#231 Moderato Cantabile – Marguerite Duras

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Le résumé…

« Qu’est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ? – Je ne sais pas. » Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d’une ville de province. Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit d’apparence classique une tension qui va croissant dans le silence jusqu’au paroxysme final. « Quand même, dit Anne Desbarèdes, tu pourrais t’en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c’est facile. »

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Mon avis…

Si vous connaissez ne serait-ce qu’un peu Marguerite Duras, vous comprendrez qu’il est difficile de chroniquer un de ses livres. Il faut déjà parvenir à comprendre la totalité de ce qu’on a lu, et on y parvient rarement. Ensuite, il devient nécessaire de mettre des mots sur cette expérience de lecture, pour en parler à d’autres, comme cette chronique est censée le faire. Or, rien n’est plus dur que de parler d’un tel livre. Moderato Cantabile est probablement un des romans les plus complexes de Duras. L’intrigue est d’une simplicité déconcertante, à un tel point qu’on a la sensation que le livre ne raconte rien… Une femme, Anne Desbarèdes, tandis qu’elle assiste à la leçon de piano de son fils, entend un cri dans la rue : une femme est tuée par son amant sur la terrasse d’un bar. Ce cri va déclencher quelque chose en elle… Chaque soir, elle va se rendre dans ce bar, discuter avec un homme, toujours le même, l’interroger sur le couple et le drame… Parfois, ils ne font que prononcer des mots dont le sens nous échappe ou des mots qui s’alignent en phrases qui n’ont tout simplement pas de sens réel. Les dialogues frôlent la banalité totale, ce qui est plutôt déconcertant.

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Ce roman part d’un instant infime, un cri. Ce moment est une réelle fracture dans les vies de ceux qu’il concerne : la femme assassinée, son amant… Anne Desbarèdes n’a aucun lien avec eux, elle ne les connaît pas. Pourtant, toute sa vie va basculer après ce cri. Elle va être prise par l’ivresse, dans tous les sens du terme. Si elle commence à boire tous les soirs dans ce bar, de plus en plus, cela ne semble être qu’un prétexte ou une image pour suggérer une ivresse plus abstraite, celle de l’âme. Marguerite Duras nous plonge dans le flux d’un esprit tourmenté. Anne Desbarèdes semble vouloir quitter le rôle de la mère dévouée, le rôle de l’épouse au rôle réglé comme un papier à musique, elle se libère en compagnie de cet inconnu qu’elle voit chaque soir. Le récit, vous l’aurez compris, n’est pas bourré de péripéties, bien au contraire. On explore le vide qui occupe le cœur d’une femme qui s’est perdue… Le drame de ce couple, un drame qui découle d’un trop plein d’amour et de passion, lui révèle brutalement qu’elle n’a jamais connu des sentiments assez forts pour pousser à une telle extrémité. Tout part de là…

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Comment vous expliquer ce que vous risquez de ressentir en lisant Moderato Cantabile ? Vous pourrez probablement être complètement paumé, en particulier si vous n’avez jamais lu Duras avant ! J’ai personnellement commencé par Le Ravissement de Lol V. Stein, qui était aussi assez spécial, mais d’un très grand intérêt quant à l’analyse qu’on pouvait en faire. Etant étudiante en Lettres, je me suis éclatée à pousser l’interprétation très loin. J’ai, cette fois aussi, eu le réflexe de m’arrêter sur certains mots, certaines tournures, et essayer de les décortiquer pour mieux les comprendre… Moderato Cantabile est un récit totalement épuré, peut-être trop. Duras écrit à la fois sur tout, le « tout » de l’humain, et sur rien, un « rien » omniprésent chez ceux qui vivent sans exister. Certes, le texte est déstabilisant, mais il s’agit aussi d’un merveilleux exemple de ce que peut faire la littérature quand elle est poussée au plus loin dans son dénuement et sa complexité. Si les termes que j’utilise peuvent parfois paraître contraires, c’est pour illustrer les sensations perturbantes que provoque Duras chez son lecteur : elle nous fait plonger dans l’ivresse de son personnage, elle nous fait participer à ses errances, nous noie dans l’incompréhension qui fonde la vie même d’Anne Desbarèdes… En bref, je vous conseille ce livre si vous êtes un lecteur curieux, si vous êtes un lecteur passionné et assoiffé de culture, si les ovnis littéraires ne vous font pas peur, si vous aimez, comme moi, réfléchir des heures au livre que vous venez de finir…

