléchir sur le bonheur : qu’est-ce que c’est, finalement ? quand est-on satisfait de la vie que l’on a eu ? est-ce si mauvais de faire des folies ? ce qui apparaît comme une mauvaise décision l’est-elle vraiment ? se connait-on soi-même, en vérité ? Mais, dans ce roman, pas de prise de tête pour autant. C’est de la chick-lit comme on les aime, un livre simple et efficace, que l’on bouquine en vacances, avec un bon verre de vin ou un cocktail à la main, en terrasse ou sur la plage… C’est un rendez-vous entre femmes, entre une auteure et ses lectrices, entre des esprits… Et, au final, on se demande si le bonheur, ce n’est pas tout simplement un bon livre ?

Et aussi…

Retrouvez les images et le récit de ma rencontre avec Nathalie Roy, son interview en 5 questions, ainsi que la chronique de son roman Ça peut pas être pire !

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Nathalie Roy en visite à Amiens, photo de Juliette S. pour jelisetjeraconte.wordpress.com