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Ma note…

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#224 Songe à la douceur – Clémentine Beauvais

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Le résumé…

Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant, et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse de lui, et lui, semblerait-il… aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il la lui faut absolument. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’un amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans à ce moment-là d’une vie peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaikovsky – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

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Mon avis…

Ce nouveau livre de Clémentine Beauvais, paru il y a peu, est un pari original, une réécriture d’un classique… Mais pas n’importe comment : en vers. C’est une forme qui m’a tout de suite intriguée car je la pratique moi-même lorsque j’écris, j’avais donc hâte de voir ce que cela allait donner. J’ai eu l’impression que cela rendait la lecture parfois un peu moins agréable, alors qu’à d’autres moments cela lui donnait tout son charme. Je pense que c’est un bel hommage à Pouchkine et Tchaikovsky, une belle actualisation qui devrait séduire beaucoup de lecteurs. Il faut vraiment beaucoup de courage pour tenter une nouvelle forme d’écriture, en particulier à l’époque où quasiment tous les lecteurs sont attirés par des romans dont le format évolue peu. Ici, l’esthétique de la page est presque aussi importante que le texte lui-même, ou en tout cas apporte beaucoup à la lecture. L’histoire en elle-même est une adaptation d’Eugène Onéguine, donc rien de vraiment original, bien que cela permette de faire découvrir l’œuvre à toute une nouvelle génération, un pari réussi donc pour Sarbacane et Clémentine Beauvais.

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L’intrigue étant très appréciable, une romance sympathique, avec un narrateur plutôt proche de nous, sans cesse en contact avec notre réalité, je n’ai eu aucun mal à lire ce roman en deux petites soirées. Je ne sais pas s’il va me marquer durablement, honnêtement je ne pense pas… Si le livre est original, sa lecture ne m’a pas particulièrement époustouflée, malgré le grand plaisir que j’ai ressenti à découvrir un tel livre adressé à la jeunesse. Je pense que c’est une innovation qui pourra inciter beaucoup de lecteurs à découvrir d’autres choses, la littérature ne se limitant pas aux romans en prose. Evidemment, tout reste une question de goût. Si ce livre m’a fait passer un excellent moment, en particulier avec des personnages très émouvants, il n’en est pas pour autant un coup de cœur. Mais, malgré tout, je vous le conseille fortement, et pour un tas de raison : son originalité, son intrigue, sa forme, ses personnages, son dénouement, son humour, et j’en passe !

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Ma note…

17/20

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Merci à Sarbacane pour cette lecture…

#222 Le blé en herbe – Colette

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Le résumé…

« Toute leur enfance les a unis, l’adolescence les sépare. » Phil, 16 ans, et Vinca, 15 ans, amis de toujours, passent tous leurs étés en Bretagne. Tout naturellement, l’amour s’installe entre ces deux complices inséparables, un amour qui grandit plus vite qu’eux. Et cet été-là, Vinca et Phil découvrent leurs différences et leurs incompréhensions. L’insouciance et la confiance font alors place à la souffrance et à la trahison. Ces amours adolescentes révèlent à Vinca et à Phil ce qu’ils sont désormais et ne seront jamais plus. Et ces vacances s’achèvent sur un adieu à l’enfance, amer et nostalgique.

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Mon avis…

La liste de lectures pour ma nouvelle année de licence a été publiée à la fin du mois de juillet, et sur ce document se trouvait notamment Le blé en herbe de Colette que j’avais, comme par hasard, emmené dans ma valise en Ecosse. Je comptais le lire depuis un moment après l’avoir trouvé dans le grenier chez mes parents… Une édition plutôt ancienne, en somme ! Je n’avais jamais lu d’œuvre de Colette jusqu’ici, mais j’en avais entendu parler lors d’une conférence à Amiens, avec des intervenants de plusieurs pays. La personne ayant abordé l’œuvre de Colette le faisait dans le cadre d’une présentation sur les romans de jeunesse. Le blé en herbe, c’est exactement ça, une œuvre qui raconte l’enfance d’une jeune fille et d’un jeune homme, grandissant tous deux au fil des étés, avec l’évidence qu’ils sont faits pour être ensemble. Pourtant, l’adolescence est le temps des doutes, de la construction de soi-même, des découvertes, des premières fois… Phil n’est plus l’enfant qu’il était, il devient un homme, et veut explorer le monde qui s’ouvre à lui, sans attendre Vinca qui, elle, s’accroche à la Bretagne, au monde de son enfance, à son insouciance…

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Le blé en herbe va nous montrer la destruction de cette insouciance. L’adolescence prend le pas sur l’enfance, remplaçant l’innocence par le désir, la culpabilité, et tellement d’autres sentiments nouveaux. L’amour qui alors leur semblait évident semble tout à coup basculer et se transformer… Car il y a une autre femme, une vraie femme. Pour Phil, elle est si différente de Vinca, celle qui restera toujours l’enfant qu’il a connu. Alors je me suis retrouvée plongée, comme tellement de lecteurs avant moi, dans une seconde adolescence. J’ai redécouvert ces sentiments que j’ai moi aussi ressenti, avec beaucoup de plaisir et d’émotions. Si le roman est plutôt court, cependant, il est pourtant assez ennuyant, parfois. Il y a certaines longueurs, et parfois on peut se sentir un peu agacée de l’obstination de Vinca à rester dans l’enfance, tout comme celle de Phil à rentrer dans l’âge adulte. Dans l’ensemble, malgré cela, j’ai passé une bonne lecture, qui m’a assez marquée, avec une écriture toute en simplicité, ce qui est très appréciable. On retrouve dans Le blé en herbe le talent indéniable de Colette pour exprimer simplement les sentiments les plus complexes… Je vous le conseille vraiment car c’est un roman qui peut se lire à n’importe quel âge, se savourer, nous rappeler de belles choses, nous émouvoir… Allez, lancez-vous dans ce classique qui, contrairement à d’autres, ne vous prendra pas la tête !

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Ma note…

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Le fantôme de Canterville et autres nouvelles de Oscar Wilde‏

Sorbet Kiwi a découvert quelques nouvelles d’Oscar Wilde… 🙂

Sorbet-Kiwi

Bonjour à tous !

Il y a un peu plus d’un an, ma copinaute Juliette du blog Je lis et je raconte m’a offert ce recueil de nouvelles de son auteur préféré. J’ai décidé de le lire dans le cadre de ce week-end à mille.

Une famille américaine achète un château hanté. Bruits de chaînes et taches de sang terrorisent la région depuis des siècles… Mais que peut un pauvre fantôme contre le bon sens d’un homme d’affaires, les détachants super-actifs de sa femme et la malice des enfants, toujours prêts à lui jouer des tours ?

Le fantome de Canterville- Oscar Wilde

Le recueil s’ouvre avec le Fantôme de Canterville, la nouvelle principale du livre, très connue du grand public, du moins de nom. Je ne savais pas du tout de quoi cela parlait et j’ai enfin pu élargir ma culture. J’ai été très surprise de la tournure que prenait la nouvelle, cassant totalement les codes…

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#220 Les eaux troubles du mojito – Philippe Delerm

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Le résumé…

Elles sont nombreuses, les belles raisons d’habiter sur terre. On les connaît, on sait qu’elles existent. Mais elles n’apparaissent jamais aussi fortes et claires que lorsque Philippe Delerm nous les donne à lire. Goûter aux plaisirs ambigus du mojito, se faire surprendre par une averse et aimer ça, contempler un enfant qui apprend à lire en bougeant imperceptiblement les lèvres, prolonger un après-midi sur la plage… « Est-ce qu’on est plus heureux ? Oui, sûrement, peut-être. On a le temps de se poser la question. Sisyphe arrête de rouler sa pierre. Et puis on a le temps de la dissiper, comme ce petit nuage qui cachait le soleil et va finir par s’effacer, on aura encore une belle soirée. »

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Mon avis…

Je ne connaissais Philippe Delerm que de nom… et je ne confondais pas avec Vincent Delerm (enfin je ne crois pas) ! Je ne sais pas s’ils ont un lien de parenté… Bonne question… Alors, Les eaux troubles du mojito n’est pas un roman ! Ce n’est pas vraiment un recueil de nouvelles non plus… Mais ça s’en rapproche ! Je dirais que c’est un recueil de pensées, de contemplations, de petits textes assez poétiques… C’est ce côté poétique que j’ai beaucoup aimé d’ailleurs. Philippe Delerm décrit le mojito et le plaisir de le boire comme personne, de même pour beaucoup d’autres moments de la vie. Le but de ce livre, c’est de montrer « les belles raisons d’habituer sur terre »… J’avoue que j’ai été assez touchée par certains textes, qui sont parfois émouvants, parfois drôles… Mais il y a aussi des anecdotes qui ne nous accrochent pas, ne nous touchent pas au cœur, ce que j’ai trouvé dommage…

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Après tout, je pense que c’est une question de sensibilité ! Nous n’avons pas tous les mêmes plaisirs dans la vie, ce qui plaît à l’un ne plaît pas toujours à l’autre, si bien que, Philippe Delerm racontant des moments très variés et diversifiés, il me semble difficile que tous les textes plaisent à tous les lecteurs ! Pour ma part, j’ai eu la sensation que certains étaient moins travaillés que d’autres. J’ai remarqué que des textes étaient plus profonds, plus poétiques, et ce sont souvent ceux-là qui m’ont touchée. En tout cas, ce livre laisse une petite sensation de bien-être après la lecture, on regarde le monde un peu différemment, on savoure chaque instant… Ce qui est pas mal aussi, d’un point de vue pratique, c’est qu’on peut lire un ou deux textes par jours, ou simplement à des moments où on veut, quand on ne se sent pas très bien… En bref, c’est un peu le bouquin qui peut nous faire prendre une bonne bouffée de vie quand ça ne va pas trop, ou une piqure de rappel, ou simplement un petit plaisir de la vie supplémentaire : redécouvrir des instants magnifiques par la lecture !

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Ma note…

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#219 Café Lowendal et autres nouvelles – Tatiana de Rosnay

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Le résumé…

Solitude, obsession amoureuse, désenchantement… Tatiana de Rosnay égrène, dans ce recueil inédit, dix nouvelles peuplées de personnages un peu perdus, en quête de frissons ou d’affection. Écrivains en crise, couples en pleine déréliction, jeunes gens avides, tous voient un jour leur vie basculer. Pour le pire ou pour le meilleur… Laissez-vous prendre par la petite musique de Tatiana de Rosnay: elle sait à merveille évoquer le timbre un peu fêlé de la mélancolie.

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Mon avis…

J’ai profité de l’offre un livre offert pour deux achetés… Il y avait peu de choix dans le rayon, mais même s’il y en avait eu plus, je n’aurais pas longtemps hésité. J’ai opté pour Café Lowendal et autres nouvelles de Tatiana de Rosnay, une auteure que j’apprécie et que je n’avais pas lue depuis un moment… Comme toujours dans les recueils de nouvelles, il y a des textes plus ou moins bons, ou plus ou moins marquants. Pour tout vous dire, la lecture remonte à deux semaines et, tandis que quelques nouvelles sont encore dans mon esprit, d’autres en ont totalement disparu ! J’ai bien aimée la toute dernière par exemple, qui était assez originale, pour le coup. Café Lowendal est la nouvelle principale du roman, elle met en scène une auteure, comme la majorité des autres textes du recueil, elle est elle aussi plutôt bonne. Il est vrai qu’à la vue de l’inégalité dans les récits, Café Lowendal semble être celui à mettre en avant.

L'écrivain Tatiana de Rosnay, pose ici dans un jardin parisien, à l'occasion de la sortie de son dernier livre "A l'encre russe", aux Editions Héloïse d'Ormesson.

Evidemment, je ne peux pas vous révéler grand-chose sur les intrigues des nouvelles puisque, comme vous vous en doutez, cela risquerait de vous gâcher la lecture… C’est toujours plus compliqué avec des nouvelles ! Je peux cependant vous parler de mon ressenti… J’ai vraiment été ennuyée en lisant certains textes de me rendre compte que j’étais un peu… comment dire ? J’avais l’impression de ne pas être dedans… La nouvelle idéale, comme elle a été imaginée et théorisée par Maupassant, Poe, et bien d’autres, doit réussir en quelques pages à captiver le lecteur, à l’amener jusqu’à une chute surprenante. Et, honnêtement, j’ai plutôt eu la sensation qu’on me racontait parfois une histoire complètement banale voire inintéressante… et je me suis même demandée si l’auteure ne s’était pas forcée à écrire certains textes histoire de noircir des pages… Je n’ose pas y croire, j’aime beaucoup Tatiana de Rosnay, en particulier Le voisin et Elle s’appelait Sarah, qui sont des romans excellents…

N’ayant lu de l’auteure que des romans, je devais donc découvrir les nouvelles… Je suis donc assez déçue de constater que cette expérience n’était pas à la hauteur de mes attentes ! Je dirais même que je suis plutôt contente de ne pas avoir payé pour ce livre et de l’avoir eu en cadeau pour d’autres achats… Malgré tout, j’insiste sur le fait qu’au moins deux nouvelles sont plutôt bonnes dans ce livre, et que les textes restent tout de même divertissants (mais pas tous), et qu’ils permettent de découvrir le style de l’auteure (pas toujours sous son meilleur jour). Je me suis beaucoup demandé s’il y avait des éléments autobiographiques dans les nouvelles, ce dont je suis presque sûre… Ce serait difficile de ne pas livrer de sa propre vie et de sa propre expérience quand le personnage principal est une auteure qui ressemble beaucoup à sa créatrice… Cela m’a un peu fait penser à Delphine de Vigan qui pratique aussi une écriture assez ambiguë ! Pour conclure cette chronique, je peux donc vous dire que je conseille ce recueil à ceux qui veulent découvrir Tatiana de Rosnay (mais je leur conseille de ne pas s’arrêter là) et à ceux qui aiment tout d’elle, même ce qui est moins bon ! Si le recueil ne m’a qu’à moitié convaincue, il vous plaira peut-être !

Terrasse de brasserie

Ma note…

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#218 The dog who dared to dream – Sun-Mi Hwang

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Le résumé…

Le personnage principal de ce roman est une chienne nommée Scraggly. Mise à l’écart dès sa naissance à cause de son apparence différente, elle passe la plus grande partie de ses jours dans le jardin rempli de soleil de son propriétaire. Scraggly a des rêves et des aspirations juste comme le reste d’entre nous. Mais chaque hiver, les nuages noirs arrivent et Scraggly fait face à des épreuves qu’elle doit surpasser. Derrière ces nuages et même au-delà du portail du jardin se trouve la possibilité de l’amitié, de la maternité et du bonheur – Scraggly ne rêve que de s’en emparer, de les ramener avec elle dans son jardin pour construire la vie qu’elle désire désespérément. The dog who dared to dream est un conte intelligent sur la relation entre le chien et l’homme, ainsi qu’une célébration de la vie vécue avec courage. Cette œuvre est un classique de Sun-mi Hwang.

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Mon avis…

J’ai trouvé ce petit conte dans un coin de Waterstones. Je ne connaissais pas du tout mais je me suis quand même laissé tenter. Les libraires m’ont dit que j’avais fait un choix excellent, puisqu’un premier livre avait visiblement paru quelques temps avant et avait beaucoup plu… Alors cela m’a conforté et je me suis rapidement lancée dans la lecture, lors d’une journée au calme en Ecosse. Bon, pour être assez claire, l’intrigue – comme vous l’aurez probablement remarqué – est assez simple : un chien rêvasse et ses rêves ne pourront être réalisés qu’en se sauvant de son jardin… mais en y revenant également ! Du coup, forcément, il ne faut pas s’attendre à trois tonnes de rebondissements. L’ensemble est assez sympathique, agréable à lire, mais je m’attendais honnêtement à quelque chose de plus original. J’ai honnêtement été un peu déçue car je pensais que la dimension du rêve serait plus présente. En fait, ce livre nous fait vivre une expérience, puisqu’elle nous met un peu dans la tête du meilleur ami de l’homme, avec toutes les découvertes mais également toute la banalité que cela impose…

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Alors, vous l’aurez compris, Scraggly ne fait pas particulièrement de rêves farfelus, ce sont bien des rêves qu’on peut imaginer dans l’esprit d’un chien… Il est vrai que c’est assez original de centrer un roman sur un animal, en particulier en s’intéressant vraiment à ses pensées, en le faisant personnage principal… Nous suivons son histoire bien avant de suivre celle de son maître… D’ailleurs, j’ai l’impression que l’auteur voulait créer une certaine affection pour le monsieur en question, mais je n’ai pas réussi à m’y attacher… Ce que j’ai trouvé très bien, en revanche, c’est que le récit prenne un peu la forme d’un conte, qu’il nous pousse à réfléchir sur notre animal de compagnie. On ne verra plus jamais notre chien de la même manière ! Cela permet vraiment de rapprocher l’homme de son compagnon… Finalement, le chien est le meilleur ami de l’homme, mais l’inverse est-il vrai ? Ce conte, s’il est enrichissant, est aussi triste… Il y a beaucoup de délicatesse dans l’écriture, renforcée par les illustrations magnifiques, la morale est très sympathique, fait sourire, et nous permet ainsi de ravaler les petites larmes susceptibles de couler… Je vous conseille fortement ce livre si vous avez un chien, si vous voulez découvrir un conte qui est un classique méconnu en France, mais aussi si vous voulez travailler votre anglais comme je l’ai fait, car la traduction est très accessible !

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Ma note…

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Niveau de lecture : Facile

#212 Un sourire à tomber – Gilles Legardinier

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Le résumé…

Un officier des forces spéciales est appelé en renfort par l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels : un collier d’une valeur inestimable (par sa qualité et sa valeur historique) a été volé lors d’une exposition à Paris ; le contact entre le voleur et son acheteur pourrait se faire pendant le Tour de France. La police pense que la meilleure manière de repérer le voleur serait d’avoir un homme dans la course ; malheureusement ils n’ont pas d’homme suffisamment entraîné dans leurs rangs. C’est pourquoi ils ont besoin des forces spéciales. L’officier devient donc coureur cycliste : sur le Tour, il se prend au jeu de la compétition, fait la connaissance d’une jeune femme dont il tombe amoureux mais ne repère pas le voleur ; en revanche, il se pourrait que le voleur, lui, l’ait repéré…

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Mon avis…

Legardinier, vous le connaissez tous et toutes, j’en suis presque sûre. Mais avez-vous entendu parler de sa nouvelle intitulée Un sourire à tomber ? Elle se déroule dans le cadre du Tour de France, événement qui, en règle générale, me laisse totalement indifférente. Cependant, en littérature, je suis prête à donner sa chance au cyclisme, surtout s’il s’agit d’une nouvelle (on ne prend pas trop de risques dans ces cas-là). L’auteur étant qui il est, je m’attendais à quelque chose de très bien, si ce n’est d’excellent. On sait que, souvent, les nouvelles ne sont pas à la hauteur des romans, mais il n’empêche qu’elles peuvent aussi être de très bons échantillons d’une écriture plaisante voire magistrale selon les cas. J’ai donc profité d’un petit déjeuner détente pour lire cette petite histoire. J’avoue que, parfois, mes croissants m’ont semblé plus intéressants que cette intrigue un peu étrange. En effet, j’ai trouvé l’histoire en elle-même plutôt particulière… Disons qu’il fallait un prétexte à introduire une intrigue dans le Tour de France…

Une fois dedans, j’avais envie de connaître la fin, mais sans plus. En fait, j’avais trouvé le « coupable » dès son apparition, et je n’en étais pas spécialement contente… Je préfère largement quand l’auteur me surprend encore et encore ! Vous me direz que c’est une nouvelle, qu’il n’avait pas le temps de disséminer des indices, d’entrelacer les hypothèses, etc. J’en suis consciente. Mais je sais aussi qu’une nouvelle est un texte qui, par sa longueur, a beaucoup de potentiel pour entraîner le lecteur dans une intrigue très intense, très éprouvante. Ici, on a plutôt l’impression qu’on a demandé à l’auteur de l’écrire et qu’il s’est dépêché, pour faire plaisir, de rendre quelque chose de plutôt correct… J’ai eu la sensation de lire une histoire bâclée (et l’environnement du cyclisme n’a rien arrangé à mon sentiment), à l’intrigue très fragile, et au dénouement sans surprise…

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Ma note…

10

#205 Une nouvelle amie – Ruth Rendell

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Le résumé…

Christine a pour habitude de voir Angie, sa meilleure copine, tous les jeudis après-midi. Mais lorsqu’Angie doit partir dans le nord de l’Angleterre pour s’occuper de sa mère, Christine fait une nouvelle connaissance. Cette nouvelle amie va lui redonner le goût de la vie et de l’aventure. Mais elle lui réserve aussi bien des surprises.

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Mon avis…

J’ai découvert cette nouvelle à tout hasard en me baladant sur decitre.fr, je connaissais cependant l’auteur de nom. Je me suis donc dit que c’était l’occasion de découvrir un peu le style de Ruth Rendell… Je n’aurais peut-être pas dû commencer par Une nouvelle amie… J’avoue avoir été « un peu » déçue ! Si la fin et la réflexion qu’elle crée sont excellentes, l’ensemble de la nouvelle est pour le moins surprenante et peut laisser perplexe. Mais on garde l’idée, au fil des pages, que tout va finir par prendre sens… Finalement, non. Ruth Rendell laisse plutôt la possibilité au lecteur de réfléchir, après le dénouement, sur le pourquoi du comment… Quand j’ai vu que la nouvelle avait été adaptée à l’écran par François Ozon, j’ai eu la confirmation de mon impression finale. Le texte, évidemment, est extrêmement court, et la psychologie des personnages reste à développer, il y a énormément de zones d’ombre… Le dénouement est vraiment le point d’orgue de la nouvelle, et en même temps l’élément autour duquel tout tourne. On est obligé de revenir en arrière sur nos impressions, sur notre lecture, pour comprendre ce qu’il vient de se passer… Autrement dit, c’est une nouvelle qui stimule nettement l’imagination et qui est tout à fait ouverte à l’interprétation et à l’adaptation ! Toutes les zones d’ombre sont autant de cases blanches à remplir, les personnages sont des psychologies à inventer… J’avais en fait l’impression que tout restait à faire. C’était comme si Ruth Rendell m’avait donné un canevas et que c’était à moi (et aux autres lecteurs, bien sûr), de broder tout autour, de créer un motif défini et précis. Autrement dit, il s’agit d’une nouvelle qui procure beaucoup de liberté au lecteur. Souvent, les auteurs vont justement tout bouleverser à la fin, offrir un dénouement choc qui ferme toutes les autres perspectives qui se sont développées au fil de la nouvelle… Ruth Rendell, avec Une nouvelle amie, offre le moyen au lecteur d’assouvir sa propre soif de création, en compagnie de l’auteur. Je serais assez curieuse de voir le film pour découvrir l’interprétation de François Ozon… Et je vous en parlerais sûrement !

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Ma note…

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#203 Hostiles – Franck Thilliez

Le résumé…

Ce n’était vraiment pas son jour. À la fin d’une journée de travail en plein cœur des Cévennes, Léa, jeune photographe animalière, tombe en panne de voiture sur une route de montagne sinueuse et peu fréquentée. Elle est soulagée quand un homme finit par passer et s’arrêter pour l’emmener. Malheureusement, lorsqu’un projectile frappe la voiture, Marc, par réflexe, fait un écart et c’est la chute. Léa et Marc se retrouvent pris au piège en contrebas de la route, dans la forêt, prisonniers dans la voiture, sans eau, sans nourriture, sans téléphone. Le tableau semble désespéré, pourtant le pire n’est pas toujours où l’on croit…

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Illustration de Hostiles par Dominique Corbasson pour « Les petits polars du Monde »…

Mon avis…

Je suis tombée par hasard, en me baladant dans les rayons numériques de decitre.fr, sur une nouvelle gratuite de Franck Thilliez… Evidemment, connaissant l’auteur, je n’ai pas hésité un seul instant ! Je me suis donc lancée quand j’avais un peu de temps pour moi, la nouvelle étant sur mon téléphone grâce à une application pour lire en numérique. Et je n’ai pas été déçue. Comme toujours, Franck Thilliez sait nous surprendre. Quand on pense avoir tout vu, avoir tout compris à l’intrigue et au dénouement, il nous montre que, non, il y a encore des choses à découvrir, des surprises à venir. C’est vraiment la fin de la nouvelle qui m’a bluffée car je ne m’y attendais pas (ou presque). J’avais quelques doutes, je sentais que quelque chose clochait, mais comme toujours avec Franck Thilliez, on ne sait pas quoi. J’ai eu la même sensation avec L’encre et le sang, nouvelle plus longue que celle-ci. Hostiles, en fait, est un échantillon de plaisir pour les amateurs de thrillers ou pour ceux qui veulent (enfin) découvrir l’auteur. Evidemment, vous ne vous demandez même pas si je vous la conseille, cela parait si évident. Thilliez parvient à faire d’une situation déjà très angoissante (une panne) une situation encore plus angoissante (un accident),  puis ce moment terriblement violent devient une attente interminable et effrayante… Mais là encore, ce n’est pas fini. Vous ne saurez que dans les dernières lignes, les derniers mots, de la nouvelle, ce qu’il en est vraiment… Alors, tentez cette lecture sans hésiter. Après tout, ça ne coûte rien !

Illustration de Hostiles par Dominique Corbasson pour « Les petits polars du Monde »…

Ma note…

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